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EAN : 9782266308106
Code sériel : 17922
Façonnage normé : POCHE
Nombre de pages : 648
Format : 108 x 177 mm

Rouge impératrice

Date de parution : 13/08/2020
Dans un peu plus d’un siècle, nous voici à Katiopa : un continent africain presque entièrement unifié, devenu prospère, où les Sinistrés, des Fulasi de la vieille Europe, sont venus trouver refuge. Descendants d’immigrés français qui ont quitté leur pays au cours du XXIe siècle parce qu’ils s’estimaient envahis par... Dans un peu plus d’un siècle, nous voici à Katiopa : un continent africain presque entièrement unifié, devenu prospère, où les Sinistrés, des Fulasi de la vieille Europe, sont venus trouver refuge. Descendants d’immigrés français qui ont quitté leur pays au cours du XXIe siècle parce qu’ils s’estimaient envahis par les migrants, ils vivent désormais appauvris et recroquevillés sur leur identité.
Le chef de l’État veut expulser ces populations inassimilables, mais la femme dont il tombe amoureux est partisane de leur tendre la main. La Rouge impératrice, ayant ravi le cœur du héros de la libération du Continent, ne risque- t-elle pas de désarmer sa volonté ?

« Ambitieux, palpitant, jubilatoire. » Augustin Trapenard – « Boomerang », France Inter

« Une histoire d’amour flamboyante portée par une langue souveraine, nourrie de vocables africains à la saveur unique. » Madame Figaro
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EAN : 9782266308106
Code sériel : 17922
Façonnage normé : POCHE
Nombre de pages : 648
Format : 108 x 177 mm

Ils en parlent

« Rouge imératrice, puissant remède aux crispations identitaires. »
Gladys Marivat / Le Monde des Livres

Ce qu'en pensent nos lecteurs sur Babelio

  • miriam Posté le 21 Octobre 2021
    J'ai rencontré Léonora Miano dans Télérama qui lui a consacré un long article avec ce titre:  Léonora Miano : “Je déplore la tendance du féminisme à vouloir tout coloniser”  J'ai été interpellée par cette phrase et par ses accusations envers les féministes de victimiser les femmes africaines. J'ai voulu en savoir plus et j'ai chercher un de ses livres. Au hasard, j'ai téléchargé Rouge Impératrice. 600 pages, 11 jours d'une lecture laborieuse. C'est une dystopie : le roman se déroule au XXII ème siècle dans un état-continent Katiopa, sans doute l'Afrique mais sans plus d'indication géographique. Je suis mauvaise lectrice pour les dystopies : j'ai du mal avec la géographie inventée, les langues inventées, les diverses innovations techniques. Leonora Miano a prévu un glossaire, je m'y suis souvent référée, ce qui a ralenti la lecture. J'espérais retrouver des ambiances africaines, des saveurs, des animaux, les arbres...l'univers est aseptisé, dans cette Katiopa moderne on se déplace en superTGV qui traverse le continent, un tramway et des bicyclettes électriques, et des passerelles électrifiées sont installées dans des villes piétonnières où seuls les privilégiés ont des véhicules personnels...pas très exotique.  Rouge Impératrice est un roman d'amour : Boyadishi, la quarantaine, universitaire, évidemment, très belle, très séduisante, très libre, est remarquée par... J'ai rencontré Léonora Miano dans Télérama qui lui a consacré un long article avec ce titre:  Léonora Miano : “Je déplore la tendance du féminisme à vouloir tout coloniser”  J'ai été interpellée par cette phrase et par ses accusations envers les féministes de victimiser les femmes africaines. J'ai voulu en savoir plus et j'ai chercher un de ses livres. Au hasard, j'ai téléchargé Rouge Impératrice. 