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La Mer, le matin

Robert Laffont
EAN : 9782221133477
Façonnage normé : EPUB2
DRM : DRM Adobe
La Mer, le matin

Delphine GACHET (Traducteur)
Collection : Pavillons
Date de parution : 23/08/2012

Deux mères et deux fils que la Méditerranée sépare.
Deux rives, deux pays, deux histoires que l’Histoire avec un grand H relie pourtant.

En Libye la révolte gronde. La guerre éclate. Dans un pays en proie à la violence, en pleine déroute, certains n’ont plus le choix. Il leur faut partir avant d’être tués, comme Omar, le mari de Jamila. La jeune femme part donc avec son petit garçon, Farid, trop jeune pour...

En Libye la révolte gronde. La guerre éclate. Dans un pays en proie à la violence, en pleine déroute, certains n’ont plus le choix. Il leur faut partir avant d’être tués, comme Omar, le mari de Jamila. La jeune femme part donc avec son petit garçon, Farid, trop jeune pour comprendre la violence des hommes. Farid ne connaît que le désert. La terre de ses ancêtres bédouins. Il n’a jamais vu la mer. Mais Jamila sait que le salut est là, que leur unique chance de survie est d’embarquer sur l’un de ces bateaux qui promettent de les mener en Sicile.
Jamila a donné tout son argent au passeur, elle n’a plus rien, plus rien que cette dérisoire amulette qu’elle a nouée autour du cou de Farid, plus rien que son châle qui le protégera du soleil et du sel, plus rien qu’un peu d’eau qu’elle lui donne goutte à goutte, pour qu’il ne meure pas. Et cette force que le désespoir donne aux mères.
De l’autre côté de la mer, vit un autre garçon, Vito, qui ne sait que faire de ses dix-huit ans. Vito est né en Sicile mais sa mère, Angelina, a vu le jour à Tripoli. Pendant onze ans, elle a été arabe. Avant qu’en 1970, Kadhafi, ayant pris le pouvoir, chasse les colons italiens de cette « quatrième rive » de l’Italie où la faim les avait poussés à émigrer. Elle est partie avec ses parents, qui n’ont jamais pu se sentir chez eux en Italie. Un jour, Angelina a su que les Italiens pouvaient revenir en Libye. Faire du tourisme. Kadhafi était l’ami de Berlusconi. Alors Angelina est retournée à Tripoli avec son fils, Vito, et sa mère, Santa. Angelina a marché sur les traces de son passé, de celui de tous ces Italiens qui ont travaillé la terre de Libye, de ses parents qui avaient repris une petite fabrique de bougies. Elle a même retrouvé Ali, son ami d’enfance. Mais la Libye n’est plus le pays de ses jeunes années, et Ali n’est plus le garçon d’autrefois.
L’été n’en finit pas de s’achever. Vito traîne sur les plages son mal de vivre. Sur la grève, la mer dépose les débris d’un naufrage, les débris d’une histoire. Celle de tous ceux qui ont voulu fuir leur pays mais qui n’accosteront jamais aux rives de l’Italie. Vito ramasse ces vestiges sur la plage. Il sait, il sent qu’il lui faut préserver la mémoire de ces jours terribles. Il colle ses trouvailles sur un immense tableau bleu. Au centre, une de ces amulettes porte-bonheur que les mères arabes mettent au cou de leurs enfants pour les protéger du mauvais sort.

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EAN : 9782221133477
Façonnage normé : EPUB2
DRM : DRM Adobe
Robert Laffont

