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Loin de la foule déchaînée
Date de parution : 13/05/2015
Éditeurs :
Archipoche

Loin de la foule déchaînée

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Date de parution : 13/05/2015
Gabriel Oak, jeune paysan du Wessex, est devenu propriétaire d’une bergerie. Il s’éprend de Barbara Everdene, venue s’installer au pays avec sa tante. Mais la belle repousse ses avances avec... Gabriel Oak, jeune paysan du Wessex, est devenu propriétaire d’une bergerie. Il s’éprend de Barbara Everdene, venue s’installer au pays avec sa tante. Mais la belle repousse ses avances avec hauteur. Ayant perdu toutes ses bêtes par la faute d’un chien mal dressé, Gabriel, ruiné, est réduit à trouver du... Gabriel Oak, jeune paysan du Wessex, est devenu propriétaire d’une bergerie. Il s’éprend de Barbara Everdene, venue s’installer au pays avec sa tante. Mais la belle repousse ses avances avec hauteur. Ayant perdu toutes ses bêtes par la faute d’un chien mal dressé, Gabriel, ruiné, est réduit à trouver du travail dans une ferme qu’il vient de sauver d’un incendie et dont la propriétaire n’est autre que… Barbara, qu’un héritage a rendue riche.Entretemps, la jeune femme subit les assauts d’un prospère exploitant, William Boldwood, mais aussi de son rival, le fringant sergent Francis Troy, qu’elle finit par épouser, sans savoir qu’une domestique, Fanny, est enceinte de ses œuvres… Gabriel ne parvient pas à lui cacher la mort en couches de la mère et de l’enfant, tandis que Troy, repentant, tente de se noyer. Alors que chacun le croit mort, il resurgit à la veille de Noël et est abattu par Boldwood, qui retourne l’arme contre lui. Lorsque enfin Barbara comprend qu’elle n’a jamais eu qu’un ami, Gabriel lui annonce qu’il quitte l’Angleterre pour la Californie…Le quatrième roman de Thomas Hardy (1874) fut son premier grand succès public et critique.
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EAN : 9782352877295
Façonnage normé : POCHE
Nombre de pages : 471
Format : 112 x 180 mm
EAN : 9782352877295
Façonnage normé : POCHE
Nombre de pages : 471
Format : 112 x 180 mm

Ce qu'en pensent nos lecteurs sur Babelio

  • marpontes5 14/02/2024
    Hardy évoque une culture rurale menacée d'extinction par l'industrialisation. Son roman thématise l'importance de la connexion de l'homme avec le monde naturel et de sa compréhension. While envisage également la relation entre le hasard et la responsabilité morale : pourquoi devrions-nous vivre une vie moralement honnête si la tragédie nous frappe tous de la même manière ? Alors que certains personnages, comme Gabriel, sont toujours responsables et prudents, d'autres, comme le sergent Troy, sont insouciants et destructeurs. Cela fait écho aux idées de Charles Darwin, qui soutenait que le développement d’une espèce biologique et, par extension, de la société humaine et de l’histoire, est façonné par le hasard et non par la conception d’un dieu.
