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EAN : 9782259310185
Façonnage normé : BROCHE
Nombre de pages : 432
Format : 132 x 201 mm
Nouveauté
Les Incorrigibles
Date de parution : 03/03/2022
Éditeurs :
Plon
Nouveauté

Les Incorrigibles

Date de parution : 03/03/2022
Un roman saisissant sur l’enfer de la corruption et du bagne de Guyane.
Été 1919. Léon Cognard, un ancien officier de gendarmerie idéaliste et fort en gueule, change de vie, direction l’Amérique du Sud. Avec une idée fixe : améliorer le sort d’un... Été 1919. Léon Cognard, un ancien officier de gendarmerie idéaliste et fort en gueule, change de vie, direction l’Amérique du Sud. Avec une idée fixe : améliorer le sort d’un bagnard, condamné à vingt ans de travaux forcés. Un homme qu’il a arrêté autrefois et qu’il estime victime d’une injustice.

Cognard...
Été 1919. Léon Cognard, un ancien officier de gendarmerie idéaliste et fort en gueule, change de vie, direction l’Amérique du Sud. Avec une idée fixe : améliorer le sort d’un bagnard, condamné à vingt ans de travaux forcés. Un homme qu’il a arrêté autrefois et qu’il estime victime d’une injustice.

Cognard découvre alors les rouages de la « transportation », sidéré par la perversité d’un système où toutes les valeurs sont inversées.

À l’obsession de sauver Talhouarn s’ajoute bientôt celle de porter secours aux forçats libérés, ces grands oubliés de la pénitentiaire, condamnés à la misère et à l’errance. Mais peut-on aider qui ne veut – ou ne peut – pas l’être ?
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EAN : 9782259310185
Façonnage normé : BROCHE
Nombre de pages : 432
Format : 132 x 201 mm

Ce qu'en pensent nos lecteurs sur Babelio

  • FredericSoulier Posté le 25 Mars 2022
    Fratricide, de l'auteur qui nous intéresse aujourd'hui, est le meilleur bouquin sur la Première Guerre mondiale que j'aie lu, juste après Le feu, d'Henry Barbusse. Tu me diras, c'est normal, Barbusse il l'a faite cette salope de guerre, il était dans les tranchées, normal qu'on trouve dans Le feu une authenticité qu'on ne peut trouver dans un bouquin écrit aujourd'hui. Fratricide brassait déjà certains des thèmes présents dans Les incorrigibles : la bureaucratie militaire ubuesque, la grande gabegie économique et humaine de la guerre, l'insoumission salutaire face aux ordres absurdes, voire une certaine exaltation de l'anarchisme. Comme le précise Patrice Quélard dans sa dédicace, probablement rédigée dans une librairie tandis qu'une horde de blogueuses humides à l'intérieur attendaient leur tour, Les incorrigibles peut être lu indépendamment de Place aux immortels, le premier livre à mettre en scène Léon Cognard, gendarme dissident dont on ne saura jamais s'il portait la moustache (je suppose que oui, dans les années 1910, la moustache était aussi répandue que le ticket de métro sur les schneck contemporaines). Je confirme. Nul besoin d'avoir lu Place aux immortels pour prendre du plaisir et piger Les incorrigibles. Tout ce qui pourrait arriver, c'est que les nombreuses références au... Fratricide, de l'auteur qui nous intéresse aujourd'hui, est le meilleur bouquin sur la Première Guerre mondiale que j'aie lu, juste après Le feu, d'Henry Barbusse. Tu me diras, c'est normal, Barbusse il l'a faite cette salope de guerre, il était dans les tranchées, normal qu'on trouve dans Le feu une authenticité qu'on ne peut trouver dans un bouquin écrit aujourd'hui. Fratricide brassait déjà certains des thèmes présents dans Les incorrigibles : la bureaucratie militaire ubuesque, la grande gabegie économique et humaine de la guerre, l'insoumission salutaire face aux ordres absurdes, voire une certaine exaltation de l'anarchisme. Comme le précise Patrice Quélard dans sa dédicace, probablement rédigée dans une librairie tandis qu'une horde de blogueuses humides à l'intérieur attendaient leur tour, Les incorrigibles peut être lu indépendamment de Place aux immortels, le premier livre à mettre en scène Léon Cognard, gendarme dissident dont on ne saura jamais s'il portait la moustache (je suppose que oui, dans les années 1910, la moustache était aussi répandue que le ticket de métro