Lisez! icon: Search engine
Robert Laffont
EAN : 9782221145166
Façonnage normé : EPUB2
DRM : Watermark (Tatouage numérique)

Monsieur Proust

Georges BELMONT (Avec la collaboration de)
Collection : Documento
Date de parution : 13/03/2014

Ce livre capital apporte l’image, sortant de la plus fidèle des mémoires, d’un Proust unique de vérité.
Céleste Albaret fut la gouvernante et la seule confidente de Marcel Proust pendant les huit dernières années de son existence, durant lesquelles il acheva l’écriture de son chef-d’oeuvre − elle est d’ailleurs une des...

Ce livre capital apporte l’image, sortant de la plus fidèle des mémoires, d’un Proust unique de vérité.
Céleste Albaret fut la gouvernante et la seule confidente de Marcel Proust pendant les huit dernières années de son existence, durant lesquelles il acheva l’écriture de son chef-d’oeuvre − elle est d’ailleurs une des clefs du personnage de Françoise dans La Recherche. Jour après jour elle assista dans sa vie, son travail et son long martyre, ce grand malade génial qui se tua volontairement à la tâche. Après la mort de Proust en 1922, elle a longtemps refusé de livrer ses souvenirs. Puis, à quatre-vingt deux ans, elle a décidé de rendre ce dernier devoir à celui qui lui disait : « Ce sont vos belles petites mains qui me fermeront les yeux. »

Lire la suite
En lire moins
EAN : 9782221145166
Façonnage normé : EPUB2
DRM : Watermark (Tatouage numérique)

