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Délicieuse

Fleuve éditions
EAN : 9782265117983
Façonnage normé : BROCHE
Nombre de pages : 480
Format : 140 x 210 mm
Délicieuse

Collection : Fleuve noir
Date de parution : 23/08/2018
Coups de coeur des libraires :

« L’écriture de Marie Neuser oscille entre volupté et langue carnassière, qui n’épargne rien ni personne. Un pur plaisir de lecture presque coupable.» Librairie du Tramway, Lyon

« Une histoire passionnante, addictive qui vous pousse à ne pas lâcher jusqu'à la fin. Même terminé, ce livre...
Coups de coeur des libraires :

« L’écriture de Marie Neuser oscille entre volupté et langue carnassière, qui n’épargne rien ni personne. Un pur plaisir de lecture presque coupable.» Librairie du Tramway, Lyon

« Une histoire passionnante, addictive qui vous pousse à ne pas lâcher jusqu'à la fin. Même terminé, ce livre continue de tourner dans votre esprit. » Librairie Lumière d'Août, Marseille.

« Porté par une très belle plume, Délicieuse est un roman sensuel et envoûtant, à l’image de son héroïne. » Cultura, Valence

L’histoire commence ainsi : une femme parle à l’homme qu’elle aime.
Devant elle : les restes d’un repas.
Plutôt que le papier, elle a choisi l’écran.
À l’intimité d’une lettre, elle a préféré la vidéo et la multitude des réseaux sociaux.
Cette femme, c’est Martha Delombre, psychologue criminelle habituée aux confessions les plus abominables.
C’est désormais à son tour de se confesser. L’impudeur ? Peu lui importe, car tout le monde doit savoir. À commencer par lui. Le traître.
Peut-on dire adieu à vingt ans d’amour fou en succombant à la première inconnue qui passe ? C’est ce qu’il croyait. Au rythme des likes et des partages, traquant la fréquence des connexions, scrutant le pouls des commentaires, Martha la ténébreuse se montrera prête à tout pour continuer d’exister sans baisser la garde, jusqu’au point de rupture. Celui qu’on n’attendait pas et qui a le pouvoir de redistribuer les cartes.
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EAN : 9782265117983
Façonnage normé : BROCHE
Nombre de pages : 480
Format : 140 x 210 mm

