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Seghers
EAN : 9782232145186
Façonnage normé : BROCHE
Nombre de pages : 192
Format : 153 x 240 mm
Nouveauté

Crions, c'est le jour du fracas

Date de parution : 19/08/2021
​Rentrée littéraire Seghers 2021.
1866, dans une colonie pénitentiaire pour mineurs, sur l’île du Levant, en face de Hyères, une révolte se termine par la mort de 13 enfants lors d’un incendie. 130 ans plus tard, à l'époque de Kurt Cobain et des Pixies, à quelques encablures de là, une bande d’adolescents qui peinent à trouver leur place dans le monde se préparent à un destin tragique. Comment, à l’adolescence, se rebeller contre son sort sans s’autodétruire ?

 « Je me présente, je suis la flamme d’un incendie, je suis née pour carboniser, achever, étouffer le jour, éclairer la nuit, manger des oiseaux, piquer la vedette au soleil, brûler jusqu’au ciel. Et beaucoup d’autres choses encore. Alors si vous aimez les histoires qui se terminent bien, vous soufflez sur...

 « Je me présente, je suis la flamme d’un incendie, je suis née pour carboniser, achever, étouffer le jour, éclairer la nuit, manger des oiseaux, piquer la vedette au soleil, brûler jusqu’au ciel. Et beaucoup d’autres choses encore. Alors si vous aimez les histoires qui se terminent bien, vous soufflez sur la mauvaise chandelle. 
Tout a commencé en 1866, le 3 octobre pour être exact. J’ai été déposée par la foudre sur une île pour effectuer mon baptême du feu. Ma surprise fut immense quand j’ai découvert que j’étais tombée dans un pénitencier pour enfants. Ça se faisait beaucoup à l’époque, suffisait d’être pupille de la nation, vagabond, délinquant, ou être vraiment, vraiment mal né, pour y atterrir. Alors forcément quand j’ai débarqué, j’ai su qu’eux et moi allions faire de grande chose.
Là, tout de suite, les noms, Condurcer, Le troué, Boule de neige, ou encore Sabine ne vous disent rien, mais approchez, tendez l’oreille et vous les entendrez parce que dans l’arbre généalogique du monde ils sont vos enfants ancêtres. Ils sont à la fois ce que vous avez été et ce que vous êtes : des prisonniers de l’enfance et des révoltés. »
 
Post-Scriptum : Vous saviez que vous les humains possédiez une cabane intérieure où je peux mettre le feu et vous enflammer ? Vous savez que dalle, mais vous allez bientôt le savoir.
*
 
Extrait du Courrier Marseillais, décembre 1866
On lira avec un pénible et douloureux intérêt les détails sur le déplorable drame du pénitencier de l’île du levant, dont les jeunes acteurs se sont montrés aussi audacieux et aussi profondément pervertis que peuvent être des hommes endurcis dans le crime. Rien n’a manqué à un complot qui épouvante l’imagination, l’assassinat, l’incendie, une atroce vengeance exercée sur ceux qui n’avaient pas voulu s’associer à un plan médité depuis deux mois. La précocité des passions brutales, tout est venu donner, surtout à cause de l’âge des insurgés, la plus sinistre physionomie qui se soit passé sur l’île du levant.
 
*
 
« Il vaut mieux brûler franchement que s’éteindre à petit feu » (paroles de My My, Hey Hey, de Neil Young, citées dans la lettre de suicide de Kurt Cobain retrouvée sur les lieux de sa mort, le 4 avril 1994.)
 
Pour raconter la révolte des enfants du bagne de l’île du Levant Héloïse Guay de Bellissen est allée fouiller les archives de Draguignan. Et elle a écrit un roman historique à sa manière. En donnant une voix aux jeunes colons, victimes et bourreaux. Et en faisant parler le feu qui les a consumés. Elle a même écrit un roman doublement historique. Car elle a voulu raconter en parallèle, à travers l’histoire de sa bande, le sort de sa génération. Quelques garçons et quelques filles qui ont grandi à La Seyne-sur-mer, juste en face de l’île du Levant, durant les années 90, au temps de Nirvana et des Pixies, et qui, ont connu, eux aussi, un destin tragique, parce qu’ils n’acceptaient pas le rôle formaté qu’on leur avait assigné…
Dans les deux cas, des enfants, qui n'ont rien à perdre parce qu'ils n'ont rien dès le départ, essaient par leurs propres moyens de choisir leur destinée, alors qu’on voudrait en faire des adultes intégrés et malléables.
Comment trouver sa place dans le monde ? Les personnages de ce livre la trouveront par la force. Une force puissante et radicale qu’ils tirent de leur adolescence même, parce qu’elle est pure et nouvelle. Mais qui se retournera contre eux…
  
