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            Monsieur Proust

            Robert Laffont
            EAN : 9782221145166
            Façonnage normé : EPUB2
            DRM : Watermark (Tatouage numérique)
            Monsieur Proust

            Georges BELMONT (Avec la collaboration de)
            Collection : Documento
            Date de parution : 13/03/2014

            Ce livre capital apporte l’image, sortant de la plus fidèle des mémoires, d’un Proust unique de vérité.
            Céleste Albaret fut la gouvernante et la seule confidente de Marcel Proust pendant les huit dernières années de son existence, durant lesquelles il acheva l’écriture de son chef-d’oeuvre − elle est d’ailleurs une des...

            Ce livre capital apporte l’image, sortant de la plus fidèle des mémoires, d’un Proust unique de vérité.
            Céleste Albaret fut la gouvernante et la seule confidente de Marcel Proust pendant les huit dernières années de son existence, durant lesquelles il acheva l’écriture de son chef-d’oeuvre − elle est d’ailleurs une des clefs du personnage de Françoise dans La Recherche. Jour après jour elle assista dans sa vie, son travail et son long martyre, ce grand malade génial qui se tua volontairement à la tâche. Après la mort de Proust en 1922, elle a longtemps refusé de livrer ses souvenirs. Puis, à quatre-vingt deux ans, elle a décidé de rendre ce dernier devoir à celui qui lui disait : « Ce sont vos belles petites mains qui me fermeront les yeux. »

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            EAN : 9782221145166
            Façonnage normé : EPUB2
            DRM : Watermark (Tatouage numérique)
            Robert Laffont
            9.99 €
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            Ce qu'en pensent nos lecteurs sur Babelio

            • Shabanou Posté le 27 Novembre 2018
              Bonjour les lecteurs ... Voici le témoignage de Céleste, gouvernante de Proust et qui a vécu les 8 dernières années de sa vie aux côtés de l'écrivain. Céleste va entrer au service de Marcel alors qu'elle n'a que 22 ans. Longtemps, elle a gardé le silence sur ses souvenirs. Ce n'est qu'à l'âge de plus de 80 ans qu'elle se décidera à raconter,à dévoiler le véritable Marcel. Céleste va se dévouer corps et âme pour l'écrivain .. disponible jusqu'à l'épuisement, acceptant l'attitude douce mais tyrannique de l'écrivain. Il lui impose un rythme de vie complètement décalé, a des exigences digne d'un despote. Céleste est dévouée, admirative ..devant ce " bourreau adorable " ( sic). Céleste est simple, naïve, d'une admiration sans bornes. On referme ce livre en étant complètement sidéré! Comment accepter une telle vie ? L'admiration de la gouvernante jusqu'à porter des oeillières et refuser l'évidence est souvent agaçante. Je n'ai jamais été une grande fan de Proust .. lire ce témoignage ne m'a que conforté au sujet du personnage. Mais la lecture reste néanmoins intéressante ...témoignage d'un temps révolu .
            • ChezVolodia Posté le 16 Octobre 2018
              Céleste Albaret qui fut la femme de confiance et confidente de Marcel Proust décide par l’intermédiaire de ce livre de remettre les pendules à l’heure. Car pour en dire des choses sur Mr Marcel, on en a dit et souvent inventées. Témoin privilégié et discret de l’intimité de son maître, elle l’aimait sans arrière pensée, d’un amour inconditionnel. Tyrannique, despotique, il lui arrivait d’appeler à toute heure du jour et/ou de la nuit pour qu’elle aille lui porter un pli, lui acheter tel ou tel produit chez tel fournisseur et pas un autre, à l’heure ou bien évidemment les magasins sont fermés. Reste qu'il était d'une grande gentillesse et d'une grande bonté. Ne supportant ni le bruit, ni la lumière, il vit (elle aussi par la même occasion) reclus dans un appartement dont les rideaux sont constamment fermés, et particulièrement dans sa chambre tapissée de liège pour insonoriser les bruits provenant du dehors, embrumée par les fumigations. Asthmatique véritable et non malade imaginaire comme certains ont aimé à le penser. Ne supportant pas les fleurs, le parfum, les plumes d’oreillers, et tout ce qui pouvait être nocif pour ses bronches, il vivait dans la terreur quotidienne du moindre... Céleste Albaret qui fut la femme de confiance et confidente de Marcel Proust décide par l’intermédiaire de ce livre de