Ce qu'en pensent nos lecteurs sur Babelio

  • Levant Posté le 20 Août 2020
    Céleste Albaret avait été engagée en 1913 par Marcel Proust en qualité de « courrière », destinée donc sous cette appellation à porter à leurs destinataires sa correspondance. Elle est rapidement devenue sa confidente et lui voua une admiration telle qu'elle se laissa imposer par lui un mode de vie pour le moins assujettissant et décalé. Ce n'est que cinquante ans après la mort de Proust qu'elle confie à Georges Belmont ses souvenirs de la décennie passée dans l'intimité de celui-ci et consignés dans cet ouvrage. Pourquoi rompre le silence si jalousement entretenu et pourquoi si tard ? Laissons-la nous le dire elle-même : « Mais aujourd'hui, avant de quitter à mon tour ce monde, l'idée qu'il puisse subsister un doute ou un mensonge sur tout ce que j'ai vu, m'est devenue si intolérable que je voudrais qu'il soit dit une fois pour toute que les pages qui vont suivre, notamment, sont l'exacte véracité de ma mémoire, et que j'ai suffisamment réexaminé, contrôlé et revérifié les faits dans mon souvenir pour avoir la certitude de ma fidélité absolue à la réalité de ce qui fut. C'est un testament que j'écris ici, non pas un témoignage. » Les souvenirs de sa vie chez... Céleste Albaret avait été engagée en 1913 par Marcel Proust en qualité de « courrière », destinée donc sous cette appellation à porter à leurs destinataires sa correspondance. Elle est rapidement devenue sa confidente et lui voua une admiration telle qu'elle se laissa imposer par lui un mode de vie pour le moins assujettissant et décalé. Ce n'est que cinquante ans après la mort de Proust qu'elle confie à Georges Belmont ses souvenirs de la décennie passée dans l'intimité de celui-ci et consignés dans cet ouvrage. Pourquoi rompre le silence si jalousement entretenu et pourquoi si tard ? Laissons-la nous le dire elle-même : « Mais aujourd'hui, avant de quitter à mon tour ce monde, l'idée qu'il puisse subsister un doute ou un mensonge sur tout ce que j'ai vu, m'est devenue si intolérable que je voudrais qu'il soit dit une fois pour toute que les pages qui vont suivre, notamment, sont l'exacte véracité de ma mémoire, et que j'ai suffisamment réexaminé, contrôlé et revérifié les faits dans mon souvenir pour avoir la certitude de ma fidélité absolue à la réalité de ce qui fut. C'est un testament que j'écris ici, non pas un témoignage. » Les souvenirs de sa vie chez Proust, 102 boulevard Haussmann puis 44 rue Hamelin où il mourut en 1922, restent étonnamment précis si l'on en juge par leur retranscription dans cet ouvrage. Bien qu'elle regrette de n'avoir tenu aucun journal de cette décennie à assister un personnage handicapé par la maladie, jusqu'à satisfaire servilement ses moindres caprices, répondant de jour comme de nuit à la sonnette qui lui commandait de venir à son chevet. Il passait la plus grande partie de son temps au lit, à travailler comme un forcené à cette tâche qu'il s'était imposée, mettre le point final à l'imposant ouvrage bien connu des inconditionnels et auquel il ne survivra que quelques mois : A la recherche du temps perdu. C'est un témoignage capital pour connaître le personnage. Celui qu'André Gide avait qualifié de dandy mondain est sans doute présenté sous son jour le plus proche de la réalité. Celui d'un enfant gâté dont Céleste Albaret a fait de ses défauts des qualités tant elle a fait preuve à son endroit d'une abnégation aveugle difficilement compréhensible. Un ouvrage qui fait entendre une voix plus que lire un texte. Céleste Albaret se défend pourtant d'en faire un témoignage au profit d'une forme de correction de ce que la chronique a pu déformer, inventer pour compenser la part obscure du personnage cloîtré en sa chambre. On comprend à l'écouter à quel point la tâche que s'est imposée Proust est l'oeuvre d'une vie. Une vie qui ne débordera pas le temps de l'oeuvre, comme une mission confiée à cet être souffreteux : devenir pour la postérité l'illustrissime auteur de la Recherche, et accessoirement promoteur de la madeleine, ce petit gâteau en forme de coquillage quand on veut le faire évocateur de souvenirs. Reste qu'aujourd'hui on a du mal à concevoir qu'une personne puisse s'enticher d'un personnage qui présentait des côtés bien détestables au point de lui sacrifier sa vie. Faut-il qu'elle ait perçue chez lui ce fonds d'humanité qui lui a permis de dépeindre les personnages de son oeuvre, leurs caractères et comportements, toutes couches sociales confondues, avec la lucidité que lui attribuent ses fervents lecteurs ; dont je ne suis pas, mea culpa.
    Lire la suite
    En lire moins
  • Shabanou Posté le 27 Novembre 2018
    Bonjour les lecteurs ... Voici le témoignage de Céleste, gouvernante de Proust et qui a vécu les 8 dernières années de sa vie aux côtés de l'écrivain. Céleste va entrer au service de Marcel alors qu'elle n'a que 22 ans. Longtemps, elle a gardé le silence sur ses souvenirs. Ce n'est qu'à l'âge de plus de 80 ans qu'elle se décidera à raconter,à dévoiler le véritable Marcel. Céleste va se dévouer corps et âme pour l'écrivain .. disponible jusqu'à l'épuisement, acceptant l'attitude douce mais tyrannique de l'écrivain. Il lui impose un rythme de vie complètement décalé, a des exigences digne d'un despote. Céleste est dévouée, admirative ..devant ce " bourreau adorable " ( sic). Céleste est simple, naïve, d'une admiration sans bornes. On referme ce livre en étant complètement sidéré! Comment accepter une telle vie ? L'admiration de la gouvernante jusqu'à porter des oeillières et refuser l'évidence est souvent agaçante. Je n'ai jamais été une grande fan de Proust .. lire ce témoignage ne m'a que conforté au sujet du personnage. Mais la lecture reste néanmoins intéressante ...témoignage d'un temps révolu .