 
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EAN : 9782232145186
Façonnage normé : BROCHE
Nombre de pages : 192
Format : 153 x 240 mm

Ils en parlent

« Je ne l’ai pas lâché. C’est un livre superbe, addictif avec un souffle puissant.
C’est un roman tellement actuel, sur le sens de la liberté. »
Marie-Laure Le Marc / Librairie l’aire de Broca

Ce qu'en pensent nos lecteurs sur Babelio

  • lyanea Posté le 6 Septembre 2021
    Avis : DUR De coups de poing en coups au cœur, le roman nous entraîne en alternances de vies, se mouvant entre les années 1860 dans un centre pénitentiaire sur l’île du Levant et les années 1990 dans un collège où l’autrice vit, avec le groupe de la Table, une adolescence révoltée. Un collège à La Seyne-sur-Mer et un groupe d’adolescents rétifs et conscients de ce que la société veut leur imposer, un cours qui intéresse l’un d’entre eux et qui leur dévoile ce que fut la vie des jeunes colons envoyés sur l’île du Levant pour y être enfermés et rééduqués : voilà la trame d’un roman qui ne peut laisser personne indifférent. L’autrice, au travers de nombreux points communs entre les personnages, nous embarque dans le monde agité des jeunes et pervers des adultes qui les ont en charge. Avec une humanité qui se dévoile parfois là où l’on ne l’attend pas. Sur 26 pages, nous avons une entrée en matière qui nous laisse percevoir que ce ne sont pas que des faits historiques ou que des histoires d’ados qui nous seront contés mais plutôt un regard sur des sociétés dissemblables au premier abord mais aux ressorts très partagés si... Avis : DUR De coups de poing en coups au cœur, le roman nous entraîne en alternances de vies, se mouvant entre les années 1860 dans un centre pénitentiaire sur l’île du Levant et les années 1990 dans un collège où l’autrice vit, avec le groupe de la Table, une adolescence révoltée. Un collège à La Seyne-sur-Mer et un groupe d’adolescents rétifs et conscients de ce que la société veut leur imposer, un cours qui intéresse l’un d’entre eux et qui leur dévoile ce que fut la vie des jeunes colons envoyés sur l’île du Levant pour y être enfermés et rééduqués : voilà la trame d’un roman qui ne peut laisser personne indifférent. L’autrice, au travers de nombreux points communs entre les personnages, nous embarque dans le monde agité des jeunes et pervers des adultes qui les ont en charge. Avec une humanité qui se dévoile parfois là où l’on ne l’attend pas. Sur 26 pages, nous avons une entrée en matière qui nous laisse percevoir que ce ne sont pas que des faits historiques ou que des histoires d’ados qui nous seront contés mais plutôt un regard sur des sociétés dissemblables au premier abord mais aux ressorts très partagés si l’on veut bien y regarder. Le dénominateur commun en est le combat larvé ou combatif entre certains adultes et certains adolescents. Les adultes sont toujours les mêmes, sûrs d’eux et de leur pouvoir pour éduquer, d’autres diront « dresser ». Pour les adolescents, on pourrait s’interroger sur ce que des élèves d’un collège du 20ème siècle peuvent partager avec des colons d’un centre pénitentiaire du 19ème siècle Mais la « révolte » hante tous les temps et tous les milieux. Le talent d’Héloise Guay de Bellissen consiste à nous amener à découvrir que toutes les violences se ressemblent même si certaines ne peuvent approcher le droit de dire et que les destructions de soi ont toujours eu les mêmes causes, portées en bannières de révoltes ou enfouies au plus profond des êtres. Je ne connaissais pas son écriture et je remercie Babelio et les Editions Seghers qui m’ont permis de la découvrir dans le cadre d’une masse critique privilégiée. Elégante, fouillée et addictive, elle m’invite à rechercher la lecture de ses ouvrages précédents. Ami lecteur aimant aller au fond des choses, je ne peux que conseiller Crions, c’est le jour du fracas.
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  • Marie-Nel Posté le 2 Septembre 2021
