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Pocket
EAN : 9782266300087
Code sériel : 17735
Façonnage normé : POCHE
Nombre de pages : 208
Format : 108 x 177 mm

Rue des Pâquerettes

Date de parution : 03/09/2020
1962. Un hiver terrible enserre les bidonvilles de Nanterre. La Seine est gelée. C’est donc cela la France, cette terre d’accueil dont son père lui a tant parlé ? Le froid partout, les regards en biais, les chantiers pour horizon – l’usine, au mieux ? À l’école des Pâquerettes, on... 1962. Un hiver terrible enserre les bidonvilles de Nanterre. La Seine est gelée. C’est donc cela la France, cette terre d’accueil dont son père lui a tant parlé ? Le froid partout, les regards en biais, les chantiers pour horizon – l’usine, au mieux ? À l’école des Pâquerettes, on doute qu’un petit Algérien de 10 ans, tout juste déraciné, puisse rattraper son retard et rêver mieux. C’est compter sans les livres, le cinéma du quartier et le pouvoir des mots…

« Un récit bouleversant : des éclats de souvenirs, d’impressions, d’odeurs, de sentiments cuisants ou attendrissants s’échappent en de brefs chapitres, au pouvoir d’évocation hors pair. »
Mediapart


« Une réflexion sur l’absurdité et la violence de l’exil. » France 24

Cet ouvrage a été finaliste du Prix Marcel Pagnol et du Prix Hors Concours
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EAN : 9782266300087
Code sériel : 17735
Façonnage normé : POCHE
Nombre de pages : 208
Format : 108 x 177 mm

