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EAN : 9782266295932
Code sériel : 6042
Façonnage normé : POCHE
Nombre de pages : 224
Format : 108 x 177 mm

Croc-blanc

Paul Gruyer (traduit par), Louis Postif (traduit par)
Date de parution : 12/03/2019
LES GRANDS TEXTES DU XXe SIÈCLE

Dans l'infini glacé du Grand Nord, rares sont ceux qui échappent à la sauvagerie. Né mi-loup mi-chien, Croc-Blanc expérimente une dure lutte pour sa survie. Tuer ou être tué, la règle est simple, instinctive, naturelle. C'est seulement en abdiquant sous le fouet de l'homme, en...
LES GRANDS TEXTES DU XXe SIÈCLE

Dans l'infini glacé du Grand Nord, rares sont ceux qui échappent à la sauvagerie. Né mi-loup mi-chien, Croc-Blanc expérimente une dure lutte pour sa survie. Tuer ou être tué, la règle est simple, instinctive, naturelle. C'est seulement en abdiquant sous le fouet de l'homme, en souffrant de ses vices, de sa cruauté, que le jeune loup découvrira la haine. Cent fois trahi, rejeté, ballotté, ce tueur-né n'aspire pourtant qu'à une main tendue, une caresse, pour tout changer...

@ Disponible chez 12-21
L'ÉDITEUR NUMÉRIQUE

 
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EAN : 9782266295932
Code sériel : 6042
Façonnage normé : POCHE
Nombre de pages : 224
Format : 108 x 177 mm

Ce qu'en pensent nos lecteurs sur Babelio

  • AkaruNensho Posté le 28 Octobre 2021
    Cela fait 15 ans que ce roman traînait dans mes livres à lire. Je l'avais gagné lors d'un concours d'écriture au collège. Entre-temps, oublié, emprunté par ma soeur (qui me l'a chaudement recommmandé), je decidai de profiter du challenge Multi-défi 2021 pour l'inclure dans ma Pile à Lire. J'étais un peu effrayée que ce texte datant de plus d'un siècle soit trop vieillissant à mon goût, ce ne fut pas du tout le cas. Le style d'écriture est simple et adapté à la vision du loup, ce qui rend l'immersion dans le personnage de Croc-Blanc très réussie, notamment dans sa relation avec les hommes et les autres animaux. Le narrateur, prenant le point de vue de l'animal dans un récit direct et sans fioriture, rend l'histoire d'autant plus intense et poussant à l'engagement émotionnel. Les chapitres sont découpés intelligemment en période de la vie du loup depuis sa conception jusqu'à sa fin et l'on se sent murir avec Croc-Blanc. J'aurais personnellement préféré qu'une plus grande partie du roman se passe dans le "Wild" et que cette plongée dans les neiges de l'Amérique du Nord dure plus de 250 pages. Cela reste un très beau récit, simple, riche et en émotions avec des personnages très... Cela fait 15 ans que ce roman traînait dans mes livres à lire. Je l'avais gagné lors d'un concours d'écriture au collège. Entre-temps, oublié, emprunté par ma soeur (qui me l'a chaudement recommmandé), je decidai de profiter du challenge Multi-défi 2021 pour l'inclure dans ma Pile à Lire. J'étais un peu effrayée que ce texte datant de plus d'un siècle soit trop vieillissant à mon goût, ce ne fut pas du tout le cas. Le style d'écriture est simple et adapté à la vision du loup, ce qui rend l'immersion dans le personnage de Croc-Blanc très réussie, notamment dans sa relation avec les hommes et les autres animaux. Le narrateur, prenant le point de vue de l'animal dans un récit direct et sans fioriture, rend l'histoire d'autant plus intense et poussant à l'engagement émotionnel. Les chapitres sont découpés intelligemment en période de la vie du loup depuis sa conception jusqu'à sa fin et l'on se sent murir avec Croc-Blanc. J'aurais personnellement préféré qu'une plus grande partie du roman se passe dans le "Wild" et que cette plongée dans les neiges de l'Amérique du Nord dure plus de 250 pages. Cela reste un très beau récit, simple, riche et en émotions avec des personnages très caractérisés mais bien trop court pour me satsfaire pleinement.