600 pages, 11 jours d'une lecture laborieuse. C'est une dystopie : le roman se déroule au XXII ème siècle dans un état-continent Katiopa, sans doute l'Afrique mais sans plus d'indication géographique. Je suis mauvaise lectrice pour les dystopies : j'ai du mal avec la géographie inventée, les langues inventées, les diverses innovations techniques. Leonora Miano a prévu un glossaire, je m'y suis souvent référée, ce qui a ralenti la lecture. J'espérais retrouver des ambiances africaines, des saveurs, des animaux, les arbres...l'univers est aseptisé, dans cette Katiopa moderne on se déplace en superTGV qui traverse le continent, un tramway et des bicyclettes électriques, et des passerelles électrifiées sont installées dans des villes piétonnières où seuls les privilégiés ont des véhicules personnels...pas très exotique.  Rouge Impératrice est un roman d'amour : Boyadishi, la quarantaine, universitaire, évidemment, très belle, très séduisante, très libre, est remarquée par Ilunga qui est le chef d'état de Katiopa. Ilunga aussi est très intelligent, très beau, très puissant (puisqu'il règne) ; il n'est pas aussi libre, il est marié mais ce n'est pas un problème puisque la polygamie est la règle et qu'il vit séparé de sa femme lesbienne. Les deux quadragénaires parfaits filent le parfait amour. Trop de perfection nuit à la littérature, à mon goût tout au moins. Et les passages érotiques m'ennuient prodigieusement. Heureusement il y a des méchants, Sheshamani, la lesbienne et Igazi, le ministre de l'Intérieur (cela ne s'appelle pas comme cela à Katiopa). il y a aussi l'amant que Boyadishi a éconduit et qui veut se venger.... Rouge Impératrice peut aussi être lu comme fable politique. Katiopa s'est libérée du colonialisme vient  de s'unifier et à vit en autarcie dans le rejet total des anciens colons. Par une inversion (que je ne suis pas arrivée à éclaircir) l'Europe est anéantie et les anciens colons deviennent des réfugiés : les Sinistrés. Quelle politique adopter vis à vis de ces Sinistrés : les expulser ou chercher à les intégrer?  "Cependant, il pouvait se révéler néfaste pour la société d’abriter en son sein un groupe humain amer et revanchard." Au cours d'une allocation télévisée Ilunga fait cette déclaration: "Katiopa, tu l’aimes ou tu le quittes. Cela sonnait bien, et on avait en effet les moyens d’une telle politique." Cela ne vous évoque rien? Un autre groupe se distingue, des sortes de hippies, babas cools qui ont fondé des communautés qu'il convient de surveiller  mais qui s'avèrent peu dangereux. Malgré les lourdeurs du style pompeux, malgré mon désintérêt de l'histoire d'amour, les aspects politiques, les rapports des hommes et des femmes m'ont assez intéressée pour que je poursuive cette lecture. Lecture curiosité plutôt que lecture -plaisir.
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  • Ninilechat Posté le 28 Août 2021
            Prenez une photo de notre monde. En argentique pour disposer d'un négatif. Projetez le négatif dans le siècle à venir: vous tenez votre roman.         En 2120 et des poussières, l'Afrique est devenu le Katiopa Unifié (seuls manquent quelques territoires au nord et à l'est) moderne, démocratique, écologique. Plus de voitures personnelles, sauf les officielles (à hydrogène): partout des lignes de bus, de train, et des vélos électriques à disposition. Des drones ne cessent de distribuer courrier et marchandises. Les façades sont végétalisées. Plus de religion officielle. Et naturellement, tout l'arsenal des communicateurs, tablettes, liseuses....         