    Je connais déjà Héloïse Guay de Bellissen pour avoir lu son roman paru l’année dernière, Le dernier inventeur. Elle revenait sur l'histoire du groupe de jeunes gens qui ont découvert la grotte de Lascaux. J'avais beaucoup aimé ce roman, la façon d’écrire de l'autrice et de relater une histoire. J’étais donc très contente de la retrouver dans ce nouveau roman sorti à cette rentrée littéraire. Une nouvelle fois, elle s'appuie sur des faits réels, et j'aime énormément quand la fiction rejoint la réalité.   On va donc suivre ici deux groupes de jeunes gens en parallèle, séparés par cent trente années. Le premier est un groupe de jeunes adolescents, paumés pour beaucoup, orphelins ou petits délinquants, des laissés pour compte. Ils se retrouvent emprisonnés dans un bagne sur l'ile du Levant, en face de Hyères. Officiellement, ce lieu existait pour éduquer les enfants, pour les remettre sur le bon chemin. En réalité,  c’est surtout le moyen de débarrasser les villes de ces jeunes qui dérangent. Comme dans tout lieu où des personnes vivent ensemble, les uns sur les autres, des petits chefs apparaissent, des conflits aussi, jusqu’à en arriver à un drame. Cent trente ans plus tard, dans les années 1990,... Je connais déjà Héloïse Guay de Bellissen pour avoir lu son roman paru l’année dernière, Le dernier inventeur. Elle revenait sur l'histoire du groupe de jeunes gens qui ont découvert la grotte de Lascaux. J'avais beaucoup aimé ce roman, la façon d’écrire de l'autrice et de relater une histoire. J’étais donc très contente de la retrouver dans ce nouveau roman sorti à cette rentrée littéraire. Une nouvelle fois, elle s'appuie sur des faits réels, et j'aime énormément quand la fiction rejoint la réalité.   On va donc suivre ici deux groupes de jeunes gens en parallèle, séparés par cent trente années. Le premier est un groupe de jeunes adolescents, paumés pour beaucoup, orphelins ou petits délinquants, des laissés pour compte. Ils se retrouvent emprisonnés dans un bagne sur l'ile du Levant, en face de Hyères. Officiellement, ce lieu existait pour éduquer les enfants, pour les remettre sur le bon chemin. En réalité,  c’est surtout le moyen de débarrasser les villes de ces jeunes qui dérangent. Comme dans tout lieu où des personnes vivent ensemble, les uns sur les autres, des petits chefs apparaissent, des conflits aussi, jusqu’à en arriver à un drame. Cent trente ans plus tard, dans les années 1990, on retrouve un autre groupe de jeunes adolescents qui se retrouvent à un endroit qu'ils appellent « la Table ». Ils vont au lycée, sèchent certains cours, se moquent, rigolent, fument des joints, des cigarettes, écoutent Nirvana ou les Pixies. L'autrice fait partie de ce groupe. Un jour, un de leur copains revient d'un cours d'histoire qu'il n'a pas séché et qu'il a même trouvé très intéressant. Dans ce cours, il était alors question des adolescents de l’île du Levant. Et ce jeune de notre époque a trouvé plein de similitudes entre eux et ceux du passé, dans leurs agissements, leurs pensées.   Héloïse Guay de Bellissen a eu l’idée de raconter la vie de ces adolescents lors du premier confinement, où, comme les jeunes sur leur île, on pouvait se sentir en prison. Elle a eu la très bonne idée de faire une sorte de comparaison entre les deux époques. Et on se rend vite compte que ce sont les mêmes jeunes, avec les mêmes blessures, les mêmes espérances dans la vie, les mêmes relations avec les adultes. Les punitions ne sont plus les mêmes, quoique le bagne pour enfant n'existe plus, seulement, depuis 1977, c’est quand même encore tout récent. L'autrice parle et raconte avec beaucoup de justesse et de franchise, elle n'embellit rien, même dans les moments les plus cruels, elle reste vraie.   