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            Drood

            Robert Laffont
            EAN : 9782221127261
            Façonnage normé : EPUB2
            DRM : Watermark (Tatouage numérique)
            Drood

            Odile DEMANGE (Traducteur)
            Collection : Best-sellers
            Date de parution : 11/08/2011

            Les dernières années de la vie de Charles Dickens revisitées par son ami, l’écrivain opiomane Wilkie Collins, ou le récit étourdissant d’une vertigineuse descente aux enfers.
            9 juin 1865. Charles Dickens, alors au faîte de sa gloire, regagne secrètement Londres en train, accompagné de sa maîtresse. Soudain, à Staplehurst, sur...

            Les dernières années de la vie de Charles Dickens revisitées par son ami, l’écrivain opiomane Wilkie Collins, ou le récit étourdissant d’une vertigineuse descente aux enfers.
            9 juin 1865. Charles Dickens, alors au faîte de sa gloire, regagne secrètement Londres en train, accompagné de sa maîtresse. Soudain, à Staplehurst, sur un pont, l’express déraille. Seul le wagon où a pris place « l’écrivain le plus célèbre du monde » échappe par miracle à la catastrophe. Au fond du gouffre, alors que Dickens tente de porter secours aux survivants, sa route croise celle d’un personnage à l’allure spectrale qui va désormais l’obséder : Drood.
            De retour à Londres, Dickens confie le secret de son étrange rencontre à Wilkie Collins, écrivain lui aussi. Quels liens unissent désormais l’inquiétant Drood et l’Inimitable, comme le surnomme avec admiration et ironie Collins ? C’est ce que ce dernier cherche à découvrir en se lançant à la poursuite de Dickens. Mais peut-on raisonnablement accorder crédit au récit de Collins, opiomane en proie à la paranoïa et aux hallucinations ?
            Inspiré par Le Mystère d’Edwin Drood, oeuvre mythique que Dickens laissa inachevée à sa mort – cinq ans jour pour jour après son accident de chemin de fer –, Drood nous entraîne, de cryptes en catacombes, dans le Londres interlope de Jack l’Éventreur et des sciences occultes. Roman biographique, historique, victorien, roman populaire, policier, psychologique, gothique, fantastique… Dan Simmons se joue des genres et des codes pour nous offrir ce livre envoûtant, qui est également une formidable réflexion sur le processus de création littéraire.

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            EAN : 9782221127261
            Façonnage normé : EPUB2
            DRM : Watermark (Tatouage numérique)
            Robert Laffont
            12.99 €
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            Ce qu'en pensent nos lecteurs sur Babelio

            • Salyna Posté le 29 Juillet 2018
              Un bon gros roman de 1200 pages qui se lit très facilement. Quand on s’attaque à ce genre de pavé, on se demande vite : et si je trouve ça chiant ou que je m’ennuie… Et là, pas du tout ! Bien qu’écrit du point de vue du narrateur Wilkie Collins, s’adressant à « nous, lecteur du futur », on ne s’ennuie pas une seconde. Cela m’a d’ailleurs étonnée que tout semble si fluide et qu’au bout de 600 pages on se dise « ha j’en ai déjà lu la moitié ! » alors que le récit semble avoir commencé 2 pages avant ! Si on comprend vite que la réalité va se mêler aux hallucinations du laudanum et/ou à l’opium sans parler du mesmérisme qui plane. J’avoue être resté un peu sur ma faim quand même puisque je trouve que le suspense de la fin tombe un peu à plat et les révélations n’ont pas vraiment l’impact que j’aurai espéré. Mais ça fait peut être partie de l’intrigue que de laisser dans le doute. Le livre est très bien renseigné (et la liste des notes et des références ne fait que le confirmer). On plonge dans l’univers londonien de Dickens et... Un bon gros roman de 1200 pages qui se lit très facilement. Quand on s’attaque à ce genre de pavé, on se demande vite : et si je trouve ça chiant ou que je m’ennuie… Et là, pas du tout ! Bien qu’écrit du point de vue du narrateur Wilkie Collins, s’adressant à « nous, lecteur du futur », on ne s’ennuie pas une seconde. Cela m’a d’ailleurs étonnée que tout semble si fluide et qu’au bout de 600 pages on se dise « ha j’en ai déjà lu la moitié ! » alors que le récit semble avoir commencé 2 pages avant ! Si on comprend vite que la réalité va se mêler aux hallucinations du laudanum et/ou à l’opium sans parler du mesmérisme qui plane. J’avoue être resté un peu sur ma faim quand même puisque je trouve que le suspense de la fin tombe un peu à plat et les révélations n’ont pas vraiment l’impact que j’aurai espéré. Mais ça fait peut être partie de l’intrigue que de laisser dans le doute. Le livre est très bien renseigné (et la liste des notes et des références ne fait que le confirmer). On plonge dans l’univers londonien de Dickens et Collins avec plaisir. Le personnage de Collins évolue tout au long du récit et sa langue se délie aussi au fur et à mesure. Renforçant le doute sur toute l’histoire. Un résumé un bon livre qui occupe pendant de belles longues heures.