  • Cabossee 17/01/2024
    Alors que je m’attendais à un roman lent qui se lit lentement, j’ai découvert en Loin de la foule déchaînée, passé le tout début, un vrai page-turner. Je me suis attachée aux personnages, en particulier à l’héroïne. Même si Bathsheba Everdene a des côtés agaçants, elle reste une toute jeune femme qui décide d'aller contre les conventions en gérant sa ferme seule, qui fait de mauvais choix mais les assume, qui veut apprendre, en résumé un personnage imparfait mais incarné. Ses trois prétendants, Gabriel Oak, le berger qui a tout perdu, son voisin Boldwood, chez qui elle allume involontairement le feu d’une passion déréglée, et le sergent Troy, qui l’allume chez elle, semblent tout aussi réels. Au début, même si les deux auteurs ne sont pas contemporains, j'ai eu l'impression de lire un roman de Jane Austen. L’écriture est élégante sans être lourde, le rythme est là, et les descriptions ne sont pas interminables comme chez d’autres auteurs du 19e siècle. [masquer]À partir du mariage de Bathseba avec Troy, j'ai compris que non, ce n’était pas un Jane Austen : il n'y aurait pas de prise de conscience avant le mariage.[/masquer] Je ne sais pas dans quel but Thomas Hardy a écrit ce livre et s'il entendait dénoncer quelque chose, mais il est terrible de se rappeler que le mariage, dans certaines circonstances, peut être une prison. La seule chose que je regrette, ce sont les quelques réflexions de l’auteur/narrateur sur les femmes qui seraient comme ci ou comme ça, pas toujours très pertinentes. J’ai maintenant très envie de voir l’adaptation cinématographique. Alors que je m’attendais à un roman lent qui se lit lentement, j’ai découvert en Loin de la foule déchaînée, passé le tout début, un vrai page-turner. Je me suis attachée aux personnages, en particulier à l’héroïne. Même si Bathsheba Everdene a des côtés agaçants, elle reste une toute jeune femme qui décide d'aller contre les conventions en gérant sa ferme seule, qui fait de mauvais choix mais les assume, qui veut apprendre, en résumé un personnage imparfait mais incarné. Ses trois prétendants, Gabriel Oak, le berger qui a tout perdu, son voisin Boldwood, chez qui elle allume involontairement le feu d’une passion déréglée, et le sergent Troy, qui l’allume chez elle, semblent tout aussi réels. Au début, même si les deux auteurs ne sont pas contemporains, j'ai eu l'impression de lire un roman de Jane Austen. L’écriture est élégante sans être lourde, le rythme est là, et les descriptions ne sont pas interminables comme chez d’autres auteurs du 19e siècle. [masquer]À partir du mariage de Bathseba avec Troy, j'ai compris que non, ce n’était pas un Jane Austen : il n'y aurait pas de prise de conscience avant le mariage.[/masquer] Je ne sais pas dans quel but Thomas Hardy...
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  • Saturnia 29/11/2023
    On pourrait dire simplement, c’est une histoire d’amour! Oui c’est une histoire d’amour mais tellement plus que ça ! Accompagnez ces personnages tellement réels dans les méandres de leur destinée dans un cadre bucolique du Wessex ( ou plutôt Dorset lieu d’origine de l’auteur). Un portrait de femme moderne , indépendante, libre et sensible porte la densité du récit. Le tracé des paysages, l’analyse fouillée de la psychologie des personnages, le raffinement de la tension dramatique, tout contribue à faire de ce roman une merveille littéraire et nous offre un grand bonheur de lecture.
  • DelphineFlo 19/10/2023
    Est-il encore utile de mettre un avis sur "Loin de la foule déchainée" de Thomas Hardy. Certainement pas puisque le livre est archi connu. Et pourtant, j'ai envie de vous dire de lire ce merveilleux roman qui nous plonge dans une autre époque, dans un autre rythme de vie, dans un autre rapport homme/femme et surtout un autre rapport à l'amour. C'est splendide. Le personnage de Gabriel fait rêver par sa constance, sa force et son amour. Le personne féminin est étonnamment moderne comme le sont les analyses fines de la psychologie des personnages. C'est un livre qu'il faut relire plusieurs fois dans sa vie, on découvre toujours de petits détails qui ajoute un plaisir nouveau à la lecture.
  • LaDamedelaColline 12/09/2023
