Lisez! icon: Search engine
Archipoche
EAN : 9782352873051
Façonnage normé : EPUB3
Nombre de pages : 453
DRM : Watermark (Tatouage numérique)

Les mystères d'Udolpho

Marcel Schneider (préface de), Victorine de Chastenay (traduit par)
Date de parution : 01/04/2012
L'héroïne, Emilie Saint Aubert, affronte de nombreux malheurs dès son plus jeune âge : la perte de ses parents, le remariage de sa tante, sa tutrice, avec un riche et mystérieux Italien.Udolfo, le sombre château dans lequel Emilie est retenue prisonnière par l'Italien machiavélique, représente toutes les craintes de la... L'héroïne, Emilie Saint Aubert, affronte de nombreux malheurs dès son plus jeune âge : la perte de ses parents, le remariage de sa tante, sa tutrice, avec un riche et mystérieux Italien.Udolfo, le sombre château dans lequel Emilie est retenue prisonnière par l'Italien machiavélique, représente toutes les craintes de la jeune fille (et du lecteur). Ce lieu, qui deviendra le symbole de la littérature gothique, est construit, dès ce roman précurseur, comme un labyrinthe menaçant où les esprits se perdent. Les couloirs qu'Emilie arpente la nuit sont-ils aussi déserts qu'ils n'y paraissent ?Sous la menace de la torture et de la séquestration, Emilie s'apprête à faire la rencontre douloureuse du surnaturel, mais aussi celle de la vérité, perdue dans l'étourdissement de l'illusion et des apparences.
Lire la suite
En lire moins
EAN : 9782352873051
Façonnage normé : EPUB3
Nombre de pages : 453
DRM : Watermark (Tatouage numérique)

Ce qu'en pensent nos lecteurs sur Babelio

  • oiseaulire Posté le 5 Août 2021
    "Les mystères du château d'Udolphe" est un roman gothique écrit en 1794 par Ann Radcliffe et traduit en français en 1797 par Victorine de Chastenay. Pour avoir perdu son père, la jeune héroïne Emilie est brutalement arrachée au paradis terrestre, constitué par la demeure familiale près de Toulouse où s'est épanouie son enfance, et séparée en même temps de l'homme qu'elle aime. Elle est confiée aux "bons soins" de sa tante, femme sèche et frivole qui contracte par orgueil un désastreux mariage qui les met toutes deux à la merci d'un être malfaisant et cruel. Les deux femmes sont isolées dans un château hanté des Appenins accolé à une montagne cernée par le brouillard. Le style de la traduction est délicieux, dans la pure tradition du 18 ème siècle. Mais les trop nombreux rebondissements ont fini par me lasser. Tant d'aventures et de frénétiques agitations pour évoquer le huis-clos, le chantage et les secrets de famille m'ont paru superflues. J'aurais préféré plus de simplicité et moins de longueurs exprimant le désarroi de la jeune fille, dont on a compris dès le début l'atroce état de dépendance dans laquelle son sexe la plongeait ; Ann Radcliffe l'illustre de toutes les façons possible :... "Les mystères du château d'Udolphe" est un roman gothique écrit en 1794 par Ann Radcliffe et traduit en français en 1797 par Victorine de Chastenay. Pour avoir perdu son père, la jeune héroïne Emilie est brutalement arrachée au paradis terrestre, constitué par la demeure familiale près de Toulouse où s'est épanouie son enfance, et séparée en même temps de l'homme qu'elle aime. Elle est confiée aux "bons soins" de sa tante, femme sèche et frivole qui contracte par orgueil un désastreux mariage qui les met toutes deux à la merci d'un être malfaisant et cruel. Les deux femmes sont isolées dans un château hanté des Appenins accolé à une montagne cernée par le brouillard. Le style de la traduction est délicieux, dans la pure tradition du 18 ème siècle. Mais les trop nombreux rebondissements ont fini par me lasser. Tant d'aventures et de frénétiques agitations pour évoquer le huis-clos, le chantage et les secrets de famille m'ont paru superflues. J'aurais préféré plus de simplicité et moins de longueurs exprimant le désarroi de la jeune fille, dont on a compris dès le début l'atroce état de dépendance dans laquelle son sexe la plongeait ; Ann Radcliffe l'illustre de toutes les façons possible : naître femme n'était pas un sort enviable. Ce roman envoûtant par le charme du style est un peu long : il aurait pu être élagué d'un bon tiers sans dommage. Il n'en reste pas moins qu'il s'agit là d'un genre littéraire qui a ses amateurs et que je ne prétends pas remettre en cause.
