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Loin des mosquées

Robert Laffont
EAN : 9782221129586
Façonnage normé : EPUB2
DRM : Watermark (Tatouage numérique)
Loin des mosquées

Date de parution : 26/02/2015

Derya a servi le café. Ma mère a porté la tasse à ses lèvres et, après la première gorgée, elle a blêmi. Ses ongles s’enfonçaient dans mon bras.
« Derya, tu n’as rien oublié ?
— Non, ma tante.
— Tu es sûre ?
— Tout à fait sûre.
— Mais le sucre…?
— Il n’y...

Derya a servi le café. Ma mère a porté la tasse à ses lèvres et, après la première gorgée, elle a blêmi. Ses ongles s’enfonçaient dans mon bras.
« Derya, tu n’as rien oublié ?
— Non, ma tante.
— Tu es sûre ?
— Tout à fait sûre.
— Mais le sucre…?
— Il n’y a pas de sucre. »
Sa voix était très basse, mais très ferme. Ma mère s’est tournée vers ma tante.
« Qu’est-ce que ça veut dire, Selma ?
— Tu sais fort bien ce que ça veut dire quand on demande une fille en mariage et qu’elle verse du café sans sucre. »
Evren achève de brillantes études à Cologne. Hébergé chez un oncle turc, ce garçon timide a le coup de foudre pour sa cousine, la belle et sensuelle Derya. Rentré chez lui, en Belgique, Evren annonce aux siens la bonne nouvelle : il va épouser Derya. Une délégation familiale se rend donc en Allemagne pour demander officiellement la main de la jeune fille. Mais les choses ne vont pas tourner comme prévu.
Déroutant jusqu’à la dernière ligne, tour à tour drôle et profond, Loin des mosquées ravira les admirateurs – toujours plus nombreux – de l’oeuvre d’Armel Job.

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EAN : 9782221129586
Façonnage normé : EPUB2
DRM : Watermark (Tatouage numérique)
Robert Laffont