Ils en parlent

« Un saisissant voyage dans le temps et la société française. »
Le Parisien

Ce qu'en pensent nos lecteurs sur Babelio

  • Lsky Posté le 17 Août 2021
    Au début, c’est un récit qui se tient bien. Il parle de cet enfant trop grand dans sa tête pour son âge, cet enfant qui se rebelle dans l’amour de la lecture et non par les poings. Mais la lecture et les traumatismes le font grandir bien trop vite, bien trop tôt, pas comme une brute, comme un esthète à qui les adultes veulent faire apprendre des choses, qu’il a soigneusement noté, mais qu’il ne comprend qu’aujourd’hui. Ainsi, l’arrivée en France, incarnée par ce papa, honteux, qui n’a pas de quoi offrir une place dans un HLM, comme ce bête lecteur occidental moyen imagine la misère, non, c’est dans les bidonvilles qu’ils emménagent, qui sont là bien cachés sous nos yeux. Il y a la passion d’un prof, de ce Keating qui voit de l’espoir là où les autres ne voit que des rebus de la société. Mais quelle société ? Medhi Charef raconte des traumas, des horreurs que vivent cette deuxième vague d’immigration, celle des fils et des filles de ceux venus nous aider à reconstruire. Qu’est ce qu’on en a fait de ces gens-là, qu’on a appelé corps et âme car on en avait besoin ? Eh bien, c’est pas... Au début, c’est un récit qui se tient bien. Il parle de cet enfant trop grand dans sa tête pour son âge, cet enfant qui se rebelle dans l’amour de la lecture et non par les poings. Mais la lecture et les traumatismes le font grandir bien trop vite, bien trop tôt, pas comme une brute, comme un esthète à qui les adultes veulent faire apprendre des choses, qu’il a soigneusement noté, mais qu’il ne comprend qu’aujourd’hui. Ainsi, l’arrivée en France, incarnée par ce papa, honteux, qui n’a pas de quoi offrir une place dans un HLM, comme ce bête lecteur occidental moyen imagine la misère, non, c’est dans les bidonvilles qu’ils emménagent, qui sont là bien cachés sous nos yeux. Il y a la passion d’un prof, de ce Keating qui voit de l’espoir là où les autres ne voit que des rebus de la société. Mais quelle société ? Medhi Charef raconte des traumas, des horreurs que vivent cette deuxième vague d’immigration, celle des fils et des filles de ceux venus nous aider à reconstruire. Qu’est ce qu’on en a fait de ces gens-là, qu’on a appelé corps et âme car on en avait besoin ? Eh bien, c’est pas beau. Pourtant, le récit n’est pas incriminant. Juste des faits. Des faits qu’on ne voit peut-être pas comme ça en passant, une dénonciation naïve de l’enfant qu’il était, de l’enfant qui ne saisissait pas tout alors… Mais qui offre un livre vivement saisissant. Ainsi, au fil du récit qui se tenait, on oscille doucement dans un récit traumatique, poignant et bien mené, jamais larmoyant. Du réalisme avec toute la beauté que la douleur peut contenir. Un récit par les yeux d’un enfant, mais très réussi, avec l’écriture lointaine d’un adulte qui regarde, démuni, ses souvenir. C’est beau et très fort, un roman vif, un roman d’apprentissage, un roman bétonné.
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  • liliterre Posté le 7 Octobre 2020
    Parlons d’abord du titre et de ce qu’il évoque pour moi : un joli livre en rapport avec l’enfance. Un livre qui veut parler de rêve mais qui montre que tout n’est pas si facile. La pâquerette est pour moi une jolie fleur mais simple, rustique, courante, qui peine à se faire remarquer ; ce n’est clairement pas la fleur qui fait fantasmer ! Par curiosité, je suis allée voir ce qu’on sait d’elle : son nom vient du latin « perennis » qui signifie « à travers les années ». Et là, on retrouve l’idée de construction du petit Sid Ahmed à travers les années ; le récit nous amène d’ailleurs d’une période à l’autre grâce à des allers-retours de la France à l’Algérie, le traumatisme de l’un laissant place à l’inconfort de l’autre. Revenons à ma pâquerette… Je lis aussi qu’elle se développe dans des végétations rases souvent piétinées. Sid Ahmed devra se développer dans un bidonville, perdu dans la masse, ne recevant que peu d’égards. Il parle d’ailleurs du fait qu’on lui demande autant de résultats qu’un élève ayant sa propre chambre, son petit bureau, ses livres, des parents pouvant l’aider dans ses devoirs… Son désir d’avoir... Parlons d’abord du titre et de ce qu’il évoque pour moi : un joli livre en rapport avec l’enfance. Un livre qui veut parler de rêve mais qui montre que tout n’est pas si facile. La pâquerette est pour moi une jolie fleur mais simple, rustique, courante, qui peine à se faire remarquer ; ce n’est clairement pas la fleur qui fait fantasmer ! Par curiosité, je suis allée voir ce qu’on sait d’elle : son nom vient du latin « perennis » qui signifie « à travers les années ». Et là, on retrouve l’idée de construction du petit Sid Ahmed à travers les années ; le récit nous amène d’ailleurs d’une période à l’autre grâce à des allers-retours de la France à l’Algérie, le traumatisme de l’un laissant place à l’inconfort de l’autre. Revenons à ma pâquerette… Je lis aussi