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Plon
EAN : 9782259276771
Façonnage normé : BROCHE
Nombre de pages : 500
Format : 132 x 201 mm

Dictionnaire amoureux de Jean d'Ormesson

Date de parution : 04/04/2019
Rien n’a jamais mieux résumé pour moi Jean d’Ormesson que la formule qu’emploie Shakespeare pour définir l’amour : « l’éternité plus un jour ». Personne n’a éprouvé comme lui une curiosité plus avide sur l’homme, son origine, son avenir, tout en ayant une aussi grande conscience de l’impermanence des choses et du caractère éphémère de la vie.
« Tout ce que la France réunissait d’élégance, sauvegardait d’art, de légèreté et d’esprit se résumait en Jean d’Ormesson. On l’aimait parce qu’il illustrait le Français éternel, tel qu’il a été et ne sera plus après lui : léger et profond comme Voltaire, amusant et primesautier comme Sacha Guitry, ayant... « Tout ce que la France réunissait d’élégance, sauvegardait d’art, de légèreté et d’esprit se résumait en Jean d’Ormesson. On l’aimait parce qu’il illustrait le Français éternel, tel qu’il a été et ne sera plus après lui : léger et profond comme Voltaire, amusant et primesautier comme Sacha Guitry, ayant gardé du XVIIIe siècle le goût des sciences humaines et du romantisme les grands envols de l’imagination. On l’aimait parce qu’il représentait toutes les qualités qui ont constitué un pays exceptionnel qui a su allier l’élégance de la pensée, la légèreté amusante, l’humour et la tolérance. Il avait aussi réussi cette gageure de réunir dans sa personne les anciens parfums fanés de l’aristocratie et la méritocratie républicaine.
Jean aimait les plaisirs de la société qui apportent à l'existence son raffinement, ses parfums, l'élégance des jolies femmes et gomment un peu de la brutalité de la bête humaine.
La littérature était son pays, elle était sa religion, elle était sa passion. Il n'a jamais vécu que pour elle, par elle. Il la vivait, il la respirait en tout.
Que ce soit dans l’amour ou dans l’amitié, marchant au soleil dans les chemins corses ou sur des skis à Val-d’Isère, la littérature, les mots, les vers étaient omniprésents. Ils affleuraient naturellement à sa bouche. Notre amitié est née de cette merveilleuse intoxication réciproque. Ensemble, nos personnes comptaient peu. Nous étions ailleurs, dans un autre monde où désormais je serai seul. »
Jean-Marie Rouart
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EAN : 9782259276771
Façonnage normé : BROCHE
Nombre de pages : 500
Format : 132 x 201 mm

Ils en parlent

« L’ouvrage est passionnant, drôle, émouvant. »
Bruno Corty / Le Figaro Littéraire

Ce qu'en pensent nos lecteurs sur Babelio

  • Jipi Posté le 8 Août 2019
    « Il y a quelque chose qui permet de changer sans cesse et de rester le même à travers les changements, c'est moi ». L'exil, la guerre, la prison, le pain noir, la maladie et le manque de nourriture ne sont pas forcément nécessaires pour devenir un grand écrivain. En d'autres termes inutile de posséder les stigmates de Dostoïevski ou de Victor Hugo, pour devenir un auteur apprécié. Pour Jean d'O, la pauvreté est un état inconnu. Un concept virtuel qu'il découvre de manière passive dans les malheurs de Fantine et de Cosette. Aucune affinité possible entre un homme sécurisé, à la santé de fer fuyant Zola et la friture des chambres de bonnes. Aimant le soleil, les bains de mer et les femmes loin d'un Proust souffreteux, terrassé au moindre courant d'air. Le peuple n'est qu'une idée ou un comportement bien souvent révolutionnaire. Ses faits et gestes ne sont que romans ou gazettes. « J'aime le peuple et suis prêt à mourir pour lui mais à condition de ne jamais le rencontrer » Cette citation attribuée à Chateaubriand lui va comme un gant. La vie ne peut être que celle de l'oeuvre De Stendhal ou de la poésie de Goethe ou il... « Il y a quelque chose qui permet de changer sans cesse et de rester le