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Bouquins
EAN : 9782221240762
Façonnage normé : BROCHE
Nombre de pages : 256
Format : 130 x 205 mm
Nouveauté

Lettres à une jeune poétesse

Alexandre PATEAU (Traducteur), Jeanne WAGNER (Traducteur)
Date de parution : 25/03/2021
Après Lettres à un jeune poète, cette émouvante correspondance est une découverte majeure, riche de lumineuses leçons de vie
« Dans la vie, on n’éveille jamais assez souvent le sentiment du commencement en soi, et nul besoin pour cela d’un grand changement extérieur, car nous modifions le monde depuis notre cœur même, et si celui-ci veut bien être neuf et incommensurable, celui-là se présente alors comme au jour de... « Dans la vie, on n’éveille jamais assez souvent le sentiment du commencement en soi, et nul besoin pour cela d’un grand changement extérieur, car nous modifions le monde depuis notre cœur même, et si celui-ci veut bien être neuf et incommensurable, celui-là se présente alors comme au jour de sa création : infini. Si nous devions nous rencontrer un jour et pourquoi cela ne se réaliserait-il pas, vous réclamez que je vous raconte l’histoire d’un commencement nouveau qui se produisit durant une période de mon enfance des plus difficiles et en quelque sorte tout à fait désespérée. Que cela demeure une promesse entre nous. »
 
Cette émouvante correspondance avec la jeune Anita Forrer est une découverte majeure qui comblera tous les amoureux de l’œuvre de Rainer Maria Rilke. Rendu pour la première fois accessible en langue française, cet échange épistolaire, qui peut se lire comme le prolongement des Lettres à un jeune poète, ouvrit à Anita Forrer des espaces spirituels insoupçonnés et donna un sens nouveau à son existence. Rilke fut son guide et son confident, comme il l’avait été quinze ans plus tôt pour Franz Xaver Kappus. Les lectrices et lecteurs d’aujourd’hui puiseront à leur tour dans ce texte inédit de lumineuses leçons de vie.
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EAN : 9782221240762
Façonnage normé : BROCHE
Nombre de pages : 256
Format : 130 x 205 mm

Ce qu'en pensent nos lecteurs sur Babelio

  • Lavieestunlongfleuvetranquille Posté le 31 Mai 2021
    Avec beaucoup d’ironie dans le titre, la première éditrice (Magda Kerényi) de cette correspondance particulière entre un poète reconnu et une jeune bourgeoise suisse (Anita Forrer), intelligemment complétée avec cette nouvelle édition, fait référence a contrario avec le précédent ouvrage qui n’a rien à voir dans le contenu entre Rainer Maria Rilke et Franz Xaver Kappus « Lettres à un jeune poète ». En effet, et dès la première réponse à la première lettre adressée par la jeune femme, Rainer lui déconseille vivement de ne pas continuer dans la voie de la poésie et de se consacrer à la prose (ce qui est déjà sujet à discussion, puisque l’un peut aller avec l’autre, mais c’est un autre débat…). Cette relation épistolaire, qui ne se traduira que par deux brèves rencontres physiques est intéressante à plusieurs égards. Elle souligne, pour ceux qui auraient encore des doutes, l’extrême empathie d’un auteur immensément sensible, elle suggère l’avenir de cette femme hors normes pour son époque et, enfin, elle nous rappelle que notre monde a bien évolué. Bien que n’étant pas un fin connaisseur de ce grand poète, j’adore la partie de son œuvre déjà lu et la profondeur de ses réflexions comme la perception de... Avec beaucoup d’ironie dans le titre, la première éditrice (Magda Kerényi) de cette correspondance particulière entre un poète reconnu et une jeune bourgeoise suisse (Anita Forrer), intelligemment complétée avec cette nouvelle édition, fait référence a contrario avec le précédent ouvrage qui n’a rien à voir dans le contenu entre Rainer Maria Rilke et Franz Xaver Kappus « Lettres à un jeune poète ». En effet, et dès la première réponse à la première lettre adressée par la jeune femme, Rainer lui déconseille vivement de ne pas continuer dans la voie de la poésie et de se consacrer à la prose (ce qui est déjà sujet à discussion, puisque l’un peut aller avec l’autre, mais c’est un autre débat…). Cette relation épistolaire, qui ne se traduira que par deux brèves rencontres physiques est intéressante à plusieurs égards. Elle souligne, pour ceux qui auraient encore des doutes, l’extrême empathie d’un auteur immensément sensible, elle suggère l’avenir de cette femme hors normes pour son époque et, enfin, elle nous rappelle que notre monde a bien évolué. Bien