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Robert Laffont
EAN : 9782221193174
Façonnage normé : POCHE
Nombre de pages : 688
Format : 122 x 182 mm

Le Fou du Tzar

Jean-Luc MOREAU (Traducteur)
Collection : Pavillons Poche
Date de parution : 09/03/2016

Le « fou du tzar », c’est le colonel Timotheus von Bock, dit Tim Bock, un ex-favori de l’empereur Alexandre Ier qui, pour avoir eu l’audace de lui présenter un projet de Constitution pourtant conforme à leurs voeux communs, pour avoir « osé la vérité » en somme, a été...

Le « fou du tzar », c’est le colonel Timotheus von Bock, dit Tim Bock, un ex-favori de l’empereur Alexandre Ier qui, pour avoir eu l’audace de lui présenter un projet de Constitution pourtant conforme à leurs voeux communs, pour avoir « osé la vérité » en somme, a été condamné à passer neuf ans au secret dans la forteresse de Schlüsselburg.
De retour chez lui, ce baron estonien va encore devoir endurer une surveillance de chaque instant, surveillance d’autant plus cruelle qu’elle sera exercée par sa propre famille et son entourage proche.
De ce Fou du tzar on a pu dire que c’était du Shakespeare en Estonie. C’est assez souligner la grandeur du livre et de son auteur, qui dénonce avec un art consommé la façon dont une société peut être minée par la perversité d’un système qui fausse les rapports humains.

« L’oeuvre de Jaan Kross est une magistrale leçon de fraternité et de résistance. » L’Express

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EAN : 9782221193174
Façonnage normé : POCHE
Nombre de pages : 688
Format : 122 x 182 mm
Robert Laffont