    Roman lu en version originale ce qui d’une part m’a apparemment évité les désagréments d’une mauvaise traduction (selon les commentaires des autres lecteurs qui l’ont lu en français) et, d’autre part, m’a permis d’apprécier pleinement ce formidable chef-d’œuvre de la littérature britannique, pour ne pas dire un monument. L’histoire semble simple de prime abord : une femme de tête courtisée par trois hommes différents dans la campagne du XIXème siècle. On imagine tout de suite le déroulement très austenien du récit, avec le héros qui épouse l’héroïne. Or, malgré les apparences (car certaines couvertures sont trompeuses, notamment celle que je possède où Troy en tenue d’officier embrasse Bathsheba en robe longue) et malgré les analyses des autres booknautes, je persiste et signe en disant que ce roman n’a rien d’austenien ou presque. D’abord, il règne une atmosphère de tension dans tout le roman, qu’Hardy arrive à instaurer grâce aux conditions météorologiques qu’il décrit avec minutie mais aussi grâce aux portraits des personnages qu’il dresse, et leurs actions : Troy apparaît comme menaçant dès son apparition ( qui a d’ailleurs lieu la nuit), Boldwood sombre lentement dans la folie de son amour pour Bathsheba, qui ne nous est montrée complètement qu’à la fin, quand des vêtements et des bijoux portant le nom de « Bathsheba Boldwood » sont retrouvés dans sa demeure. Tout nous mène à la tragédie de la soirée de Noël. Trouve-t-on aucune trace de tragique dans Jane Austen ? Non pas. De plus, Bathsheba ne ressemble en rien à une Elizabeth Bennet, perdue dans ses romans (bien que Miss Everdeene ait une bibliothèque bien fournie grâce aux livres légués par son oncle) et ses problèmes d’amour. Bathsheba dirige une ferme, d’une grande dimension et exerce de hautes fonctions en tant que maîtresse de la propriété: elle se charge du salaire de ses gens, qu’elle doit payer en temps et en heure, peu importe le cours du blé au marché du coin, elle est responsable de ses bêtes (d’où son angoisse lors de l’épidémie qui touche les moutons) et elle doit se comporter de manière respectable. Cependant, elle n’hésite pas à se salir les mains lorsque l’on a besoin de plus de paysans, notamment pour nettoyer et tondre les moutons. Et puis Bathsheba est hautaine, froide et sûre d’elle, les deux premiers qualificatifs ne pouvant pas s’appliquer à Lizzie. Elle est magnifique, alors qu’aucune héroïne austenienne n’est spécialement belle. Enfin chez Austen, deux hommes suffisent pour faire la trame du récit (Darcy et Wickham pour Pride and Prejudice, Willoughby et Brandon pour Sense and Sensibility, etc) alors qu’ici ils sont trois, dont le statut social diffère du tout au tout : Troy est un militaire sans le sou, Gabriel un berger sans beaucoup d’argent non plus et enfin Boldwood un riche propriétaire terrien. On pourrait qualifier la fin de facile puisque deux des prétendants sont éliminés en même temps et le dernier en lice gagne Bathsheba. En outre, pour continuer la comparaison avec Austen, la protagoniste se marie à la fin du roman alors que Bathsheba se marie en plein milieu, et pas avec le bon mari ! Le seul point où cela rejoint Jane Austen est peut être le personnage de Troy, un officier encore plus détestable et vicieux que George Wickham. J’ai beaucoup aimé les références bibliques nombreuses. Malgré le romantisme latent, le roman a aussi beaucoup à offrir du côté réaliste, que ce soit par le parler typique des Jan Cogan et Joseph Poorgrass (il faut par conséquent bien se concentrer sur ce qu’ils disent, car beaucoup de mots sont coupés ou changés par rapport à l’anglais « normal », avec des fautes de grammaires fréquentes comme « She were », leurs habitudes ( se retrouver pour boire après une journée de labeur), la description des activités de la ferme ( la récolte, qui peut être mise en péril à n’importe quel moment à cause de l’orage, le travail de berger, surtout décrit dans les premiers chapitres concernant Gabriel Oak). Thomas Hardy, c’est un peu un mélange de E.M Forster, Elizabeth Gaskell et Anthony Trollope, trois auteurs qui attachent beaucoup d’importance à l’introspection de leurs personnages. Hardy est cynique : il fait certes apparaître Bathsheba comme une déesse descendue du ciel sur son char ailé mais les autres personnages découvrent rapidement ses nombreux défauts. Ici, il existe une opposition à Jane Austen puisque dans Orgueil et Préjugés, Darcy est d’abord mal jugé puis reconsidéré par Eliza. Thomas Hardy punit son héroïne à plusieurs moments : d’abord en lui montrant que l’amour non partagé est difficile à vivre, et que la jalousie consume tout. Elle a décidé de refuser Boldwood. Maintenant, c’est au tour de Frank de la répudier pour Fanny Robin. Attardons-nous un peu sur ce personnage : Fanny, c’est une jolie blonde qui évoque la légèreté (d’où son nom d’oiseau. Robin = rouge-gorge). Selon moi, elle permet