remettre les pendules à l’heure. Car pour en dire des choses sur Mr Marcel, on en a dit et souvent inventées. Témoin privilégié et discret de l’intimité de son maître, elle l’aimait sans arrière pensée, d’un amour inconditionnel. Tyrannique, despotique, il lui arrivait d’appeler à toute heure du jour et/ou de la nuit pour qu’elle aille lui porter un pli, lui acheter tel ou tel produit chez tel fournisseur et pas un autre, à l’heure ou bien évidemment les magasins sont fermés. Reste qu'il était d'une grande gentillesse et d'une grande bonté. Ne supportant ni le bruit, ni la lumière, il vit (elle aussi par la même occasion) reclus dans un appartement dont les rideaux sont constamment fermés, et particulièrement dans sa chambre tapissée de liège pour insonoriser les bruits provenant du dehors, embrumée par les fumigations. Asthmatique véritable et non malade imaginaire comme certains ont aimé à le penser. Ne supportant pas les fleurs, le parfum, les plumes d’oreillers, et tout ce qui pouvait être nocif pour ses bronches, il vivait dans la terreur quotidienne du moindre microbe. On l’a dit snob, mais à la lecture de ces souvenirs on constate que s’il allait dans « le monde » c’était non seulement pour s’imprégner d’une époque qui disparaissait, mais également pour mieux observer les personnages qui l’entourait afin d’en décrire avec un sens aigu les traits de caractères, voire s’en gausser un peu. Quant à sa sensibilité exacerbée n'est-elle pas le propre des grands écrivains ? Alors bien sûr à la lecture de ce livre, on ne trouvera rien qui puisse porter ombrage au Dieu Marcel dont Céleste Albararet a dressé un autel à sa dévotion. Reste que ce livre, même s’il est partial, reste un témoignage de grande valeur, à mon sens, puisque qu'il est fait des souvenirs d’une personne qui a partagé l’intimité la plus grande avec l’écrivain, et qui l’a aimé d’un amour dévoué et totalement désintéressé.
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            • Colchik Posté le 3 Septembre 2017
              Voici la réédition des souvenirs de Céleste Albaret qui a accompagné Marcel Proust durant les huit dernières années de sa vie (1914-1922). Le témoignage de Céleste Albaret est essentiel à plusieurs titres. Tout d'abord, nous voyons comment l'écrivain échafaude son œuvre. Il me semble impossible de dissocier le mode de vie et de travail de Proust de l'élaboration et de la réalisation de La Recherche. Céleste insiste sur ses sorties, ou sur les visites qu'il reçoit, qui sont des vérifications sur le terrain et auprès de ses « sources » de tel ou tel détail, élément, souvenir. Ce qui importe est l'exactitude du trait dans ce qui est composé, non pas parce qu'il est réaliste, mais parce qu'il est plausible dans le construction-reconstruction de l'univers du narrateur. Ensuite, Céleste nous permet de voir l'obsession de l’œuvre et de son aboutissement chez Proust. Il sait que le temps lui est compté, il ne doute pas que la maladie l'emportera, à partir de ce double constat, il met toutes ses forces dans le travail, égrenant les jours comme un compte-à-rebours jusqu'au moment où il écrira le mot « fin » sur son manuscrit. Enfin, la gouvernante nous révèle aussi son travail d'assistante et éclaire le processus de stratification... Voici la réédition des souvenirs de Céleste Albaret qui a accompagné Marcel Proust durant les huit dernières années de sa vie (1914-1922). Le témoignage de Céleste Albaret est essentiel à plusieurs titres. Tout d'abord, nous voyons comment l'écrivain échafaude son œuvre. Il me semble impossible de dissocier le mode de vie et de travail de Proust de l'élaboration et de la réalisation de La Recherche. Céleste insiste sur ses sorties, ou sur les visites qu'il reçoit, qui sont des vérifications sur le terrain et auprès de ses « sources » de tel ou tel détail, élément, souvenir. Ce qui importe est l'exactitude du trait dans ce qui est composé, non pas parce qu'il est réaliste, mais parce qu'il est plausible dans le construction-reconstruction de l'univers du narrateur. Ensuite, Céleste nous permet de voir l'obsession de l’œuvre et de son aboutissement chez Proust. Il sait que le temps lui est compté, il ne doute pas que la maladie l'emportera, à partir de ce double constat, il met toutes ses forces dans le travail, égrenant les jours comme un compte-à-rebours jusqu'au moment où il écrira le mot « fin » sur son