Ce qu'en pensent nos lecteurs sur Babelio

  • Veromy Posté le 25 Mai 2019
    Un voyage entre la Belgique, l'Allemagne et la Turquie. Entre les traditions, l'honneur de la famille, les mariages arrangés, la place des femmes turques. Une belle histoire sur la culture musulmane écrite avec respect.
  • viou1108 Posté le 29 Avril 2019
    Ça commence par un bête accident de corbillard sans gravité (ou plutôt avec une gravité à retardement) sur la route entre Bruxelles et les Ardennes belges, et ça se termine par une virée/cavale à Fribourg, même si le premier de ces événements est en réalité la conséquence du second. Et entre les deux, on nous raconte quelles ont été les causes qui ont mené à cette conséquence. Or donc, nous avons Evren, jeune homme vivant à la Tannerie, quartier turc d'une petite ville belge. Aujourd'hui, Evren se marie, mais pas de gaieté de coeur, avec sa cousine Yasemin, qui vient de débarquer de son village d'Anatolie. Un mariage arrangé par la famille, Yasemin est ravie, Evren se désintéresse de l'affaire, anesthésié par son amour déçu pour son autre cousine, Derya. Derya, née en Allemagne, dans une famille turque très traditionaliste, qu'Evren a demandée en mariage, et qui a été éconduit par la belle, laquelle a ensuite changé d'avis, mais trop tard. Pourquoi ce revirement inattendu ? Pour une question d'honneur de la famille, honneur qu'il conviendra de sauver ou de laver à tout prix, y compris dans le sang. "Loin des mosquées" est une incursion dans la communauté turque immigrée, qui oscille... Ça commence par un bête accident de corbillard sans gravité (ou plutôt avec une gravité à retardement) sur la route entre Bruxelles et les Ardennes belges, et ça se termine par une virée/cavale à Fribourg, même si le premier de ces événements est en réalité la conséquence du second. Et entre les deux, on nous raconte quelles ont été les causes qui ont mené à cette conséquence. Or donc, nous avons Evren, jeune homme vivant à la Tannerie, quartier turc d'une petite ville belge. Aujourd'hui, Evren se marie, mais pas de gaieté de coeur, avec sa cousine Yasemin, qui vient de débarquer de son village d'Anatolie. Un mariage arrangé par la famille, Yasemin est ravie, Evren se désintéresse de l'affaire, anesthésié par son amour déçu pour son autre cousine, Derya. Derya, née en Allemagne, dans une famille turque très traditionaliste, qu'Evren a demandée en mariage, et qui a été éconduit par la belle, laquelle a ensuite changé d'avis, mais trop tard. Pourquoi ce revirement inattendu ? Pour une question d'honneur de la famille, honneur qu'il conviendra de sauver ou de laver à tout prix, y compris dans le sang. "Loin des mosquées" est une incursion dans la communauté turque immigrée, qui oscille entre, d'une part, traditions et honneur à protéger, et d'autre part volonté d'intégration et de liberté, une situation complexe qui conduit parfois au drame. Ce roman nous est raconté à quatre voix. A celles d'Evren, de Yasemin et de Derya s'ajoute celle de René, croque-mort (le conducteur du corbillard susmentionné) et regard extérieur à ces traditions qui le dépassent, mais embringué malgré lui dans des tourments familiaux qui basculent vers le thriller. J'ai lu ce texte quasiment d'une traite. Cette histoire tragi-comique est drôlement bien construite, avec l'alternance des points de vue et les questionnements et comportements des uns et des autres, qui m'ont tous semblé très crédibles et réalistes. L'histoire serait presque rocambolesque s'il n'y avait pas ce triste contexte du sort peu enviable de ces (jeunes) femmes coincées dans un carcan patriarcal d'interdits ancestraux et intangibles. "Loin des mosquées" est mon premier roman d'Armel Job, et je dois cette découverte aux nombreux avis positifs lus sur Babelio (merci les ami.e.s !). Premier, mais donc pas dernier :-)
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  • saigneurdeguerre Posté le 7 Mars 2019
    Mon prénom est René. J’ai 49 ans. Ma petite société de pompes funèbres marche bien. J’y travaille « seul » avec Marcel, mon associé, un cerveau de petit enfant dans un grand corps d’adulte, le fils de l’ancien patron et le frère de la femme de ma vie… Qui est partie un jour avec son entraîneur de natation et n’a jamais donné signe de vie ! Je fais du jogging deux fois par semaine et je tiens la forme. Mon voisin, Altan, un petit entrepreneur turc, qui a épousé Sandra une belge, ce voisin avec qui je n’avais aucun rapport particulier m’a demandé de lui rendre un service : loger chez moi deux oncles venus de Turquie pour le mariage de son frère Evren. Si seulement j’avais su dans quoi je mettais les pieds, je m’en serais abstenu… C’est moi, Evren, ancien gardien de but du Sporting local. J’habite en Belgique mais je travaille au Luxembourg. Une belle situation. Je vais me marier. Un mariage arrangé. J’ai deux mains gauches mais j’ai fait de bonnes études de comptabilité. J’ai été en Erasmus à Cologne, hébergé par mon