Ce qu'en pensent nos lecteurs sur Babelio

  • Tomabooks Posté le 9 Septembre 2019
    Bon, bon, bon. J’écris ces mots quelques heures à peine après avoir refermé ce roman et je ne sais pas encore vraiment comment cette chronique va s’articuler. Il faut dire que je suis face à un nouveau cas dans ma jeune carrière de lecteur. Je ne sais tout simplement pas si le livre m’a plu. Délicieuse m’a secoué, ça s’est sûr, mais m’a-t-il vraiment plu ? Ce qui est bizarre avec tout cela, c’est que j’ai eu le temps d’y réfléchir pendant ma lecture, tant Marie Neuser nous offre la possibilité de réflexion autour de ses nombreuses thématiques, mais voilà, je ne sais pas quoi en penser… Délicieuse de Marie Neuser a le goût d’une multitude de dissection, celle du couple, de l’amour, du GRAND AMOUR, de la famille, de la haine, de la descente en enfer, de la folie, de l’envie, mais aussi celle de la femme, de son évolution. Je vous arrête tout de suite, Délicieuse n’est pas un roman à l’eau de rose, bien au contraire. Déjà, Marie Neuser décide de ne pas véritablement mettre de dialogue ou du moins ils n’ont pas de ponctuations. Délicieuse est la retranscription d’une vidéo postée par notre protagoniste. C’est un long... Bon, bon, bon. J’écris ces mots quelques heures à peine après avoir refermé ce roman et je ne sais pas encore vraiment comment cette chronique va s’articuler. Il faut dire que je suis face à un nouveau cas dans ma jeune carrière de lecteur. Je ne sais tout simplement pas si le livre m’a plu. Délicieuse m’a secoué, ça s’est sûr, mais m’a-t-il vraiment plu ? Ce qui est bizarre avec tout cela, c’est que j’ai eu le temps d’y réfléchir pendant ma lecture, tant Marie Neuser nous offre la possibilité de réflexion autour de ses nombreuses thématiques, mais voilà, je ne sais pas quoi en penser… Délicieuse de Marie Neuser a le goût d’une multitude de dissection, celle du couple, de l’amour, du GRAND AMOUR, de la famille, de la haine, de la descente en enfer, de la folie, de l’envie, mais aussi celle de la femme, de son évolution. Je vous arrête tout de suite, Délicieuse n’est pas un roman à l’eau de rose, bien au contraire. Déjà, Marie Neuser décide de ne pas véritablement mettre de dialogue ou du moins ils n’ont pas de ponctuations. Délicieuse est la retranscription d’une vidéo postée par notre protagoniste. C’est un long texte, une plaidoirie, un pamphlet mis à la face du monde et que Martha, notre protagoniste nous crache à la gueule. On se le mange en pleine face, on souffre avec cette personne, de par son histoire, de sa haine, de son ressenti et surtout par ses mots. Marie Neuser n’y va pas avec le dos de la cuillère et il sera difficile d’enchaîner les pages tant la douleur est ancrée dans chacune des phrases. avis sur le roman Délicieuse de Marie Neuser publié aux Editions Fleuve Ce n’est pas moi sur la photo… C’est Madame, alias The Inside Moon. Délicieuse est un poème délicieux dont on se délecte de chaque mot, de chaque intonation. Un livre qui n’est pas à découvrir si vous êtes en pleine rupture. Un roman que vous ne devez pas lire si vous êtes en couple. Un roman à ne surtout pas ouvrir si vous êtes célibataire. Enfin si, ouvrez le, mais prenez garde à vous… Délicieuse va vous engloutir dans sa noirceur ligne après ligne, tant Marie Neuser joue avec son scalpel pour nous disséquer, nous faire mal au plus profond de notre âme. Marie Neuser nous invite à suivre la transformation, la métamorphose de Martha qui se fait avec l’aide d’un premier tatouage d’une symbolique imparable. Je dois dire que Marie Neuser parle de cette contre-culture (bien que celle-ci tant à se normaliser) de la meilleure et de la plus belle des façons. En un seul chapitre, l’autrice a su mettre des mots sur ce que j’ai pu ressentir lors de mes rendez-vous chez le tatoueur. Que ce soit au niveau de la sensation que procure les aiguilles sur notre peau, la sensation de bien-être durant la séance (malgré quelques pointes de douleur) et cette réappropriation de notre corps, une fois la session terminée. Marie Neuser nous parle également de cette double vie que l’on mène sur les réseaux sociaux qui est à la fois le reflet de notre personnalité, mais aussi un endroit où l’on perd notre âme humaine. Notre protagoniste va s’enfoncer de plus en plus dans cet état esprit après s’être fabriqué un avatar, un double presque maléfique qui rendra coup pour coup, suite à la trahison qu’elle a pu vivre. On suit sa descente en enfer, mais aussi son évolution psychologique, puisque Martha se métamorphose petit à petit. Elle prend conscience de son pouvoir, de sa réelle féminité face au reste du monde. Cette métamorphose ne s’est pas faite toute seule, il faut dire que notre personnage nous partage les échanges qu’elle peut avoir dans son travail, puisque celle-ci est psychologue pour meurtrier, violeur et compagnie. On peut dire qu’elle apprend à la meilleure école. Je ne pourrais pas vous dire que Délicieuse de Marie Neuser est un coup de cœur. Non, c’est peut-être plus que ça, mais je ne pourrais en être certains que dans quelques semaines, quand le poison aura complètement été dilué dans mon corps. Pour le moment, je pourrais juste dire que l’histoire est quelque peu prévisible, mais la force narrative de Marie Neuser joue pour beaucoup quant à mon avis final. Délicieuse n’est pas une oeuvre commune. Une oeuvre que l’on voit tous les jours dans nos librairies. Marie Neuser est un OVNI dans le paysage littéraire français et qu’est-ce que ça peut faire du bien !
