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Le Maître et Marguerite

Robert Laffont
EAN : 9782221221136
Façonnage normé : POCHE
Nombre de pages : 704
Format : 122 x 182 mm
Le Maître et Marguerite

Claude LIGNY (Traducteur)
Collection : Pavillons Poche
Date de parution : 22/11/2018
Une nouvelle édition de l’un des titres phares de la collection « Pavillons Poche », le chef-d’œuvre de Mikhaïl Boulgakov, Le Maître et Marguerite, qui voit ici sa traduction de Claude Ligny augmentée d'un appareil critique et d’une introduction de la spécialiste de la littérature russe Marianne Gourg.

Pour retrouver l’homme qu’elle aime, un écrivain maudit, Marguerite accepte de livrer son âme au diable. Version contemporaine du mythe de Faust, transposé à Moscou dans les années 1930, Le Maître et Marguerite est aussi l’une des histoires d’amour les plus émouvantes jamais écrites. Mikhaïl Boulgakov a travaillé à son...

Pour retrouver l’homme qu’elle aime, un écrivain maudit, Marguerite accepte de livrer son âme au diable. Version contemporaine du mythe de Faust, transposé à Moscou dans les années 1930, Le Maître et Marguerite est aussi l’une des histoires d’amour les plus émouvantes jamais écrites. Mikhaïl Boulgakov a travaillé à son roman durant douze ans, en pleine dictature stalinienne, conscient qu’il n’aurait aucune chance de le voir paraître de son vivant. Écrit pour la liberté des artistes et contre le conformisme, cet objet d’admiration universelle fut publié un quart de siècle après la mort de celui qui est aujourd’hui considéré comme l’égal de Dostoïevski, Gogol ou Tchekhov.
Cette édition s’accompagne d’un appareil critique et d’une introduction de la spécialiste de la littérature russe Marianne Gourg, qui a également révisé la traduction.

« Le texte-testament de Boulgakov. Un acte de pure folie littéraire comme de pure liberté. » Télérama

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EAN : 9782221221136
Façonnage normé : POCHE
Nombre de pages : 704
Format : 122 x 182 mm

Ce qu'en pensent nos lecteurs sur Babelio

  • Sosoominouxxx Posté le 29 Octobre 2019
    Trois mots pour le résumer: machiavélique, déjanté et jouissif! Un livre qui au premier abord semble sans queue ni tête, mais qui se révèle en fait plein de rebondissements et avec une intrigue très complexe et intéressante!! La plume est poétique, les diverses frasques des personnages principaux sont toutes plus improbables les unes que les autres!
  • berni_29 Posté le 6 Septembre 2019
    Le Maître et Marguerite, c'est un livre d'une folie incroyable, le livre de toute une vie pour son auteur, Mikhaïl Boulgakov, dont l'écriture l'a accompagné presque jusqu'à la mort. Ne comptez pas sur moi pour tenter de vous en résumer l'histoire ou esquisser l'intrigue ; je suis ressorti de ce texte lessivé, essoré, comme démembré, revenant d'une autre planète, d'un ailleurs sidéral, d'un endroit invisible pour le regard du commun des mortels, quelque chose qui vous échappe, vous dépasse complètement, et cela presque à chaque page. Si je commence à vous raconter, ne serait-ce que le début du récit, vous aurez du mal à me croire et je risque de subir le même sort que l'un des personnages du roman, un certain Ivan Nikolaïevitch Ponerief qui finit à l'hôpital psychiatrique, pour la simple raison que ce qu'il vient de vivre en cette fin de journée printanière des années trente à Moscou, relève de la pure folie et qu'il a le malheur de vouloir le raconter autour de lui tel qu'il vient de le vivre. Imaginez un récit où brusquement viennent se mêler comme dans un capharnaüm insensé : un étranger capable de lire l'avenir, un personnage maléfique qui se transforme... Le Maître et Marguerite, c'est un livre d'une folie incroyable, le livre de toute une vie pour son auteur, Mikhaïl Boulgakov, dont l'écriture l'a accompagné presque jusqu'à la mort. Ne comptez pas sur moi pour tenter de vous en résumer l'histoire ou esquisser l'intrigue ; je suis ressorti de ce texte lessivé, essoré, comme démembré, revenant d'une autre planète, d'un ailleurs sidéral, d'un endroit invisible pour le regard du commun des mortels, quelque chose qui vous échappe, vous dépasse complètement, et cela presque à chaque page. Si je commence à vous raconter, ne serait-ce que le début du récit, vous aurez du mal à me croire et je risque de subir le même sort que l'un des personnages du roman, un certain Ivan Nikolaïevitch Ponerief qui finit à l'hôpital psychiatrique, pour la simple raison que ce qu'il vient de vivre en cette fin de journée printanière