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  • Deco Posté le 19 Octobre 2021
    Une histoire très dure. Celle de la survie ? Bien sûr, mais aussi de la vie, tout simplement, dans le Wild sauvage, impitoyable, ou la civilisation. Une écriture éblouissante de fluidité. Où tout se passe dans l’esprit du chien-loup. L’identification fonctionne à merveille. On chasse avec croc blanc. On souffre avec lui des sévices qu’il subit. On appréhende le monde tel qu’il tente de le comprendre. D’y survivre. Parmi les hommes, ces dieux imprévisibles, parfois à l'extrême cruauté. Parmi ses cousins les chiens, avec leurs rivalités. Le loup est ici beaucoup plus crédible que son ancêtre caricaturé dans « Les enfants de la terre ». La fin, au style inattendu après ces épisodes désespérants et cruels, sert d’antidote, presqu’à l’eau de rose après toute cette violence. Préparez vos mouchoirs.
  • Gruizzli Posté le 5 Octobre 2021
    Croc-Blanc est un de ces livres m'ayant marqué dans mon enfance. Des années après la lecture, je me rappelais encore ces premiers chapitres relatant les hommes dans la neige, le traineau, le cercueil, et les loups ... Ce froid qui transparaissait dans les pages, cette rudesse du Nord, ces loups qui attendaient et guettaient la proie. Et cette cruauté de la vie que l'on prend, lentement, surement. Puis, la bascule : les chapitres s'arrêtent, nous voici du côté des loups, de l'ennemi qui rodait. Et là, le bouleversement : le livre sera du côté des bêtes ! Enfant, ce début m'a suffisamment marqué pour qu'il devienne iconique dans mes souvenirs. Je me rappelais les images et les sensations provoquées par ce récit et ces trois premiers chapitres. Ma relecture de ceux-ci, des années plus tard, n'aura, au final, que conforté cette idée. Ce roman est un trésor de lecture. Les premiers chapitres passés, Jack London dévoile ses talents de conteurs et son incroyable don pour révéler la nature : puissante et forte, impitoyable et sauvage, obéissant à ses propres règles. Ni mal ni bien dans ces lieux, seulement ce qui importe : la survie. Croc-Blanc est un récit qui nous parle, directement. De l'homme... Croc-Blanc est un de ces livres m'ayant marqué dans mon enfance. Des années après la lecture, je me rappelais encore ces premiers chapitres relatant les hommes dans la neige, le traineau, le cercueil, et les loups ... Ce froid qui transparaissait dans les pages, cette rudesse du Nord, ces loups qui attendaient et guettaient la proie. Et cette cruauté de la vie que l'on prend, lentement, surement. Puis, la bascule : les chapitres s'arrêtent, nous voici du côté des loups, de l'ennemi qui rodait. Et là, le bouleversement : le livre sera du côté des bêtes ! Enfant, ce début m'a suffisamment marqué pour qu'il devienne iconique dans mes souvenirs. Je me rappelais les images et les sensations provoquées par ce récit et ces trois premiers chapitres. Ma relecture de ceux-ci, des années plus tard, n'aura, au final, que conforté cette idée. Ce roman est un trésor de lecture. Les premiers chapitres passés, Jack London dévoile ses talents de conteurs et son incroyable don pour révéler la nature : puissante et forte, impitoyable et sauvage, obéissant à ses propres règles. Ni mal ni bien dans ces lieux, seulement ce qui importe : la survie. Croc-Blanc est un récit qui nous parle, directement. De l'homme et de la nature, des bêtes et de nos relations avec elle. De l'amour pour un chien, et de l'amour pour un homme. Des indiens, du Nord, de la vie. C'est un récit dans la droite ligne des autres livres de l'auteur, mais accessible ici au plus grand nombre. Un livre qui continue d'être publié et lu plus de cent ans après son écriture, par des milliers d'enfants qui restent marqués par les scènes qu'il contient : le combat contre le bulldog, la traque d'un porc-épic, la découverte de l'amour ... Chacun des ces passages semble résonner dans la mémoire de ceux qui l'ont lus, et marquer aussi ces mêmes lecteurs. Croc-Blanc est un livre merveilleux. Un livre auquel je n'hésite pas une seconde à décerner la note maximale, pour son talent d'écriture, pour la force de son récit, pour les images marquantes de chacune des scènes. Un livre que je recommanderais à tous, enfants et adultes, car il a l'art de parler au plus grand nombre. Et c'est là toute la force d'un livre intemporel. Croc-Blanc en fait partie.
