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EAN : 9782266295833
Code sériel : 17661
Façonnage normé : POCHE
Nombre de pages : 400
Format : 108 x 177 mm

L'Écart

Karine REIGNIER-GUERRE (Traducteur)
Date de parution : 14/08/2019
Dans l’oubli hypnotique des nuits londoniennes, une jeune femme noie sa solitude grâce à l’alcool. Mais au bout de dix ans de fêtes tristes, dix ans d’excès, dix ans perdus, elle est épuisée. Elle retourne alors sur son île natale, au sein de cet archipel des Orcades isolé au nord... Dans l’oubli hypnotique des nuits londoniennes, une jeune femme noie sa solitude grâce à l’alcool. Mais au bout de dix ans de fêtes tristes, dix ans d’excès, dix ans perdus, elle est épuisée. Elle retourne alors sur son île natale, au sein de cet archipel des Orcades isolé au nord de l’Écosse. Elle échange la bouteille assassine pour la Thermos de café, la contemplation de la faune interlope pour celle des étoiles et des nuages. Elle se découvre assoiffée de grand large, de grand air, de grande beauté.
Et si le fragile râle des genêts, cet oiseau en voie d’extinction aussi farouche qu’elle, était plus fort qu’il n’y paraît ?

« L’Écart est une oeuvre lumineuse, combative, rocailleuse. Elle tend vers l’espérance. »
Marie-Laure Delorme – Le Journal du Dimanche

« Un voyage splendide au bout des nuits blanches de l’addiction, des désirs insatisfaits. »
Yann Perreau – Les Inrockuptibles
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EAN : 9782266295833
Code sériel : 17661
Façonnage normé : POCHE
Nombre de pages : 400
Format : 108 x 177 mm

Ils en parlent

« L’une des révélations de la rentrée. La longue et blonde Amy Liptrot raconte, dans un style ardent, une longue chute dans le vide. L’Écart est une œuvre lumineuse, combative, rocailleuse. Elle tend vers l’espérance. » M.-L. D., Le Journal du Dimanche.
« Ce premier roman est un voyage magnifique dans la nuit noire des désirs obsessionnels et compulsifs. » Les Inrockuptibles.
« L’Écart est un premier roman envoûtant et bouleversant. Un voyage splendide au bout des nuits blanches de l’addiction, des désirs insatisfaits. » Y.P., Les Inrockuptibles.
« De sa langue minérale qui célèbre l’enchantement du spectacle de la nature, elle livre une ode au pays natal en même temps qu’un puissant récit de guérison. Une sublime façon de retrouver le rivage. » Amandine Schmitt, L’Obs.
« Le très beau récit autobiographique d’Amy Liptrot conte l’éveil à soi-même. » Macha Séry, Le Monde des Livres.
« L’un des plus beaux de la rentrée, assurément. Au prix de ces interminables nuits, du combat contre le froid, l’angoisse ou l’ennui, il y a des crépuscules radieux, des aurores boréales, et la révélation qu’elle peut être intense aussi, cette "vie normale". L’expérience d’Amy Liptrot n’est sans doute pas faite pour tout le monde. Son livre, en tout cas, est à lire par le plus grand nombre. » Pascaline Potdevin, Grazia.
« Regard magnifique sur la nature excessive, urgent désir de transmettre. » Muriel Steinmetz, L’Humanité.
« L’auteure se garde de tout pathos pour décrire ses errements. Son style est juste sincère et urgent. Une fois refermé, L’Écart laisse un goût de sel marin. Le sel de la vie retrouvée. » Philippe Chevilley, Les Échos.
« La lecture de L’Écart nous emporte dans un élan et un mouvement perpétuels. Ils sont entretenus par les vagues, par les cycles – ceux de la maladie mentale, de l’ivresse ou des saisons. » Virginie Bloch-Lainé, Libération.