    Lire la suite
    En lire moins
  • ElBaathory Posté le 7 Juillet 2021
    La première fois que j’entendis le nom d’Ann Radcliffe fut de la plume de Jane Austen et son roman L’Abbaye de Northanger, que je meurs d’envie de relire après coup. En effet celle-ci semblait avoir fortement marqué et influencer notre auteure à tel point que cette dernière a parodié ouvertement son œuvre à travers la sienne. Je n’avais qu’une envie depuis, me plonger à nouveau au cœur de Les Mystères d’Udolpho et bien que cette lecture ne s’est pas dévoilée frissonnante, je ne peux nier être épaté par la noirceur de son univers. Véritablement, ce sont les ténèbres que nous ouvre Ann Radcliffe. Étrangement et paradoxalement, cette dernière prend le temps de construire son récit avant de plonger son lectorat dans les abysses de son œuvre. Ainsi, les premiers chapitres m’ont fortement étonné par leur dimension chaleureuse et enthousiasme, à la limite du bucolique. J’ai vraiment été fasciné par cette construction détaillée et méticuleusement travaillée, offrant un contraste totalement détonnant et épatant. Il faudra atteindre un bon tiers du récit pour atteindre la brume et ses ténèbres. Fort heureusement et une fois dans la tourmente, l’auteure est parvenue à maintenir mon intérêt grâce à sa plume habile et ingénieuse. Cependant et... La première fois que j’entendis le nom d’Ann Radcliffe fut de la plume de Jane Austen et son roman L’Abbaye de Northanger, que je meurs d’envie de relire après coup. En effet celle-ci semblait avoir fortement marqué et influencer notre auteure à tel point que cette dernière a parodié ouvertement son œuvre à travers la sienne. Je n’avais qu’une envie depuis, me plonger à nouveau au cœur de Les Mystères d’Udolpho et bien que cette lecture ne s’est pas dévoilée frissonnante, je ne peux nier être épaté par la noirceur de son univers. Véritablement, ce sont les ténèbres que nous ouvre Ann Radcliffe. Étrangement et paradoxalement, cette dernière prend le temps de construire son récit avant de plonger son lectorat dans les abysses de son œuvre. Ainsi, les premiers chapitres m’ont fortement étonné par leur dimension chaleureuse et enthousiasme, à la limite du bucolique. J’ai vraiment été fasciné par cette construction détaillée et méticuleusement travaillée, offrant un contraste totalement détonnant et épatant. Il faudra atteindre un bon tiers du récit pour atteindre la brume et ses ténèbres. Fort heureusement et une fois dans la tourmente, l’auteure est parvenue à maintenir mon intérêt grâce à sa plume habile et ingénieuse. Cependant et autant vous prévenir directement, si vous pensez lire quelque chose de frissonnant et de frémissant vous serez quelque peu déçu. En effet, Ann Radcliffe manie avec dextérité et efficacité l’art de la subtilité et des non-dits. Rien n’est totalement dévoilé et démontré. Ainsi, les nombreux mystères et autres superstitions présentées se dévoilent avec une finesse et une pudeur maitrisées. C’est pourquoi, c’est avant tout notre imagination qui est sollicitée et cela permet à cette dernière la mise en place d’une atmosphère dérangeante et oppressante. J’ai vraiment adoré cette ambiance pesante qui pèse sur ce récit et même si je n’ai pas eu peur à proprement parler, je ne me suis pas totalement senti en sécurité au sein des lieux présentés par cette dernière et je me suis totalement imprégné de celle-ci. Il faut dire que l’obscurité prime et se dévoile l’élément central de chaque lieux et autres paysages décrits. Chaque