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EAN : 9782266316309
Code sériel : 18238
Façonnage normé : POCHE
Nombre de pages : 560
Format : 108 x 177 mm
Ma sombre Vanessa
Caroline Bouet (traduit par)
Date de parution : 21/10/2021
Éditeurs :
Pocket

Ma sombre Vanessa

Caroline Bouet (traduit par)
Date de parution : 21/10/2021
2000. Dans un prestigieux pensionnat de la Nouvelle-Angleterre, Vanessa Wye, élève brillante de quinze ans, tombe sous le charme de Jacob Strane, son professeur de littérature de quarante-deux ans. Débute... 2000. Dans un prestigieux pensionnat de la Nouvelle-Angleterre, Vanessa Wye, élève brillante de quinze ans, tombe sous le charme de Jacob Strane, son professeur de littérature de quarante-deux ans. Débute alors une relation qui va durer des années.
2017. Strane est accusé d'abus sexuel par l'une de ses anciennes élèves. Vanessa,...
2000. Dans un prestigieux pensionnat de la Nouvelle-Angleterre, Vanessa Wye, élève brillante de quinze ans, tombe sous le charme de Jacob Strane, son professeur de littérature de quarante-deux ans. Débute alors une relation qui va durer des années.
2017. Strane est accusé d'abus sexuel par l'une de ses anciennes élèves. Vanessa, contactée par cette dernière, replonge dans ses souvenirs de jeunesse. Peu à peu émergent des doutes qui ne l'avaient jamais traversée. Mais peut-elle remettre en question son premier amour, cette relation fondatrice qui a infléchi le cours de sa vie ? Est-il possible qu'elle se soit à ce point trompée sur cet homme qui lui déclarait son amour éternel ? Le chemin sera long, de l’ombre à la lumière…
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EAN : 9782266316309
Code sériel : 18238
Façonnage normé : POCHE
Nombre de pages : 560
Format : 108 x 177 mm

Ils en parlent

 « Troublant, dérangeant, enrichissant. » 
ELLE

Ce qu'en pensent nos lecteurs sur Babelio

  • diablotin0 Posté le 17 Avril 2022
    L'auteur, kate Elizabeth Russell prend bien soin dans un préambule, d'insister sur le fait que "ma sombre Vanessa" est un roman et, en aucun cas, un roman biographique et que tous les personnages sont fictifs. Après lecture, je comprends pourquoi il lui a été nécessaire de prendre cette précaution. Sans celle-ci l'histoire lui aurait été assurément attribuée, il y a une telle justesse des sentiments. L'ambivalence des comportements, des désirs est tellement bien décrite que l'on croit aux personnages, cela en est même troublant. J'ai moi-même été tout au long de cette lecture perturbée par des sentiments contradictoires. La façon dont la relation entre Vanessa, jeune fille de 15 ans et son professeur Jacob Strane, de 42 ans se met en place est troublante car il s'instaure des doutes sur le consentement. Mais tout cela est en nuances et pas à pas on ressent l'emprise et un malaise grandissant, la culpabilité, les interrogations,l'ambivalence . Alors bien sûr, on a envie de mettre en garde Vanessa et de la protéger mais sa fragilité ainsi que l'engrenage dans lequel elle se trouve la conduisent vers une relation de plus en plus toxique. Jacob Strane sait s'y prendre pour tisser sa toile et prévenir... L'auteur, kate Elizabeth Russell prend bien soin dans un préambule, d'insister sur le fait que "ma sombre Vanessa" est un roman et, en aucun cas, un roman biographique et que tous les personnages sont fictifs. Après lecture, je comprends pourquoi il lui a été nécessaire de prendre cette précaution. Sans celle-ci l'histoire lui aurait été assurément attribuée, il y a une telle justesse des sentiments. L'ambivalence des comportements, des désirs est tellement bien décrite que l'on croit aux personnages, cela en est même troublant. J'ai moi-même été tout au long de cette lecture perturbée par des sentiments contradictoires. La façon dont la relation entre Vanessa, jeune fille de 15 ans et son professeur Jacob Strane, de 42 ans se met en place est troublante car il s'instaure des doutes sur le consentement. Mais tout