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        Le Tour du doigt

        Presses de la cité
        EAN : 9782258115989
        Façonnage normé : BROCHE
        Nombre de pages : 320
        Format : 140 x 225 mm
        Le Tour du doigt

        Collection : Terres de France
        Date de parution : 26/02/2015
        Des tranchées au banc de l’école, du fusil au tableau noir, le destin de Jules Vendange,
        ou l’école de la vie.
        « Jean Anglade a le génie de la belle histoire. (…) C’est admirable. »  Alexandre Vialatte
        Faire le tour du doigt de Jules Vendange, c’est dérouler la vie d’un jeune Auvergnat, qui, fin septembre 1913, arrive avec ses premières braies longues à l'Ecole normale d'instituteurs. Mais sa formation est brutalement interrompue par sa mobilisation. Incorporé dans une unité de soldats dans l’Aisne, il revient des tranchées... Faire le tour du doigt de Jules Vendange, c’est dérouler la vie d’un jeune Auvergnat, qui, fin septembre 1913, arrive avec ses premières braies longues à l'Ecole normale d'instituteurs. Mais sa formation est brutalement interrompue par sa mobilisation. Incorporé dans une unité de soldats dans l’Aisne, il revient des tranchées avec une jambe en moins mais une conscience en plus. Autant dire qu’en 1919, à l’instar de ses camarades survivants, il n’est plus le même ; plus l’envie de se mettre au garde-à-vous devant le directeur, le prof, les pions, d’obéir, et d’appliquer un règlement souvent absurde… juste celle de décrocher le sacro-saint Béhesse (Brevet Supérieur) qu’il n’obtiendra pas, à la suite d’une « mutinerie » d’élèves-maîtres rétifs à la discipline et à la pédagogie enseignée.
        Qu’importe, la vocation est là...
         
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        EAN : 9782258115989
        Façonnage normé : BROCHE
        Nombre de pages : 320
        Format : 140 x 225 mm
        Presses de la cité
        19.50 €
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        Ce qu'en pensent nos lecteurs sur Babelio

        • michelangelo Posté le 11 Avril 2015
          Il aura fallu l’opération « Masse critique » pour que je découvre cet auteur discret et prolifique ! Jean Anglade est un écrivain auvergnat encore surnommé le Pagnol auvergnat. Après avoir lu ce roman, je comprends pourquoi… Le tour du doigt, expression imagée, indique combien une vie même bien remplie passe à une vitesse désespérément rapide : juste le temps de faire le tour d’un doigt... Il s’agit ici de la vie de Jules Vendange, enfant issu d’une modeste famille paysanne qui voit dans l’accès à l’Ecole normale une solution pour s’élever dans la société et éviter ainsi de devenir un mangeur de fromage, chose illégitime pour un auvergnat de pure souche, mais qu’il déteste par-dessus tout ! La grande guerre le voit partir sur le front où il perdra une jambe et nombre de ses amis. Revenu vivant sur les bancs de l’école normale, il manifestera avec ses camarades sa réprobation devant le peu de considération dont l’administration et les professeurs font preuve à l’égard de ces anciens combattants mutilés dans leur chair et dans leur âme. Il finit par être nommé instituteur stagiaire dans une petite commune où il passera le CAP d’instituteur et fera la connaissance d’une jeune... Il aura fallu l’opération « Masse critique » pour que je découvre cet auteur discret et prolifique ! Jean Anglade est un écrivain auvergnat encore surnommé le Pagnol auvergnat. Après avoir lu ce roman, je comprends pourquoi… Le tour du doigt, expression imagée, indique combien une vie même bien remplie passe à une vitesse désespérément rapide : juste le temps de faire le tour d’un doigt... Il s’agit ici de la vie de Jules Vendange, enfant issu d’une