Ce qu'en pensent nos lecteurs sur Babelio

  • Sachenka Posté le 1 Août 2017
    Timothéus von Block était un baron d’Estonie, un jeune officier à l’avenir prometteur au temps des guerres napoléoniennes. L’empereur Alexandre 1er de Russie le tenait en haute estime, tellement qu’il lui a permis d’être franc et direct avec lui. Mais le jeune homme prit au mot son suzerain et lui envoya un long mémoire, décrivant tout ce qui allait mal dans l’empire, allant du comportement du tsar au besoin des réformes en passant par un projet de constitution. Résultat : au secret ! Une dizaine dannées plus tard, en 1827, le tsar meurt et est succédé par son frère Nicolas 1er qui cède aux instances de la jeune épouse et libère le baron von Block. Après tout, ces projets de réformes, ces lettres incohérentes… ce ne peut être l’œuvre d’un réactionnaire dangereux mais plutôt celle d’un fou. Le fou du tzar. On libère le baron mais il doit rester néanmoins sous surveillance constante. Sa famille veut organiser sa fuite vers l’étranger mais, à la dernière minute, von Block refuse. Il veut rester en Russie (les pays baltes en faisaient partie à l’époque) pour « rester un clou » dans l’empire. Il persiste à croire que l’empire court droit à la catastrophe et... Timothéus von Block était un baron d’Estonie, un jeune officier à l’avenir prometteur au temps des guerres napoléoniennes. L’empereur Alexandre 1er de Russie le tenait en haute estime, tellement qu’il lui a permis d’être franc et direct avec lui. Mais le jeune homme prit au mot son suzerain et lui envoya un long mémoire, décrivant tout ce qui allait mal dans l’empire, allant du comportement du tsar au besoin des réformes en passant par un projet de constitution. Résultat : au secret ! Une dizaine dannées plus tard, en 1827, le tsar meurt et est succédé par son frère Nicolas 1er qui cède aux instances de la jeune épouse et libère le baron von Block. Après tout, ces projets de réformes, ces lettres incohérentes… ce ne peut être l’œuvre d’un réactionnaire dangereux mais plutôt celle d’un fou. Le fou du tzar. On libère le baron mais il doit rester néanmoins sous surveillance constante. Sa famille veut organiser sa fuite vers l’étranger mais, à la dernière minute, von Block refuse. Il veut rester en Russie (les pays baltes en faisaient partie à l’époque) pour « rester un clou » dans l’empire. Il persiste à croire que l’empire court droit à la catastrophe et que seuls ses projets de réformes peuvent le sauver. Mais ses incohérences sèment le doute, même pour le lecteur : est-il visionnaire ou réellement fêlé ? L’auteur estonien Jaan Kross a publié ce roman en 1978. Était-ce une façon détournée de critiquer le régime soviétique ? Après tout, à 150 ans d’écart, c’est encore l’impérialisme russe qui est remis en question… Habituellement, j’aime beaucoup les romans historiques, et les pavés ne me font pas peur. Mais je n’ai pas accroché à celui-ci. D’abord, je n’ai pas beaucoup « senti » l’élément estonien, à part dans la multitude de noms à consonnance étrangère. Ensuite, je ne savais plus qui était le personnage principal. L’intrigue tourne autour du baron mais elle est racontée à la 1re personne par son beau-frère Jakob Mattik qui en profite pour coucher sur papier ses propres préoccupations autant que celles des von Block. Problème de perspective ? Dans le dernier quart du roman, l’intrigue se concentre presque exclusivement sur Jakob et son propre mariage et la famille qu’il espère fonder. Bien sur, ses préoccupations rejoignent celles des von Block mais… ouf ! Enfin et surtout, le roman est présenté sous la forme du journal intime de Jakob Mattik. Comme je l’ai écrit plus haut, il relate sa brève histoire, celle de sa pauvre famille paysane, de ses dons pour les études et du mariage de sa sœur, qui élève sa condition. Puis on passe aux démêlés de Timothéus von Block mais les entrées vont et viennent, racntent les péripéties de 1827 quand le baron est libéré mais font référence autant aux événements entourant son emprisonnement en 1818. D’un paragraphe à l’autre, tout change, on assiste à Katheirne qui cherche à savoir où se trouve son mari puis, tout de suite après, la famille au complet est réunie au salon et on prépare la fuite vers l’est. De temps à autre, ça peut aller mais là… Et je me considère comme un bon lecteur ! Bref, Le fou du tzar est une petite déception. Seulement toute petite. C’était ma première incursion en Estonie, j’espère que les prochaines me laisseront un meilleur souvenir. À part les noms étrange(r)s, je n’ai pas l’impression d’avoir beaucoup appris sur ce pays que je veux croire fascinant.
