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EAN : 9782266022507
Code sériel : 3117
Façonnage normé : POCHE
Nombre de pages : 320
Format : 108 x 177 mm

Si c'est un homme

Martine SCHRUOFFENEGER (Traducteur)
Date de parution : 01/10/1988

« On est volontiers persuadé d'avoir lu beaucoup de choses à propos de l'holocauste, on est convaincu d'en savoir au moins autant. Et, convenons-en avec une sincérité égale au sentiment de la honte, quelquefois, devant l'accumulation, on a envie de crier grâce.
C'est que l'on n'a pas encore entendu Levi analyser...

« On est volontiers persuadé d'avoir lu beaucoup de choses à propos de l'holocauste, on est convaincu d'en savoir au moins autant. Et, convenons-en avec une sincérité égale au sentiment de la honte, quelquefois, devant l'accumulation, on a envie de crier grâce.
C'est que l'on n'a pas encore entendu Levi analyser la nature complexe de l'état du malheur.
Peu l'ont prouvé aussi bien que Levi, qui a l'air de nous retenir par les basques au bord du menaçant oubli : si la littérature n'est pas écrite pour rappeler les morts aux vivants, elle n'est que futilité. »
Angelo Rinaldi

« Ce volume est aussi important que la Bible. Un Livre fonda une religion humaniste il y a des millénaires. Un autre Livre raconte la fin de l'humanité au XXe siècle. » Frédéric Beigbeder

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EAN : 9782266022507
Code sériel : 3117
Façonnage normé : POCHE
Nombre de pages : 320
Format : 108 x 177 mm

