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EAN : 9782266296151
Code sériel : 6195
Façonnage normé : POCHE
Nombre de pages : 160
Format : 108 x 177 mm

Petits poèmes en prose

Date de parution : 13/06/2019

LES GRANDS TEXTES DU XIXe SIÈCLE

« Quel est celui de nous qui n'a pas, dans ses jours d'ambition, rêvé le miracle d'une prose poétique, musicale sans rythme et sans rime, assez souple et assez heurtée pour s'adapter aux mouvements lyriques de l'âme, aux ondulations de la rêverie, aux soubresauts de la...

LES GRANDS TEXTES DU XIXe SIÈCLE

« Quel est celui de nous qui n'a pas, dans ses jours d'ambition, rêvé le miracle d'une prose poétique, musicale sans rythme et sans rime, assez souple et assez heurtée pour s'adapter aux mouvements lyriques de l'âme, aux ondulations de la rêverie, aux soubresauts de la conscience ? » C.B.

@ Disponible chez 12-21
L'ÉDITEUR NUMÉRIQUE

 

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EAN : 9782266296151
Code sériel : 6195
Façonnage normé : POCHE
Nombre de pages : 160
Format : 108 x 177 mm

Ce qu'en pensent nos lecteurs sur Babelio

  • Pitchval Posté le 20 Juillet 2021
    Comment décider de ce qui relève de la poésie et de ce qui n'en n'est pas ? La question est légitime, et la réponse me semble assez embarrassante. Comme l'indique le titre, nous sommes face à de petits « textes » en prose, nommés poèmes par Baudelaire en ce qu'ils font écho aux Fleurs du Mal. "Poème" et "prose" sont deux termes qui au XIXème siècle n'étaient pas associés, de sorte que Baudelaire se pose en précurseur. Seulement, est-ce que la poésie sans les règles qui lui sont associées est encore de la poésie ? Si Baudelaire fait fi de toutes les contraintes imposées par la poésie ique, choisissant la prose, ces « poèmes » ressemblent plus parfois à des épisodes narratifs, voire à de courtes nouvelles, quand d'autres sont des bribes de dialogues ou relèvent du conte de fées. Néanmoins, ils empruntent tout de même à la poésie une sorte d'état contemplatif ainsi que des jeux de musicalité. Les thèmes, eux, sont « modernes », pour ne pas dire anecdotiques, et d'une disparité étonnante, autant que les genres et les tons. Si la structure des Fleurs du Mal a été savamment étudiée, ici tout est déstructuré, à l'image de... Comment décider de ce qui relève de la poésie et de ce qui n'en n'est pas ? La question est légitime, et la réponse me semble assez embarrassante. Comme l'indique le titre, nous sommes face à de petits « textes » en prose, nommés poèmes par Baudelaire en ce qu'ils font écho aux Fleurs du Mal. "Poème" et "prose" sont deux termes qui au XIXème siècle n'étaient pas associés, de sorte que Baudelaire se pose en précurseur. Seulement, est-ce que la poésie sans les règles qui lui sont associées est encore de la poésie ? Si Baudelaire fait fi de toutes les contraintes imposées par la poésie ique, choisissant la prose, ces « poèmes » ressemblent plus parfois à des épisodes narratifs, voire à de courtes nouvelles, quand d'autres sont des bribes de dialogues ou relèvent du conte de fées. Néanmoins, ils empruntent tout de même à la poésie une sorte d'état contemplatif ainsi que des jeux de musicalité. Les thèmes, eux, sont « modernes », pour ne pas dire anecdotiques, et d'une disparité étonnante, autant que les genres et les tons. Si la structure des Fleurs du Mal a été savamment étudiée, ici tout est déstructuré, à l'image de la ville : Baudelaire s'intéresse notamment à un Paris en mouvement, en pleine transformation architecturale aussi bien que sociale, à ce Paris déconcertant qui le fascine et l'effraie à la fois, parce qu'il ne le reconnait plus. D'où le poème en prose, d'où le manque d'unité de genre, de ton, de thème : si Paris n'est plus le Paris ique, sublime, structuré, éternel, alors le poème, le recueil entier même, sera à son image, déconcertant le lecteur comme le Paris haussmannien déconcerte le poète qui y déambule. Le statut du poète a changé également. Autrefois