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EAN : 9782266329781
Code sériel : 18852
Façonnage normé : POCHE
Nombre de pages : 160
Format : 108 x 177 mm
Nouveauté
La Vie après Birkenau
Date de parution : 22/09/2022
Éditeurs :
Pocket
Nouveauté

La Vie après Birkenau

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Date de parution : 22/09/2022
« On m’a parfois demandé comment j’avais pu, après les camps, retrouver le désir de vivre. La seule réponse valable à mes yeux est celle-ci : on n’a pas le choix. Cela... « On m’a parfois demandé comment j’avais pu, après les camps, retrouver le désir de vivre. La seule réponse valable à mes yeux est celle-ci : on n’a pas le choix. Cela me paraît valable pour une personne comme pour un pays tout entier. »
Simone Veil raconte son enfance, sa déportation et l’importance...
« On m’a parfois demandé comment j’avais pu, après les camps, retrouver le désir de vivre. La seule réponse valable à mes yeux est celle-ci : on n’a pas le choix. Cela me paraît valable pour une personne comme pour un pays tout entier. »
Simone Veil raconte son enfance, sa déportation et l’importance de cette épreuve dans sa vie.
 
« Un livre magnifique et nécessaire. » Olivia de Lamberterie, ELLE
« Avec ce livre, Simone Veil ne suscite pas seulement l’admiration. Elle bouleverse. » Valérie Lehoux, Télérama
 
Ce récit a déjà été publié dans l’ouvrage L’Aube à Birkenau.
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EAN : 9782266329781
Code sériel : 18852
Façonnage normé : POCHE
Nombre de pages : 160
Format : 108 x 177 mm

Ce qu'en pensent nos lecteurs sur Babelio

  • NathalC 20/07/2022
    Simone Veil revient ici sur son passage dans le camp de Birkenau et de Bobrek, sur la longue marche qui a suivi, sur son retour à la "vie normale", sur les liens tissés avec d'autres détenus. David Teboul retranscrit ici sa rencontre avec Simone Veil. Il évoque aussi les rencontres auxquelles il a participé entre Simone Veil et sa soeur Denise, entre Simone Veil et Madeleine Loridan-Ivens et entre Simone Veil et Paul Schaffer. Lors de ses rencontres, chacun évoque ses souvenirs. Le lecteur a vraiment le sentiment d'être témoin de ces conversations, en spectateur neutre. Ici pas de regrets, pas de larmes, pas de rancoeur ni de désirs de vengeance. Malgré le thème, cet écrit est presque serein... En tant que lectrice, Mme Veil m'inspire le respect, dû à son histoire, à ce qu'elle a accompli par la suite, mais surtout par sa façon d'être, cette dignité qui semble se dégager naturellement de tout son être. Merci pour ces témoignages, merci à toutes les personnes qui ont participé à ce livre. Je me suis toujours demandé comment certains déportés ont pu survivre à cette époque, comment ile ont pu aussi vivre après cela. Au fil de mes lectures, j'en arrive à penser... Simone Veil revient ici sur son passage dans le camp de Birkenau et de Bobrek, sur la longue marche qui a suivi, sur son retour à la "vie normale", sur les liens tissés avec d'autres détenus. David Teboul retranscrit ici sa rencontre avec Simone Veil. Il évoque aussi les rencontres auxquelles il a participé entre Simone Veil et sa soeur Denise, entre Simone Veil et Madeleine Loridan-Ivens et entre Simone Veil et Paul Schaffer. Lors de ses rencontres, chacun évoque ses souvenirs. Le lecteur a vraiment le sentiment d'être témoin de ces conversations, en spectateur neutre. Ici pas de regrets, pas de larmes, pas de rancoeur ni de désirs de vengeance. Malgré le thème, cet écrit est presque serein... En tant que lectrice, Mme Veil m'inspire le respect, dû à son histoire, à ce qu'elle a accompli par la suite, mais surtout par sa façon d'être, cette dignité qui semble se dégager naturellement de tout son être. Merci pour ces témoignages, merci à toutes les personnes qui ont participé à ce livre. Je me suis toujours demandé comment certains déportés ont pu survivre à cette époque, comment ile ont pu aussi vivre après cela. Au fil de mes lectures, j'en arrive à penser qu'il n'y a pas de réponses; Ils n'ont pas eu le choix... Ils ont survécu, ont continué à se lever le matin et ont chacun vécu leur vie comme ils ont pu... sans peut-être se poser la question du pourquoi...
