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Bouquins
EAN : 9782221115756
Façonnage normé : BROCHE
Nombre de pages : 1024
Format : 132 x 198 mm

Don Quichotte

Francis de MIOMANDRE (Traducteur)
Date de parution : 03/11/2011

Tout a été dit sur Don Quichotte, écrit le traducteur Francis de Miomandre, et nous n’avons pas l’intention d’ajouter un mot de plus aux commentaires, parfois magnifiques, qu’a suscités ce chef-d’oeuvre entre les chefs-d’oeuvre, ce livre en quelque sorte inépuisable, où l’homme à tous les âges de sa vie peut...

Tout a été dit sur Don Quichotte, écrit le traducteur Francis de Miomandre, et nous n’avons pas l’intention d’ajouter un mot de plus aux commentaires, parfois magnifiques, qu’a suscités ce chef-d’oeuvre entre les chefs-d’oeuvre, ce livre en quelque sorte inépuisable, où l’homme à tous les âges de sa vie peut trouver plaisir, enseignement et consolation.
« On croit communément que Don Quichotte, écrit au XVIe siècle, ne peut être mieux traduit que dans le français du XVIe siècle. Mais c’est une erreur, parce que justement Cervantès, qui avait l’air d’écrire la langue de son époque, en réalité écrivait une langue particulière, qui était la sienne, et qui est demeurée, pour cela même, étrangement vivante et jeune. C’est pour cette raison que, rejetant tout archaïsme, j’ai entrepris une traduction résolument moderne, estimant que c’était la meilleure façon d’être fidèle à l’esprit du maître. »
Cet enthousiasme de Francis de Miomandre (1880-1959) s’exprime à chaque ligne de son extraordinaire traduction de 1935, elle-même un chef-d’oeuvre de la langue française. Elle est ici précédée d’un grand essai, inédit en français, de Miguel de Unamuno (1864-1936) sur l’iconographie de Don Quichotte, ainsi que d’une étude de l’hispaniste Yves Roullière qui fait la synthèse des plus récentes découvertes et réflexions à propos de cette oeuvre immortelle.

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EAN : 9782221115756
Façonnage normé : BROCHE
Nombre de pages : 1024
Format : 132 x 198 mm

Ce qu'en pensent nos lecteurs sur Babelio

  • jongorenard Posté le 12 Avril 2021
    Ma première rencontre avec Don Quichotte date d’il y a quelques dizaines d’années, lecture lors de laquelle l’histoire du chevalier errant m’avait déjà fort charmé. J’en ai écouté ces derniers temps la version audio lue par Jean-Pierre Cassel dans la traduction d’Aline Schulman et le plaisir est toujours là, plaçant le roman dans la liste de mes livres préférés. Et pourtant, Don Quichotte n’a rien du super héros littéraire auquel on peut facilement s’identifier. Il est maladroit, malmené ou maltraité par des gens ordinaires et brutaux, on se moque de lui. Il passe pour ridicule dans la société de son époque où la survie sociale et la réputation se construisent davantage sur les apparences que sur la réflexion ou l’expression de l’individualité. Don Quichotte navigue en dehors des sentiers battus, et cela n’est acceptable que si vous êtes un héros fort, combatif et violent et non un rêveur inoffensif et ridicule. Être différent est déjà à son époque une des choses les plus dangereuses et les plus détestables qui soit. Mais Don Quichotte avait-il le choix après avoir pris conscience de la folie furieuse du monde#8201;? Si on n’a qu’une vie à vivre, pourquoi choisir l’ennui de la réalité quand... Ma première rencontre avec Don Quichotte date d’il y a quelques dizaines d’années, lecture lors de laquelle l’histoire du chevalier errant m’avait déjà fort charmé. J’en ai écouté ces derniers temps la version audio lue par Jean-Pierre Cassel dans la traduction d’Aline Schulman et le plaisir est toujours là, plaçant le roman dans la liste de mes livres préférés. Et pourtant, Don Quichotte n’a rien du super héros littéraire auquel on peut facilement s’identifier. Il est maladroit, malmené ou maltraité par des gens ordinaires et brutaux, on se moque de lui. Il passe pour ridicule dans la société de son époque où la survie sociale et la