sur les schneck contemporaines). Je confirme. Nul besoin d'avoir lu Place aux immortels pour prendre du plaisir et piger Les incorrigibles. Tout ce qui pourrait arriver, c'est que les nombreuses références au passé de Cognard vous poussent à ressortir la Mastercard. Les incorrigibles est vaguement construit sur le modèle de Titanic, et c'est redoutable d'efficacité. De nos jours, des gendarmes découvrent des ossements dans la foret guyanaise, ainsi qu'une plaque portant un nom. Qu'est-il arrivé à cet individu ? Comment en est+on arrivé là ? Comptez pas sur moi pour cafter, je suis un Homme, moi, pas un pied-de-biche. vous le saurez à la toute fin du pavé. L'essentiel du bouquin se déroule en Guyane, parce que je ne t'ai pas dit, mais ça parle du bagne, de la mangeuse d'hommes. Crois-moi qu'en ce temps-là, ils avaient pas snapchat et instagram en taule. Oui, on est vraiment passé d'une extrême à l'autre. Maintenant, tu violes une mémé, on te file un travail d'intérêt public, genre tu vas dans les écoles primaires expliquer que violer, c'est pas bien. Mais autrefois, ça rigolait pas, on te surprenait à vagabonder, on t'envoyait à l'ombre pendant quelques années, à l'autre bout du monde, en compagnie des assassins, des insectes gros comme des moineaux, au pain sec et à l'eau. Extrait : « La route Cayenne-Saint-Laurent était un vieux serpent de mer. Commencée depuis plus de quarante ans, elle atteignait péniblement les vingt kilomètres, sur deux cent cinquante à couvrir. Elle était l’oeuvre des forçats, terrassiers, concasseurs et remblayeurs qui, harcelés par les moustiques en provenance des vasières alentour, y crevaient littéralement par brochettes entières. De sous-alimentation d’abord, largement orchestrée par les matons qui, faisant payer leur peine – car pour eux aussi c’était une punition d’être là –, détournaient sans vergogne une grande partie des vivres destinés aux travailleurs afin de les revendre au marché noir, souvent à d’autres fagots mieux lotis. De chaleur ensuite, pour ces blancs-becs qui pelletaient et piochaient comme des damnés en plein cagnard. De maladie enfin, et là il y avait l’embarras du choix, entre la dysenterie, la malaria, la fièvre jaune et l’ankylostomiase et son ventre gonflé de vers hématophages qui vous anémient, tout en vous rongeant la muqueuse intestinale. » Un instant, aux premières pages du livre, j'ai cru qu'on allait avoir droit à une de ces enquêtes procédurières que j'ai en horreur, et que Cognard allait s'en cogner une dernière avant la retraite ; et puis comme si cela gonflait l'auteur tout autant que moi, il se débarrasse de l'affaire des « vols de fournitures militaires » en un tournemain. Mon intelligence étant plus affûtée que la moyenne, j'ai rapidement compris qu'il s'agissait seulement pour Quélard de mettre en lumière quelques faits historique peu connus et pas très glorieux de l'après-guerre. Rapidement, on entre dans le vif du sujet, et le bouquin ne vous lâche plus. Quélard a excessivement bien décrit l'enfer qu'était la vie de transporté. Je suis très sensible aux atmosphères, et le bouquin parvient admirablement à restituer celle du bagne. La chaleur moite et écrasante, la privation de lumière et de nourriture, les mauvais traitements, la malaria, le travail inutile et éreintant, littéralement tuant. Certes, cet endroit était rempli d'ordures qui méritaient bien pour la plupart la prison, mais fallait-il qu'il soit conçu par des ordures et gardé par d'autres ordures, le bagne pour qu'on y traite aussi mal des êtres humains. Inévitablement, pour qui a lu Papillon, d'Henry Charrière s'impose. Je rappelle que Charrière a bien goûté aux joies du bagne, mais que certaines mauvaises langues de l'époque lui ont reproché d'avoir amalgamé dans son bouquin des anecdotes dont il aurait entendu parler et qu'il n'aurait pas personnellement vécu. Je n'ai pas spécialement d'avis sur la question, sinon que l'essentiel est d'écrire un bon bouquin, et c'est le cas. Ce qui est certain, c'est que le bagne, dans Papillon, m'a fait l'effet d'une colonie de vacances, alors que le bagne décrit par Quélard est beaucoup, beaucoup plus