que n’étant pas un fin connaisseur de ce grand poète, j’adore la partie de son œuvre déjà lu et la profondeur de ses réflexions comme la perception de sa sensibilité si exacerbée. Elle me bouleverse et me transporte vers des contrées lointaines comme, j’imagine, la plupart de ses lecteurs. Ce qui m’a plu dans cette correspondance tient en peu de mots : son empathie pour une jeune femme, visiblement très « fan » de l’écrivain déjà célèbre, et sa droiture dans le rôle que lui demande celle-ci afin de l’aider à construire sa vie. Pas d’ambiguïté dans les écrits, point de recherche de séduction entre homme et femme ou entre maître et élève, juste des réponses très humaines et pleine d’humanité, d’une part, et de détresse non feinte de l’autre, apportant une rare simplicité et finalement de saines solutions à ces rapports d’un autre siècle. Les lettres qu’Anita échangea avec Rainer furent, de son propre aveu, absolument déterminante dans sa trajectoire de vie et la formation de son être intérieur (p.240). Le maître qu’il est devenu, quant à lui, témoigne d’une ouverture d’esprit et d’une liberté inépuisables dans l’appréhension de la pensée et des sentiments d’autrui (p.237). Du reste, et bien qu’il soit difficile d’en attribuer les mérites à cette très courte période entre ces deux êtres si différents, la vie d’Anita fut, à bien des égards, exceptionnelle. Sa vie intime, marquée par une bisexualité affichée et mal vécue dans son milieu, ses choix professionnels artistiques et ses engagements pendant la guerre. Les lettres d’Anita nous montrent la métamorphose de la chrysalide en papillon, d’une écriture hésitante à de belles envolées, d’une hésitation sentimentale à l’acceptation de la vie, partiellement, et de l’approche de ses lectures suivant l’évolution de sa personnalité parfois bipolaire, passant d’une joie intense à de sombres moment, que Rilke essaie de contenir du mieux qu’il peut. Passé les quelques instants d’adaptation à cette politesse surannée d’un monde qui n’existe plus, il est évident de constater qu’il serait extrêmement difficile, aujourd’hui, de converser avec un auteur connu pour diverses raisons. Anita Forrer a eu une chance immense, et elle en était consciente jusqu’à la fin de sa vie. « Seul le poète a su réconcilier le monde qui en chacun de nous se décompose et meurt. Par ses vers inouïs c’est la Beauté qu’il fonde, mais en glorifiant sa peine très-profonde, il a rendu sa perte infiniment féconde : et même ce qui tue est encore demeure. » Baudelaire
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  • carolectrice Posté le 7 Mai 2021
    MASSE CRITIQUE BABELIO Les « Lettres à une jeune poétesse » de Rilke s’adressent à une jeune Suissesse, Anita Forrer, jeune femme à la personnalité tourmentée. Sa correspondance avec l’écrivain autrichien s’étendra de 1920 à 1926, date où il est emporté par une leucémie, et est davantage centrée sur les errances du coeur que sur la qualité de la plume de l’apprentie écrivain. Anita cherche plus à extérioriser ses sentiments, ses doutes sur ses relations, ses affres intérieurs, qu’elle n'attend une réponse du poète. Celui-ci pourtant, entre ses longs silences pendant lesquels il s’efforce de travailler, a des intuitions subtiles et donne des conseils avisés à la jeune femme, à laquelle il conseille par exemple de renouer avec une de ses amies intimes… « Depuis ce jour, j’ai compris que même le pire, le désespoir, n’est qu’une plénitude, un trop-plein d’être qu’il est possible de retourner en son contraire par une seule résolution du coeur, et là où quelque chose nous semble difficile et lourd, insoutenable, c’est que nous sommes déjà tout près de sa transformation. » « Détournez parfois un instant le regard de tout cela et demeurez tout entière près de quelque chose de simple, qui, indépendamment de tout état, réjouit assurément, qui réjouirait même un... MASSE CRITIQUE BABELIO Les « Lettres à une jeune poétesse » de Rilke s’adressent à une jeune Suissesse, Anita Forrer, jeune femme à la personnalité tourmentée. Sa correspondance avec l’écrivain autrichien s’étendra de 1920 à 1926, date où il est emporté par une leucémie, et est davantage centrée sur les errances du coeur que sur la qualité de la plume de l’apprentie écrivain. Anita cherche plus à extérioriser ses sentiments, ses doutes sur ses relations, ses affres intérieurs, qu’elle n'attend une réponse du poète. Celui-ci pourtant, entre ses longs silences pendant lesquels il s’efforce de