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EAN : 9782266287432
Code sériel : 17317
Façonnage normé : POCHE
Nombre de pages : 368
Format : 108 x 177 mm

Les Esprits de la steppe

Collection : Évolution
Date de parution : 19/09/2019
Dans ce passionnant récit, Corine Sombrun qui a été initié au chamanisme en Mongolie, retrace la vie de ceux qui l’ont accueillie et formée. Ce « peuple des rennes » a perpétué jusqu’au milieu du XXe siècle un mode de vie nomade remontant à l’âge du bronze. Malheureusement sédentarisé en... Dans ce passionnant récit, Corine Sombrun qui a été initié au chamanisme en Mongolie, retrace la vie de ceux qui l’ont accueillie et formée. Ce « peuple des rennes » a perpétué jusqu’au milieu du XXe siècle un mode de vie nomade remontant à l’âge du bronze. Malheureusement sédentarisé en 1957 par le gouvernement de la République populaire de Mongolie, ses rennes sont devenus la propriété de l’État et des quotas de productivité ont été imposés, détruisant un équilibre millénaire. Devant la catastrophe de cette situation, les rennes ont été restitués aux Tsaatans. Mais la mondialisation est en train de détruire leur mode de vie. 
L’auteur, qui a connu ce monde juste avant sa disparition, a voulu témoigner de leur quotidien et de leurs traditions.
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EAN : 9782266287432
Code sériel : 17317
Façonnage normé : POCHE
Nombre de pages : 368
Format : 108 x 177 mm

Ce qu'en pensent nos lecteurs sur Babelio

  • emmabertrand34 Posté le 24 Mars 2021
    Un livre intéressant. Corine Sombrun relate efficacement et avec empathie la vie d'Enkhetuya, qu'elle parvient à nous rendre attachante voire familière malgré le fossé culturel et historique qui nous sépare. Dommage que la qualité de l'écriture soit parfois moyenne...(les "!!!" n'ont pas leur place dans un livre, et j'ai vu plusieurs fautes de typo concernant les prénoms notamment Gandjii mais ça, ce n'est pas le fait de l'auteur). Je trouve tout de même admirable d'avoir pris la peine d'écrire la vie d'Enkhetuya, de nous expliquer ses choix de vie et son quotidien, tout en remettant dans le contexte mongol avec des petites pages d'interlude sur la vie politique. Une lecture vraiment sympathique pour en apprendre davantage sur les Tsaatans et la dé-soviétisation de la Mongolie.
  • Apoapo Posté le 14 Mars 2021
    Entre 2001 et 2009, Corine Sombrun s'est rendue en Mongolie pendant plusieurs mois par an, pour recevoir d'Enkhetuya, chamane du peuple Tsataan, son initiation chamanique. Celle-ci a été relatée dans Mon Initiation chez les chamanes. Cet ouvrage-ci, par contre, consiste en la biographie d'Enkhetuya relatée par elle-même, depuis sa naissance en 1957, jusqu'à un voyage à Paris que l'auteure lui organise. En ce demi-siècle, à travers une trentaine d'épisodes biographiques emblématiques qui sont interprétés par leur protagoniste comme autant d'épiphanies des Esprits guidant sa vie, on apprend aussi les avatars du chamanisme en Mongolie, des persécutions communistes à sa dévitalisation néocapitaliste. En effet, lorsqu'à l'âge de six ans Enkhetuya reçoit le premier signe de sa « vocation » chamanique sous forme d'une mélodie de prières qu'elle chante à tue-tête involontairement sans les avoir jamais entendues, la mémoire familiale est encore fraîche de l'assassinat d'un grand-père et d'un grand-oncle par le régime pour leur état de chamane, lors des purges des années 30 ; l'ambition de la fillette est de devenir un jour institutrice, d'aller s'instruire dans cette école qui est la première institution d'éradication des « croyances arriérées » et de promotion de la « modernité socialiste » : les différents signes de l'héritage de « l'étincelle chamanique », notamment... Entre 2001 et 2009, Corine Sombrun s'est rendue en Mongolie pendant plusieurs mois par an, pour recevoir d'Enkhetuya, chamane du peuple Tsataan, son initiation chamanique. Celle-ci a été relatée dans Mon Initiation chez les chamanes. Cet ouvrage-ci, par contre, consiste en la biographie d'Enkhetuya relatée par elle-même, depuis sa naissance en 1957, jusqu'à un voyage à Paris que l'auteure lui organise. En ce demi-siècle, à travers une trentaine d'épisodes biographiques emblématiques qui sont interprétés par leur protagoniste comme autant d'épiphanies des Esprits guidant sa vie, on apprend aussi les avatars du chamanisme en Mongolie, des persécutions communistes à sa dévitalisation néocapitaliste. En effet, lorsqu'à l'âge