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EAN : 9782266131049
Code sériel : 49
Façonnage normé : POCHE
Nombre de pages : 512
Format : 108 x 177 mm

La civilisation des moeurs

Pierre Kamnitzer (traduit par)
Collection : Agora
Date de parution : 13/02/2003

Comment se tenait-on à table au Moyen Âge ? Comment se mouchait-on à la Renaissance ? De quelle époque datent les pudeurs associées au comportement sexuel ? Norbert Elias analyse les mœurs de la civilisation occidentale et étudie leur transformation de la fin du Moyen Âge à l'époque contemporaine.

Des exemples...

Comment se tenait-on à table au Moyen Âge ? Comment se mouchait-on à la Renaissance ? De quelle époque datent les pudeurs associées au comportement sexuel ? Norbert Elias analyse les mœurs de la civilisation occidentale et étudie leur transformation de la fin du Moyen Âge à l'époque contemporaine.

Des exemples amusants et inattendus, des textes peu connus et pleins de surprises émaillent ce livre savoureux. D'une chanson coquine à un manuel de savoir-vivre, d'une tirade de moraliste à un recueil de proverbes, à chaque fois brillamment commentés, Norbert Elias donne au mot « civilisation » un sens nouveau et original, basé sur l'étude concrête des mœurs. Ce livre d'un précurseur est devenu un classique de la réflexion sociologique.

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EAN : 9782266131049
Code sériel : 49
Façonnage normé : POCHE
Nombre de pages : 512
Format : 108 x 177 mm