travailler, a des intuitions subtiles et donne des conseils avisés à la jeune femme, à laquelle il conseille par exemple de renouer avec une de ses amies intimes… « Depuis ce jour, j’ai compris que même le pire, le désespoir, n’est qu’une plénitude, un trop-plein d’être qu’il est possible de retourner en son contraire par une seule résolution du coeur, et là où quelque chose nous semble difficile et lourd, insoutenable, c’est que nous sommes déjà tout près de sa transformation. » « Détournez parfois un instant le regard de tout cela et demeurez tout entière près de quelque chose de simple, qui, indépendamment de tout état, réjouit assurément, qui réjouirait même un mourant, un malade ou un prisonnier —, de telles choses d’une simplicité sublime, on en trouve en quantité dans la nature, chez soi. Cela aide parfois. » Si ces lettres contiennent de belles fulgurances, leur intérêt reste limité et leur contenu peu substantiel, on est en tout cas bien loin du chef-d’oeuvre que sont les « Lettres à un jeune poète ».
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  • DelD Posté le 3 Mai 2021
    Ce recueil épistolaire est une vraie belle découverte, grâce à la masse critique. Il est aisé de comprendre le choix du titre, assez accrocheur, mais il est inexact. En effet contrairement à Franz Kappus, il ne semble pas que la jeune Anita Forrer se soit sérieusement destinée à la poésie. Elle adresse bien au début de leur correspondance « quelques tentatives » à Rilke, mais ce dernier l’en dissuade immédiatement avec franchise « Vous feriez mieux de vous exercer à noter vos sentiments en prose ». Alors que la version de « Lettres à un jeune poète » qui proposait également les lettres de Kappus, présentait à ce titre un intérêt certain mais un peu anecdotique, les lettres d’Anita apportent un vrai plus à cet ouvrage. La jeune fille de 19 ans possédait une personnalité entière et bouillonnante et son style est à la fois enlevé et sensible, moins empesé que celui de Kappus. Rilke joue là encore un rôle de mentor, mais alors qu’il n’avait que 27 ans au début de sa correspondance avec Kappus, il a ici dépassé les 45 ans. On ressent une véritable affection entre les deux correspondants qui ne se sont cependant rencontrés que 2 fois.... Ce recueil épistolaire est une vraie belle découverte, grâce à la masse critique. Il est aisé de comprendre le choix du titre, assez accrocheur, mais il est inexact. En effet contrairement à Franz Kappus, il ne semble pas que la jeune Anita Forrer se soit sérieusement destinée à la poésie. Elle adresse bien au début de leur correspondance « quelques tentatives » à Rilke, mais ce dernier l’en dissuade immédiatement avec franchise « Vous feriez mieux de vous exercer à noter vos sentiments en prose ». Alors que la version de « Lettres à un jeune poète » qui proposait également les lettres de Kappus, présentait à ce titre un intérêt certain mais un peu anecdotique, les lettres d’Anita apportent un vrai plus à cet ouvrage. La jeune fille de 19 ans possédait une personnalité entière et bouillonnante et son style est à la fois enlevé et sensible, moins empesé que celui de Kappus. Rilke joue là encore un rôle de mentor, mais alors qu’il n’avait que 27 ans au début de sa correspondance avec Kappus, il a ici dépassé les 45 ans. On ressent une véritable affection entre les deux correspondants qui ne se sont cependant rencontrés que 2 fois. La jeune fille se cherche, elle se sent à l’étroit dans une famille pourtant aimante. Elle fait part par exemple à Rilke de ses premiers émois amoureux pour une autre jeune fille, et ce dernier lui répond avec beaucoup de bienveillance et sans préjugés. Rilke va ainsi l’accompagner, de 1920 à 1926, toujours avec beaucoup de délicatesse, en l’encourageant à se révéler à elle-même, à prendre sa vie en main mais sans l’influencer directement. Il lui suggère également des lectures, notamment Les Fleurs du Mal, lui offre plusieurs ouvrages. On sent que Rilke a évalué la psychologie de la jeune fille avec beaucoup de finesse. A l’issue de leur première rencontre (résumée en annexe du livre), au cours de laquelle elle est restée mutique, pétrifiée par le trac, il lui dira : « Anita, pourquoi faites-vous toujours deux pas en avant pour reculer de trois », ce qui perturbera profondément la jeune fille. La postface du livre nous apprend que cette dernière a finalement eu la vie riche et stimulante qu’elle appelait de ses vœux. Sans doute l’influence de Rilke l’y a-t-elle aidée.