modeste famille paysanne qui voit dans l’accès à l’Ecole normale une solution pour s’élever dans la société et éviter ainsi de devenir un mangeur de fromage, chose illégitime pour un auvergnat de pure souche, mais qu’il déteste par-dessus tout ! La grande guerre le voit partir sur le front où il perdra une jambe et nombre de ses amis. Revenu vivant sur les bancs de l’école normale, il manifestera avec ses camarades sa réprobation devant le peu de considération dont l’administration et les professeurs font preuve à l’égard de ces anciens combattants mutilés dans leur chair et dans leur âme. Il finit par être nommé instituteur stagiaire dans une petite commune où il passera le CAP d’instituteur et fera la connaissance d’une jeune femme d’origine antillaise, Automne, veuve de guerre à laquelle il fera la cour sans relâche jusqu’à obtenir sa main… Jules Vendange est décrit comme un homme d’une grande humanité. Son passé de mutilé de la grande guerre lui pèse, tout comme sa jambe de bois arrivée si tôt dans sa vie. Sa passion pour son métier, cet amour pour les enfants dont il a la charge, ses difficultés à trouver l’amour de sa vie, ses doutes perpétuels et ses faiblesses font de lui un personnage d’une troublante et précise consistance qui m’a fait parfois venir la larme à l’œil. Sans pathos excessif, Jean Anglade décrit le héros avec la précision d’un roman autobiographique. Ayant été lui-même instituteur, et l’ayant été moi-même, ses descriptions d’une vie de classe et du quotidien pédagogique sont d’un réalisme parfait. Certes, l’époque permettait certaines méthodes aujourd’hui strictement interdites telles les punitions corporelles, mais l’essentiel est ailleurs, dans cette justesse de ton qui rend la lecture passionnante et chargée d’émotion. Les enfants, les parents, les collègues, les amis sont tous porteurs d’une époque révolue, dure mais joyeuse et construite sur les valeurs sûres et communes. Il n’est pas question de nostalgie à bon compte. C’est un peu une page d’histoire que Jean Anglade a écrite, une histoire auvergnate qui va bien au-delà des frontières de l’Auvergne et restera comme un beau témoignage d’une époque dont la simplicité même participe à forger le destin d’une humanité en perpétuelle recherche de ses racines. Je remercie vivement Babelio et les Presses de la Cité pour m’avoir permis de lire ce très beau livre et de participer modestement au centenaire d’un romancier majeur dans le paysage francophone qu’on surnomme le Patriarche des Lettres Auvergnates. Michelangelo 2015
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        • kreen78 Posté le 10 Avril 2015
          Je remercie grandement Les Presses de la Cité et Babelio de m'avoir confié cette lecture. Je ne connaissais pas Jean Anglade mais l'erreur est réparée ! J'ai fait sa découverte et il devient d'emblée une référence dans mes lectures de cœur. Le tour du doigt raconte quarante années de la vie de Jules Vendange, en passant par son métier d'instituteur et la guerre qu'il a subie, sans oublier l'amour... Tout cela avec un style qui nous donne une bouffée d'air frais, de nostalgie, de tristesse, d'émotion... Cet Auvergnat ne peut pas exercer le métier qu'il aurait souhaité car il n'aime pas le fromage... Il se tournera donc vers l'enseignement avec prudence mais l'assurance envers les élèves s'éveillera tout de même petit à petit : commencer à dix-sept ans avec des élèves pouvant avoir jusqu'à quinze ans n'est pas évident pour la crédibilité ! Ce roman est très informatif, et l'œuvre de Jean Anglade est vraiment très riche pour nous qui n'avons rien connu de tout cela. Il fait partie de notre patrimoine français et je lui tire mon chapeau pour tout ce qu'il a accompli, lui, homme centenaire en cette année 2015.