adulé, admiré, respecté, le poète devient saltimbanque dans ce monde qui a changé de valeurs, épousant celles de l'argent, du facile, du superflu au détriment de l'effort et du beau. Baudelaire dissout lui aussi la poésie, lui confère un nouveau statut, s'adapte en quelque sorte, consomme la rupture, et l'on peut y voir une ironie, une bravade et peut-être même une certaine amertume. Il ne tue pas la poésie, elle est déjà morte, tuée par une société qui se détourne des arts majeurs, qui n'encense plus ses poètes, les reléguant au rang de piètres saltimbanques, improductifs, oisifs, laissés à présent sans protecteurs et sans mécènes. Ce statut de l'artiste, est plus particulièrement du poète, est très présent dans le recueil. Ce dernier perd son auréole dans un caniveau des bas quartiers, et ne lutte pas pour la récupérer. A quoi bon ? Plus personne ne la distingue, plus personne ne sait élire ni reconnaitre le génie. L'artiste, le poète, qui n'est plus reconnu, devient marginal, individu en marge d'une société dans laquelle il ne se retrouve pas et dans laquelle il n'a pas sa place. Ainsi, il n'appartient plus à rien, il est « l'étranger », titre du premier texte du recueil. Le poète n'a pas de famille, de parents, il est indépendant, solitaire et surtout n'est héritier de personne : il a sa propre origine, est son propre créateur, ne doit rien à personne. Il n'a pas d'amis non plus, parce qu'il n'en n'a pas trouvé, personne n'étant à sa mesure ni digne de son amitié. Il est supérieur, se sait supérieur et ne cache pas un suprême mépris pour qui n'est pas son égal. Il est apatride, ne tient à rien, et surtout pas à l'argent. Il s'exclut ainsi radicalement de la société. Les petits poèmes en prose sont autant de petites observations et d'analyses d'une société que le poète regarde parfois avec recul et hauteur, quand d'autres fois c'est le vagabond, l'homme de la rue, qui, en rôdeur, se fait voyeur et traine dans des quartiers louches, se mêlant au commun, se confondant dans cette foule anonyme et vile. Quand quelques fois il la contemple, souvent il la déplore. Le poète flâne, se promène dans un Paris méconnaissable et partage ses observations, ses réflexions. Il capte l'étrangeté de cette modernité qui le fascine et l'angoisse à la fois. Baudelaire est paradoxal, et il joue de ce paradoxe. La révolution urbaine, la transformation de Paris, l'essor de la presse, le développement de la photographie... tout ceci le fascine et attise sa curiosité autant que ça le dégoutte. Si l'homme est intéressé par le progrès et la nouveauté, le poète, voire le philosophe, lui, les redoute : ils marquent effectivement la fin d'une ère pour l'artiste, supplanté par du loisir, de la facilité, de la légèreté. Baudelaire ne s'est pas trompé à mon avis. Il a senti la décadence poindre, il l'a vécue sans doute, vue de ses yeux, en une ou deux décennies. La société se dégrade, son contemporain devient inconséquent et se détourne de ses vers. A son tour, il dégrade la poésie en la faisant prose. Si ses poèmes en prose marquent la fin d'un âge d'or de la poésie, ce malheureux virage se retrouve aussi dans sa source d'inspiration. Quand un Hugo ou un Lamartine s'inspiraient de la nature, lui choisit une ville en travaux, des fêtes populaires et de caniveaux comme source d'inspiration. Si ce n'est pas transcendant esthétiquement, c'est plutôt efficace. Baudelaire parvient, et dans un beau , à faire preuve d'une grande concision non seulement, à dire en assez peu de mots un essentiel d'importance, mais il réussit surtout à exprimer des idées très profondes, avec une belle ironie parfois. La plus juste et la plus récurrente étant celle de la décadence, constatée d'abord et puis prévue, programmée, inévitable. Et j'entends mieux pourquoi Baudelaire est souvent associé à Nietzsche. Le philosophe lui-même considère le poète comme le, je cite, « tout premier adepte intelligent de Wagner ». Baudelaire ressemble à Nietzsche sur certains