Ce qu'en pensent nos lecteurs sur Babelio

  • Livramoi Posté le 31 Mai 2019
    Encore un superbe récit écrit par cet auteure que j'aime beaucoup. (Mon préféré d'elle étant " venir au monde" ) Ce livre nous livre tout un pan de l'histoire de la lybie, de l'ascension de Kadhafi jusqu'à sa chute. Un pan de l'histoire vu des deux côtés de la rive. De par les yeux de Farid et Jamila, qui veulent à tout prix quitter ce pays pour rejoindre la Sicile. Et de par les yeux d'Angelina et Vito, siciliens de résidence mais lybienne de cœur pour Angelina. Un roman très triste, très dur mais oh combien réaliste.
  • Medulla Posté le 20 Mai 2019
    Deux récits entremêlés qui font coeur et corps. Jamila et son jeune fils Farid quittent en urgence leur pays sous les balles et les cris. Du désert aux passeurs ils affrontent leur errance avec l'énergie de l'espoir d'un monde apaisé en Italie, la promesse d'une terre qui a déjà accueilli d'autres apatrides. En face, Angelina et son fils Vito. Leurs familles ont quitté Tripoli chassé par Khadafi. Italiens immigrés en Libye, ils se sont réfugiés en Sicile et sont devenus à nouveau des étrangers. Vito cherche à renouer avec cette terre et avec son passé. Le vague à l'âme, le déracinement, l'espoir, le souvenir sont autant de vagues qui bercent et noient tour à tour ces quatre personnages. Un court roman qui rend hommage à ces anonymes qui fuient leurs pays non pas par choix mais par nécessité.
  • Kmilia Posté le 16 Mars 2019
    Livre qui m'a beaucoup touché .triste réalité.
  • M_a_r_c Posté le 3 Novembre 2017
    Deux histoires de fuite, d'exil. Deux histoires d'une mère et de son fils, arrachés à leur terre. Deux histoires qui se superposent au-dessus d'un même lieu. La mer. Jamila et Faris, son petit garçon, fuient la Lybie et la guerre civile qui vient d'y éclater. Ils tentent de gagner la Sicile. Une fuite désespérée, une dérisoire tentative d'échapper à la mort ou à une vie de terreur et de persécutions. A cette occasion, Faris découvre la mer, qu'il n'avait jamais vue. Une mer qui se refermera sur lui, sur sa mère et ses autres compagnons d'infortunes, abandonnés par des passeurs sans scrupules sur un rafiot pourri, sans carburant, sans eau, sans aucune chance d'arriver vivants. Une mer qui les engloutira dans l'indifférence la plus totale, comme elle engloutit encore chaque jour ces femmes, ces hommes, ces enfants, réfugiés syriens, irakiens, afghans… fuyant leur pays, meurtris, en quête d'un peu d'espoir. Impossible, en lisant l'agonie de Faris dans les bras de sa mère, de ne pas avoir, imprimée dans la rétine, l'image du petit Aylan, mort noyé sur une plage turque. Impossible de ne pas remplacer la fiction de Margaret Mazzantini par l'actualité quasiment quotidienne de ces réfugiés qui périssent dans leur tentative... Deux histoires de fuite, d'exil. Deux histoires d'une mère et de son fils, arrachés à leur terre. Deux histoires qui se superposent au-dessus d'un même lieu. La mer. Jamila et Faris, son petit garçon, fuient la Lybie et la guerre civile qui vient d'y éclater. Ils tentent de gagner la Sicile. Une fuite désespérée, une dérisoire tentative d'échapper à la mort ou à une vie de terreur et de persécutions. A cette occasion, Faris découvre la mer, qu'il n'avait jamais vue. Une mer qui se refermera sur lui, sur sa mère et ses autres compagnons d'infortunes, abandonnés par des passeurs sans scrupules sur un rafiot pourri, sans carburant, sans eau, sans aucune chance d'arriver vivants. Une mer qui les engloutira dans l'indifférence la plus totale, comme elle engloutit encore chaque jour ces femmes, ces hommes, ces enfants, réfugiés syriens, irakiens, afghans… fuyant leur pays, meurtris, en quête d'un peu d'espoir. Impossible, en lisant l'agonie de Faris dans les bras de sa mère, de ne pas avoir, imprimée dans la rétine, l'image du petit Aylan, mort noyé sur une plage turque. Impossible de ne pas remplacer la fiction de Margaret Mazzantini par l'actualité quasiment quotidienne de ces réfugiés qui périssent dans leur tentative de rejoindre nos pays, que l'on dit civilisés mais qui laissent mourir leur prochain en détournant la tête et qui font passer leurs intérêts géo-politiques avant des vies humaines. Impossible… Quarante ans plus tôt, Khadafi s'empare du pouvoir et chasse hors des frontières les colons italiens arrivés au début du XXe siècle. Jeune adolescente, Angelina doit quitter précipitamment le pays où elle est née, le seul qu'elle connait, et retourner sur en Sicile, la terre de ses ancêtres, où elle se sent une étrangère. Déracinée, sans repères, elle élève seul son fils, Vito, un adolescent oisif, un peu artiste. Jusqu'au jour où le Raïs et Berlusconi décident que leurs deux pays sont de nouveaux « amis » et que les anciens colons italiens peuvent regagner Tripli s'ils le souhaitent. Vito convainc sa mère et sa grand-mère, Santa, d'entreprendre la traversée, de retrouver leurs racines. Ils découvrent une Lybie que celui-là ne connaît pas et que celles-ci ne reconnaissent plus. De retour en Sicile, Vito, empreint de désespoir, récupère sur la plage quelques objets échoués après une tempête, restes de traversées jamais réussies. Empreint de désespoir, il en fait un tableau de ce bric-à-brac de manches de chemises déchirées, de morceaux de bois, de feuilles arrachées à l'un ou l'autre journal intime. Avec, au milieu de cette fresque, une pauvre amulette, celle que portait à son cou Faris, celle que sa mère lui avait confectionnée pour le protéger du mauvais sort… Si l'histoire de Jamila et de Faris, rappel cruel d'une sinistre actualité, est poignante, celle d'Angelina et de Vito émeut moins, résonne avec moins de force. Peut-être comme s'il n'était jamais totalement injuste de chasser des colons, quels qu'ils soient, même poussés eux-mêmes par la misère à quitter leur pays d'origine. Ou peut-être parce que cette seconde histoire n'a finalement de sens – et n'existe donc – que pour faire écho à la première. Un roman qui mêle donc deux histoires aux résonances différentes malgré les similitudes et que traverse aussi une même immense mélancolie, laissant parfois au lecteur le sentiment que tout est vain…
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  • Marech20 Posté le 8 Octobre 2017
    Un sujet brûlant, les migrants, une histoire méconnue, les Italiens de Tripoli, sont les deux principales composantes de ce roman. Il faut parfois être un peu plus concentrée pour arriver à suivre les différentes histoires, les différentes époques, puisqu'elles s'entremêlent. Roman émouvant. Et la mer, omniprésente, un personnage, un rôle à part entière.
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