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  • Ingannmic Posté le 3 Mars 2017
    Début du XIXe siècle. L'Estonie s'étend alors sur la moitié nord de son territoire actuel ; la Livonie, au sud, dépendant de la Russie, est placée sous l'autorité du tsar Alexandre 1er, dont le baron Thimoteus von Bock est un proche. Un drôle de baron en vérité, qui prône des idées inspirées de la philosophie des Lumières. Qui affranchit, à la mort de son père, les deux-cents âmes dont il est devenu "propriétaire". Qui épouse une fille de serf -la belle Eeva- après les avoir, elle et son frère Jakob, confié aux bons soins d'un pasteur qui leur inculque une solide culture générale et la connaissance de plusieurs langues étrangères. C'est d'ailleurs par l'intermédiaire de Jakob et de son journal que nous découvrons la tragique histoire de Thimoteus von Bock. Au moment où débute ce journal, ce dernier sort de prison, après y avoir passé presque dix ans. Le tsar Alexandre, pourtant son ami, l'y avait fait interner en invoquant sa folie. Son fils et successeur Nicolas 1er l'en libère, paradoxalement sous le même prétexte, mais assigne le baron à résidence dans son domaine de Võisiku, où ont vécu Eeva et Jakob durant son absence. Le récit alterne entre les événements qui succèdent... Début du XIXe siècle. L'Estonie s'étend alors sur la moitié nord de son territoire actuel ; la Livonie, au sud, dépendant de la Russie, est placée sous l'autorité du tsar Alexandre 1er, dont le baron Thimoteus von Bock est un proche. Un drôle de baron en vérité, qui prône des idées inspirées de la philosophie des Lumières. Qui affranchit, à la mort de son père, les deux-cents âmes dont il est devenu "propriétaire". Qui épouse une fille de serf -la belle Eeva- après les avoir, elle et son frère Jakob, confié aux bons soins d'un pasteur qui leur inculque une solide culture générale et la connaissance de plusieurs langues étrangères. C'est d'ailleurs par l'intermédiaire de Jakob et de son journal que nous découvrons la tragique histoire de Thimoteus von Bock. Au moment où débute ce journal, ce dernier sort de prison, après y avoir passé presque dix ans. Le tsar Alexandre, pourtant son ami, l'y avait fait interner en invoquant sa folie. Son fils et successeur Nicolas 1er l'en libère, paradoxalement sous le même prétexte, mais assigne le baron à résidence dans son domaine de Võisiku, où ont vécu Eeva et Jakob durant son absence. Le récit alterne entre les événements qui succèdent au retour de Timo et ceux qui l'ont précédé, le narrateur revenant sur les prémisses de son incarcération et sur les longues années pendant lesquels ils ont dû, sa sœur et lui, poursuivre leur existence en ignorant où était interné leur mari et beau-frère. Il évoque notamment la découverte d'un manuscrit dans lequel Timo expose ses théories transgressives sur la société de son époque, et sa critique virulente de la politique du tsar, considéré comme injuste et rétrograde, et dans lequel il détaille un projet de constitution qu'il a proposé, ainsi que le devine Jakob, à Alexandre 1er. Cet homme effacé, qui paraît même fade au regard du couple que forme sa sœur et son époux, porte d'abord sur les velléités égalitaires de Timo le regard un peu condescendant de celui qui, étant d'extraction populaire, se montre sceptique quant à la capacité des nobles à se mettre au niveau des pauvres, et considère par ailleurs ces beaux discours comme romanesques et peu réalistes. Il est également pris d'une sorte d'effroi : son beau-frère doit en effet être fou pour avoir, dans son souci de totale honnêteté et de totale franchise, avoir osé exposer ces idées au tsar ! Sa relation à sa sœur est elle aussi empreinte d'une sorte de distance. Il avoue ne pas l'aimer mais la respecte, et sans doute est-il un peu jaloux, ainsi qu'il l'admet, de sa fierté, de cette liberté de parole et de cette intégrité qu'elle revendique, refusant, à l'image de son mari, tout compromis. Elle est allée jusqu'à repousser, lors de l'arrestation de Timo, la sollicitude impériale... Une attitude qui à la fois force son admiration et son inquiétude. Car Jakob est un pragmatique et un prudent, presque un conformiste. Mais il est loin d'être idiot, et peu à peu, on sent s'infléchir son jugement vis-à-vis de Timo, qui, on le sent bien, malgré ses "bizarreries", le fascine et le touche. Car il reconnaît les accents de justice et de vérité dans ce qu'il considère comme le "délire" de son beau-frère, partagé entre admiration et incompréhension face à l'intégrité sans faille