 « [Amy Liptrot] écrit [L’Écart] avec le calme et l’humilité de la sobriété avec humour aussi envers ces années de déglingue. Dans la lignée des écrivains voyageurs, explorateurs du monde et d’eux-mêmes, il y a désormais cet elfe nordique avec sa paire de jumelles, qui se grise
de vie sauvage sur des îles de plus en plus lointaines de plus en plus petites. Elle ne s’est pas
assagie, elle a changé de folie. » Marguerite Baux, ELLE.
« L’authenticité et la poésie de ce premier roman emportent, tel le ressac, et laissent flotter dans
ces pages un parfum de sel... Le sel de la vie. » O. M., Madame Figaro.
« Le récit terriblement autobiographique d’Amy Liptrot frappe toujours juste. Dans sa vie, elle aura fait beaucoup de petits écarts. Avec ce roman, Amy Liptrot en a réussi un grand. » J.D., L’Express.
« Brut, franc, sans compromis, touchant et fort. » Voici.




 
Presse

Ce qu'en pensent nos lecteurs sur Babelio

  • BruC Posté le 15 Mars 2020
    L’écart, en dehors de son sens bien connu, est le terme utilisé par les parents agriculteurs d’Amy Liptrot. Dans leur terre familiale située sur une des îles Orcades, au nord de l’Écosse, l’écart est un pré isolé, le plus grand de leurs pacages, ajoute l’auteure, et là où les animaux – brebis, agneaux et vaches de race highland – viennent paître durant l’été. Cette ferme isolée et a priori peu épanouissante pour une jeune femme, Amy Liptrot a choisi de la quitter après ses vingt ans pour faire sa vie à Londres. Elle y reviendra quelques années plus tard après des illusions et des expériences malheureuses marquées par l’alcool. L’Écart est l’histoire d’un déracinement puis d’une réconciliation avec des terres rudes mais d’une grande beauté sauvage et peuplée par des habitants dont l’auteure salut la bienveillance et l’ouverture d’esprit. Dans une langue qui se déploie avec élégance et retenue, Amy Liptrot décrit le parcours étonnant d’une enfant de la campagne partie se frotter aux rêves d’une grande ville et qui en a gardé des ecchymoses. Sans aucun doute, cette expérience parlera à beaucoup de lecteurs, qu’ils soient anglais ou français. Il faut aussi préciser que ce qui intéresse cette enfant de la... L’écart, en dehors de son sens bien connu, est le terme utilisé par les parents agriculteurs d’Amy Liptrot. Dans leur terre familiale située sur une des îles Orcades, au nord de l’Écosse, l’écart est un pré isolé, le plus grand de leurs pacages, ajoute l’auteure, et là où les animaux – brebis, agneaux et vaches de race highland – viennent paître durant l’été. Cette ferme isolée et a priori peu épanouissante pour une jeune femme, Amy Liptrot a choisi de la quitter après ses vingt ans pour faire sa vie à Londres. Elle y reviendra quelques années plus tard après des illusions et des expériences malheureuses marquées par l’alcool. L’Écart est l’histoire d’un déracinement puis d’une réconciliation avec des terres rudes mais d’une grande beauté sauvage et peuplée par des habitants dont l’auteure salut la bienveillance et l’ouverture d’esprit. Dans une langue qui se déploie avec élégance et retenue, Amy Liptrot décrit le parcours étonnant d’une enfant de la campagne partie se frotter aux rêves d’une grande ville et qui en a gardé des ecchymoses. Sans aucun doute, cette expérience parlera à beaucoup de lecteurs, qu’ils soient anglais ou français. Il faut aussi préciser que ce qui intéresse cette enfant de la campagne orcadienne réside moins dans le descriptif de ses illusions urbaines que dans le récit de son retour en arrière vers l’archipel des Orcades, retour qui n’a été rendu possible que parce que l’alcoolisme l’y a contraint. Amy Liptrot entreprend son récit comme une analyse de ses années de boisson : "J’avais envie de boire en permanence. Cette idée ne me quittait