cela est en nuances et pas à pas on ressent l'emprise et un malaise grandissant, la culpabilité, les interrogations,l'ambivalence . Alors bien sûr, on a envie de mettre en garde Vanessa et de la protéger mais sa fragilité ainsi que l'engrenage dans lequel elle se trouve la conduisent vers une relation de plus en plus toxique. Jacob Strane sait s'y prendre pour tisser sa toile et prévenir ses arrières, jusqu'au jour où, plusieurs années plus tard, d'autres élèves vont porter plainte. Ce roman est extrêmement bien fait car il est criant de vérité. le professeur n'est pas le bel homme caricatural, non il est décrit comme ayant une bedaine, des bajoues, ne sachant pas véritablement s'habiller et puis il peut paraître, par moment, délicat, prévenant. C'est là tout le problème et l'ambivalence de cette relation qui n'aurait jamais dû commencer. On alterne entre deux périodes, celle où Vanessa est une jeune fille de 15 ,16 ans et celle, 17 ans plus tard, où une plainte est déposée et où les journalistes s'emparent de l'histoire. Avec beaucoup d'habileté, l'auteur montre combien cette relation a détruit Vanessa et continue à agir sur ses comportements et ses relations aux autres. Bouleversant, troublant, intelligent, voilà ce qu'est ce livres qui montre la complexité de l'être humain et la notion de consentement.
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  • Liwens Posté le 7 Mars 2022
    Je ne parlerais pas de l'intrigue de l'histoire car de nombreuses personnes le font déjà dans les commentaires alors je vais directement passer à mon ressentie sur cette lecture. J'ai bien aimé sans que ce ne sois un coup de coeur pour autant. Les personnages sont bien développés et le roman présente un aspect psychologique de ceux-ci qui demande à réfléchir. Je ne savais parfois pas quoi penser des situations et j'étais amené à me questionner sur ce qui était correcte ou ne l'étais pas d'un point de vue moral. J'ai trouvé la psychologie du personnage de Vanessa très intéréssante car elle est complexe et il est difficile de savoir ce qu'elle ressens vraiment puisqu'elle meme n'a pas l'air de le savoir. Bref, c'était tout de meme un bon roman.
  • Foufoubella Posté le 21 Février 2022
    "Je ne peux pas perdre ce à quoi je me suis accrochée pendant si longtemps. Vous voyez ?  (…) J'ai juste vraiment besoin que ce soit une histoire d'amour. Vous comprenez ? J'ai vraiment, vraiment besoin que ce soit cela. (…) Parce que si ce n'est pas une histoire d'amour, qu'est-ce que c'est ?" Ces quelques phrases donnent à elles-seules la tonalité du roman. Il est difficile de ne pas penser au livre le consentement même si je ne l'ai pas encore lu. L'un est un témoignage tandis que l'autre est un roman. Un roman, vraiment? L'autrice l'affirme pourtant. Vanessa Rye est une jeune fille de 15 ans qui entretiendra une relation "amoureuse" avec son professeur de littérature, âgé quant à lui de 42 ans. Elle a 32 ans quand une onde de choc la percute de plein fouet, quand une autre jeune femme porte plainte contre ledit professeur pour abus sexuel. Vanessa n'y croit pas, ne veut pas y croire, ne peut pas y croire. Car si elle y croit, elle sera alors obligée de regarder la vérité toute nue et de remettre en question "sa" première histoire d'amour, tellement importante, car fondatrice, dans la vie de tout un chacun. Glauque, cru, curieux, malaisant, malsain,... "Je ne peux pas perdre ce à quoi je me suis accrochée pendant si longtemps. Vous voyez ?  (…) J'ai juste vraiment besoin que ce soit une histoire d'amour. Vous comprenez ? J'ai vraiment, vraiment besoin que ce soit cela. (…) Parce que si ce n'est pas une histoire d'amour, qu'est-ce que c'est ?" Ces quelques phrases donnent à elles-seules la tonalité du roman. Il est difficile de ne pas penser au livre le consentement même si je ne l'ai pas encore lu. L'un est un témoignage tandis que l'autre est un roman. Un roman, vraiment? L'autrice l'affirme pourtant. Vanessa Rye est une jeune fille de 15 ans qui entretiendra une relation "amoureuse" avec son professeur de littérature, âgé quant à lui de 42 ans. Elle a 32 ans quand une onde de choc la percute de plein fouet, quand une autre jeune femme porte plainte contre ledit professeur pour abus sexuel. Vanessa n'y croit pas, ne veut pas y croire, ne peut pas y croire. Car si elle y croit, elle sera alors obligée de regarder la vérité toute nue et de remettre en question "sa" première histoire d'amour, tellement importante, car fondatrice, dans la vie de tout un chacun. Glauque, cru, curieux, malaisant, malsain, tous ces qualificatifs peuvent convenir à ce roman. Et pourtant j'ai lu attentivement chacun de ses mots, relisant même certains passages plusieurs fois. Par goût de ce qui est sale, de ce qui est transgressif ? Pas du tout, simplement pour être sûre de ne rien oublier, que personne ne puisse dire qu'elle l'avait bien cherché, après tout. A ce sujet, et bien avant de lire ce roman, mon opinion est faite, je peux même dire qu'elle est ferme et définitive. Il n'y a pas de consentement éclairé chez le mineur, même quand celui-ci a quinze ans et est en capacité de réfléchir. Surtout quand l'adulte est une personne ayant un ascendant sur le ou la mineur/e en question, là il a un boulevard pour la/le manipuler. Car qui ne s'est jamais amouraché d'un de ses professeurs ? Ou sans parler de tomber amoureux, d'au moins chercher à lui plaire ? Je me rappelle mon professeur de français remplaçant de troisième. du haut de mes quinze ans, je le trouvais beau comme un dieu, et fabuleux. Nous étions plusieurs à minauder, sans qu'il ne se passe quoi que ce soit. Car il savait se tenir à sa place. La grande force de ce roman, qui est aussi sa plus grande finesse, est qu'à aucun moment l'autrice ne laisse planer le doute sur ce qu'elle pense. Contrairement à sa narratrice, la sombre Vanessa, qui est elle toute en ambiguïté. Et c'est ce qui rend justement la narration de ce roman très puissante, ce qui fait qu'on tourne les pages pour continuer à tenter de comprendre le cheminement de cette toute jeune fille devenue une jeune femme fracassée, quoi qu'on en dise, quoi qu'on en pense, qu'elle-même le veuille ou pas. Car l'adolescente blessée, humiliée, à laquelle un adulte a menti pour mieux faire d'elle sa chose, ne pourra pas pousser, grandir, s'épanouir comme s'il ne lui était rien arrivé. Elle ne se reconnaît pas victime? Elle l'est pourtant. A rebours Je salue particulièrement la plume de Kate Elizabeth Russell, très réaliste, qui donne beaucoup de souffle à son histoire, qui peut se montrer très crue, mettre mal à l'aise son lecteur en le plaçant en voyeur, mais sans jamais être putassière. Un grand bravo aussi à la traductrice, Caroline Bouet, qui a très bien su retransmettre l'ambiance de ce roman. Enfin, je tenais à remercier bidule62 car c'est grâce à son billet que j'ai eu très envie de commencer ce roman qui dormait bien au chaud dans ma PAL. En résumé, un livre dur et d'actualité, servi par une plume de talent. Un livre qui m'a mise en colère. Un livre, croyez-moi, que je ne suis pas prêt d'oublier de sitôt. Continuons à protéger nos enfants et adolescents. Lu en février 2022
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  • Bouquinette78 Posté le 25 Janvier 2022
    Vanessa 15 ans aime son professeur de littérature, et elle en est certaine, il l'aime en retour, les signes sont là. Un amour passionnel et beau comme une jeune fille de 15 ans peut en rêver. Mais le professeur a 45 ans, et les illusions font place à un grand mal-être. Quand les ennuis commencent à arriver au sein même de l'école, désormais Vanessa va protéger cet homme jusqu'à endosser le rôle de la coupable ? Pourquoi ? J’ai été troublée, moi-même manipulée par cette histoire, jusqu’à me poser au début la question de la légitimité de cet amour. Et c’est là toute la force de ce récit. Nous emmener dans la peau de Vanessa, jusqu’à nous y perdre, pour