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Berlin Requiem
Date de parution : 02/09/2021
Éditeurs :
Plon

Berlin Requiem

Date de parution : 02/09/2021
Rentrée littéraire Plon 2021.
« La musique a des accords que les mots ne peuvent dire, ni même comprendre », mais Xavier-Marie Bonnot parvient, avec ses mots, à décrire l’une des plus sombres périodes de l’Histoire sur fond de musique et d’art, contraints et fanés par le nazisme.

Juin 1954, l’opéra royal du Danemark cherche un nouveau chef d’orchestre pour remplacer le grand Wilhelm Furtwängler, parvenu au terme de sa vie. Un jeune musicien est choisi : Rodolphe...

Juin 1954, l’opéra royal du Danemark cherche un nouveau chef d’orchestre pour remplacer le grand Wilhelm Furtwängler, parvenu au terme de sa vie. Un jeune musicien est choisi : Rodolphe Meister, le fils d’une célèbre cantatrice. Tous trois sont nés à Berlin, se sont connus et fréquentés. Mais, en 1933,...

Juin 1954, l’opéra royal du Danemark cherche un nouveau chef d’orchestre pour remplacer le grand Wilhelm Furtwängler, parvenu au terme de sa vie. Un jeune musicien est choisi : Rodolphe Meister, le fils d’une célèbre cantatrice. Tous trois sont nés à Berlin, se sont connus et fréquentés. Mais, en 1933, tandis que les nazis font de Furtwängler un trésor national, le destin de Rodolphe et de sa mère va basculer. L’enfant n’a que huit ans, et comme beaucoup le nazisme le fascine... Jusqu’au jour où la Gestapo découvre à sa mère une ascendance juive.

En 1954, lorsque Rodolphe retrouve Furtwängler, mourant, leurs histoires s’entrechoquent. Des questions surgissent entre un exilé, fils d’une mère déportée à Birkenau, et le chef qui a eu les honneurs de Hitler en personne... Comment Furtwängler a-t-il pu accepter la reconnaissance d’un régime barbare ? Dans un tel contexte, est-il encore possible de placer l’art au-dessus de la morale ?

À travers ce passé douloureux, les deux hommes vont découvrir que la musique n’est peut-être pas la seule chose qui les unit..
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EAN : 9782259306027
Façonnage normé : BROCHE
Nombre de pages : 368
Format : 134 x 190 mm
EAN : 9782259306027
Façonnage normé : BROCHE
Nombre de pages : 368
Format : 134 x 190 mm

Ils en parlent

« […] Un récit philosophique et historique à lire sans attendre, que vous soyez musicophile ou non ! »
Lyse Menanteau / Librairie Le Matoulu
« Un roman historique passionnant marqué par l’appropriation de la musique par le régime nazi à travers la vie de Wilhelm Furtwangler, chef d’orchestre renommé. L’auteur parvient avec brio à dépeindre cette période trouble de l’Histoire sur fond de musique et d’art. A lire de toute urgence ! »
Librairie Delamain