de six ans Enkhetuya reçoit le premier signe de sa « vocation » chamanique sous forme d'une mélodie de prières qu'elle chante à tue-tête involontairement sans les avoir jamais entendues, la mémoire familiale est encore fraîche de l'assassinat d'un grand-père et d'un grand-oncle par le régime pour leur état de chamane, lors des purges des années 30 ; l'ambition de la fillette est de devenir un jour institutrice, d'aller s'instruire dans cette école qui est la première institution d'éradication des « croyances arriérées » et de promotion de la « modernité socialiste » : les différents signes de l'héritage de « l'étincelle chamanique », notamment son don de prémonition, apparaissent à toute la famille comme une véritable malédiction. L'abandon de la vie ancestrale d'élevage des rennes, pour l'internat dans l'école de village où son appartenance ethnique est stigmatisée, constitue une première expérience douloureuse, à laquelle fait suite l'apparition de symptômes très graves d'une pathologie dont elle ne guérira que par son initiation chamanique, qui se déroulera dans la clandestinité. Les premières étapes de sa vie de jeune femme, son veuvage très précoce à l'âge de vingt ans, et surtout de chamane, sont toujours caractérisées par la peur de la délation des voisins, l'angoisse de ne pas satisfaire les objectifs de production du plan quant à l'importance du troupeau de rennes « confiés aux éleveurs », l'inquiétude d'encourir le courroux des Esprits par la négligence des rituels. Et soudain, au début des années 90, c'est la fin du communisme, le pacte maléfique d'un lointain parent fonctionnaire qui propose à sa famille de se déplacer dans une région où le gouvernement souhaite promouvoir le tourisme étranger. Un tourisme qui, en une décennie à peine, se transforme de celui de quelques rares hurluberlus épris d'aventure qui ne demandent qu'à photographier des rennes en tourisme chamanique de masse, où l'on demande toujours plus, y compris des fausses cérémonies, l'achat de tambours et de robes chamaniques consacrés, et l'initiation du premier Occidental venu. Et, tout aussi rapidement, les Mongoles perdent leur innocence, leurs croyances, leurs pratiques, le respect des Esprits : Enkhetuya la première, parmi des chamanes qui, d'environ 30 ont atteint le nombre de 30.000 en dix ans, qui ont très vite appris la cupidité du capitalisme, qui ont su anticiper les désirs des étrangers porteurs de devises en leur construisant des villages touristiques, des centres de recherche sur le chamanisme... Dans les tipis, les téléphones portables ont été suspendus près de la viande séchée et des rubans sacrés, les panneaux photovoltaïques ont remplacé les seaux pour traire les rennes, on s'est mis à rêver d'émigration en Amérique et de jeeps rutilantes. Mais Enkhetuya, l'avisée femme d'affaires de succès, a aussi enduré un mari qui, devenu alcoolique car frustré par la déchéance de ses fonctions, lui a porté des coups, elle a élevé des enfants veules, incapables, déprimés, orphelins de leur culture, de leurs valeurs et refusant l'héritage chamanique. Dans son incompréhension d'avoir été abandonnée par les Esprits, il y a eu une étonnante résignation à opiner que : « Le progrès, c'est comme la pluie, on ne peut l'empêcher de tomber » (p. 320). Si 70 ans de communisme, avec son lot de persécutions et d'exécutions, avec sa destruction des terres et des coutumes au nom de la modernité, ont paradoxalement permis la conservation souterraine du chamanisme, le libéralisme mondialisé, en 10 ans, a donné l'impression d'une renaissance, d'un épanouissement sans précédent de celui-ci, mais il l'a folklorisé, tout en détruisant en profondeur les gens et leur environnement naturel et culturel. Dans ce récit, la rencontre avec Corine a aussi sa place dans le dernier tiers du livre, contact précoce avec une femme, étrangère dans son approche à l'apprentissage du chamanisme, et pourtant devenue familière et amie, la dernière de la famille à porter le deel, la robe traditionnelle, alliée familière donc, grâce à sa présence prolongée et justement à cette transmission rituelle : Corine qui, de Croïcroï au prénom imprononçable sera à la fin Tchitchic Ochkonoc, « Petit trou du cul » ! Une observatrice aussi perspicace que discrète et capable de s'abstenir de jugements : une anthropologue idéale qui suit son propre chemin de réflexion avec une lucidité admirable servie par une plume qui a perdu ses aspérités mais non son argutie splendide.