des années trente à Moscou, relève de la pure folie et qu'il a le malheur de vouloir le raconter autour de lui tel qu'il vient de le vivre. Imaginez un récit où brusquement viennent se mêler comme dans un capharnaüm insensé : un étranger capable de lire l'avenir, un personnage maléfique qui se transforme en chat amateur de Cognac et de thé et qui, plus tard, arrachera la tête d'un animateur de spectacles, des femmes rousses qui s'envolent nues dans la nuit étoilée chevauchant un balai, des roubles qui se transforment en dollars et qu'on dissimule aussitôt dans des gaines d'aération de toilettes, un homme transformé en pourceau... De temps en temps, un autre texte surgit, d'un temps ancien se situant à Jérusalem, le procès d'un certain Yeshoua mené par le procurateur Ponce Pilate, homme lâche, soucieux de sa carrière plutôt que de l'équité de la justice. L'ombre de Jules César plane au loin, pour un peu on lui devinerait une sorte de moustache à la Groucho Marx et on le surnommerait le Petit Père des peuples... Les deux récits vont se faire écho, finir par s'entremêler, donnant sens peu à peu à l'ensemble du roman... Et puis, brusquement, comme un tournant du récit, tournant les pages du récit comme les ailes d'un moulin à vent, il y a ce bal éperdu, échevelé, enivré par le trouble de la pleine lune... Ce n'est pourtant pas ce genre de littérature qui m'attire habituellement... Si le récit est enlevé, il n'en demeure pas moins complexe comme un puzzle où il nous faut rassembler quelques morceaux éparpillés pour tenter de reconstituer une tentative de compréhension, convoquant l'étonnement et l'imaginaire du lecteur que je suis, me transformant peut-être à mon tour dans l'effervescence des mots. Au début de ma lecture, j'ai avancé à tâtons dans ce texte multiple, un peu comme Alice au Pays des Merveilles, sauf qu'ici le pays que j'ai découvert était semé de figures démoniaques. C'est un texte fait de chausse-trappes, se jouant du temps et le façonnant à sa manière, les chapitres se succèdent dans un tourbillon vertigineux, sans logique apparente, chaque personnage entre en scène et tire sa révérence pour laisser d'autres apparaître ; un fil semble pourtant se tisser entre eux, à peine perceptible au regard du lecteur. Le Maître tarde à venir, comme un héros attendu, guetté par le lecteur, j'y ai vu ici comme une sorte de double de Boulgakov, le Maître, celui-ci n'étant plus nommé que de cette manière, écrivain ayant perdu son nom, peut-être son identité, mais pas son âme, son nom est effacé, comme figurant déjà les prémices d'une violente répression à l'égard de l'art, des artistes, de la culture, celle qui existait avant... Dans cette étrange féérie macabre et gothique, se dégage un texte dont la fluidité de la lecture peut surprendre, il n'en demeure pas moins que l'architecture du récit est complexe, vertigineuse, abyssale, déroutante. Mais au final, contre toute attente, je suis parvenu à retomber sur mes pieds, à avec nettement moins de désagréments que certains des personnages du livre. Au final, tournant les dernières pages du roman, se dessinait dans mes yeux comme le soupçon d'une harmonie. Au coeur du récit, il y a aussi une passion amoureuse, celle de Marguerite et du Maître, Marguerite convoque le mythe de Faust, invitée à vendre son âme au diable en devenant reine du fameux bal, pour retrouver le Maître et son amour. Et si tout ceci était bien réel finalement... En effet, il y a quelque chose qui ressemble à une farce pitoyable et ubuesque, comme le fut le régime stalinien, aussi cruel fut-il. Ce livre est une sorte de parodie grotesque de tout cela, un pamphlet politique, une satire diluée dans un conte fantastique et cauchemardesque. Les gardiens de la censure n'y aurait-il alors vu que du feu ? Auraient-ils été nigauds à ce point ? Sans doute que oui, mais des nigauds cruels à la botte d'un dictateur fou qui tirait les marionnettes, sorte de réincarnation diabolique... Et c'est là que nous sommes invités à lire d'une tout autre manière ce roman qui a subi la censure sous le régime soviétique et la dictature stalinienne. Des notes de bas de page invitent à décrypter le texte, à en dévoiler les zones souterraines, la façon dont certaines phrases censurées jusque-là, furent réhabilitées au récit, en 1966. J'ai rencontré Mikhaïl Boulgakov, si je peux m'exprimer ainsi, en découvrant sa statue à l'allure fière et austère, tout près de sa maison natale devenue le musée qui lui est dédié, à Kiev, dans la fameuse et très belle descente de Saint-André. La