décor est enseveli sous l’opacité et qu’il s’agisse d’un simple chemin de campagne ou d’une pièce du château, aucun endroit n’est parfaitement éclairé. Cette mise en scène permet à l’auteure d’installer un sentiment de confusion important à son lecteur, rendant encore plus mystérieuse son intrigue. Pour autant et malgré ce manque de clarté volontaire, je peux vous assurer qu’Ann Radcliff détient une plume magnifique et pleine de lumière à lire. Friand de descriptions, j’ai été plus que servi grâce à cette dernière qui m’a offert de lire et d’imaginer d’incroyables et somptueux paysages, me faisant voyager de la France à l’Italie. J’ai vraiment été conquis par chacun des moindres détails qu’elle apporte au cadre de son récit. Bien entendu, j’ai aussi fortement apprécié l’histoire de ce roman aussi romantique, qu’angoissante. Là aussi, j’ai été agréablement surpris par cette dimension sentimentale fortement présente tout du long qui apporte de nouveau un contraste saisissant avec la noirceur de ce roman. Cependant, ne dit-on pas que de l’amour à la haine il n’y a qu’un pas ? Cette phrase pourrait en quelque sorte résumer cette aventure palpitante que je vous laisse découvrir par vous-même. Quant aux personnages dévoilés, il s’agit d’un sans faute et malgré certains clichés, j’ai adoré les découvrir. A commencer par notre héroïne, Émilie. Cette jeune femme, élevée dans l’amour et la bienfaisance de ses parents se voit devenir orpheline et livrée à sa tante comme le souhaitait son défunt père. Alors que cette dernière brillait par son épanouissement et par sa splendeur, périra au gré des chapitres et face à l’incapacité du lecteur. J’ai fortement apprécié cette déchéance et ce sentiment d’impuissance qui ne m’a pas quitté un seul instant au cours de cette lecture. Cette vulnérabilité ainsi que la fragilité d’Emilie m’ont permis de fortement m’attacher à celle-ci et de se dévoiler totalement emphatique. De plus, notre protagoniste ne cessera de s’enfoncer dans les ténèbres et seul l’amour qu’elle porte à Valancourt lui offrira quelque instant de lumière et de réconfort. Par ailleurs et bien que peu présent, j’ai apprécié ce voyageur, amoureux de la nature et plein de bons sentiments. Néanmoins, le second personnage qui m’a fait fort bonne impression n’est autre qu’Annette, la femme de chambre et l’amie de notre héroïne. C’est à travers ce protagoniste qu’Ann Radcliffe apporte une dimension ésotérique et mystérieuse à son œuvre. En effet, cette dernière ne cessera d’alimenter ce roman d’étranges rumeurs et autres secrets et superstitions. J’ai pris plaisir à lire chacune de ses interventions et je dois avouer qu’Annette permet aussi quelques moments d’accalmie salvateurs grâce à la gaité et la clarté qui émanent de celle-ci. Beaucoup d’autres protagonistes peuplent Les Mystères d’Udolpho mais je ne les ai pas tant apprécié à cause de quelques stéréotypes les concernant. Ainsi Montoni, le geôlier et nouveau tuteur d’Emilie n’est autre que le méchant de l’histoire et j’aurais apprécié qu’il se démontre un peu plus nuancé et moins schématique. Néanmoins, ce premier roman gothique est une véritable surprise. J’ai adoré ce voyage au cœur des ténèbres où subtilité et non-dits riment avec mystères et superstitions, dans lequel le style d’Ann Radcliff se dévoilent habile et travaillé. Ainsi, cette dernière est parvenue avec aisance à créer une ambiance pesante et angoissante dont j’ai fortement apprécié m’imprégner, contrastant fortement avec le charme de sa plume.