oncle, Murat. Une espèce d’intégriste. Ses fils ne valent pas mieux. C’est... Mon prénom est René. J’ai 49 ans. Ma petite société de pompes funèbres marche bien. J’y travaille « seul » avec Marcel, mon associé, un cerveau de petit enfant dans un grand corps d’adulte, le fils de l’ancien patron et le frère de la femme de ma vie… Qui est partie un jour avec son entraîneur de natation et n’a jamais donné signe de vie ! Je fais du jogging deux fois par semaine et je tiens la forme. Mon voisin, Altan, un petit entrepreneur turc, qui a épousé Sandra une belge, ce voisin avec qui je n’avais aucun rapport particulier m’a demandé de lui rendre un service : loger chez moi deux oncles venus de Turquie pour le mariage de son frère Evren. Si seulement j’avais su dans quoi je mettais les pieds, je m’en serais abstenu… C’est moi, Evren, ancien gardien de but du Sporting local. J’habite en Belgique mais je travaille au Luxembourg. Une belle situation. Je vais me marier. Un mariage arrangé. J’ai deux mains gauches mais j’ai fait de bonnes études de comptabilité. J’ai été en Erasmus à Cologne, hébergé par mon oncle, Murat. Une espèce d’intégriste. Ses fils ne valent pas mieux. C’est là que j’ai rencontré Derya. Derya, le trésor de mon oncle Murat. Derya d’une beauté à couper le souffle ! Elle est aussi belle que moi je suis laid ! Le jour où je l’ai vue nue, j’en suis tombé fou amoureux. Je veux l’épouser… Je m’appelle Derya. J’ai 17 ans. Mon père Murat semble beaucoup m’aimer. Il est très à cheval sur les vieilles traditions venues d’Anatolie et ne plaisante pas avec ce qu’il appelle l’honneur familial. Il est très religieux. Ma famille a accueilli Evren lors de son séjour en Erasmus, à Cologne. C’est un gentil garçon. Très poli. Il ne m’a jamais adressé la parole. Il est amoureux de moi. Il veut m’épouser. Moi, je ne l’aime pas. Je veux poursuivre mes études et décider de ma vie. Je suis une bonne élève et j’essaie d’être une bonne fille… Yasemin, tel est mon prénom. Je suis la petite dernière d’une famille nombreuse et peut-être celle qu’on a gâtée. Mon père, Kaan est un éleveur de bétail et de chevaux akhal-teke. Comme je suis la dernière de la famille à vivre sous le toit paternel, mon père m’a appris à m’occuper des chevaux, sa passion. La vie en Anatolie est rude. Bien qu’étant une élève douée, j’ai dû me contenter des seules études disponibles dans la région : je suis capable de vous confectionner n’importe quelle robe. Quand j’avais dix ans, j’ai brièvement rencontré mon cousin Evren venu passer des vacances en Turquie avec sa maman, ma tante. J’en suis tombé amoureuse. Très amoureuse. Malgré sa gaucherie, et sa tête carrée, il est très respectueux et gentil. Sa famille a demandé ma main à la mienne. Je suis folle de joie ! Critique : Voilà le genre de livre que plusieurs personnes vous recommandent de lire, que vous finissez par acheter. Puis, en sortant de la librairie chargé de bouquins pour prendre le bus, vous vous dites : « Je vais commencer à lire le plus fin du lot en attendant d’arriver chez moi ». « Loin des Mosquées », drôle de titre ! Une histoire de djihadistes, sans doute ! Bizarre ! Le récit commence par un certain René, croque-mort qui nous fait part de ses pensées philosophiques sur les morts, son gagne-pain. Intéressant le bonhomme ! Ah, tiens ! Changement de personnage ! Evren ! Qu’est-ce qu’il nous veut celui-là ? Super ! Il nous raconte ses maladresses ! Vraiment pas doué le bonhomme. Et moche en plus ! Derya ! Voilà une charmante jeune fille que je serais ravi de connaître !... Et voilà, c’est foutu ! Sans vous en rendre compte, vous êtes alpagué par ce roman à quatre voix ! Ce livre, vous n’allez plus vouloir le quitter avant d’être arrivé à la dernière page car en plus d’être un roman de mœurs qui retrace la vie d’un clan turc issu de l’Anatolie profonde et qui a essaimé en Allemagne et en Belgique, il prend peu à peu la forme d’un thriller… Je suis ravi d’avoir enfin découvert cette œuvre d’Armel Job… Qui me donne envie d’en découvrir d’autres de cet excellent auteur qui décrit si bien les sentiments humains.
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  • daniel_dz Posté le 13 Février 2019
    Emballé dans une histoire à rebondissements autour d’un mariage arrangé, Armel Job livre un beau tableau de société où des cultures se confrontent: celle de Belges et celle d’immigrés turcs, celle de jeunes et celle de leurs aînés. Une histoire qui pourrait se passer près de chez soi et qui se lit avec plaisir. J’ai plusieurs fois chanté les louanges d’Armel Job. Ce livre-ci me semble approprié pour illustrer sa valeur d’écrivain populaire, au sens noble du terme. Par là, je ne veux pas désigner un auteur de romans de gare qui voudrait bêtifier le peuple avec historiettes flattant leurs bas instincts. Non, je veux plutôt désigner un auteur habile à faire rentrer la bonne littérature dans les foyers qu’elle n’habiterait pas encore. En effet, une histoire de gens ordinaires, dans