Le chef d'état est choisi démocratiquement par le conseil des sages qui se réunit régulièrement, en présentiel et par visio-conférence. Actuellement, c'est Ilunga, un quadragénaire marié à Seshamani, une amie de jeunesse, qui lui a donné un fils, mais il n'y a plus entre eux que des liens de camaraderie; d'ailleurs elle préfère les femmes qu'elle consomme en abondance. Elle a son harem au palais présidentiel (qu'on attribue naturellement à Ilunga). Cette femme tient par dessus tout à son rang, à son pouvoir, à sa vie fastueuse, et on comprend qu'elle est prête à tout pour les garder....         Prenez une photo de notre monde. En argentique pour disposer d'un négatif. Projetez le négatif dans le siècle à venir: vous tenez votre roman.         En 2120 et des poussières, l'Afrique est devenu le Katiopa Unifié (seuls manquent quelques territoires au nord et à l'est) moderne, démocratique, écologique. Plus de voitures personnelles, sauf les officielles (à hydrogène): partout des lignes de bus, de train, et des vélos électriques à disposition. Des drones ne cessent de distribuer courrier et marchandises. Les façades sont végétalisées. Plus de religion officielle. Et naturellement, tout l'arsenal des communicateurs, tablettes, liseuses....         Le chef d'état est choisi démocratiquement par le conseil des sages qui se réunit régulièrement, en présentiel et par visio-conférence. Actuellement, c'est Ilunga, un quadragénaire marié à Seshamani, une amie de jeunesse, qui lui a donné un fils, mais il n'y a plus entre eux que des liens de camaraderie; d'ailleurs elle préfère les femmes qu'elle consomme en abondance. Elle a son harem au palais présidentiel (qu'on attribue naturellement à Ilunga). Cette femme tient par dessus tout à son rang, à son pouvoir, à sa vie fastueuse, et on comprend qu'elle est prête à tout pour les garder. Et à côté d'Ilunga il y a son second, Igazi, chef de la Sécurité Intérieure, celui auquel le conseil des sages l'a préféré.        Bien sûr Katiopa a aussi ses zozos, les gens de Benkos, l'équivalent de nos écolos les plus allumés, qui veulent vivre hors de toute règle, en communion avec la nature, dans des zones isolées et préservées. Ils sont inoffensifs: on les tolère tout en demandant un droit de passage sur le territoire qu'ils se sont attribué.        Mais il y a aussi un autre groupe, bien moins toléré: les Sinistrés. Dans le même temps où Katiopa s'organisait, la civilisation occidentale déclinait et s'effondrait, en partie sous le poids de l'émigration africaine. Les descendants des anciens colons, soient qu'ils soient restés en terre africaine, soit qu'ils y soient revenu après le déclin, représentent une population inassimilable, vivant en vase clos dans le regret du passé, devenue misérable mais toujours orgueilleuse. Leur permis de résidence peut être résilié; mais s'il leur prenait l'idée de se métisser, ils pourraient devenir majoritaires en certaines régions et pour beaucoup, au gouvernement, il s'agit de s'en débarrasser.        Et voilà que, dans ce contexte, Ilunga rencontre, par hasard, la femme rouge. Les rouges portent une forme particulière, imparfaite, d'albinisme. Boya est une personnalité indépendante: professeur à l'Université, elle s'occupe aussi d'une maison des femmes qui s'occupe de petites filles, lesquelles accèdent à la liberté de leur corps après avoir subi une défloration traditionnelle. Boya n'a pas d'amours mais des amants, on pourrait dire, de confort -aucun échange intellectuel- dont le beau Kabongo, dont elle ignore qu'il est un agent de la sécurité intérieure. Et le travail de recherche de la jeune femme porte sur les Sinistrés.... Aussi, quand Ilunga tombe amoureux de Boya au point de vouloir l'épouser, quand elle intègre le palais présidentiel avant de devenir impératrice, quand Ilunga fait un discours d'ouverture pour relier la partie intégrationniste des Sinistrés "Katiopa, tu l'aimes ou tu le quittes", elle apparait à la frange dure du gouvernement, ceux qui veulent se débarrasser définitivement des Sinistrés, comme un danger qu'il faut éliminer, et un front clandestin se monte contre elle, derrière Igazi: Kabongo l'amant rejeté, Seshamani qui veut conserver son pouvoir de première impératrice, Zama la discrète gardienne du harem, femme géante et obèse, noeud de frustrations....        