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EAN : 9782348042690
Façonnage normé : BROCHE
Nombre de pages : 304
Format : 135 x 220 mm
Le peuple du Larzac
Une histoire de crânes, sorcières, croisés, paysans, prisonniers, soldats, ouvrières, militants, touristes et brebis…
Collection : Sciences humaines
Date de parution : 12/05/2021
Éditeurs :
La Découverte

Le peuple du Larzac

Une histoire de crânes, sorcières, croisés, paysans, prisonniers, soldats, ouvrières, militants, touristes et brebis…

Collection : Sciences humaines
Date de parution : 12/05/2021
En 1971, un plateau du sud de l’Aveyron inconnu de la majorité des Français, le Larzac, surgit dans l’actualité. Un projet d’extension du camp militaire est alors le théâtre d’une... En 1971, un plateau du sud de l’Aveyron inconnu de la majorité des Français, le Larzac, surgit dans l’actualité. Un projet d’extension du camp militaire est alors le théâtre d’une contestation menée par une centaine de paysans. Formidable laboratoire de nouveaux modes d’action, objet de convergence de luttes pendant une... En 1971, un plateau du sud de l’Aveyron inconnu de la majorité des Français, le Larzac, surgit dans l’actualité. Un projet d’extension du camp militaire est alors le théâtre d’une contestation menée par une centaine de paysans. Formidable laboratoire de nouveaux modes d’action, objet de convergence de luttes pendant une décennie – celles des agriculteurs, celles de la non-violence et de l’autogestion, celles également de l’Occitanie et de l’écologie – le Larzac devient un symbole de la résistance contre l’arbitraire politique.
Ces événements ne constituent pour autant qu’une partie de l’histoire de ce lieu désertique. En proposant une approche de longue durée de ce plateau calcaire, qui s’ouvre par les traces des premiers peuplements, progresse de siècle en siècle, de l’occupation romaine à l’installation des Templiers, du développement de l’industrie du cuir à celle du fromage de Roquefort, du campement des soldats réservistes au camp d’internement des membres du FLN pendant la guerre d’Algérie, c’est un peuple du divers qui apparaît au fil des pages. Un peuple composé d’humains et de brebis, de sorcières et de potiers, de bergers et de paysans, d’ouvrières et de soldats, de prisonniers et de militants…
La perspective d’histoire profonde adoptée ici montre que ce territoire-palimpseste fut tout au long de son histoire un lieu d’invention collective, une invention nécessaire pour habiter le monde et faire communauté, pour garder intacte la perspective d’une vie plus libre, solidaire et égalitaire.
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EAN : 9782348042690
Façonnage normé : BROCHE
Nombre de pages : 304
Format : 135 x 220 mm

Ils en parlent

Philippe Artières relit et relie ces pages noires, dans cette histoire polyphonique qui est aussi une réflexion sur la mise en récit. Un essai d’histoire autant que d’historiographie.
Véronique Rossignol / Livres Hebdo