mieux comprendre de page en page comment cet homme, ce prédateur, manipule l’innocence et la quête d’amour de Vanessa pour mieux l’abuser. Un adulte pervers face à l'innocence d'une jeune fille mal dans sa peau. Ce livre devrait être un outil pédagogique pour les jeunes bien sûr, mais pas seulement, car ce sujet sur le consentement sexuel d’une adolescente amène aussi à d’autres réflexions sur le consentement en général. Un sujet brûlant d’actualité et très bien traité dans ce livre, malgré... Vanessa 15 ans aime son professeur de littérature, et elle en est certaine, il l'aime en retour, les signes sont là. Un amour passionnel et beau comme une jeune fille de 15 ans peut en rêver. Mais le professeur a 45 ans, et les illusions font place à un grand mal-être. Quand les ennuis commencent à arriver au sein même de l'école, désormais Vanessa va protéger cet homme jusqu'à endosser le rôle de la coupable ? Pourquoi ? J’ai été troublée, moi-même manipulée par cette histoire, jusqu’à me poser au début la question de la légitimité de cet amour. Et c’est là toute la force de ce récit. Nous emmener dans la peau de Vanessa, jusqu’à nous y perdre, pour mieux comprendre de page en page comment cet homme, ce prédateur, manipule l’innocence et la quête d’amour de Vanessa pour mieux l’abuser. Un adulte pervers face à l'innocence d'une jeune fille mal dans sa peau. Ce livre devrait être un outil pédagogique pour les jeunes bien sûr, mais pas seulement, car ce sujet sur le consentement sexuel d’une adolescente amène aussi à d’autres réflexions sur le consentement en général. Un sujet brûlant d’actualité et très bien traité dans ce livre, malgré parfois quelques longueurs.
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  • fabienne2909 Posté le 20 Janvier 2022
    Ma sombre Vanessa est le roman le plus percutant et bouleversant qu’il m’a été donné de lire depuis quelques temps. Vanessa Wye fait sa rentrée en 2000 dans un pensionnat réputé du Maine. Jeune fille solitaire et complexe, renfermée, elle y fait la connaissance de Jacob Strane, son professeur de littérature. En prenant par la flatterie, en faisant se sentir spéciale une jeune fille qui, forcément, à 15 ans, se cherche, comprend mal ses émois, le professeur tisse lentement sa toile autour d’elle afin de la faire consentir, ou en tout cas lui donner l’impression de le faire, à une relation qui va beaucoup trop loin, trop vite. Parallèlement, l’intrigue se déploie 17 ans plus tard, quand Strane est accusé d’abus sexuel par une ancienne élève. Vanesse est à son corps défendant obsédée par le post et le profil de l’accusatrice, notamment parce que ce scandale vient remuer la boue des souvenirs de son histoire d’amour, dont elle vient lentement, à regret, remettre en cause la nature véritable. « J’ai juste vraiment besoin que ce soit une histoire d’amour. […] J’ai vraiment, vraiment besoin que ce soit cela. […] Parce que si ce n’est pas une histoire d’amour, qu’est-ce que c’est... Ma sombre Vanessa est le roman le plus percutant et bouleversant qu’il m’a été donné de lire depuis quelques temps. Vanessa Wye fait sa rentrée en 2000 dans un pensionnat réputé du Maine. Jeune fille solitaire et complexe, renfermée, elle y fait la connaissance de Jacob Strane, son professeur de littérature. En prenant par la flatterie, en faisant se sentir spéciale une jeune fille qui, forcément, à 15 ans, se cherche, comprend mal ses émois, le professeur tisse lentement sa toile autour d’elle afin de la faire consentir, ou en tout cas lui donner l’impression de le faire, à une relation qui va beaucoup trop loin, trop vite. Parallèlement, l’intrigue se déploie 17 ans plus tard, quand Strane est accusé d’abus sexuel par une ancienne élève. Vanesse est à son corps défendant obsédée par le post et le profil de l’accusatrice, notamment parce que ce scandale vient remuer la boue des souvenirs de son histoire d’amour, dont elle vient lentement, à regret, remettre en cause la