Voilà donc la trame très originale du roman de Leonora Miano, camerounaise vivant en France et déjà de nombreuses fois primée. Sa langue mixe de très nombreux mots d'origine africaine en particulier pour les vêtements, parures.... un petit lexique n'aurait pas été de trop. Elle n'écrit pas particulièrement bien: même si elle utilise le plus souvent des phrases courtes, l'ensemble peut paraitre un peu lourd car elle ressasse à plaisir la même notion, la même idée; la description des amours de Boya et Ilunga est bien longuette et un peu barbante comme toujours ce genre de description. La force de Leonora Miano, et même sa puissance d'envoutement  ce n'est pas ça: c'est sa capacité de marier la modernité du monde avec l'Afrique éternelle. Plus de religion officielle, on l'a vu: mais les esprits sont partout! L'invisible est partout, l'irrationnel est partout. Les êtres sortent de leur corps, volent au dessus du monde pour retrouver des anciens dans des territoires étranges. Lorsqu'ils le faut, les esprits des anciens peuvent parachuter une nouvelle petite âme dans un corps non encore né; ils peuvent venir temporairement habiter le corps d'un proche, s'ils ont un message à faire passer. Là est le côté très original d'une romancière qui vaut la peine d'être découverte.
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  • sachaproject Posté le 7 Août 2021
    Pour qui s'était habitué à la langue et la poésie d'une Saison des ombres, Rouge Impératrice est déroutant. Roman "afrofuturiste", qui pourrait être à la littérature ce que Black Panther a été au cinéma ; un essai, une tentative, un acte qui se veut fort...mais qui laisse sur sa faim. Et pose plus de questions qu'il n'en résout. Certes la langue est belle, écrite dans un "Fulasi" flamboyant où les emprunts aux langues africaines n'ont pas besoin d'être traduits et les mots, à force de répétition, se comprennent. Ce n'est d'ailleurs qu'à la page 638 de l'édition poche que l'on découvre le glossaire. Ce 22e siècle finissant sur Katiopa que nous dépeint Leonara Miano, est un monde séduisant par certain côtés : achèvement d'une longue décolonisation des esprits et des institutions suite à 2 révolutions, appui sur les "valeurs africaines" (comprendre anti-individualistes et animistes) pour retourner le paradigme économique, devenu anticapitaliste et ayant su préserver l'environnement (généralisation des transports en commun, absence de voiture, débetonnisation des littoraux, etc.) et se débarrasser en partie des monothéismes religieux... La kitenta (capitale) du continent est nommée Mbanza, que l'on situerait volontiers du côté de Mbanza-Kongo dans l'actuel Angola, ancienne capitale du Royaume Kongo... Pour qui s'était habitué à la langue et la poésie d'une Saison des ombres, Rouge Impératrice est déroutant. Roman "afrofuturiste", qui pourrait être à la littérature ce que Black Panther a été au cinéma ; un essai, une tentative, un acte qui se veut fort...mais qui laisse sur sa faim. Et pose plus de questions qu'il n'en résout. Certes la langue est belle, écrite dans un "Fulasi" flamboyant où les emprunts aux langues africaines n'ont pas besoin d'être traduits et les mots, à force de répétition, se comprennent. Ce n'est d'ailleurs qu'à la page 638 de l'édition poche que l'on découvre le glossaire. Ce 22e siècle finissant sur Katiopa que nous