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            • jmb33320 Posté le 28 Mai 2018
              C'est un tour de force que ce roman, bien plus exigeant que ne pourrait le laisser supposer le nom de Dan Simmons, par ailleurs auteur de romans très marquants, tels "L'échiquier du mal". Wilkie Collins, sous l'emprise d'opiacés (ce qui est historiquement véridique) est mesmérisé par Charles Dickens en personne. Il relate les dernières années de la vie de ce dernier, entre cauchemars et description extrêmement détaillée des jalousies et des liens professionnels de ces deux géants de la littérature anglaise. Drood, l'ombre maléfique qui se terre dans La-Ville-du-Dessous, a-t-il une quelconque réalité ou bien est-il le produit de l'imagination de Collins ? Difficile de trancher, y compris à la toute fin.
            • Bobby_The_Rasta_Lama Posté le 11 Septembre 2017
              Si vous avez déjà lu Drood, je pense que vous ne pouvez qu'être d'accord qu'il s'agit d'un roman le plus "droodien" de cet auteur protéiforme qui est Dan Simmons. Le fantastique shakespearien, la guerre de Sécession, le mal rodant en Amérique rurale, et cette fois l'Angleterre victorienne - mais toujours des livres prenants, érudits et extrêmement bien documentés ! La meilleure façon de décrire ce roman à l'excellente couverture intrigante est peut-être d'utiliser les mots de Wilkie Collins, le narrateur -"Cet histoire vraie aura pour sujet les cinq dernières années de la vie de Charles Dickens et l'obsession grandissante que lui inspirèrent durant cette période un homme - si on peut l'appeler ainsi - du nom de Drood, ainsi que l'assassinat, la mort, les cadavres, les cryptes, le mesmérisme, l'opium, les fantômes, sans oublier les rues et ruelles de ces entrailles atrabilaires de Londres que l'écrivain appelait toujours "ma Babylone" ou "Le grand Four". "Drood" est tout ça, et bien plus. En parlant de la "histoire vraie", nous avons les dernières années de la vie de Dickens, auteur alors au sommet de sa popularité, et pas seulement en Angleterre, un "génie"... Si vous avez déjà lu Drood, je pense que vous ne pouvez qu'être d'accord qu'il s'agit d'un roman le plus "droodien" de cet auteur protéiforme qui est Dan Simmons. Le fantastique shakespearien, la guerre de Sécession, le mal rodant en Amérique rurale, et cette fois l'Angleterre victorienne - mais toujours des livres prenants, érudits et extrêmement bien documentés ! La meilleure façon de décrire ce roman à l'excellente couverture intrigante est peut-être d'utiliser les mots de Wilkie Collins, le narrateur -"Cet histoire vraie aura pour sujet les cinq dernières années de la vie de Charles Dickens et l'obsession grandissante que lui inspirèrent durant cette période un homme - si on peut l'appeler ainsi - du nom de Drood, ainsi que l'assassinat, la mort, les cadavres, les cryptes, le mesmérisme, l'opium, les fantômes, sans oublier les rues et ruelles de ces entrailles atrabilaires de Londres que l'écrivain appelait toujours "ma Babylone" ou "Le grand Four". "Drood" est tout ça, et bien plus. En parlant de la "histoire vraie", nous avons les dernières années de la vie de Dickens, auteur alors au sommet de sa popularité, et pas seulement en Angleterre, un "génie" adulé de tous. Et nous avons Wilkie Collins, notre narrateur, qui s'adresse directement au lecteur de notre siècle, pour s'assurer qu'on se souvienne encore de lui - un écrivain vivant toujours à l'ombre de grand Dickens, toujours relégué au second rang; un ami mais aussi le pire ennemi de "L'inimitable", qui cherche désespérément de se hisser au niveau du maître. Wilkie l'opiomane, l'écrivain paranoïaque