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Robert Laffont
EAN : 9782221221136
Façonnage normé : POCHE
Nombre de pages : 704
Format : 122 x 182 mm

Le Maître et Marguerite

Claude LIGNY (Traducteur)
Collection : Pavillons Poche
Date de parution : 22/11/2018
Une nouvelle édition de l’un des titres phares de la collection « Pavillons Poche », le chef-d’œuvre de Mikhaïl Boulgakov, Le Maître et Marguerite, qui voit ici sa traduction de Claude Ligny augmentée d'un appareil critique et d’une introduction de la spécialiste de la littérature russe Marianne Gourg.

Pour retrouver l’homme qu’elle aime, un écrivain maudit, Marguerite accepte de livrer son âme au diable. Version contemporaine du mythe de Faust, transposé à Moscou dans les années 1930, Le Maître et Marguerite est aussi l’une des histoires d’amour les plus émouvantes jamais écrites. Mikhaïl Boulgakov a travaillé à son...

Pour retrouver l’homme qu’elle aime, un écrivain maudit, Marguerite accepte de livrer son âme au diable. Version contemporaine du mythe de Faust, transposé à Moscou dans les années 1930, Le Maître et Marguerite est aussi l’une des histoires d’amour les plus émouvantes jamais écrites. Mikhaïl Boulgakov a travaillé à son roman durant douze ans, en pleine dictature stalinienne, conscient qu’il n’aurait aucune chance de le voir paraître de son vivant. Écrit pour la liberté des artistes et contre le conformisme, cet objet d’admiration universelle fut publié un quart de siècle après la mort de celui qui est aujourd’hui considéré comme l’égal de Dostoïevski, Gogol ou Tchekhov.
Cette édition s’accompagne d’un appareil critique et d’une introduction de la spécialiste de la littérature russe Marianne Gourg, qui a également révisé la traduction.

« Le texte-testament de Boulgakov. Un acte de pure folie littéraire comme de pure liberté. » Télérama

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EAN : 9782221221136
Façonnage normé : POCHE
Nombre de pages : 704
Format : 122 x 182 mm

Ce qu'en pensent nos lecteurs sur Babelio

  • Passemoilelivre Posté le 19 Décembre 2019
    Ecrit sous la terreur par un homme malade et désespéré, " Le Maître et Marguerite " a mis vingt-cinq ans pour s'imposer comme l'un des chefs-d'œuvre de la littérature russe et devenir un livre culte dont la construction diabolique n'a pas fini d'enchanter les lecteurs. Comment définir un mythe ? Les personnages de ce roman fantastique sont le diable, un écrivain suicidaire, un chat géant, Jésus et Ponce Pilate, la plus belle femme du monde... On y trouve des meurtres atroces et des crucifixions. C'est une satire acerbe, une comédie burlesque, une parodie politique, un poème philosophique dévastateur avec des fantômes et des transformations magiques.Mais cette fantasmagorie baroque, ce film noir, cette vision d'apocalypse est aussi l'une des plus belles histoires d'amour jamais écrites.
  • PostTenebrasLire Posté le 14 Décembre 2019
    Je vais répondre à deux questions : "Faut-il relire des romans / livres / récit ?" et "Pourquoi relire ?" Un avis très personnel donc. J'ai lu Le Maitre et Marguerite, il y a 30 ans de cela. Je l'ai lu dans un contexte particulier : un voyage en URSS. C'était en 1989. L'URSS existait encore. Gorbatchev en était le président. La Glasnost soufflait son vent (plutôt sa brise) de liberté. Les rues de Kiev étaient remplies de rassemblements spontanés... Qu'ait je ressenti de la lecture de ce roman à l'époque ? J'en ai quelques souvenirs diffus : une sensation de "fantastique", des personnages marquants. Honnêtement guère plus. Ah si j'avais pris des notes... Mais trente ans après je suis certain que bien des choses mon échappée à l'époque. Je vais vous expliquer cela avec quelques citations > L’amour surgit devant nous comme surgit de terre l’assassin au coin d’une ruelle obscure et nous frappa tous deux d’un coup. > Ainsi frappe la foudre, ainsi frappe le poignard ! > Elle affirma d’ailleurs par la suite que les choses ne s’étaient pas passées ainsi puisque nous nous aimions, > évidemment, depuis très longtemps, depuis toujours, sans nous connaître, sans nous être jamais vus... Je vais répondre à deux questions : "Faut-il relire des romans / livres / récit ?" et "Pourquoi relire ?" Un avis très personnel donc. J'ai lu Le Maitre et Marguerite, il y a 30 ans de cela. Je l'ai lu dans un contexte particulier : un voyage en URSS. C'était en 1989. L'URSS existait encore. Gorbatchev en était le président. La Glasnost soufflait son vent (plutôt sa brise) de liberté. Les rues de Kiev étaient remplies de rassemblements spontanés... Qu'ait je ressenti de la lecture de ce roman à l'époque ? J'en ai quelques souvenirs diffus : une sensation