        • Aurore666 Posté le 6 Avril 2015
          Jean Anglade est un auteur auvergnat, né en 1915. Le tour du doigt est l'une de ses nombreuses oeuvres. Ce roman a été publié pour la première fois en 1977 avant d'être réédité par les Presses de la Cité cette année à l'occasion du centenaire de l'auteur. Il s'agit d'une oeuvre de terroir. Le personnage principal, Jules Vendanges est un jeune auvergnat, dont la particularité est de détester le fromage - ce qui est un comble pour un auvergnat! Vu son aversion pour ce produit, il ne pourra pas devenir paysan. De plus, étant de faible constitution, il ne saura pas non plus être carrier, comme son père. Puisqu'il est différent, ce n'est pas grave, il deviendra donc instituteur! C'est ainsi que le livre s'ouvre sur la vie de ce jeune auvergnat, sur les bancs de l'Ecole normale. Dans son roman, l'auteur nous embarque pour faire "le tour du doigt" de Jules Vendanges. Et ce n'est qu'en fin de roman que ce titre prend toute sa signification. Cette histoire se déroule en plusieurs temps. Tout d'abord, il y a le temps de l'enfance de Jules, le temps de l'insouciance, le temps où il décrit sa vie... Jean Anglade est un auteur auvergnat, né en 1915. Le tour du doigt est l'une de ses nombreuses oeuvres. Ce roman a été publié pour la première fois en 1977 avant d'être réédité par les Presses de la Cité cette année à l'occasion du centenaire de l'auteur. Il s'agit d'une oeuvre de terroir. Le personnage principal, Jules Vendanges est un jeune auvergnat, dont la particularité est de détester le fromage - ce qui est un comble pour un auvergnat! Vu son aversion pour ce produit, il ne pourra pas devenir paysan. De plus, étant de faible constitution, il ne saura pas non plus être carrier, comme son père. Puisqu'il est différent, ce n'est pas grave, il deviendra donc instituteur! C'est ainsi que le livre s'ouvre sur la vie de ce jeune auvergnat, sur les bancs de l'Ecole normale. Dans son roman, l'auteur nous embarque pour faire "le tour du doigt" de Jules Vendanges. Et ce n'est qu'en fin de roman que ce titre prend toute sa signification. Cette histoire se déroule en plusieurs temps. Tout d'abord, il y a le temps de l'enfance de Jules, le temps de l'insouciance, le temps où il décrit sa vie en Auvergne et son aversion pour le fromage. Temps immédiatement suivi de son entrée à l'école normale de Clermont-Ferrand, où il va apprendre à apprendre. Sauf que ... ensuite, il y a le temps de la guerre, la guerre des poilus, la guerre des tranchées, la guerre de toutes les horreurs. Jules va être propulsé dans la vie active, perdre très rapidement son insouciance et commencer à donner cours à des élèves guère plus jeunes que lui, puisque tous les instituteurs sont sur le front. Il nous décrit bien la nécessité de la différenciation dans une classe unique. Différenciation qu'il gère d'ailleurs à merveille, malgré son manque d'apprentissage, son jeune âge et son manque d'expérience. Puis, lui-même va avoir l'âge d'aller combattre pour sa patrie. On le voit partir en guerre. Il nous livre un témoignage poignant de cette époque de laquelle il ne sortira pas indemne: meurtri, physiquement et moralement, unijambiste, suite à une explosion, à Craonne. Vient ensuite le temps du retour à l'école normale. Ses anciens camarades et lui, ayant subi entre-temps la guerre, ayant combattu pour leur patrie, ayant tout donné, s'y sentent terriblement mal. Ils ont beaucoup changé, ne sont plus les gentils petits élèves qu'ils étaient avant la guerre. Ils n'ont plus du tout envie d'obéir aux lois de l'école qu'ils jugent absurdes ou dépassées, voire même à l'encontre des convictions qu'ils ont développées. Car la guerre, ça vous change un homme. Où est la reconnaissance? Ils se sentent trahis et vont se rebeller. Mais cette rébellion leur sera fatale: aucun d'eux n'obtiendra son béhesse (brevet d'études supérieures). C'est ainsi qu'on arrive dans la partie suivante de l'histoire. Jules va être affecté à Bidon 5, une école isolée, dont le plus proche hameau, Le Faux, est situé à un quart d'heure de marche. Il le vit bien sûr comme une disgrâce. Quant à Thiers, c'est à cinq kilomètres de l'école. Quasiment inaccessible pour un unijambiste tel que lui. Mais il s'y habituera et y restera durant de longues années. De longues années durant lesquelles on le voit tomber amoureux