Je ne connaissais pas du tout ces faits se passant au temps de Napoléon. Ces faits m'ont beaucoup intéressée. Je me suis beaucoup retrouvée dans les jeunes de notre époque, je ne faisais pas partie de mêmes groupes, mais j'avais des connaissances qui écoutaient la même musique, se comportaient de la même façon, et j'ai beaucoup aimé retrouvé cette ambiance. Celle où les réseaux sociaux n'existaient pas, où les jeunes se retrouvaient entre eux pour discuter, où les téléphones n'existaient pas non plus, c’est un monde complètement autre que ce que l'on connait aujourd’hui. Il n'y a que trente ans qui nous séparent, mais que de changements ont eu lieu dans la vie et dans les mœurs.   J'ai beaucoup aimé suivre tous ces jeunes gens, que ce soit en 1860 ou en 1990. Ils m'ont tous marquée. J'ai aimé les surnoms qu'ils se donnent suivant leurs personnalités, le Rom's, Boule de Neige, Alors quoi, etc…que ce soit à notre époque ou avant. Que ce soit au passé ou au présent, certains ont eu des destinées tragiques. L'autrice parle de ses amis avec beaucoup d’émotion. Le titre « Crions, c’est le jour du fracas » a été prononcé par un des jeunes de l’île quand ils se sont soulevés et provoqué une révolte, et on se rend compte que ces mots auraient pu être prononcés en 1990 ou même maintenant….finalement, la jeunesse se ressemble à travers les âges et les siècles... J'ai également beaucoup aimé la construction du roman. Les chapitres alternent entre les jeunes de l’île du Levant et ceux de 1990. La narration est double, et ça j'ai adoré, ça correspond tout à fait à ce qu'a voulu faire l'autrice. Les parties se passant dans le passé sont écrites à la troisième personne du singulier, celles se déroulant en 1990 sont à la première personne du singulier. Ce qui est tout à fait logique puisque l'autrice se raconte. Ce « je » m'a permis de me mettre encore mieux dans la peau de l'autrice, de ressentir ses émotions, ses joies, ses peines, j'ai pu ainsi vivre au sein de son groupe de copains et j'ai eu l’impression de faire un bond dans le passé et de me retrouver dans mes propres années lycée. Mes souvenirs se sont mêlés aux siens, pour mon plus grand plaisir.   Les chapitres sont intercalés avec des extraits du jugement et des dépositions faites après le drame que l’île du Levant. Ce sont des vrais, l'autrice a fait des recherches à Draguignan. On sent d’ailleurs tout son travail de recherche pour relater avec le plus de justesse possible les faits. En plus de ces extraits, il y a aussi des phrases de chansons qui ont marqué l'adolescence de l'autrice. Tout est fait pour mettre dans l'ambiance, soit du passé soit du présent. J’ai aussi aimé le personnage insolite représenté par le feu, qui prend la parole pour expliquer sa fonction dans la vie humaine.   Le livre s'est lu rapidement et facilement. Le sujet m’intéressait beaucoup d'une part, et la fluidité du texte a beaucoup aidé d'autre part. C’est un sujet que j'ai rarement rencontré, que je ne connaissais pas bien. C’est troublant de se rendre compte que de tels endroits existaient pour des enfants qui auraient pu mieux tourner s'ils n’étaient pas passé par là. Les chapitres courts et leur alternance donnent beaucoup de rythme à la lecture et le sujet est tellement passionnant que j'ai eu beaucoup de mal à quitter mon livre qui s'est lu presque d'une traite.   C’est le second roman que je lis de Héloïse Guay de Bellissen et il confirme ma première très bonne impression. C’est une autrice que je vais continuer de suivre avec beaucoup d’intérêt et de plaisir. Si j'ai le temps, je lirai un de ses anciens romans, sinon, je serai au rendez-vous de sa prochaine parution. Je ne sais pas si elle s'inspirera à nouveau de faits réels, mais en tout cas, elle les relate très bien. Elle montre avec beaucoup de justesse les ressemblances entre ces deux jeunesses, leur vulnérabilité, leur force, leurs envies et toute l’espérance qu'ils mettent dans la vie et que les adultes savent casser si facilement. J’aime quand mes lectures ont ce double rôle de me divertir et de me pousser à la réflexion, ces livres sont marquants pour moi, j'aime alors les relire, les prêter pour que d'autres aient connaissance de pans de l'Histoire peu connus.   Pour tout ça, je ne peux que vous conseiller ce roman. Si vous ne connaissez pas encore Héloïse Guay de Bellissen, n’hésitez pas à le faire, c’est une autrice à lire. Pour ma part, j’attends déjà le prochain avec impatience.
