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Pocket
EAN : 9782266295833
Code sériel : 17661
Façonnage normé : POCHE
Nombre de pages : 400
Format : 108 x 177 mm

L'Écart

Karine REIGNIER-GUERRE (Traducteur)
Date de parution : 14/08/2019
Dans l’oubli hypnotique des nuits londoniennes, une jeune femme noie sa solitude grâce à l’alcool. Mais au bout de dix ans de fêtes tristes, dix ans d’excès, dix ans perdus, elle est épuisée. Elle retourne alors sur son île natale, au sein de cet archipel des Orcades isolé au nord... Dans l’oubli hypnotique des nuits londoniennes, une jeune femme noie sa solitude grâce à l’alcool. Mais au bout de dix ans de fêtes tristes, dix ans d’excès, dix ans perdus, elle est épuisée. Elle retourne alors sur son île natale, au sein de cet archipel des Orcades isolé au nord de l’Écosse. Elle échange la bouteille assassine pour la Thermos de café, la contemplation de la faune interlope pour celle des étoiles et des nuages. Elle se découvre assoiffée de grand large, de grand air, de grande beauté.
Et si le fragile râle des genêts, cet oiseau en voie d’extinction aussi farouche qu’elle, était plus fort qu’il n’y paraît ?

« L’Écart est une oeuvre lumineuse, combative, rocailleuse. Elle tend vers l’espérance. »
Marie-Laure Delorme – Le Journal du Dimanche

« Un voyage splendide au bout des nuits blanches de l’addiction, des désirs insatisfaits. »
Yann Perreau – Les Inrockuptibles
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EAN : 9782266295833
Code sériel : 17661
Façonnage normé : POCHE
Nombre de pages : 400
Format : 108 x 177 mm

Ils en parlent

« L’une des révélations de la rentrée. La longue et blonde Amy Liptrot raconte, dans un style ardent, une longue chute dans le vide. L’Écart est une œuvre lumineuse, combative, rocailleuse. Elle tend vers l’espérance. » M.-L. D., Le Journal du Dimanche.
« Ce premier roman est un voyage magnifique dans la nuit noire des désirs obsessionnels et compulsifs. » Les Inrockuptibles.
« L’Écart est un premier roman envoûtant et bouleversant. Un voyage splendide au bout des nuits blanches de l’addiction, des désirs insatisfaits. » Y.P., Les Inrockuptibles.
« De sa langue minérale qui célèbre l’enchantement du spectacle de la nature, elle livre une ode au pays natal en même temps qu’un puissant récit de guérison. Une sublime façon de retrouver le rivage. » Amandine Schmitt, L’Obs.
« Le très beau récit autobiographique d’Amy Liptrot conte l’éveil à soi-même. » Macha Séry, Le Monde des Livres.
« L’un des plus beaux de la rentrée, assurément. Au prix de ces interminables nuits, du combat contre le froid, l’angoisse ou l’ennui, il y a des crépuscules radieux, des aurores boréales, et la révélation qu’elle peut être intense aussi, cette "vie normale". L’expérience d’Amy Liptrot n’est sans doute pas faite pour tout le monde. Son livre, en tout cas, est à lire par le plus grand nombre. » Pascaline Potdevin, Grazia.
« Regard magnifique sur la nature excessive, urgent désir de transmettre. » Muriel Steinmetz, L’Humanité.
« L’auteure se garde de tout pathos pour décrire ses errements. Son style est juste sincère et urgent. Une fois refermé, L’Écart laisse un goût de sel marin. Le sel de la vie retrouvée. » Philippe Chevilley, Les Échos.
« La lecture de L’Écart nous emporte dans un élan et un mouvement perpétuels. Ils sont entretenus par les vagues, par les cycles – ceux de la maladie mentale, de l’ivresse ou des saisons. » Virginie Bloch-Lainé, Libération.