jamais : elle était ancrée en moi, à l’arrière-plan de mes pensées, comme un bruit de fond ou un acouphène dont je ne parvenais pas à me débarrasser." La jeune Orcadienne, qui étouffait dans une famille sur le point d’éclater en raison surtout d’un père malade, fuit vers la capitale anglaise pour, croit-elle, s’y épanouir. Dans une langue déliée et riche, Amy Liptrot décrit pourquoi et comment dans cette ville elle s’est bientôt sentie "comme le petit bateau de pêche dans une position précaire." Loin de sa "base", ses îles finissent par la hanter comme elle le dit elle-même : "Je portais en moi ces mers déchaînées, ces ciels infinis et une facilité à apprivoiser la peur du vide." L’Écart est un cheminement intérieur et le récit d’une reconstruction dans laquelle les forces de la nature prennent tout leur sens. Il faut lire la manière dont l’auteure parle de son retour aux Îles Orcades après une longue période d’échecs amoureux, amicaux et professionnels dus à l’alcool. Un jour, elle découvre un phoque échoué sur un rivage. Voilà ce qu’elle en dit : "J’ai échoué ici, moi aussi, sobre depuis neuf mois, récurée par les vagues de la vie, polie comme un galet. Me voici de retour à la maison après une année de tempête, dans les vents qui m’ont forgée, là où le sel marin m’a écorchée vive. j’ai droit à un nouveau départ, mais pour aller où ?" La destination qui lui offre est celle d’un lieu qu’elle n’a finalement jamais quitté. L’ancienne aventureuse d’une grande métropole se découvre l’âme d’une Orcadienne découvrant le pays de son enfance : la ferme familiale (et ce fameux écart), les agnelages au cours desquels elle endosse le rôle de "sage-femme", l’ambre gris des baleines échoués sur les côtes, les îles abandonnés dont elle choisit de retracer des récits historiques et quelques légendes, mais aussi et surtout la nature omniprésente (guillemots, petits pingouins, macareux, cormorans huppés, mouettes ou fulmars). En quelques mois, Amy Liptrot devient d’ailleurs "l’épouse du roi caille" ("The Corncrake Wife"). Elle est embauchée par la Société Royale de Protection des Oiseaux (RSPB) pour localiser et recenser les râles des genêt ou roi caille dans l’archipel, des oiseaux en voie de disparition : "Le roi caille est devenu mon credo, ma bataille, mon obsession." Ces mâles chanteurs deviennent des compagnons autant que des doubles de l’ancienne londonienne : "En un sens, nous connaissons le même sort, eux et moi. Je tente de rester sobre et de m’accrocher à la vie « normale ». Les rois cailles, eux, tentent de s’accrocher à l’existence même." À l’écart de l’alcool, pour Amy Liptrot la renaissance passe par l’ornithologie, la nature mais aussi la rencontre avec ses semblables des Orcades, "des gens qui me ressemblaient." Pour autant, la vie citadine et la modernité ne sont pas en reste. Pas question d’oublier Internet, qui a facilité la vie des insulaires comme le rappelle l’auteure qui avoue non sans malice qu’elle a troqué, lors d’une nuit dégagée, "les boules à facettes des discothèques pour les lumières célestes." Bien mieux qu’un simple témoignage, Amy Liptrot parle de son retour aux Orcades comme d’un essai semi-scientifique pour elle-même, une reprogrammation intérieure et une "exploration bathymétrique" de son âme. Reprogrammation qui ne l’empêche pas de rester autant la fille des Orcades que l’ancienne fêtarde londonienne : "J’ai l’impression d’être une gymnaste en train d’effectuer un salto arrière sur un trampoline, retenue par des élastiques fixés aux tringles du chapiteau. Je suis coincée entre deux univers : j’ai les pieds sur Papay et la tête à Londres sur Internet… Je veux absolument me soigner et aller de l’avant." Ça, dit-elle encore, c’est la liberté qu’offre la sobriété. La liberté, la vraie.