d'une jeune femme, Automne, dont le mari a disparu durant la guerre et qui ne semble pas prête à passer à autre chose. Mais il ne lâchera rien, malgré les moments de doute. Une belle rencontre avec un animal qui changera le cours de sa vie: son chien, Vendredi, qui va lui redonner espoir et envie de vivre. Et son fils, Raoul, qui ne l'est pas vraiment, mais qu'il considère comme tel. Et, en fin de livre, le temps s'accélère, les années filent. On le retrouve très vite vieux, nostalgique, racontant ses souvenirs et attendant impatiemment la fin de son voyage. On s'aperçoit d'ailleurs que c'est l'une des choses dont il veut nous faire prendre conscience: le temps file vraiment très (trop) vite. Ce roman est superbement écrit, fluide, il se lit très facilement. L'auteur nous emmène dans son terroir, on s'y sent chez soi. Il mêle Histoire, principalement celle de la première guerre et de son terroir, enseignement, illusions et désillusions, amitié, amour... Une magnifique leçon de vie que celle de Jules Vendange. Merci à Babelio pour cette magnifique découverte, reçue lors d'une masse critique spéciale, ainsi qu'aux éditions Presse de la Cité et à l'auteur.
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        • Ptitgateau Posté le 1 Avril 2015
          Je remercie les éditions Presse de la Cité et Babélio pour ce partenariat et ce roman qui m’ont permis de découvrir un auteur que je ne connaissais pas, un roman qui, par certains épisodes n’est pas si loin d’une sorte d’ autobiographie de l’auteur qui s’est certainement beaucoup inspiré de son propre parcours si on ne tient compte des années de décalage dans le temps : mort de son père dans la somme alors que Jean Anglade avait un an, cours complémentaire, école normale…un parcours riche au cœur de son Auvergne natale, ce qui en fait un également un roman de terroir très intéressant. Jules Vendange, qui n’aime pas le fromage, de faible constitution, devra envisager un avenir différent de celui de son entourage : il ne peut pas être fermier et encore moins carrier comme son père. Il décide de devenir instituteur. Ainsi commence son parcours avec le cours complémentaire puis l’école normale, études interrompues en raison de sa mobilisation et de son départ pour le front. Après cette « grande guerre » il reprend ses études et après bien des péripéties, il débute comme instituteur, avec son passé, ses... Je remercie les éditions Presse de la Cité et Babélio pour ce partenariat et ce roman qui m’ont permis de découvrir un auteur que je ne connaissais pas, un roman qui, par certains épisodes n’est pas si loin d’une sorte d’ autobiographie de l’auteur qui s’est certainement beaucoup inspiré de son propre parcours si on ne tient compte des années de décalage dans le temps : mort de son père dans la somme alors que Jean Anglade avait un an, cours complémentaire, école normale…un parcours riche au cœur de son Auvergne natale, ce qui en fait un également un roman de terroir très intéressant. Jules Vendange, qui n’aime pas le fromage, de faible constitution, devra envisager un avenir différent de celui de son entourage : il ne peut pas être fermier et encore moins carrier comme son père. Il décide de devenir instituteur. Ainsi commence son parcours avec le cours complémentaire puis l’école normale, études interrompues en raison de sa mobilisation et de son départ pour le front. Après cette « grande guerre » il reprend ses études et après bien des péripéties, il débute comme instituteur, avec son passé, ses attentes, ses questions, ses projets, sa jambe laissée sur le chemin des dames… Un histoire passionnante avec des épisodes que j’ai vraiment appréciés, la partie enseignement dans une classe unique qui me rappelle sans cesse aujourd’hui , on nous demande de différencier l’enseignement, ce qui n’est pas toujours simple, et qu’à l’époque on le faisait naturellement mais ça on pourrait en parler pendant des heures, des parents qui faisaient confiance à l’enseignant … les chapitres dédiés à la guerre dans lesquels L’auteur transmet parfaitement l’horreur de ce front sur lequel on a envoyé de la chair à canons, la fin, pleine de nostalgie d’une vie d’ homme qui attend avec philosophie que la pendule s’arrête, très belle fin au cours de laquelle, Jean Anglade parvient à merveille à faire partager ce qu’il ressent au crépuscule de sa vie.