réputation se construisent davantage sur les apparences que sur la réflexion ou l’expression de l’individualité. Don Quichotte navigue en dehors des sentiers battus, et cela n’est acceptable que si vous êtes un héros fort, combatif et violent et non un rêveur inoffensif et ridicule. Être différent est déjà à son époque une des choses les plus dangereuses et les plus détestables qui soit. Mais Don Quichotte avait-il le choix après avoir pris conscience de la folie furieuse du monde#8201;? Si on n’a qu’une vie à vivre, pourquoi choisir l’ennui de la réalité quand votre esprit peut inventer des aventures imaginaires aux proportions gigantesques#8201;? Dans le célèbre épisode des moulins à vent, le dialogue entre Sancho Panza et Don Quichotte révèle le choix délibéré de ce dernier de voir dans la vie plus que ses simples aspects pratiques. «#8201;— Quels géants#8201;? — Ceux que tu vois là-bas, avec leurs longs bras, car certains en ont quelquefois longs de presque deux lieues. — Monsieur, regardez, ce ne sont pas des géants qui apparaissent là-bas, mais des moulins à vent, et les sortes de bras qu’il y a dessus, ce sont les ailes qui tournent sous le vent et font marcher la pierre du moulin. — Il est clair que tu n’y connais rien en matière d’aventures.#8201;» Quel merveilleux duo forment-ils ces deux-là, le rêveur idéaliste et son compagnon matérialiste se complètent parfaitement dans leur exploration du monde de la même manière qu’on n’imagine mal Sherlock Holmes résoudre une énigme sans Watson. Héros du roman dans le sens où il en est le personnage principal, celui qui concentre l’action, Don Quichotte passe pourtant pour un anti-héros, une parodie de l’idéal chevaleresque qui voit des princesses là où il y a des paysannes, des châteaux là où ce ne sont que des auberges, des moulins en guise de géants et qui se met en tête de protéger la veuve et l’orphelin. Bref, un pauvre fou qui après avoir trop lu de romans de chevalerie, finit par se prendre lui-même pour un chevalier errant et part à la quête d’aventures. Mais n’y a-t-il pas plus d’héroïsme à voir un cheval parfait dans la boiteuse Rossinante, ou une belle femme dans la laide et méchante Dulcinée, qu’il ne pourrait y en avoir dans le plus fort chevalier chevauchant le cheval le plus puissant et gagnant l’amour le plus noble de la femme la plus belle#8201;? Il me semble évident qu’il faut posséder une âme vaillante et intrépide pour voir l’aventure et la beauté dans la vie ordinaire. Et finalement, Don Quichotte me renvoie au lien qui existe entre ma vie réelle et ma vie de lecteur. Qu’est-ce que je cherche dans la lecture sinon une immersion complète dans l’illusion de la pure fiction#8201;? Qu’est-ce que je trouve dans la lecture sinon la force de maintenir le désir de beauté face à une réalité peu reluisante#8201;? Qu’est-ce que je vis dans la lecture sinon une expérience spirituelle de lien avec des géants et des puissances qui me dépassent#8201;?
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  • pierricktillet Posté le 8 Avril 2021
    Quand le temps vint de remplir mes onze mois d’obligations militaires, au début des années 70, je me suis mis en tête d’y lire les grands classiques : la Bible (chiant), Proust (pas mal), Rabelais (savoureux). Mais rien qui n’arrive à la cheville du Don Quichotte de Cervantes. Tous les jours, je trimballais mon gros bouquin jaune (éditions Garnier, les deux Livres en un) dans la poche latérale de mon pantalon de treillis ( vachement pratique pour marcher au pas !). Je le dévorais à la moindre occasion, en rejoignant le pas de tir, au pied de la rampe de lancement de missiles sur laquelle on m’avait affectée, pendant les transports en camion, le soir dans la chambrée… J’adorais ce type complètement frappadingue… mais toujours du bon côté du manche de la vraie justice et de l’honneur chevaleresque et des amours impossibles. Orson Welles disait de Don Quichotte qu’il était l’incarnation de l’élégance poussée jusqu’au délire.