points. L'un et l'autre ont observé et même anticipé la décadence européenne, ainsi que la victoire de la morale et du confort sur l'effort, la volonté et la vérité. Cependant, Baudelaire, je l'ai écrit, est tout en paradoxes, et donc bien moins résolu et catégorique que Nietzsche. Il est à la fois dandy et asocial, cajoleur et méprisant. Il se balade entre une envie de plaire et une aspiration à la vérité. Le poète, même, est multiple. Il renonce et s'accroche à son auréole, perdu, hésitant. La misère l'indigne et l'indiffère tout à tour. Il est trop mondain pour être tout à fait vrai, profond, dense. Il lui manque la fermeté, la détermination, l'énergie. La poésie a cela de pratique, par contraste avec les aphorismes et les essais : elle est interprétable, tout en nuances. Son auteur ne s'y implique pas tout à fait, pouvant se cacher à loisir derrière un poète-narrateur qui n'est pas lui tout à fait. Baudelaire est intelligent mais prudent – pour ne pas dire couard- en somme, ou trop préoccupé de son image, et ce malgré le procès des Fleurs du Mal. C'est peut-être un Nietzsche qui a été flatté, apprécié, qui n'a pas gouté assez fort aux affres du rejet et de la solitude, de la déception, et c'est fort dommage : il n'a ainsi pas pu atteindre les plus grandes altitudes par peur de perdre ses piètres acquis.
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  • Rhapsodie Posté le 14 Mars 2021
    Il s'agit d'une relecture. J'avais relu il y a quelques mois Les fleurs du mal de Baudelaire dont j'aime les vers poétiques, l'importance donné aux sens et à la nature, et la musicalité. Etrangement, cette courte lecture du Spleen de Paris m'a paru assez ennuyeuse. On enlève la surprise de la découverte, on sait à quoi s'attendre, on retrouve de façon peut-être trop évidente le poète maudit de l'époque romantique et je pense que je me lasse de ces figures très romantiques, un peu trop perchées. Je ne laisse pour autant pas cette lecture de côté, car je l'avais jadis apprécié et l'apprécierai sûrement de nouveau dans plusieurs années. Parfois, on n'est juste pas dans l'humeur, et je crois malheureusement que ce fut un rendez-vus manqué cette fois-ci avec Baudelaire. ;)
  • Roggy Posté le 15 Février 2021
    Comme vous le savez, j'ai mes livres « du petit matin ». Cette demi-heure magique devant une tasse de café fumante et une tartine beurre confiture où je suspends le temps entre le pays des rêves et la réalité d'une journée qui démarre, accompagnée de textes inspirants. Le Spleen de Paris m'a accompagné à raison d'un petit poème en prose par jour, afin de faire durer le plaisir  Ces poèmes en prose s'insèrent souvent dans un épisode narratif lors d'un état contemplatif faisant fi des règles et des catégories bien établies. Ils ne sont ni prose ni poésie, mais à la fois prose et poésie car ils empruntent à la poésie ses ressources musicales, créant une parole singulière et ouvrant la porte à l'invention et à la création. Baudelaire s'intéresse à la vie moderne et plus particulièrement à un Paris tout en contrastes, au double visage, entre les quartiers fortunés et ceux miséreux et délinquants qu'il a fréquentés dans sa vie bohême. Le poète observe la vie dans cette société parisienne en pleine transformation sociale et celle-ci réveille des souvenirs et sollicite sa mémoire. Dans ce recueil posthume la nostalgie et la mélancolie sont musicalement évoquées. Les thèmes, toujours très baudelairiens tels l'oppositions de l'ici et de l'ailleurs,... Comme vous le savez, j'ai mes livres « du petit matin ». Cette demi-heure magique devant une tasse de café fumante et une tartine beurre confiture où je suspends le temps entre le pays des rêves et la réalité d'une journée qui démarre, accompagnée de textes inspirants. Le Spleen de Paris m'a accompagné à raison d'un petit poème en prose par jour, afin de faire durer le plaisir  Ces poèmes en prose s'insèrent souvent dans un épisode narratif lors d'un état contemplatif faisant