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  • Ysagele Posté le 28 Mai 2019
    Il faut s’accrocher à cette lecture si détaillée, que l’on pourrait trouver longue. Une plume qui m’a emporté, comme mes précédentes lecture de Marie Neuser et dont la beauté ne révèle que noirceur. Une fin qui arrive comme on n’ose l’imaginer et pourtant... Que ferions nous par Amour et pour garder cet Amour..mieux vaut ne pas répondre! Maintenant il faut dormir ou pas 😬😰
  • photomum01 Posté le 12 Avril 2019
    Martha, psychologue criminelle en milieu carcéral, mariée depuis 20 ans à Raph, semble heureuse entre son mari et son fils, toute dévouée aux hommes de sa vie. Mais un beau matin, Raph lui annonce qu'il a rencontré quelqu'un, la femme de sa vie... Depuis quelques semaines, il surfait beaucoup sur le net, c'est ainsi qu'il a connu virtuellement Aline. Puis le fantasme se faisant pressant, ils se sont vus, aimés et ont très vite décider de vivre ensemble, tant ils ne peuvent se passer l'un de l'autre. Raph s'en va... Martha entreprend alors des recherches sur cette jeune personne qui compte lui voler son mari, tout en mettant tout en oeuvre pour le reconquérir. Mais le destin ou le hasard font parfois bifurquer les chemins, menant à la vengeance... Ce roman noir raconte une sombre et banale histoire d'amour déchu, offrant au lecteur une analyse complète et documentée de la souffrance féminine dans ce genre de situation. La construction du scénario est originale. L'écriture est fluide et les pages se tournent facilement, cependant cette lente description hyper détaillée des sentiments de l'héroïne et de sa confession, traine en longueur et finit par être pesante. C'est certainement l'effet de style recherché mais la lectrice... Martha, psychologue criminelle en milieu carcéral, mariée depuis 20 ans à Raph, semble heureuse entre son mari et son fils, toute dévouée aux hommes de sa vie. Mais un beau matin, Raph lui annonce qu'il a rencontré quelqu'un, la femme de sa vie... Depuis quelques semaines, il surfait beaucoup sur le net, c'est ainsi qu'il a connu virtuellement Aline. Puis le fantasme se faisant pressant, ils se sont vus, aimés et ont très vite décider de vivre ensemble, tant ils ne peuvent se passer l'un de l'autre. Raph s'en va... Martha entreprend alors des recherches sur cette jeune personne qui compte lui voler son mari, tout en mettant tout en oeuvre pour le reconquérir. Mais le destin ou le hasard font parfois bifurquer les chemins, menant à la vengeance... Ce roman noir raconte une sombre et banale histoire d'amour déchu, offrant au lecteur une analyse complète et documentée de la souffrance féminine dans ce genre de situation. La construction du scénario est originale. L'écriture est fluide et les pages se tournent facilement, cependant cette lente description hyper détaillée des sentiments de l'héroïne et de sa confession, traine en longueur et finit par être pesante. C'est certainement l'effet de style recherché mais la lectrice que je suis n'a pas du tout accroché. Malgré tout, la fin inattendue fait oublier l'ennui de cette lecture tant elle est jubilatoire. Pas si mal !
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  • lettres_et_caracteres Posté le 7 Février 2019
    J'ai beau y réfléchir, je n'ai pas souvenir d'un roman où tous les personnages m'étaient antipathiques et où chacun représentait un trait de personnalité particulièrement détestable. Dans Délicieuse, le triangle amoureux réunit des êtres liés par le sentiment que l'on imagine le plus pur - l'amour - mais qui loin de les porter, les transformera en monstres d'égoïsme. Martha Delombre est une femme amoureuse de son mari depuis plus de 20 ans. Elle se contente d'un bonheur simple à ses côtés jusqu'au jour où Raph, son cher époux, lui annonce qu'il la quitte pour une autre. Cette autre, Aline Pélissier, a 10 ans de moins et une classe naturelle prompte à faire tourner la tête des maris lassés de leur union émoussée. A ce stade il est facile de juger Aline, la briseuse de ménage ou Raph, le mari infidèle et de s'apitoyer sur le sort de la pauvre Martha esseulée. Sauf que la vie est un peu plus compliquée que ça. Aline, Raph et Martha ont en commun de vouloir aimer et de vouloir croire à l'amour fou quitte à tout sacrifier pour ça. Qui peut les blâmer d'espérer ? Mais ce qui les unit - l'amour et le... J'ai