veille, je venais de faire connaissance avec celle qui allait devenir mon épouse. Nous étions en fin décembre 2014, quelques mois après les événements de la place Maïdan, la capitale commençait à respirer tout en se souvenant des cent neuf manifestants abattus dix mois plus tôt sous les balles des snipers pro-russes embusqués sur les toits et dans les chambres des deux grands hôtels qui dominaient la place. Le lendemain, je découvrais une horreur dans l'histoire de l'Ukraine, en visitant le mémorial consacré à cet événement, cette gigantesque famine des années trente appelée Holodomor, restée presque inconnue des manuels d'histoire très longtemps, voulue par Staline, un véritable génocide pour faire plier la paysannerie ukrainienne sous le joug du régime soviétique. Le roman, le Maître et Marguerite se situe précisément à cette période où des millions d'ukrainiens ont péri. J'ai pensé que Mikhaïl Boulgakov avait sans doute aussi le dessein de vouloir dénoncer le mal fait à son pays d'origine. Au moment où j'achève l'écriture de cette chronique, je découvre cette mise en abyme et qui fait écho aussi à l'Ukraine que j'ai appris à découvrir il y a cinq ans maintenant... Le Maître et Marguerite est un texte difficile, mais magnifique à plus d'un titre, qui mérite le détour.
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  • patriciajobe Posté le 29 Août 2019
    Avec le Maître et Marguerite, je replonge avec délice dans la littérature classique. Publié pour la première fois en 1966, ce récit a pourtant été entamé en 1928 par son auteur, Mikhaïl Boulgakov, et terminé seulement en 1940, peu de temps avant sa mort. La plus grande partie de son oeuvre ayant été victime de la censure, l'écrivain incompris et souffrant de ne pouvoir écrire, se venge en quelque sorte à travers cette satire de la société russe dans laquelle le diable et sa suite font des ravages en s'en prenant à l'intelligetsia moscovite. Un conte fantastique , onirique, cynique, dans lequel prend forme un deuxième récit qui se déroule en Judée, sous l'hégémonie de Ponce Pilate et qui relate, de façon gnostique, la comparution de Yeshoua, ainsi que son exécution. Boulgakov met l'accent sur la lâcheté du procurateur romain qui préfère exécuter un innocent plutôt que ruiner sa carrière, et par la même occasion, fait un parrallèle avec ce qu'il considère comme sa propre lâcheté intellectuelle. Marguerite n'apparaît que dans la deuxième partie du roman et semble être celle qui, par son amour, soutient l'écrivain dans son entreprise et va jusqu'à pactiser avec le diable pour que l'homme qu'elle aime puisse retrouver sa liberté... Avec le Maître et Marguerite, je replonge avec délice dans la littérature classique. Publié pour la première fois en 1966, ce récit a pourtant été entamé en 1928 par son auteur, Mikhaïl Boulgakov, et terminé seulement en 1940, peu de temps avant sa mort. La plus grande partie de son oeuvre ayant été victime de la censure, l'écrivain incompris et souffrant de ne pouvoir écrire, se venge en quelque sorte à travers cette satire de la société russe dans laquelle le diable et sa suite font des ravages en s'en prenant à l'intelligetsia moscovite. Un conte fantastique , onirique, cynique, dans lequel prend forme un deuxième récit qui se déroule en Judée, sous l'hégémonie de Ponce Pilate et qui relate, de façon gnostique, la comparution de Yeshoua, ainsi que son exécution. Boulgakov met l'accent sur la lâcheté du procurateur romain qui préfère exécuter un innocent plutôt que ruiner sa carrière, et par la même occasion, fait un parrallèle avec ce qu'il considère comme sa propre lâcheté intellectuelle. Marguerite n'apparaît que dans la deuxième partie du roman et semble être celle qui, par son amour, soutient l'écrivain dans son entreprise et va jusqu'à pactiser avec le diable pour que l'homme qu'elle aime puisse retrouver sa liberté d'écriture. Une très belle plume, riche et complexe, qui interpelle régulièrement le lecteur, le bousculant dans sa lecture ou le prenant à témoin. Une histoire qu'il est difficile de résumer tant elle est empreinte d'imaginaire, de situations surnaturelles et cocasses et sous l'humour desquelles pointe la révolte, la dénonciation de tout un régime et de sa milice pervertie. Je ne peux m'empêcher d'admirer ces auteurs qui s'obstinent, dans d'énormes souffrances, à faire passer leurs idées à tout prix au risque de se voir sanctionner et dont le talent consiste à "ruser" avec le pouvoir, fabulant pour mieux critiquer. Difficile mais superbe...un peu long quand même.