qu’elle se développe dans des végétations rases souvent piétinées. Sid Ahmed devra se développer dans un bidonville, perdu dans la masse, ne recevant que peu d’égards. Il parle d’ailleurs du fait qu’on lui demande autant de résultats qu’un élève ayant sa propre chambre, son petit bureau, ses livres, des parents pouvant l’aider dans ses devoirs… Son désir d’avoir en sa possession un simple dictionnaire m’a touchée… Qu’est-ce que j’aurais aimé connaitre cet enfant et le lui offrir !!! Je découvre aussi que la pâquerette s’ouvre le matin et se ferme le soir, optimisant ainsi sa croissance. N’est-ce pas ce que Sid Ahmed est obligé de faire en quelque sorte ? S’ouvrir à l’école, accueillir ce qu’on veut bien lui donner et qui le fera grandir, puis se fermer à des choses qui peuvent blesser ? J’ai aimé découvrir le regard de l’enfant sur cette situation qui n’a pas été choisie, le fait qu’il doive subir le rêve de son père qui croit en une meilleure vie en France qu’en Algérie, la lucidité qui lui fait dire qu’il ne reviendra jamais en Algérie et que la France éduque ses futurs ouvriers qui seront un peu plus qualifiés que leur père. Cet enfant m’a conquise. Et j’ai compris que la haine, la violence pouvait surgir de cette vie-là. Mais malgré tout, j’ai été attristée de constater que la bienveillance du maître d’école n’était pas reconnue, j’ai été dérangée de la sévérité à l’égard de la vieille dame donnant des vêtements à cette population dont elle « ne distingue plus les enfants tant ils poussent ». Ce récit serait à relire, tant les sentiments s’avèrent nuancés : l’attachement à l’Algérie qui l’a vu tant souffrir, le mépris de la France qui lui offre pourtant l’accès à une certaine culture à laquelle il aspire, l’amour du père auquel il reproche tant de choses, l’admiration pour sa mère qui lui fait parfois honte néanmoins… Ce livre révèle, on l’aura compris, toute la complexité de l’enfance, associée à la complexité du « déraciné ».
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  • Pixie-Flore Posté le 7 Octobre 2020
    A travers l'histoire d'un enfant de 10 ans, Mehdi Charef raconte la guerre d'Algérie, le colonialisme, l'immigration, l'école, les bidonvilles, les vies cabossées qui tentent de se reconstruire, etc. La France a les mains sales mais se targue d'être vertueuse. Elle accueille pour mieux exploiter. "Rue des Pâquerettes" est un petit roman court, dont l'histoire n'en reste pas moins intense et bien construite. Dès les premières lignes, l'auteur m'a emportée. Il a un style très fluide, une façon de raconter qui transmet efficacement les émotions. Et puis cette petite histoire dans la grande est un témoignage extrêmement important. On sent la colère qui vibre. Les mots de Mehdi Charef sonnent justes. Merci à Babelio et aux éditions Pocket pour cette jolie découverte.
  • Biblioroz Posté le 27 Septembre 2020
    Mehdi Charef fait ressurgir ici le quotidien, les découvertes, les restes de son pays, les pensées et les rêves qui ont habité ses premiers mois vécus en France. Un regard d’enfant de dix ans. Hiver 1962, classe de rattrapage à l’école des Pâquerettes, Nanterre. Mehdi écrit déjà ses rêves dans ses rédactions mais aussi la réalité de son arrivée en France. Ces enfants d’immigrés sont là pour prendre la relève de leurs pères sur les chantiers ou, au mieux, en usine s’ils arrivent correctement à lire et écrire le français. Comment comprendre à dix ans que désormais il faut vivre dans le pays du colonisateur, ce Français que l’on craignait et dont on avait peur en Algérie ? Pourquoi être arraché à son pays, à tout ce qui emplissait sa vie, laissant derrière lui la tristesse de sa grand-mère qu’il ne reverra plus ? « Tout petits nous sommes déjà anéantis par l’exil, notre enfance derrière nous, une enfance qu’il faut renier, oublier, à commencer par notre langue. » En ce mois de novembre, la boue du bidonville s’est substituée à la poussière du reg. Ce récit est dédié à son père qui partait tôt le matin sur son Solex pour aller casser les routes.... Mehdi Charef fait ressurgir ici le quotidien, les découvertes, les restes de son pays, les pensées et les rêves qui ont habité ses premiers mois vécus en France. Un regard d’enfant de dix ans. Hiver 1962, classe de rattrapage à l’école des Pâquerettes, Nanterre. Mehdi écrit déjà ses rêves dans ses rédactions mais aussi la réalité de son arrivée en France. Ces enfants d’immigrés sont là pour prendre la relève de leurs pères sur les chantiers ou, au mieux, en usine s’ils arrivent correctement à lire et écrire le français. Comment comprendre à dix ans que désormais il faut vivre dans le pays du colonisateur, ce Français que l’on craignait et dont on avait peur en Algérie ? Pourquoi être arraché à son pays, à tout ce qui emplissait sa vie, laissant derrière lui la tristesse de sa grand-mère qu’il ne reverra plus ? « Tout petits nous sommes déjà anéantis par l’exil, notre enfance derrière nous, une enfance qu’il faut renier, oublier, à commencer par notre langue. » En ce mois de