dur. On se dit souvent « non, c'est pas possible, il en rajoute, là ». C'est bien sûr négliger jusqu'à quelles extrémités peut aller la dégueulasserie humaine. Extrait : « Retour au tombeau. Retour au silence, du moins au sien, car l’interdiction de parler ne signifie pas le silence. Il y avait le cliquètement des pattes des gros cafards sur les murs, le chuintement des scolopendres rampant sur le sol. Il y avait le ressac, le fracas des brisants s’abattant sur les rochers de la côte, qui montait jusque-là. Il y avait aussi, fréquemment, le martèlement des lourdes averses tropicales qui tambourinait sur le toit, parfois il se faisait assourdissant. Il y avait, enfin, les hurlements des aliénés enfermés à la troisième division cellulaire, un peu plus loin. Ils arrivaient jusqu’ici avec une acuité redoutable. Ces cris inhumains et ces rires déments – parfois ponctués des « Ta gueule ! » d’un gaffe excédé qui devait s’accompagner de seaux d’eau froide sur la tête du braillard – pouvaient à eux seuls faire vaciller la raison de ceux qui avaient encore un semblant de santé mentale. Lors de son séjour à Royale, Marcel avait entendu dire que, pour se venger d’un forçat qui avait essayé de se plaindre au directeur des manières de ses gardiens, on l’avait mis dans l’aile des fous ; il n’avait pas tardé à sombrer comme eux. » Les deux personnages principaux présentent des personnalités diamétralement opposées, Cognard étant sûr de lui et fort en gueule, Talhouarn (le prisonnier pour lequel le képi s'est pris d'amitié) étant aussi discret qu'inoffensif. Aussi bien au travers des excellents dialogues que de leurs agissements, ces personnages existent. Si Cognard est un humaniste, un vrai gars de gauche, c'est aussi un woke avant l'heure. Bon, je te le dis tout net, si c'est le genre de gendarme avec qui j'aurais bien bu quelques verres de pastaga, ses pompeux discours sur la tolérance, que tout-le-monde-il-est-beau-tout-le-monde-il-est-gentil m'ont parfois couru sur la prostate. Dix ans plus tôt, j'aurais crié au visionnaire, au modèle à suivre, mais usé comme je le suis par la propagande bisounours pro-tout de Netflix et d'autres ravis de la crèche, j'ai fini par en avoir ma claque des leçons de morale assénées par monsieur Léon. Remballez vos nobles idéaux, monsieur Quélard, qui parlez à travers lui : l'Homme est pourri jusqu'au trognon, et il le restera tant que la sélection naturelle n'aura pas décidé que le racisme, la violence et les superstitions sont des concepts dépassés. Extrait : « J’ai été gendarme, inspecteur à la mobile, puis prévôt aux armées. J’aimais servir la France. J’aime la France des Lumières, la France du serment du Jeu de paume, de l’abolition des privilèges et de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen. J’aime la France de l’abolition de l’esclavage, la France de la liberté de réunion et d’expression, la France de l’interdiction du travail des enfants, la France de l’école laïque, gratuite et obligatoire. J’aime la France de Victor Hugo et de Jean Jaurès, de Louis Pasteur et de Marie Curie. J’aime la France d’Edmond Rostand ! J’aime la France de la séparation de l’Église et de l’État, j’aime la France des poilus de Driant et du bois des Caures. J’aime beaucoup moins la France colonisatrice et impérialiste, je le confesse, tout comme celle de Fouché, de la Terreur et de la famille Bonaparte, et pas non plus la France de Nivelle et Mangin qui prisaient si peu le sang de leurs soldats. Mais la France du bagne de Saint-Laurent, des îles du Salut et de Biribi, vous voulez savoir ce qu’elle m’inspire ? Elle me fait honte. Elle m’humilie en tant que Français. « Comment avons-nous pu transformer un tel paradis en un tel enfer, commandant ? Je vous laisse méditer là-dessus, si d’aventure vous en avez les capacités. » Au final, l'auteur s'est servi de sa marotte, l'Histoire, pour proposer une grande histoire d'amitié et une ode à la liberté. Je veux pas dire, mais Pierre Lemaître a reçu le Goncourt pour avoir fait aussi bien que ça (libre au lecteur de ce retour de décider si Lemaître le méritait, moi je fais comme la Suisse, je me prononce pas).