  • jullius Posté le 19 Janvier 2021
    George Steiner disait : « demandez à un homme s'il préfère Tolstoï ou Dostoïevski et vous connaitrez le secret de son coeur ». A l'appui de son assertion il faisait, évidemment, une brillante démonstration sur le caractère inconciliable des philosophies de ces deux géants. J'aurais peut-être l'air de brasser du vent, tel un moulin, à risquer une analogie, mais lisant Don Quichotte, riant d'abord comme rarement, des frasques de ce sympathique hurluberlu, m'émerveillant de son style et par lui, de celui de Cervantes, qui parviennent, l'un et l'autre, à se renouveler malgré une certaine répétition des situations, je me suis soudain pris à penser que si ce roman avait marqué l'histoire, s'il avait fait date, c'est peut-être qu'il invitait aussi, chacun, à prendre un parti. C'est au chapitre XXII, pour ma part, que j'ai cru lire que la question m'était posée. Et plus encore, que j'ai cru comprendre que j'étais peut-être moins partisan de Cervantes ou de certains de ses lecteurs, qui voient en lui le pourfendeur de l'esprit d'antant que du héros à la triste figure, bientôt Chevalier aux lions. Bien sûr il m'amusa encore : comment la marionnette de Miguel, quoique celui-ci fut, comme l'on sait, manchot depuis... George Steiner disait : « demandez à un homme s'il préfère Tolstoï ou Dostoïevski et vous connaitrez le secret de son coeur ». A l'appui de son assertion il faisait, évidemment, une brillante démonstration sur le caractère inconciliable des philosophies de ces deux géants. J'aurais peut-être l'air de brasser du vent, tel un moulin, à risquer une analogie, mais lisant Don Quichotte, riant d'abord comme rarement, des frasques de ce sympathique hurluberlu, m'émerveillant de son style et par lui, de celui de Cervantes, qui parviennent, l'un et l'autre, à se renouveler malgré une certaine répétition des situations, je me suis soudain pris à penser que si ce roman avait marqué l'histoire, s'il avait fait date, c'est peut-être qu'il invitait aussi, chacun, à prendre un parti. C'est au chapitre XXII, pour ma part, que j'ai cru lire que la question m'était posée. Et plus encore, que j'ai cru comprendre que j'étais peut-être moins partisan de Cervantes ou de certains de ses lecteurs, qui voient en lui le pourfendeur de l'esprit d'antant que du héros à la triste figure, bientôt Chevalier aux lions. Bien sûr il m'amusa encore : comment la marionnette de Miguel, quoique celui-ci fut, comme l'on sait, manchot depuis la bataille de Lépante, pourrait-elle lui échapper ? Comment l'artiste, pourrait-il lui céder le beau rôle ? Et pourtant, me semble-t-il : c'est lui qui le tient. A tout le moins, je lui accorde. Don Quichotte serait le premier des romans modernes, s'évertuant par mil aventures et mises en scènes grotesques, à faire d'un chevalier un pauvre fou, transformant ses aventures en un récit picaresque (de l'espagnol « picaro » qui signifie « misérable »). Je vois, pourtant, la seule noblesse qui vaille dans ces valeurs d'honneur et d'amour dévoué, de don de soi et de sacrifice que porte haut notre Don Quichotte ; de désintérêt pour l'avoir et, malgré une certaine grandiloquence, de mépris pour la rationalité, pour le pleutre calcul des chances, pour le cynique individualisme et le « plein de soi » qu'incarne Sancho Pansa, dont le nom même est le symbole d'une seule quête. Comment ne pas s'attendrir pour Alonso Quichano dont l'amour est une fidélité à toute épreuve ? Comment ne pas louer la bravoure de cet hidalgo dont la seule mission n'est pas d'amasser les victoires à bas prix et les fortunes à bon compte, mais de servir la justice par monts et par vaux, aux profits des plus humbles et des déshérités ? Comment railler, avec les générations suivantes, cet âge qu'on dit Moyen, ces siècles que l'on salit, jusqu'en faire des siècles obscurs entre brillante Antiquité et glorieuse Renaissance lorsque, précisément, de part et d'autre, l'homme n'y fut jamais moins libre, jamais plus asservi par des maîtres tyranniques ; quand, encore, ces "sociétés", gargarisées du nom de civilisations ou d'empire, furent le théâtre d'une seule entreprise : la conquête et son cortège de violences sans foi ni loi et d'injustices criantes ; l'exact inverse de la chevalerie ? Oui, j'ai pensé à George Steiner et aussi à Georges Duby, et son Guillaume Maréchal, "le meilleur chevalier du monde", modèle de vertu chevaleresque lorsque celle-ci régnait encore. Mais à l'heure où Miguel de Cervantès rédige sont Ingénieux Hidalgo Don Quichotte de la Manche, la roue a déjà tourné : la curialisation de la noblesse est en cour, et avec elle l'avènement de l'État militarisé, le célèbre monopole de la violence légitime au profit d'une classe riche, et la construction, même, de ses appareils idéologiques (institutions culturelles), des