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Pocket
EAN : 9782266023139
Code sériel : 1440
Façonnage normé : POCHE
Nombre de pages : 144
Format : 108 x 177 mm

Le Sagouin

Date de parution : 01/09/1989

Sale, bête et paresseux. Guillou, surnommé « le Sagouin » par sa mère, est un enfant timide et réservé. Dernier héritier d’une famille trop vite passée de noblesse à misère, il ne trouve de repos que dans la lecture – rare, hélas – des romans d’aventures. Alors que tous le...

Sale, bête et paresseux. Guillou, surnommé « le Sagouin » par sa mère, est un enfant timide et réservé. Dernier héritier d’une famille trop vite passée de noblesse à misère, il ne trouve de repos que dans la lecture – rare, hélas – des romans d’aventures. Alors que tous le considèrent comme perdu, la rencontre d’un jeune professeur change la donne. Le Sagouin serait-il finalement bon à quelque chose ?
François Mauriac a mis le meilleur de son art dans cette cruelle peinture d’une famille d’aristocrates décadents.

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EAN : 9782266023139
Code sériel : 1440
Façonnage normé : POCHE
Nombre de pages : 144
Format : 108 x 177 mm

Ce qu'en pensent nos lecteurs sur Babelio

  • mfrance Posté le 21 Juin 2020
    François Mauriac se livre ici à l'autopsie d'une famille dégénérée et en une centaine de pages rend compte du destin terrible du petit Guillou, enfant non désiré d'un pauvre demeuré et d'une femelle en furie. Ce petit garçon, aimablement dénommé le sagouin par sa mère car, sale, bavant et perpétuellement la morve au nez, est considéré comme simple d'esprit, ce qu'il n'est pas. Il n'aura au cours de sa brève et triste existence de petit être faible, apeuré et mal-aimé, qu'un jour de bonheur, grâce à l'espoir fragile donné par l'instituteur, seul à le considérer comme un enfant normal et qui lui laisse entrevoir la possibilité d'une félicité familiale. Ce récit, court,fiévreux campe magistralement une famille de hobereaux, la baronne hautaine, méprisante, son fils un fin de race demeuré et la belle-fille, qui a eu la funeste idée de vouloir échapper à sa condition bourgeoise en épousant un titre ! Et surtout ce petit, victime de la malveillance de sa mère, l'apathie maladive de son père, l'incompréhension de sa grand-mère et qui n'a que Fraülein la servante dévouée à qui se raccrocher .... mais Fraülein n'a pas grand chose à lui offrir ! Ici, point de pathos, mais quelques saynètes précises dans lesquelles... François Mauriac se livre ici à l'autopsie d'une famille dégénérée et en une centaine de pages rend compte du destin terrible du petit Guillou, enfant non désiré d'un pauvre demeuré et d'une femelle en furie. Ce petit garçon, aimablement dénommé le sagouin par sa mère car, sale, bavant et perpétuellement la morve au nez, est considéré comme simple d'esprit, ce qu'il n'est pas. Il n'aura au cours de sa brève et triste existence de petit être faible, apeuré et mal-aimé, qu'un jour de bonheur, grâce à l'espoir fragile donné par l'instituteur, seul à le considérer comme un enfant normal et qui lui laisse entrevoir la possibilité d'une félicité familiale. Ce récit, court,fiévreux campe magistralement une famille de hobereaux, la baronne hautaine, méprisante, son fils un fin de race demeuré et la belle-fille, qui a eu la funeste idée de vouloir échapper à sa condition bourgeoise en épousant un titre ! Et surtout ce petit, victime de la malveillance de sa mère, l'apathie maladive de son père, l'incompréhension de sa grand-mère et qui n'a que Fraülein la servante dévouée à qui se raccrocher .... mais Fraülein n'a pas grand chose à lui offrir ! Ici, point de pathos, mais quelques saynètes précises dans lesquelles se joue implacablement le destin de l'enfant, dans un enchaînement logique, imparable dans l'optique de l'époque d'après la Grande Guerre, où l'instituteur laïc faisait office de diable rouge. Savamment orchestré par un Mauriac éblouissant, grâce à une économie de moyens frisant la perfection, ce récit glaçant entraîne le lecteur dans les abîmes de la détresse humaine. C'est court, poignant, et nous assène la quintessence du malheur par la destinée tragique de cet enfant martyr. Un chef d'oeuvre de plus au crédit d'un des auteurs les plus talentueux que la littérature française ait offert. Victor Hugo voulait être Chateaubriand ou rien .... et il serait souhaitable que des auteurs actuels veuillent être Mauriac ou rien !
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  • Allantvers Posté le 17 Février 2020