 « [Amy Liptrot] écrit [L’Écart] avec le calme et l’humilité de la sobriété avec humour aussi envers ces années de déglingue. Dans la lignée des écrivains voyageurs, explorateurs du monde et d’eux-mêmes, il y a désormais cet elfe nordique avec sa paire de jumelles, qui se grise
de vie sauvage sur des îles de plus en plus lointaines de plus en plus petites. Elle ne s’est pas
assagie, elle a changé de folie. » Marguerite Baux, ELLE.
« L’authenticité et la poésie de ce premier roman emportent, tel le ressac, et laissent flotter dans
ces pages un parfum de sel... Le sel de la vie. » O. M., Madame Figaro.
« Le récit terriblement autobiographique d’Amy Liptrot frappe toujours juste. Dans sa vie, elle aura fait beaucoup de petits écarts. Avec ce roman, Amy Liptrot en a réussi un grand. » J.D., L’Express.
« Brut, franc, sans compromis, touchant et fort. » Voici.




 
Presse

Ce qu'en pensent nos lecteurs sur Babelio

  • ManouB Posté le 3 Juin 2020
    Voici un livre assez déroutant, que j'ai emprunté avant le confinement à la médiathèque de la ville, très attirée par sa jolie couverture. Je n'avais jamais rien lu de cet auteur, normal c'est son premier roman, un roman largement autobiographique qui a obtenu déjà deux prix dans lequel elle raconte son retour dans les Îles Orcades, où elle est née, après dix années d'errance à Londres. Je vais vous en dire un peu plus, bien entendu, sans trop dévoiler de son histoire. Il y a deux sortes de tempêtes celles qui sévissent sans prévenir sur les côtes des îles Orcades, dévastant tout sur leur passage, pouvant faire tomber ou même s'envoler les très jeunes enfants ou se fracasser les bateaux sur les rochers, et puis celles que vivent les jeunes adultes épris de liberté, au fin fond des boites de nuit et des bars de Londres... Mais pour la narratrice, il y a surtout les tempêtes intérieures, de celles qui peuvent détruire une vie, si on n'accepte pas de tendre la main pour être aidé, de se regarder en face, et d'arrêter de combler le vide de sa vie en s'adonnant à l'alcool ou à la drogue pour faire face au... Voici un livre assez déroutant, que j'ai emprunté avant le confinement à la médiathèque de la ville, très attirée par sa jolie couverture. Je n'avais jamais rien lu de cet auteur, normal c'est son premier roman, un roman largement autobiographique qui a obtenu déjà deux prix dans lequel elle raconte son retour dans les Îles Orcades, où elle est née, après dix années d'errance à Londres. Je vais vous en dire un peu plus, bien entendu, sans trop dévoiler de son histoire. Il y a deux sortes de tempêtes celles qui sévissent sans prévenir sur les côtes des îles Orcades, dévastant tout sur leur passage, pouvant faire tomber ou même s'envoler les très jeunes enfants ou se fracasser les bateaux sur les rochers, et puis celles que vivent les jeunes adultes épris de liberté, au fin fond des boites de nuit et des bars de Londres... Mais pour la narratrice, il y a surtout les tempêtes intérieures, de celles qui peuvent détruire une vie, si on n'accepte pas de tendre la main pour être aidé, de se regarder en face, et d'arrêter de combler le vide de sa vie en s'adonnant à l'alcool ou à la drogue pour faire face au manque. Ce sont celles qu'il faut combattre coûte que coûte, comme elle a du le faire elle-même... Amy n'a pas toujours eu une vie facile dans la ferme de son enfance. Dans cet archipel des Orcades, encore sauvage et éloigné de la ville, elle a souffert de solitude. De plus, son père était bipolaire et très souvent absent parce que soit hospitalisé, soit sous l'emprise des médicaments. Sa mère très croyante n'a rien fait non plus pour l'aider et lui a fait voir une vie très étriquée et éloignée de toute réalité extérieure. Quand elle arrive à Londres alors qu'elle n'a que 18 ans, pour tout d'abord s'inscrire à l'université, elle se croit invincible et pense que la belle vie est enfin arrivée. Elle a son appartement