de "fantastique", des personnages marquants. Honnêtement guère plus. Ah si j'avais pris des notes... Mais trente ans après je suis certain que bien des choses mon échappée à l'époque. Je vais vous expliquer cela avec quelques citations > L’amour surgit devant nous comme surgit de terre l’assassin au coin d’une ruelle obscure et nous frappa tous deux d’un coup. > Ainsi frappe la foudre, ainsi frappe le poignard ! > Elle affirma d’ailleurs par la suite que les choses ne s’étaient pas passées ainsi puisque nous nous aimions, > évidemment, depuis très longtemps, depuis toujours, sans nous connaître, sans nous être jamais vus > « — Ma pauvre, pauvre amie, lui dis-je. Je ne veux pas que tu fasses cela. Tu ne seras pas heureuse avec moi, et je ne veux pas que tu te perdes avec moi.« — C’est la seule raison ? demanda-t-elle en approchant ses yeux tout près des miens.« — La seule.« Avec une excessive vivacité, elle se serra contre moi, noua ses bras autour de mon cou et dit :« — Eh bien, je me perds avec toi. Demain matin je serai ici. Je n'avais aimé ou été aimé pour ressentir toute la portée de ce genre de passage. J'ai depuis vécu et compris ce genre de rencontre. Ce genre de rencontre où les sentiments sont d'une lumineuse évidence. Qu'avais-je compris de ce passage à l'époque ? Sans doute bien trop peu. Même sublimement écrit, je ne sais pas si cette expérience peu être vraiment complètement transmise. > Je lui ai dit que tout pouvoir est une violence exercée sur les gens, et que le temps viendra où il n’y aura plus de pouvoir, ni celui des Césars, ni aucun autre. L’homme entrera dans le règne de la vérité et de la justice, où tout pouvoir sera devenu inutile. En 30 ans, j'ai fait un long chemin politique. Le roman dénonce parfois de façon directe, parfois de façon burlesque le régime oppressif d'alors. Je ne mesure que maintenant à quel point les conditions particulières (aussi bien locales que temporelles) de l'écriture du roman ont permis d'atteindre l'universel. Mikhaïl Boulgakov dénonce cet "homme nouveau" qui devait surgir du communisme. Il montre brillamment que ce n'est que foutaises. L'Homme est vil, paresseux, vindicatif et lâche. > Il faut reconnaître que parmi les intellectuels, on rencontre parfois, à titre exceptionnel, des gens intelligents Que vont donner le pouvoir actuel et sa la violence physique, économique actuelle sur les gens ? Un autre homme nouveau ? Un Auto-Intra-Extra-Héro-Entrepreneur dynamique éco responsable intelligent ? Et bien, Mikhaïl Boulgakov nous montre toute une série de personnages profondément, lâchement humains (il ne s'exclut pas). Il faut relire le Maitre et Marguerite 30 ans après pour percevoir à quel point le tableau est juste. > La seule chose qu’il a dite, c’est que, parmi tous les défauts humains, il considérait que l’un des plus graves était la lâcheté. Il se compte parmi les lâches. Il a pourtant écrit personnellement à Staline pour qu'il le laisse oeuvrer. À 20 ans, a-t-on assez lâchement renié ses principes et ses valeurs ? Certainement pas. Mais maintenant ? > Mais dites-moi : pour vous convaincre que Dostoïevski est un écrivain, faudrait-il que vous lui demandiez un certificat ? Prenez seulement cinq pages de n’importe lequel de ses romans et, sans aucune espèce de certificat, vous serez tout de suite convaincue que vous avez affaire à un écrivain. D’ailleurs, je suppose que lui-même n’a jamais possédé le moindre certificat ! Dans le roman, Mikhaïl Boulgakov se moque de ces artistes "officiels" encartés. J'ai certainement pensé à l'époque que c'était irrelevant (les artistes sont "libres"...). Mais maintenant en regardant tous ces "écrivains à succès / à prix", ces artistes qui "vendent (bien)", sommes-nous si loin de ces "artistes officiels" ? > L’homme est mortel et, comme quelqu’un l’a très justement dit, inopinément mortel. Le roman est celui d'un écrivain qui se sait mortel, qui se sait mourant. > Rappelle-toi que si tu ne réussis pas ta vie tu réussiras ta mort… C’est Nietzsche, je crois, qui a dit cela dans Zarathoustra. Quelle prétention absurde ! A 20 ans, la mortalité ? La mort est tellement escamotée en occident. ## En conclusion Oui il faut relire des romans. Sans doute pas tous. mais OUI il faut relire le Maitre et Marguerite. Peut être faut-il attendre, 10, 20, 30 ans que la politique, la vie, la mort, l'amour, la lâcheté passent rendre visite pour saisir en partie ce roman. Vais-je relire le Maitre et Marguerite ? Oui c'est un roman "monde" qui contient tellement de thèmes, de niveaux, de symboles. Il en reste beaucoup que ne me sont pas accessible. Je pense, par exemple, à une des trames du récit : Pons Pilate qui a condamné un homme.