même à travers les changements, c'est moi ». L'exil, la guerre, la prison, le pain noir, la maladie et le manque de nourriture ne sont pas forcément nécessaires pour devenir un grand écrivain. En d'autres termes inutile de posséder les stigmates de Dostoïevski ou de Victor Hugo, pour devenir un auteur apprécié. Pour Jean d'O, la pauvreté est un état inconnu. Un concept virtuel qu'il découvre de manière passive dans les malheurs de Fantine et de Cosette. Aucune affinité possible entre un homme sécurisé, à la santé de fer fuyant Zola et la friture des chambres de bonnes. Aimant le soleil, les bains de mer et les femmes loin d'un Proust souffreteux, terrassé au moindre courant d'air. Le peuple n'est qu'une idée ou un comportement bien souvent révolutionnaire. Ses faits et gestes ne sont que romans ou gazettes. « J'aime le peuple et suis prêt à mourir pour lui mais à condition de ne jamais le rencontrer » Cette citation attribuée à Chateaubriand lui va comme un gant. La vie ne peut être que celle de l'oeuvre De Stendhal ou de la poésie de Goethe ou il n'est jamais question de gagner sa vie en travaillant, loin d'un Malraux mal né, d'un Jack London tenaillé par la faim ou d'un Charles Dickens accablé par l'usine. Les tourments beaucoup plus cérébraux qu'alimentaires sont ceux de ses personnages préservés de la disette évoluant dans un monde magique et apaisant rempli de soleil, de paysages somptueux et de domaines ancestraux ou les femmes belles et intelligentes exhibent leurs atouts en bord de mer, dans les salons, les parcs ou les jardins. Pour fouler ces environnements de prestige, Il faut avoir de la chance, être bien né et surtout posséder un esprit insouciant, détaché, candide, érudit et drôle. Une nonchalance presque hautaine toujours en fréquence avec la gnose de son environnement. Inutile de l'approcher de manière profonde si l'on n'a rien à lui dire de porteur. La manne de Jean d'O ce sont les penseurs et tout ce qu'ils ont à lui apporter par leurs différentes citations, ambitions et investissements. Pour retenir son attention, il faut être entre autres Jorge Luis Borges, Louis Aragon Trinh Xuan Thuan et surtout François René de Chateaubriand dont il partage le narcissisme et la dépendance des femmes. De l'arracher en se servant pour cela d'une parole presque transcendante de son ile de beauté pourtant nantie de ses plus belles soirées odorantes en le propulsant par la pensée vers le commencement des temps. De l'extraire d'une littérature romanesque de plus en plus redondante en pointant ses sens vers de nouveaux courants de pensées qu'il découvre toujours avec enthousiasme. D'être une simple crème fraiche dont la couleur lui rappelle peut-être inconsciemment les premières bouillies de l'univers. Cet amoureux de la France et de ses contradictions aime l'eau. Peu importe ou elle se trouve, il s'en délecte intérieurement et extérieurement du Pain de sucre à la Méditerranée. Les jolies femmes le fascine en le poussant vers toutes les audaces. Seulement voila l'incorrigible convoiteur se lasse rapidement d'un butin devenant trop encombrant. « Jean n'a jamais été un mari mais ce fut un compagnon délicieux ». Françoise. Pour ce mauvais mari mais ce bon père épris de voyages et de libertés, les liens du mariage sont respectés mais quelques coups de canifs dans le contrat ne sont pas de trop afin d'entretenir un sensitif ne pouvant demeurer la possession d'une seule personne. Dieu ainsi que le temps sont la clé de toute de son oeuvre et de son attrait pour la singularité initiale dont il recherche la source avec passion. Un démiurge invisible qu'il remercie régulièrement pour tous les bienfaits qu'il lui apporte chaque jour. Jean d'O n'est pas un ingrat, il est bien conscient de tous les accès que lui offrent ses origines et en glorifie à chaque instant chaque intensité. Pour la plupart d'entre nous la baie Turque de Fethiye ne