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        • SZRAMOWO Posté le 28 Mars 2015
          Jean Anglade est centenaire, et auvergnat. Né en 1915, il fut successivement instituteur, professeur de lettres puis agrégé d’Italien, enfin, romancier. Fils d’un maçon et d’une servante, boursier, orphelin de père, cet homme fleure bon la 3ème république, la mixité sociale et l'ascenseur du même nom. Un monument à lui tout seul. Son ouvrage «le tour du doigt» (il vous faudra attendre la page 208 pour connaître l’origine de l’expression) m’a été envoyé dans la cadre d’une masse critique Babelio, et je ne le regrette pas. Il raconte l’histoire du petit Jules Vendange, poilu de 1914-1918, élève de l’Ecole normale de Clermont-Ferrand, et rebelle à l’ordre établi depuis son plus jeune âge, bine qu’Auvergnat il n’aime pas le fromage et s’en vante ! Je n’ai pas boudé mon plaisir, je n’aurai jamais acheté ce livre, mais j’ai découvert un auteur prolixe avec plus de 100 ouvrages à son actif, bien dans sa tête et dans son écriture, une écriture orale, celle d’un conteur, d’un raconteur un peu farceur, qui le soir au coin du feu captive son auditoire et l’emporte sans l’assommer, jusqu’au petit matin, parlant sans discontinuer, d’une voix grave et envoutante qui n’hésite jamais et tire avec élégance le fil de... Jean Anglade est centenaire, et auvergnat. Né en 1915, il fut successivement instituteur, professeur de lettres puis agrégé d’Italien, enfin, romancier. Fils d’un maçon et d’une servante, boursier, orphelin de père, cet homme fleure bon la 3ème république, la mixité sociale et l'ascenseur du même nom. Un monument à lui tout seul. Son ouvrage «le tour du doigt» (il vous faudra attendre la page 208 pour connaître l’origine de l’expression) m’a été envoyé dans la cadre d’une masse critique Babelio, et je ne le regrette pas. Il raconte l’histoire du petit Jules Vendange, poilu de 1914-1918, élève de l’Ecole normale de Clermont-Ferrand, et rebelle à l’ordre établi depuis son plus jeune âge, bine qu’Auvergnat il n’aime pas le fromage et s’en vante ! Je n’ai pas boudé mon plaisir, je n’aurai jamais acheté ce livre, mais j’ai découvert un auteur prolixe avec plus de 100 ouvrages à son actif, bien dans sa tête et dans son écriture, une écriture orale, celle d’un conteur, d’un raconteur un peu farceur, qui le soir au coin du feu captive son auditoire et l’emporte sans l’assommer, jusqu’au petit matin, parlant sans discontinuer, d’une voix grave et envoutante qui n’hésite jamais et tire avec élégance le fil de l’histoire tout en faisant griller des châtaignes accompagnées d’un petit Chanturgue ou d’un côtes d’Auvergne au goût fumé et minéral ; peut-être même que vous aurez droit à un morceau de Saint-Nectaire vieux, servi sur des tranches de pain pétri dans une farine de froment de Limagne. Trêve de balivernes, réduire l’oeuvre de Jean Anglade à celle d’un romancier de terroir, comme le prétendent les thuriféraires d’un antropomorphisme parisien de bon aloi, encore que détestable, relève d’une posture accommodante mais arrogante. Le roman relate la vision d’un jeune auvergnat de 17 ans, ambitieux mais non rastignacien, sur la société française sortant avec difficulté du XIXème pour entrer pesamment dans le XXème en s'offrant une bonne guerre. Au-delà de la description minutieuse de l’horreur de la guerre, j’ai retenu à la page 143 « Après une heure ou deux d’attente, c’est nécessairement du mort. On essaye quand même de les récupérer la nuit. Dans les cas les plus difficiles, on recourt à des spécialistes qui s’efforcent de les crocheter avec des grappins, qui les tirent à eux comme les pêcheurs bretons leurs