Ce qu'en pensent nos lecteurs sur Babelio

  • Marie2406 28/09/2022
    Berlin 1934, les nuages noirs s'accumulent. Ils s'accumulent sur la tête de Rodolphe, jeune garçon de 9 ans dont la mère la grande cantatrice Christa Meister a toujours refusé de lui dire qui est son père. Et portant Rodolphe est fasciné par les beaux uniformes que portent les nazis, et est influencé par Eva l'employée de maison qui s'occupe de lui lors des absences bien trop fréquentes de sa mère, et qui il en est sûr l'épousera lorsqu'il sera grand. Christa Meister, elle ne se fait pas d'illusions sur ce que sont vraiment Hitler et sa clique, même si elle a chanté pour le Führer, elle ne se cache pas pour dire tout haut ce qu'elle pense. Les nazis vont alors lui découvrir un ancêtre juif, ce qui suffira à la mettre au ban de la société. Elle décidera alors dès 1938 de se réfugier à Paris avec Rodolphe, même si quitter l'Allemagne est un véritable déchirement pour les deux. Mais les armées nazies ne tarderont pas à les rattraper. Pendant ce temps, le chef d'orchestre Wilhem Furwängler continue à diriger l 'Orchestre philharmonique de Berlin, essayant par son influence sur les plus hauts dignitaires nazis de sauver les musiciens juifs du philharmonique. Mais même si Furwängler n'a... Berlin 1934, les nuages noirs s'accumulent. Ils s'accumulent sur la tête de Rodolphe, jeune garçon de 9 ans dont la mère la grande cantatrice Christa Meister a toujours refusé de lui dire qui est son père. Et portant Rodolphe est fasciné par les beaux uniformes que portent les nazis, et est influencé par Eva l'employée de maison qui s'occupe de lui lors des absences bien trop fréquentes de sa mère, et qui il en est sûr l'épousera lorsqu'il sera grand. Christa Meister, elle ne se fait pas d'illusions sur ce que sont vraiment Hitler et sa clique, même si elle a chanté pour le Führer, elle ne se cache pas pour dire tout haut ce qu'elle pense. Les nazis vont alors lui découvrir un ancêtre juif, ce qui suffira à la mettre au ban de la société. Elle décidera alors dès 1938 de se réfugier à Paris avec Rodolphe, même si quitter l'Allemagne est un véritable déchirement pour les deux. Mais les armées nazies ne tarderont pas à les rattraper. Pendant ce temps, le chef d'orchestre Wilhem Furwängler continue à diriger l 'Orchestre philharmonique de Berlin, essayant par son influence sur les plus hauts dignitaires nazis de sauver les musiciens juifs du philharmonique. Mais même si Furwängler n'a pas totalement adhéré aux idées nazies, il ne les a pas non plus dénoncées, ce qui lui vaudra bien des problèmes après-guerre Et ce n'est qu'en 1954, au soir de la vie du grand chef que Rodophe fera sa connaissance mêlant ainsi sa propre histoire avec la grande histoire. L'auteur nous fait ici un superbe récit mélangeant à la fois biographie de Wilhem Furwängler au cours des années noires de l'Allemagne qui est resté à Berlin se compromettant ainsi à jamais, et le parcours Christa et Rodolphe Meister personnages de fiction qui eux ont fui.
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  • siasyvette 18/02/2022
    Berlin requiem Xavier Marie Bonnot : Berlin, 1932. Wilhelm Furtwängler est l’un des plus grands chefs d’orchestre allemands. Il dirige l’orchestre philarmonique de Berlin et éblouit son public par son génie virtuose.1934. Hitler est chancelier et détient tous les pouvoirs, c’est le début des années noires. Le nazisme s’impose et dépossède les artistes de leur art. Les juifs sont exclus de l’orchestre et contraints de s’exiler. La culture devient politique. Wilhelm Furtwängler fut un grand chef d'orchestre, peut-être même le plus grand qui dirigea l'Orchestre philharmonique de Berlin ! Cette biographie romancée le raconte pendant la montée en puissance du nazisme jusqu'à la fin de la guerre. Il n'a jamais voulu s'exiler, n'a jamais voulu quitter son pays, son Orchestre, ses musiciens, juifs pour les plus talentueux ! Il n'avait pas pris la mesure de la détermination des nazis et a fait preuve de pas mal de naïveté à ce niveau, ce qui ne l'empêcha pas de défendre ses musiciens. A-t-il eu raison, a-t-il eu tort ? Est-ce possible de savoir ce que d'autres auraient fait à sa place ? Comment imaginer se mettre dans la peau des personnes qui ont vécu à cette période ? Au procès du chef... Berlin requiem Xavier Marie Bonnot : Berlin, 1932. Wilhelm Furtwängler est l’un des plus grands chefs d’orchestre allemands. Il dirige l’orchestre philarmonique de Berlin et éblouit son public par son génie virtuose.1934. Hitler est chancelier