versant dans le mystérieux et l'étrange, loin de mener la vie sans faute, mais cherchant toujours les failles dans la vie et les écrits de Dickens. Mais où se cache la vérité dans cette histoire ? Collins et Dickens sont à la recherche d'un mystérieux personnage nommé Drood, au faciès ressemblant étrangement au lord Voldemort. Qui est cette personnification du mal aux origines étranges et que ce qu'il veut ? La vérité se cache t'elle dans les catacombes, les fumeries d'opium, dans les romans de Dickens, dans les transes mesmériques où dans la tête de ce pauvre Wilkie, usé jusqu'à la trame ? Finissez le livre et vous comprendrez ! Cette épopée "droodienne" était pour moi un plaisir de lecture; sur la base d'une enquête mystérieuse prend vie le monde artistique et littéraire londonien du dix-neuvième siècle; on se laisse porter tout en apprenant - je ne demande pas plus. Et je trouve la couverture sublime !
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            • Horizon_du_plomb Posté le 21 Août 2017
              « L'haleine des cochers emmitouflés s'accumulait au-dessus de leurs sièges rehaussés, se mêlant aux nuages plus épais qu'exhalaient les naseaux des chevaux pour s'élever comme de la vapeur dans la lueur froide des becs de gaz. » « Cette nuit-là, comme tous les jours et toutes les nuits qui se sont écoulés depuis, la brèche que laissait le dos d'un livre retiré de sa place habituelle sur mes étagères me rappelait la pierre que j'aurais dû sortir du mur de la crypte de Dradles. Combien d'os, de crânes et de squelettes sont jetés dans la béance de ces livres manquants ou jamais écrits ? » « Au mois de juillet, on savait à six rues de distance qu'on approchait d'un cimetière – ses miasmes méphitiques chassaient les habitants des logements avoisinants – et il y avait toujours un cimetière à proximité. Les morts étaient continuellement sous nos pieds et dans nos narines. » « Il s'agit en quelque sorte, par l'emploi judicieux du langage, d'expressions, de descriptions et de dialogue, de plonger le lecteur dans un état d'esprit très proche de celui d'un patient sous Influence Magnétique. » Voici un sommet de la littérature droodienne, cette littérature qui s'est attachée à expliquer le dernier livre de Dickens, voire d'en finir l'intrigue interrompue... « L'haleine des cochers emmitouflés s'accumulait au-dessus de leurs sièges rehaussés, se mêlant aux nuages plus épais qu'exhalaient les naseaux des chevaux pour s'élever comme de la vapeur dans la lueur froide des becs de gaz. » « Cette nuit-là, comme tous les jours et toutes les nuits qui se sont écoulés depuis, la brèche que laissait le dos d'un livre retiré de sa place habituelle sur mes étagères me rappelait la pierre que j'aurais dû sortir du mur de la crypte de Dradles. Combien d'os, de crânes et de squelettes sont jetés dans la béance de ces livres manquants ou jamais écrits ? » « Au mois de juillet, on savait à six rues de distance qu'on approchait d'un cimetière – ses miasmes méphitiques chassaient les habitants des logements avoisinants – et il y avait toujours un cimetière à proximité. Les morts étaient continuellement sous nos pieds et dans nos narines. » « Il s'agit en quelque sorte, par l'emploi judicieux du langage, d'expressions, de descriptions et de dialogue, de plonger le lecteur dans un état d'esprit très proche de celui d'un patient sous Influence Magnétique. » Voici un sommet de la littérature droodienne, cette littérature qui s'est attachée à expliquer le dernier livre de Dickens, voire d'en finir l'intrigue interrompue par la mort de l'auteur. Nous voici plongé en 1865, en pleine époque victorienne. Nous