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  • Bobby_The_Rasta_Lama Posté le 21 Août 2019
    "Mais cette nuit est une nuit de règlement de compte." (p. 507) On peut le dire comme ça... Il est très tard quand je referme enfin "Le maître et Marguerite" de Boulgakov. La fenêtre est ouverte, et quelque part au fond du jardin un hibou hulule d'une voix plaintive qu'il était un mauvais poète, et qu'il n'écrira plus jamais de la poésie. Et même si la lune n'est pas pleine, le cercle brumeux qui l'entoure crée une sorte de magie étrange... Je ne serais pas surprise de voir y passer une sorcière sur un balai. Ou sur un cochon, si vous préférez. Et mon souvenir va à mes potes russophiles de la fac, qui m'ont tellement assommée avec ce livre que j'avais des sueurs froides rien qu'à l'idée d'y jeter un coup d'oeil : d'abord je vais buter sur les niveaux narratifs qui superposent le Moscou des années 30 avec une histoire biblique, après je vais rencontrer des personnages au noms aussi fous que Woland, Azazello et Yeshoua Ha-Nozri; Ponce Pilate et le gros chat noir avec un samovar vont arriver dans la foulée, et à la fin je ne comprendrai rien du tout ! Qui peut trouver ça génial ? Les pensionnaires dans le... "Mais cette nuit est une nuit de règlement de compte." (p. 507) On peut le dire comme ça... Il est très tard quand je referme enfin "Le maître et Marguerite" de Boulgakov. La fenêtre est ouverte, et quelque part au fond du jardin un hibou hulule d'une voix plaintive qu'il était un mauvais poète, et qu'il n'écrira plus jamais de la poésie. Et même si la lune n'est pas pleine, le cercle brumeux qui l'entoure crée une sorte de magie étrange... Je ne serais pas surprise de voir y passer une sorcière sur un balai. Ou sur un cochon, si vous préférez. Et mon souvenir va à mes potes russophiles de la fac, qui m'ont tellement assommée avec ce livre que j'avais des sueurs froides rien qu'à l'idée d'y jeter un coup d'oeil : d'abord je vais buter sur les niveaux narratifs qui superposent le Moscou des années 30 avec une histoire biblique, après je vais rencontrer des personnages au noms aussi fous que Woland, Azazello et Yeshoua Ha-Nozri; Ponce Pilate et le gros chat noir avec un samovar vont arriver dans la foulée, et à la fin je ne comprendrai rien du tout ! Qui peut trouver ça génial ? Les pensionnaires dans le sanatorium du Dr. Stravinski pendant ce sacré printemps moscovite ? Ce n'est donc qu'après de longues années que j'ai décidé d'ouvrir prudemment cet ouvrage douteux. Ha ! La rencontre avec Woland près de l'Etang du Patriarche m'a fait l'effet d'un seau d'eau glacée dans la figure, et je me suis enfin réveillée. Il est tout aussi possible que c'était le contraire et que je me suis laissée envoûter, mais avec Woland, on ne sait jamais... Il n'est pas étonnant que le livre a inspiré Mick Jagger pour écrire "Sympathy for the Devil". Mais c'est loin d'être la seule chose qu'il a inspiré, et réciproquement, les sources dans lesquelles puise Boulgakov sont innombrables. Rien n'est laissé au hasard, et le moindre nom, le moindre endroit fait une référence politique ou culturelle. Boulgakov s'amuse, montre, dénonce. La lecture est fluide, mais elle est loin d'être facile. Peut-on définir objectivement le Bien et le Mal ? Woland n'est pas un représentant du "mal" dans le sens biblique du terme, mais plutôt en élément qui dévoile la véritable nature humaine. D'où l'enchaînement d'épisodes burlesques lors de son passage à Moscou : il est comme une tornade qui sème la pagaille dans la bureaucratie communiste bien rodée. Les agissements de sa petite bande sont, certes, "diaboliques", mais ils ne font que pointer le doigt sur le rationalisme imposé par l'époque, et sur cette large âme russe qui reste pleine de mysticisme, fatalisme, et la foi naturelle en quelque chose qui dépasse les frontières du monde physique. "Est-ce que la lâcheté est le pire défaut de l'humanité ?" se demande Ponce Pilate en condamnant malgré lui le prophète Ha-Nozri. Cette histoire contenue dans le livre du Maître est, paradoxalement, la plus