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  • charlit21 Posté le 29 Avril 2021
    Le livre "Lettres à une jeune poétesse" est un recueil inédit de lettres entre le poète Rainer Maria Rilke, 45-50 ans, et une jeune fille dans la vingtaine, Anita Forrer. Une soixantaine de lettres échangées entre 1920 et 1926. Une édition allemande de ces lettres avait déjà paru il y a 40 ans, et cette édition française la réactualise. Dans cette édition justement, je trouve que les notes des traducteurs/rices, ou tout l'accompagnement éditorial, préface, postface, photos... participent directement de l'intérêt et du plaisir de lecture. Par ces notes, nous sommes avertis des trous dans la narration ("lettre perdue", extrait tiré du journal, etc). Il nous est proposé l'expérience de lecture d'un récit lacunaire, recomposé. ... un double récit en fait, deux narrations qui se croisent et dialoguent. Le livre se forme par assemblage des fragments... par le résultat du travail d'édition en fait, qui met bout à bout les deux côtés de l'échange, et comble - juste ce qu'il faut, point trop n'en faut - certains espaces qui apparaîtraient autrement comme des discontinuités. À ce titre, rarement l'importance du travail d'édition m'est apparu aussi clairement. Les notes d'accompagnement, pour anecdotiques qu'elles paraissent parfois, tapissent de bout en bout la toile de fond de ce... Le livre "Lettres à une jeune poétesse" est un recueil inédit de lettres entre le poète Rainer Maria Rilke, 45-50 ans, et une jeune fille dans la vingtaine, Anita Forrer. Une soixantaine de lettres échangées entre 1920 et 1926. Une édition allemande de ces lettres avait déjà paru il y a 40 ans, et cette édition française la réactualise. Dans cette édition justement, je trouve que les notes des traducteurs/rices, ou tout l'accompagnement éditorial, préface, postface, photos... participent directement de l'intérêt et du plaisir de lecture. Par ces notes, nous sommes avertis des trous dans la narration ("lettre perdue", extrait tiré du journal, etc). Il nous est proposé l'expérience de lecture d'un récit lacunaire, recomposé. ... un double récit en fait, deux narrations qui se croisent et dialoguent. Le livre se forme par assemblage des fragments... par le résultat du travail d'édition en fait, qui met bout à bout les deux côtés de l'échange, et comble - juste ce qu'il faut, point trop n'en faut - certains espaces qui apparaîtraient autrement comme des discontinuités. À ce titre, rarement l'importance du travail d'édition m'est apparu aussi clairement. Les notes d'accompagnement, pour anecdotiques qu'elles paraissent parfois, tapissent de bout en bout la toile de fond de ce "récit de leur relation". Déjà des explications sur leurs références communes (livres, personnes, lieux, etc). >> leur tissu d'existence partagée. Egalement, tout ce qui accompagne ces lettres, tous ces détails que les notes répertorient. Par exemple, telle lettre d'Anita était accompagnée d'un gâteau; telle autre lettre était accompagnée d'un livre; telle lettre d'"Anita" a voyagé de porte en porte avant de trouver "Rainer". >> Ces notes rendent les lettres vivantes, concrètes, elles les situent dans l'espace et dans le temps, elles les positionnent pour nous dans leurs boîtes aux lettres. Concernant ces lettres elles-mêmes, un petit mot. Ces "voix du passé", mortes et enterrées - et traitant parfois de problèmes concrets - ont joué, moderato cantabile, sur les cordes de ma mélancolie. Elles passent pour des parcelles de vie dans le néant (la voix d'Anita en particulier, qui "vibre" de son aspiration à vivre). Ici, plus qu'ailleurs, la nature épistolaire de l'échange provoque chez moi un trouble : les lettres ne sont pas ou peu des récits d'actions, elles sont, chacune, le récit d'une âme, une introspection, une ouverture à l'autre ; des lettres qui sont des parenthèses à la vraie vie, des minutes de pure partage, des alvéoles de sentiments, des respirations au pouls de l'autre. Même les détails de la vie