Ce qu'en pensent nos lecteurs sur Babelio

  • Marie987654321 Posté le 15 Février 2022
    Philippe Artières retrace ici l'histoire du Larzac depuis la préhistoire. Un tiers de l'ouvrage à peu près est consacré à la période post 68 et à la lutte contre l'extension du camp militaire. La partie qui précède est balayée de manière parfois un peu succincte. Le parti pris de l'auteur est de rechercher ce qui fait l'identité de ce territoire finalement assez original parmi d'autres territoires de notre pays qui ont eux aussi une identité affirmée. Première découverte: le paysage désertique qui caractérise le Larzac est en fait une conséquence de l'activité humaine du 18eme et 19eme siècle : pâturage, coupe du bois pour les verreries. Le Larzac était auparavant une magnifique forêt de chênes pubescents et de hêtres. Autre découverte émouvante :le plomb magique du Larzac : une plaque de plomb retrouvée dans la sépulture d'une femme nommé Gemma, gravée d'un texte de 160 mots en gaulois : il s'agit d'une liste de noms d'habitantes du plateau, des femmes dotées de pouvoirs magiques... Le Larzac est entré dans l'histoire du monde avec le site de potiers de la Graufesenque dont les créations ont été exportées dans la totalité du monde connu de... Philippe Artières retrace ici l'histoire du Larzac depuis la préhistoire. Un tiers de l'ouvrage à peu près est consacré à la période post 68 et à la lutte contre l'extension du camp militaire. La partie qui précède est balayée de manière parfois un peu succincte. Le parti pris de l'auteur est de rechercher ce qui fait l'identité de ce territoire finalement assez original parmi d'autres territoires de notre pays qui ont eux aussi une identité affirmée. Première découverte: le paysage désertique qui caractérise le Larzac est en fait une conséquence de l'activité humaine du 18eme et 19eme siècle : pâturage, coupe du bois pour les verreries. Le Larzac était auparavant une magnifique forêt de chênes pubescents et de hêtres. Autre découverte émouvante :le plomb magique du Larzac : une plaque de plomb retrouvée dans la sépulture d'une femme nommé Gemma, gravée d'un texte de 160 mots en gaulois : il s'agit d'une liste de noms d'habitantes du plateau, des femmes dotées de pouvoirs magiques... Le Larzac est entré dans l'histoire du monde avec le site de potiers de la Graufesenque dont les créations ont été exportées dans la totalité du monde connu de l'époque, c'est dire le vaste empire romain. L'histoire médiévale du Larzac a été marquée par l'influence des Templiers qui ont construits les châteaux de la Cavalerie et la Couvertoirade. Le rôle des brebis dans la vie du Larzac : des brebis qui donnent leur lait pour la production de la richesse locale : le roquefort ; mais aussi des brebis qui ont participé à la lutte contre l'extension, accompagnant les paysans à Paris dans le cadre de manifestations et prêtant leur tête fine aux affiches et campagnes de communication. Le Larzac a aussi une histoire noire : celle des camps et de la prison : car le camp militaire arrive après une série d'autres initiatives. Au XIXe siècle, ce sont d'abord les enfants qu'il convient de redresser qui sont enfermés dans la colonie pénitentiaire du Luc, aux conditions de vie extrêmement dures. Puis le Larzac devint un camp d'entrainement militaire qui permet à différents corps d'armée de venir faire des grandes manœuvres sur ces vastes terrains. Dans les années 30, ce sont les réfugiés espagnols qui occupent le camp. Après la deuxième guerre mondiale, des soldats allemands, particulièrement des SS, y sont enfermés en vue de leur dénazification. 10 ans après, ils seront remplacés par les algériens en résidence surveillée au moment de la guerre d'Algérie. Ce camp se retrouve organisé et contrôlé par la FLN à la barbe de l'armée française. Déjà des habitants du Larzac s'indignent de la présence de ce camp de concentration. Et nous arrivons ainsi à la fin des années 60 et à la lutte contre la décision d'extension du camp militaire ; période restée dans l'imaginaire, connue par la référence des luttes contre les décisions prises sans considération des populations. Le détail des évènements est présenté avec le rôle des différents acteurs, la volonté des paysans de garder le contrôle sur leur action malgré les sollicitations, leur profond sens de la communication politique, leur inventivité et leur lien avec le reste du monde. Vraiment intéressant !
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  • UntitledMag Posté le 27 Janvier 2022