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  • itsmylife_book Posté le 10 Mars 2020
    C’est un récit autobiographique que j’ai trouvé intéressant et fort touchant. L’auteure se raconte, raconte son quotidien, ses déboires à cause de l’alcool, ses pensées quotidiennes, ses questionnements, son envie de sortir de cette spirale infernale... Une grande réflexion sur elle-même. Elle décide de quitter Londres, pour le magnifique décor des Orcades, sa terre natale. L’auteure décrit si bien ces paysages écossais, que ça donne envie de les découvrir. Au fur et à mesure, Amy se lance à corps perdu dans la protection et la contemplation de la nature, qui agit comme une thérapie. Elle trouve un sens à sa vie, elle se bat pour elle-même et pour la nature. Elle est enfin à sa place, là-bas. C’est beau, c’est émouvant.
  • Bellonzo Posté le 3 Mars 2020
    Un petit pas de coté, du côté nord de de l'Ecosse, ce pays aux îles innombrables et aux oiseaux opiniâtres. Mais un livre, si bon soit-il, n'est pas forcément qu'un livre. Un livre c'est parfois l'autre, qui vous a offert ou même prêté cet ouvrage . Il (ou elle) vous l'a prêté parce que, probablement, c'était une façon d'être ensemble, encore un peu, encore une heure. La personne l'ayant lu a cru, à bon escient, et connaissant a minima quelques goûts communs, prolonger ce curieux sentiment de partage à travers une oeuvre aimée, souhaitant le même accueil chez l'autre. J'ai donc reçu L'écart d'Amy Liptrot avec beaucoup de plaisir et quelqu'un que j'apprécie aura apprécié que je l'apprécie. Merci. C'est en fait un récit quasi autobiographique que nous livre la jeune auteure écossaise. Née en 1986 dans les Iles Orcades, au nord de l'Ecosse, Amy nous conte comment après des années à Londres, une dépendance alcoolique majeure, et beaucoup d'errances nocturnes, elle décide de retourner dans ses îles natales. Ou comment faire le... Un petit pas de coté, du côté nord de de l'Ecosse, ce pays aux îles innombrables et aux oiseaux opiniâtres. Mais un livre, si bon soit-il, n'est pas forcément qu'un livre. Un livre c'est parfois l'autre, qui vous a offert ou même prêté cet ouvrage . Il (ou elle) vous l'a prêté parce que, probablement, c'était une façon d'être ensemble, encore un peu, encore une heure. La personne l'ayant lu a cru, à bon escient, et connaissant a minima quelques goûts communs, prolonger ce curieux sentiment de partage à travers une oeuvre aimée, souhaitant le même accueil chez l'autre. J'ai donc reçu L'écart d'Amy Liptrot avec beaucoup de plaisir et quelqu'un que j'apprécie aura apprécié que je l'apprécie. Merci. C'est en fait un récit quasi autobiographique que nous livre la jeune auteure écossaise. Née en 1986 dans les Iles Orcades, au nord de l'Ecosse, Amy nous conte comment après des années à Londres, une dépendance alcoolique majeure, et beaucoup d'errances nocturnes, elle décide de retourner dans ses îles natales. Ou comment faire le lien entre la fêtarde junkie des nuits londoniennes et la solitaire aux grands vents de la Mer du Nord. Et si la jeune femme ne condamne pas ses folies d'antan (elle envisage parfois d'y recourir à nouveau, très clairement) elle trouve dans ces confins septentrionaux un équilibre moral et physique. C'est notamment l'observation des oiseaux marins, les bains de mer et l'astronomie qui vont restaurer la confiance en son propre destin. Sur ces îlots de falaises et de rochers, vierges d'arbres et où vivent plus de moutons que d'humains, à traquer le si discret râle des genêts, à admirer la constance des sternes arctiques lors de leurs migrations records, à compter les si bruyants pétrels et fulmars, elle va refaire surface et retrouver la paix de l'âme. Nul ne sait, surtout pas elle, ce que seront les années du retour au continent. Mais, mieux armée après ses conversations avec les phoques, ses nuits au téléscope à guetter les aurores boréales, ses plongées dans ces fonds préservés et aussi riches que les Maldives, nul doute qu'Amy, une autre Amy, la troisième peut-être? verra un nouveau jour se lever. Je dois ce beau voyage insulaire à quelqu'un qui a des goûts littéraires très proches des miens, qui me ressemble Aussi par bien des aspects. Je lui dois donc beaucoup.