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  • _BNFA Posté le 4 Décembre 2019
    Expression pérennisée sur un panneau près de l’Etang du Patriarche en Russie, « Ne parlez jamais aux inconnus » résonne encore, trace des surveillances entre 1934 et 1946. Le Maitre et Marguerite est un conte satirique, fable politique, critique sociétale du système soviétique qu’un voile fictionnel fantastique sublime. Le Diable parade, être du renversement, dandy costumé en magicien noir grave et frivole se penchant sur Marguerite, femme faustienne à la recherche de son amant. En leurs rencontres les trames s’entremêlent. De Jérusalem à Moscou, les temporalités déstructurées étendent les éclats des rues russes, rythmes de l’Alléluia, chant d’exil du Lac Baïkal jusqu’au péristyle de Ponce Pilate. Le lecteur est pareil à l’étranger entré par les fenêtres du poète emprisonné : fractureur du diégétique étourdi par la folie des protagonistes, fasciné et transi par un récit dont il ne pourra repartir qu'entaché. (Ma.P.)
  • berni_29 Posté le 6 Septembre 2019
    Le Maître et Marguerite, c'est un livre d'une folie incroyable, le livre de toute une vie pour son auteur, Mikhaïl Boulgakov, dont l'écriture l'a accompagné presque jusqu'à la mort. Ne comptez pas sur moi pour tenter de vous en résumer l'histoire ou esquisser l'intrigue ; je suis ressorti de ce texte lessivé, essoré, comme démembré, revenant d'une autre planète, d'un ailleurs sidéral, d'un endroit invisible pour le regard du commun des mortels, quelque chose qui vous échappe, vous dépasse complètement, et cela presque à chaque page. Si je commence à vous raconter, ne serait-ce que le début du récit, vous aurez du mal à me croire et je risque de subir le même sort que l'un des personnages du roman, un certain Ivan Nikolaïevitch Ponerief qui finit à l'hôpital psychiatrique, pour la simple raison que ce qu'il vient de vivre en cette fin de journée printanière des années trente à Moscou, relève de la pure folie et qu'il a le malheur de vouloir le raconter autour de lui tel qu'il vient de le vivre. Imaginez un récit où brusquement viennent se mêler comme dans un capharnaüm insensé : un étranger capable de lire l'avenir, un personnage maléfique qui se transforme... Le Maître et Marguerite, c'est un livre d'une folie incroyable, le livre de toute une vie pour son auteur, Mikhaïl Boulgakov, dont l'écriture l'a accompagné presque jusqu'à la mort. Ne comptez pas sur moi pour tenter de vous en résumer l'histoire ou esquisser l'intrigue ; je suis ressorti de ce texte lessivé, essoré, comme démembré, revenant d'une autre planète, d'un ailleurs sidéral, d'un endroit invisible pour le regard du commun des mortels, quelque chose qui vous échappe, vous dépasse complètement, et cela presque à chaque page. Si je commence à vous raconter, ne serait-ce que le début du récit, vous aurez du mal à me croire et je risque de subir le même sort que l'un des personnages du roman, un certain Ivan Nikolaïevitch Ponerief qui finit à l'hôpital psychiatrique, pour la simple raison que ce qu'il vient de vivre en cette fin de journée printanière des années trente à Moscou, relève de la pure folie et qu'il a le malheur de vouloir le raconter autour de lui tel qu'il vient de le vivre. Imaginez un récit où brusquement viennent se mêler comme dans un capharnaüm insensé : un étranger capable de lire l'avenir, un personnage maléfique qui se transforme en chat amateur de Cognac et de thé et qui, plus tard, arrachera la tête d'un animateur de spectacles, des femmes rousses qui s'envolent nues dans la nuit étoilée chevauchant un balai, des roubles qui se transforment en dollars et qu'on dissimule aussitôt dans des gaines d'aération de toilettes, un homme transformé en pourceau... De temps en temps, un autre texte surgit, d'un temps ancien se situant à Jérusalem, le procès d'un certain Yeshoua mené par le procurateur Ponce Pilate, homme lâche, soucieux de sa carrière plutôt que de l'équité de la justice. L'ombre de Jules César plane au loin, pour un peu on lui devinerait une sorte de moustache à la Groucho Marx et on le surnommerait le Petit Père des peuples... Les deux récits vont se faire écho, finir par s'entremêler, donnant sens peu à peu à l'ensemble du roman... Et puis, brusquement, comme un tournant du récit, tournant les pages du récit comme les ailes d'un moulin à vent, il y a ce bal éperdu, échevelé, enivré par le trouble de la pleine lune... Ce n'est pourtant pas ce genre de