restera à jamais qu'une agréable carte postale ou une attirante photo sur le net. Pour Jean d'O c'est un rendez-vous ponctuel de fin été. Un parmi tant d'autres pour un élu sillonnant l'un après l'autre les plus beaux sites de sa planète. N'essaie-t'il pas dans une vie positionnée entre deux néants de conquérir tous les honneurs pour mieux les mepriser une fois les avoir obtenus? La gloire de l'empire malgré son succès irrite certains critiques agacés par un texte jugé prétentieux et trop chargé que son auteur considère sans modestie comme étant le support d'un livre univers. La mer se calme avec Au plaisir de Dieu sans pour cela faire cesser les réactions négatives de l'ironique Bernard Franck certainement exaspéré de la montée en puissance d'un esprit touchant enfin la consécration à quarante-cinq ans. Une bouillabaisse de culture rédigée par un rasoir de génie dont les tirages augmentent de plus en plus. Un exercice de style démontrant que l'on peut écrire toujours la même chose à l'aide de termes différents. La seule question est de savoir si cette éternité est vide et sans le moindre sens ou si elle est pleine d'une espérance obscure capable de lui donner une sorte de signification. Je dirais malgré tout que cette vie fut belle malgré l'optimisme de son titre n'en révèle pas moins une antinomie. Celle du requiem d'un monde en démolition avant son engloutissement définitif qu'une sorte de nostalgie parvient encore à rendre viable. Le passé devient la force vive d'un présent n'ayant plus de données pour s'exprimer. Dans de telles conditions, il faut fuir. Connaitre les sortilèges d'un ailleurs. Devenir un nomade, le jouisseur d'un instant se renouvelant sans cesse loin d'une monotonie que l'on ne peut supporter. Un jour ici un jour ailleurs en opposition constante contre l'embourgeoisement des nantis que l'on fuit dans une Torpédo remplie à ras bord de livres. Dans son ouvrage majeur ancêtre de Games of thrones Jean d'Ormesson nous offre les battements sensoriels d'un empire imaginaire sous l'emprise de son histoire. Violences et sérénités se succèdent sur un terrain au repos ou en effervescence. En guerre ou en paix ou la culture parvient à s'affirmer et à faire vivre les siens le temps d'un armistice précaire. Enclavées entre des forets impénétrables, des déserts brulants et des montagnes insurmontables plusieurs cités se combattent, se détruisent et se reconstruisent dans un espace temps dont les traits localisés ne sont que trahisons, bravoures, mensonges, fidélités et courages. L'univers dans sa grâce et sa fureur sur un lopin de terre laboratoire de tous ses comportements bestiaux et civilisés en alternance. L'épée ou la plume, L'acier ou le parchemin se succèdent sur ces contrées noyées de rires et de larmes. Le réalisme de Dieu, le roman de l'univers à son paroxysme dans un microcosme compressé ou dilaté par ses souffrances ou ses jubilations. L'homme au crayon aime l'histoire, la vraie mais cela ne l'empêche pas de la manipuler à sa guise en attribuant à de nombreux auteurs des oeuvres qu'ils n'ont pas écrites et qui n'existent uniquement que dans son imagination. L'histoire est un mensonge que l'on ne conteste plus. Cette citation Napoléonienne provoque les premiers pas d'une uchronie permettant à d'illustres développeurs de s'extraire de leur temps et de fouler un monde imaginaire ou ils participent aux péripéties de personnages cocasses ou marginaux crées de toutes pièces. Et si? L'uchronie est un deuxième monde dont les occupants sont au service de notre imagination. Proust vit jusqu'à quatre vingt neuf ans, Napoléon l'emporte à Waterloo et John Fitzgerald Kennedy est toujours parmi nous. Cette discipline consistant à changer le cours de l'histoire plait beaucoup à Jean d'O. Le sérieux de l'histoire l'ennuie alors autant s'en divertir à sa guise et surtout s'en écarter en empruntant les chemins les plus insolites. Un