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  • MarcelineBodier Posté le 23 Mars 2022
    Pourquoi lire Les incorrigibles ? Parce qu’une thématique transversale et forte du roman est celle de la puissance des mots, de la parole, de la littérature, et que cela ne pouvait que me toucher. ➡️Au bagne, les évadés sont protégés par les autres s’ils s’acquittent d’un prix : « raconter ».⠀ ➡️Quand Cognard essaye de sauver un voleur, c’est en se référant à Jean Valjean.⠀ ➡️Et quand il rencontre une femme, tout se débloque quand elle trouve comment qualifier le silence entre eux : « Rien ne mettait Cognard plus mal à l’aise que les histoires sans paroles. Seul le verbe lui permettait de manœuvrer, de tourner en dérision, de dédramatiser finalement, là où le silence le laissait désarmé. »⠀ Si vous êtes amateur de romans historiques, alors vous savez déjà qu’on peut faire confiance à Patrice Quélard pour ressusciter le passé, qu’il s’intéresse au Moyen-Age ou à la première guerre mondiale : quand il écrit un roman historique, on peut être certain que le cadre est impeccable et aussi fouillé que celui du Pierre Lemaître de Au revoir là-haut.⠀ ⠀ Cette fois, il s’est appuyé sur une abondante documentation sur la Guyane et les bagnes, où se déroule l’essentiel de l’intrigue : notamment, Au bagne... Pourquoi lire Les incorrigibles ? Parce qu’une thématique transversale et forte du roman est celle de la puissance des mots, de la parole, de la littérature, et que cela ne pouvait que me toucher. ➡️Au bagne, les évadés sont protégés par les autres s’ils s’acquittent d’un prix : « raconter ».⠀ ➡️Quand Cognard essaye de sauver un voleur, c’est en se référant à Jean Valjean.⠀ ➡️Et quand il rencontre une femme, tout se débloque quand elle trouve comment qualifier le silence entre eux : « Rien ne mettait Cognard plus mal à l’aise que les histoires sans paroles. Seul le verbe lui permettait de manœuvrer, de tourner en dérision, de dédramatiser finalement, là où le silence le laissait désarmé. »⠀ Si vous êtes amateur de romans historiques, alors vous savez déjà qu’on peut faire confiance à Patrice Quélard pour ressusciter le passé, qu’il s’intéresse au Moyen-Age ou à la première guerre mondiale : quand il écrit un roman historique, on peut être certain que le cadre est impeccable et aussi fouillé que celui du Pierre Lemaître de Au revoir là-haut.⠀ ⠀ Cette fois, il s’est appuyé sur une abondante documentation sur la Guyane et les bagnes, où se déroule l’essentiel de l’intrigue : notamment, Au bagne et L’homme qui s’évada (Adieu Cayenne) d’Albert Londres, qui avait rencontré lui-même plusieurs ex-bagnards dans les années 1920. Grâce à cela, il ressuscite littéralement les « incos », bagnards évadés plusieurs fois et emprisonnés dans le pire camp de Guyane.⠀ ⠀ Mais c’est aussi un roman qui porte les valeurs humanistes de son auteur. Les termes dans lesquels son personnage prône l’éloignement d’une civilisation qui a basculé il y a un siècle dans « la mort industrielle » résonnent particulièrement au moment où sort le livre, évidemment. Tout comme résonne l’idée qu’en Guyane, il a certes trouvé l’inhumanité du bagne, mais aussi la possibilité d’un « réel bonheur […] dans l’osmose avec la nature préservée »...