et son indépendance, se fait des amis, sort et s'amuse beaucoup, tombe amoureuse...mais elle va peu à peu se perdre dans l'alcool dont elle abuse de plus en plus, compromettant ses études, puis plus tard son travail, sa vie sociale et aussi sa vie amoureuse. Durant dix longues années, de tentatives en rechutes, elle va chercher à trouver une solution à ses problèmes jusqu'au jour où des symptômes inquiétants lui montrent que sa santé est sérieusement atteinte. Elle accepte alors d'entrer en cure de désintoxication. Elle en sortira grandie et sûre d'une seule chose : elle doit retourner chez elle dans les Orcades. Là, au milieu de ces îles rudes et sauvages, elle va tenter de se reconstruire. D'abord auprès de son père qui a besoin d'elle pour réparer des murs en pierre sèche, et s'occuper de l'agnelage. Puis auprès de sa mère. Ses parents se sont séparés, la ferme a été vendue mais, reste toujours en bord de mer, cet espace de prairie le plus éloigné de la ferme que se partagent les animaux domestiques et sauvages, que l'on appelle dans les Orcades, l'écart. Alors qu'elle vit avec la peur au ventre de retomber dans l'alcool et l'angoisse de la solitude, Amy va accepter de travailler pour la Société de Protection des Oiseaux, et d'aller recenser, sur une des îles des Orcades où ne vivent que soixante-dix autres âmes, l'île de Papay, une espèce d'oiseau très rare, le Roi caille ... Au cours d'un long été, cette mission va lui permettre de renouer avec la nature, d'explorer toutes ces îles qui finalement lui étaient inconnues et de se passionner pour la vie... tout simplement. Si la lente chute d'Amy dans le fin fond des bars londoniens est dramatique et m'a paru par moment bien trop longue, j'ai davantage aimé la suite où elle nous parle de sa reconstruction et de ses découvertes attentionnées de la nature qui l'entoure et de ses beautés. Tandis que peu à peu elle comprend les méandres de son propre fonctionnement, et pourquoi elle en est arrivée là, elle entraîne le lecteur dans son sillage à la découverte des ces îles merveilleusement sauvages, habitées par une grande diversité d'animaux qu'elle croise au hasard de ses marches quotidiennes ou de ses veillées nocturnes. Ces îles sont aussi le siège de manifestations naturelles fascinantes comme les nuages noctulescents, les pluies d'étoiles filantes ou les aurores boréales. Amy comprend que chaque être humain a en lui une grande faculté de vivre et d'être heureux, et qu'à chaque instant, il a le choix ! Malgré donc les longueurs du début, c'est un livre témoignage qui sonne toujours juste et c'est aussi un merveilleux documentaire sur les Orcades. Il n'est pas forcément toujours facile à lire, malgré l'intérêt que j'ai eu à le découvrir. Souvent le lecteur ne se sent pas concerné directement ou bien il se sent désolé de qui arrive à la narratrice, voire dégoûté par moment. J'ai stoppé ma lecture plusieurs fois, puis je l'ai reprise mais je n'ai pas pour autant réussi à éprouver de l'empathie pour la narratrice lorsqu'elle raconte sa vie dépravée à Londres. D'un autre côté, je voulais continuer à lire son histoire pour savoir comment elle allait s'en sortir. Du coup, ayant lu ce livre en pointillé, je n'ai pas été gênée par les répétitions qui comme dans un journal intime, sont finalement assez fréquentes. Ce que j'ai aimé c'est justement que l'auteur ne cherche pas à se faire plaindre. Le ton est juste, sincère, sans aucun apitoiement. Elle expose les faits, tels qu'ils sont, nous décrit ses frasques et leurs conséquences sur sa vie, sans aucune pudeur, juste en nous montrant qu'aujourd'hui elle éprouve toujours un peu de gêne en public, ayant l'appréhension d'avoir gaffé à nouveau, ou d'avoir eu un geste déplacé alors qu'elle est depuis longtemps à présent, complètement sobre. Le lecteur est finalement content de la voir avancer sur un chemin long et douloureux. mais tellement plus positif...