  • ChezVolodia Posté le 16 Octobre 2018
    Céleste Albaret qui fut la femme de confiance et confidente de Marcel Proust décide par l’intermédiaire de ce livre de remettre les pendules à l’heure. Car pour en dire des choses sur Mr Marcel, on en a dit et souvent inventées. Témoin privilégié et discret de l’intimité de son maître, elle l’aimait sans arrière pensée, d’un amour inconditionnel. Tyrannique, despotique, il lui arrivait d’appeler à toute heure du jour et/ou de la nuit pour qu’elle aille lui porter un pli, lui acheter tel ou tel produit chez tel fournisseur et pas un autre, à l’heure ou bien évidemment les magasins sont fermés. Reste qu'il était d'une grande gentillesse et d'une grande bonté. Ne supportant ni le bruit, ni la lumière, il vit (elle aussi par la même occasion) reclus dans un appartement dont les rideaux sont constamment fermés, et particulièrement dans sa chambre tapissée de liège pour insonoriser les bruits provenant du dehors, embrumée par les fumigations. Asthmatique véritable et non malade imaginaire comme certains ont aimé à le penser. Ne supportant pas les fleurs, le parfum, les plumes d’oreillers, et tout ce qui pouvait être nocif pour ses bronches, il vivait dans la terreur quotidienne du moindre... Céleste Albaret qui fut la femme de confiance et confidente de Marcel Proust décide par l’intermédiaire de ce livre de remettre les pendules à l’heure. Car pour en dire des choses sur Mr Marcel, on en a dit et souvent inventées. Témoin privilégié et discret de l’intimité de son maître, elle l’aimait sans arrière pensée, d’un amour inconditionnel. Tyrannique, despotique, il lui arrivait d’appeler à toute heure du jour et/ou de la nuit pour qu’elle aille lui porter un pli, lui acheter tel ou tel produit chez tel fournisseur et pas un autre, à l’heure ou bien évidemment les magasins sont fermés. Reste qu'il était d'une grande gentillesse et d'une grande bonté. Ne supportant ni le bruit, ni la lumière, il vit (elle aussi par la même occasion) reclus dans un appartement dont les rideaux sont constamment fermés, et particulièrement dans sa chambre tapissée de liège pour insonoriser les bruits provenant du dehors, embrumée par les fumigations. Asthmatique véritable et non malade imaginaire comme certains ont aimé à le penser. Ne supportant pas les fleurs, le parfum, les plumes d’oreillers, et tout ce qui pouvait être nocif pour ses bronches, il vivait dans la terreur quotidienne du moindre microbe. On l’a dit snob, mais à la lecture de ces souvenirs on constate que s’il allait dans « le monde » c’était non seulement pour s’imprégner d’une époque qui disparaissait, mais également pour mieux observer les personnages qui l’entourait afin d’en décrire avec un sens aigu les traits de caractères, voire s’en gausser un peu. Quant à sa sensibilité exacerbée n'est-elle pas le propre des grands écrivains ? Alors bien sûr à la lecture de ce livre, on ne trouvera rien qui puisse porter ombrage au Dieu Marcel dont Céleste Albararet a dressé un autel à sa dévotion. Reste que ce livre, même s’il est partial, reste un témoignage de grande valeur, à mon sens, puisque qu'il est fait des souvenirs d’une personne qui a partagé l’intimité la plus grande avec l’écrivain, et qui l’a aimé d’un amour dévoué et totalement désintéressé.
    Lire la suite
    En lire moins
  • Colchik Posté le 3 Septembre 2017
    Voici la réédition des souvenirs de Céleste Albaret qui a accompagné Marcel Proust durant les huit dernières années de sa vie (1914-1922). Le témoignage de Céleste Albaret est essentiel à plusieurs titres. Tout d'abord, nous voyons comment l'écrivain échafaude son œuvre. Il me semble impossible de dissocier le mode de vie et de travail de Proust de l'élaboration et de la réalisation de La Recherche. Céleste insiste sur ses sorties, ou sur les visites qu'il reçoit, qui sont des vérifications sur le terrain et auprès de ses « sources » de tel ou tel détail, élément, souvenir. Ce qui importe est l'exactitude du trait dans ce qui est composé, non pas parce qu'il est réaliste, mais parce qu'il est plausible dans le construction-reconstruction de l'univers du narrateur. Ensuite, Céleste nous permet de voir l'obsession de l’œuvre et de son aboutissement chez Proust. Il sait que le temps lui est compté, il ne doute pas que la maladie l'emportera, à partir de ce double constat, il met toutes ses forces dans le travail, égrenant les jours comme un compte-à-rebours jusqu'au moment où il écrira le mot « fin » sur son manuscrit. Enfin, la gouvernante nous révèle aussi son travail d'assistante et éclaire le processus de stratification... Voici la réédition des souvenirs de Céleste Albaret qui a accompagné Marcel Proust durant les huit dernières années de sa vie (1914-1922). Le