et détient tous les pouvoirs, c’est le début des années noires. Le nazisme s’impose et dépossède les artistes de leur art. Les juifs sont exclus de l’orchestre et contraints de s’exiler. La culture devient politique. Wilhelm Furtwängler fut un grand chef d'orchestre, peut-être même le plus grand qui dirigea l'Orchestre philharmonique de Berlin ! Cette biographie romancée le raconte pendant la montée en puissance du nazisme jusqu'à la fin de la guerre. Il n'a jamais voulu s'exiler, n'a jamais voulu quitter son pays, son Orchestre, ses musiciens, juifs pour les plus talentueux ! Il n'avait pas pris la mesure de la détermination des nazis et a fait preuve de pas mal de naïveté à ce niveau, ce qui ne l'empêcha pas de défendre ses musiciens. A-t-il eu raison, a-t-il eu tort ? Est-ce possible de savoir ce que d'autres auraient fait à sa place ? Comment imaginer se mettre dans la peau des personnes qui ont vécu à cette période ? Au procès du chef d’orchestre, on l’accuse d’avoir voulu profiter du régime pour son confort personnel, il répond : je ne regrette pas d’avoir agit ainsi, l’art doit se placer au-dessus de la politique. Il déclare : l’art n’a rien à voir avec la politique, rien à voir avec la guerre. Je me sentais responsable de la musique allemande et il était de mon devoir d’aider à surmonter cette crise autant que je le pouvais. Je ne regrette pas d’être demeuré parmi les allemands qui devaient vivre sous la terreur de Himmler. Deux personnages ont été inventés dans ce livre mais c’est tellement bien écrit qu’ils sont dans l’histoire comme s’ils avaient existé. (gros coup de cœur pour ce livre)
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  • PdGvins 16/02/2022
    Voici donc une biographie, en partie romancée, du plus grand chef d'orchestre allemand des années 30, 40 et début 50. Je suis impressionné par la somme des connaissances que l'auteur a du accumuler pour réussir à s'imprégner de la réalité historique de ces époques. Et, évidemment, de son amour immense pour la musique classique sans lequel il lui aurait été impossible de rendre ce roman aussi vivant. J'ai beaucoup lu sur la seconde guerre mondiale, je n'avais jamais entendu parler de Wilhelm Furtwängler, l'ai pourtant trouvé cette lecture passionnante. Elle m'a aussi permis de mieux comprendre comment un non sympathisant du nazisme arrive à vivre avec, quitte à accepter quelques compromissions.
  • Newsorleanswebradio 18/12/2021
    J’ai une bonne culture musicale en ce qui concerne la musique classique et j’aime beaucoup l’opéra ; Bach, Beethoven et Mozart sont parmi mes compositeurs préférés. Par ailleurs, j’apprécie les romans historiques et je m’intéresse tout particulièrement à ceux qui font référence à la seconde guerre mondiale et à la Shoah. À la lecture de la quatrième de couverture, je n’ai donc pas hésité et je n’ai pas été déçue ! Voici la présentation faite par l’éditeur : « Juin 1954, l'opéra royal du Danemark cherche un nouveau chef d'orchestre pour remplacer le grand Wilhelm Furtwängler, parvenu au terme de sa vie. Un jeune musicien est choisi : Rodolphe Meister, le fils d'une célèbre cantatrice. Tous trois sont nés à Berlin, se sont connus et fréquentés. Mais, en 1933, tandis que les nazis font de Furtwängler un trésor national, le destin de Rodolphe et de sa mère va basculer. L'enfant n'a que huit ans, et comme beaucoup le nazisme le fascine… Jusqu'au jour où la Gestapo découvre à sa mère une ascendance juive. En 1954, lorsque Rodolphe retrouve Furtwängler, mourant, leurs histoires s'entrechoquent. Des questions surgissent entre un exilé, fils d'une mère déportée à Birkenau, et le chef qui a eu les honneurs de Hitler en... J’ai une bonne culture musicale en ce qui concerne la musique classique et j’aime beaucoup l’opéra ; Bach, Beethoven et Mozart sont parmi mes compositeurs préférés. Par ailleurs, j’apprécie les romans historiques et je m’intéresse tout particulièrement à ceux qui font référence à la seconde guerre mondiale et à la Shoah. À la lecture de la quatrième de couverture, je n’ai donc pas hésité et je n’ai pas été déçue ! Voici la présentation faite par l’éditeur : « Juin 1954, l'opéra royal du Danemark cherche un nouveau chef d'orchestre pour remplacer le grand Wilhelm Furtwängler, parvenu au terme de sa vie. Un jeune musicien est choisi : Rodolphe Meister, le fils d'une célèbre cantatrice. Tous trois sont nés à Berlin, se sont connus et fréquentés. Mais, en 1933, tandis que les nazis font de Furtwängler un trésor national, le destin de Rodolphe et de sa