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  • Stemilou Posté le 1 Septembre 2021
    Comment associer cette photo datant de 1900 avec ce titre, cri d'une révolte? Il n'est jamais bon de regarder derrière soi mais l'autrice l'a fait pendant le confinement, pour se remémorer son adolescence et le bons moments passés avec sa bande de copains. Elle se remémore notamment ce jour où suite à une blague, deux de ses amis se retrouvent en cours d'histoire pendant le reste de la bande sèche les cours. Ils reviennent avec l'histoire d'un bagne pour mineurs non loin d'eux sur l'île du Levant où une révolte a eu lieu en 1866 et pendant laquelle treize enfants ont trouvé la mort. L'idée de départ était plutôt bonne, donner à ces enfants délinquants ou orphelins, une éducation et leur apprendre un métier lié à la terre. Sauf que confier leur surveillance à des gardiens "jeunes, et tous illettrés" n'était peut-être pas la meilleure chose à faire: "ce qu'ils savent faire, c'est fermer des portes, administrer des punitions, et être parfaitement idiots. Ils appliquent sans réfléchir une discipline militaire. Le juge reste persuadé qu'ils ont d'autres fonctions, celles qui se greffent toujours quand la bêtise et le pouvoir sont dans la même main." En tout cas dans cette colonie agricole qui... Comment associer cette photo datant de 1900 avec ce titre, cri d'une révolte? Il n'est jamais bon de regarder derrière soi mais l'autrice l'a fait pendant le confinement, pour se remémorer son adolescence et le bons moments passés avec sa bande de copains. Elle se remémore notamment ce jour où suite à une blague, deux de ses amis se retrouvent en cours d'histoire pendant le reste de la bande sèche les cours. Ils reviennent avec l'histoire d'un bagne pour mineurs non loin d'eux sur l'île du Levant où une révolte a eu lieu en 1866 et pendant laquelle treize enfants ont trouvé la mort. L'idée de départ était plutôt bonne, donner à ces enfants délinquants ou orphelins, une éducation et leur apprendre un métier lié à la terre. Sauf que confier leur surveillance à des gardiens "jeunes, et tous illettrés" n'était peut-être pas la meilleure chose à faire: "ce qu'ils savent faire, c'est fermer des portes, administrer des punitions, et être parfaitement idiots. Ils appliquent sans réfléchir une discipline militaire. Le juge reste persuadé qu'ils ont d'autres fonctions, celles qui se greffent toujours quand la bêtise et le pouvoir sont dans la même main." En tout cas dans cette colonie agricole qui était en fait un pénitencier, rien n'est fait pour leurs montrer le droit chemin, affamés, punis et travaillant comme des forcenés ces enfants étaient réduit au silence par un règlement absurde. "Comment des chants et des cris d'enfants peuvent-ils être interdits? Et pourquoi les mettre sur le même plan que les blasphèmes et le désordre? N'est-ce pas là choses contradictoires? Comment peut-on tout interdire, encore plus à des êtres isolés qu'on exploite?" Mais voilà qu'un des leurs refuse ce destin et se révolte, entraînant avec lui ses frères de misère. Et ce qui devait être une libération le conduira lui et d'autres vers une pénitence bien plus lourde, condamnés par un juge qui ne comprend pas comment rendre la justice face à une injustice. L'autrice fera parler Léon Cazale dit Boule-de-neige, il raconte son arrivée et sa vie à la colonie, ses compagnons et cette fameuse révolte où il trouva la mort, tué par d'autres colons car on le suspectait d'être un espion. Alternant des chapitres sur la colonies et d'autres où elle raconte des instants de vie adolescente des années 90, l'avenir était vendu comme un