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La Peur des barbares

Robert Laffont
EAN : 9782221121641
Façonnage normé : EPUB2
DRM : Watermark (Tatouage numérique)
La Peur des barbares
Au-delà du choc des civilisations

Date de parution : 03/03/2011
La peur des barbares est ce qui risque de nous rendre barbares...

« Le choc des civilisations, ce serait : les démocraties occidentales d'un côté, l'Islam de l'autre. Deux mondes, figés dans leurs différences historiques, culturelles, religieuses, et de ce fait voués au conflit. Face à la menace, plus de place pour le dialogue ou pour le mélange. Et pas d'autre alternative...

« Le choc des civilisations, ce serait : les démocraties occidentales d'un côté, l'Islam de l'autre. Deux mondes, figés dans leurs différences historiques, culturelles, religieuses, et de ce fait voués au conflit. Face à la menace, plus de place pour le dialogue ou pour le mélange. Et pas d'autre alternative que la « fermeté ». Voire la guerre.
Par tous les moyens.
Peut-on vraiment s'assurer, lorsque l'on raisonne ainsi, que la barbarie et la civilisation continueront de se trouver du côté que l'on croit ?
S'il est impératif de défendre la démocratie, il est aussi crucial de ne pas se laisser dominer par la peur et entraîner dans des réactions abusives. Car l'Histoire nous l'enseigne : le remède peut être pire que le mal. »
T. T.

Dans une réflexion qui nous fait traverser des siècles d'histoire européenne, Tzvetan Todorov éclaire les notions de barbarie et de civilisation, de culture et d'identité collective, pour interpréter les conflits qui opposent aujourd'hui les pays occidentaux et le reste du monde. Une magistrale leçon d'histoire et de politique - et une véritable « boîte à outils » pour décrypter les enjeux de notre temps.

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EAN : 9782221121641
Façonnage normé : EPUB2
DRM : Watermark (Tatouage numérique)