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  • aimylitHK Posté le 14 Mai 2020
    Amy Liptrot est née dans l’archipel des Orcades, au nord de l’Écosse ; elle a grandi dans la ferme de ses parents, dans un environnement rude, intense, entre les vents violents, sur un terrain escarpé, devant une mer forte et implacable, et surtout entre un père bipolaire et une mère très très religieuse. C’est ainsi qu’elle est devenue une jeune femme qui a voulu partir et vivre intensément, toujours en équilibre, sur le fil. Elle s’est installée à Londres et petit à petit entre deux boulots et deux soirées, sans s’en rendre compte elle est devenue alcoolique. Dans ce récit autobiographique, Amy nous raconte sa descente en enfer puis son retour à la vie lorsqu’après avoir tout perdu elle décide enfin d’arrêter de boire et de faire une cure de désintoxication. Après quelques mois d’abstinence elle retourne sur son île. L’auteur ne mâche pas ses mots et ne se cache pas derrière des excuses, elle se livre entièrement et sincèrement. J’ai trouvé la première partie assez difficile à lire, écœurante comme si je buvais autant qu’elle ; elle décrit très bien l’addiction, et comment cette addiction dirige sa vie, ce qui peut être très difficile à comprendre. Elle voit, elle sait qu’elle... Amy Liptrot est née dans l’archipel des Orcades, au nord de l’Écosse ; elle a grandi dans la ferme de ses parents, dans un environnement rude, intense, entre les vents violents, sur un terrain escarpé, devant une mer forte et implacable, et surtout entre un père bipolaire et une mère très très religieuse. C’est ainsi qu’elle est devenue une jeune femme qui a voulu partir et vivre intensément, toujours en équilibre, sur le fil. Elle s’est installée à Londres et petit à petit entre deux boulots et deux soirées, sans s’en rendre compte elle est devenue alcoolique. Dans ce récit autobiographique, Amy nous raconte sa descente en enfer puis son retour à la vie lorsqu’après avoir tout perdu elle décide enfin d’arrêter de boire et de faire une cure de désintoxication. Après quelques mois d’abstinence elle retourne sur son île. L’auteur ne mâche pas ses mots et ne se cache pas derrière des excuses, elle se livre entièrement et sincèrement. J’ai trouvé la première partie assez difficile à lire, écœurante comme si je buvais autant qu’elle ; elle décrit très bien l’addiction, et comment cette addiction dirige sa vie, ce qui peut être très difficile à comprendre. Elle voit, elle sait qu’elle se détruit physiquement, qu’elle a des comportements et des attitudes qui la mettent en danger en permanence. La deuxième partie se passe aux Orcades, ces îles du nord, balayées par les vents, où peu de gens vivent. Elle y passe d’abord quelques jours auprès de son père, l’aide à refaire un mur, puis prolonge son séjour pour l’aider à l’agnelage, et petit à petit elle reste, trouve un job d’été à la RSPB (Royal Society for the Protection of Birds) pour laquelle elle doit parcourir l’archipel et recenser les râles des genêts (roi caille) en écoutant leur chant qu’il pousse essentiellement la nuit, et lorsque l’hiver vient, elle s’installe sur un des îlots les plus au nord qui se nomme Papay. Elle y fera de jolies rencontres autant humaines qu’animales. C’est un magnifique chemin de résilience que nous raconte Amy Liptrot, un chemin long et difficile mais qui l’emmène (et nous avec) dans de magnifiques paysages, sauvages, où se côtoient les moutons, les phoques et beaucoup d’oiseaux ! Elle découvre une nature différente de la vie londonienne faite de sorties, d’alcool, et de dancing, Un récit fort, déroutant et très intelligent.