Ce qu'en pensent nos lecteurs sur Babelio

  • Gaelle56100 Posté le 14 Juin 2020
    De l'inhumanité à la force surhumaine, comment les rescapés des camps de concentration ont-ils survécu ? D'ailleurs, Primo Levi est-il vraiment sorti un jour de cette expérience atroce ? Devoir de transmission, il faut et faudra rappeler inlassablement aux prochaines générations ce qu'il s'est passé. Primo Levi doit être lu.
  • VeroniquePascual Posté le 10 Juin 2020
    Quelle pierre pourrais-je bien ajouter à l'édifice? Évidemment que ce livre est indispensable! J'en parle à mes élèves, en histoire, depuis trente ans, quand j'étudie avec mes troisièmes les horreurs de l'antisémitisme et du nazisme. Je voudrais leur faire retenir les leçons de l'Histoire. Mais je suis désabusée quand je constate que les massacres du passé n'empêchent pas ceux d'aujourd'hui. Et je suis horrifiée quand j'apprends que certains hommes politiques rêvent de supprimer les cours d'histoire pour mieux contrôler les peuples et les foules. Alors, merci à Primo Levi d'avoir eu le courage de mettre ses connaissances et sa souffrance par écrit. Voici un ouvrage à mettre entre toutes les mains!
  • Takalirsa Posté le 3 Juin 2020
    J'ai déjà beaucoup lu sur la Seconde Guerre mondiale et les camps de concentration mais avec ce livre-ci l'état d'esprit du lecteur est différent: on SAIT que le narrateur a véritablement vécu chaque minute ("qui nous parcourt douloureusement et demande à être laborieusement expulsée") de ce qu'il raconte, et il nous livre un ressenti d'autant plus vif que le récit a été rédigé juste après cet enfer. Le témoignage de Levi, qui commence par le voyage jusqu'à Auschwitz (à 50 par wagon...) et la brutale séparation d'avec les proches ("Ainsi disparurent en un instant, par traîtrise, nos femmes, nos parents, nos enfants. Presque personne n'eut le temps de leur dire adieu.") regorge de descriptions minutieuses et de portraits de "la hiérarchie dénaturée instaurée par les Allemands (SS féroces et stupides, kapos, prominents, Häftlinge)". Toute la vie quotidienne du camp est passée en revue, les interdictions innombrables, les incessantes humiliations ("sans cheveux, sans honneur et sans nom"), les trafics et autre débrouille, les sélections ("Le SS, pendant la fraction de seconde qui s'écoule, décide du sort de chacun en nous jetant un coup d’œil") et surtout la lutte, difficile mais indispensable, pour garder un semblant de dignité. Beaucoup de passages sont insupportables... J'ai déjà beaucoup lu sur la Seconde Guerre mondiale et les camps de concentration mais avec ce livre-ci l'état d'esprit du lecteur est différent: on SAIT que le narrateur a véritablement vécu chaque minute ("qui nous parcourt douloureusement et demande à être laborieusement expulsée") de ce qu'il raconte, et il nous livre un ressenti d'autant plus vif que le récit a été rédigé juste après cet enfer. Le témoignage de Levi, qui commence par le voyage jusqu'à Auschwitz (à 50 par wagon...) et la brutale séparation d'avec les proches ("Ainsi disparurent en un instant, par traîtrise, nos femmes, nos parents, nos enfants. Presque personne n'eut le temps de leur dire adieu.") regorge de descriptions minutieuses et de portraits de "la hiérarchie dénaturée instaurée par les Allemands (SS féroces et stupides, kapos, prominents, Häftlinge)". Toute la vie quotidienne du camp est passée en revue, les interdictions innombrables, les incessantes humiliations ("sans cheveux, sans honneur et sans nom"), les trafics et autre débrouille, les sélections ("Le SS, pendant la fraction de seconde qui s'écoule, décide du sort de chacun en nous jetant un coup d’œil") et surtout la lutte, difficile mais indispensable, pour garder un semblant de dignité. Beaucoup de passages sont insupportables à lire... alors à vivre! Mais Primo Levi ne se contente pas de décrire, il analyse aussi cette "gigantesque expérience biologique et sociale" qu'a été le Lager. Dans ce contexte ignoble, "bien des habitudes et des instincts sociaux disparaissent" (la révolte, la solidarité, le respect de soi et des autres) et l'on peut déterminer facilement "ce qu'il y a d'inné et d'acquis dans le comportement de l'homme confronté à la lutte pour la vie". Si les caractères individuels transparaissent à travers l'attitude des uns et des autres, ils sont vite effacés dans la masse docile de ces êtres déshumanisés. "Qu'est-ce qui pouvait bien subsister de notre monde moral en deçà des barbelés?". Seul Lorenzo le civil saura rappeler à l'écrivain "qu'il existait encore, en dehors du nôtre, un monde juste, des choses et des êtres encore purs et intègres que ni la corruption ni la barbarie n'avaient contaminés". C'est tandis qu'il a été transféré, avec soulagement, au laboratoire de chimie que Primo Levi commence à entendre parler du Débarquement et des bombardements qui secouent le pays. Mais tout cela semble si loin quand on n'est pas sûr d'être encore vivant "Morgen früh" ("demain matin"): "L'hiver était si proche, si concrètes la faim et la détresse et si irréel tout le reste, qu'il nous semblait impossible qu'il y eût réellement un monde et un temps autres"... Et pourtant "on sentait craquer de toutes parts ce monde maudit" et voilà les Allemands qui quittent le camp, abandonnant les prisonniers trop faibles pour fuir. Alité au K.B. (l'infirmerie), Levi raconte alors l'abominable survie au milieu des malades et des morts, en attendant les Russes. Il faut encore et toujours trouver la force, avec quelques camarades, de se chauffer et de se nourrir malgré la souffrance et l'état de faiblesse générale. Et ce cauchemar récurrent où l'on rêve qu'on raconte ce que l'on a vécu et que personne n'écoute... Certainement à l'origine de la volonté de l'auteur, tout au long des années suivantes, de faire circuler le témoignage de l'ignoble idéologie nazie et du courage admirable de ceux qui l'ont subie.
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  • snoopy29 Posté le 26 Mai 2020
    Livre hyper touchant. Un véritable classique à lire.
  • TomLanneau Posté le 24 Mai 2020
    "Qu'on imagine maintenant un homme privé non seulement des êtres qu'il aime, mais de sa maison, de ses habitudes, de ses vêtements, de tout enfin, littéralement de tout ce qu'il possède : ce sera un homme vide, réduit à la souffrance et au besoin, dénué de tout discernement, oublieux de toute dignité : car il n'est pas rare, quand on a tout perdu, de se perdre soi-même. Ce sera un homme dont on pourra décider de la vie ou de la mort le coeur léger, sans aucune considération d'ordre humain, si ce n'est, tout au plus, le critère d'utilité. On comprendra alors le double sens du terme "camp d'extermination" et ce que nous entendons par l'expression "toucher le fond" ". Cette citation résume à elle seule toute l'horreur du processus de déshumanisation effectué par le système nazi sur les condamnés des camps de concentration. Une méthode redoutable mise en lumière par Primo Lévi, déporté en 1944 pour le camp d'Auschwitz. L'auteur fait ici le choix de donner une large place au quotidien des prisonniers, à leurs astuces pour survivre, à leurs stratégies pour essayer de retrouver une once de ce qui constitue leur humanité perdue. De la "toute puissance" des... "Qu'on imagine maintenant un homme privé non seulement des êtres qu'il aime, mais de sa maison, de ses habitudes, de ses vêtements, de tout enfin, littéralement de tout ce qu'il possède : ce sera un homme vide, réduit à la souffrance et au besoin, dénué de tout discernement, oublieux de toute dignité : car il n'est pas rare, quand on a tout perdu, de se perdre soi-même. Ce sera un homme dont on pourra décider de la vie ou de la mort le coeur léger, sans aucune considération d'ordre humain, si ce n'est, tout au plus, le critère d'utilité. On comprendra alors le double sens du terme "camp d'extermination" et ce que nous entendons par l'expression "toucher le fond" ". Cette citation résume à elle seule toute l'horreur du processus de déshumanisation effectué par le système nazi sur les condamnés des camps de concentration. Une méthode redoutable mise en lumière par Primo Lévi, déporté en 1944 pour le camp d'Auschwitz. L'auteur fait ici le choix de donner une large place au quotidien des prisonniers, à leurs astuces pour survivre, à leurs stratégies pour essayer de retrouver une once de ce qui constitue leur humanité perdue. De la "toute puissance" des Nazis à la libération du camp par l'armée russe, Primo Lévi nous raconte avec tempérance la vie à l'intérieur des camps ; sans jamais tomber dans la complainte ou, l'exact opposé, sans se donner le premier rôle, celui du héros. Moi qui éprouvais une certaine lassitude à lire des ouvrages relatifs à la seconde guerre mondiale et aux camps d'extermination (car j'avais l'impression de relire les mêmes informations), j'ai sincèrement adoré ce classique. Primo Levi y dissèque avec une pertinence extraordinaire les sévices psychologiques infligés par les Nazis, les souffrances physiques et morales subies par les prisonniers et l'horreur sur terre que constituaient les camps de la mort. Une précision d'autant plus éloquente que la plume de l'auteur est dénuée, à la grande surprise du lecteur, de toute haine, de tout désire de vengeance.
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