Ce qu'en pensent nos lecteurs sur Babelio

  • mazou31 Posté le 9 Octobre 2017
    Belle réflexion sur les notions de barbarie, de civilisation, de culture. Todorov plaide pour un humanisme des Lumières et prône tout particulièrement une grande tolérance face au radicalisme religieux contemporain, et l’islamisme tout d’abord, bien évidemment. S’il développe son propos en philosophe et sémiologue plus qu’en historien, il fait preuve, à mes yeux, d’un angélisme inquiétant. Certes le dialogue et la compréhension de l’autre sont les seules solutions de progrès, certes les attitudes de rejet populistes et l’ hégémonie américaine agissent à l’envers d’une solution, mais sa bien-pensance me paraît irréaliste d’autant plus qu’elle ne s’accompagne que d’un optimiste béat. Son rôle n’est pas de donner des solutions - et c’est bien plaisant de ne pas entendre de leçons péremptoires comme tant savent les donner, son vœu est d’indiquer la bonne direction à l’aune de son immense savoir sur les civilisations ; mais j’avoue que l’exercice me paraît cours et pas assez engagé ni assez pédagogique. Voici un livre au style ardu, à la lecture exigeante, que l’on clôt avec plein de points d’interrogation mais qui a l’incontestable mérite de faire réfléchir sans péroraisons stupides.
  • Apoapo Posté le 5 Février 2016
    La théorie huntingtonienne du choc des civilisations est encore très répandue, car elle est facile. Très répandue aussi la réduction stigmatisante de l'identité des Musulmans à leur seule culture religieuse, de celle-ci à l'islamisme, de celui-ci au terrorisme, réductions successives qui constituent déjà à elles seules une forme d'islamophobie. Le terme de barbarie opposé à civilisation appartient à ce langage, pour dénoter l'altérité entre "eux" et "nous". Or, en refusant tout débat idéologique, c'est justement par l'analyse des termes que Todorov démolit ce discours, en véritable sémiologue (et philosophe spécialiste des Lumières). Qu'est-ce que la barbarie ? qu'est-ce que la civilisation (au singulier) à ne pas confondre avec les cultures (au pluriel) ? Quels sont les contenus des identités collectives ? Comment sortir du dilemme entre ethnocentrisme naïf et relativisme absolu (p. 30) ? Comment la culture (dans son sens national) évolue-t-elle entre pluralité et variabilité (p. 89) ? Comment les identités collectives multiples des migrants furent prises en compte depuis le Des lois de Cicéron (p. 102) et les actes de violence des banlieues françaises relèvent non d'un conflit entre cultures prétendument incompatibles mais de la "déculturation" (p. 144)... Sans solution de continuité au fil des pages, la démonstration sémiologique et... La théorie huntingtonienne du choc des civilisations est encore très répandue, car elle est facile. Très répandue aussi la réduction stigmatisante de l'identité des Musulmans à leur seule culture religieuse, de celle-ci à l'islamisme, de celui-ci au terrorisme, réductions successives qui constituent déjà à elles seules une forme d'islamophobie. Le terme de barbarie opposé à civilisation appartient à ce langage, pour dénoter l'altérité entre "eux" et "nous". Or, en refusant tout débat idéologique, c'est justement par l'analyse des termes que Todorov démolit ce discours, en véritable sémiologue (et philosophe spécialiste des Lumières). Qu'est-ce que la barbarie ? qu'est-ce que la civilisation (au singulier) à ne pas confondre avec les cultures (au pluriel) ? Quels sont les contenus des identités collectives ? Comment sortir du dilemme entre ethnocentrisme naïf et relativisme absolu (p. 30) ? Comment la culture (dans son sens national) évolue-t-elle entre pluralité et variabilité (p. 89) ? Comment les identités collectives multiples des migrants furent prises en compte depuis le Des lois de Cicéron (p. 102) et les actes de violence des banlieues françaises relèvent non d'un conflit entre cultures prétendument incompatibles mais de la "déculturation" (p. 144)... Sans solution de continuité au fil des pages, la démonstration sémiologique et philosophique (anthropologique, sociologique) s'ancre de plus en plus dans les "affaires internationales", c'est-à-dire dans le politique, notamment dans le ch. 3 "La guerre des mondes" et le ch. 4 "Naviguer entre les écueils". Sont traités: les campagnes militaires américano-otaniennes, l'islamisme, la torture, mais aussi le meurtre de Theo Van Gogh à Amsterdam, les caricatures danoises du Prophète, le discours de Benoît XVI à Ratisbonne... Le dernier ch., "L'identité européenne", marque à mon sens une perte de pertinence, d'intérêt et, pire, de subtilité de pensée. Je n'en retiendrai(s) que la critique d'un certain discours sur l'identité européenne, fondée fort justement sur son incohérence: "L'idée d'égalité entre tous les êtres humains nous vient de l'histoire européenne, pourtant celle d'esclavage est loin de lui être étrangère. Le prosélytisme religieux et la laïcité lui appartiennent au même titre, tout comme l'esprit révolutionnaire et le conservatisme. La tolérance est européenne, mais le fanatisme et les guerres de religion ne le sont pas moins. [...] la soumission des peuples étrangers à la volonté du plus fort, l'impérialisme même appartiennent également à l'héritage européen." (pp. 250-251). Il s'agit donc dans l'ensemble d'un ouvrage d'une rigueur et d'une clarté mémorables, dont le style est beaucoup moins académique et ardu que celui de certaines œuvres de Todorov (surtout celles de sa jeunesse) sans perdre de précision historique et philosophique : une véritable leçon de citoyenneté à recommander à toute personne éveillée et minimalement intéressée par ces aspects de notre politique.
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  • JeanLouisBOIS Posté le 5 Mai 2012
    Le sous-titre de la peur des barbares de Tzvetan Todorov montre que ce livre est en partie écrit en réaction aux thèses défendues par Samuel P. Huntington dans son célèbre essai : Le Choc des civilisations. Pour l'auteur français d'origine bulgare, les civilisations n'existent pas en tant que blocs homogènes, elles sont plutôt le fruit d'emprunts, d'échanges, de rejets concernant les idées, les cultures, les individus et leurs contenus varient dans la durée. Todorov, descendant des philosophes des Lumières insiste sur une vision universaliste des valeurs de la Révolution Française (droits de l'homme, liberté, égalité, laïcité,...) parfois tempéré par le relativisme des situations. Il se révèle ainsi un humaniste européen contemporain pour lequel civilisation et barbarie constituent deux pôles extrêmes de la mentalité humaine, les œuvres vraiment littéraires nous rapprochant davantage d'un état civilisé. Cependant, personne ne saurait être qualifié que de barbare ou que de civilisé.Muni de cette grille d'analyse, il décortique par exemple l'aspect inédit de la guerre contre le terrorisme: multiforme, sans fin prévisible et pouvant justifier tous les abus. Il met en lumière les risques d'islamophobie des sociétés occidentales qui renferme les musulmans dans leur seule identité de croyant potentiellement terroriste en oubliant cultures, solidarités et... Le sous-titre de la peur des barbares de Tzvetan Todorov montre que ce livre est en partie écrit en réaction aux thèses défendues par Samuel P. Huntington dans son célèbre essai : Le Choc des civilisations. Pour l'auteur français d'origine bulgare, les civilisations n'existent pas en tant que blocs homogènes, elles sont plutôt le fruit d'emprunts, d'échanges, de rejets concernant les idées, les cultures, les individus et leurs contenus varient dans la durée. Todorov, descendant des philosophes des Lumières insiste sur une vision universaliste des valeurs de la Révolution Française (droits de l'homme, liberté, égalité, laïcité,...) parfois tempéré par le relativisme des situations. Il se révèle ainsi un humaniste européen contemporain pour lequel civilisation et barbarie constituent deux pôles extrêmes de la mentalité humaine, les œuvres vraiment littéraires nous rapprochant davantage d'un état civilisé. Cependant, personne ne saurait être qualifié que de barbare ou que de civilisé.Muni de cette grille d'analyse, il décortique par exemple l'aspect inédit de la guerre contre le terrorisme: multiforme, sans fin prévisible et pouvant justifier tous les abus. Il met en lumière les risques d'islamophobie des sociétés occidentales qui renferme les musulmans dans leur seule identité de croyant potentiellement terroriste en oubliant cultures, solidarités et autres valeurs. Il prône un dialogue avec l'autre, l'étranger, le différent ou celui que l'on considère comme tel, un vrai dialogue où chacun ne doit pas craindre de mettre à distance ses convictions et si besoin à changer d'opinions. Que de belles et bonnes pensées! que de généreuses idées! Malheureusement, on sent très vite qu'on se situe dans le monde politiquement et culturellement correct de la "bien-pensance", on se sent confortable dans ses opinions où tout est lisse, le papier n'offre pas de résistance et l'angélisme n'est jamais très loin. Ce qui nous manque dns ce genre d'ouvrage, ce n'est pas le pronostic, c'est l'étape suivante: comment fait-on fonctionner le plus harmonieusement possible des sociétés nationales ou européennes forcément et de plus en plus multiculturelles? Où met-on concrètement le curseur entre identité et pluralité?
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