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La Découverte
EAN : 9782707197009
Façonnage normé : BROCHE
Nombre de pages : 160
Format : 125 x 190 mm

Où atterrir ?

Comment s'orienter en politique

Date de parution : 12/10/2017
Peut-on continuer à faire de la politique comme si de rien n'était, comme si tout n'était pas en train de s'effondrer autour de nous ? Dans ce court texte politique, Bruno Latour propose de nouveaux repères, matérialistes, enfin vraiment matérialistes, à tous ceux qui veulent échapper aux ruines de nos anciens modes de pensée.
Cet essai voudrait relier trois phénomènes que les commentateurs ont déjà repérés mais dont ils ne voient pas toujours le lien — et par conséquent dont ils ne voient pas l’immense énergie politique qu’on pourrait tirer de leur rapprochement.
D’abord la « dérégulation » qui va donner au mot de « globalisation » un sens...
Cet essai voudrait relier trois phénomènes que les commentateurs ont déjà repérés mais dont ils ne voient pas toujours le lien — et par conséquent dont ils ne voient pas l’immense énergie politique qu’on pourrait tirer de leur rapprochement.
D’abord la « dérégulation » qui va donner au mot de « globalisation » un sens de plus en plus péjoratif ; ensuite, l’explosion de plus en plus vertigineuse des inégalités ; enfin, l’entreprise systématique pour nier l’existence de la mutation climatique.
L’hypothèse est qu’on ne comprend rien aux positions politiques depuis cinquante ans, si l’on ne donne pas une place centrale à la question du climat et à sa dénégation. Tout se passe en effet comme si une partie importante des classes dirigeantes était arrivée à la conclusion qu’il n’y aurait plus assez de place sur terre pour elles et pour le reste de ses habitants. C’est ce qui expliquerait l’explosion des inégalités, l’étendue des dérégulations, la critique de la mondialisation, et, surtout, le désir panique de revenir aux anciennes protections de l’État national.
Pour contrer une telle politique, il va falloir atterrir quelque part. D’où l’importance de savoir comment s’orienter. Et donc dessiner quelque chose comme une carte des positions imposées par ce nouveau paysage au sein duquel se redéfinissent non seulement les affects de la vie publique mais aussi ses enjeux
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EAN : 9782707197009
Façonnage normé : BROCHE
Nombre de pages : 160
Format : 125 x 190 mm

Ils en parlent

Tout se passe, dit Bruno Latour, comme si « une partie importante des classes dirigeantes (ce qu'on appelle aujourd'hui de façon trop vague les "élites") » s'était résolue à l'idée qu'il n'y a plus à chercher un « horizon commun » pour tous les hommes, encore moins à construire un monde commun, et avait somme toute renoncé à diriger, pour uniquement « se mettre à l'abri hors du monde ». D'où la désorientation générale. Pour savoir ce que signifie être entré « dans un Nouveau Régime climatique » – conditionnant tous les autres problèmes – Latour propose donc quelques cartes d'orientation, où pourraient être identifiées « certaines émotions politiques » nouvelles, d'autres affects, d'autres objets d'attention, et où d'autres enjeux pourraient être définis.
 