de cet homme. D'ailleurs, en dépit du recul qu'il prend vis-à-vis des opinions du couple Von Bock, il lui restera toujours fidèle. "(...) celles de ses idées qui confirment le plus manifestement sa folie sont les preuves les plus évidentes de sa lucidité et de son impitoyable honnêteté." "Le fou du tzar" est un récit fascinant de plusieurs points de vue. Son évocation du combat entre tyrannie et liberté en est un, tout comme le contexte historique sur lequel il nous éclaire. Mais je crois que ce que je retiendrai surtout de ce texte, c'est l'habileté avec laquelle Jaan Kross parvient à faire émerger, d'un narrateur a priori inconsistant dont le rôle semble se limiter à mettre en valeur un tiers, le portrait d'un individu que l'on finit par trouver admirable.
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  • michelekastner Posté le 25 Février 2014
    L'histoire tourne en rond et m'a lassée, je m'y suis ennuyée et l'ai abandonnée après en voir parcouru la moitié. Jaan Kross a tout de même passé lui-même quelques années au goulag et a dû restituer une part de son histoire.
  • jimpee Posté le 13 Septembre 2012
    Il y a tant de nouveaux romans qui paraissent chaque année que je ne lirai pas tout ! Surtout si je relis les vieux livres… Ce roman m’a frappé quand je l’ai lu à parution ; j’y ai tout de suite pensé quand j’ai lu Purge et j’ai voulu m’y replonger. Purge parle de l’horreur du XXe siècle en Estonie, ce livre se passe au début du XIXe et montre que ce n’est pas nouveau. Timotheus Von Bock est un baron balte de Livonie (sud de l’Estonie). Soldat glorieux de l’armée qui a battu « Punapart », il est ouvert aux idées des Lumières et épouse un paysanne. Très proche d’Alexandre Ier, l’empereur lui a demandé d’être franc avec lui et de tout lui dire. Mais lorsque Timo lui adresse un mémoire, il le paye de 9 ans de cachot et n’est libéré par le tsar suivant, Nicolas Ier qu’au prétexte qu’il est fou. Il est alors assigné à résidence dans son domaine où il est espionné, surveillé par ses gens et sa famille. Son histoire est racontée par son beau-frère, Jakob Mattik, sous forme de journal à partir de son retour : nous découvrons lentement que sa folie est d’être trop lucide... Il y a tant de nouveaux romans qui paraissent chaque année que je ne lirai pas tout ! Surtout si je relis les vieux livres… Ce roman m’a frappé quand je l’ai lu à parution ; j’y ai tout de suite pensé quand j’ai lu Purge et j’ai voulu m’y replonger. Purge parle de l’horreur du XXe siècle en Estonie, ce livre se passe au début du XIXe et montre que ce n’est pas nouveau. Timotheus Von Bock est un baron balte de Livonie (sud de l’Estonie). Soldat glorieux de l’armée qui a battu « Punapart », il est ouvert aux idées des Lumières et épouse un paysanne. Très proche d’Alexandre Ier, l’empereur lui a demandé d’être franc avec lui et de tout lui dire. Mais lorsque Timo lui adresse un mémoire, il le paye de 9 ans de cachot et n’est libéré par le tsar suivant, Nicolas Ier qu’au prétexte qu’il est fou. Il est alors assigné à résidence dans son domaine où il est espionné, surveillé par ses gens et sa famille. Son histoire est racontée par son beau-frère, Jakob Mattik, sous forme de journal à partir de son retour : nous découvrons lentement que sa folie est d’être trop lucide et que son emprisonnement est dû à la pusillanimité d’Alexandre (cet empereur est déjà décrit de façon peu flatteuse par Tolstoï dans Guerre et Paix). Von Bock veut rester « un clou de fer dans le corps de l’Empire », refuse de fuir mais finit tué dans son cabinet de travail. Ce roman est passionnant, il raconte tout à la fois la vie dans l’Estonie au XIXe, province luthérienne dirigée par une noblesse d’origine allemande, l’histoire de Timo et celle de Jakob. Ce roman a été écrit avant la perestroïka et la vision politique de l’Empire de ce début XIXe fait penser à celle de l’URSS de la fin du XXe, sans liberté, soumis à l’arbitraire et à un régime policier qui n’hésitait pas à mettre en hôpital psychiatrique ses opposants.
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  • miriam Posté le 20 Août 2011
    le tzar c'est Alexandre 1er qui a demandé à Timothée von Bock amitié en toute fidélité et franchise; le fou c'est Timothée von Bock, baron germano-balte, qui a pris à la lettre la proposition du Tzar et lui a envoyé un memorandum séditieux. Le roman se passe dans un manoir estonien, Livonie d’antan. Roman passionnant surtout au retour d'un voyage dans les Pays Baltes où j'ai visité des manoirs analogues
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