surtout à l’auteur de comparer deux types de femmes complètement différentes : Fanny c’est la jeune paysanne heureuse de vivre, simple alors que Bathsheba est une femme forte, complexe qui sait ce qu’elle veut, sauf en amour. Certains passages sont très forts, notamment lorsque Fanny marche, seule dans le froid pour retrouver Troy. Malgré sa détermination, l’hiver aura raison d’elle. Frank Troy n’est pas qu’un vaurien. Preuve en est le soin et la hâte qu’il met à choisir une tombe pour Fanny, et le soin qu’il prend à arranger toutes variétés de fleurs, qui seront détruites et emportées par le mauvais temps. Troy est téméraire, aventureux, opportuniste et irresponsable. Il appartient à cette espèce d’homme qui s’en sortira toujours : on le croit mort par un curieux coup de pouce du hasard ? Très bien, il en prend son parti, même cela l’arrange et il part à l’étranger et crée son numéro de cirque. Même si la comparaison peut paraître étrange, il m’a fait penser à Valmont dans Les Liaisons Dangereuses car les deux sont des séducteurs invétérés qui tombent, malgré eux amoureux d’une femme, et une femme « faible » : Madame de Tourvel pour l’un et Fanny Robin pour l’autre. Le regain d’intérêt qu’il a pour Bathsheba quand il l’entraperçoit à la foire autorise Hardy à faire constater au lecteur qu’il éprouve une admiration pour Bathsheba, une admiration qui le fascine au point que sa jalousie reflue contre Boldwood, qui fait une cour assidue à sa femme. Il se dégage de Troy une envie de posséder le monde, et il faut qu’il ait Bathsheba. Il l’a déjà eu, mais il est mauvais perdant et gros joueur : il veut absolument la regagner, d’où la décision de se pointer à la fête chez Boldwood. Cette fascination, il la partage justement avec ce dernier. Il me semble qu’une des questions qu’Hardy pose dans ce roman est : peut-on être fasciné et aimer en même temps ? Sa réponse est claire : non. Troy et Boldwood disparaîtront du paysage et Gabriel, le seul qui fût assez clairvoyant pour évaluer les défauts et les qualités de notre héroïne, l’épousera et gagnera le droit de passer sa vie avec elle. Egalement sans doute par la constance de son amour ( rappelons qu’il est le premier à tenter une demande en mariage, qui lui sera refusée car Bathsheba veut garder sa liberté) : si l’on prend Boldwood, il n’a pas grand-chose à faire de Bathsheba quand elle vient vendre son blé au plus offrant, et la fulgurance de son amour à quelque chose d’irréel. Il en vient donc à aimer Bathsheba plusieurs mois après leur première rencontre. Troy, c’est l’opposé : il est séduit par Bathsheba au départ, puis la mort de Fanny le dégoûte d’elle. Gabriel lui ne cessera de l’aimer, et il en est récompensé. Troy ressemble beaucoup à Bathsheba tant au niveau physique (ils partagent une physionomie particulièrement plaisante) que morale (tous deux sont insouciants). Gabriel est tout l’opposé. Ne dit-on pas que les contraires s’attirent ? Gabriel Oak est un protagoniste très intéressant puisqu’il ne parle pas beaucoup, et toujours pour dire quelque chose d’utile. Cela est d’ailleurs bien rendu par la performance de Schoenarts dans le film de 2015. Tout passe par le regard. Au début du roman, où un chapitre est consacré à sa description, le lecteur comprend que c’est un homme très pratique, qui va au plus simple : c’est sans doute pour cela que lui et Bathsheba sont « the perfect match for each other ». Ce qui est fascinant, c’est que sans être au centre du roman, il est omniprésent : c’est selon moi le génie d’Hardy, qui nous fait sentir la présence d’un personnage sans que celui-ci soit trop souvent mentionné. Il perçoit facilement tous les désirs et pensées des gens autour de qui il travaille. Boldwood est quant à lui un homme de bon sens, qui le perd après avoir reçu la note de Saint Valentin envoyé par Bathsheba pour rire et que je recopie ci-dessous car je la trouve très légère : « The rose is red, the violet blue, Carnation’s sweet and so are you ». C’est là que réside la différence entre lui et Bathsheba : après avoir essuyé son refus, Gabriel restera en bons termes avec elle et se permettra de lui dire franchement ce qu’il pense de son attitude quand elle lui demandera et ce qui d’ailleurs à Hardy de souligner la mauvaise foi de Bathsheba qui lui en voudra d’avoir parler sans retenue et lui reprochera son honnêteté vis-à-vis d’elle. Tandis que Boldwood ne supportera pas ce refus, continuera à ne voir en elle que des qualités et la pressera par tous les moyens possibles de répondre à sa demande positivement. Bathsheba est un