littérature qui m'attire habituellement... Si le récit est enlevé, il n'en demeure pas moins complexe comme un puzzle où il nous faut rassembler quelques morceaux éparpillés pour tenter de reconstituer une tentative de compréhension, convoquant l'étonnement et l'imaginaire du lecteur que je suis, me transformant peut-être à mon tour dans l'effervescence des mots. Au début de ma lecture, j'ai avancé à tâtons dans ce texte multiple, un peu comme Alice au Pays des Merveilles, sauf qu'ici le pays que j'ai découvert était semé de figures démoniaques. C'est un texte fait de chausse-trappes, se jouant du temps et le façonnant à sa manière, les chapitres se succèdent dans un tourbillon vertigineux, sans logique apparente, chaque personnage entre en scène et tire sa révérence pour laisser d'autres apparaître ; un fil semble pourtant se tisser entre eux, à peine perceptible au regard du lecteur. Le Maître tarde à venir, comme un héros attendu, guetté par le lecteur, j'y ai vu ici comme une sorte de double de Boulgakov, le Maître, celui-ci n'étant plus nommé que de cette manière, écrivain ayant perdu son nom, peut-être son identité, mais pas son âme, son nom est effacé, comme figurant déjà les prémices d'une violente répression à l'égard de l'art, des artistes, de la culture, celle qui existait avant... Dans cette étrange féérie macabre et gothique, se dégage un texte dont la fluidité de la lecture peut surprendre, il n'en demeure pas moins que l'architecture du récit est complexe, vertigineuse, abyssale, déroutante. Mais au final, contre toute attente, je suis parvenu à retomber sur mes pieds, à avec nettement moins de désagréments que certains des personnages du livre. Au final, tournant les dernières pages du roman, se dessinait dans mes yeux comme le soupçon d'une harmonie. Au coeur du récit, il y a aussi une passion amoureuse, celle de Marguerite et du Maître, Marguerite convoque le mythe de Faust, invitée à vendre son âme au diable en devenant reine du fameux bal, pour retrouver le Maître et son amour. Et si tout ceci était bien réel finalement... En effet, il y a quelque chose qui ressemble à une farce pitoyable et ubuesque, comme le fut le régime stalinien, aussi cruel fut-il. Ce livre est une sorte de parodie grotesque de tout cela, un pamphlet politique, une satire diluée dans un conte fantastique et cauchemardesque. Les gardiens de la censure n'y aurait-il alors vu que du feu ? Auraient-ils été nigauds à ce point ? Sans doute que oui, mais des nigauds cruels à la botte d'un dictateur fou qui tirait les marionnettes, sorte de réincarnation diabolique... Et c'est là que nous sommes invités à lire d'une tout autre manière ce roman qui a subi la censure sous le régime soviétique et la dictature stalinienne. Des notes de bas de page invitent à décrypter le texte, à en dévoiler les zones souterraines, la façon dont certaines phrases censurées jusque-là, furent réhabilitées au récit, en 1966. J'ai rencontré Mikhaïl Boulgakov, si je peux m'exprimer ainsi, en découvrant sa statue à l'allure fière et austère, tout près de sa maison natale devenue le musée qui lui est dédié, à Kiev, dans la fameuse et très belle descente de Saint-André. La veille, je venais de faire connaissance avec celle qui allait devenir mon épouse. Nous étions en fin décembre 2014, quelques mois après les événements de la place Maïdan, la capitale commençait à respirer tout en se souvenant des cent neuf manifestants abattus dix mois plus tôt sous les balles des snipers pro-russes embusqués sur les toits et dans les chambres des deux grands hôtels qui dominaient la place. Le lendemain, je découvrais une horreur dans l'histoire de l'Ukraine, en visitant le mémorial consacré à cet événement, cette gigantesque famine des années trente appelée Holodomor, restée presque inconnue des manuels d'histoire très longtemps, voulue par Staline, un véritable génocide pour faire plier la paysannerie ukrainienne sous le joug du régime soviétique. Le roman, le Maître et Marguerite se situe précisément à cette période où des millions d'ukrainiens ont péri. J'ai pensé que Mikhaïl Boulgakov avait sans doute aussi le dessein de vouloir dénoncer le mal fait à son pays d'origine. Au moment où j'achève l'écriture de cette chronique, je découvre cette mise en abyme et qui fait écho aussi à l'Ukraine que j'ai appris à découvrir il y a cinq ans maintenant... Le Maître et Marguerite est un texte difficile, mais magnifique à plus d'un titre, qui mérite le détour.
