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EAN : 9782259282444
Façonnage normé : BROCHE
Nombre de pages : 256
Format : 135 x 210 mm
La discrétion
Date de parution : 27/08/2020
Éditeurs :
Plon

La discrétion

Date de parution : 27/08/2020
Rentrée littéraire 2020
« Ses enfants, eux, ils savent qui elle est, et ils exigent que le monde entier le sache aussi. »
Yamina est née dans un cri. À Msirda, en Algérie colonisée.
À peine adolescente, elle a brandi le drapeau de la Liberté.
Quarante ans plus tard, à Aubervilliers, elle vit dans la discrétion.
Pour cette mère, n’est-ce pas une autre façon de résister ?
Mais la colère, même réprimée, se transmet l’air de rien.
 
EAN : 9782259282444
Façonnage normé : BROCHE
Nombre de pages : 256
Format : 135 x 210 mm

Ils en parlent

« Ce récit est un bel hommage aux mères. Faiza Guene parle avec justesse de la retenue et de la bienveillance que Yamina a envers les autres. […]
Ce livre est vraiment beau, d'une belle sensibilité et subtil. »
Librairies Les Accents

Ce qu'en pensent nos lecteurs sur Babelio

  • unbrindefolivre Posté le 25 Février 2022
    J’ai adoré et dévoré ce livre. C’est cinglant, sans politiquement correct. Une réelle immersion dans la vie, l’histoire d’une famille d’immigrés Algériens et de leurs 4 enfants nés en France. On y retrouve le traumatisme de l’exil, l’arrivée et l’installation dans la société française, la recherche d’identités pour les enfants nés de deux cultures et la discrétion de ces personnes qui cherchent à s’en sortir. Quelle fenêtre sur ces vies assez éloignées de la mienne qui me permet d’en savoir plus et de confirmer certains problèmes en France. Je lirai d’autres livres de cette autrice
  • fguer1 Posté le 18 Février 2022
    "Yamina n'a que son amour à offrir à ses enfants. Peut-être que l'amour les apaisera. Avec un peu de chance, l'amour leur fera oublier les humiliations, et les déchargera du poids des sacrifices." C'est un livre centré sur une mère, Yamina, qui vit à Aubervilliers avec son mari et ses quatre enfants déjà adultes. En toute chose, elle prône la discrétion, dans une version qui la pousse à disparaître, à ne pas vraiment se rebeller contre le sort qui lui est fait, comme dans cette scène terrible qui ouvre le livre : après des heures de queue en préfecture, elle doit batailler pour refaire ses papiers face à une guichetière pleine de préjugés, qui ne cherche surtout pas à lui faciliter la tâche. Alors que sa fille qui l'accompagne est prête à exploser devant l'évidence des discriminations, Yamina, désespérée, tente de la retenir. "Ses enfants, eux, ils n'aiment pas ça. Ils ne supportent pas qu'on s'adresse à leur mère comme si elle était absolument idiote, naturellement inférieure. Eux, ils savent qui elle est, ce qu'elle a traversé, et ils exigent que le monde entier le sache aussi." Le récit entrecroise des scènes de son enfance dans l'Algérie rurale prise dans la lutte pour l'indépendance, une vie... "Yamina n'a que son amour à offrir à ses enfants. Peut-être que l'amour les apaisera. Avec un peu de chance, l'amour leur fera oublier les humiliations, et les déchargera du poids des sacrifices." C'est un livre centré sur une mère, Yamina, qui vit à Aubervilliers avec son mari et ses quatre enfants déjà adultes. En toute chose, elle prône la discrétion, dans une version qui la pousse à disparaître, à ne pas vraiment se rebeller contre le sort qui lui est fait, comme dans cette scène terrible qui ouvre le livre : après des heures de queue en préfecture, elle doit batailler pour refaire ses papiers face à une guichetière pleine de préjugés, qui ne cherche surtout pas à lui faciliter la tâche. Alors que sa fille qui l'accompagne est prête à exploser devant l'évidence des discriminations, Yamina, désespérée, tente de la retenir. "Ses enfants, eux, ils n'aiment pas ça. Ils ne supportent pas qu'on s'adresse à leur mère comme si elle était absolument idiote, naturellement inférieure. Eux, ils savent qui elle est, ce qu'elle a traversé, et ils exigent que le monde entier le sache aussi." Le récit entrecroise des scènes de son enfance dans l'Algérie rurale prise dans la lutte pour l'indépendance, une vie paysanne fruste où elle est obligée de quitter l'école qu'elle aime pour s'occuper de ses frères et sœurs, des souvenirs douloureux de son arrivée en France et des scènes actuelles qui concernent aussi bien la vie de famille que les trajectoires de chacun des enfants, occupés à construire leur vie avec et malgré l'empreinte de l'histoire familiale. Une lecture de salubrité publique.
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  • seb_ply Posté le 3 Janvier 2022