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  • EmmaBer Posté le 21 Février 2020
    Bien apprécié ce livre, malgré quelques longueurs dans les passages sur la vie londonienne. L’écriture n’a pas de grandes qualités littéraires, mais j’ai trouvé le récit très juste. Une grande lucidité et une certaine autodérision, une description de sa sortie de l’alcool qui pourrait aider d’autres personnes souffrant d’une addiction (d’ailleurs, en pensant à elle je mange moins de chocolat ces derniers jours !). Des découvertes d’oiseaux, du monde marin, des îles des Orcades battues par le vent (ce qui ne donne pas trop l’envie d’y aller) et du mode de vie de ses habitants. Une belle lecture dont je me souviendrai.
  • ithaque Posté le 6 Janvier 2020
    Pour ceux qui ont le béguin pour la vie sauvage sous toutes ses formes, ce sera un ticket pour un voyage ébouriffant et vivifiant : les îles Orcade, entre l'Ecosse et les Shetlands, sont peuplées de nombreuses âmes, majoritairement à plumes et à poils, les citoyens officiels étant largement sous-représentés, ce qui n'est pas forcément dommage. Dans les îles les plus isolées, labbes et goélands vous font même rapidement comprendre qu'il serait plus judicieux de faire demi-tour dans les meilleurs délais. Un paradis malgré tout pour les amateurs d'oiseaux marins : fous de Bassan, huitriers-pie, tourne-pierre et autres délicieux volatiles. Mais le début du récit est pour tout dire bien moins venté et se passe même essentiellement dans des lieux confinés, bars en tous genres ,troquets londoniens obscurs, ou fond du lit, selon les circonstances, la constante étant pour l’auteur d’avoir une bouteille à portée de main. L'attrait obsessionnel pour l'alcool et le désir tout aussi fort de s'en délier dansent un sabbat cruel et répétitif; j'ai d'abord trouvé un peu lassante cette répétition littéraire avant de ressentir sa nécessité, mimétique de l'addiction qu'elle décrit. Un serpent de mer qui réapparaît sans cesse à l'intérieur de soi et qui ne s'éloigne que... Pour ceux qui ont le béguin pour la vie sauvage sous toutes ses formes, ce sera un ticket pour un voyage ébouriffant et vivifiant : les îles Orcade, entre l'Ecosse et les Shetlands, sont peuplées de nombreuses âmes, majoritairement à plumes et à poils, les citoyens officiels étant largement sous-représentés, ce qui n'est pas forcément dommage. Dans les îles les plus isolées, labbes et goélands vous font même rapidement comprendre qu'il serait plus judicieux de faire demi-tour dans les meilleurs délais. Un paradis malgré tout pour les amateurs d'oiseaux marins : fous de Bassan, huitriers-pie, tourne-pierre et autres délicieux volatiles. Mais le début du récit est pour tout dire bien moins venté et se passe même essentiellement dans des lieux confinés, bars en tous genres ,troquets londoniens obscurs, ou fond du lit, selon les circonstances, la constante étant pour l’auteur d’avoir une bouteille à portée de main. L'attrait obsessionnel pour l'alcool et le désir tout aussi fort de s'en délier dansent un sabbat cruel et répétitif; j'ai d'abord trouvé un peu lassante cette répétition littéraire avant de ressentir sa nécessité, mimétique de l'addiction qu'elle décrit. Un serpent de mer qui réapparaît sans cesse à l'intérieur de soi et qui ne s'éloigne que pour revenir avec plus de virulence. Quelque chose a pris possession de soi. J'ai retenu mon souffle avec l'auteur en cochant avec elle les