suivons le récit de Wilkie Collins, un écrivain de romans à sensations à la fois ami et rival de Charles Dickens qui, lui, est au sommet de sa gloire mais va pourtant être confronté aux démons qui hantent notre existence à tous. Les deux complices vont rentrer dans le monde de l'inintelligible et nous faire plonger dans la confusion des profondeurs glacées et putrides de Londres, un monde où se mêle la racaille, l'occulte et l'opium. Souvent la façon qu'a Wilkie d'apostropher le lecteur du futur fait qu'on se demande s'il ne désire par nous enrôler dans sa danse, dans son mesmérisme (hypnotisme). Grâce à son récit, Simmons réhabilite un auteur (Collins) relativement inconnu en analysant aussi son parcours littéraire, à la fois avec tendresse et esprit critique caustique. « Les critiques et les chroniqueurs bourgeois n'étaient tout simplement pas prêts à accepter l'héroïne d'Armadale, Lydia Gwilt, ma femme fatale. Non contente de dominer l'ouvrage comme aucun personnage littéraire féminin ne l'avait encore fait de mon temps, elle se détachait des pages avec une présence dont on ne pouvait trouver, et dont on ne trouverait jamais, l'équivalent dans aucun roman de Dickens » Si Dickens aimait se mettre en scène, dans ce livre Simmons en fait son acteur principal, on a cette étrange impression de lire une biographie romancée de Dickens par le prisme d'une époque tourmentée de son existence, celle où commence le déclin du corps (le fait que Dickens ait brûlé une grande partie de ses correspondances privées augmentent la part possible de fiction spéculative sur l'homme, même ses pièces de théâtre ou ses lectures n'ont jamais été enregistrées). « Mes romans ont pour moi une telle réalité que je ne me les remémore pas, ils se rejouent sous mes propres yeux, car tout se passe devant moi. Et c'est cette réalité que contemple le public. » Ce n'est pas un roman mainstream, destiné à flatter les masses comme les conférences de Dickens le furent bien souvent. C'est un roman pointu, au fond réfléchi mais à la fiction accessible. On peut le voir comme un vaste jeu de pistes dans lequel Simmons s'amuse à mélanger les références et les genres. Le livre est rempli d'éléments (lieux, personnages voire situations) d'autres livres de Dickens mais aussi littéraires de l'époque. Même l'auteur se perd dans le jeu du fantôme de son narrateur. Le livre partage bien des clins d'oeils explicites et on détecte clairement des références croisées à Dracula, Holmes, Jack l'éventreur, Edgar Allan Poe, Lovercraft, Thomas de Quincey (Les confessions d'un mangeur d'opium) voire même Frankenstein. Le début du livre va nous mettre en place toutes sortes d'éléments qui vont être développés par après (le livre L'ami commun, la relation entre Charles le frère de Wilkie et Katie une fille de Dickens, le doppelgänger de Collins, …). Il ne faut pas avoir peur d'être pris un peu au dépourvu au départ par ces divers éléments. Pour moi, outre un roman sur la littérature, c'est avant tout un grand roman psychologique. Il y a aussi un aspect saga familiale qui se joint inévitablement à l'aspect psychologique. On a souvent l'impression au cours du récit que les éléments de pure fiction s'inscrivent dans un roman historique, une seconde fiction mais qui se délimite aux faits réels. Cette intrication est clairement la seconde force du récit, avec son étude psychologique (l'aspect littéraire étant le troisième élément fort, notamment les discussions professionnelles entre les deux auteurs). « Le coeur, l'âme et le cerveau de cet échantillon de nature en ruine, à tous les stades de cette ruine, nous ont été exposés dans leur pleine nudité... La