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            Journal

            Robert Laffont
            EAN : 9782221058749
            Façonnage normé : BROCHE
            Nombre de pages : 1140
            Format : 196 x 131 mm
            Journal
            1887-1910

            Collection : Bouquins
            Date de parution : 28/05/1990

            «Ne pas se tromper aux figures hautaines et silencieuses : ce sont des timides», écrit Jules Renard parlant de lui. Comme tous les timides, il répugnait à se confier aux autres. Son Journal lui sert de confident, d'interlocuteur, de complice. C'est à la mémoire des feuillets qu'il remet ses pensées...

            «Ne pas se tromper aux figures hautaines et silencieuses : ce sont des timides», écrit Jules Renard parlant de lui. Comme tous les timides, il répugnait à se confier aux autres. Son Journal lui sert de confident, d'interlocuteur, de complice. C'est à la mémoire des feuillets qu'il remet ses pensées les plus secrètes et les plus contradictoires. Ardent dreyfusard, il écrit : «Je suis écœuré à plein cœur, à cœur débordant, par la condamnation d'Emile Zola...» Mais il confesse ailleurs : «Nous sommes tous antijuifs. Quelques-uns parmi nous ont le courage ou la coquetterie de ne pas le laisser voir.»
            Il se répand en réflexions misogynes : «Si jamais une femme me fait mourir, ce sera de rire» ; «Dès qu'on dit à une femme qu'elle est jolie, elle se croit de l'esprit» ; «La femme est un roseau dépensant.» Mais n'est-ce pas pour exorciser le chant des sirènes ? «Je les aime toutes. Je fais des folies pour elles. Je me ruine en rêves.»
            Anticlériclal, antireligieux convaincu, auteur de La Bigote, au Journal il confie cependant : «J'ai l'esprit anticlérical et un cœur de moine.»
            Il avait une conscience amère, injuste et orgueilleuse de ses limites, mais aussi de ses qualités, celles des grands écrivains - l'humour, l'ironie, la poésie : «Les ironistes, ces poètes scrupuleux, inquiets jusqu'à se déguiser.»
            Portrait d'une époque et d'un milieu, peinture des naturels du Morvan, et par-dessus tout portrait d'une âme poétique jusqu'à la souffrance, le Journal de Jules Renard est un chef-d'œuvre de la langue française et le témoignage d'un grand moraliste : «Je me fais une haute idée morale et littéraire de l'humour.»
            Henry Bouillier professeur à la Sorbonne.

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            EAN : 9782221058749
            Façonnage normé : BROCHE
            Nombre de pages : 1140
            Format : 196 x 131 mm
            Robert Laffont
            31.00 €
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            Ce qu'en pensent nos lecteurs sur Babelio