théâtre ne pouvant être qu'une accumulation de meurtres de viols, de déchéances, de gloires et d'amours dont il pétrie ironiquement les protagonistes de ses romans. Une scène qui tout en étant fictive se rapproche au plus près de la réalité de notre monde. Un cheminement passionnel avec le contexte de chaque époque que nous recomposons sans cesse dans un grand mythe tragique. La trame de son roman Dieu, sa vie, son oeuvre dévoile un Lucifer revanchard préférant régner en enfer plutôt que d'être un esclave au paradis. Il se lasse d'adorer un Dieu immobile. Il désire lui offrir un théâtre celui de la vie par la tourmente de sens tourbillonnant dans une création dominé par la raison. Dieu par l'intermédiaire de l'homme a la possibilité de vivre dans un bouillonnement, une ébullition dont le libre arbitre lâché dans un éternel devenir permet à l'espèce d'évoluer par l'intermédiaire des individus qui en fonction de leurs investissements font avancer l'histoire. Car c'est bien de cela qu'il s'agit, Dieu n'a pas d'histoire. L'idée de Lucifer rongé par l'inaction est de prendre les rênes d'un moteur existentiel en offrant à un Dieu passif les vibrations d'un monde nommé vie dominé par la fureur des pulsions. Rome, Venise et Florence retiennent son attention. On devine parfaitement que Jean n'est nullement formaté pour le malheur ni pour les souffrances inutiles, qu'il intégrera goulument dans la gloire de l'empire. Le monstre aux yeux verts se nourrissant de sa propre substance ne le concerne pas. Il préfère malgré quelques morsures être volage et papillonner dans un monde lui tendant les bras de tous côtés. Tout son univers qu'il soit réel ou imaginatif tourne autour de la littérature. Les aventures du Cid l'enchantent. Mme de Staël le divertit. La mort de Lucien de Rubempré le chagrine. Lire c'est avant tout un plaisir éloigné d'une barbarie grandissante. Attentionné tout l'amuse, il ressemble à un Dieu courtois ayant décidé de se fournir une création afin de s'en divertir sans forcément y participer de manière récursive. Le foyer conjugal est sans enthousiasme et nécessite une présence beaucoup trop contraignante pour un homme toujours prêt à bondir aux quatre coins de la terre. Sa mère disparut, il n'est plus l'enfant de personne. La dimension de son chagrin atteint les limites de l'univers. Son égocentrisme est l'égal de sa respiration. Il est continuel surtout dans son écriture. Ceci ne l'empêche pas d'écouter les autres et de savourer les potins. Le temps, l'origine du monde et le destin de l'homme ne lui accordent aucun répit. Toujours plus de lumière dans un temps compté où il faut sans cesse ne faire grandir qu'une seule information, celle du rôle de l'individu, à travers son histoire dans l'histoire dont l'espèce accumule chaque partie pour s'accomplir. Le presque rien sur presque tout le temps dans une courte existence. Le livre individuel de chaque participant constituant l'infime parcelle d'un livre infini et absolu écrit par tous. Jean d'O ne rejette pas son temps et se satisfait amplement de la compétence qu'il rencontre ou consulte. Finnegans Wake de James Joyce le surprend par la liberté presque quantique de ses phrases s'offrant la liberté de se concevoir telles qu'elles le veulent sans aucunes directives esthétiques. Pas de psychanalyse ni de psychologie pour un disciple de la valeur de l'instant que l'on vit sans frustration ni regret. Loin d'un Chateaubriand larmoyant et nostalgique. «Je tousse moins, mais il me semble que c'est pour mourir sans bruit». La fin de Pauline de Beaumont à Rome agonisant dans les bras de François-René le met sur le flanc. Encore un point commun entre deux incorrigibles séducteurs dont le dernier rêve sentimental tout en étant celui en cours ne demande qu'à s'étendre vers d'autres territoires inconnus. L'éternité plus un jour.
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