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Robert Laffont
EAN : 9782221096086
Façonnage normé : BROCHE
Nombre de pages : 198
Format : 135 x 215 mm

Laisse-moi partir, mère

Pierre-emmanuel Dauzat (Traducteur)
Date de parution : 14/03/2002

Au crépuscule de sa vie, une vieille femme, ancienne gardienne de camp de concentration, appelle sa fille à son chevet…

«Vienne, mardi 6 octobre 1998. À l'hôtel.Vingt-sept ans ont passé. Aujourd'hui, je te revois, mère, et je me demande si, entre-temps, tu as compris tout le mal que tu as fait à tes enfants. […]Aujourd'hui je te revois, mère, mais avec quels sentiments? Que peut éprouver une fille pour une...

«Vienne, mardi 6 octobre 1998. À l'hôtel.Vingt-sept ans ont passé. Aujourd'hui, je te revois, mère, et je me demande si, entre-temps, tu as compris tout le mal que tu as fait à tes enfants. […]Aujourd'hui je te revois, mère, mais avec quels sentiments? Que peut éprouver une fille pour une mère qui a refusé de jouer son rôle de mère afin de rejoindre la scélérate organisation de Heinrich Himmler?Du respect? Uniquement pour ton âge vénérable – mais pour rien d'autre. Et puis?Difficile de dire «rien». Après tout, tu es ma mère. Mais impossible de dire «amour». Je ne peux t'aimer, mère.Je me sens agitée et, malgré moi, je repense à notre dernière rencontre, en 1971, quand je t'ai revue au bout de trente ans, et je frissonne en songeant à l'effroi que j'ai éprouvé en découvrant que tu avais appartenu aux SS.Et que tu ne t'étais pas repentie, non plus. Tu demeurais satisfaite de ton passé, satisfaite d'avoir été une employée modèle dans cette efficace fabrique d'horreurs.»Elles ne se sont pas vues depuis trente ans. Car cette vieillarde qui s'éteint dans une maison de retraite en Autriche n'est pas une mère comme les autres. C'est un monstre. Un monstre qui, par conviction fanatique, a abandonné ses enfants en pleine guerre pour devenir, dans la SS, gardienne de camp de concentration. A-t-elle changé, cette femme qui a tué d'autres femmes, d'autres enfants, de ses propres mains? A-t-elle du remords? Alors qu'elle s'était juré de ne plus jamais revoir sa mère, Helga Schneider répond à son appel. Prisonnière de ses sentiments ambivalents, elle tombe dans le piège que lui tend son passé…Un récit véridique, brutal et hallucinant, qui marque l'émergence d'une nouvelle voix de la littérature italienne.

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EAN : 9782221096086
Façonnage normé : BROCHE
Nombre de pages : 198
Format : 135 x 215 mm
Robert Laffont