dépeint Leonara Miano, est un monde séduisant par certain côtés : achèvement d'une longue décolonisation des esprits et des institutions suite à 2 révolutions, appui sur les "valeurs africaines" (comprendre anti-individualistes et animistes) pour retourner le paradigme économique, devenu anticapitaliste et ayant su préserver l'environnement (généralisation des transports en commun, absence de voiture, débetonnisation des littoraux, etc.) et se débarrasser en partie des monothéismes religieux... La kitenta (capitale) du continent est nommée Mbanza, que l'on situerait volontiers du côté de Mbanza-Kongo dans l'actuel Angola, ancienne capitale du Royaume Kongo et berceau civilisationnel et linguistique "bantou". Des traditions ont été empruntées à chaque région pour construire un système politique unique. Mais ce 22e siècle est aussi une vision d'horreur : un monde essentialisé (katiopien / sinistré / ressortissant de Bharat...) que l'on dirait réduit à des clichés raciaux ayant cours à la fin du XIXe siècle. Ce qui frappe dans ce roman, c'est l'absence de prise en compte du cosmopolitisme des fin de 20e et début de 21e siècles. de l'état des sociétés modernes pour aboutir aux changements décrits. Une ellipse historique regrettable compte tenu de la densité du roman. Tout au long du roman, le monde décrit avec emphase est celui d'une Afrique sortie de l'esclavage, de la colonisation, de l'apartheid et d'une mise sous tutelle néo- ou post-coloniale, prenant sa revanche historique sur l'Occident, et en particulier l'Europe. Idée géniale. Mais les diasporas n'ont droit de citer que comme 5e colonne retournée à ses origines premières, le métissage n'existe pas (du moins pendant 500 pages), pas plus que les diasporas européennes en Afrique... Les Africains-Katiopiens décrits dans le roman présentent aussi des traits figés : Ethiopie peu fiable, BaSotho irrédentistes, Afrique de l'ouest ayant exercé une influence historique (culture Nok, langues) mais très peu présente (tout comme l'Afrique du Nord à l'exception de l'Egypte), pouvoir plutôt masculin, hormis le pouvoir spirituel et l'influence des épouses "de l'ombre"... Le "Sinistre" originel est abordé par touches, suggestives, sans que le lecteur ne comprenne toujours l'enchaînement des circonstances qui ont poussé certains Européens (en l'occurence des Fulasi à particules, que l'on dirait sortis de vieilles familles vendéennes...) à s'installer dans certains lieux du Continent (ils ne disposent d'ailleurs de Consulats / Ambassade qu'au Nord de celui-ci). Autant d'éléments qui laissent mal à l'aise... L'auteur, tout en signant un roman haletant et intelligent, n'a-t-elle finalement pas su aller au bout de sa logique et transmettre le type de relations réellement souhaitées entre l'Afrique de demain et le reste du monde, hormis une volonté de puissance et de respect ? L'identité exclusive et mantra des principaux protagonistes (Katiopa, tu l'aimes ou tu la quittes !) est loin des identités rhizomes glissantiennes ou même d'un afropolitanisme Mbembien. Elle reste (trop) proche des leitmotivs militants panafricanistes. Quoi qu'il en soit le but est atteint ; le roman ne laisse pas indifférent.
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  • Sevlipp Posté le 19 Juillet 2021
    Une histoire d'amour dans une nouvelle Afrique conquérante et futuriste qui domine une Europe dévastée. Le récit est original, politique, féministe, écologiste et engagé. La langue est riche, dense, poétique et foisonnante. Le sujet est ambitieux mais c'est long vraiment trop long avec des lourdeurs qui ont engendré chez moi des pertes d'attention ; c'est vraiment dommage car cela aurait pu être un grand roman éclairé.