    Historien et chercheur au CNRS, Philippe Artières propose une vaste et inédite exploration du Larzac et des êtres vivants qui l’ont façonné. Le peuple du Larzac, aux éditions La Découverte. Est-il seulement unique, ce peuple du Larzac ? À lire le sous-titre faisant mention de « crânes, sorcières, croisés, paysans, prisonniers, soldats, ouvrières, militants, touristes et brebis… », l’on comprend que les frontières seront poreuses et les identités nombreuses. À l’opposé d’une Histoire arrêtée et encadrée, Artières milite pour une histoire (notons que le «H» majuscule est proscrit par l’auteur) polyphonique et en mouvement. Le livre fourmille ainsi de réflexions issues d’autres domaines étudiant le vivant sous toutes ses formes. Dès lors une certaine curiosité accompagne la lecture : à quoi pourront bien ressembler les pages consacrées aux habitantes les plus célèbres du causse, les brebis ? L’auteur revendique une recherche par pli, mais ne refuse pas pour autant la chronologie. Et c’est en parcourant les premières pages qu’une idée contemporaine est mise à mal : ce causse qui, à certains endroits a des aspects désertiques aux allures de steppes orientales, n’a pas toujours été dans cet état. C’est en effet les êtres humains qui ont procédé à sa déforestation, provoquant par... Historien et chercheur au CNRS, Philippe Artières propose une vaste et inédite exploration du Larzac et des êtres vivants qui l’ont façonné. Le peuple du Larzac, aux éditions La Découverte. Est-il seulement unique, ce peuple du Larzac ? À lire le sous-titre faisant mention de « crânes, sorcières, croisés, paysans, prisonniers, soldats, ouvrières, militants, touristes et brebis… », l’on comprend que les frontières seront poreuses et les identités nombreuses. À l’opposé d’une Histoire arrêtée et encadrée, Artières milite pour une histoire (notons que le «H» majuscule est proscrit par l’auteur) polyphonique et en mouvement. Le livre fourmille ainsi de réflexions issues d’autres domaines étudiant le vivant sous toutes ses formes. Dès lors une certaine curiosité accompagne la lecture : à quoi pourront bien ressembler les pages consacrées aux habitantes les plus célèbres du causse, les brebis ? L’auteur revendique une recherche par pli, mais ne refuse pas pour autant la chronologie. Et c’est en parcourant les premières pages qu’une idée contemporaine est mise à mal : ce causse qui, à certains endroits a des aspects désertiques aux allures de steppes orientales, n’a pas toujours été dans cet état. C’est en effet les êtres humains qui ont procédé à sa déforestation, provoquant par ce fait l’érosion des sols et « des modifications défavorables au climat de la région ». Ironie de l’histoire, c’est donc des usages passés qui ont organisé l’inhospitalité des lieux face à laquelle, des centaines d’années plus tard, des paysan.ne.s se sont battu.e.s jusqu’au plus haut niveau de l’état pour en faire reconnaitre la dimension habitable.
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  • Franz Posté le 15 Octobre 2021
    « Je suis monté sur le causse ». Dès le prologue, l’historien Philippe Artières prend place nommément et physiquement dans l’histoire du Larzac. Témoin de la lutte du Larzac, il va avoir à cœur de la raconter mais avant d’aborder cette épopée, il va poser le cadre, les hommes, les animaux, le plus loin possible en arrière, depuis la préhistoire, en s’appuyant sur les travaux de ses prédécesseurs. La géographie aide à la compréhension du paysage caussenard : par les gouffres avec Edouard-Alfred Martel, père de la spéléologie française, par les réseaux hydrographiques avec Onésime Reclus, géographe des sites naturels, par la couverture végétale avec Jean Prioton, agronome forestier. L’abri des Canalettes datant du Paléolithique révèle, lors de sa découverte scientifique en 1980, les plus abondantes traces d’occupation du plateau. La nécropole de La Vayssière, datant de deux-cents ans avant JC, regroupe 115 tombes et des fragments de mobilier. Une des tombes contient l’urne funéraire et une « tablette de malédiction » de la sorcière Gemma. Une corporation de magiciennes aurait occupé les lieux. La grotte de Saint-Jean-d’Alcas, sépulture familiale préhistorique, les statues-menhirs, les dolmens témoignent d’une implantation humaine très ancienne. Sur ces bases lacunaires mais avérées, émouvantes et mystérieuses, Philippe... « Je suis monté sur le causse ». Dès le prologue, l’historien Philippe Artières prend place nommément et physiquement dans l’histoire du Larzac. Témoin de la lutte du Larzac, il va avoir à cœur de la raconter mais avant d’aborder cette épopée, il va poser le cadre, les hommes, les animaux, le plus loin possible en arrière, depuis la préhistoire, en s’appuyant sur les travaux de ses prédécesseurs. La géographie aide à la compréhension du paysage caussenard : par les gouffres avec Edouard-Alfred Martel, père de la spéléologie française, par les réseaux hydrographiques avec Onésime Reclus, géographe des sites naturels, par la couverture végétale avec Jean Prioton, agronome forestier. L’abri des Canalettes datant du Paléolithique révèle, lors de sa découverte scientifique en 1980, les plus abondantes traces d’occupation du plateau. La nécropole de La Vayssière, datant de deux-cents ans avant JC, regroupe 115 tombes et des fragments de mobilier. Une des tombes contient l’urne funéraire et une « tablette de malédiction » de la sorcière Gemma. Une corporation de magiciennes aurait occupé les lieux. La grotte