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  • Alexx48322 Posté le 17 Septembre 2021
    Cette critique contient des spoilers. Croc-Blanc naît d'un loup et d'une louve à demi chienne au sein des vastes terres glacées d'Alaska. Il connaît durant ses premiers mois une existence sauvage, bien que la proximité d'un campement indien dans cette étendue austère du grand Nord américain donne maintes fois l'occasion à ses géniteurs de subvenir à ses besoins en pillant les collets des hommes « faiseurs de feux ». Le jeune louveteau ne jouira pas longtemps de sa liberté acquise à la naissance, à peine parasitée par la présence de l'homme ; sa mère est capturée par le frère de son ancien maître auquel elle avait échappé en fuyant avec les loups – Croc-Blanc devient dès lors la propriété de cet indien qui lui donne son nom, première marque de sa longue et éprouvante domestication. Jack London a fait de son loup-personnage une création de la nature et de l'homme dont il distingue les deux tenants principaux – d'une part, l'hérédité, d'autre part, l'environnement. Dès les premiers chapitres, alors que l'auteur conte le carnage impitoyable d'une chienne-louve et de sa meute rongée par la faim qui, au fil d'une course-poursuite terrifiante, mettent en pièce un explorateur et son attelage de chiens de... Cette critique contient des spoilers. Croc-Blanc naît d'un loup et d'une louve à demi chienne au sein des vastes terres glacées d'Alaska. Il connaît durant ses premiers mois une existence sauvage, bien que la proximité d'un campement indien dans cette étendue austère du grand Nord américain donne maintes fois l'occasion à ses géniteurs de subvenir à ses besoins en pillant les collets des hommes « faiseurs de feux ». Le jeune louveteau ne jouira pas longtemps de sa liberté acquise à la naissance, à peine parasitée par la présence de l'homme ; sa mère est capturée par le frère de son ancien maître auquel elle avait échappé en fuyant avec les loups – Croc-Blanc devient dès lors la propriété de cet indien qui lui donne son nom, première marque de sa longue et éprouvante domestication. Jack London a fait de son loup-personnage une création de la nature et de l'homme dont il distingue les deux tenants principaux – d'une part, l'hérédité, d'autre part, l'environnement. Dès les premiers chapitres, alors que l'auteur conte le carnage impitoyable d'une chienne-louve et de sa meute rongée par la faim qui, au fil d'une course-poursuite terrifiante, mettent en pièce un explorateur et son attelage de chiens de traineau, le lecteur comprend de quelle matière sera façonné Croc-Blanc – une pugnace vitalité, une lutte acharnée contre la faim qui est le grand ennemi du Nord, une ruse calculatrice inhérente à sa race, tout cela formera les fondements de sa survie future. Ainsi, lorsque le jeune louveteau s'aventure pour la première fois en dehors de sa tanière et s'initie seul à la chasse, c'est son instinct ancestral qui lui enjoint de trancher la gorge de ses proies bien plus que l'odeur du sang qui l'incite ensuite à alimenter la vie dévorante en lui. C'est par cet appel à la puissance et à la domination des autres animaux qu'il n'aura de cesse de tuer tout ce qui se trouvera plus faible que lui et d'aspirer à dépasser les créatures qui lui résisteront encore par la taille et le poids. L'héritage de ses gènes pèse si lourd sur les forces qui se démènent dans cette bête furieuse de grandir que je n'avais guère de doutes quant à l'évolution de l'intrigue : soit, les indiens l'attacheraient à une laisse dans leur village et essaieraient d'en faire un chien domestique, mais Croc-Blanc retournerait très certainement à sa forêt sauvage, j'augurais même qu'il partirait sans doute rejoindre quelque meute de passage dont il deviendrait l'alpha et donnerait fruit à une nombreuse et robuste progéniture. Croc-Blanc, l'histoire du loup qu'on a retiré à la nature et qui y retournera à la première occasion, mû par son puissant instinct, voilà qui me semblait tout écrit d'avance ! Eh bien, j'avais sous-estimé l'autre tenant essentiel de toute forme de vie, je n'avais jugé que l'hérédité en omettant d'y ajouter l'ingrédient principal – ce que Jack London appelle « l'environnement ». Croc-Blanc a hérité d'un terreau initial, mais