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  • ohfom Posté le 30 Avril 2020
    On constate que les critiques récentes (mars-avril 2020) sont très partagées entre ceux qui ont aimé et les autres. Pour ma part, j'y ai pris d'autant plus de plaisir que celui-ci augmentait au fur et à mesure de ma progression dans la lecture - c'était à l'automne - et quand je me rendais compte combien elle m'était apaisante. J'écris cela maintenant, dans cette période de confinement, repensant à ce bonheur insouciant de lire au lit, le soir, quelques pages qui me transportaient dans un ailleurs où je pouvais respirer l'air marin en entendant criailler les oiseaux de mer. Mais je comprends très bien certaines opinions négatives. J'avouerai que j'ai plus ou moins zappé toutes les pages - quand même une partie conséquente de l'ouvrage - sur l'intoxication/désintoxication. Trop réalistes, trop dures, pas envie de lire ces choses à ce moment... En revanche les Orcades !... Il se trouve que j'étais revenu du Québec quelques semaines auparavant, les yeux pleins de baleines, de wapitis, castors, fous de Bassan, d'ours même, à portée de main ou de jumelles. C'est ce monde sauvage découvert avec stupéfaction que m'ont rappelé à leur façon les Orcades et leur description très habitée qu'en fait l'auteure. Circonspect au... On constate que les critiques récentes (mars-avril 2020) sont très partagées entre ceux qui ont aimé et les autres. Pour ma part, j'y ai pris d'autant plus de plaisir que celui-ci augmentait au fur et à mesure de ma progression dans la lecture - c'était à l'automne - et quand je me rendais compte combien elle m'était apaisante. J'écris cela maintenant, dans cette période de confinement, repensant à ce bonheur insouciant de lire au lit, le soir, quelques pages qui me transportaient dans un ailleurs où je pouvais respirer l'air marin en entendant criailler les oiseaux de mer. Mais je comprends très bien certaines opinions négatives. J'avouerai que j'ai plus ou moins zappé toutes les pages - quand même une partie conséquente de l'ouvrage - sur l'intoxication/désintoxication. Trop réalistes, trop dures, pas envie de lire ces choses à ce moment... En revanche les Orcades !... Il se trouve que j'étais revenu du Québec quelques semaines auparavant, les yeux pleins de baleines, de wapitis, castors, fous de Bassan, d'ours même, à portée de main ou de jumelles. C'est ce monde sauvage découvert avec stupéfaction que m'ont rappelé à leur façon les Orcades et leur description très habitée qu'en fait l'auteure. Circonspect au vu des premiers chapitres tournés sur la phase londonienne de l'histoire, je ne suis entré que petit à petit dans le livre avec le retour aux Orcades et la découverte progressive, en compagnie de l'auteur, des différentes facettes de cet archipel perdu dans la mer du Nord. Je me faisais une joie de goûter chaque soir quelques pages, pas trop pour faire durer le plaisir. Amy Liptrot me renvoyait en effet à sa manière à ce que j'avais éprouvé devant l'immensité du Saint-Laurent et son foisonnement de vie sauvage ; elle me renvoyait à ces moments somme toute assez rares où l'on est convaincu d'être devant quelque chose d'essentiel, qui a probablement à voir avec des aspects primordiaux de notre cerveau et de notre mémoire : une Terre comme à son premier jour, où il n'y aurait plus qu'une chose à faire, aspirer à grandes bouffées le souffle de la Nature, du beau, d'une Vie que nous avons tous, humains, animaux et même végétaux ou rochers, en commun. J'ai donc très vite adhéré à l'expérience narrée par Amy Liptrot (on ne sait si le récit est autobiographique - j'aurais tendance à croire que oui), admettant sans problème que les Orcades aient pu aider à une résurrection dans un mouvement progressif d'apprivoisement puis de fascination. Face à un horizon à peine rompu çà et là par quelque lambeau de terre battu par les tempêtes, on se retrouve par la force des choses face à soi-même. Partie adolescente d'un archipel où elle ne supportait plus rien, ni ses parents agriculteurs, ni la perspective de vie qui l'attendait, c'est dans l'archipel que la narratrice a trouvé les forces pour surmonter ses misères londoniennes et ses addictions. Vaille que vaille, elle s'est retrouvée face à elle-même. Et elle s'en est sortie.