tendresse, la rage, la folie, le remords et le chagrin sont tous issus les uns des autres, et liés en une chaîne unique. » « les catacombes de Paris ne seraient pas assez vastes pour abriter le repos des âmes véritablement perdues de Londres, si nous étions tous contraints de descendre, de quitter la lumière, de nous enfoncer dans les ténèbres moisies auxquelles nous appartenons lorsque nous oublions comment vivre correctement parmi les hommes de bien. » « N'imaginez pas que je ne sois pas capable de trouver et d'épouser un autre homme, Wilkie Collins. N'imaginez pas cela une seconde ! — Je ne l'imagine pas une seconde, ma petite saucisse », dis- je en me replongeant dans mon journal. » Par contre, il y a parfois des sauts de temps, d'époques qui sont un peu perturbants. On a de temps en temps l'impression que le roman est un peu surfait: il est bien construit mais le roman s'attache peut-être trop à une vie routinière parfois au point qu'on en oublie sa capacité à l'évasion. Souvent, on est perdu dans des lenteurs mais je m'y suis plu car elles touchaient soit à l'ambiance (Londres crasseuse et Drood), soit à des sujets qui m'intéressaient: les arts, l'hypnotisme, la bonne société (mondaine) tournant autour de Dickens. (Je précise que je n'ai lu aucun Dickens, que j'ai juste vu le film « The invisible woman » parlant de sa relation avec l'actrice Ellen Ternan. En anecdote, je ne connaissais pas le « Christianisme musculaire» découvert dans ces lignes) Alors que certains livres utilisent la longueur pour prendre une autre ampleur, je n'ai pas ressenti ce phénomène ici, on a déjà acquis le style et l'effet rapidement. L'intrigue s'éparpille en plein d'éléments parallèles pas nécessairement essentiels à hue et à dia telle une catacombe labyrinthique. Cela marche si on prend de multiples sujets/intérêts au livre, cela décontenance et affaiblit si on recherche juste une histoire monolithique. On pourrait dire que la mort de la fiction rode dans ces pages, on n'est pas loin du jeu littéraire. Le problème de ce livre est le même qu'une bonne (auto-)suggestion, si on y amène pas du sien, son propre imaginaire, on ratera tout le spectacle et on trouvera qu'il n'y a pas suffisamment d'éléments pour étayer son plaisir. Selon moi, le roman parle de la voie, du cheminement éclairé si possible, cet itinéraire qu'on mène vers une création originale, vers une vie authentique. Outre le thème de la pauvreté, difficile à l'heure actuelle de ne pas voir dans le roman, une métaphore parlant aussi des sans papiers face au « monde du papier ». « Ses lettres antérieures n'avaient-elles pas condamné mon texte final comme « beaucoup trop long », et, accusation plus irritante encore, ne lui avaient-elles pas reproché de « franchir peut-être la limite du mélodrame pur » ? » Voici des exemples du mélange des genres… Horreur: « De son ventre béant s'élevaient les guirlandes grises étirées et brillantes, qui n'étaient pas des guirlandes. » Drood n'est pas sans évoquer Voldemort par sa physionomie. Comédie: « Ils m'ont drogué (…) je ne sais qui a mis de la drogue dans ma pipe d'opium. » « Si c'est quelqu'un qui nous fait une farce et si ce quelqu'un a une tête, je la lui ferai sauter. » Ils entendirent effectivement un gémissement lugubre, « un bruit terrifiant – un bruit humain – et en même temps inhumain ». C'était un mouton asthmatique. Dickens renonça à lui faire sauter la tête. » Clin d'oeil littéraire: « Aimeriez-vous entendre la “Description d'une averse en ville” de Swift? poursuivit-il. J'imagine qu'étant écrivain, Monsieur Wilkie Collins, vous savez que Swift ne songeait pas à une averse de pluie. » Cela va