Robert Maggiori / Libération

Ce qu'en pensent nos lecteurs sur Babelio

  • jullius Posté le 26 Août 2021
    Quand c'est Latour (de contrôle ?) même qui demande « où atterrir ? », avouez qu'il y a de quoi s'inquiéter… Cela dit, Latour propose tout de même une solution : atterrir sur terre, enfin sur le terrestre. Au-delà de la blague, ce petit ouvrage du grand sociologue des sciences qu'est Latour mérite le détour. Mais m'inspire aussi quelques réticences. Si je trouve que le diagnostic est bon – avant tout celui de politique fiction qu'il formule au début sur la stratégie de rupture décomplexée des élites financières voire politiques qui les servent, mais aussi celui qui concerne la nécessité d'un redécoupage des clivages politiques – je suis (bien) moins convaincu par les propositions qu'il formule. Proposer de nommer le terrestre ce qui devrait être le nouveau local (pour éviter les dérives « nationalo-identitaires »), je le comprends, mais cela me semble un voeu pieux : je trouve quelque peu malhonnête le portrait que fait Latour sur les risques d'un « retour » en force du local (si tant est qu'il avait d'ailleurs disparu) et notamment son assimilation à une forme d'obscurantisme identitaire. Car le local ne se réaffirme pas que sous ce masque (même s'il existe et que, malheureusement, tout... Quand c'est Latour (de contrôle ?) même qui demande « où atterrir ? », avouez qu'il y a de quoi s'inquiéter… Cela dit, Latour propose tout de même une solution : atterrir sur terre, enfin sur le terrestre. Au-delà de la blague, ce petit ouvrage du grand sociologue des sciences qu'est Latour mérite le détour. Mais m'inspire aussi quelques réticences. Si je trouve que le diagnostic est bon – avant tout celui de politique fiction qu'il formule au début sur la stratégie de rupture décomplexée des élites financières voire politiques qui les servent, mais aussi celui qui concerne la nécessité d'un redécoupage des clivages politiques – je suis (bien) moins convaincu par les propositions qu'il formule. Proposer de nommer le terrestre ce qui devrait être le nouveau local (pour éviter les dérives « nationalo-identitaires »), je le comprends, mais cela me semble un voeu pieux : je trouve quelque peu malhonnête le portrait que fait Latour sur les risques d'un « retour » en force du local (si tant est qu'il avait d'ailleurs disparu) et notamment son assimilation à une forme d'obscurantisme identitaire. Car le local ne se réaffirme pas que sous ce masque (même s'il existe et que, malheureusement, tout « localisme » a tendance à être réduit à cet forme d'exclusivisme et de fermeture aux autres – mais par qui ? précisément par des éditorialistes qui sont au service des élites « hors sol »), mais aussi sous celui, bien plus pertinent d'un désir de reconquête de la souveraineté que le global de la « mondialisation moins », comme il dit, a largement battu en brèche. Et sa conviction dans le fait que l'Europe est la bonne échelle d'une « mondialisation plus », débarrassée de ses illusions et seule à même de lutter contre le local et ses oripeaux nationalistes les plus abjects, me semble vraiment très simplificateur : non seulement l'Europe n'a pas commencé à exister après le second conflit mondial (pour garantir la paix) mais (à l'inverse) elle a « commencé » au moment de la Conférence de Berlin (1885) dans ce grand partage de l'Afrique entre gouvernants blancs et puissants : un projet rien moins que pacifiste, pour les Africains et même pour les peuples européens. Car cette Europe-là, rapidement en crise face aux désordres sociaux de la soi-disant Belle Époque, n'a pas hésité à envoyer ses peuples non plus au charbon mais sous les déluges d'acier pour faire taire les aspirations révolutionnaires. Croire que l'Europe est un projet pacifique me semble une parfaite foutaise. L'Europe n'a jamais été, ni de près ni de loin, un projet de rassemblement des peuples derrière un projet de paix universelle (affiche de propagande qui ne berne que ceux qui veulent y croire), mais est une stratégie de gestion des obstacles de l'impérialisme capitaliste de ses élites. Croire que l'« Europe » peut devenir autre chose, qu'elle puisse soudain se parer de bons sentiments (politiques et écologiques) et que les peuples y verront soudain la lumière tant attendue (eux qui ont été bernés depuis près de 150 ans sur le sujet – ce que Latour reconnaît d'ailleurs honnêtement, mais comment faire autrement…), c'est effectivement, comme il l'admet (mais sans doute avec un peu de fausse modestie puisque l'objet de son ouvrage est bien politique), être bien « fragile » comme analyste du politique (au sens moins de l'étude des rapports de pouvoirs – science politique à papa - que de celui de l'étude des liens sociaux – la politique au sens premier du terme, et une science politique, donc, qui se nourrit de toutes les sciences humaines). Finalement, qui a besoin d'atterrir ? Précisément ces élites qu'il identifie justement comme « hors-sol ». La plupart des individus, eux, ceux qui n'ont donc pas de pouvoir, réclament qu'on cesse de les obliger à décoller (pour le pays imaginaire du « libéralisme » où la dernière liberté qui leur reste est d'aller se faire exploiter par des multinationales dont l'universalisme n'est rien d'autre qu'un United Colors of Benetton - fait pour gagner du fric) : non pas par racisme (même s'il en est parmi ceux-là, il ne faudrait pas non plus être angélique) mais parce que sans « enracinement », comme disait Simone Weil, l'homme se perd… et avec lui, toute politique (être ensemble) digne de ce nom.