réaliste de toutes, et elle a aussi une grande importance pour le dénouement de l'ensemble. Le Maître est anéanti après le refus de son manuscrit, et c'est l'amour de Marguerite, qui n'hésite pas à faire n'importe quoi, même de signer un pacte avec le Diable et servir d'hôtesse à son bal, qui va le sauver. Même Woland doit s'incliner - la dichotomie classique entre le Bien et le Mal disparaît, pour laisser la place à quelque chose en dehors de ces notions - l'Amour pur. Mais Woland est le Diable. Est-ce vraiment son rôle de veiller à ce que tout se finisse bien ? La réalité dans "Le Maître et Marguerite" est différente : Woland ne fait pas que "punir les méchants", il est aussi un exécuteur du Destin, et en quelque sorte, il est là pour maintenir l'équilibre sur la terre et récompenser ceux qui le méritent. Tous les niveaux du livre convergent vers cet état de grâce final. Ce qui est étonnant, c'est que l'histoire fantastique de Boulgakov est écrite si posément que parfois je me demandais pourquoi, Diable, devrait-il me sembler bizarre que Marguerite s'élève dans les airs pour casser les fenêtres de l'appartement de l'homme qui est à l'origine des malheurs de son Maître. Elle prend tout simplement un marteau et... et alors ?! J'ai avalé l'histoire de la pommade magique, Pilate, Judas et Yeshoua sans hésiter, comme si Boulgakov avait été là pour consigner tout simplement sur papier ce qu'il a vu. Il est très probable qu'il reste beaucoup de choses que je n'ai pas comprises, ou comprises de travers. La prochaine fois, je serai peut-être interpellée par quelque chose que je n'ai même pas remarqué, ou surprise que j'ai pu m'attarder sur des choses qui ne le valent pas vraiment. Qui sait ? Ca fait longtemps que je ne suis pas tombée sur un livre qui me laisse des impressions pareilles. C'est fou, ou c'est génial ? Ou les deux ? Est-il seulement possible que ce soit les deux ? ... j'ai presque fini de rêver, quand dans la nuit, au fond du jardin, un chat a affreusement hurlé. Je me penche dehors, et d'une voix pas rassurée, je demande : "B..bb..Béhémoth ? Et c'est la dernière goutte à la perfection du roman de Boulgakov.
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  • Archie Posté le 17 Août 2019
    Un livre fascinant. Il se lit très agréablement, ce qui ne l’empêche pas d’être complexe et d’inciter à la réflexion. Après l’avoir terminé, j’ai été à plusieurs reprises amené à le rouvrir pour approfondir certains passages. Sa cohérence globale et ses messages sous-jacents sont en effet peu perceptibles à première lecture. Bien que reliés par des enchaînements de pure forme, les chapitres sont imbriqués sans logique apparente, tels « des éclats de soleil brisé », pour reprendre une image évoquée plusieurs fois par l’auteur. Je vais donc essayer de mettre de l’ordre dans ce qui pourrait sembler ne pas en avoir, en répondant à la question de base « de quoi le roman Le Maître et Marguerite est-il l’histoire ? ». A Moscou, vers 1930, un écrivain avait travaillé à un roman sur Ponce Pilate et ses rapports vécus ou rêvés, à Jérusalem, avec un vagabond philosophe du nom de Joshua. Le sujet avait fortement déplu aux autorités soviétiques, car il allait à l’encontre d’un dogme matérialiste niant l’existence de Jésus. L’écrivain s’était retrouvé au ban de la société. Laissant son livre inachevé, il avait disparu et échoué anonymement dans une clinique psychiatrique, abandonnant Marguerite, l’amour de sa vie, pour... Un livre fascinant. Il se lit très agréablement, ce qui ne l’empêche pas d’être complexe et d’inciter à la réflexion. Après l’avoir terminé, j’ai été à plusieurs reprises amené à le rouvrir pour approfondir certains passages. Sa cohérence globale et ses messages sous-jacents sont en effet peu perceptibles à première lecture. Bien que reliés par des enchaînements de pure forme, les chapitres sont imbriqués sans logique apparente, tels « des éclats de soleil brisé », pour reprendre une image évoquée plusieurs fois par l’auteur. Je vais donc essayer de mettre de l’ordre dans ce qui pourrait sembler ne pas en