    Lire la suite
    En lire moins
  • Nitocris2021 Posté le 17 Juin 2021
    Roman gothique mythique, ce livre m'a un peu déçue par la longueur de ses descriptions et une certaine lenteur dans l'action. L'héroïne n'inspire pas toujours une grande empathie et l'intrigue sentimentale est un peu fade. Néanmoins ce livre présente quand même un grand intérêt puisqu'il est quasiment le premier du genre.
  • Okenwillow Posté le 1 Octobre 2020
    Ann Radcliffe a marqué son temps, et en a inspiré plus d'un, et pas des moindres. J'ai vite été happée par son récit, au style désuet mais délicat. Le langage de Victorine de Chastenay, la traductrice de l'époque, est d'un grand raffinement. Elle nous restitue à merveille une nature encore relativement sauvage. Les mystères d'Udolphe qu'on nous promet dès le titre se font attendre, et la première partie, assez longue, est tout sauf sombre. L'auteur décrit le sud de la France avec beaucoup de poésie, on s'imbibe de l'atmosphère bucolique de la Gascogne, et des paysages verdoyants des Pyrénées, nous voyageons de Toulouse à Venise, en passant par d'inattendus (de la part d'une anglaise du XVIIIème siècle) villages comme Collioure ou Leucate. Finalement, après de tristes péripéties et quelques débuts de mystères rapidement mais subtilement évoqués, on suit l'héroïne dans un enchainement de déboires et de mésaventures. Peu à peu d'étranges faits et événements non expliqués ponctuent l'intrigue et attisent l'imagination des plus crédules. Le personnage d'Émilie est soumis à diverses pressions. Les deuils, l'amour, le devoir, la soumission, et la dépendance seront son lot au fil des pages, de son pays natal à l'Italie. Les amours contrariées, les demoiselles... Ann Radcliffe a marqué son temps, et en a inspiré plus d'un, et pas des moindres. J'ai vite été happée par son récit, au style désuet mais délicat. Le langage de Victorine de Chastenay, la traductrice de l'époque, est d'un grand raffinement. Elle nous restitue à merveille une nature encore relativement sauvage. Les mystères d'Udolphe qu'on nous promet dès le titre se font attendre, et la première partie, assez longue, est tout sauf sombre. L'auteur décrit le sud de la France avec beaucoup de poésie, on s'imbibe de l'atmosphère bucolique de la Gascogne, et des paysages verdoyants des Pyrénées, nous voyageons de Toulouse à Venise, en passant par d'inattendus (de la part d'une anglaise du XVIIIème siècle) villages comme Collioure ou Leucate. Finalement, après de tristes péripéties et quelques débuts de mystères rapidement mais subtilement évoqués, on suit l'héroïne dans un enchainement de déboires et de mésaventures. Peu à peu d'étranges faits et événements non expliqués ponctuent l'intrigue et attisent l'imagination des plus crédules. Le personnage d'Émilie est soumis à diverses pressions. Les deuils, l'amour, le devoir, la soumission, et la dépendance seront son lot au fil des pages, de son pays natal à l'Italie. Les amours contrariées, les demoiselles abandonnées, les tyranniques coureurs de dot, les contrebandiers, les mercenaires, les châteaux lugubres et les phénomènes inexpliqués composent un roman foisonnant aux rebondissements multiples. Les malentendus et les idées préconçues ont la part belle. Si les personnages cèdent à la superstition et aux frayeurs ancestrales, le lecteur n'en est pas loin non plus. Émilie, jeune fille fort instruite et cultivée, apparait tout d'abord comme étant d'une nature rationnelle et réfléchie, puis se met elle-même à douter dans ses moments de fatigue et de faiblesse. L'obscurité est omniprésente, l'héroïne déambule dans un château froid et immense, ou les ténèbres règnent. On ne finit par voir que ce que l'on craint de voir. L'imaginaire prend le dessus sur les faits, et, à défaut d'explication, on se rabat sur des croyances populaires, entretenues