filets. On ne peut les abandonner, cela fait mauvais effet et mine le moral de la troupe.» On trouve dans le roman, une foison de constats , de faits, d’anecdotes, c’est cruel, toujours drôle, raconté avec la passion qui anime Jules et nous font toucher du doigt (gag !) ce qu’était le France de 1914 : Une France rurale : «La bouée du boulanger», page 130, une tradition collective, le village se mobilise pour «chercher tout le bois nécessaire pendant un an à la cuisson du pain...» Une France où la langue officielle a du mal à s'imposer : page 96 «Plusieurs ne connaissent pas un mot de la langue officielle et seule autorisée» et répètent «Compregne re do to !», Jules les questionne dans leur patois qu’il connaît « Abez comprengu ? » pour s’assurer que son enseignement porte ses fruits. Une France où les femmes sont assujetties : page 99 «Jeanne Gaillard me sera particulièrement précieuse. Elle a douze ans quand elle devient mon élève. Moi dix-sept. Dans trois ou quatre ans je pourrais l'épouser. Elle a le front large et lisse, le teint un peu pâle, des yeux e velours qui m’emplissent d’un étrange douceur chaque fois qu’elle les tourne vers moi.» ; page 105, « Et je sais aussi que Muguette Gagneraud est une vieille femme, vingt-six ans, deux fois mère de famille, et qui pleure quand elle lit les cartes-lettres de son mari absent. Mais justement, lorsque l’on pleure devant témoin, c’est peut -être pour chercher des consolations » Une France catholique qui veut s’émanciper de la religion : page 195, leur directeur les incite à porter l’uniforme de normalien «Mais c’est aussi une manière de propagande pour l’école de Jules Ferry. Voyez les élèves des curés, comme ils s’affichent en grande tenue ! Allez-vous leur laisser le Champ libre ? Vous devriez être fiers de porter cet uniforme, vous, les futurs hussards de la République !» La guerre a déstructuré la société, en faisant travailler les femmes, en leur donnant une liberté inconnue jusqu’alors ; en mettant au centre du jeu les oubliés de l’histoire, en leur donnant le titre de héros, en les valorisant face aux embusqués qui se cachent loin du Front. L’après-guerre, comme toujours, est difficile, il faut à nouveau rentrer dans le rang après avoir versé son sang pour la patrie. C’est cette histoire que raconte autour du doigt, celle de l’ingratitude de la mère patrie pour ses héros. Le roman est un assemblage d'histoires courtes, sans ordre chronologique, que l’on pourrait presque lire comme des petites nouvelles, l’ensemble constitue l’histoire de Jules Vendange. Pour planter le décor, le premier chapitre restitue l’ambiance de l’école normale de Clermont-Ferrand qui accueille, pour rafraichir leurs connaissances, les élèves-instituteurs de la classe 1913 dont la formation a été interrompue par la guerre. Partis adolescents, ils reviennent en poilus, sûrs d’eux, bardés d'une expérience que l’Ecole Normale n’aurait jamais su leur donner. Dès août 1914, ils ont exercé pour remplacer les instituteurs vétérans, mobilisés, une histoire que la grande histoire a peu développée, celle de Jules Vendange, par exemple, nommé à Aulhat à l’âge de dix-sept ans pour enseigner à des jeunes à peine plus jeunes que lui, et dont les pères sont partis à la guerre. Passé dix-huit ans, ils se sont retrouvés au front, plusieurs années sous la mitraille. Le chapitre 1 «Les canaques», (je vous laisse découvrir pourquoi on les appelle ainsi), raconte leurs retrouvailles, de 23 au départ ils se retrouvent à 15. Ils sont peu enclin à rentrer dans le moule qu’on veut leur imposer et se voient contraints de jouer les potaches iconoclastes pour des pions qui eux sont restés à l’arrière. Drôle