de Saint-Jean-d’Alcas, sépulture familiale préhistorique, les statues-menhirs, les dolmens témoignent d’une implantation humaine très ancienne. Sur ces bases lacunaires mais avérées, émouvantes et mystérieuses, Philippe Artières échafaude l’histoire du causse en explorant ses marges pour mieux en esquisser le devenir. De l’industrie potière aux Templiers, puis aux Hospitaliers, l’auteur n’est jamais aussi fraternel que lorsqu’il évoque la vie misérable des habitants du Larzac : « Un bouillon produit à partir du résidu du lait de brebis, mélangé avec du pain, constituait la nourriture ordinaire des pauvres gens ». Puis vient l’épopée du mouton sans qui rien ne serait pareil, la « bête à laine » transformant le biotope, permettant la survie des hommes puis leur expansion. L’industrialisation du fromage et des tanneries entraînent inévitablement des conflits et des luttes sociales. Arrive le temps des camps, comme si le haut plateau désertique, citadelle calcaire ouverte au ciel, confortait le besoin chez l’homme de surveiller et de punir. Une sinistre institution de redressement de l’enfance se déploie au Luc. Les militaires embrayent et s’installent à la Cavalerie en 1899. Le camp militaire enferme ensuite, au cours du XXe siècle, les réfugiés espagnols puis les Allemands prisonniers à « dénazifier », puis les Algériens suspects, puis les harkis menacés de toutes parts. Bien implanté dans l’esprit des galonnés et sur le plateau caussenard, le camp militaire doit s’agrandir, au détriment d’une centaine de paysans qui refusent de se laisser déposséder. Philippe Artières va dérouler chronologiquement cette longue lutte non violente contre un Etat borné et mesquin. Le Larzac, considéré sur un temps long, perçu dans l’intrication d’un peuplement humain tributaire d’un biotope spécifique et d’un élevage ovin extensif, devient une entité apte à résister et capable de proposer des solutions alternatives et collectives viables, transposables dans l’avenir. Le travail de l’historien Philippe Artières est convaincant et enthousiasmant.
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  • JeannineOtte Posté le 15 Août 2021
    Beaucoup de livres ou de films parlent de la lutte du Larzac. Cette lutte des années 70 fut un moment important de ma vie. Ce livre m'a passionnée pour sa prise de distance. Une plongée dans le passé très lointain de ce plateau : préhistoire, Moyen-Age, les templiers, les guerres de religions. Puis l'histoire contemporaine : colonie pénitencière pour enfants "dangereux" ou "en danger" (on mélangeait .... c'est pas grave !) camp pour les réfugiés espagnols, prisonniers algériens, l'industrie du cuir, les fromageries de Roquefort, des paysans, l'histoire de luttes, de souffrances aussi nous mène en 1971, au projet d'extension du camp militaire, à l'expropriation des paysans. La présence de la communauté de Lanza del Vasto et aussi des mouvements gauchistes de l'époque ont forgé la contestation, la resistance mais aussi la lutte non-violente, l'autogestion, la culture occitane et l'écologie. Ce bouillonnement d'idées et d'actions font du Larzac un symbole de la résistance contre l'arbitraire politique. La conclusion du livre, qui relie au monde d'aujourd'hui, aux luttes actuelles, qui parle des descendants des résistants et résistantes m'a passionnée et poussée à la réflexion sur le devenir de ces luttes, sur les héritages des militant-es d'aujourd'hui. Beau regard d'un... Beaucoup de livres ou de films parlent de la lutte du Larzac. Cette lutte des années 70 fut un moment important de ma vie. Ce livre m'a passionnée pour sa prise de distance. Une plongée dans le passé très lointain de ce plateau : préhistoire, Moyen-Age, les templiers, les guerres de religions. Puis l'histoire contemporaine : colonie pénitencière pour enfants "dangereux" ou "en danger" (on mélangeait .... c'est pas grave !) camp pour les réfugiés espagnols, prisonniers algériens, l'industrie du cuir, les fromageries de Roquefort, des paysans, l'histoire de luttes, de souffrances aussi nous mène en 1971, au projet d'extension du camp militaire, à l'expropriation des paysans. La présence de la communauté de Lanza del Vasto et aussi des mouvements gauchistes de l'époque ont forgé la contestation, la resistance mais aussi la lutte non-violente, l'autogestion, la culture occitane et l'écologie. Ce bouillonnement d'idées et d'actions font du Larzac un symbole de la résistance contre l'arbitraire politique. La conclusion du livre, qui relie au monde d'aujourd'hui, aux luttes actuelles, qui parle des descendants des résistants et résistantes m'a passionnée et poussée à la réflexion sur le devenir de ces luttes, sur les héritages des militant-es d'aujourd'hui. Beau regard d'un historien sur une histoire emblématique et j'adhère totalement à la conclusion : "ne pas voir dans l'histoire du peuple du Larzac la défense d'une identité figée, mais au contraire une lutte pour une zone en devenir."
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