qui ne le condamne nullement à suivre exactement le modèle de son espèce. Souple et modelable pendant sa jeunesse, il se rigidifie au fur et à mesure que son adaptation au monde dans lequel il est né s'accomplit, au point qu'il finit par devenir le presque produit des seules influences extérieures. Croc-Blanc adulte et sauvage n'aurait pu être domestiqué, mais le louveteau qui fut capturé avec sa mère était encore entièrement plongé dans un processus d'intégration et d'assimilation des lois et des meilleures stratégies pour survivre ; il se trouvait en perpétuel recherche de moyens pour amoindrir ses peines et d'occasions de préserver sa race. Or, les faiseurs de feux, bien que brutaux et autoritaires, lui prodiguent un confort et une sécurité que l'existence sauvage ne sera jamais en mesure de lui assurer – le louveteau ne s'éloignera plus du feu des hommes, hors les terribles périodes de famine qui l'obligeront à retourner péniblement chasser l'écureuil et se battre contre les autres prédateurs de la région. L'instinct soi disant suprême de la liberté liée à son espèce est balayé, évanoui par la chaleur d'un tipi et la chair tendre des poissons pêchés par les « Dieux » ; ces êtres supérieurs valent la peine qu'on les serve et qu'on leur obéisse pour bénéficier en retour de leur protection. Ces Dieux sont à ce point supérieurs par cette faculté qu'ils ont de manipuler la matière inanimée et de rendre leur justice avec leurs gourdins, que Croc-Blanc, devenu chien, nourrira bientôt à leur égard une reconnaissance telle qu'il leur demeurera fidèle et acceptera l'ultime avilissement de ne plus dépendre que d'eux et de leur bon vouloir, alors même qu'il a fait l'expérience de leur cruauté et de leurs ruses. Croc-Blanc, au cours de sa vie adulte, ne sentira plus jamais l'appel de la forêt ni celui de la meute, c'est un cerveau de chien dans un corps de loup, qui ne se distinguera de la race domestiquée que par une agressivité plus accrue, une force et une rapidité bestiale et une intelligence quasi humaine. Croc-Blanc est donc la résultante de l'hérédité et surtout de l'environnement qui l'a façonné de sorte qu'il survive le mieux possible dans un monde hostile. L'environnement, c'est l'homme : il connaîtra à peine la vie sauvage et consentira toujours à être attelé tel un vulgaire chien de traineau, laissant ainsi de côté la fierté propre à sa race. Croc-Blanc aura trois maîtres et sera tour à tour le miroir de chacun d'eux – d'abord l'indien Castor-Gris qui vendra sa mère pour rembourser ses dettes et lui inculquera l'obéissance à force de corrections brutales, ensuite l'hideux Beauty Smith, un homme blanc et cupide qui en fera un loup de combat jusqu'à-ce qu'il soit sauvé par Weedon Scott, le « maître bien-aimé » et seul à lui donner confiance en la bonté et l'amour des hommes. Le lecteur peut légitimement reprocher à Jack London la caricature manichéenne de ses personnages – d'un côté Beauty Smith, le mal personnifié qui n'aspire et qui ne s'intéresse qu'aux « crocs » du loup en le dressant à livrer des duels à mort aux autres chiens et à remporter ses mises, un maître cruel et violent dont les seuls modes de rapport avec sa bête seront des coups de chaîne et de bâton. C'est ici aussi que Croc-Blanc connaît pour la première fois l'enfermement – il avait jusqu'alors consenti de son plein gré à se soumettre à Castor-Gris dont il respectait la supériorité – et qu'il manque de peu de sombrer dans la folie. Puis, lorsque le lecteur a eu toutes les occasions de s'apitoyer sur le sort de la malheureuse créature – et London ne lésine pas à confier des sentiments très humains à son personnage : solitude, nostalgie, haine – arrive tout d'un coup le providentiel Weedon Scott qui l'arrache aux griffes de son tortionnaire et lui enseigne toutes sortes de valeurs admirables – l'affection, la confiance, et enfin, l'amour, toutes ces valeurs étant préalablement inscrites dans son hérédité mais ayant été refoulées par les circonstances de sa jeunesse. C'est donc Weedon Scott qui révèlera la véritable nature de Croc-Blanc, celle qui, on le suppose, sommeillait tandis qu'il tranchait net des jugulaires et écorchait vif chiens et hommes ; oui, la caresse de ce gentil Blanc transforme la bête sanguinaire