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  • florinette Posté le 10 Octobre 2019
    Avant que ce peuple ne disparaisse à jamais, Corine Sombrun évoque la vie d’Enkhetuya, une chamane Tsaatan du nord de la Mongolie, qui lui a enseigné le chamanisme durant plusieurs années. À travers cet ouvrage, Corine Sombrun évoque ce qu’a subi ce "peuple des rennes" dont la vie de nomade remonte à l’âge du bronze. Sédentarisés par le gouvernement de la République populaire mongole, les Tsaatans, face à l’idéologie communiste, se voient contraints d’abandonner tout rituel chamanique sous peine d’emprisonnement. En quelques années et avec l'arrivée de la mondialisation, on assiste avec amertume au déclin et à l’éradication de ce peuple, de sa culture et de son mode de vie ancestral. Alternant entre document ethnologique et récit biographique dans lequel Corine Sombrun évoque en parallèle ses ressentis, ses interrogations et ses premiers pas d’apprenti chamane. C’est un vibrant témoignage et hommage que rend Corine Sombrun pour ce peuple des rennes.
  • SophieLesBasBleus Posté le 28 Mars 2015
    Les esprits de la steppe sont ceux avec lesquels Enkhetuya entre en contact pendant les rituels chamaniques. Enkhetuya... si éloignée et pourtant devenue si proche grâce au récit de Corine Sombrun. Se jouant des kilomètres, des différences de langue, de culture et d'histoire, une étrange familiarité se noue avec cette femme chamane du peuple Tsataan. Avec les mots les plus riches parce que les plus vrais, Corine Sombrun nous raconte son histoire : les années d'enfance alors que le chamanisme est interdit et qu'une sournoise inquiétude travestit chaque rencontre. L'âpreté du quotidien est estompée par une sensation d'harmonie avec la famille, avec la nature, avec l'univers. Le changement à la fois brutal et insidieux vers la modernité s'effectue sur le fil entre nostalgie et adaptation à un confort nouveau. J'ai quitté Enkhetuya et Corine Sombrun comme on laisse partir des amies, avevc tristesse, avec le coeur qui tente de retenir encore un peu, avec l'espoir des les retrouver bientôt. Un livre envoûtant !
  • Moan Posté le 16 Février 2014
    Corinne Sombrun a rencontré Enkhetuya chamane de ce peuple Tsataan du nord de la Mongolie qui vit de génération en génération dans ce pays hostile en élevant des rennes. Mais le collectivisme de l'URSS qui a obligé ce peuple à se sédentariser, a réussi à faire diminuer le nombre de rennes de manière dramatique et à obliger les Tsataans à émigrer vers les villes ou à survivre à peine en gardant leurs coutumes. Enkhetuya raconte son enfance , vivant de manière traditionnelle avec ses parents, ses frères et soeurs dans l'urtz habitat de la famille, la découverte de son don, l'enseignement qu'elle a reçu en secret et qui fera d'elle un chaman puissant. Survivre avec seulement une petite vingtaine de rennes devient impossible et Enkhetuya trouvera sa solution en accueillant le modernisme à sa façon. Un livre qui apprend beaucoup sur ce mode de vie exceptionnel que notre mondialisation fait disparaître.
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