prénom biblique. En faisant des recherches, j’ai trouvé qu’elle fût l’épouse du roi David et la mère de Salomon. Sur les tableaux la représentant, elle a de longs cheveux bruns et est très belle. Ainsi la Bathsheba d’Hardy peut se revendiquer de la Bathsheba biblique, au port altier. Elle peut paraître superficielle de prime abord, mais Hardy entre vite dans l’introspection, et on comprend qu’elle est d’une nature gentille : elle triomphera de sa jalousie et s’occupera de mettre Fanny et son enfant dans une bière. La vie n’est pas facile pour une jeune personne, loin de la société mondaine (est-ce là ce qu’Hardy a voulu dire par « Loin de la foule déchaînée » ?), et la seule distraction qu’elle peut avoir, c’est s’amuser des hommes qui la courtisent. D’où son côté enfantin, mais le lecteur doit se rappeler qu’elle a à peine 20 ans ! De plus, elle n’a aucune véritable compagnie, à part Lydie qui, d’un rang social moins élevé, ne partage pas du tout les mêmes intérêts et ne comprend pas toujours sa maîtresse. Cependant, elle lui reste fidèle et sait quand lui apporter soutien et réconfort, ce qui lui sera utile quand elle aura passé la nuit dehors après le départ et le rejet de Troy : sans trop poser de questions, elle lui montrera sa compassion et sera compréhensive. Bathsheba apparaît limitée dans son jugement et change souvent d’avis : elle se rend à Bath pour rompre son engagement envers Troy mais finit par l’épouser. Troy est le personnage qui permet de souligner la faiblesse de Bathsheba. D’ailleurs Hardy ne dit-il pas lui-même “Love is a possible strength in an actual weakness.” ? Bathsheba ne supporte pas qu’on lui dicte sa conduite, d’où le renvoi de Gabriel après que celui-ci a essayé de lui faire comprendre que sa conduite envers Boldwood était impolie et méchante. Elle le regrettera rapidement, et ira jusqu’à le faire chercher pour qu’il soigne ses moutons, car il est le seul à avoir les talents et l’expertise nécessaires. Je pense que c’est à ce chapitre qu’elle réalise combien elle a besoin de lui et qu’elle lui est redevable pour tout son travail. Ce roman, je pourrais le relire de nombreuses fois, ne serait-ce pour les phrases quasiment philosophiques et très vraies qu’Hardy nous laisse à lire sur le genre humain, et qui commencent généralement par « It is a truth universally acknowledge ». Ou peut être que « Far from the madding crowd » (meilleur titre en anglais puisqu’il autorise une allitération) c’est aussi un certain retour à un côté primitif, très primaire, la terre nourricière, les mâles se battant pour la femelle (oui, oui je vous assure). Ce qui est compliqué devient claire comme de l’eau de roche à la fin : Bathsheba est comme purifiée par la nature qui l’entoure (et un peu aussi par Gabriel, qui joue un rôle non négligeable dans sa transformation en femme simple). Ci-dessous les liens concernant le Wessex fictif de Thomas Hardy (car la région où se passe le roman est inventée, bien qu’elle présente de nombreuses similitudes avec certains comtés britanniques, certainement parce que ‘Hardy croyait pouvoir prendre plus de liberté en ancrant son roman dans un terreau irréel. But go and see for yourself!) https://en.wikipedia.org/wiki/Thomas_Hardy%27s_WessexRoman lu en version originale ce qui d’une part m’a apparemment évité les désagréments d’une mauvaise traduction (selon les commentaires des autres lecteurs qui l’ont lu en français) et, d’autre part, m’a permis d’apprécier pleinement ce formidable chef-d’œuvre de la littérature britannique, pour ne pas dire un monument. L’histoire semble simple de prime abord : une femme de tête courtisée par trois hommes différents dans la campagne du XIXème siècle. On imagine tout de suite le déroulement très austenien du récit, avec le héros qui épouse l’héroïne. Or, malgré les apparences (car certaines couvertures sont trompeuses, notamment celle que je possède où Troy en tenue d’officier embrasse Bathsheba en robe longue) et malgré les analyses des autres booknautes, je persiste et signe en disant que ce roman n’a rien d’austenien ou presque. D’abord, il règne une atmosphère de tension dans tout le roman, qu’Hardy arrive à instaurer grâce aux conditions météorologiques qu’il décrit avec minutie mais aussi grâce aux portraits des personnages qu’il dresse, et leurs actions : Troy apparaît comme menaçant dès son apparition ( qui a d’ailleurs lieu la nuit), Boldwood sombre lentement dans la folie de son amour pour Bathsheba, qui ne nous est montrée complètement qu’à la...
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