d’époque. Ca vous forge le caractère. Jules a perdu une jambe au front. Il en entend sur sa jambe : Page 183 et 184 « Eh bien ! Mon cher Vendange, mieux vaut revenir aux trois-quarts que pas du tout, n’est-ce pas ?» «J’entendrai ce compliment dans la bouche des uns et des autres : je ne sui plus que trois-quarts d’homme.» Alors pour montrer qu’il avait le caractère forgé dès sa plus tendre enfance, il nous conte par le menu comment il décida de devenir instituteur. Il n’avait le choix qu’entre curé et instituteur, je ne dévoile pas pourquoi, et finalement les circonstances le poussent vers le noble métier d’enseignant. C’est l’objet du chapitre 2 «Enfantines». Le livre démarre vraiment à partir du chapitre 3 «Ceux de la 13», où Jules passe de la guerre contre l’inculture à la guerre tout court. De nombreux passages à souligner : Page 147 et suivantes : La préparation de l’offensive Nivelle «Le boucher de Craonne» au Chemin des Dames, par l’état major, un jeu de rôles où l’on assiste à la bataille d’ego entre Poincaré, Nivelle, Ribot, Micheler, Franchet D’esperrey, Castelnau, dont la conclusion est « Le grand patron refuse tout net d’accepter la dite démission, vous avez toute la confiance du gouvernement, nous en reparlerons après le déjeuner. Après quoi, il pousse ses invités vers le wagon-restaurant.» Le chemin des Dames : «Le long du plateau court une route presque droite, de Condé à Craonne. Dans le passé elle a été empruntée par plusieurs princesses royales qui venaient en villégiature dans les châteaux de la région. c’est pourquoi elle porte ce jloi nom : le Chemin des Dames.» Les mutineries, la boisson, les tirailleurs sénégalais envoyés en éclaireurs contre la mitraille, les profiteurs : page 215 «je me rappelle les profiteurs du Soissonais, leur vin bouché à trois francs le litre, mit en bouteille la nuit précédente, entre deux et quatre heures du matin, à la lueur d’un rat-de-cave.» Une somme de détails, d’indices, de connaissance, délivrés par Jules Vendange, une analyse méticuleuse de la société dans laquelle il vit qu’il rejette et qui le rejette également. Le livre se lit avec avidité et sans relâche jusqu’à l’avant dernier chapitre, Jules est un pédagogue accompli, il «sauve» des générations d’élèves, leur transmettant du savoir mais aussi des clefs pour se comporter en citoyen responsable. Les dernier chapitres «Pédagogies» et «Dialogues» sont décevants, l’échelle du temps change et les années défilent trop vite. Derrière la parole de Jules, on entend celle de Jean Anglade, elle se charge de regrets, elle parle de l’incompréhension des nouvelles générations devant les anciens combattants. De rebelle, Jules Vendange devient conformiste et désabusé, je serai tenté de dire il vieillit : « Il ne nous arrive désormais rien d’heureux ni de malheureux, je dois mettre au compte de mes plaisirs, une bonne digestion, une sieste reposante, une carte postale inattendue, une violette prématurée, une mouche bleue que j’écrase d’un coup de journal.» Malgré ce bémol, Le tour du doigt est un livre à découvrir.
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        Ils en parlent

        "Tout le talent de Jean Anglade se retrouve dans ces textes, l'art du conteur et l'humour tendre."
        L'Union du Cantal
        "Le Tour du doigt qui raconte la vie d'un jeune auvergnat au début du XXe siècle est un monument. Tout comme La Soupe à la fourchette et Un Souper de neige réunis dans une édition collector. [...] On s'aperçoit que le doyen des lettres françaises est un classique dont les romans résonnent d'actualité."
        Ouest France
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