manuscrit. Enfin, la gouvernante nous révèle aussi son travail d'assistante et éclaire le processus de stratification dans la rédaction de La Recherche. Les anciens cahiers (ou cahiers noirs en raison de leur couverture en moleskine) au nombre de trente-deux et qui seront brûlés en 1916 ou 1917 sur la demande de l'écrivain représentaient peut-être le squelette de l’œuvre. Les nouveaux cahiers étaient ceux qui allaient constituer les manuscrits, sur lesquels Proust rédigeait, ajoutait, corrigeait, complétait, augmentés d'une masse considérable de papiers collés, les béquets (Céleste réfute le terme de « paperoles »). Les cahiers de notes et les carnets de notes complétaient le matériel nécessaire à l'auteur. La personnalité de Céleste est surprenante. Jamais l'expression « rentrer dans les ordres » ne pourrait être mieux incarnée par une laïque. Proust exige tout d'elle et, au lieu de se dissoudre dans une obéissance-esclavage, elle se constitue. Jamais servile, mais dévouée. Jamais intéressée, mais loyale. Jamais curieuse, mais attentive. Elle a été façonnée par Proust pour son service. Cependant, elle n'est réduite à aucun moment à un rôle de servante car elle est celle qui il renvoie son œuvre en composition comme un mur sur lequel vient sans cesse frapper une balle. Il lui parle, encore et encore, il lui raconte, il lui commente ses rencontres parce qu'elle lui offre une surface sur laquelle rebondir : elle écoute, sa réserve lui permet de se retirer en lui-même, puis de revenir vers elle pour tamiser ses impressions, ce qui lentement se décante pour l’œuvre. Céleste utilise souvent ce mot « tamiser » avec une justesse indéniable. Les mémoires de Céleste sont captivants, pour ce qu'ils nous restituent de « Monsieur Proust », mais la jeune femme qui se dessine dans son récit est aussi étonnante. Elle surprend, elle intrigue, on s'étonne de l'attachement qui la lie à Proust. J'y vois au moins deux raisons, l'une qu'elle évoque et l'autre qu'elle ne soulève pas – peut-être par pudeur ou gêne. Quand elle arrive à Paris, elle se sent seule, loin de sa mère aimée. Elle est entourée par sa belle-famille, cependant l'environnement de celle-ci ne lui plaît pas, le commerce, le café ne sont pas son affaire ni son goût. Elle a besoin d'autre chose et, elle l'avoue, elle ne sait rien faire. Proust lui offre un poste à profil particulier, qui n'a rien de compliqué si ce n'est l'attention et le soin qu'il exige. Elle s'y coule immédiatement, elle a besoin d'être guidée, suivie, accaparée sans cesse par ses tâches pour ne pas sombrer dans la mélancolie et la nostalgie de son pays, de sa famille. Proust lui offre une « occupation ». Par ailleurs, elle prend son service effectif quand Nicolas, le valet, et son mari Odilon sont mobilisés. Pendant, quatre ans, elle se fond dans l'intimité d'un homme qui n'est ni de sa famille, ni de sa classe sociale, ni de sa culture. Elle s'émancipe de son propre milieu. Elle apprend à téléphoner, à introduire des visiteurs souvent prestigieux, à porter des plis à des membres de l'aristocratie. Elle fait son apprentissage des codes de la haute société et de l'intelligentsia parisienne. Je suis étonnée de voir qu'elle connaît très bien les membres de l'une et de l'autre, et qu'elle a lu ou écouté Proust lui lire les ouvrages de certains poètes ou hommes de lettres. Comme elle a un sens aigu de l'observation, la volonté de bien faire, elle apprend vite. Comme elle ne doit rien oublier, elle a une excellente mémoire. Elle joue à « Nathanaël » avec l'écrivain, ce qui est une distraction peu commune pour les femmes de sa condition... La guerre lui a laissé le champ libre. Elle ne sera jamais plus une femme au foyer, encore moins une commerçante qui tient boutique (malgré les désirs de promotion sociale de son mari et de sa belle-famille pour qui « être à son compte » est le but ultime, et en dépit de l'hôtel de la rue des Canettes qu'elle tiendra un temps avec Odilon). Son mari rentre de la guerre malade et pourtant sa maladie ne sera jamais mise en balance face à celle de Marcel Proust. Elle n'envisage à aucun moment d'abandonner son service pour s'occuper de lui. D'après Céleste, il n'y a jamais eu discussion entre les époux sur le fait pour Céleste de rester ou non en place après le retour d'Odilon. Ce dernier vient s'installer dans sa chambre comme si sa place était « à côté » et non pas « avec » elle. Quel étrange