beau rêve mais ne semblait pas correspondre à cette jeunesse en manque de liberté. Cette génération Y, comme l'a définit un sociologue américain, était perdue d'avance; après des passages de partage et de fraternité et ce jusqu'à la fin du lycée l'autrice décrit la chute libre: la drogue, l'alcool, le suicide parfois radical parfois sans fin. A plus de 100 ans d'écart, la rébellion reste la même, en recherchant sa liberté on se perd. Le rejet de la société entraîne de lourdes conséquences sur ceux qui ne sont pas bien armés. Je connaissais l'histoire de ces colonies agricoles et d'autres bagnes pour mineurs à travers la France, et dire qu'ils ont existé jusque dans les années 70 c'est terrible! Rapprocher des époques totalement différentes pour aborder le thème de l'adolescence, du besoin de liberté et des chaînes qui empêchent de l'atteindre, est une idée originale. Je pensais m'ennuyer, me plonger dans des faits historiques et lire les déboires d'adolescents paumés mais je m'étais largement trompé, car malgré la rudesse des épreuves décrites la plume est douce et compréhensive.
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  • Eurydiceladryade Posté le 31 Août 2021
    Après le sublime « Dernier inventeur », j’étais ravie que Babelio me propose la lecture du dernier roman d’Héloïse Guay de Bellissen paru lors de cette nouvelle rentrée littéraire 2021. Les chapitres alternent entre la jeunesse de l’auteure et de son groupe d’amis dans les années 90 et l’histoire de jeunes hommes envoyés sur une colonie pénitentiaire durant l’année 1866. Le lien entre les deux, la proximité de l’endroit où tout s’est déroulé et la révolte ! Déjà, je tiens à signaler la beauté du prologue (Préface du feu) qui raconte, tout comme la grotte dans « Le dernier inventeur ». Ce sont deux rebellions qui nous sont racontés à deux époques différentes, j’avoue avoir beaucoup aimé la partie qui raconte le bagne et l’insurrection de ses garçons esclavagés, envoyés pour la plupart du temps au bagne pour de mauvaises raisons. Elle nous narre les luttes intestines qui se déroulent entre les adolescents, l’entraide qui n’est pas forcément présente, les mauvais traitements subis, leurs souffrances, les humiliations constantes, leur envie de partir et ce drame terrible, puis le procès qui en découlera. Et ce procès montre bien à quel point ces adolescents jugés comme des hommes ne sont encore en réalité que... Après le sublime « Dernier inventeur », j’étais ravie que Babelio me propose la lecture du dernier roman d’Héloïse Guay de Bellissen paru lors de cette nouvelle rentrée littéraire 2021. Les chapitres alternent entre la jeunesse de l’auteure et de son groupe d’amis dans les années 90 et l’histoire de jeunes hommes envoyés sur une colonie pénitentiaire durant l’année 1866. Le lien entre les deux, la proximité de l’endroit où tout s’est déroulé et la révolte ! Déjà, je tiens à signaler la beauté du prologue (Préface du feu) qui raconte, tout comme la grotte dans « Le dernier inventeur ». Ce sont deux rebellions qui nous sont racontés à deux époques différentes, j’avoue avoir beaucoup aimé la partie qui raconte le bagne et l’insurrection de ses garçons esclavagés, envoyés pour la plupart du temps au bagne pour de mauvaises raisons. Elle nous narre les luttes intestines qui se déroulent entre les adolescents, l’entraide qui n’est pas forcément présente, les mauvais traitements subis, leurs souffrances, les humiliations constantes, leur envie de partir et ce drame terrible, puis le procès qui en découlera. Et ce procès montre bien à quel point ces adolescents jugés comme des hommes ne sont encore en réalité que des enfants. En revanche j’avoue avoir été moins réceptive à la partie narrant la jeunesse de l’auteure et de son groupe d’amis, néanmoins, l’écriture m’a comme toujours embarqué. Héloïse Guay de Bellissen est une auteure que je suis avec plaisir à chacune de ses nouvelles parutions. Un grand merci à Babelio et aux éditions Seghers.