mère va basculer. L'enfant n'a que huit ans, et comme beaucoup le nazisme le fascine… Jusqu'au jour où la Gestapo découvre à sa mère une ascendance juive. En 1954, lorsque Rodolphe retrouve Furtwängler, mourant, leurs histoires s'entrechoquent. Des questions surgissent entre un exilé, fils d'une mère déportée à Birkenau, et le chef qui a eu les honneurs de Hitler en personne… Comment Furtwängler a-t-il pu accepter la reconnaissance d'un régime barbare ? Dans un tel contexte, est-il encore possible de placer l'art au-dessus de la morale ? À travers ce passé douloureux, les deux hommes vont découvrir que la musique n'est peut-être pas la seule chose qui les unit… » Ce livre est dû à Xavier-Marie Bonnot, écrivain et réalisateur de documentaires, auteur de plusieurs romans dont La Dame de pierre, prix du meilleur polar francophone au festival de Cognac 2016 et Le Tombeau d’Appolinaire, prix du Roman historique 2019 aux Rendez-vous de l’Histoire de Blois. Dans le prologue, l'auteur prévient que « seuls, les personnages de Christa et Rodolphe Meister relèvent de la pure fiction, les autres appartenant à l'histoire la plus sombre de l'humanité, celle du Troisième Reich ». On voit se dérouler la vie de Christa et Rodolphe mais aussi celle du grand chef d’orchestre Wilhelm Furtwängler parmi des musiciens comme le talentueux violoniste Szymon Goldberg, ou le chef d’orchestre Bruno Walter et qui est amené à côtoyer des personnages plus menaçants comme Goebbels, Göring et Hitler… Furtwängler n'a pas voulu quitter son pays, son orchestre, ses musiciens, dont plusieurs étaient juifs ! Il n’a pas mesuré l’importance du danger et la puissance des maîtres de l’Allemagne, de ce troisième Reich qui l’a utilisé pour sa propagande. En cela, il a fait preuve de manque de discernement voire de naïveté. Il déclare page 65 : « Ma vie est ici. Si nous abandonnons l’Allemagne, ils auront les mains libres… Il faut résister à cette vague de bêtise qui contamine notre peuple. Ça passera ». La question centrale du livre est donc : L’art peut-il se placer au-dessus de la morale ? On assiste à la montée de la violence et de l’antisémitisme, on observe la Nuit de cristal, l’incendie du Reichtag, des livres sont brûlés, des compositeurs interdits, on constate les violences et les exactions ; mais à aucun moment le chef ne doute de son choix : il doit rester en Allemagne pour faire vivre la musique. De la musique, l’auteur sait en parler avec sensibilité. De nombreuses œuvres sont évoquées, deux d’entre elles sont au coeur du livre ; d’une part la Neuvième symphonie de Beethoven, dont des paroles prennent dans ce contexte un sens très fort : Tous les hommes deviennent frères Où ton aile nous conduit, Si le sort comblant ton âme, D’un ami t’a fait l’ami, Si tu as conquis l’amour d’une noble femme, Mêle ton exaltation à la nôtre ! D’autre part, l’opéra de Richard Wagner Tristan et Isolde avec, en particulier, l’air de la mort d’Isolde à l’acte III. On apprend des détails de la vie de Furtwängler, on suit les péripéties des trois personnages principaux, on s’attache à eux au fil d’un livre qu’on ne lâche pas. En même temps, on s’imprègne de musique et de poésie, quelles que soient les circonstances. Pour ma part, je considère que ce livre est une réussite. Je l’ai lu en trois jours et cette lecture m’a donné envie d’en savoir plus à propos des musiciens cités et de réécouter des œuvres d’une autre manière.
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  • Ogrimoire 08/11/2021
    J'évoquais, voilà quelques jours, un phénomène curieux de liens : après avoir vu une série évoquant des diamants de sang, voilà qu'avec Marchands de mort subite, je retrouvais une thématique proche, avec des minerais de sang. Et bien voilà que cela se reproduit, même si c'est un peu plus à distance : après avoir vu déjà apparaître Wilhelm Furtwängler dans Le Stradivarius de Goebbels, en début d'année, le voilà cette fois-ci au centre de ce livre. Et, toujours au rang des liens entre livres, il faut peut-être citer L'offrande grecque, de Philipp Kerr. En effet, l'une des questions soulevées par ce livre est clairement celle de la responsabilité de Furtwängler, accusé par les américains, notamment, mais, plus largement par les alliés, de ne pas avoir quitté l'Allemagne pendant la guerre, et donc d'avoir implicitement mis son talent au service des nazis. Pourtant, on voit nettement, dans l'histoire que nous raconte Xavier-Marie Bonnot, qu'il n'existe aucun "bon choix", quand l'Histoire vous joue le tour de cochon de