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  • Didjmix Posté le 23 Juillet 2021
    Voilà un essai (très ! trop ! ) Intelligent. Que de réflexions sur le monde contemporain. La Guerre froide, l'opposition Est-Ouest, ou même Nord-Sud, sont devenues plus insuffisantes on le voit. B. Latour nous propose une opposition Local-Global très intéressante (même si pas toujours facile à suivre). L'élection de Trump, époque de l'écriture de ces lignes, a mis l'accent sur le sujet d'opposition central : le climat. Il nous montre aussi a quel point l'élite se protège, se met à l'abri, de tout ce qu'elle est en train de détricoter. Ça fait froid dans le dos d'actualité.
  • Passemoilelivre Posté le 31 Janvier 2021
    L’humanité est désorientée, une mondialisation effrénée qui devient insoutenable et le sentiment de plus en plus partagé qu’il va falloir atterrir, retrouver « le terrestre », c’est ce que Bruno Latour nous explique dans cet essai. Les inégalités qui s’accroissent, les privilégiés qui profitent le plus longtemps possible d’un système qu’ils ont établi sans tenir compte des dégâts collatéraux (le climat, les migrations..), le mouvement écologiste, ballotté entre la droite et la gauche ne sait plus ou il habite ! L’auteur, philosophe n’est pas toujours facile à suivre, mais il fait malgré tout un effort de pédagogie qui devrait profiter au plus grand nombre, tellement les enjeux sont importants.
  • Camille-Gqr Posté le 27 Octobre 2020
    Il y a quelques semaines j'ai lu ce bouquin, que je n'ai pas commenté parce que je n'avais ni le recul ni toutes les clés pour comprendre. C'était une lecture fort intéressante mais quelque peu compliquée par moment. J'ai pour certains passages du m'y reprendre plusieurs fois pour les saisir. Latour est un auteur que nous abordons souvent dans mes études et j'ai donc voulu en savoir plus, comprendre ce que je peux retirer de la pensée de l'auteur par moi même et aller plus loin des quelques pages qu'on nous proposent ça et là. On a donc un exposé des différents ingrédients qui nous ont menés là ou nous en sommes en termes de catastrophe climatique et tout ce que cela implique au niveau politique, économique et social. Latour propose un schéma de compréhension qui nous permet de resituer les enjeux actuels non plus sur l'axe et l'opposition Gauche/Droite en politique, cet axe qui serait dépassé et qu'on ne sait plus vraiment positionner sur une conception Local/Global. A cet conception linéaire il ajoute le "Hors sol", à savoir, les élites, qui fuient et usent tout ce qu'ils peuvent user pour accroître leur capital au détriment du reste du monde... Il y a quelques semaines j'ai lu ce bouquin, que je n'ai pas commenté parce que je n'avais ni le recul ni toutes les clés pour comprendre. C'était une lecture fort intéressante mais quelque peu compliquée par moment. J'ai pour certains passages du m'y reprendre plusieurs fois pour les saisir. Latour est un auteur que nous abordons souvent dans mes études et j'ai donc voulu en savoir plus, comprendre ce que je peux retirer de la pensée de l'auteur par moi même et aller plus loin des quelques pages qu'on nous proposent ça et là. On a donc un exposé des différents ingrédients qui nous ont menés là ou nous en sommes en termes de catastrophe climatique et tout ce que cela implique au niveau politique, économique et social. Latour propose un schéma de compréhension qui nous permet de resituer les enjeux actuels non plus sur l'axe et l'opposition Gauche/Droite en politique, cet axe qui serait dépassé et qu'on ne sait plus vraiment positionner sur une conception Local/Global. A cet conception linéaire il ajoute le "Hors sol", à savoir, les élites, qui fuient et usent tout ce qu'ils peuvent user pour accroître leur capital au détriment du reste du monde - on connait la chanson - et le "Terrestre" ou la Terre prend un rôle actif et devient une entité qui réagit aux actions des êtres qui vivent sur son sol. Pour expliquer et étayer ce schéma Latour distingue le local +/-, la mondialisation - globalisation +/- afin de mettre en avant les effets pervers de chaque concept dans leurs applications concrètes. L'idée serait d'en tirer le bon tout en excluant le mauvais, pour construire le Terrestre. Il faut que nous sachions à nouveau définir et décrire, quels sont nos territoires pour adopter les meilleures politiques pour gérer ceux-ci, et ce, main la main avec ceux-là même que l'on considère comme nos ennemis, les réorienter et les mobiliser autour d'une conception du Terrestre et non plus du Local/Global. L'idée c'est de créer un système d'engendrements, système dans lequel les animés, dépendent les uns des autres et ont tous leur propre conception de leur territoire, ce système d'engendrement permet de les prendre en considération et de cohabiter entre Terrestres en faisant fi d'une domination de l'Homme sur la Nature.
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  • LEFRANCOIS Posté le 10 Août 2019
    Adieu l'axe droite gauche, bonjour l'axe Terrestre/hors sol, et le Global/local. La multiplicité des changements de point de vue force à prendre position différemment concernant la politique, l'écologie, les réformes, la politique européenne etc. La nouvelle topologie conceptuelle oblige à réfléchir différemment. Je ne suis pas sûr que la vision soit encore bien nette. On aurait bien besoin d'un Marx 2020 pour qu'on retrouve la glaise sous nos pieds. Mais cette lecture est déjà un commencement.
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