concrète prennent une autre dimension, tels qu'ils sont racontés, sur le ton de l'aveu, ou de l'anecdote qui vise à faire sourire. Aussi, si je reviens au contenu des notes: les éléments concrets dont il y est question, le gâteau qui accompagne, la reconduction du courrier, etc., entourent ces échanges d'une auréole historico-romanesque. Il y a là, dans l'espace-temps ouvert par ces lettres, une zone de vie, historiquement datée, située quelque part à l'Est, il y a un siècle de nous. À tout prendre, je trouve dans ce recueil une sorte de mariage d'un échange épistolaire, raffiné et pleins d'esprit, et d'un récit (qui relève beaucoup du travail d'édition) à la fois historique dans les faits et romanesque pour l'imagination. Les notes du livre restent suffisamment succinctes, elles n'appesantissent pas la lecture. Elles laissent parfois des questions en suspens: que faisait Rilke exactement dans cette demeure à ce moment-là, à quoi occupait-il ses journées?... Qu'en est-il de la maladie de la mère d'Anita?... Cette présentation est bienvenue, pour les respirations qu'elle laisse à l'imagination. On peut louer le travail d'édition : les notes d'accompagnement donc ; les préfaces et postfaces aussi, où s'exprime l'implication enthousiaste des traducteurs-éditeurs français : Jeanne Wagner et Alexandre Pateau, le plaisir tangible qu'ils éprouvent à nous présenter le fruit de leur travail ; la mise en page des éditions Bouquins, aérée et confortable ; la reliure, à la couleur crème et au toucher agréables. Les fins de lettres sont toujours des formulations élégantes, charmantes, attentionnées. Ils ne cessent de se dire "Adieu pour aujourd'hui", très joliment dit? Ainsi Anita, P. 149 : "Acceptez, Rainer, ma gratitude en échange de toute votre bonté !" Ou Rainer, P. 114 : "Célébrez, chère Anita, un jour bon, un jour beau dans ses réalités, - beau dans toutes ses significations, et avant tout un jour qui donne à votre coeur tout l'espace d'être gai !" Merci à Masse Critique et aux Editions Bouquins pour cette découverte.
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  • Erik35 Posté le 29 Avril 2021
    ÉMOUVANTE CORRESPONDANCE D'UN MAÎTRE À SON ÉLÈVE. Longtemps durant, l'œuvre du poète Rainer Maria Rilke fut connue au public français non seulement par l'entremise de ses grands recueils de poèmes, peut-être un peu par le biais de son unique et étonnant roman, Les cahiers de Malte Laurids Brigge, (auquel il est régulièrement fait référence dans le présent ouvrage), mais, dans une très large mesure, c'est par un livre qu'il n'a jamais lui même directement composé ni ouvertement souhaité que la postérité de cet immense poète autrichien né à Prague s'est faite chez nous, les fameuses Lettres à un jeune poète.  C'est oublier un peu vite plusieurs éléments : que celles-ci avaient été envoyées à un "apprenti poète" sans volonté première de "faire œuvre". Qu'elles sont le reflet d'un poète à la reconnaissance pas encore aussi affirmée que celui qui écrira plus tard à la jeune Anita Forrer, puisqu'elles furent rédigées entre 1903 et 1908. À cette époque-là, les "grands" recueils déjà écrits par Rilke sont surtout Le livre d'image (1899) et, plus encore, La Chanson de l'amour et de la mort du cornette Christophe Rilke (1904) et son magnifique Livre des Heures (1905). Cela n'ôte rien aux qualités intrinsèques de cette série de dix lettres adressées à... ÉMOUVANTE CORRESPONDANCE D'UN MAÎTRE À SON ÉLÈVE. Longtemps durant, l'œuvre du poète Rainer Maria Rilke fut connue au public français non seulement par l'entremise de ses grands recueils de poèmes, peut-être un peu par le biais de son unique et étonnant roman, Les cahiers de Malte Laurids Brigge, (auquel il est régulièrement fait référence dans le présent ouvrage), mais, dans une très large mesure, c'est par un livre qu'il n'a jamais lui même directement composé ni ouvertement souhaité que la postérité de cet immense poète autrichien né à Prague s'est faite chez nous, les fameuses Lettres à un jeune poète.  