fi des règles et des catégories bien établies. Ils ne sont ni prose ni poésie, mais à la fois prose et poésie car ils empruntent à la poésie ses ressources musicales, créant une parole singulière et ouvrant la porte à l'invention et à la création. Baudelaire s'intéresse à la vie moderne et plus particulièrement à un Paris tout en contrastes, au double visage, entre les quartiers fortunés et ceux miséreux et délinquants qu'il a fréquentés dans sa vie bohême. Le poète observe la vie dans cette société parisienne en pleine transformation sociale et celle-ci réveille des souvenirs et sollicite sa mémoire. Dans ce recueil posthume la nostalgie et la mélancolie sont musicalement évoquées. Les thèmes, toujours très baudelairiens tels l'oppositions de l'ici et de l'ailleurs, du bien et du mal, de l'angoisse d'aimer, sont traités par une plume d'une sensibilité profonde, où transpirent les obsessions, les angoisses, les joies et la quête de la Beauté. Et pour citer Charles Baudelaire, ces petites pauses salutaires du matin m'ont bien aidé à échapper au « spleen » qui nous hante en ce moment pour « aller n'importe où ! n'importe où ! pourvu que ce soit hors du monde »
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  • alinebal Posté le 31 Décembre 2020
    Une collection d oeuvres d art poetique qui dépeint les mouvements lyriques de l âme, les rêveries humaines, un univers fantastique de la societe et de la conscience collective. Une évasion sans début ni fin, dans le monde et hors du monde. C est magnifiquement écrit, et lorsque vous lisez ce texte en prose, musical et pourtant sans rythme et sans rime, cela vous transporte et Baudelaire se fait proche de vous, en effet miroir de l âme, c est exactement ce que vous auriez aime retranscrire.
  • jvermeer Posté le 9 Octobre 2020
    ***** « C’est un extraordinaire mélange du style racinien et du style journalistique de son temps » - Paul Claudel Les dix dernières années de la vie de Charles Baudelaire vont être occupées par intermittence à la rédaction des poèmes du Spleen de Paris qui ne seront publiés qu’en 1869, deux années après sa mort, avec le titre « Petits poèmes en prose » regroupant cinquante poèmes. Ces poèmes ne se limitent pas à « faire pendant » aux poèmes des « Fleurs du Mal qui viennent d’être censurés en 1861. Le poète a voulu se libérer des contraintes du vers limitant son inspiration. Son idéal : « une prose musicale, sans rythme et sans rimes, assez souple et assez heurtée pour s’adapter aux mouvements lyriques de l’âme, aux ondulations de la rêverie, aux soubresauts de la conscience ». L’aigreur du poète se ressent toujours dans une lettre à Victor Hugo en 1863 : « J’ai essayé d’enfermer là-dedans toute l’amertume et toute la mauvaise humeur dont je suis plein. » Dans une lettre à sa mère, en 1865, il écrit : « J’espère que je réussirai à produire un ouvrage singulier, plus singulier, plus volontaire désormais que Les Fleurs du Mal,... ***** « C’est un extraordinaire mélange du style racinien et du style journalistique de son temps » - Paul Claudel Les dix dernières années de la vie de Charles Baudelaire vont être occupées par intermittence à la rédaction des poèmes du Spleen de Paris qui ne seront publiés qu’en 1869, deux années après sa mort, avec le titre « Petits poèmes en prose » regroupant cinquante poèmes. Ces poèmes ne se limitent pas à « faire pendant » aux poèmes des « Fleurs du Mal qui viennent d’être censurés en 1861. Le poète a voulu se libérer des contraintes du vers limitant son inspiration. Son idéal : « une prose musicale, sans rythme et sans rimes, assez souple et assez heurtée pour s’adapter aux mouvements lyriques de l’âme, aux ondulations de la rêverie, aux soubresauts de la conscience ». L’aigreur du poète se ressent toujours dans une lettre à Victor Hugo en 1863 : « J’ai essayé d’enfermer là-dedans toute l’amertume et toute la mauvaise humeur dont je suis plein. » Dans une lettre à sa mère, en 1865, il écrit : « J’espère