beau y réfléchir, je n'ai pas souvenir d'un roman où tous les personnages m'étaient antipathiques et où chacun représentait un trait de personnalité particulièrement détestable. Dans Délicieuse, le triangle amoureux réunit des êtres liés par le sentiment que l'on imagine le plus pur - l'amour - mais qui loin de les porter, les transformera en monstres d'égoïsme. Martha Delombre est une femme amoureuse de son mari depuis plus de 20 ans. Elle se contente d'un bonheur simple à ses côtés jusqu'au jour où Raph, son cher époux, lui annonce qu'il la quitte pour une autre. Cette autre, Aline Pélissier, a 10 ans de moins et une classe naturelle prompte à faire tourner la tête des maris lassés de leur union émoussée. A ce stade il est facile de juger Aline, la briseuse de ménage ou Raph, le mari infidèle et de s'apitoyer sur le sort de la pauvre Martha esseulée. Sauf que la vie est un peu plus compliquée que ça. Aline, Raph et Martha ont en commun de vouloir aimer et de vouloir croire à l'amour fou quitte à tout sacrifier pour ça. Qui peut les blâmer d'espérer ? Mais ce qui les unit - l'amour et le bonheur égoïste qui va avec - est précisément ce qui va courir à leur perte. Construit sur la base d'un monologue geignard d'une épouse trahie, Délicieuse est un roman en dents de scie. Je crois que je l'ai autant aimé pour son ambiance malsaine, les liens complexes qui unissent les personnages et les scènes dialoguées qui mettent enfin un peu de rythme à cette complainte de l'épouse délaissée capable de tout pour récupérer son grand amour ; que je l'ai détesté pour cette lamentation épuisante sur des pages et des pages de la pauvre Martha. J'ose espérer que c'est ce que l'auteure souhaitait : nous faire perdre petit à petit toute empathie pour l'épouse trahie sans pour autant être en mesure de la reporter sur Raph ou sur Aline. Si c'est ça, c'est brillamment mené. Quant à la fin, il n'y a strictement aucune surprise à en attendre, dès le titre on sait où l'on va, sauf qu'il va falloir 473 pages (je les ai comptées) pour y arriver et se fader d'ici là toutes les jérémiades de l'épouse trompée à qui j'aurais bien filé quelques claques, histoire qu'elle sache enfin pourquoi elle pleure… En conclusion, impossible de vous dire si j'ai aimé ou non ce roman ni si je le conseille, et de mémoire de lectrice, ça aussi c'est assez rare chez moi.
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  • audelagandre Posté le 5 Novembre 2018
    Je pourrai écrire que c'est l'histoire banale d'une séparation. Après 20 ans passés ensemble, Raph annonce à Martha qu'il ne l'aime plus, qu'il a rencontré la Femme de sa vie, son double, son autre moi et qu'il part vivre avec elle. "C'est si merveilleux, si exceptionnel, cette harmonie entre nous, c'est...surnaturel. Le même être dans un miroir. Des jumeaux d'âme." Le temps de la mise à nue d'une vie entière est arrivé : les reproches, les certitudes, les excuses, les prédictions, la haine, la fureur, tout y passe. Sauf que ce n'est pas une histoire banale. C'est le cheminement d'une femme trompée, trahie, déchirée qui n'a rien rien vu venir et plus grand chose à perdre puisqu'elle a déjà tout perdu. C'est l'histoire tragique d'une femme face à elle même, qui regarde sa vie avec hauteur, en fait un film, et le poste sur utube. "Martha, il faut que je te parle." La gravité des mots qui laisse entrevoir des paroles que ne pourront être reprises une fois prononcées. Et le contraste, saisissant, entre la douleur insupportable de l'un et le bonheur réjouissant de l'autre. Marie Neuser décrypte, dissèque, dépèce les émotions de l'un, les réactions de l'autre, les réflexions, les attitudes,... Je pourrai écrire que c'est l'histoire banale d'une séparation. Après 20 ans passés ensemble, Raph annonce à Martha qu'il ne l'aime plus, qu'il a rencontré la Femme de sa vie, son double, son autre moi et qu'il part vivre avec elle. "C'est si merveilleux, si exceptionnel, cette harmonie entre nous, c'est...surnaturel. Le même être dans un miroir. Des jumeaux d'âme." Le temps de la mise à nue d'une vie entière est arrivé : les reproches, les certitudes, les excuses, les prédictions, la haine, la fureur, tout y passe. Sauf que ce n'est pas une histoire banale. C'est le cheminement d'une femme trompée, trahie, déchirée qui n'a rien rien vu venir et plus grand chose à perdre puisqu'elle a déjà tout perdu. C'est l'histoire tragique d'une femme face à elle même, qui regarde sa vie avec hauteur, en fait un film, et le poste sur utube. "Martha, il faut que je te parle." La gravité des mots qui laisse entrevoir des paroles que ne pourront être reprises une fois prononcées. Et le contraste, saisissant, entre la douleur insupportable de l'un et le bonheur réjouissant de l'autre. Marie Neuser décrypte, dissèque, dépèce les émotions de l'un, les réactions de l'autre, les réflexions, les attitudes, avec un réalisme qui frôle ou le vécu, ou le génie. C'est aussi l'histoire