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  • DETHYREPatricia 20/02/2022
    Un livre très intéressant (à mi-chemin entre mémoires, biographie, et album photos commenté) qui donne à découvrir une Simone Veil enfant, jeune fille, femme puis femme politique. J'ai été particulièrement touchée par le ton de la conversation qui ressort dans l'écriture, et pour cause, puisque qu'il s'agit de la retranscription d'entretiens menés entre Simone Veil et David Teboul, photographe, réalisateur de films documentaires et écrivain. Le style est simple et fluide. On a vraiment le sentiment de partager l'intime de cette grande dame (dont pour ma part je ne partage pas les idées politiques mais qui a tout mon respect pour son vécu, son combat politique en faveur de l'IVG, et sa droiture). Un livre sensible donc et touchant quand elle évoque sa fascination pour sa maman, ses liens avec ses sœurs, la perte de son père et de son frère, ses souvenirs de la déportation, et son difficile retour à la vie dans une France qui n'a que faire de ce qu'ont vécu les Juifs et qui se désintéresse totalement de leur devenir. Un livre sensible et touchant quand elle dialogue avec sa sœur Denise (ancienne résistante et déportée "politique" car elle avait caché son vrai nom) et nous... Un livre très intéressant (à mi-chemin entre mémoires, biographie, et album photos commenté) qui donne à découvrir une Simone Veil enfant, jeune fille, femme puis femme politique. J'ai été particulièrement touchée par le ton de la conversation qui ressort dans l'écriture, et pour cause, puisque qu'il s'agit de la retranscription d'entretiens menés entre Simone Veil et David Teboul, photographe, réalisateur de films documentaires et écrivain. Le style est simple et fluide. On a vraiment le sentiment de partager l'intime de cette grande dame (dont pour ma part je ne partage pas les idées politiques mais qui a tout mon respect pour son vécu, son combat politique en faveur de l'IVG, et sa droiture). Un livre sensible donc et touchant quand elle évoque sa fascination pour sa maman, ses liens avec ses sœurs, la perte de son père et de son frère, ses souvenirs de la déportation, et son difficile retour à la vie dans une France qui n'a que faire de ce qu'ont vécu les Juifs et qui se désintéresse totalement de leur devenir. Un livre sensible et touchant quand elle dialogue avec sa sœur Denise (ancienne résistante et déportée "politique" car elle avait caché son vrai nom) et nous fait partager ses photos de famille, quand elle se lâche aux côtés de Marceline Loridan, son amie rencontrée à Auschwitz-Birkenau (dont j'ai également lu le témoignage d'ancienne déportée) ou revient avec Paul Schaffer sur les quelques mois passés au camp de travail de Bobrek où elle travaillait pour l'usine Siemens. Des voix multiples mais unanimes pour dire l'indicible avec une grande pudeur tout à l'honneur de ces personnalités. La colère, elle s'exprime à plusieurs reprises, chez ces anciens déportés, non pas tant en direction de leurs bourreaux d'hier auxquels ils n'ont rien pardonné, mais plutôt en direction de leurs contemporains d'aujourd'hui. Tous trois sont en effet douloureusement effarés de constater que l'expérience de la Shoah telle qu'elle a été vécue et relatée par les historiens et les victimes n'a hélas pas permis de mettre un terme à l'antisémitisme... Ils sont tous trois outrés de constater que certains relaient, sans complexe aucun, encore aujourd'hui, des thèses outrancières prônant la domination d'une race sur une autre (ou encore d'une religion sur une autre). Triste constat donc et sentiment désabusé d'échec pour la femme politique qu'a été Simone Veil. Seul bémol : le corps de caractère choisi par l'éditeur (vraiment trop petit) et les pages de commentaires de la plume David Teboul écrites en rouge. Des choix graphiques qui gênent vraiment la lecture.