  • SChaptal Posté le 6 Février 2021
    Classés en « mauvais genres », la science-fiction ou le fantastique s’invitent parfois chez les éditeurs « institutionnels » peu habitués aux déviances de l’Imaginaire ; on parle alors souvent de réalisme magique ou autre pirouettes littéraires. Avant L’Anomalie primée fin 2020 ; ce fut le cas de Rouge impératrice de Léonora Miano, paru initialement chez Grasset, est non seulement un roman de science-fiction mâtiné de fantastique, mais c’est également un grand roman superbement écrit, passionnant, et forçant son lecteur à réfléchir et à se mettre face à des réalités difficiles à entendre, quelle que soit sa couleur de peau ou son genre. Imaginez un monde où les dérèglements climatiques et autres escarmouches nucléaires ont profondément rebattu les cartes géopolitiques. Dans ce monde, l’Afrique – rebaptisée Katopia –, presque entièrement unie depuis cinq ans, construit peu à peu une civilisation prospère, si ce n’est isolationniste, sous la direction d’Illunga, son président. Parmi les multiples scories sur son chemin se dresse une communauté fulasi (comprendre française) venue se réfugier dans ses anciennes colonies pour fuir un pays qui ne leur ressemblait plus, et qui depuis refuse obstinément de s’intégrer par peur de perdre son identité. Alors qu’Illunga est prêt à montrer la... Classés en « mauvais genres », la science-fiction ou le fantastique s’invitent parfois chez les éditeurs « institutionnels » peu habitués aux déviances de l’Imaginaire ; on parle alors souvent de réalisme magique ou autre pirouettes littéraires. Avant L’Anomalie primée fin 2020 ; ce fut le cas de Rouge impératrice de Léonora Miano, paru initialement chez Grasset, est non seulement un roman de science-fiction mâtiné de fantastique, mais c’est également un grand roman superbement écrit, passionnant, et forçant son lecteur à réfléchir et à se mettre face à des réalités difficiles à entendre, quelle que soit sa couleur de peau ou son genre. Imaginez un monde où les dérèglements climatiques et autres escarmouches nucléaires ont profondément rebattu les cartes géopolitiques. Dans ce monde, l’Afrique – rebaptisée Katopia –, presque entièrement unie depuis cinq ans, construit peu à peu une civilisation prospère, si ce n’est isolationniste, sous la direction d’Illunga, son président. Parmi les multiples scories sur son chemin se dresse une communauté fulasi (comprendre française) venue se réfugier dans ses anciennes colonies pour fuir un pays qui ne leur ressemblait plus, et qui depuis refuse obstinément de s’intégrer par peur de perdre son identité. Alors qu’Illunga est prêt à montrer la porte de sortie à cette communauté dérangeante, la rencontre avec une femme au teint rare en Katopia (partiellement albinos, elle est rousse à la peau cuivrée) va bouleverser son cœur et ses projets politiques, au grand dam des partisans d’une ligne dure… Une problématique à large spectre, donc, que Léonora Miano explore ici avec une grande finesse, abordant les bouleversements qui se sont déjà produits dans sa Katopia unifiée autant que ceux à venir, les relations amoureuses entre les hommes, les femmes, les non-binaires, et la place que chacun doit prendre dans la vie publique et privée. En mélangeant les différents passés des peuples d’Afrique (y compris des successions de colons qui se sont enracinés dans ces terres, qu’ils viennent d’Europe ou d’ailleurs) et des descendants exilés vers d’autres continents, elle élabore ainsi, au fil des pages, un miroir de notre société actuelle. Miroir particulièrement fidèle, d’ailleurs, au point d’en être parfois douloureux, mais aussi porteur d’espoir et d’une certaine poésie. En revanche, narrant un processus évolutif complexe, Rouge impératrice n’est pas un livre facile. D’autant que le récit est émaillé de nombreux termes peu familiers – éclairés par un glossaire assez restreint. Aussi, une bonne cinquantaine de pages sera nécessaire pour entrer dans le récit et s’adapter au mode de narration proposé. Plus que dire des faits, Miano décrit les pensées des narrateurs et narratrices de chaque passage avec, à l’instar de la pensée humaine elle-même, des allers-retours entre passé et présent, ce que l’on voit et constate autour de soi et la façon dont on l’interprète. Ajoutez-y une dose de fantastique, avec la présence d’une magie ancestrale, métissage de plusieurs traditions africaines et de nombreux voyages dans le monde des rêves, et vous obtiendrez de quoi dérouter le lecteur. Avant de le remettre dans le droit chemin quelques pages plus loin. Voilà un univers qui se mérite, en somme, mais dont on ressort changé, comme plus ancré dans une réalité qui n’était pas tout à fait la même avant qu’on entreprenne la lecture de ce Rouge impératrice.
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