Ce qu'en pensent nos lecteurs sur Babelio

  • Enroute Posté le 31 Décembre 2021
    Culture et civilisation s'opposent mais les deux termes synthétisent la réaction de la bourgeoisie respectivement en Allemagne et en France. La bourgeoisie en Allemagne a évolué isolée de l'esprit de cour, du pouvoir politique. Les bourgeois vivaient même isolés les uns des autres dans des villes distantes où le livre seul jouait le rôle de support à la communication. Humble et méfiante envers les civilités trompeuses de la cour, la bourgeoisie allemande a favorisé la vertu et l'hônneteté à l'art de la conversation. le mot de « culture » incarne cet esprit tourné vers soi dans l'amélioration de ses connaissances éloigné des palabres froides et subversives des centres politiques. La culture est profonde et engage l'individu tout entier dans son affirmation de vérité tandis que la civilisation est superficielle et ne vise qu'à briller en société, à tromper son prochain. À l'inverse, la centralisation à Paris du pouvoir et de l'aristocratie a favorisé l'émergence d'une bourgeoisie puissante et contestataire par les salons et les rencontres où s'échangeaient et s'élaboraient les idées. La bourgeoisie s'est opposée à l'iniquité du pouvoir et des lois au travers de l'idée d'un processus continu favorisant la justice et la liberté qui, plus que la politesse et la civilité... Culture et civilisation s'opposent mais les deux termes synthétisent la réaction de la bourgeoisie respectivement en Allemagne et en France. La bourgeoisie en Allemagne a évolué isolée de l'esprit de cour, du pouvoir politique. Les bourgeois vivaient même isolés les uns des autres dans des villes distantes où le livre seul jouait le rôle de support à la communication. Humble et méfiante envers les civilités trompeuses de la cour, la bourgeoisie allemande a favorisé la vertu et l'hônneteté à l'art de la conversation. le mot de « culture » incarne cet esprit tourné vers soi dans l'amélioration de ses connaissances éloigné des palabres froides et subversives des centres politiques. La culture est profonde et engage l'individu tout entier dans son affirmation de vérité tandis que la civilisation est superficielle et ne vise qu'à briller en société, à tromper son prochain. À l'inverse, la centralisation à Paris du pouvoir et de l'aristocratie a favorisé l'émergence d'une bourgeoisie puissante et contestataire par les salons et les rencontres où s'échangeaient et s'élaboraient les idées. La bourgeoisie s'est opposée à l'iniquité du pouvoir et des lois au travers de l'idée d'un processus continu favorisant la justice et la liberté qui, plus que la politesse et la civilité de l'aristocratie a trouvé son sens dans le mot de « civilisation ». Puis le processus, une fois la bourgeoisie installée et l'aristocratie démolie par la Révolution, a été oublié en faveur d'un mode d'existence perçu comme un achèvement de ce processus, un esprit national que l'on entend diffuser aux autres en vue de les y élever, de les « civiliser ». Les deux mots ont été adoptés au même moment, au cours et à la fon du XVIIIe siècle : en Allemagne, la cour francophone de Frédéric II de Prusse méprise la langue allemande jugée grossière et épaisse tandis que la langue de Goethe, de Kant et de Lessing produit ses premières oeuvres germanophones majeures où se lit le dégoût de l'esprit de cour et la promotion de la vertu individuelle du bourgeois ; en France, le mot civilisation, intégré au vocabulaire de la politique napoléonienne, est peu employé avant la Révolution mais annoncé par la promotion de la civilité et des bonnes moeurs chez Mirabeau qui l'emploie sous sa forme adjectivée de « civilisé » timidement encore comme synonyme de « policé », « poli » et « civil » et par le sens d'un processus social vers l'amélioration du bien-être dans les principes économiques des physiocrates et de Quesnay. Culture ou civilisation poursuivent donc le terme de « civilité » qui s'est imposé en Europe entre 1525 et 1550 en conséquence des 30 rééditions du traité d'Erasme « De civilitate morum perilium » paru en 1530 et réimprimé cent fois après sa mort. Avant lui, Hugo de Saint Victor en 1141 dans « De institutione novitarium » ou Jean de Garland en 1242 dans « Morale scolariul » avaient traité du sujet. En langue allemande, Thomasin de Zirklaria est peut-être le plus précoce qui parle d'un ancêtre du mot Höflichkeit ; puis «  Curtesien » de Bonvicino da Riva ou « Hofzucht » de Tannhäuser. le roman de la rose y consacre des passages. John Russel en anglais également, au XVe siècke, dans « The book of nurture » ou « The babees book ». Tous ces traités proposent aux lecteurs de nouvelles règles de comportement en société selon le principe de cacher, éviter ou pallier le sentiment de pénibilité lié au côtoiement des autres : on est ainsi informé sur ce que signifie le passage de la courtoisie à la civilité, du Moyen-âge à la Renaissance, du chevalier au bourgeois, de la châtelaine à la dame de cour, de la cuisinière à Nadine de Rotschild. Les élites posent en effet ces contraintes qui exercent une pression sur toute la société et la transforment selon des principes nouveaux. Ainsi, on ne pète pas en public, on ne crache ni sur la table ni sur les gens, on n'avale pas sa salive, on ne met pas les deux mains dans le plat et on se sert préférablement avec trois doigts que la main entière, on ne se mouche pas dans la nappe, on ne bave pas dans les plats et on n'y remet pas le morceau de viande ou de pain dans lequel on vient de croquer, on peut vomir à table, certes, mais on ne se se force pas, c'est très malpoli. de même, il serait judicieux que l'on cessât d'uriner dans les couloirs, les cages d'escalier, sur les