Ce qu'en pensent nos lecteurs sur Babelio

  • Nanako-Mai Posté le 12 Janvier 2020
    Une fille, abandonnée par sa mère alors qu’elle n’est encore qu’une petite enfant et une vieille dame, qui a fuit son rôle de mère afin de s’investir corps et âme dans la Waffen-SS. Alors que la première a dû apprendre à vivre en se passant de l’amour d’une mère et a dû faire face à la guerre et sa dure réalité, la seconde participait à son atrocité sans ciller et sans scrupules, sans souffrir d’aucune sorte ni des privations ni des meurtrissures de l’âme… Ce court témoignage qui se dévore littéralement, retranscrit l’ultime réunion d’Helga Schneider et de sa mère, atteinte d’Alzheimer, mais dont les souvenirs pour « l’ancien temps », sont encore vifs et… troublants. On ressent toute la dualité de la situation qu’Helga a dû traverser, d’un côté l’espoir de retrouver une mère, un amour inconditionnel dont elle a cruellement manqué, de découvrir une vieille femme pathétique et fragile ; de l’autre la conviction de se trouver face à un monstre avec lequel on ne veut avoir aucun lien, une vielle femme antipathique et acariâtre, manipulatrice et cruelle. Ce témoignage ne nous apprend concrètement rien de nouveau sur les pratiques des camps de concentration et d’extermination bien qu’il... Une fille, abandonnée par sa mère alors qu’elle n’est encore qu’une petite enfant et une vieille dame, qui a fuit son rôle de mère afin de s’investir corps et âme dans la Waffen-SS. Alors que la première a dû apprendre à vivre en se passant de l’amour d’une mère et a dû faire face à la guerre et sa dure réalité, la seconde participait à son atrocité sans ciller et sans scrupules, sans souffrir d’aucune sorte ni des privations ni des meurtrissures de l’âme… Ce court témoignage qui se dévore littéralement, retranscrit l’ultime réunion d’Helga Schneider et de sa mère, atteinte d’Alzheimer, mais dont les souvenirs pour « l’ancien temps », sont encore vifs et… troublants. On ressent toute la dualité de la situation qu’Helga a dû traverser, d’un côté l’espoir de retrouver une mère, un amour inconditionnel dont elle a cruellement manqué, de découvrir une vieille femme pathétique et fragile ; de l’autre la conviction de se trouver face à un monstre avec lequel on ne veut avoir aucun lien, une vielle femme antipathique et acariâtre, manipulatrice et cruelle. Ce témoignage ne nous apprend concrètement rien de nouveau sur les pratiques des camps de concentration et d’extermination bien qu’il valide et certifie certains actes et nous conte certaines atroces anecdotes. Le plus important étant ce « voyage » psychologique, que faire de cette mère, que ressentir pour elle ? Ecouter sa morale ou se laisser aller aux élans de son cœur ? Peut-on haïr sa mère envers et contre sa nature ? Et bien qu’Helga ne fût qu’une enfant à cette époque, peut-elle entièrement juger et condamner sa mère quand elle-même a eu des gestes mauvais et répréhensibles envers ce peuple Juif ? Depuis fort longtemps, je suis attirée par les récits, qu’ils soient (auto)biographiques ou romancés ayant pour thème la Seconde guerre mondiale et les répercussions sur le peuple juif, mais depuis quelque temps, j'oriente mes lectures vers les ouvrages contant les ressentis de l’autre « côté ». Que pensaient les allemands de tout cela ? Comment ? Pourquoi ? Comment devient-on nazis et pourquoi accepte-t-on toutes ces cruautés, y participe-t-on ou fermons-nous les yeux ? Le cerveau humain est si complexe, insaisissable et cette période de l’Histoire a réussi à faire ressortir le côté obscur de tout un peuple que l’on donnait pour civilisé, se déculpabilisant par soucis d’obéissance, de fidélité, de confiance envers son Führer… Tout comme la mère d'Helga qui, après tout, n'arrive pas à voir où est le problème ? Elle croyait en cette politique et oeuvrait pour son accomplissement, quoi qu'il en eu coûté... Bref, une lecture poignante, bouleversante et ô combien instructive. Challenge ABC 2019-2020
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  • Luxi Posté le 20 Septembre 2015
    Comment pardonner à sa mère lorsqu'elle a été gardienne SS à Ravensbrück et Birkenau et qu'elle ne renie aucun de ses actes ? Comment tenter de comprendre ce qui ne PEUT PAS se comprendre ? Que sa propre mère a fréquenté la haute hiérarchie SS ? Que sa propre mère a "assisté" les hommes dans leurs expériences médicales inhumaines ? Que sa propre mère n'a même pas cillé en regardant des enfants entrer dans la chambre à gaz ? Comment ne pas hurler lorsque le sang qui suinte dans nos veines vient de cette même femme qui marmonne encore des "sales juives" et "ça m'était égal" ? Je ne ressors pas indemne de cette lecture, d'autant plus qu'on ne peut s'empêcher de se demander ce qu'à la place d'Helga Schneider on aurait dit, fait, hurlé. Je ne sais pas. Personne ne sait. Et puis ce n'est pas à nous de juger. Je pense à Simon Weisenthal et son magnifique "Les fleurs de soleil" puisque c'est un récit sur le pardon, sur le jugement, sur la culpabilité qu'on porte lorsqu'on est "enfant de SS", sur la peine aussi. 150 pages brutes, à vif, pleines de rancoeur mais aussi d'amour - et c'est sans doute ce qui rend... Comment pardonner à sa mère lorsqu'elle a été gardienne SS à Ravensbrück et Birkenau et qu'elle ne renie aucun de ses actes ? Comment tenter de comprendre ce qui ne PEUT PAS se comprendre ? Que sa propre mère a fréquenté la haute hiérarchie SS ? Que sa propre mère a "assisté" les hommes dans leurs expériences médicales inhumaines ? Que sa propre mère n'a même pas cillé en regardant des enfants entrer dans la chambre à gaz ? Comment ne pas hurler lorsque le sang qui suinte dans nos veines vient de cette même femme qui marmonne encore des "sales juives" et "ça m'était égal" ? Je ne ressors pas indemne de cette lecture, d'autant plus qu'on ne peut s'empêcher de se demander ce qu'à la place d'Helga Schneider on aurait dit, fait, hurlé. Je ne sais pas. Personne ne sait. Et puis ce n'est pas à nous de juger. Je pense à Simon Weisenthal et son magnifique "Les fleurs de soleil" puisque c'est un récit sur le pardon, sur le jugement, sur la culpabilité qu'on porte lorsqu'on est "enfant de SS", sur la peine aussi. 150 pages brutes, à vif, pleines de rancoeur mais aussi d'amour - et c'est sans doute ce qui rend le livre d'Helga Schneider aussi puissant et aussi bouleversant : cette sagesse extraordinaire qu'elle a et qui surpasse la haine. Lumineux dans sa noirceur... Une belle leçon d'intelligence et d'humanisme face à l'un des plus atroces poids à porter au monde.
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