lesquels on pourrait reconnaître ses voisins est un bon incitant à entamer la lecture. Ensuite, une intrigue qui tient en haleine, sans toutefois devenir complexe, incite à continuer sa lecture jusqu’au bout, surtout si le texte est parsemé de touches d’humour incisif ou de comique de situation. Enfin, l’intérêt reste présent après la lecture grâce aux réflexions que l’histoire suscite: on ne peut s’empêcher de se demander comment on aurait... Emballé dans une histoire à rebondissements autour d’un mariage arrangé, Armel Job livre un beau tableau de société où des cultures se confrontent: celle de Belges et celle d’immigrés turcs, celle de jeunes et celle de leurs aînés. Une histoire qui pourrait se passer près de chez soi et qui se lit avec plaisir. J’ai plusieurs fois chanté les louanges d’Armel Job. Ce livre-ci me semble approprié pour illustrer sa valeur d’écrivain populaire, au sens noble du terme. Par là, je ne veux pas désigner un auteur de romans de gare qui voudrait bêtifier le peuple avec historiettes flattant leurs bas instincts. Non, je veux plutôt désigner un auteur habile à faire rentrer la bonne littérature dans les foyers qu’elle n’habiterait pas encore. En effet, une histoire de gens ordinaires, dans lesquels on pourrait reconnaître ses voisins est un bon incitant à entamer la lecture. Ensuite, une intrigue qui tient en haleine, sans toutefois devenir complexe, incite à continuer sa lecture jusqu’au bout, surtout si le texte est parsemé de touches d’humour incisif ou de comique de situation. Enfin, l’intérêt reste présent après la lecture grâce aux réflexions que l’histoire suscite: on ne peut s’empêcher de se demander comment on aurait soi-même réagi à la place de l’un ou l’autre personnage. Mais si vous êtes occupé à me lire (jusqu’ici... merci !), il est probable que la bonne littérature est déjà entrée dans votre foyer. Ce n’est bien entendu pas une raison pour bouder Armel Job ! De lui, j’ai déjà lu des textes plus surprenants, plus profonds ou plus drôles que celui-ci, mais je vous le recommande tout de même pour la finesse de ses portraits.
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  • Phil56 Posté le 25 Mai 2018
    Ouf ! Après une première approche peu convaincante ("Une femme que j'aimais"), j'ai enfin découvert ce qui fait la force et peut-être parfois la faiblesse d'écriture d'Armel Job, à savoir : nous raconter une histoire simple (mais non simpliste) qui nous parle sans prétention de l'humain de la plus lumineuse à la plus sombre de ses facettes. L'auteur nous propose ici un roman choral assez classique, y faisant évoluer 4 personnages principaux (2 hommes/ 2 femmes) dont les destinées vont se croiser pour le meilleur ou pour le pire. Le rythme en est soutenu, le suspense toujours subtilement entretenu. Témoignant d'une réelle empathie pour ses "héros" fictionnels, Armel Job nous invite à pénétrer petit à petit dans l'intimité de chacun, distillant çà et là, une ironie bienveillante, un humour léger sonnant constamment juste. L'émotion, souvent présente, ne vire jamais au pathos. A noter aussi et, ce n'était pas partie gagnée compte tenu du sujet abordé, l'absence de stéréotypes, le refus de tout angélisme, la permanence d'une grande lucidité. Au final, nous est livré un vibrant plaidoyer romanesque, sans concession ni manichéisme, pour le respect de la dignité humaine en général, féminine en particulier. P.S. : A certains moments de lecture, bruissaient en moi la musique et les... Ouf ! Après une première approche peu convaincante ("Une femme que j'aimais"), j'ai enfin découvert ce qui fait la force et peut-être parfois la faiblesse d'écriture d'Armel Job, à savoir : nous raconter une histoire simple (mais non simpliste) qui nous parle sans prétention de l'humain de la plus lumineuse à la plus sombre de ses facettes. L'auteur nous propose ici un roman choral assez classique, y faisant évoluer 4 personnages principaux (2 hommes/ 2 femmes) dont les destinées vont se croiser pour le meilleur ou pour le pire. Le rythme en est soutenu, le suspense toujours subtilement entretenu. Témoignant d'une réelle empathie pour ses "héros" fictionnels, Armel Job nous invite à pénétrer petit à petit dans l'intimité de chacun, distillant çà et là, une ironie bienveillante, un humour léger sonnant constamment juste. L'émotion, souvent présente, ne vire jamais au pathos. A noter aussi et, ce n'était pas partie gagnée compte tenu du sujet abordé, l'absence de stéréotypes, le refus de tout angélisme, la permanence d'une grande lucidité. Au final, nous est livré un vibrant plaidoyer romanesque, sans concession ni manichéisme, pour le respect de la dignité humaine en général, féminine en particulier. P.S. : A certains moments de lecture, bruissaient en moi la musique et les paroles de la bouleversante complainte intitulée "Aloïda" du groupe breton Tri Yann figurant sur l'album "Portraits" sorti en 1995.
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