            • Farlay Posté le 18 Septembre 2018
              Quelques jours avant de mourir, Jules Renard notait dans son Journal qu'il avait fait pipi au lit, comme jadis Poil de carotte. Entre ces deux pollutions nocturnes, une vie d'homme ponctuée de sarcasmes et de notations sur l'impossible "douceur" qui aurait dû dompter la vie. Il aurait surtout voulu dompter son silence. Il n'y est pas tout à fait parvenu. Témoin, ce Journal, grêlé, où pleut une petite eau bien froide, comme l'urine des draps. L'ironie servira d'alèse.
            • sweetie Posté le 3 Février 2018
              « Et ce Journal qui me distrait, m'amuse et me stérilise! », ainsi paraphrasait Jules Renard sur ses écrits quotidiens. J'aime beaucoup la forme littéraire du Journal, surtout lorsque rédigé par un écrivain renommé qui a marqué son époque. Lorsque François Busnel de La Grande Librairie a remis sur le tapis celui de Jules Renard, je me suis empressée d'aller m'en chercher un exemplaire à la bibliothèque. L'édition empruntée comportait une préface, une chronologie de la vie de l'auteur ainsi qu'un index des illustres écrivains évoqués dans l'ouvrage. Sur une dizaine de jours, je me suis imprégnée des tourments de Jules Renard : soucis d'inspiration, ennuis familiaux, crises existentielles et craintes de n'être pas reconnu à sa juste valeur par ses contemporains et par la postérité. Le Journal s'étale de 1887 (Renard a 24 ans) à 1910 (l'année de sa mort à 46 ans) et fait surgir la Belle Époque, les théâtres de Paris, les salons littéraires, les assemblées politiques enflammées et aussi la campagne natale de Renard (département de la Nièvre), dont il décrit si bien les fulgurances et les habitants. Par des phrases lapidaires, Renard nous livre aussi des portraits sans... « Et ce Journal qui me distrait, m'amuse et me stérilise! », ainsi paraphrasait Jules Renard sur ses écrits quotidiens. J'aime beaucoup la forme littéraire du Journal, surtout lorsque rédigé par un écrivain renommé qui a marqué son époque. Lorsque François Busnel de La Grande Librairie a remis sur le tapis celui de Jules Renard, je me suis empressée d'aller m'en chercher un exemplaire à la bibliothèque. L'édition empruntée comportait une préface, une chronologie de la vie de l'auteur ainsi qu'un index des illustres écrivains évoqués dans l'ouvrage. Sur une dizaine de jours, je me suis imprégnée des tourments de Jules Renard : soucis d'inspiration, ennuis familiaux, crises existentielles et craintes de n'être pas reconnu à sa juste valeur par ses contemporains et par la postérité. Le Journal s'étale de 1887 (Renard a 24 ans) à 1910 (l'année de sa mort à 46 ans) et fait surgir la Belle Époque, les théâtres de Paris, les salons littéraires, les assemblées politiques enflammées et aussi la campagne natale de Renard (département de la Nièvre), dont il décrit si bien les fulgurances et les habitants. Par des phrases lapidaires, Renard nous livre aussi des portraits sans fard de ses collègues et amis écrivains, lesquels profitent de judicieuses notes de bas de page pour se rappeler à nos mémoires (la mienne étant particulièrement déficiente). Ses mots d'esprit amusent autant qu'ils surprennent (un peu de misogynie, un soupçon d'intolérance, une goutte d'antisémitisme, peut-on dire que c'était un homme de son temps? ). Les travers humains y sont disséqués minutieusement, lui-même ne s'épargne pas et écorche au passage sa famille et le monde des arts. « Un écrivain dont l'oeil était aussi aigu que les mots », Jules Renard s'est efforcé dans son oeuvre de « donner la plante de la réalité avec ses racines ». Et un échange récent avec MarjorieD m'a convaincue d'entreprendre la lecture de Poil de Carotte...
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            • poissonrouge00 Posté le 2 Août 2014
              C'est une bible, un journal littéraire unique où les phrases en pointe sèche croquent toute une époque. Jules Renard parle de lui, des autres, du temps qui passe, de ses contemporains, avec une douce ironie, une tendre férocité. L'homme a le regard du peintre. Dérision, humour sont les palettes de cet auto-portrait unique. "Il y a des moments où tout réussit, il ne faut pas s'effrayer : ça passe !"
            • VanilleBL Posté le 18 Septembre 2013
              Un journal est ce qu'il y a de plus éphémère. A la pointe de l'actualité aujourd'hui, obsolète demain. Il n'en est pas de même pour un journal d'écrivain qui, au-delà du fait quotidien, nous apporte un plaisir, nous offre une leçon, nous enrichit d'une réflexion... D'autant que Jules Renard n'a pas imaginé son journal comme une compilation d'écrits déjà publiés, ni comme un journal intime sur les mouvements de son humeur. A la lecture de son journal, qui est un vrai chef-d'oeuvre littéraire, jamais il ne se montre comme un auteur impudique tout émerveillé de son égo qui livrerait le fond de son âme. Bien au contraire, les pages de ce Journal montrent un homme qui doute, qui souvent se replie sur lui-même. Pas de romantisme ni de lyrisme dans ses écrits ; l'auteur a la dent dure et l'intransigeance des désabusés. Son style est celui d'un bourgeois de la fin du XIXème siècle, économe et lucide, elliptique et concis, ironique et sans illusion. Son écriture quasi quotidienne mêle "choses vues" et réflexions profondes, philosophiques parfois. Homme de son temps, ancré dans son époque, il fréquente le Tout-Paris des gens connus : Claudel, Toulouse-Lautrec, Guitry, Tristan Bernard ou Jaurès... On... Un journal est ce qu'il y a de plus éphémère. A la pointe de l'actualité aujourd'hui, obsolète demain. Il n'en est pas de même pour un journal d'écrivain qui, au-delà du fait quotidien, nous apporte un plaisir, nous offre une leçon, nous enrichit d'une réflexion... D'autant que Jules Renard n'a pas imaginé son journal comme une compilation d'écrits déjà publiés, ni comme un journal intime sur les mouvements de son humeur. A la lecture de son journal, qui est un vrai chef-d'oeuvre littéraire, jamais il ne se montre comme un auteur impudique tout émerveillé de son égo qui livrerait le fond de son âme. Bien au contraire, les pages de ce Journal montrent un homme qui doute, qui souvent se replie sur lui-même. Pas de romantisme ni de lyrisme dans ses écrits ; l'auteur a la dent dure et l'intransigeance des désabusés. Son style est celui d'un bourgeois de la fin du XIXème siècle, économe et lucide, elliptique et concis, ironique et sans illusion. Son écriture quasi quotidienne mêle "choses vues" et réflexions profondes, philosophiques parfois. Homme de son temps, ancré dans son époque, il fréquente le Tout-Paris des gens connus : Claudel, Toulouse-Lautrec, Guitry, Tristan Bernard ou Jaurès... On le suit dans ses rencontres, ses amitiés, sa vie dans un milieu parisien si brillant qui pourtant ne l'éblouit jamais. Il sait garder ses distances et c'est ce qui donne à son Journal cette profondeur qui distingue le simple document ou reportage de l'oeuvre littéraire. Ce Journal a bien été voulu et conçu comme tel, non comme un carnet de notes pour plus tard mais bien comme une oeuvre entière et complète en soi. En filigrane, on perçoit aussi tout ce qui relève de l'intime, si pudiquement effleuré. Jules Renard reste un pessimiste, profondément marqué par sa famille, une mère si dure et si peu aimante, le suicide de son père. La mort parcourt à pas feutrés ce Journal, jusqu'aux derniers mots écrits quelques semaines avant sa mort, le 6 avril : "...comme quand j'étais Poil de Carotte." L'écrivain a retrouvé son enfance. Il meurt le 22 mai 1910. Et parmi toutes les perles qu'il nous laisse dans ce Journal, s'il n'y en a qu'une à retenir, que ce soit celle-ci : "Quand je pense à tous les livres qu'il me reste à lire, j'ai la certitude d'être encore heureux."
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            • Femi Posté le 31 Mars 2011
              un très touchant journal d'écrivain, où Jules Renard n'épargne personne, y compris lui-même!
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