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  • labibliothequedepam 12/02/2022
    Je tiens un compte instagram sur lequel je publie mes chroniques littéraires : labibliothequedepam « Aujourd’hui, lorsque les gens vont à Birkenau ou à Auschwitz, ils voient l’étendue des baraquements, ils observent un certain nombre de choses, mais on est loin de la transmission d’une expérience. Lorsque les jeunes disent qu’ils « imaginent », ils n’imaginent rien du tout. Cela reste inimaginable. » C’est avec beaucoup de pudeur et de retenue que Simone Veil s’est confiée à David Teboul sur son expérience de la déportation et des camps de concentration. David Teboul fasciné par cette grande dame digne et remarquable a recueilli le récit de Simone Veil et s’est fait le témoin de ses échanges avec sa sœur Denise, son amie Marceline Loridan-Ivens avec qui elle a partagé une partie de sa vie dans les camps et Paul Schaffer, un autre camarade rencontré dans le camp de Bobrek. Entrecoupé de photos de famille et d’archives, ce recueil nous livre un témoignage bouleversant, captivant et intense, qui ne laisse pas indifférent. Un récit criant de vérité qu’on ne peut lâcher tant qu’on ne l’a pas terminé tant il est poignant. Ce livre ne nous apprend rien de plus que ce que l’on ne sait déjà,... Je tiens un compte instagram sur lequel je publie mes chroniques littéraires : labibliothequedepam « Aujourd’hui, lorsque les gens vont à Birkenau ou à Auschwitz, ils voient l’étendue des baraquements, ils observent un certain nombre de choses, mais on est loin de la transmission d’une expérience. Lorsque les jeunes disent qu’ils « imaginent », ils n’imaginent rien du tout. Cela reste inimaginable. » C’est avec beaucoup de pudeur et de retenue que Simone Veil s’est confiée à David Teboul sur son expérience de la déportation et des camps de concentration. David Teboul fasciné par cette grande dame digne et remarquable a recueilli le récit de Simone Veil et s’est fait le témoin de ses échanges avec sa sœur Denise, son amie Marceline Loridan-Ivens avec qui elle a partagé une partie de sa vie dans les camps et Paul Schaffer, un autre camarade rencontré dans le camp de Bobrek. Entrecoupé de photos de famille et d’archives, ce recueil nous livre un témoignage bouleversant, captivant et intense, qui ne laisse pas indifférent. Un récit criant de vérité qu’on ne peut lâcher tant qu’on ne l’a pas terminé tant il est poignant. Ce livre ne nous apprend rien de plus que ce que l’on ne sait déjà, Simone Veil ne fait aucune révélation, mais se livre sans retenue, elle habite le livre et c’est en cela qu’il est si singulier. Derrière les mots de Simone et de ses interlocuteurs, on devine l’émotion, malgré une retenue qui peut être assimilée à une forme de détachement, une expérience qui les aura à jamais marqués et qui aura façonné leur existence, elle-même dit que sa vie d’adulte n’aurait pas été la même sans. Cette lecture a été un moment suspendu dans le temps, un instant durant lequel l’on s’échappe du présent pour essayer de comprendre la terreur, l’inimaginable, cette impression d’être l’interlocuteur privilégié de Simone Veil ne nous lâche pas jusqu’à la fin. Un livre que je ne peux que conseiller. « Celui qui sauve une vie sauve l’humanité entière » Proverbe Juif
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  • Levant 18/12/2021
    Dans les camps, des barbelés les enfermaient à l’écart du reste du monde. Rescapés, une barrière est restée. Une séparation persiste entre ceux qui ont connu cette funeste expérience des camps de la mort et les autres. Il y avait ceux qui étaient dedans et les autres nous dit George Semprun dans Le grand voyage. Les premiers savent que nul ne peut envisager, imaginer et même croire à cette vie hors du temps, hors de l’humanité. Mais au-delà de ce souvenir de l’enfer, l’amertume qui assombrit la renaissance à la vie des rescapés est de constater, de déplorer que leur expérience ne rend pas le monde meilleur. Voilà un ouvrage auquel nul ne peut rester insensible. Emotion pure que les paroles retranscrites par David Teboul dans ce recueil d’entretiens en forme de témoignage de la part de cette grande dame dont la gravité nous troublait lorsqu’il nous arrivait de la voir à l’écran : Simone Veil. Outre le texte, cet ouvrage comporte nombre de photos : les visages fermés de ceux qui ont échappés au sinistre destin auxquels ils étaient promis, les visages juvéniles de ceux qui le resteront parce que figés pour l’éternité. Des photos qui fendent