C'est oublier un peu vite plusieurs éléments : que celles-ci avaient été envoyées à un "apprenti poète" sans volonté première de "faire œuvre". Qu'elles sont le reflet d'un poète à la reconnaissance pas encore aussi affirmée que celui qui écrira plus tard à la jeune Anita Forrer, puisqu'elles furent rédigées entre 1903 et 1908. À cette époque-là, les "grands" recueils déjà écrits par Rilke sont surtout Le livre d'image (1899) et, plus encore, La Chanson de l'amour et de la mort du cornette Christophe Rilke (1904) et son magnifique Livre des Heures (1905). Cela n'ôte rien aux qualités intrinsèques de cette série de dix lettres adressées à son compatriote Franz Xaver Kappus ni à ses "leçons" d'esthétique ou de vie, mais ce que les éditions Bouquins, par l'intercession d'une Masse Critique spéciale organisé par notre site de lecture en ligne préféré, Babelio.com mettent en évidence en traduisant pour la première fois en français ces Lettres à une jeune poétesse, c'est que des correspondances - sauf volonté expresse, et de leur vivant, par leurs deux auteurs - ne sont pas autre chose que des échanges ponctuels, dispersés dans le temps, plus ou moins intimes et inégalement riche d'intentions, d'envie, de projection - cela dépend bien évidemment de leurs auteurs - entre deux personnes.  Mais entrons dans le vif du sujet. Nous sommes au début de l'année 1920 en Suisse où Rilke réside depuis peu (mais désormais, jusqu'à ces derniers jours en 1926). Une jeune femme de la bourgeoisie en vue de la ville universitaire de Saint-Gall, Anita Forrer, alors âgée de dix-neuf ans, venait de voir et d'entendre le poète à l'occasion d'une série de lectures qu'il avait données en septembre de l'année précédente. Avec la maladresse sincère et enthousiaste propre aux "fans" qui se décident enfin à approcher leur idole, Anita finit donc par se décider à écrire à Rilke, même si cette première missive ne se voulait «rien d'autre que [lui] montrer l'émotion profonde d'une jeune fille qui aime [ses] œuvres.» Divine surprise, Rilke répondra à cette lettre qui ne demandait expressément aucune réponse, faisant d'elle une sorte d'élue. Suite à cette manière de malentendu miraculeux, s'ensuivirent six années d'un bien étonnant échange épistolaire au cours duquel la jeune femme avoua très vite à son "maître" s'adonner à l'art difficile du poème ainsi que du recueil de pensées diariste. Rilke, avec une forme intransigeante de brutalité douce la dissuada presque immédiatement de poursuivre dans la première direction tandis qu'il lui conseilla tout aussi tendrement et sincèrement d'approfondir cet autre forme d'écriture - le journal intime - pour laquelle il lui semblait qu'elle était bien plus elle-même, bien plus vraie, bien plus douée. Très vite, tant dans l'existence d'Anita Forrer que dans leurs échanges, cessent ces références à la poésie ainsi qu'au désir d'entrer en écriture (ce qui différencie, entre autres choses, ces lettres de celles que l'auteur des Elégies de Duino entretint avec le jeune Kappus, et qui nous font estimer le titre retenu pour ces correspondances un rien racoleur - c'est aussi celui de l'édition originale allemande -, même si tout autre titre eût été difficile à choisir. Ce sera notre seul remarque négative à ce très bel ouvrage). Tout aussi rapidement, en revanche, s'installe une étrange mais parfaitement voulue relation de maître à élève, un échange se portant bien plus sur l'existence que sur l'écriture ou l'esthétique, même si les livres, et en particulier ceux de Rainer Maria Rilke (les Cahiers en tête, comme un Leitmotiv), sont abondamment cités et présents au fil de ces très belles pages. Ces derniers n'interviennent alors bien souvent que comme matière à exemples, comme modèles de chemins intérieurs à suivre ou à ne pas suivre, comme possibles sources de réflexion intimes, d'avancées personnelles, de motifs d'espoir, d'ouverture au monde et de compréhension de celui-ci, beaucoup plus que comme relation strictement esthétisante