novembre, la boue du bidonville s’est substituée à la poussière du reg. Ce récit est dédié à son père qui partait tôt le matin sur son Solex pour aller casser les routes. Ce père qui était déjà en France depuis quelques années et dont la honte se fait sentir lorsqu’il emmène, pour la première fois, sa famille venue le rejoindre dans la baraque bricolée de planches de bois et de plaques de goudron en guise de toiture qui sera désormais leur logement. L’exil est amer, loin d’être enrichissant. L’auteur retrace son quotidien, dans toute sa simplicité, si près de l’essentiel : se nourrir, se chauffer, se vêtir et accéder à un minimum d’éducation pour les enfants. Rapidement, observateur, il sait que le retour au pays restera une chimère. La seconde génération est là pour rester. Il nous parle aussi de sa sensibilité, de son regard rêveur sur les choses, de son appétit à avaler les mots et de son triste manque de dictionnaire pour tous les comprendre. Il esquisse avec tendresse le portrait de sa mère qui ne pouvait se résoudre à sortir le visage découvert. Cette mère qui gardait toute sa dignité derrière la pauvreté qu’elle a côtoyée là-bas, chez elle, et qui la poursuit aussi sur cette terre d’asile. À l’école des Pâquerettes, il nous fait entendre avec émotion la voix de son maître, monsieur Raffin, qui lui ouvre les yeux sur la vraie richesse : la connaissance. Cet instituteur est à l’écoute et l’encourage à écrire pour éloigner le risque de haine, latent. Et bien sûr, quelques bribes de la guerre qui sévissait, là-bas, mais juste esquissées, comme un constat. Oui, c’est un beau récit, simple et émouvant, qui met à jour un des chapitres du passé peu reluisant de cette France qui manquait cruellement de bras vigoureux mais qui ne songeait pas à loger décemment ces hommes. Avaient-ils tout au plus l’autorisation de se construire des bidonvilles, et encore. C’est un récit d’enfance où l’on ressent la misère, la honte, la débrouille mais aussi l’attachement filial, la vie qu’il faut tout de même saisir loin de ses racines. Je remercie Babelio et les éditions Pocket pour ce petit livre vibrant et intimiste.
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  • lilietalia Posté le 27 Septembre 2020
    A 10 ans, Mehdi quitte son Algérie natale avec sa mère et sa fratrie pour rejoindre son père en France. Nous sommes en 1962 et il rêve d'un avenir meilleur (tout du moins ses parents rêvent d'une vie meilleure pour leurs enfants). Malheureusement, c'est la désillusion. La famille est installée dans l'un des bidonvilles de Nanterre. Il se retrouve dans une classe de rattrapage à l'école des pâquerettes. Il comprend vite que les enfants d'immigrés sont là pour assurer la relève de leurs pères. Mais il rêve, il lit et il repense à tout ce (et tous ceux) qu'il a laissé derrière lui, sa grand-mère, ses montagnes... L'auteur nous plonge dans son quotidien avec une certaine urgence par moment, des phrases courtes, saccadées. L'urgence de manger, d'avoir chaud.. L'urgence aussi de s'instruire et sa rencontre avec Mr Raffin qui délivre parfois des vérités accablantes qui lui font comprendre qu'il ne rentrera probablement chez lui, en Algérie. C'est un formidable récit d'enfance, simple, intimiste, des constats mais pas de haine, pas d'apitoiement. Pour ma part, j'ai redécouvert un pan de notre... A 10 ans, Mehdi quitte son Algérie natale avec sa mère et sa fratrie pour rejoindre son père en France. Nous sommes en 1962 et il rêve d'un avenir meilleur (tout du moins ses parents rêvent d'une vie meilleure pour leurs enfants). Malheureusement, c'est la désillusion. La famille est installée dans l'un des bidonvilles de Nanterre. Il se retrouve dans une classe de rattrapage à l'école des pâquerettes. Il comprend vite que les enfants d'immigrés sont là pour assurer la relève de leurs pères. Mais il rêve, il lit et il repense à tout ce (et tous ceux) qu'il a laissé derrière lui, sa grand-mère, ses montagnes... L'auteur nous plonge dans son quotidien avec une certaine urgence par moment, des phrases courtes, saccadées. L'urgence de manger, d'avoir chaud.. L'urgence aussi de s'instruire et sa rencontre avec Mr Raffin qui délivre parfois des vérités accablantes qui lui font comprendre qu'il ne rentrera probablement chez lui, en Algérie. C'est un formidable récit d'enfance, simple, intimiste, des constats mais pas de haine, pas d'apitoiement. Pour ma part, j'ai redécouvert un pan de notre histoire: la colonisation et ces familles entières qui ont été déracinées pour finalement être reléguées dans des bidonvilles. C'est aussi un récit sur l'immigration, la difficulté et la violence qu'on peut éprouver à laisser derrière soi sa famille, sa culture, ses traditions, sa langue..Un véritable choc culturel! Mais finalement, un seul mot d'ordre et c'est ce qu'on retient: le désir de s'en sortir, d'aller de l'avant. Et pour ce faire, quoi de mieux que la culture sous toutes ces formes ? (Cinéma, littérature ..). Une ode à la vie !
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