couple où la vie conjugale semble aspirée par les soins apportés à « Monsieur » ! En 1918, Céleste a vingt-six ans, son comportement est celui d'une vieille gouvernante blanchie sous le harnais. La seule spontanéité qu'elle s'accorde est dans la répartie. La surprise que j'ai eue à la lecture des mémoires est que Céleste n'a rien reçu de Proust lui-même pour ce qui n'était plus depuis longtemps des services, mais un sacerdoce. Proust a toujours suivi la gestion de sa fortune, Céleste dit qu'il lisait chaque jour les journaux dont un journal financier. Il voyait ou écrivait à son banquier Horace Finaly. Il réglait les dépenses du ménage, d'ailleurs avancées par Céleste. Comment a-t-il pu omettre de lui laisser quelque chose alors qu'il savait sa fin proche ? Céleste dit qu'elle l'a découragé de lui laisser une lettre, ce qui sous-entend une libéralité probable. Proust aurait pu demander à son frère, à son banquier de prendre certaines dispositions pour elle. Je ne vois qu'une explication à ce fait étonnant : en toute fin, un bourgeois, sûr de son rang, de sa notoriété, de sa place dans la société se soucie moins de penser à une domestique qu'à sa gloire posthume. On pourrait plaider que justement parce qu'il ne la considérait pas comme une employée, il n'allait pas l'abaisser en lui faisant un legs. Cette explication ne tient pas pour moi parce qu'il avait « pensé » à lui faire un legs. Je crois qu'une personne qui a été gâtée toute son existence, choyée, adulée par certains, encensée par d'autres, a beaucoup de mal à se représenter la situation matérielle de quelqu'un de modeste. Il ne la voit pas vraiment, il ne l'anticipe tout simplement pas parce que cela ne fait pas partie de ses préoccupations habituelles. Il ne s'agit pas d'avarice, d'ingratitude, de mesquinerie, mais d'une projection impossible dans un monde qui lui est étranger. J'ai lu avec un énorme intérêt les souvenirs de Céleste Albaret, souvent touchée par sa générosité, sa franchise et sa loyauté à l'égard de Proust. Elle n'a rien de la Françoise de La Recherche, sa noblesse de cœur et son intelligence en ont fait une femme exceptionnelle.
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            • Catherine3 Posté le 28 Juin 2015
              Céleste Albaret, c'est un peu Félicité d "Un Coeur simple" de Gustave Flaubert chez Marcel Proust...
            • Corboland78 Posté le 5 Juillet 2014
              Céleste Albaret, née sous le nom Augustine Célestine Gineste le 17 mai 1891 à Auxillac (Lozère) et décédée le 25 avril 1984 à Montfort-L’amaury, était la servante dévouée de Marcel Proust. Le 28 mars 1913, Céleste Gineste épouse Odilon Albaret, chauffeur de taxi dont Marcel Proust est un client régulier. En 1914, par l'entremise de son mari, elle devient la toute jeune servante de l'écrivain et le restera jusqu’au décès de celui-ci en 1922. Sur les conseils du célèbre collectionneur et bibliophile Jacques Guérin, elle livre ses souvenirs, recueillis et mis en forme par le journaliste Georges Belmont, dans l'ouvrage Monsieur Proust paru en 1973. À la même époque, elle vend à Jacques Guérin plusieurs ouvrages que Marcel Proust lui avait offerts et qui figurent aujourd'hui parmi les trésors les plus recherchés des bibliophiles français. En hommage à une personnalité qui a participé intimement à l'histoire de la littérature et qui a grandement contribué à la préservation de ses textes, Céleste Albaret est faite commandeur de l'ordre des Arts et des Lettres. Dans sa Recherche du temps perdu, Marcel Proust a immortalisé sa gouvernante sous le nom de Françoise et dans Sodome et Gomorrhe, un personnage porte le nom de... Céleste Albaret, née sous le nom Augustine Célestine Gineste le 17 mai 1891 à Auxillac (Lozère) et décédée le 25 avril 1984 à Montfort-L’amaury, était la servante dévouée de Marcel Proust. Le 28 mars 1913, Céleste Gineste épouse Odilon Albaret, chauffeur de taxi dont Marcel Proust est un client régulier. En 1914, par l'entremise de son mari, elle devient la toute jeune servante de l'écrivain et le restera jusqu’au décès de celui-ci en 1922. Sur les conseils du célèbre collectionneur et bibliophile Jacques Guérin, elle livre ses souvenirs, recueillis et mis en forme par le journaliste Georges Belmont, dans l'ouvrage Monsieur Proust paru en 1973. À la même époque, elle vend à Jacques Guérin plusieurs ouvrages que Marcel Proust lui avait offerts et