par l'ignorance et la peur. Les éléments fantastiques du roman n'en sont pas vraiment. Ils participent à une ambiance sinistre mais trouvent une explication bien terre à terre.Plusieurs événements sans rapport entre eux trouvent une explication non seulement rationnelle, mais un lien demeuré impénétrable jusqu'à la fin du livre. Toutefois, après un engouement sans borne pendant les deux tiers du livre, j'avoue avoir trouvé certains passages assez longs, avec bon nombre de répétitions. On pleure beaucoup, on s'évanouit souvent. On pourra trouver Émilie plutôt pénible avec sa faiblesse de jeune fille naïve, son innocence maladive. Ses émois à répétitions, que de nos jours nous appellerions vulgairement des douches froides, font souvent craindre pour sa santé mentale. Tout au long du récit Émilie est présentée comme une victime, ballotée par les événements et les tragédies, qui n'obéit qu'à son devoir et à la bienséance au mépris de ses sentiments. Néanmoins, on pourra admirer la moralité de l'auteur, qui au bout du compte vante les mérites d'une vie simple et modeste, d'une existence proche de la nature et des hommes. Les richesses ne sont rien si elles ne servent pas à aider notre prochain, moins chanceux. Notre destin nous appartient, il ne tient qu'à nous de voir au-delà des apparences, des richesses prétendues comme telles, pour ne voir que l'essentiel et trouver notre vrai bonheur. Au bout du compte, un roman qui se dévore, et malgré quelques grosses ficelles, certaines menues énigmes perdurent jusqu'au dénouement, ce qui rend le suspens hasardeux et pas aussi puissant qu'il aurait pu l'être. Un roman aux intrigues multiples, à l'ambiance certes sombre et inquiétante, mais finalement pas si noir que ça pour un lecteur du XXIème siècle.
    Lire la suite
    En lire moins
  • PrinceEndymion Posté le 16 Mars 2019
    Voici sans aucun doute l'épitomé du roman gothique. C'est en 1794 que sont publiés Les mystères d'Udolphe de la talentueuse Ann Radcliffe. A cette époque, elle n'est pas le premier auteur à se tourner vers des sources d'inspiration médiévale comme l'architecture religieuse, le classicisme, ainsi que le style Renaissance. Au XVIIIe siècle, l'Angleterre est fascinée par les vestiges issus de l'époque médiévale. le mouvement gothique est avant tout une esthétique qui prône la recherche de sensations ténébreuses, inquiétantes voire menaçantes: les châteaux en ruines, les vieux cloîtres, les monastères, les abbayes à l'abandon et les cimetières subjuguent les Anglais pour lesquels ils évoquent des catacombes, des passages secrets et des labyrinthes. le gothique éveille des sentiments tels que la mélancolie (au sens littéral du terme, c'est-à-dire des idées noires), l'anxiété, l'effroi et l'épouvante. Il s'inspire de poètes comme Milton et de son célèbre poème, Paradise Lost, lequel se caractérisait déjà par la noirceur de son thème. le surnaturel et l'onirisme occupent une place non négligeable dans les romans gothiques (les rêves prémonitoires, les maléfices ainsi que les amulettes et autres talismans sont très présents). Les Mystères d'Udophe est un roman qui abrite à lui seul la quintessence de l'esthétique gothique:... Voici sans aucun doute l'épitomé du roman gothique. C'est en 1794 que sont publiés Les mystères d'Udolphe de la talentueuse Ann Radcliffe. A cette époque, elle n'est pas le premier auteur à se tourner vers des sources d'inspiration médiévale comme l'architecture religieuse, le classicisme, ainsi que le style Renaissance. Au XVIIIe siècle, l'Angleterre est fascinée par les vestiges issus de l'époque médiévale. le mouvement gothique est avant tout une esthétique qui prône la recherche de sensations ténébreuses, inquiétantes voire menaçantes: les châteaux en ruines, les vieux cloîtres, les monastères, les abbayes à l'abandon et les cimetières