heures, les jours, puis les semaines où elle parvient à se déprendre, à s'extraire petit à petit du boa constrictor qui tient sa vie. On ne compte plus les fois où elle fait miroiter devant ses neurones frétillants l'idée d'une bonne bière bien fraîche, la décapsulant lestement dans sa tête, pour assouvir cette envie qui l'étreint. Mais non, elle tient. Elle préfère endurer le calvaire de la frustration que celui du dégoût de soi. Bienheureux celui qui n'a jamais connu ce conflit intérieur entre les mystérieuses parties de soi qui se disputent le bout de gras! C'est bien rendu à travers ce texte sans fard, on y est. Très intéressant aussi le lien insolite qu'elle fait entre la maladie bipolaire de son père, le fanatisme religieux de sa mère et son alcoolisme à elle: elle y voit un point commun: la traversée d'une zone de turbulence intime qui les fait vivre avec une intensité surexposée, une euphorie brutale, un surplus de vie. Par opposition à une vie équilibrée, mais plane, plate, morne. Ce ne serait pas la mort l'antithèse de la vie, mais l'ennui. Faire un prix de gros avec une pathologie mentale(la bipolarité), la religion et les addictions, certains trouveront que ça frise le poussage de mémé caractérisé. L'emprise d'une pathologie mentale sur la personne paraît appartenir à un autre fonctionnement (bien plus lourd encore) que celui de l'addiction. Il y a une part de choix au début de l'addiction, qui ne paraît pas au programme dans la pathologie mentale. Mais on voit bien que pour l'auteur ça correspond au besoin de faire du lien entre ses parents et elle, donner du sens à toutes ces turbulences qu'ils ont traversées. Etonnant, ce rapprochement compressif entre des choses que l'on verrait plutôt étanches les unes aux autres. Une vision de l'être humain comme un être fondamentalement borderline et qui va cramer sa vie par les 2 bouts pour écraser l'insupportable banalité et insipidité des journées ordinaires avec le mammouth bondissant de la frénésie, de la jubilation, de l'euphorie. Alcool, drogue, sexe, sports extrêmes, passion amoureuse, obsessions diverses, religion, folie :le besoin puissant de se décapsuler, quitte à partir en vrille , tout plutôt que d'endurer la rengaine, le quotidien au petit-pied, la vie au rabais. Faire valser la soupe à la carotte pour un bol de speed. L'addition est malheureusement salée, pour son père comme pour elle, puisqu'au versant lumineux succèdent gueule de bois et face dépressive. Il semblerait que l'homme ne puisse jouer longtemps à Dyonisos sans se prendre les pieds dans le tapis. (Sans parler des souffrances pour l'entourage). L'éprouvant défi que l'auteur se lance à elle même, c'est de trouver dans la vie sans alcool un substitut à cette drogue. Elle y parvient, en s'isolant au bout du monde, les Orcades. Se couper de la vie citadine, c'est s'immerger dans des forces puissantes, terre, vent, soleil, mer, c'est être malaxé par la nature, comme les bains de mer glacés (maxi 13°, eh, même en Bretagne on a large mieux!) qui lui deviennent bientôt indispensables. Quelques rencontres humaines bienheureuses, le sentiment d'être en symbiose avec la nature, vivre au rythme du soleil, des étoiles et des marées, le tour de force s'accomplit: l'auteur déploit ses ressources intérieures en accord avec celles que la mer et la terre lui offrent et se remet debout. Un beau voyage aux côtés de l’auteur.
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