    Plus je découvre François Mauriac, plus j'admire et apprécie son oeuvre, et pourtant ce sont chaque fois des textes qui mettent mal à l'aise. Encore une fois, c'est dans une atmosphère de malaise pesant, de violence sourde et de bourgeoisie fin de race et délétère que se déroule la tragédie du petit Guillou, gamin attardé mal aimé d'une mère qui déverse sur lui et sur toute sa belle-famille son aigreur de femme mal mariée, faisant de son fils l'enjeu de ce conflit social entre le curé et l'instituteur encore en vogue dans les années 50 et que le petit sagouin est bien en peine de comprendre. Le texte est d'autant plus percutant qu'il est ramassé (150 pages peu fournies dans l'édition de 1951 que j'avais en main), et que la plume de l'auteur est à la fois d'une précision clinique et porteuse d'une forte charge émotionnelle. Un drame terrible qui donne à voir la province française d'après-guerre sous son jour le plus glauque.
  • frandj Posté le 3 Novembre 2019
    Ce très court roman est, en quelque sorte, un concentré de François Mauriac. le décor (la région du Bordelais), le milieu (la vieille aristocratie déclinante), les relations interpersonnelles (saturées de mépris et/ou de haine), sont partie intégrante du monde particulier que l'écrivain a stigmatisé dans son oeuvre. Le « sagouin » s'appelle Guillaume. Il est le fils de Paule, une femme issue d'une grande famille bourgeoise qui a voulu absolument s'introduire dans la noblesse en épousant Galéas… qui, lui-même, n'est que l'ombre d'un homme. le jeune garçon est considéré comme un dégénéré qui ne peut pas être scolarisé normalement. Il se trouve ballotté sans ménagements entre sa mère, sa grand-mère (la baronne) et la gouvernante autrichienne Fraülein; Galéas compte pour du beurre. C'est Paule qui se montre la plus agressive: elle m'évoque le terrible personnage féminin d'Hervé Bazin; mais ici sa tête de Turc est sans défense, contrairement aux enfants de la célèbre Folcoche. L'élément déclencheur du drame, c'est la volonté de Paule de confier l'instruction de son fils à l'instituteur du village. Pendant les deux heures qu'il passe chez lui, Guillaume va croire qu'il sortira de son marasme. Illusion ! L'instituteur, qui est un "rouge", finit par refuser tout contact... Ce très court roman est, en quelque sorte, un concentré de François Mauriac. le décor (la région du Bordelais), le milieu (la vieille aristocratie déclinante), les relations interpersonnelles (saturées de mépris et/ou de haine), sont partie intégrante du monde particulier que l'écrivain a stigmatisé dans son oeuvre. Le « sagouin » s'appelle Guillaume. Il est le fils de Paule, une femme issue d'une grande famille bourgeoise qui a voulu absolument s'introduire dans la noblesse en épousant Galéas… qui, lui-même, n'est que l'ombre d'un homme. le jeune garçon est considéré comme un dégénéré qui ne peut pas être scolarisé normalement. Il se trouve ballotté sans ménagements entre sa mère, sa grand-mère (la baronne) et la gouvernante autrichienne Fraülein; Galéas compte pour du beurre. C'est Paule qui se montre la plus agressive: elle m'évoque le terrible personnage féminin d'Hervé Bazin; mais ici sa tête de Turc est sans défense, contrairement aux enfants de la célèbre Folcoche. L'élément déclencheur du drame, c'est la volonté de Paule de confier l'instruction de son fils à l'instituteur du village. Pendant les deux heures qu'il passe chez lui, Guillaume va croire qu'il sortira de son marasme. Illusion ! L'instituteur, qui est un "rouge", finit par refuser tout contact avec les "ennemis de classe" que représentent une famille de nobles. La conséquence ne se fait pas attendre: Guillaume et Galéas se suicident ensemble. Un triste dénouement qui conclut une situation familiale jusqu'ici désespérément bloquée. Mauriac écrit sobrement, ce qui ne dissimule pas la cruauté qui règne souvent dans les familles. Ce texte, très bref, se lit vite.
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  • julienmorvan Posté le 4 Août 2019
    Avec beaucoup de force dans l'écriture, François Mauriac dépeint une tragique destinée de ce qu'on appelait parfois des "fins de race", cette noblesse provinciale décadente, perdue entre la tradition poussiéreuse, les nouvelles idées politiques nées de l'industrialisation, les mariages arrangés avec la petite bourgeoisie d'argent ... et le temps qui passe. Le texte est court, puissant ; chaque phrase est précise ; la fin inattendue ; aucun personnage n'est épargné.
  • nath45 Posté le 8 Juillet 2019
    Un livre que l’on ne lâche pas, il relate le calvaire du petit Guillaume, dit Guillou pour sa grand-mère et le « saguoin » pour sa mère, cet enfant rejeté par celle-ci en raison de sa disgrâce physique qui lui rappelle celle de se mari haï. Je ne peux pas révéler grand-chose de cette petite histoire, nouvelle, afin de ne rien dévoiler, juste souligner que c’est un récit d’une grande intensité qui évoque les souffrances, la haine, les classes sociales … le tout avec justesse, aussi bien dans la description des personnages que dans celle de leurs sentiments. Un grand livre par son écriture.
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