subjuguent les Anglais pour lesquels ils évoquent des catacombes, des passages secrets et des labyrinthes. le gothique éveille des sentiments tels que la mélancolie (au sens littéral du terme, c'est-à-dire des idées noires), l'anxiété, l'effroi et l'épouvante. Il s'inspire de poètes comme Milton et de son célèbre poème, Paradise Lost, lequel se caractérisait déjà par la noirceur de son thème. le surnaturel et l'onirisme occupent une place non négligeable dans les romans gothiques (les rêves prémonitoires, les maléfices ainsi que les amulettes et autres talismans sont très présents). Les Mystères d'Udophe est un roman qui abrite à lui seul la quintessence de l'esthétique gothique: au début de l'oeuvre, nous découvrons Émilie Saint Aubert, jeune héroïne ingénue et inexpérimentée cheminant aux côtés de son père. Au cours d'un voyage pour gagner le Roussillon, le père d'Émilie meurt, laissant sa fille orpheline. Elle est recueillie par sa tante, Mme Chéron (ce personnage aurait très bien pu servir de modèle à Charlotte Brontë pour concevoir le personnages de Mrs Reed, l'impitoyable tante de la narratrice dans Jane Eyre), femme orgueilleuse et malveillante. Commence alors un long calvaire pour Émilie qui ne se remet pas de la perte de son père, et qui doit céder aux caprices de sa tante qui ne manque jamais une occasion de la rudoyer. Un jour, Mme Chéron fait la connaissance d'un aristocrate italien, le signor Montoni dont elle s'entiche aussitôt, et qu'elle épouse en catimini. Émilie s'alarme de la décision inconsidérée de sa tante; ce mariage n'augure rien de bon à ses yeux. Quelques temps plus tard, Montoni prend la décision d'emmener sa femme ainsi qu'Émilie en Italie, dans son château d'Udolphe, au coeur des Apennins. Vous vous doutez que le récit va prendre une tournure inattendue et captivante; ce qui m'a le plus exalté dans la lecture de cet extraordinaire roman est le fait que le lecteur n'est jamais au bout de ses surprises: l'auteur parvient à créer un suspense et à nous donner des frissons avec un langage très minimaliste au sein duquel la menace est constamment latente, et néanmoins tangible: le château d'Udolphe, niché "le long d'un affreux précipice", est un endroit terrifiant abritant d'innombrables passages secrets, ainsi que des secrets fuligineux, à commencer par un tableau éternellement dissimulé par un voile. Il se caractérise par son architecture unique, de hautes tours pointues et de longs remparts. Lorsqu'on observe les rapports des personnages entre eux (notamment ceux de Montoni et de son épouse), on ne peut s'empêcher de remarquer quelque chose qui rappelle le marquis de Sade. Cependant, à la différence de ce dernier qui prend plaisir à malmener la vertu, Ann Radcliffe la fait triompher: en dépit des malheurs et des sévices qu'elle subit, Émilie trouve la force (virtus signifie force en latin) de faire front face aux pires infamies qui lui sont infligées. Sa peur, très contagieuse, gagne très vite le lecteur qui frémit avec elle. L'auteur ne recourt nullement à des images sanglantes ou à une violence explicite pour nous terrifier: en instaurant une atmosphère menaçante, froide et austère, elle fournit au lecteur ce qu'il recherchait: l'épouvante. On comprend pourquoi Jane Austen mentionne ce roman à plusieurs reprises dans l'excellent Northanger Abbey. Les Mystère d'Udolphe connurent un succès retentissant auprès de toutes les classes sociales en Angleterre (le roman gothique faisait l'unanimité dans l'Angleterre du XVIIIe siècle). La renommée de ce roman ne vieillit pas; il demeure une référence incontournable de la littérature gothique. Jamais une lecture ne m'aura donné tant de sueurs froides.
    Lire la suite
    En lire moins
Lisez! La newsletter qui vous inspire !
Découvrez toutes les actualités de nos maisons d'édition et de vos auteurs préférés