décomptes (registres), l'harmonisation progressives des poids et mesures (unification), des langues et des cultures (standardisation), etc. Quel projet est donc le plus fou : celui de voir dans des moulins à vent, manifestation d'une proto-industrialisation, des géants qui écraseront l'homme et épuiseront la terre et que Don Quichotte estime qu'il faut à tout prix terrasser, ou celui de n'y voir que de simples et inoffensives machines permettant de mécaniser le travail ? Les luddites, quelques années plus tard, comprendront fort bien l'enjeu, lorsque les moulins cèderont la place aux machines tueuses de bras. Quel spectacle est le plus navrant : celui de voir un homme seul (ou tout comme) chercher à renverser le sort de misérables condamnés aux galères ou celui de nous voir nous habituer à ces situations d'enchainement d'hommes par d'autres hommes ? Croyons-nous vraiment que nous sommes plus libres, égaux et fraternels derrière nos écrans, endettés, reliés au travail par un lien de subordination (et aujourd'hui confinés pour nous prémunir d'un virus) ou sont-ce les serfs, les marchands ou forgerons, qui logeaient à 10 dans une masure, certes, chauffée au feu de bois et parfois allant nus pieds, mais sur lesquels aucune banque n'avait d'emprise (et pour cause), pas davantage que sur un lopin de terre qu'ils pouvaient exploiter en propre (ou en commun) pour faire pousser de quoi être autonomes ? Et qui œuvraient, sans surveillance, ou guerroyaient bien moins de jours dans l'année que nous n'en passons à travailler ? Sommes-nous plus éduqués par une presse aux mains de milliardaires que ne l'est Don Quichotte par son ouvrage de chevalerie ? N'est-il pas aussi "éveillé" que nous lorsqu'il comprend qu'Homère, était homme de son temps et que telle doit être la poésie, nous qui regardons Cervantès comme indépassable ? Michel Onfray me semble avoir tort de faire de Sancho le véritable héros du texte : Sancho, aussi sympathique puisse-t-il parfois être, est dans l'avoir, le gain, l'accumulation, la préservation de soi avant tout, une raison toute orientée vers l'intérêt personnel, bassement égoïste, platement égocentrée, ce qu'il appelle (Onfray) : le bon sens. Or, le « bon sens » n'existe pas ! C'est le sens dominant (il devrait le savoir), un sens/un point de vue qu'on ne questionne pas, ou plus, ou qu'on aimerait ne plus voir questionné : et que l'on impose, donc, comme une évidence, la seule réalité possible. Pourtant, quelle est la vertu d'un Sancho qui, enfin gouverneur, fuit ses responsabilités et n'entend rien d'autre que gouverner sa panse ? Comment prétendre le comparer à celui qui donnerait sa vie pour celle qu'il aime ? Pour des condamnés ? Pour défendre son nom bien plus que son crouton ? Cervantès, en se gaussant de Don Quichotte, participe de (parachève ?) cette entreprise d'imposition d'une nouvelle « vertu », d'un nouvel « esprit », d'une nouvelle ère : l'avènement de l'homme pour soi, de l'homme qui se suffit, qui est sa propre vérité, et dispose du monde plutôt qu'il n'y cherche sa place. Par son roman il participe à l'entreprise d'imposition de ce que ce doit être qu'être "digne", "grand", "vrai", "vertueux" ; et pour mieux le faire comprendre, il stigmatise, il voue au ridicule, l'âme chevaleresque - ses valeurs ancestrales, ses principes irrationnels, ses vains combats, ses amours folles, ses gloires immatérielles, ses hiérarchies célestes, ses représentations illuminées. La modernité serait, elle, devrait s'attacher à être : tout l'inverse. Eh bien je suis du côté d'Alonso Quichano, le chevalier Don Quichotte, et contre la modernité qui écrase l'homme qu'elle prétend libérer. Je sais malgré tout, pourtant, le meilleur gré au siècle d'« or » (dont on oublie qu'il fut volé, et capté par une poignée seule de riches dominants dont l'esprit fut rien moins que chevaleresque), et à son enfant Miguel Cervantes de m'avoir offert cette lecture magistrale.
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  • Raven27 Posté le 1 Décembre 2020
    C’est l’histoire d’un preux chevalier nommé Don Quichotte. Preux chevalier, ou fou dérangé ? Accompagné de son ami Sancho Panza et de son cheval Rossinante, il part à la recherche de la célèbre Dulcinée et de son esprit. Avec ce joli livre pour enfants, l’édition Balivernes résume avec clarté un grand chef-d’œuvre de la littérature, qui devient ainsi accessible aux plus jeunes. Les dessins sont très colorés et les visages expressifs, tout pour plaire ! Je ne connaissais pas cette édition, mais j’adore le principe ! Pour les moins jeunes, il donne envie de lire l’œuvre intégrale de Miguel de Cervantes, fameuse critique des romans chevaleresques de l’époque. C’est donc, il me semble, un bon compromis entre parents et enfants. Merci à Babelio et aux éditions Balivernes pour l’envoi !