en un quasi chien de compagnie inoffensif et dévoué à son maître. Cette dernière partie du roman, bien qu'elle ne m'ait à l'évidence guère convaincue par sa vraisemblance, est toutefois plaisante à lire, parce qu'elle sait toucher la corde sensible dont nous sommes tous faits – oh, c'est si beau, après toutes les souffrances qu'il a surmontées, comme ce loup mérite une fin heureuse ! Un point cependant me paraît vraisemblable, bien que je n'aurais osé l'appliquer à un chien adulte, même doté d'une redoutable intelligence : Croc-Blanc doit évidemment s'adapter à l'existence rangée de son nouveau maître qui ne vit pas au grand Nord dans un tipi et n'a pas l'habitude qu'on fasse misère à ses chiens occidentaux ou à son poulailler. Il se voit donc obligé de désapprendre tout ce qui lui avait permis de survivre aux famines et aux affrontements et de se plier de force à des règles beaucoup plus complexes qu'une simple interdiction de croquer dans la nourriture qui cuit au dessus du feu. Vraiment, le lecteur s'amuse de découvrir l'incroyable imbrication des lois humaines à travers l'œil d'un chien, comme nouveau-né, alors qu'il se sait lui-même le complice de toutes les inventions bipèdes. J'ajoute ici, en aparté, que l'instinct de reproduction est quasiment absent de l'histoire, si ce n'est l'un des derniers chapitres désigné sous le nom pudique de « l'appel de l'espèce » au cours duquel Croc-Blanc éprouve confusément le besoin de suivre dans la forêt l'une des chiennes de son maître. Etrange qu'un loup qui se laisse si souvent entraîner par ses pulsions s'intéresse si tardivement aux femelles ! Comme le lecteur de cette critique n'aura pas manqué de le remarquer, le personnage principal est un loup – la narration prend donc en majorité appui sur les perceptions et les réflexions d'un animal, certes à l'intelligence quasi humaine. Ce choix narratif est sans doute la raison pour laquelle la première partie du roman ne répond pas strictement à la temporalité d'un récit conventionnel – le lecteur, par exemple, notera l'enchevêtrement confus des bagarres, tensions et jeux de domination lorsque Croc-Blanc s'initie à la vie en communauté dans le campement de Castor-Gris, où la violence est omniprésente et se veut une escalade de férocité. Pourtant, je trouve que l'effet est manqué : au fil de ses mésaventures, le louveteau récolte une succession de raclées où l'auteur souhaite imprimer une douleur et une vexation graduelle, ne rechignant pas à rappeler à chaque fois le souvenir des coups précédents pour mieux relativiser l'ancien préjudice subi face à l'horreur du nouveau. Ce procédé, à la longue, exaspère – on croit toujours atteindre un point culminant de souffrances qui ne pourra plus être dépassé, et il suffit de tourner quelques pages pour en être détrompé. Cette même première partie de roman m'a laissée dubitative quant à l'intérêt de raconter les innombrables combats qui opposent Croc-Blanc à ses congénères, avec lesquels il entretiendra sans faiblir un antagonisme impitoyable et incessant, si bien qu'aucun chien ne pourra plus l'approcher sans être affreusement mutilé ou achevé. L'adage de « tuer pour ne pas être tué » est poussé jusqu'à son paroxysme : Il ne s'agit pas seulement d'une vie contre une vie, mais de celle du chien-loup contre toutes les autres ajoutées et liguées contre lui, le grand tueur, l'ennemi destructeur qui ne connaît pas la pitié. Ainsi, même sa naissance et sa survie sont rendues possibles par la mort d'une portée de lynx dépecée par sa mère et le déchiquetage du corps amaigri des plus faibles de ses congénères. La preuve est donc faite, me semble-t-il, que « Croc-Blanc » n'est pas un roman pour enfants, et s'il n'était sa fin heureuse, sans doute choquerait-il par sa morale de vitalité vorace.
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  • plumesauvage Posté le 17 Septembre 2021
    Les livres de London figurent parmi mes favoris, et à raison ! Outre la plume exquise, je soulignerai la parfaite immersion du lecteur dans les pensées de l'animal. C'est fou de rendre ce point de vue audacieux si singulier et réaliste ! C'est le nord sauvage, c'est la liberté, c'est Jack London ! Un livre pour s'évader.
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