nature véritable. « J’ai juste vraiment besoin que ce soit une histoire d’amour. […] J’ai vraiment, vraiment besoin que ce soit cela. […] Parce que si ce n’est pas une histoire d’amour, qu’est-ce que c’est ? ». La navigation entre ces deux versions de la narratrice, la Vanessa adolescente et celle adulte, permet de transcrire ainsi adroitement les rouages de la prédation et la persistance de l’emprise psychologique dont Vanessa va souffrir pendant tant d’années, lui gâchant largement la vie. En pensant avoir provoqué Strane, en se sentant responsable (Strane la persuadant que c’est elle qui est systématiquement venue le chercher, qui l’a attiré sans qu’il puisse y résister, par la « noirceur » qu’il a perçue en elle et qui faisait écho à la sienne) de la dépravation de cet homme à qui elle n’a jamais su (ou pu) refuser quoi que ce soit (au prix de scènes de viol éprouvantes à lire), Vanessa refuse de se sentir victime (« Le trope de la différence d’âge n’a plus aucun secret pour moi, et je consomme des livres, des films, et tout ce qui met en scène une histoire d’amour entre un adulte et une mineure. Je me cherche tout le temps dans ces œuvres, mais je ne trouve jamais rien de vraiment juste. Les filles dans ces histoires sont toujours des victimes, et moi je n’en suis pas une – et cela n’a rien à voir avec ce que Strane m’a fait ou pas quand j’étais plus jeune. Je ne suis pas une victime parce que je n’en ai jamais voulu être une, et si je ne veux pas en être une, alors je n’en suis pas une. Voilà comment ça marche. La différence entre le viol et le sexe est un état d’esprit. On ne peut pas violer une personne consentante, n’est-ce pas ? […] On ne peut pas violer une personne consentante. La blague est terrible, certes, mais elle est censée »), allant de ce fait se sacrifier pour son bourreau, lui chercher perpétuellement des excuses. L’auteur retranscrit ainsi finement la psychologie de la victime d’un pédophile, du déni qui la pousse à penser qu’elle apprécie les traitements de son amant, qu’elle l’aime alors que clairement, la sidération et la dissociation cognitive sont des mécanismes qu’elle a mis en place dès le début pour se protéger. Un des grands points positifs du roman est d’éviter l’écueil du pathos grâce à la personnalité froide de Vanessa (causée par le stress traumatique) et la carapace qu’elle s’est construite pour survivre. Clairement, ce n’est pas un personnage aimable (pourrait-on l’être avec une vie telle que la sienne ?) sur qui on s’apitoie (paradoxalement). Ce qui est bien joué de la part de l’autrice car elle pousse en cela le lecteur à réfléchir par lui-même à la notion de consentement, à ses conditions d’altération, à ce qui peut en constituer la zone grise. Elle interroge aussi finement la notion de victime : à partir de quel moment en est-on une ? Quand on se sent traumatisé ? L’est-on quand on ne ressent rien ? On ne s’attache d’ailleurs pas plus aux autres personnages, puisqu’ils sont vus à travers les yeux de Vanessa, qui met tout le monde et sa vie à distance de cette souffrance qu’elle se refuse à éprouver. C’est peut-être de ne pouvoir m’accrocher à un élément positif (même une personnalité comme celle de Henry Plough qui pourrait être sympathique, est rendue de manière distordue par la vision de Vanessa, ce qui nous fait douter de ses intentions) qui a rendu pour moi la lecture de ce roman si difficile. Le fait que Vanessa soit privée de toute capacité d’action, assister à l’anéantissement d’un esprit aussi brillant par les manipulations de Strane m’ont été très désagréables à lire par le sentiment de gâchis que j’ai ressenti, d’impuissance. Ma sombre Vanessa est un livre coup de poing, clivant, et malheureusement terriblement actuel. Mais sa force est aussi d’instruire sur ces mécanismes de manipulation psychologique, afin de changer de regard sur leurs victimes et leurs réactions, en les comprenant mieux.
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