le cœur... Dans les camps, des barbelés les enfermaient à l’écart du reste du monde. Rescapés, une barrière est restée. Une séparation persiste entre ceux qui ont connu cette funeste expérience des camps de la mort et les autres. Il y avait ceux qui étaient dedans et les autres nous dit George Semprun dans Le grand voyage. Les premiers savent que nul ne peut envisager, imaginer et même croire à cette vie hors du temps, hors de l’humanité. Mais au-delà de ce souvenir de l’enfer, l’amertume qui assombrit la renaissance à la vie des rescapés est de constater, de déplorer que leur expérience ne rend pas le monde meilleur. Voilà un ouvrage auquel nul ne peut rester insensible. Emotion pure que les paroles retranscrites par David Teboul dans ce recueil d’entretiens en forme de témoignage de la part de cette grande dame dont la gravité nous troublait lorsqu’il nous arrivait de la voir à l’écran : Simone Veil. Outre le texte, cet ouvrage comporte nombre de photos : les visages fermés de ceux qui ont échappés au sinistre destin auxquels ils étaient promis, les visages juvéniles de ceux qui le resteront parce que figés pour l’éternité. Des photos qui fendent le cœur quand on sait qu’elles nous disent l’innocence, l’espoir d’avenir qu’il y avait dans les yeux des enfants. Que leur sourire a été effacé par une volonté humaine, laquelle avait conçu et mis en œuvre une industrie de mort. Simone Veil nous raconte les camps. Et la vie après. Quand il a fallu vivre avec ce souvenir qui lui a volé son adolescence. David Teboul lui a suggéré des entretiens avec d’anciens déportés : sa sœur Denise, Marceline Loridan-Ivens, Paul Schaffer pour qu’ils échangent leurs souvenirs. Sachant qu’entre eux il n’y aurait pas cette barrière de l’incrédulité. Car même ceux qui ont visité Auschwitz-Birkenau ou autre sinistre lieu de mémoire ne peuvent se faire la moindre idée de ce que c’est d’avoir été déchu de son statut de personne humaine, et promis au sort des choses : l’incinération ou l’enfouissement sans autre forme de considération. Les chapitres sont séparés de pages entièrement noires. Les mots sont lourds de souvenirs glaçants. Les visages sont beaux et graves. Les sourires appartiennent au passé, avant les camps. Après, c’est la maturité sévère. Le regard tourné vers l’intérieur, vers la mémoire. Voile noir tendu au travers d’un chemin de vie. Ils resteront des personnages solitaires de ne pas être compris à hauteur du traumatisme subi par un monde oublieux et futile. Leur peur est désormais de voir à nouveau le voile noir fermer l’horizon. Tant que l’enfant n’est pas tombé, on peut lui dire que le sol est glissant. Il ne le croit pas. Grande, grande restera cette dame qui a mis toute ses forces dans le combat pour que l’humaine nature n’oublie pas qu’elle porte aussi en elle le gène du mal, et que celui-là il ne faut le laisser prospérer. Pour que cela ne recommence pas. Jamais.
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  • YsaM 09/12/2021
    J’avais lu « Une vie » rédigé par Simone Veil elle même et j’avais peur, en achetant ce livre, de retrouver sensiblement le même récit mais il est différent. Cette fois, c’est David Teboul qui recueille le témoignage de cette grande dame que j’admire énormément, un témoignage glaçant, effroyable, innommable et bouleversant. J’ai beau avoir lu beaucoup de livres sur la shoah, je suis toujours autant chamboulée et horrifiée par ce que je lis et découvre au fil des pages, mais c’est un passage obligatoire, nous devons savoir pour transmettre et pour ne jamais oublier. Même si le thème ne s’y prête pas, le livre est beau, il est agrémenté de photographies de Simone Veil enfant avec sa famille, puis adolescente, une magnifique jeune fille avec deux longues tresses et des yeux extraordinaires. On la retrouve aussi, lors d’un voyage de commémoration à Auschwitz, accompagnée de l’auteur du livre, David Teboul, un moment très douloureux pour elle. Elle livrera ces quelques mots « Rien ne ressemble au camp, je vois un immense parc, Birkenau c’était la boue, un ciel noir et des odeurs’. Le camp lui semble minuscule, dans son souvenir de déportée, tout était plus grand. Quand on lit ce livre, c’est... J’avais lu « Une vie » rédigé par Simone Veil elle même et j’avais peur, en achetant ce livre, de retrouver sensiblement le même récit mais il est différent. Cette fois, c’est David Teboul qui recueille le témoignage de cette grande dame que j’admire énormément, un témoignage glaçant, effroyable, innommable et bouleversant. J’ai