avoir, en répondant à la question de base « de quoi le roman Le Maître et Marguerite est-il l’histoire ? ». A Moscou, vers 1930, un écrivain avait travaillé à un roman sur Ponce Pilate et ses rapports vécus ou rêvés, à Jérusalem, avec un vagabond philosophe du nom de Joshua. Le sujet avait fortement déplu aux autorités soviétiques, car il allait à l’encontre d’un dogme matérialiste niant l’existence de Jésus. L’écrivain s’était retrouvé au ban de la société. Laissant son livre inachevé, il avait disparu et échoué anonymement dans une clinique psychiatrique, abandonnant Marguerite, l’amour de sa vie, pour ne pas l’entraîner dans sa chute. Désespérée, Marguerite rêve de retrouver celui qu’elle appelle le Maître. Le Diable décide de lui venir en aide en contrepartie d’un service. Il débarque alors à Moscou sous l’apparence d’un professeur de magie noire, Woland, assisté de trois démons hauts en couleur. Ils vont se faire un malin plaisir à semer désordre et panique dans les milieux culturels de Moscou. Les victimes de Woland, de ses assistants et de leur arsenal de sorcellerie fabuleuse sont des citoyens soi-disant exemplaires de l’Union soviétique, des bureaucrates à la mentalité étroite, des apparatchiks de la culture officielle. Les scènes sont proprement délirantes et leur cocasserie est irrésistible. On rit comme un enfant au théâtre de marionnettes, lorsque Guignol bastonne le gendarme. Mais derrière la magie burlesque des disparitions soudaines et des réapparitions en clinique psychiatrique, pointe une évocation du quotidien moscovite de purge politique. L’auteur, Mikhaïl Boulgakov, reprend le mythe de Faust qui, chez Goethe, avait vendu son âme au Diable pour réussir sa vie. Là, c’est Marguerite qui s’y colle. Elle accepte de jouer le rôle de Reine du Bal de la Pleine Lune, au bras de Satan, dans l’espoir d’obtenir la réhabilitation du Maître et la reprise de leur liaison amoureuse. Débrouillarde, cette Marguerite ! En tout cas, plus que Boulgakov lui-même. Malgré son statut d’intellectuel dissident, il n’avait pas rechigné à quelques compromissions avec le diabolique Staline… sans jamais rien obtenir en échange dans son parcours d’écrivain. Le Maitre et Marguerite ne sera publié que dans les années soixante, vingt-cinq ans après sa mort. Vendre son âme au Diable est une félonie. Mais céder son âme au Diable sans contrepartie est une félonie doublée d’une lâcheté. Dans le roman inachevé du Maître, c’est ce dont s’accuse Ponce Pilate qui, bien que convaincu de l’innocence de Jésus, l’avait laissé supplicier dans le seul but de ne pas compromettre sa carrière. L’Histoire n’a pourtant retenu que son acte de lâcheté. Dans l’univers fantasmagorique de Boulgakov, Pilate aura ruminé cette lâcheté pendant vingt siècles, avant que le Maître ne l’absolve en achevant son roman. Façon pour ce dernier – et pour Boulgakov lui-même – de profiter par procuration de cette absolution. Où est le bien, où est le mal ? En exergue, Boulgakov reprend une phrase prononcée par Méphistophélès, dans le Faust de Goethe : « Je suis une partie de cette force qui, éternellement, veut le mal, et qui, éternellement, accomplit le bien ». Woland / Satan est-il, comme Staline, un autocrate tout-puissant qui impose sa volonté maléfique dans un univers centré sur sa personne ? Ou est-il au contraire l’elfe facétieux qui vient défier l’ordre établi perverti, en mettant les rieurs de son côté ? Ce roman, à la fois joyeux et désespéré, paraissant déjanté et pourtant méticuleusement construit, est le chef d’œuvre d’un écrivain maudit qui lui consacra dix ans de sa vie, avant de mourir en 1940 à l’âge de quarante-neuf ans. Sa prose légère et poétique – remarquablement traduite – m’a entraîné mine de rien dans son univers onirique, enfer ou paradis, illuminé de lune pour l’éternité. Un univers que j’ai quitté avec regret une fois le livre achevé. Je me console en conservant Le Maître et Marguerite à portée de main, persuadé qu’une relecture prochaine sera l’occasion de nouveaux émerveillements.
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