qui figurent aujourd'hui parmi les trésors les plus recherchés des bibliophiles français. En hommage à une personnalité qui a participé intimement à l'histoire de la littérature et qui a grandement contribué à la préservation de ses textes, Céleste Albaret est faite commandeur de l'ordre des Arts et des Lettres. Dans sa Recherche du temps perdu, Marcel Proust a immortalisé sa gouvernante sous le nom de Françoise et dans Sodome et Gomorrhe, un personnage porte le nom de Céleste Albaret. Au crépuscule de sa vie, Céleste Albaret 82 ans, plus qu’agacée par ce qui a été écrit ou dit sur Marcel Proust depuis son décès, décide de frapper du poing sur la table afin de rétablir la vérité. Sa vérité. Et il faut admettre qu’elle était certainement la mieux placée pour évoquer le grand écrivain, puisqu’elle avait vécu avec lui de 1913 à 1922 date de sa mort. Le contenu de l’ouvrage est franchement fascinant à tout point de vue ! Il l’est tout d’abord par la puissance mémorielle de la dame. Sans avoir tenu de journal (elle insiste plusieurs fois sur ce point), cinquante ans après les faits, elle se souvient dans les moindres détails, de ce qui s’est passé tel jour, de qui s’est présenté à l’appartement de Proust, ou plus fort encore, de quelles personnes Marcel Proust a rencontré lors de dîners ou de réceptions où elle n’était pas, mais que l’écrivain lui a raconté car il adorait papoter avec elle. Si le bouquin était sorti aujourd’hui, mon premier réflexe aurait été de douter… Servante, coursière, secrétaire, confidente, Céleste Albret partagea la vie de Proust dans l’appartement du boulevard Haussmann puis de la rue Hamelin à Paris. On connaît désormais la vie de reclus de l’écrivain, vivant la nuit et dormant (si peu) le jour « Longtemps je me suis couché de bonne heure » c’est-à-dire à 8h du matin, son asthme, ses manies voire sa maniaquerie, son œuvre rédigée du fond de son lit, un type qui ne mange qu’un café crème et un croissant par jour, on s’étonnera qu’il ne puisse pas sortir de son lit car trop fatigué ! Tout est parfaitement décrit ici et l’on en retire un portrait psychologique saisissant d’un homme qui semble avoir consacré son existence à un seul but, écrire son œuvre. « Il avait une haute idée de sa supériorité, tout en se gardant de le laisser voir » mais il savait être d’une extrême bonté et largesse avec les gens. Même ses caprices ( ?) quand il désire quelque chose immédiatement sont acceptés car demandés de telle manière que Céleste ne refuse jamais. Fabuleusement observateur, doté d’une mémoire infaillible, très calculateur aussi, toutes ses actions, ses sorties dans le monde, ne servent qu’à alimenter son imaginaire et ses livres. Quant à son homosexualité présumée, Céleste en doute, moi j’y vois plus certainement un homme asexué. J’ai parlé de bouquin fascinant car outre la personnalité de Marcel Proust, assez ahurissante à elle seule, on peut aussi s’interroger sur celle de Céleste Albaret. Une jeune femme arrivée de sa province qui tombera immédiatement sous le charme (dans le sens de surnaturel ?) de cet homme qui mène une vie complètement inconcevable, vivant la nuit dormant le jour, il ne supporte aucun bruit, aucune odeur, tout doit être à sa disposition dès qu’il réclame, tout cela étant le boulot de Céleste qui elle-même devra adopter ce rythme de vie et ces horaires décalés. Non seulement elle ne se plaint pas, mais elle adore cela, leurs rapports variant de mère/enfant « Oui, mais vous êtes beaucoup mieux à remplacer Maman auprès de moi » sauf qu’elle est beaucoup plus jeune que lui, à gourou/disciple dans un dévouement qui confère à l’aveuglement consenti. Elle seule sait de quoi et quand Marcel a besoin, c’est pourquoi elle sera sa « préférence » aurait chanté Julien Clerc. Leur couple symbiotique laisse sans voix. Parce que c’était elle, parce que c’était lui… Livre passionnant pour les admirateurs de l’écrivain, fascinant pour tous les autres. Et si l’on s’étonne de tant de précisions ou de contradictions minimes (il n’utilise pas la cheminée à cause de son asthme mais un jour il réclame « Chère Céleste, auriez-vous la bonté de mettre encore une bûche… » p. 323), nous sommes en présence d’un ouvrage de référence avec des informations de première main, même si l’objectivité doit être mesurée à l’aune de l’admiration de Céleste pour Monsieur Proust.
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