jusqu'à la philosophie, étude sociologique: « Plutôt au contraste entre la souffrance et le luxe. Nous ne conservons qu'un souvenir très général (terrible cependant) de la souffrance, mais nous sommes incapables de nous la remémorer avec précision ; en revanche, nous nous souvenons du luxe jusque dans le moindre détail. » Un roman gothique: « J'arrivais à respirer à travers le canon du pistolet. » « C'était comme si la réalité et la fiction, la vie et la mort, la lumière et son absence absolue tournoyaient dans une danse macabre frénétique. » (À l'image de ce scarabée, cancer qui s'immisce dans vos chairs) Il ne faut pas s'en cacher un thème prépondérant du livre est la mort voire même la déchéance. Ce livre est aussi un exemple de plus qui prouve que c'est libérateur de parler de souffrances que l'on porte en soi, que c'est créateur de parler du mal qu'on porte en soi. L'étude de la société victorienne est assez bien décrite. « La quintessence de la podsnapperie. Qui pourrait bien être la quintessence de notre temps. » (Podsnap: individu pompeux selon Dickens) « Mrs Ternan arborait sa distinction de fraîche date comme un sloop vieillissant à la coque couverte de bernaches. » Je dois dire que dans les personnages annexes, celui de Dradles le maçon fait son effet et je m'y suis attaché dans son style. C'est clairement un personnage bien torché. « Bisque bisque rage ! Je-t'ai-pris-de-hors-e- a-près-le-thé-e ! » Dradles soupira : » Y a des jours où Dradles, il donne au gamin un penny pour qu'il lui balance des cailloux et le ramène chez lui, des fois que Dradles, il oublie de rentrer à la maison pour le thé ou après dix heures. C'est l'heure de mon thé, et on dirait que j'ai oublié d'arrêter la machine qui me le rappelle. » « Oh, ma foi, les noms, c'est important pour les morts, mais c'est pas pour eux, c'est pour nous, les vivants, pas vrai ? répondit Dradles. Y a qu'à l'appeler Yorick. » Au final, je comprends que le lectorat soit partagé sur un tel livre mais pour moi, ce pavé en vaut vraiment la peine. Il a su me toucher de multiples façons. #8232;« Il m'arrive de penser, mon cher Wilkie, que toute ma carrière d'écrivain n'a été que le prolongement de ces minutes passées à fourrer des cerises dans la bouche de ce petit garçon à grosse tête juché sur les épaules de son père. Comprenez-vous ce que je veux dire ? » « J'étais parfaitement indifférent à ce genre d'attaques. Je savais que le livre se vendrait bien. Et peut-être t'ai-je déjà dit, Cher Lecteur, que l'éditeur m'avait versé cinq mille livres – un record à l'époque et pour de longues années à venir – et qu'il me les avait payées avant même que je n'écrive le premier mot de cette histoire. » « Les méchants de L'Ami commun (…) peuvent faire semblant d'être quelqu'un ou quelque chose d'autre, sans cesser pour autant d'être, dans le fond, ce qu'ils sont réellement. Seuls les personnages positifs de ce roman sont dotés d'identités doubles ou multiples qui plongent leur moi intime dans une authentique confusion. Et cette tragique confusion est inévitablement provoquée par une unique forme d'énergie – l'amour. »
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            • Jackydu85 Posté le 12 Août 2017
              D'abord un grand "Ouf" d'avoir terminé ce livre...L'intrigue était bonne au départ mais au fil des pages, rien ne se passe réellement et certains passages auraient pu être condensé, voire totalement évité. Par contre, je me suis bien senti dans l’atmosphère du Londres fin dix-neuvième et dans la peau du narrateur Wilkie Collins mais le final n'était pas au rendez-vous.
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