que je réussirai à produire un ouvrage singulier, plus singulier, plus volontaire désormais que Les Fleurs du Mal, où j’associerai l’effrayant avec le bouffon, et même la tendresse avec la haine. » Cette expérience effraie Baudelaire par sa nouveauté. Ces poèmes en prose ont été pour la plupart d’entre eux publiés dans des revues et des journaux. Il s’y épuise jusqu’à ses derniers jours, déçu, insatisfait. « Mais que les bagatelles, quand on veut les exprimer d’une manière à la fois pénétrante et légère, sont difficiles à faire ! » - Charles Baudelaire, janvier 1866, un an avant sa mort. Dans cette prose où le poète, en se libérant du vers délivre une nouvelle forme de poésie, j’ai retrouvé constamment les grands thèmes des « Fleurs du Mal » : les rapports avec les femmes marqués par l’incompréhension réciproques ; l’ultime voyage que constitue la mort ; la thématique urbaine des « Tableaux parisiens » qui revient constamment avec la description des pauvres, des éclopés de la vie, des enfants. Perdu dans la foule, fasciné par le spectacle insolite de la rue, le poète erre et peint cette ville qui se transforme. Ce pendant en prose des « Fleurs du Mal » de 1857 m’a profondément réjoui. Dans nombre des ces poèmes j’ai retrouvé les échos de ceux qui m’avaient ébloui dans le recueil en vers. - En prose « La belle Dorothée » : Très beau poème s’inspirant de sa muse la métisse Jeanne Duval. « Elle s’avance, balançant mollement son torse si mince sur ses hanches si larges. Sa robe de soie collante, d’un ton clair et rose, tranche vivement sur les ténèbres de sa peau et moule exactement sa taille longue, son dos creux et sa gorge pointue. De temps en temps la brise de mer soulève par le coin sa jupe flottante et montre sa jambe luisante et superbe ; et son pied, pareil aux pieds des déesses de marbre que l’Europe enferme dans ses musées, imprime fidèlement sa forme sur le sable fin. » - En vers « À une malabaraise » « Tes pieds sont aussi fins que tes mains, et ta hanche Est large à faire envie à la plus belle blanche ; À l’artiste pensif ton corps est doux et cher ; Tes grands yeux de velours sont plus noirs que ta chair. » - En prose « Les veuves » : « C’était une femme grande, majestueuse, et si noble dans tout son air, que je n’ai pas souvenir d’avoir vu sa pareille dans les collections des aristocratiques beautés du passé. Un parfum de hautaine vertu émanait de toute sa personne. » - En vers « À une passante » : « Longue, mince, en grand deuil, douleur majestueuse, Une femme passa, d’une main fastueuse Soulevant, balançant le feston et l’ourlet Agile et noble, avec sa jambe de statue. » - En prose « Le désir de peindre » : « Il y a des femmes qui inspirent l’envie de les vaincre et de jouir d’elles ; mais celle-ci donne le désir de mourir lentement sous son regard. » - En vers « À une passante » : « Moi, je buvais, crispé comme un extravagant, Dans son œil, ciel livide où germe l’ouragan, La douceur qui fascine et le plaisir qui tue. » - En prose « Le désespoir de la vieille ». La petite vieille est un personnage familier du Paris de Baudelaire. « La petite vieille ratatinée se sentit toute réjouie en voyant ce joli enfant à qui chacun faisait fête, à qui tout le monde voulait plaire ; ce joli être, si fragile comme elle, la petite vieille, et, comme elle aussi, sans dents et sans cheveux. - En vers « Les petites vieilles », poème qui était dédié à Victor Hugo : « Avez-vous observé que maints cercueils de vieilles Sont presque aussi petits que celui d’un enfant ? La Mort savante met dans ces bières pareilles Un symbole d’un goût bizarre et captivant, Le spleen de Baudelaire est toujours là. Mais que c’est beau ! Même si je préfère le recueil des « Fleurs de Mal », les sonorités de ce recueil en prose, parfois grandiloquentes, sont un régal de lecture que je recommande à tous ceux qui admirent cet immense poète génial qu’était Charles Baudelaire. ***
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