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  • MAPATOU Posté le 5 Avril 2020
    Je remercie les Editions Pocket pour l’envoi de ce titre. Amy Liptrot est originaire des Iles des Orcades, tout au nord de l’Ecosse. Elle a grandi sur la ferme de ses parents, au rythme des crises de son père maniaco-dépressif. A 20 ans, elle est partie pour Londres où pendant une décennie se sont succédé les petits boulots, les soirées bien trop arrosées des nuits londoniennes. Elle va peu à peu sombrer dans l’alcoolisme, perdant tout au passage : travail, logement, son compagnon l’abandonne lassé par son comportement. Dans un dernier sursaut de vie, Amy Liptrot s’inscrit aux A.A. puis rentre aux Orcades pour tenter de se reconstruire. C’est au milieu de cette nature sauvage que la jeune femme va lutter contre ses vieux démons. Cette bataille va durer deux ans. Amy Liptrot raconte son parcours sans fard, sans jamais jouer à la victime étant très lucide sur elle-même. Elle nous fait aussi partager la beauté des Iles Orcades, leur histoire et les histoires qu’on y raconte, le mode de vie de ses habitants. « L’écart » est un émouvant et passionnant témoignage.
  • BruC Posté le 15 Mars 2020
    L’écart, en dehors de son sens bien connu, est le terme utilisé par les parents agriculteurs d’Amy Liptrot. Dans leur terre familiale située sur une des îles Orcades, au nord de l’Écosse, l’écart est un pré isolé, le plus grand de leurs pacages, ajoute l’auteure, et là où les animaux – brebis, agneaux et vaches de race highland – viennent paître durant l’été. Cette ferme isolée et a priori peu épanouissante pour une jeune femme, Amy Liptrot a choisi de la quitter après ses vingt ans pour faire sa vie à Londres. Elle y reviendra quelques années plus tard après des illusions et des expériences malheureuses marquées par l’alcool. L’Écart est l’histoire d’un déracinement puis d’une réconciliation avec des terres rudes mais d’une grande beauté sauvage et peuplée par des habitants dont l’auteure salut la bienveillance et l’ouverture d’esprit. Dans une langue qui se déploie avec élégance et retenue, Amy Liptrot décrit le parcours étonnant d’une enfant de la campagne partie se frotter aux rêves d’une grande ville et qui en a gardé des ecchymoses. Sans aucun doute, cette expérience parlera à beaucoup de lecteurs, qu’ils soient anglais ou français. Il faut aussi préciser que ce qui intéresse cette enfant de la... L’écart, en dehors de son sens bien connu, est le terme utilisé par les parents agriculteurs d’Amy Liptrot. Dans leur terre familiale située sur une des îles Orcades, au nord de l’Écosse, l’écart est un pré isolé, le plus grand de leurs pacages, ajoute l’auteure, et là où les animaux – brebis, agneaux et vaches de race highland – viennent paître durant l’été. Cette ferme isolée et a priori peu épanouissante pour une jeune femme, Amy Liptrot a choisi de la quitter après ses vingt ans pour faire sa vie à Londres. Elle y reviendra quelques années plus tard après des illusions et des expériences malheureuses marquées par l’alcool. L’Écart est l’histoire d’un déracinement puis d’une réconciliation avec des terres rudes mais d’une grande beauté sauvage et peuplée par des habitants dont l’auteure salut la bienveillance et l’ouverture d’esprit. Dans une langue qui se déploie avec élégance et retenue, Amy Liptrot décrit le parcours étonnant d’une enfant de la campagne partie se frotter aux rêves d’une grande ville et qui en a gardé des ecchymoses. Sans aucun doute, cette expérience parlera à beaucoup de lecteurs, qu’ils soient anglais ou français. Il faut aussi préciser que ce qui intéresse cette enfant de la campagne orcadienne réside moins dans le descriptif de ses illusions urbaines que dans le récit de son retour en arrière vers l’archipel des Orcades, retour qui n’a été rendu possible que parce que l’alcoolisme l’y a contraint. Amy Liptrot entreprend son récit comme une analyse