d'un lecteur à un autre. On y lira cependant l'importance d'un Francis Jammes (le poète "mystère" mentionné sans le nommer dans les Cahiers), d'un Charles Baudelaire (cadeau d'anniversaire un rien subversif du maître à son élève, véritable appel à l'indépendance d'esprit et à la liberté d'être), d'un Jens Peter Jacobsen (écrivain préféré de Rilke), d'un Valéry Larbaud... On y découvre aussi - avant tout, peut-être - une jeune femme en pleine rébellion intérieure, passablement déprimée, pour ne pas écrire dépressive, en tout cas à fleur de peau, et cherchant, sans bien savoir comment, à s'affranchir de sa condition, à son destin tout tracé, à s'extraire, mais en cherchant à ne pas mettre à mal ceux qu'elle aime (qui ne la comprennent d'évidence pas), de cette prison dorée, familiale et sociale. Pour une part, Rilke saura lui ouvrir la voie, lui donnant des armes pour apprendre à vivre ; il saura même la mettre en garde à l'encontre de fausses solutions. Celle proposée, par exemple, par des théosophes qui l'avaient invitée à l'une de leur réunion. Celle encore de l'Amour, ou supposé tel, qui trouvera un temps sa solution en des fiançailles qui n'aboutiront jamais. Pour une autre part, on sent le poète presque désemparé par certaines questions, certaines attentes, certaines douces colères de cette femme à l'aurore de sa vie (celles concernant ses parents, entre autres choses), qui va d'ailleurs se mettre brutalement en retrait de cette correspondance qui ne sera plus, désormais (à la suite de l'une des deux seules rencontres, manquée, d'Anita et de Rainer, en 1923), qu'un long monologue sans aucune réponse, malgré le caractère empressé des lignes que la jeune femme envoie à son "maître". L'un des derniers mots, terrible, de l'autrichien sera de dire à sa correspondante tandis qu'il la raccompagnait à la gare à la fin de cette rencontre affreusement décevante : «Anita, pourquoi faites-vous toujours deux pas en avant pour reculer de trois ?» Mots auxquels Anita répondit, bien involontairement sans doute, par ceux-ci à l'occasion de leur seconde et ultime entrevue, tandis qu'il ne lui avait pas répondu une seule fois en trois ans ; des mots encore plus dramatiques, encore plus émouvants avec le recul, Rilke décédant d'une leucémie seulement quelques mois plus tard : «Comment avez-vous pu me faire ça ?» Et Rilke de répondre, « quel terrible malentendu». Mais quel passionnant, quel enthousiasmant malentendu, proposé à notre lecture près d'un siècle plus tard ! L'édition qui nous est proposée ici, constituée d'une soixantaine de lettres - certaines très brèves, d'autres tenant sur plusieurs feuillets ; d'autres encore n'existant plus qu'à l'état de résumés ou d'extraits restitués par le journal intime d'Anita - permet tout autant d'en découvrir plus sur l'auteur des Sonnets à Orphée - une autre de ses œuvres majeures - que sur l'existence de cette femme de la bonne société du début des années 1920, des carcans étouffants dans lesquels l'une d'entre elles eut à se débattre afin d'en sortir dignement et surtout librement. La suite de l'existence d'Antia Forrer en atteste indubitablement. De ces rares et beaux échanges avec l'un des plus grands poètes du XXème siècle, elle sut faire œuvre existentielle intime, la vieille dame qu'elle devint (elle eut une belle et longue vie, s'éteignant très âgée au début des années 80) n'oubliant en effet jamais les conseils et les mots de son ancien maître.  On notera aussi la richesse des notes, souvent agrémentées d'extraits d'autres correspondances de Rilke venant éclairer celle-ci, ainsi que le patient travail de présentation et de traduction de Jeanne Wagner et d'Alexandre Pateau. Notons, enfin, que l'ouvrage est agrémenté de documents iconographiques particulièrement enrichissants pour l'ensemble de ce recueil. Un bien bel ouvrage pour lequel nous tenons, une fois de plus, à remercier les éditions Bouquins de nous l'avoir fait parvenir gracieusement. 
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