beau avoir lu beaucoup de livres sur la shoah, je suis toujours autant chamboulée et horrifiée par ce que je lis et découvre au fil des pages, mais c’est un passage obligatoire, nous devons savoir pour transmettre et pour ne jamais oublier. Même si le thème ne s’y prête pas, le livre est beau, il est agrémenté de photographies de Simone Veil enfant avec sa famille, puis adolescente, une magnifique jeune fille avec deux longues tresses et des yeux extraordinaires. On la retrouve aussi, lors d’un voyage de commémoration à Auschwitz, accompagnée de l’auteur du livre, David Teboul, un moment très douloureux pour elle. Elle livrera ces quelques mots « Rien ne ressemble au camp, je vois un immense parc, Birkenau c’était la boue, un ciel noir et des odeurs’. Le camp lui semble minuscule, dans son souvenir de déportée, tout était plus grand. Quand on lit ce livre, c’est la voix de Simone Veil que l’on entend. Elle nous parle de son enfance, de ses parents, de ses soeurs et son frère, leur vie à Nice. La montée du nazisme, les mesures anti-juives, la peur qui s’installe. Puis c’est l’arrestation par la Gestapo et le départ pour Drancy qui ne sera qu’une étape avant la déportation pour Auschwitz-Birkenau. Simone Veil sera déportée avec sa mère et sa soeur ainée Milou. Après plusieurs jours d’un voyage horrible, le convoi arrivait durant la nuit. "LES WAGONS S’OUVRAIENT AVEC FRACAS, LES SS HURLAIENT RAUS, RAUS !! ON NE VOYAIT QUE DES HOMMES, PAS UNE SEULE FEMME. CES HOMMES SE PRÉCIPITAIENT SUR LES WAGONS POUR EN EXTRAIRE LES PASSAGERS. NOUS EN SORTIONS SANS NOS BAGAGES, À PEINE SI CERTAINES GARDAIENT LEUR SAC À MAIN. TOUT LE MONDE SE RETROUVAIT SUR LE QUAI, QUELQUES FAMILLES, QUELQUES AMIS PARVENAIENT À RESTER ENSEMBLE. MAIS SOUS LA PRESSION DES SS TOUT ALLAIT TRÈS VITE. NOUS ÉTIONS AHURIS, ABATTUS, COURBATURÉS SURTOUT. LES CHIENS NOUS MORDAIENT" Le récit est glaçant. Ce n’est plus de la vie mais de la survie. Se battre pour rester un être humain alors que l’ennemi vous réduit à l’état d’animal. Il y a le froid, la faim, la soif, la promiscuité, les odeurs, les insultes, les coups, le travail physique, les appels dans le froid la nuit qui durent une éternité et le manque de sommeil. « le sentiment qui domine est celui d’un corps et d’un esprit humiliés » C’est au camp que Simone Veil fait la connaissance de Marceline Loridan-Ivens, des liens indéfectibles qui perdureront même après la fin de la guerre et le retour en France. Elle rencontrera aussi Paul Schaffer au petit camp de Bobrek, l’annexe du camp d’Auschwitz. A la fin du livre David Teboul retranscrit des échanges entre Simone Veil et Marceline Loridan ainsi qu’avec Paul Schaffer. C’est un dialogue très intéressant et enrichissant, tellement prenant qu’on a l’impression d’être avec eux, dans la même pièce. Puis vient la libération, le retour à Paris, Simone Veil et sa soeur Milou, très gravement malade, sont hébergées chez leur oncle et tante, des médecins qui n’ont plus rien, un appartement pratiquement vide parce qu’il a été pillé. De cette période Simone dit « Il y avait comme un trou dans nos vies, je ne l’ai jamais comblé. Le plus difficile fut sans doute le regard que les autres portaient sur nous » « Après guerre j’ai été profondément humiliée par la curiosité dont je faisais l’objet et par ce doute que je lisais dans les regards, ces regards ont empoisonné mon retour » C’est une étrange période, les déportés sont comme des étrangers, rien ne filtre des camps, personne ne raconte l’horreur vécue, qui pourrait y croire ? Simone Veil va reprendre de brillantes études, se marier. Il y a son engagement citoyen, d’abord avec les politiciens où on ne lui fait pas de cadeaux, c’est une femme et dans les années 70 c’est presque avant-gardiste, elle est aussi de religion juive, même si elle est laïque, les vieux démons de l’antisémitisme ne sont jamais bien loin. Elle s’engage en tant que rescapée des camps, elle transmet. Elle n’aime pas que l’on parle de devoir de mémoire, « chacun réagit selon ses sentiments ou son émotion. La mémoire est là, elle s’impose d’elle-même ou pas. Autre chose est le devoir d’enseigner, de transmettre, là oui il y a un devoir ». Très bel ouvrage que ce livre de David Teboul qui est cinéaste, photographe, vidéaste et ami de Simone Veil. C’est une lecture enrichissante et instructive. C’est un bel hommage pour cette grande dame qu’est et restera Simone Veil. Elle n’aura pas pu lire ce livre, c’est dommage.
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