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  • Franckync Posté le 20 Mars 2022
    Titre : Les incorrigibles Auteur : Patrice Quélard Année : 2022 Éditeur : Plon Résumé : Été 1919, Léon Cognard est bloqué à Saint-Nazaire, dans l’attente d’un départ pour l’Amérique du Sud. Autour de lui, c’est le chaos. Les alliés rentrent dans leur pays, laissant derrière eux 600 millions de tonnes d’objets divers et parfois précieux. Avant d’embarquer, Léon se retrouve mêlé à une sombre histoire associant une révolution étrangère et le vol d’un train bourré d’explosifs. Et puis c’est le départ pour la Guyane, terre de bagne et de désolation. Là-bas, il découvre l’horreur du système carcéral métropolitain et fera tout pour améliorer le sort d’un condamné, un certain Talouharn, dont le destin funeste est intimement lié au sien. Mon humble avis : Huit mois. Huit mois sans écrire une chronique, ni un seul petit avis sur ce compte. Pourtant les lectures se sont succédé, souvent à un rythme effréné, sans jamais me donner l’envie d’y revenir. Pas facile, et surement un peu perturbant d’être passé de l’autre côté de la barrière… Et puis, Cognard, ce bon vieux Cognard qui repointe le bout de son nez. Vous le savez peut-être, je suis un grand fan de Patrice Quélard, cet auteur breton qui, en quelques... Titre : Les incorrigibles Auteur : Patrice Quélard Année : 2022 Éditeur : Plon Résumé : Été 1919, Léon Cognard est bloqué à Saint-Nazaire, dans l’attente d’un départ pour l’Amérique du Sud. Autour de lui, c’est le chaos. Les alliés rentrent dans leur pays, laissant derrière eux 600 millions de tonnes d’objets divers et parfois précieux. Avant d’embarquer, Léon se retrouve mêlé à une sombre histoire associant une révolution étrangère et le vol d’un train bourré d’explosifs. Et puis c’est le départ pour la Guyane, terre de bagne et de désolation. Là-bas, il découvre l’horreur du système carcéral métropolitain et fera tout pour améliorer le sort d’un condamné, un certain Talouharn, dont le destin funeste est intimement lié au sien. Mon humble avis : Huit mois. Huit mois sans écrire une chronique, ni un seul petit avis sur ce compte. Pourtant les lectures se sont succédé, souvent à un rythme effréné, sans jamais me donner l’envie d’y revenir. Pas facile, et surement un peu perturbant d’être passé de l’autre côté de la barrière… Et puis, Cognard, ce bon vieux Cognard qui repointe le bout de son nez. Vous le savez peut-être, je suis un grand fan de Patrice Quélard, cet auteur breton qui, en quelques années est passé de l’anonymat le plus complet aux honneurs des prix et des maisons prestigieuses. Je le savais, je le pressentais, j’en avais fais part au principal intéressé à l’époque et suis vraiment ravi de voir sa carrière s’envoler aujourd’hui. Pour ce qui est de ces incorrigibles, on y retrouve tout ce qui fait le talent de l’auteur : la précision historique, la distance, le sens du rythme, la bienveillance du propos. Ajouter à cela le bagne, qui, vous en conviendrez est un cadre particulièrement propice pour raconter de belles histoires, et vous obtiendrez un roman brillant, à l’image de tous les romans de Quélard. J‘achète ? : Depuis le temps que je vous le dis…
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  • Annicklecture Posté le 16 Mars 2022