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  • granada Posté le 30 Août 2021
    Ni livre de souvenir, ni roman, ni enquête , le livre d’ Héloïse Guay de Bellissen est cependant un peu tout cela. Elle se souvient de son adolescence dans les années 90, avec sa bande de copains: » Ceux de la Table ». Elle utilise des passages d’interrogatoires après l’incendie dramatique en 1866 qui détruisit la colonie pénitentiaire de l’ Ile du Levant , tuant 13 jeunes dont elle imagine les pensées, les sentiments. Une alternance de courts chapitres nous permet de suivre aisément les différentes histoires. Ceux de la Table, ce sont ses copains d’alors et les réflexions qu’elle se fait aujourd’hui, avec le recul, sur cette période de sa vie. Boule-de-neige, c’est le « témoignage « imaginaire d’une des jeunes victimes. Le juge, c’est le point de vue de celui qui va devoir juger ceux qui ont fomenté la révolte. On imagine bien ce que fut la vie dans ces centres qui sur le papier , se voulaient éducatifs , mais n’étaient en fait que des lieux de violence pour des gamins déjà maltraités par la vie ou leurs familles. Orphelins, petits délinquants, enfants livrés à eux mêmes, tous envoyés sur l’ Ile pour y apprendre un métier mais surtout pour « débarrasser les villes des abandonnées s’offrir une... Ni livre de souvenir, ni roman, ni enquête , le livre d’ Héloïse Guay de Bellissen est cependant un peu tout cela. Elle se souvient de son adolescence dans les années 90, avec sa bande de copains: » Ceux de la Table ». Elle utilise des passages d’interrogatoires après l’incendie dramatique en 1866 qui détruisit la colonie pénitentiaire de l’ Ile du Levant , tuant 13 jeunes dont elle imagine les pensées, les sentiments. Une alternance de courts chapitres nous permet de suivre aisément les différentes histoires. Ceux de la Table, ce sont ses copains d’alors et les réflexions qu’elle se fait aujourd’hui, avec le recul, sur cette période de sa vie. Boule-de-neige, c’est le « témoignage « imaginaire d’une des jeunes victimes. Le juge, c’est le point de vue de celui qui va devoir juger ceux qui ont fomenté la révolte. On imagine bien ce que fut la vie dans ces centres qui sur le papier , se voulaient éducatifs , mais n’étaient en fait que des lieux de violence pour des gamins déjà maltraités par la vie ou leurs familles. Orphelins, petits délinquants, enfants livrés à eux mêmes, tous envoyés sur l’ Ile pour y apprendre un métier mais surtout pour « débarrasser les villes des abandonnées s’offrir une main d’oeuvre bon marché ». Un de ces centres a d’ailleurs perduré jusqu’en 1977 à Belle Ile. La vie des ados de 1993 nous est plus familière : le sentiment de n’avoir pas de futur (slogan de l’époque : No futur), de refuser d’être comme leurs parents, d’appartenir à la société… une bande d’ados qui snobaient l’école, qui traînaient ensemble en écoutant de la musique. Un petit groupe mixte sans chef dit l’autrice, mais avec un leader quand même :Don, menteur, tricheur, séducteur, traficoteur, voleur….. Les deux colonies se télescopent dans la mémoire de l’actrice car c’est Don qui ayant assisté à un cours d »histoire , parle au groupe de cette colonie pénitentiaire et utilise l’expression Boule-de-neige . Evidemment, on ne peut les comparer: les enfants de l’ Ile du Levant n’avaient pas choisi d’y être; ceux de la Table choisissaient en grande partie de ne rien faire à l’école, ne subissaient pas une discipline féroce . Pourtant ils ont eu des points communs , que l’actrice met en lumière dans son récit. C’est un livre que j’ai trouvé intéressant ; j’y ai découvert cet évènement épouvantable de l’ Ile du Levant, il m’a permis de replonger dans la période des années 90 (celle de l’adolescence de mes enfants) , avec ses chanteurs et musiciens fétiches: Kurt Cobain, Radio Head…. Merci aux Editions Seghers et à Babelio.
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