L'Invention de Morel : Le livre de Adolfo Bioy Casares

Poche

Robert Laffont

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Le chef d'oeuvre de Bioy Casares.

Parfois, on pense trouver refuge, alors que le cauchemar ne fait que commencer.
C'est ce dont Luis a fait l'expérience, le jour où il a débarqué sur une plage en apparence déserte, après avoir échappé à la police à coups de rame désespérés. Alors qu'il pensait avoir trouvé refuge sur une île inhabitée, ses explorations lui dévoilent en réalité un lieu étrange, dominé par une villa à la fois somptueuse et inquiétante. Il y découvre d'autres hommes et femmes, avec lesquels aucune communication n'est possible, tant ils sont plongés dans les scènes du quotidien qu'ils répètent inlassablement, chaque semaine, sans lui prêter attention. Sont-ils fous ou bien le dénommé Morel, qui les a réunis, a-t-il quelque chose à voir avec ces étranges comportements ?

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" Situé au Paraguay, ce fruit d'une imagination fantastique est une œuvre réaliste aux accents curieusement surréalistes. Je ne pense pas que ce soit imprécis ou hyperbolique de le qualifier de parfait. " Jorge Luis Borges

De (auteur) : Adolfo Bioy Casares
Traduit par : Armand Pierhal

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Expérience de lecture

Avis Babelio

Woland

4.00 sur 5 étoiles

• Il y a 14 ans

La Invención de Morel Traduction : J. P. Mourey Court roman qui n'atteint pas les cent-trente pages, "L'Invention de Morel" s'inspire d'un fantastique à la H. G. Wells ou encore à la Jules Verne, celui du "Secret de Wilhelm Störitz." Mais sous l'argument fantastique, perce une réflexion complexe sur l'homme et la liberté. Le narrateur, qui fuit on ne sait quel régime policier - quelques allusions à Caracas font penser au Vénézuéla - s'est réfugié sur une île que lui a désignée un Italien vivant à Calcutta. Sans nom, l'île a été abandonnée par ceux qui y ont bâti un musée, une piscine et une sorte de complexe hôtelier. A quelle époque ? Sans doute dans les années vingt, très vague point de repère temporel offert en pâture aux puristes du détail. Les légendes - mais sont-ce bien des légendes ? - ont alors pris leur essor : une "peste" étrange, plus proche de la lèpre ou de la gangrène que de la peste d'ailleurs, affligerait tout ce qui ose demeurer dans l'île, qu'il s'agisse de simples voyageurs ou des animaux et de la flore qu'elle abrite. Mais le narrateur en est arrivé à un tel point de rejet - et de peur - de la société, qu'il met tout en oeuvre pour atteindre l'île et s'y cacher. Bientôt, à sa profonde stupeur, il constate que, contrairement à ce qu'on lui en a dit, l'île est habitée par une vingtaine ou une trentaine de personnes, hôtes et amis d'un certain Morel. Parmi ces gens, Faustine, une belle femme dont Morel paraît amoureux, va régulièrement se promener sur les rochers, charmant peu à peu le narrateur. Celui-ci fait tout pour attirer son attention mais, curieusement et en parfait accord avec l'attitude des autres "invités", Faustine ne le voit pas - un peu comme s'il lui était invisible ... Aux efforts courageux du narrateur pour tenter de rationaliser son aventure, succède sa chute subtile et lente dans la folie. De bout en bout, le lecteur n'a, bien sûr, que le point de vue du narrateur pour se faire sa propre idée de la situation. Les réflexions pertinentes succèdent aux gestes fous, voire grotesques - comme la création de ce parterre de fleurs destiné à proclamer au grand jour l'amour du malheureux envers Faustine et devant lequel elle passe, là encore, comme s'il n'existait pas ... Mais l'histoire faussement fantastique est aussi prétexte à une réflexion sur la place de l'individu dans la société, sur le droit de pensée et de conscience qu'elle lui laisse et sur les recours qu'elle lui autorise lorsque, justement, elle lui dénie ces droits. Le bilan final est peu réjouissant : Bioy Casares ne voit que la folie comme seul exutoire au refus de se fondre dans la norme. A moins que la fin de son héros, très symbolique, n'ouvre sur une vie désincarnée et à jamais libre, loin d'un corps abandonné en un peu réjouissant sacrifice. Le propos, complexe, est traité avec une élégante simplicité. Bioy Casares adopte un style réaliste, sans aucune digression, pour évoquer une question morale et philosophique qu'on n'est pas près de résoudre. A ne réserver qu'aux inconditionnels. ;o)

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maltese

5.00 sur 5 étoiles

• Il y a 14 ans

Un homme en fuite se réfugie sur une île déserte où il va faire connaissance avec les anciens occupants par l'intermédiaire d'images qui se répétent sans cesse. Un tout petit roman très curieux, à mi-chemin des genres, ni réellement fantastique ou de science-fiction, mais inconstestablement un grand texte. Casares installe par la répétition de ces scènes une espèce de vertige à la fois spatial et temporel, brouillant la perception à la fois du héros mais aussi du lecteur, qui tous deux vont chercher en même à résoudre cette mystèrieuse énigme de ces êtres fantômatiques. "Ne rien espérer de la vie, pour ne pas la risquer; se considérer comme mort, pour ne pas mourir."

MarianneDesroziers

3.00 sur 5 étoiles

• Il y a 15 ans

Si je vous dis qu'il est ici question d'une drôle de machine, d'une île mystérieuse, d'un homme qui fuit son passé, d'une femme étrange dont il tombe amoureux, de la mince frontière entre la réalité et la fiction, déjà ça devrait attiser votre curiosité de lecteur. Si je vous dit qu'en plus, la préface est signée Borgès, ça devrait finir de vous convaincre d'acheter ce petit livre en poche : une belle lecture d'été en perspective !

Julie_D

4.00 sur 5 étoiles

• Il y a 15 ans

D'une densité rare malgré sa petite taille, L'Invention de Morel est un livre dont la singularité (pour ne pas dire l'étrangeté) rend ma critique difficile à écrire. L'écriture est parfaitement maîtrisée, du moins est-ce de cette façon que j'interprète la manière qu'à l'auteur de flouter nos repères (notamment temporels). Mais cette volonté de nous perdre ne rend pas toujours la lecture aisée, ou même agréable. Qu'importe, le tout vaut l'effort car au delà de l'histoire, d'une originalité totale (surtout pour l'époque), le roman est d'une portée philosophie très riche (le réel se résume-t-il à ce que l'on ressent ?), source d'un questionnement inépuisable et n'ayant rien à envier à des classiques du genre sortis sur papier ou sur écran quelques 60 ans plus tard (notamment Matrix). La structure est par ailleurs assez fine : après une immersion progressive dans le fantastique, on obtient une explication très inattendue, qui fait passer le livre dans tout autre chose, et là où d'autres auteurs auraient conclu sur le "twist", Casares traite la réaction de son héros et cristallise la philosophie dans du très humain. (suite : http://letagere.online.fr/bookreviews.php?id_livre=42)

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Fiche technique du livre

  • Genres
    Romans , Roman Étranger
  • EAN
    9782221280737
  • Collection ou Série
    Pavillons Poche
  • Format
    Poche
  • Nombre de pages
    160
  • Dimensions
    184 x 126 mm

L'auteur

Adolfo Bioy Casares

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9,50 € Poche 160 pages