  • Myriam3 Posté le 28 Novembre 2020
    Ma petite victoire de l'année, m'attaquer à un monument de la littérature classique! En fait, une fois le roman ouvert, il a été très facile d'y entrer et d'en tourner les pages, du moins au début. On rencontre immédiatement ce drôle, totalement incroyable et attachant hurluberlu qui, échauffé par ses lectures de romans de chevalerie dont il se repaît jours après jours, prend la décision ultime de se faire lui-même chevalier errant, ce qui consiste à partir sur les chemins et y trouver des combats à mener pour que justice soit gardée tout en louant et priant sa bien-aimée. Celle-ci, toute trouvée, est la paysanne Aldonza Lorenzo, rebaptisée pour l'occasion et à son insu: Dulcinée du Toboso. Prenant le pauvre bougre Sancho Panza ("qui n'avait pas grand chose dans la cervelle") comme écuyer après lui avoir promis de lui céder la gouvernance d'un archipel dès sa première victoire, il part donc sur les chemins, se laissant guider au gré des envies de Rossinante, son vieux cheval. Sancho Panza, ne doutant pas que son heure de gloire arrivera bientôt, le suit fidèlement. Ainsi commence l'errance riche en rencontres de nos deux compagnons, l'un totalement aveuglé par ses visions irréalistes de la... Ma petite victoire de l'année, m'attaquer à un monument de la littérature classique! En fait, une fois le roman ouvert, il a été très facile d'y entrer et d'en tourner les pages, du moins au début. On rencontre immédiatement ce drôle, totalement incroyable et attachant hurluberlu qui, échauffé par ses lectures de romans de chevalerie dont il se repaît jours après jours, prend la décision ultime de se faire lui-même chevalier errant, ce qui consiste à partir sur les chemins et y trouver des combats à mener pour que justice soit gardée tout en louant et priant sa bien-aimée. Celle-ci, toute trouvée, est la paysanne Aldonza Lorenzo, rebaptisée pour l'occasion et à son insu: Dulcinée du Toboso. Prenant le pauvre bougre Sancho Panza ("qui n'avait pas grand chose dans la cervelle") comme écuyer après lui avoir promis de lui céder la gouvernance d'un archipel dès sa première victoire, il part donc sur les chemins, se laissant guider au gré des envies de Rossinante, son vieux cheval. Sancho Panza, ne doutant pas que son heure de gloire arrivera bientôt, le suit fidèlement. Ainsi commence l'errance riche en rencontres de nos deux compagnons, l'un totalement aveuglé par ses visions irréalistes de la chevalerie et le deuxième petit-à-petit entraîné dans ses fantasmes loufoques tout en essayant de le raisonner. Alors franchement, c'est drôle et j'ai bien ri à la lecture des aventures de Don Quichotte qui prend des auberges pour des châteaux et des servantes pour des princesses, des moulins pour des géants et des troupeaux de bêtes pour des armées (pauvres bêtes qu'il attaquera avec fureur et courage). Les deux hommes iront de bagarres en bagarres et leurs descriptions sont dignes des meilleurs films muets du genre. Mais il n'y a pas que ça. Au moment où je commençais à de demander si les presque six cents pages ne seraient qu'une succession de ces mésaventures burlesques arrivent d'autres personnages dont le curé qui par ses ruses et sa bonté tentera de ramener Don Quichotte chez lui, l'aubergiste auquel Don Quichotte n'apportera que des malheurs, ainsi que de jeunes amoureux dont on aura conté l'histoire. Cette deuxième partie se compose essentiellement de récits d'amours contrariés et de guerres contre les Turcs. J'ai eu un peu plus de mal à entrer dans ces récits, un peu déçue, avant d'y trouver mon compte et de découvrir plus profondément les différentes classes sociales du dix-septième siècle et des règles qui régissent les unions maritales. Il y a tout dans ce roman: de l'aventure, de l'humour, de l'honneur, de l'incroyable, de l'amour, de la violence, de l'amitié, de la poésie. En fait, j'aurais aimé les rencontrer, ces personnages, pour pouvoir les observer à loisir et peut-être même entrer les bonnes grâces de ce valeureux et courageux chevalier.
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