de ses années de boisson : "J’avais envie de boire en permanence. Cette idée ne me quittait jamais : elle était ancrée en moi, à l’arrière-plan de mes pensées, comme un bruit de fond ou un acouphène dont je ne parvenais pas à me débarrasser." La jeune Orcadienne, qui étouffait dans une famille sur le point d’éclater en raison surtout d’un père malade, fuit vers la capitale anglaise pour, croit-elle, s’y épanouir. Dans une langue déliée et riche, Amy Liptrot décrit pourquoi et comment dans cette ville elle s’est bientôt sentie "comme le petit bateau de pêche dans une position précaire." Loin de sa "base", ses îles finissent par la hanter comme elle le dit elle-même : "Je portais en moi ces mers déchaînées, ces ciels infinis et une facilité à apprivoiser la peur du vide." L’Écart est un cheminement intérieur et le récit d’une reconstruction dans laquelle les forces de la nature prennent tout leur sens. Il faut lire la manière dont l’auteure parle de son retour aux Îles Orcades après une longue période d’échecs amoureux, amicaux et professionnels dus à l’alcool. Un jour, elle découvre un phoque échoué sur un rivage. Voilà ce qu’elle en dit : "J’ai échoué ici, moi aussi, sobre depuis neuf mois, récurée par les vagues de la vie, polie comme un galet. Me voici de retour à la maison après une année de tempête, dans les vents qui m’ont forgée, là où le sel marin m’a écorchée vive. j’ai droit à un nouveau départ, mais pour aller où ?" La destination qui lui offre est celle d’un lieu qu’elle n’a finalement jamais quitté. L’ancienne aventureuse d’une grande métropole se découvre l’âme d’une Orcadienne découvrant le pays de son enfance : la ferme familiale (et ce fameux écart), les agnelages au cours desquels elle endosse le rôle de "sage-femme", l’ambre gris des baleines échoués sur les côtes, les îles abandonnés dont elle choisit de retracer des récits historiques et quelques légendes, mais aussi et surtout la nature omniprésente (guillemots, petits pingouins, macareux, cormorans huppés, mouettes ou fulmars). En quelques mois, Amy Liptrot devient d’ailleurs "l’épouse du roi caille" ("The Corncrake Wife"). Elle est embauchée par la Société Royale de Protection des Oiseaux (RSPB) pour localiser et recenser les râles des genêt ou roi caille dans l’archipel, des oiseaux en voie de disparition : "Le roi caille est devenu mon credo, ma bataille, mon obsession." Ces mâles chanteurs deviennent des compagnons autant que des doubles de l’ancienne londonienne : "En un sens, nous connaissons le même sort, eux et moi. Je tente de rester sobre et de m’accrocher à la vie « normale ». Les rois cailles, eux, tentent de s’accrocher à l’existence même." À l’écart de l’alcool, pour Amy Liptrot la renaissance passe par l’ornithologie, la nature mais aussi la rencontre avec ses semblables des Orcades, "des gens qui me ressemblaient." Pour autant, la vie citadine et la modernité ne sont pas en reste. Pas question d’oublier Internet, qui a facilité la vie des insulaires comme le rappelle l’auteure qui avoue non sans malice qu’elle a troqué, lors d’une nuit dégagée, "les boules à facettes des discothèques pour les lumières célestes." Bien mieux qu’un simple témoignage, Amy Liptrot parle de son retour aux Orcades comme d’un essai semi-scientifique pour elle-même, une reprogrammation intérieure et une "exploration bathymétrique" de son âme. Reprogrammation qui ne l’empêche pas de rester autant la fille des Orcades que l’ancienne fêtarde londonienne : "J’ai l’impression d’être une gymnaste en train d’effectuer un salto arrière sur un trampoline, retenue par des élastiques fixés aux tringles du chapiteau. Je suis coincée entre deux univers : j’ai les pieds sur Papay et la tête à Londres sur Internet… Je veux absolument me soigner et aller de l’avant." Ça, dit-elle encore, c’est la liberté qu’offre la sobriété. La liberté, la vraie.
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