    Après "Place aux immortels" où le lecteur rencontre Léon Cognard, officier de gendarmerie, un personnage haut en couleur, sur le Front de la Somme en 1915, nous partons ici en Guyane avec les condamnés à la pénitentiaire, et ce sera mon coup de cœur historique. Dans un premier temps nous sommes engloutis dans les méandres de ces prisons où la loi n'existe plus, où les condamnations sont exagérées et incompréhensibles tel le bagnard Marcel Talhouarn pour qui Cognard aura une obsession, celle de l'injustice ainsi de le sortir de cet engrenage. Dans un second temps Cognard va à la rencontre des forçats libérés, ceux-ci sont livrés à eux-mêmes sur ces îles, à nu. Ils ne peuvent rentrer sur le territoire français, forcés à rester et à mourir ici, c'est la seconde peine. Cognard ne restera pas insensible et la suite vous sera révélée en lisant ce récit. Il n'est pas nécessaire de lire le premier livre "Place aux immortels" mais je le conseille vivement car ce polar historique est atypique, dramatique, et le personnage de Cognard, bien trempé, nous amène sur des scènes parfois très drôles, un peu d'humour dans ces temps de guerre. Un personnage droit dans un monde de travers! L'écriture... Après "Place aux immortels" où le lecteur rencontre Léon Cognard, officier de gendarmerie, un personnage haut en couleur, sur le Front de la Somme en 1915, nous partons ici en Guyane avec les condamnés à la pénitentiaire, et ce sera mon coup de cœur historique. Dans un premier temps nous sommes engloutis dans les méandres de ces prisons où la loi n'existe plus, où les condamnations sont exagérées et incompréhensibles tel le bagnard Marcel Talhouarn pour qui Cognard aura une obsession, celle de l'injustice ainsi de le sortir de cet engrenage. Dans un second temps Cognard va à la rencontre des forçats libérés, ceux-ci sont livrés à eux-mêmes sur ces îles, à nu. Ils ne peuvent rentrer sur le territoire français, forcés à rester et à mourir ici, c'est la seconde peine. Cognard ne restera pas insensible et la suite vous sera révélée en lisant ce récit. Il n'est pas nécessaire de lire le premier livre "Place aux immortels" mais je le conseille vivement car ce polar historique est atypique, dramatique, et le personnage de Cognard, bien trempé, nous amène sur des scènes parfois très drôles, un peu d'humour dans ces temps de guerre. Un personnage droit dans un monde de travers! L'écriture de l'auteur est dans l'empathie, on s'attache aux personnages, aux lieux. Fort en documentations et recherches, c'est l'Histoire dans l'histoire qui est aussi intéressante et instructive. Je ne saurais que recommander les écrits de l'auteur, ce fut un immense plaisir de le lire à nouveau. Je remercie les éditions Plon. Merci à Patrice pour sa chouette dédicace.
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  • Mamy_Poppins Posté le 16 Mars 2022
    Comment rédiger une chronique qui rende justice à cet ouvrage ? Difficile... Je vais toutefois essayer, du mieux que je pourrai. Bien que la meilleure chronique serait encore de vous dire simplement : Lisez-le ! Faites-le circuler ! Parlez-en ! Patrice Quélard est un excellent écrivain, qu'il s'agisse de ses romans historiques (Fratricide, la série Catharsis, Place aux immortels) ou de ses recueils de nouvelles (Oppressions 1 et 2, Memento mori). D'une plume exigeante, riche, qui se savoure avec délices, il s'attaque aux aberrations dont l'humanité est spécialiste. Dans Les incorrigibles, nous retrouvons Léon Cognard, le Breton misanthrope et entêté de Place aux immortels. Après avoir arpenté avec lui les tranchées de la Grande Guerre, nous le suivons cette fois au bagne, après une étape à Saint-Nazaire. Cognard nous fait tout d'abord découvrir la gabégie hallucinante de ressources et de matériel américains à l'issue de la guerre, une gabégie orchestrée et soutenue par la corruption et la mauvaise organisation. Gabégie qui se renouvellera d'ailleurs à la fin du conflit suivant, notamment en Afrique du Nord. Dans le même temps, Patrice Quélard nous dévoile peu à peu l'enfer du bagne en Guyane, à travers l'histoire de... Comment rédiger une chronique qui rende justice à