tapisseries et dans n'importe quel recoin des n'importe quel château et, si on devait être témoin d'un tel fait, pour ne pas la mettre mal à l'aise on s'abstient de saluer la personne y compris si elle défèque. On ne relève pas les jambes quand on s'asseoit au pont de faire apparaître en public ses parties, on évite davantage de les exposer au toucher d'autrui, on ne fait pas flairer à autrui ses fèces au motif, amusant certes, qu'elles puent. On dort en chemise de nuit, c'est plus viril que le pyjama, trop féminin et, si l'on dort dans le même lit qu'un.e inconnu.e, on évite de passer sa jambe entre les siennes, surtout si elles appartiennent à une personne du sexe opposé. Dans la même orientation qui revient à brider les pulsions des individus, on apprendra à ne plus niquer devant les enfants, à ne pas trancher les bras et les jambes des serfs pour le plaisir, à brûler vifs des chats à la Saint-Jean et, plutôt que d'inoculer une maladie vénérienne à telle princesse qui refuse de manger avec les doigts pour lui ôter l'envie de se la péter en public, on apprendra à se servir, non, je vous en prie, comme elle, d'une fourchette. Bien. Je vois que cela rentre et que je n'entends plus un pet voler. Chers cosociétaires, maintenant que, faisant preuve de plus en plus de civilité vous avez appris à serrer les fesses, vous allez enfin pouvoir devenir, selon votre nationalité, poli, civilisé et cultivé - et allez maintenant pouvoir vous interroger le restant de votre vie sur les effets sur le long termes du remplacement de l'instinct du plaisir par le sentiment de peur, de la contrainte des émotions sous des comportements passifs et voyeuristes dans le seul but de s'affranchir de la honte de produire un geste de travers, un vent contraire, une giclée mal placée. Bienvenue dans l'ère polie, civilisée, cultivée - et névrosée.
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  • Bonnynic Posté le 15 Juin 2016
    Le titre de cet ouvrage permet déjà de ce faire une idée du vaste sujet traité. La civilisation des mœurs .Cela questionne sur ce qu’est le processus de civilisation. Qu’est ce qui fait qu’un ensemble d’individu peut se dire plus civilisé qu’un autre ? Somme nous plus ou bien moins civilisé que nos ancêtres du moyen âge ? C’est le genre de réflexion vers lesquelles ce livre va nous conduire. Il s’agit d’un classique de la littérature sociologique. De formation philosophique, Norbert Elias laisse transpirer cette influence tout au long des chapitres. J’ai trouvé le début du livre assez difficile à lire, dans la mesure où l’auteur s’attaque a distingué la notion de civilisation par rapport à celle de culture mais d’un point de vue historique entre la France et son pays, l’Allemagne.Après l’effort pour suivre le début du livre, la seconde partie est très amusante à lire. Elias nous propose d’analyser l’évolution de différentes fonctions naturelles comme se moucher, cracher, dormir, etc. D’après des textes datant du moyen Age, il explique l’évolution de ces comportements au fil du temps. J’ai particulièrement apprécié le chapitre traitant de la vie d’un chevalier.je suis très curieux de cette période de l’histoire et... Le titre de cet ouvrage permet déjà de ce faire une idée du vaste sujet traité. La civilisation des mœurs .Cela questionne sur ce qu’est le processus de civilisation. Qu’est ce qui fait qu’un ensemble d’individu peut se dire plus civilisé qu’un autre ? Somme nous plus ou bien moins civilisé que nos ancêtres du moyen âge ? C’est le genre de réflexion vers lesquelles ce livre va nous conduire. Il s’agit d’un classique de la littérature sociologique. De formation philosophique, Norbert Elias laisse transpirer cette influence tout au long des chapitres. J’ai trouvé le début du livre assez difficile à lire, dans la mesure où l’auteur s’attaque a distingué la notion de civilisation par rapport à celle de culture mais d’un point de vue historique entre la France et son pays, l’Allemagne.Après l’effort pour suivre le début du livre, la seconde partie est très amusante à lire. Elias nous propose d’analyser l’évolution de différentes fonctions naturelles comme se moucher, cracher, dormir, etc. D’après des textes datant du moyen Age, il explique l’évolution de ces comportements au fil du temps. J’ai particulièrement apprécié le chapitre traitant de la vie d’un chevalier.je suis très curieux de cette période de l’histoire et ce livre permet de se rendre compte de la vie quotidienne à cette époque. Il s’agissait d’une époque beaucoup plus violente qu’aujourd’hui malgré ce que la plupart des médias essaient de nous faire croire. Ce livre est aussi une réflexion sur ce que Elias appel le sentiment d’autocontrainte qui nous anime tous. Par exemple, pour qu’elles raisons la majorité des personnes se lavent quotidiennement ? Est-ce vraiment pour leur bien être personnelle ou bien est-ce une réponse conditionné par la société et par notre éducation ? La réflexion est intéressante. Je conseille ce livre à toutes les personnes curieuses de la période du moyen âge ainsi qu’aux personnes sensible à une réflexion socio-philosophique.
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  • Lauralsace Posté le 30 Mars 2011
    j'en ai un extrait dans mes cours et c super ! norbert elias dans son projet veut nous montrer comment la civilisation des moeurs, qui tend vers une autocontrainte de soi, sorte de contrôle réflexif de soi-même, est naît avec la société de cour jusqu'à gagner le reste des couches et puis à s'étendre de façon planétaire. c un peu une autre manière de parler de la mondialisation en employant le terme de processus de civilisation ! passionnant ! :D
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