vous placer dans une telle situation. Fuir, c'est laisser la place libre, et donc faire preuve de lâcheté ; rester, et survivre, c'est pactiser. Ainsi, comme Bernie Gunther, Wilhelm Furtwängler apparait comme un de ces allemands... J'évoquais, voilà quelques jours, un phénomène curieux de liens : après avoir vu une série évoquant des diamants de sang, voilà qu'avec Marchands de mort subite, je retrouvais une thématique proche, avec des minerais de sang. Et bien voilà que cela se reproduit, même si c'est un peu plus à distance : après avoir vu déjà apparaître Wilhelm Furtwängler dans Le Stradivarius de Goebbels, en début d'année, le voilà cette fois-ci au centre de ce livre. Et, toujours au rang des liens entre livres, il faut peut-être citer L'offrande grecque, de Philipp Kerr. En effet, l'une des questions soulevées par ce livre est clairement celle de la responsabilité de Furtwängler, accusé par les américains, notamment, mais, plus largement par les alliés, de ne pas avoir quitté l'Allemagne pendant la guerre, et donc d'avoir implicitement mis son talent au service des nazis. Pourtant, on voit nettement, dans l'histoire que nous raconte Xavier-Marie Bonnot, qu'il n'existe aucun "bon choix", quand l'Histoire vous joue le tour de cochon de vous placer dans une telle situation. Fuir, c'est laisser la place libre, et donc faire preuve de lâcheté ; rester, et survivre, c'est pactiser. Ainsi, comme Bernie Gunther, Wilhelm Furtwängler apparait comme un de ces allemands qui ont été broyés par l'histoire de leur pays. Quitter l'Allemagne, on le voit d'ailleurs au travers des personnages de Christa et de Rodolphe, ce n'est pas non plus l'assurance de vivre bien. Et rester, c'est prendre le risque d'effleurements qui pourraient un jour être considérés comme coupables. Également très intéressante, l'attitude des américains après la défaite du Reich. La citation qui figure au début de cet article, je l'ai choisie parce qu'en lisant ce passage, j'ai eu l'impression de lire quelque chose que les nazis auraient pu écrire des juifs : "dressage", "tricherie", "ils sont toujours là et ils réfléchissent à demain"... je trouve cela glaçant. Et quand on lit (pages 245 à 260) la façon dont le général Robert McClure, et le major Steve Arnold, s'arrogent le droit de juger sans tenir compte des avis et des témoignages - par exemple, la lettre de Yehudi Menuhin, venant défendre le Maître -, alors même que les mêmes américains n'inquiètent pas Herbert von Karajan, qui, lui, avait pourtant demandé et obtenu sa carte du NSDAP... et, surtout, qu'ils sont en train de faire leurs "courses" parmi les scientifiques nazis. Ainsi, l'opération Paperclip a consisté à exfiltrer et embaucher près de 1500 scientifiques allemands ayant contribué à la mise en place du complexe-militaro-industriel nazi. Realpolitik, peut-être... mais surtout pas très propre ! Et puis, évidemment, on suit ce jeune Rodolphe. Il a 8 ans quand les nazis prennent le pouvoir, il est impressionné par les uniformes, l'ordre, le décorum. Il n'a jamais connu son père, et sa mère refuse de lui dire de qui il s'agit, si elle le sait seulement - certaines périodes de sa vie sentimentale ont été agitées -. Elle le laisse souvent, lorsqu'elle part donner un concert, à la garde d'Eva, une jeune allemande fraîche et séduisante, dont il tombe amoureux, et à qui il jure de l'épouser, plus tard. Décidée à quitter l'Allemagne, elle part finalement pour Paris, mais les nazis, ne supportant pas qu'elle ne se plie pas à leurs exigences, lui trouvent un grand-père juif. Finalement arrêtée, elle est envoyée à Drancy, puis à Birkenau, d'où elle revient brisée. Je me rends compte que cette chronique n'est pas très organisée, voire même carrément décousue. Mais, en y réfléchissant, il me semble que c'est peut-être normal. Ce roman est parcouru de sentiments, de sensations, et d'une quête - chaque personnage a la sienne. L'auteur parvient, par les mots, à faire vivre la musique et la tentative des chefs d'orchestre de faire revivre le génie des grands compositeurs, par une vibration, par un silence, par un temps suspendu. Et, cela, comment le raconter ? Ce livre est un très beau livre. Il donne envie d'aller écouter la 9e symphonie de Beethoven, et Tristan et Isolde, sous la direction de Furtwängler... Il me semble que c'est précisément le signe que Xavier-Marie Bonnot a réussi son pari... Et vous, serez-vous sensibles à la plume de Bonnot, à la baguette de Furtwängler, à la détresse de Rodolphe ?
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