cet ouvrage ? Difficile... Je vais toutefois essayer, du mieux que je pourrai. Bien que la meilleure chronique serait encore de vous dire simplement : Lisez-le ! Faites-le circuler ! Parlez-en ! Patrice Quélard est un excellent écrivain, qu'il s'agisse de ses romans historiques (Fratricide, la série Catharsis, Place aux immortels) ou de ses recueils de nouvelles (Oppressions 1 et 2, Memento mori). D'une plume exigeante, riche, qui se savoure avec délices, il s'attaque aux aberrations dont l'humanité est spécialiste. Dans Les incorrigibles, nous retrouvons Léon Cognard, le Breton misanthrope et entêté de Place aux immortels. Après avoir arpenté avec lui les tranchées de la Grande Guerre, nous le suivons cette fois au bagne, après une étape à Saint-Nazaire. Cognard nous fait tout d'abord découvrir la gabégie hallucinante de ressources et de matériel américains à l'issue de la guerre, une gabégie orchestrée et soutenue par la corruption et la mauvaise organisation. Gabégie qui se renouvellera d'ailleurs à la fin du conflit suivant, notamment en Afrique du Nord. Dans le même temps, Patrice Quélard nous dévoile peu à peu l'enfer du bagne en Guyane, à travers l'histoire de Marcel et de ses compagnons. Même si le parallèle avec Papillon d'Henri Charrière est inévitable, on s'en détache très vite, grâce justement au personnage de Cognard. Libertaire sans illusions sur ses congénères, refusant toute forme d'affiliation politique (aussi alléchante soit-elle), préférant parler à son cheval ou à un singe qu'aux hommes, traqueur acharné de la vérité et de la justice, Cognard est l'archétype du lanceur d'alerte, du justicier, du simple quidam qui va jusqu'au bout de ses convictions. Même au risque de sa propre vie. Cultivé, drôle, acide, mais aussi timide et introverti, l'ancien gendarme habite les pages de sa présence forte et presque hypnotique. Il a tous les courages parce que finalement il ne croit pas à grand-chose, ne se fait aucune illusion sur l'humanité. Et, pourtant, on le sent habité de la solide conviction qu'un autre monde est possible. Il va se heurter de plein fouet aux abominations du bagne, des atrocités où le sadisme, la corruption et la souffrance préfigurent déjà les goulags de Staline et l'univers concentrationnaire nazi. Quel que soit le régime politique, l'Homme sait inventer des façons de faire le mal, de se débarrasser de ceux qu'il considère comme en trop dans la société. Comment ne pas être révolté du sort de ces dizaines de milliers d'hommes et femmes, envoyés dans un monde où l'arbitraire et l'absurde régnaient en maîtres, pour y crever plus ou moins vite, sans espoir d'une quelconque rédemption, d'un quelconque pardon ? Parfois pour de simples vétilles. Pris dans l'engrenage d'un système conçu pour les faire chuter et chuter encore, ils n'avaient aucune chance de s'en sortir. Sauf si quelqu'un leur tendait enfin la main. Comme Cognard ou le docteur Rousseau (qui a réellement existé). L'auteur met en scène une belle utopie, qui aurait pu exister si les voix s'élevant contre la bagne avaient été plus nombreuses. Avec l'humanisme profond qui sous-tend tous ses textes, Patrice Quélard choisit de nous donner à voir les magnifiques possibilités de l'Homme, sa capacité à inverser la tendance s'il le décide. Les incorrigibles est un roman poignant, qui vous attrape les tripes et qui crie au monde qu'un autre chemin est toujours préférable à celui de la guerre et de la répression cruelle. Un monde où l'on ne se battrait qu'à coups de bons mots et de littérature. Un message que les évènements actuels mettent encore plus en lumière. Si seulement l'humanité se décidait enfin à tirer des leçons du passé.
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