d'une femme qui a vieilli. Qui ne l'a pas senti, qui s'est toujours vue rayonner dans les yeux de l'autre et qui entrevoit, pour la première fois, la décrépitude du corps par les années parce qu'elle est confrontée à la présence de cette autre femme qui a dix ans de moins qu'elle. C'est l'histoire d'une femme qui est devenue mère, et qui a oublié d'être femme. Pas par choix conscient, par habitude inconsciente. Et personne ne l'a réveillée cette femme là. C'est vingt ans de couple, vingt ans de sexe... ou d'absence de sexe... ou de relations sexuelles molles, fades, qui n'existent encore que par habitude, quelques minutes entre la poire et le fromage, volées à l'horripilante machine de guerre qu'est le quotidien. Excuse banale, puisqu'il en faut une, d'être allé voir ailleurs. La machine intellectuelle se met en branle pour incomber à l'autre la faute et la justification d'avoir cherché ailleurs ce qu'il ne trouvait plus chez lui. "Tu as la libido au point mort (...), tu n'écoutes plus mes besoins (...) ton absence de désir a étouffé le mien (...). Elle, elle me veut. (...) Quand on fait l'amour, on est deux planètes en osmose. Elle me donne l'intensité qui est morte avec toi.(...) Tu es devenue asexuée Martha. Tu as rangé le sexe tout en bas de la pile." L'histoire d'une femme qui passe par toutes les étapes d'un deuil : le choc et le déni, la colère, le marchandage, la dépression, l'acceptation. Toutes ces phases sont étudiées au microscope, passées au peigne fin de l'analyse par l'écriture inouïe et prodigieuse de Marie Neuser. Ce roman est écrit comme un gigantesque monologue qui peut rebuter, entrecoupés de dialogues sans dialogue qui peuvent laisser circonspect. Elle utilise des phrases longues pour marquer la tension nerveuse qui suit cette collision, une femme dont le débit de paroles est proportionnel à la force du choc, qui ne peut plus s'arrêter de parler, de penser, de raisonner. Une caméra qui filme le flot ininterrompu de ses paroles, comme le film qu'elle est entrain de tourner, et qu'elle postera plus tard sur les réseaux sociaux, les mêmes réseaux qui ont fait d'elle une femme aux abois. Dans la multitude des émotions qui sont transmises, le style n'est pas dénué d'humour. J'ai souri, et ri aussi, quand emportée par la révolte, Martha utilise la vulgarité, des mots crus et cinglants pour enfoncer les clous de sa pensée. Les paroles qu'on prononce quand on est rendu à être un animal blessé. "Oui je sais. La sacro-sainte intensité, tu l'as déjà dit. Est-ce que ce sera toujours aussi intense quand vous serez débarrassés des oripeaux de la clandestinité, quand vous partagerez au quotidien les haleines à l'ail et les odeurs de chiotte ? Quand votre union ne sera plus faite de fièvre corporelle et de séduction mais de vaisselles, de lessives et de poils aux pattes ? Et pardonne-moi de me faire l'avocate du diable, mais cette sublime gémellité dont tu me parles aujourd'hui, et qui concrètement n'est étayée par rien, excepté par l'argument on aime la peinture, quand tu devras vraiment construire un couple avec elle, est-ce que ça tiendra le coup ?" Je pourrai décrire aussi les passages sublimes de la reconquête de l'autre par le désir quand Martha redevient une femme sexuée et sexuelle, les passages brillants quand détentrice de tous les indices, elle parvient à remonter le fil de la trahison, les passages incroyables de transformation de l'état de victime à celui de guerrière, les réflexions si justes du mécanisme de fonctionnement de l'autre qu'après vingt ans on connaît si bien, la connaissance du fonctionnement de l'Homme, la clairvoyance sur le futur, mais aucune de mes phrases ne pourra retranscrire les papillons dans le ventre ressentis comme lorsque l'on désire quelqu'un pour la première fois, ou la douleur tripale de l'abandon. J'écris cette chronique et j'ai mal au ventre, mal au coeur, mal partout. Marie Neuser est parvenue, par le seul biais de l'écriture à faire remonter des émotions, des sensations de la femme des premières fois. La femme que nous avons toute été un jour que le quotidien a simplement endormi. En ce sens, ce livre est un électrochoc qui frappe l'esprit d'incessants coups de boutoir et martèle à celui qui le lit de ne jamais oublier, de ne jamais s'endormir, d'être toujours sur ses gardes pour entretenir la flamme et le désir, de se souvenir qu'en un seul claquement de doigts, tout peut changer. Enfin, je pourrai vous dire que ce livre est bien un roman noir, vous parler du métier de Martha qui assoit ses capacités d'analyse, de l'incroyable twist qui survient à la page 330, de la fin si logique qui exacerbe et conclue, comme un feu d'artifice, les émotions d'une femme à cran, mais je n'en ai pas vraiment envie, parce que ce livre, c'est tellement plus que ça.... Mangez-le, dégustez-le, avec ou sans curry mais gardez-en la substantifique moelle. Merci Marie.
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