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  • Patrijob Posté le 29 Août 2019
    Avec le Maître et Marguerite, je replonge avec délice dans la littérature classique. Publié pour la première fois en 1966, ce récit a pourtant été entamé en 1928 par son auteur, Mikhaïl Boulgakov, et terminé seulement en 1940, peu de temps avant sa mort. La plus grande partie de son oeuvre ayant été victime de la censure, l'écrivain incompris et souffrant de ne pouvoir écrire, se venge en quelque sorte à travers cette satire de la société russe dans laquelle le diable et sa suite font des ravages en s'en prenant à l'intelligetsia moscovite. Un conte fantastique , onirique, cynique, dans lequel prend forme un deuxième récit qui se déroule en Judée, sous l'hégémonie de Ponce Pilate et qui relate, de façon gnostique, la comparution de Yeshoua, ainsi que son exécution. Boulgakov met l'accent sur la lâcheté du procurateur romain qui préfère exécuter un innocent plutôt que ruiner sa carrière, et par la même occasion, fait un parrallèle avec ce qu'il considère comme sa propre lâcheté intellectuelle. Marguerite n'apparaît que dans la deuxième partie du roman et semble être celle qui, par son amour, soutient l'écrivain dans son entreprise et va jusqu'à pactiser avec le diable pour que l'homme qu'elle aime puisse retrouver sa liberté... Avec le Maître et Marguerite, je replonge avec délice dans la littérature classique. Publié pour la première fois en 1966, ce récit a pourtant été entamé en 1928 par son auteur, Mikhaïl Boulgakov, et terminé seulement en 1940, peu de temps avant sa mort. La plus grande partie de son oeuvre ayant été victime de la censure, l'écrivain incompris et souffrant de ne pouvoir écrire, se venge en quelque sorte à travers cette satire de la société russe dans laquelle le diable et sa suite font des ravages en s'en prenant à l'intelligetsia moscovite. Un conte fantastique , onirique, cynique, dans lequel prend forme un deuxième récit qui se déroule en Judée, sous l'hégémonie de Ponce Pilate et qui relate, de façon gnostique, la comparution de Yeshoua, ainsi que son exécution. Boulgakov met l'accent sur la lâcheté du procurateur romain qui préfère exécuter un innocent plutôt que ruiner sa carrière, et par la même occasion, fait un parrallèle avec ce qu'il considère comme sa propre lâcheté intellectuelle. Marguerite n'apparaît que dans la deuxième partie du roman et semble être celle qui, par son amour, soutient l'écrivain dans son entreprise et va jusqu'à pactiser avec le diable pour que l'homme qu'elle aime puisse retrouver sa liberté d'écriture. Une très belle plume, riche et complexe, qui interpelle régulièrement le lecteur, le bousculant dans sa lecture ou le prenant à témoin. Une histoire qu'il est difficile de résumer tant elle est empreinte d'imaginaire, de situations surnaturelles et cocasses et sous l'humour desquelles pointe la révolte, la dénonciation de tout un régime et de sa milice pervertie. Je ne peux m'empêcher d'admirer ces auteurs qui s'obstinent, dans d'énormes souffrances, à faire passer leurs idées à tout prix au risque de se voir sanctionner et dont le talent consiste à "ruser" avec le pouvoir, fabulant pour mieux critiquer. Difficile mais superbe...un peu long quand même.
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