    Quel souffle dans ce roman et quel plaisir de retrouver la plume singulière de Faïza Guène. La discrétion est un roman qui touche et qui remue, l’histoire d’une femme née dans l’Algérie colonisée à la fin des années 40 et qui devient mère de 4 enfants avec tout ce que représente ce nouveau statut. Le lecteur découvrira aussi les enfants de la famille au fil des chapitres, une famille qui grandit dans les années 90 à Aubervilliers. L’autrice alterne les périodes. Le présent pour voir grandir les enfants de Yamina en région Parisienne et le passé pour se remémorer l’enfance en Algérie. Faïza Guène fait passer ses lectrices et ses lecteurs par toutes les émotions et le ton est plein de justesse. Un coup de coeur à faire lire autour de soi. extrait : « Ses enfants, eux, ils savent qui elle est, et ils exigent que le monde entier le sache aussi. »
  • Stelphique Posté le 1 Janvier 2022
    Ce que j’ai ressenti: « Yamina est née dans un cri. Alors pourquoi choisir de mener une existence silencieuse? » Parce que parfois, dans certains cas, la discrétion est révolution. La discrétion est ce lien ténu qui peut relier à la vie. Une nouvelle forme de survie. Une façon d’être là, avec réserve, mais bel et bien, là. C’est délicat, la discrétion. C’est tendre et puis, c’est puissant, aussi. C’est à la fois, un super-pouvoir d’invisibilité et une élégance perceptible. C’est étonnamment retenir et donner, sans gêner. C’est de la résistance sans casse. Faïza Guene décide de faire de La discrétion, un atout. Une qualité engagée et éblouissante. Être une femme, déjà, c’est un cri silencieux. C’est ardu, selon la terre où elles naissent, selon les idées qui traînent dans l’air, selon les chemins qu’elles empruntent, être femme, c’est s’accommoder de, s’adapter à, se résoudre aux…Yamina cherche juste une voie, sans trop de vagues. Une voie dans les épreuves de sa vie, entre non-dits et politesse, entre désir d’intégration et nostalgie, entre colère et bienveillance, entre idéal de liberté et résignation indicible, elle s’adapte à toutes les sortes de conditions difficiles que lui impose le destin, mais aussi, les hommes qui encadrent sa vie. Elle est... Ce que j’ai ressenti: « Yamina est née dans un cri. Alors pourquoi choisir de mener une existence silencieuse? » Parce que parfois, dans certains cas, la discrétion est révolution. La discrétion est ce lien ténu qui peut relier à la vie. Une nouvelle forme de survie. Une façon d’être là, avec réserve, mais bel et bien, là. C’est délicat, la discrétion. C’est tendre et puis, c’est puissant, aussi. C’est à la fois, un super-pouvoir d’invisibilité et une élégance perceptible. C’est étonnamment retenir et donner, sans gêner. C’est de la résistance sans casse. Faïza Guene décide de faire de La discrétion, un atout. Une qualité engagée et éblouissante. Être une femme, déjà, c’est un cri silencieux. C’est ardu, selon la terre où elles naissent, selon les idées qui traînent dans l’air, selon les chemins qu’elles empruntent, être femme, c’est s’accommoder de, s’adapter à, se résoudre aux…Yamina cherche juste une voie, sans trop de vagues. Une voie dans les épreuves de sa vie, entre non-dits et politesse, entre désir d’intégration et nostalgie, entre colère et bienveillance, entre idéal de liberté et résignation indicible, elle s’adapte à toutes les sortes de conditions difficiles que lui impose le destin, mais aussi, les hommes qui encadrent sa vie. Elle est coupée en deux, elle est partagée entre ici et là-bas, rejetée là-bas et ici, ne vivant qu’à moitié ici ou là-bas. Mais, heureusement, Être femme, c’est aussi, posséder à l’intérieur, une capacité invincible, d’aimer. Qu’elles puissent l’exprimer ou pas, selon le contexte politique, social, environnemental, n’y change rien, les femmes, ont cette force débordante en elles, d’aimer. D’aimer sans condition, d’aimer sans d’autre raison que celle d’aimer. D’aimer les hommes, les enfants, une patrie, deux pays, la vie, la terre, les arbres…Quoi qu’il advienne, Yamina est femme-amour, reliée au monde et d’une humanité bouleversante. Yamina, c’est un prénom très beau. C’est un prénom qui a du sens pour moi, qui m’évoque une personne disparue très chère à mon cœur, et le troisième prénom de la chair de ma chair. Yamina, c’est le personnage principal d’une histoire, somme toute commune avec beaucoup d’autres algériennes qui nous entourent, ici et maintenant en France, et pourtant, différente parce que chacune est unique. Chaque page que je lisais, me contait cet autre pays, me dévoilait une façon d’insérer un entre-deux qui leur faut réinventer quotidiennement. Ça résonnait fort pour des raisons très personnelles, toutes ces pages qui défilaient, et je sais que je vais devoir les transmettre…Avec donc, toute la discrétion qui me tient au corps, sans vous imposer quoi que ce soit, je vous laisse voir si cette histoire pourrait aussi vous toucher, comme elle a réussi à le faire, pour moi, d’une manière aussi intime. « Peut-être que l’amour les apaisera. »
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  • Colchik Posté le 28 Novembre 2021
    Voici l'histoire de la famille Taleb, et surtout celle de Yamina, soixante-dix ans, née à Msirda Fouaga, dans le massif des Trara, au nord-ouest de l'Algérie. Yamina s'est mariée, la trentaine passée, à un homme de dix ans plus âgé et l'a rejoint à Aubervilliers pour y vivre le reste de son existence. Faïza Guène s'est inspirée des siens pour bâtir ce récit entremêlant histoire familiale et chronique contemporaine de la vie en banlieue. Ses chapitres courts exposent une vision presque cinématographique : l'époque, le cadre, une scène qui donne à voir un personnage central entouré de personnages secondaires. Ainsi, nous passons de l'appartement-cocon de Yamina à la ferme misérable de son enfance, d'une laverie automatique à un jardin ouvrier, d'un appartement d'Oran à une villa en Charente. Une écriture rapide, parfois clinique dans sa sécheresse, mais d'un humour ravageur, brosse à grands traits les situations où se débattent les personnages, marqués par une fracture générationnelle béante, source de malaise pour les enfants Taleb. La conduite des parents est forgée par le courage, le respect – voire la sujétion – face aux traditions du pays, un stoïcisme quotidien dans leur condition d'immigrés. À l'opposé, Malika, Hannah, Imane et Omar donnent le sentiment... Voici l'histoire de la famille Taleb, et surtout celle de Yamina, soixante-dix ans, née à Msirda Fouaga, dans le massif des Trara, au nord-ouest de l'Algérie. Yamina s'est mariée, la trentaine passée, à un homme de dix ans plus âgé et l'a rejoint à Aubervilliers pour y vivre le reste de son existence. Faïza Guène s'est inspirée des siens pour bâtir ce récit entremêlant histoire familiale et chronique contemporaine de la vie en banlieue. Ses chapitres courts exposent une vision presque cinématographique : l'époque, le cadre, une scène qui donne à voir un personnage central entouré de personnages secondaires. Ainsi, nous passons de l'appartement-cocon de Yamina à la ferme misérable de son enfance, d'une laverie automatique à un jardin ouvrier, d'un appartement d'Oran à une villa en Charente. Une écriture rapide, parfois clinique dans sa sécheresse, mais d'un humour ravageur, brosse à grands traits les situations où se débattent les personnages, marqués par une fracture générationnelle béante, source de malaise pour les enfants Taleb. La conduite des parents est forgée par le courage, le respect – voire la sujétion – face aux traditions du pays, un stoïcisme quotidien dans leur condition d'immigrés. À l'opposé, Malika, Hannah, Imane et Omar donnent le sentiment d'avoir une boussole qui indique deux fois le nord, peinant à conjuguer leur double culture, algérienne et française. L'écrivaine oppose la discrétion qui gouverne toute l'attitude de Yamina à la colère qui brûle sa cadette, Hannah, et qui déferle à la moindre occasion. Pour cette dernière, tout est humiliation et manifestation de mépris : la manière dont s'adresse une employée de la Préfecture à sa mère, le chien de la voisine de palier qui renifle le bas de sa robe, la réserve d'une propriétaire accueillant les vacanciers… « Mais la colère, même enfouie, ne disparaît pas. La colère se transmet, l'air de rien. » Hannah a hérité d'une violence avec laquelle elle se débat jusque dans le cabinet de la psychologue qu'elle consulte. Faïza Guène ne croit pas aux vertus de l'universalisme pas plus qu'à celles de la méritocratie. Malika était une brillante élève, mais occupe un poste subalterne dans une administration. Omar peine à gagner sa vie en tant que chauffeur de VTC et Imane est vendeuse dans un magasin de jouets. Travailleurs, consciencieux, compétents, leurs rêves d'ascension sociale butent sur un simulacre d'intégration sociale et un pouvoir d'achat limité. L'écrivaine explore l'univers des marques pour en décrypter les faux-semblants (les contrefaçons made in Thailand), l'échantillonnage social qui en découle (aux uns les marques de luxe, aux autres les produits d'enseignes bon marché) et le prestige hors de portée (le coûteux verre au bar de l'hôtel Lutétia). Elle voit le modèle économique brandi par la société comme un miroir aux alouettes proposé aux plus pauvres, porté par l'ubérisation de la société et la consommation bas de gamme. Cependant, Faïza Guène se garde bien d'enfermer ses personnages dans un avenir sans espoir. Que l'émancipation passe par une thérapie, un studio loué, un amour inattendu, des vacances partagées ou le refus de se teindre les cheveux, chacun peut trouver sur sa trajectoire des raisons de croire en soi, s'il ne croit pas aux miracles du modèle républicain. Une lecture qui m'a emmenée, souvent amusée, parfois agacée et, au final, procuré matière à réflexion par la justesse de son constat et le brio de sa démonstration.
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