témoignage de Céleste Albaret est essentiel à plusieurs titres. Tout d'abord, nous voyons comment l'écrivain échafaude son œuvre. Il me semble impossible de dissocier le mode de vie et de travail de Proust de l'élaboration et de la réalisation de La Recherche. Céleste insiste sur ses sorties, ou sur les visites qu'il reçoit, qui sont des vérifications sur le terrain et auprès de ses « sources » de tel ou tel détail, élément, souvenir. Ce qui importe est l'exactitude du trait dans ce qui est composé, non pas parce qu'il est réaliste, mais parce qu'il est plausible dans le construction-reconstruction de l'univers du narrateur. Ensuite, Céleste nous permet de voir l'obsession de l’œuvre et de son aboutissement chez Proust. Il sait que le temps lui est compté, il ne doute pas que la maladie l'emportera, à partir de ce double constat, il met toutes ses forces dans le travail, égrenant les jours comme un compte-à-rebours jusqu'au moment où il écrira le mot « fin » sur son manuscrit. Enfin, la gouvernante nous révèle aussi son travail d'assistante et éclaire le processus de stratification dans la rédaction de La Recherche. Les anciens cahiers (ou cahiers noirs en raison de leur couverture en moleskine) au nombre de trente-deux et qui seront brûlés en 1916 ou 1917 sur la demande de l'écrivain représentaient peut-être le squelette de l’œuvre. Les nouveaux cahiers étaient ceux qui allaient constituer les manuscrits, sur lesquels Proust rédigeait, ajoutait, corrigeait, complétait, augmentés d'une masse considérable de papiers collés, les béquets (Céleste réfute le terme de « paperoles »). Les cahiers de notes et les carnets de notes complétaient le matériel nécessaire à l'auteur. La personnalité de Céleste est surprenante. Jamais l'expression « rentrer dans les ordres » ne pourrait être mieux incarnée par une laïque. Proust exige tout d'elle et, au lieu de se dissoudre dans une obéissance-esclavage, elle se constitue. Jamais servile, mais dévouée. Jamais intéressée, mais loyale. Jamais curieuse, mais attentive. Elle a été façonnée par Proust pour son service. Cependant, elle n'est réduite à aucun moment à un rôle de servante car elle est celle qui il renvoie son œuvre en composition comme un mur sur lequel vient sans cesse frapper une balle. Il lui parle, encore et encore, il lui raconte, il lui commente ses rencontres parce qu'elle lui offre une surface sur laquelle rebondir : elle écoute, sa réserve lui permet de se retirer en lui-même, puis de revenir vers elle pour tamiser ses impressions, ce qui lentement se décante pour l’œuvre. Céleste utilise souvent ce mot « tamiser » avec une justesse indéniable. Les mémoires de Céleste sont captivants, pour ce qu'ils nous restituent de « Monsieur Proust », mais la jeune femme qui se dessine dans son récit est aussi étonnante. Elle surprend, elle intrigue, on s'étonne de l'attachement qui la lie à Proust. J'y vois au moins deux raisons, l'une qu'elle évoque et l'autre qu'elle ne soulève pas – peut-être par pudeur ou gêne. Quand elle arrive à Paris, elle se sent seule, loin de sa mère aimée. Elle est entourée par sa belle-famille, cependant l'environnement de celle-ci ne lui plaît pas, le commerce, le café ne sont pas son affaire ni son goût. Elle a besoin d'autre chose et, elle l'avoue, elle ne sait rien faire. Proust lui offre un poste à profil particulier, qui n'a rien de compliqué si ce n'est l'attention et le soin qu'il exige. Elle s'y coule immédiatement, elle a besoin d'être guidée, suivie, accaparée sans cesse par ses tâches pour ne pas sombrer dans la mélancolie et la nostalgie de son pays, de sa famille. Proust lui offre une « occupation ». Par ailleurs, elle prend son service effectif quand Nicolas, le valet, et son mari Odilon sont mobilisés. Pendant, quatre ans, elle se fond dans l'intimité d'un homme qui n'est ni de sa famille, ni de sa classe sociale, ni de sa culture. Elle s'émancipe de son propre milieu. Elle apprend à téléphoner, à introduire des visiteurs souvent prestigieux, à porter des plis à des membres de l'aristocratie. Elle fait son apprentissage des codes de la haute société et de l'intelligentsia parisienne. Je suis étonnée de voir qu'elle connaît très bien les membres de l'une et de l'autre, et qu'elle a lu ou écouté Proust lui lire les ouvrages de certains poètes ou hommes de lettres. Comme elle a un sens aigu de l'observation, la volonté de bien faire, elle apprend vite. Comme elle ne doit rien oublier, elle a une excellente mémoire. Elle joue à « Nathanaël » avec l'écrivain, ce qui est une distraction peu commune pour les femmes de sa condition... La guerre lui a laissé le champ libre. Elle ne sera jamais plus une femme au foyer, encore moins une commerçante qui tient boutique (malgré les désirs de promotion sociale de son mari et de sa belle-famille pour qui « être à son compte » est le but ultime, et en dépit de l'hôtel de la rue des Canettes qu'elle tiendra un temps avec Odilon). Son mari rentre de la guerre malade et pourtant sa maladie ne sera jamais mise en balance face à celle de Marcel Proust. Elle n'envisage à aucun moment d'abandonner son service pour s'occuper de lui. D'après Céleste, il n'y a jamais eu discussion entre les époux sur le fait pour Céleste de rester ou non en place après le retour d'Odilon. Ce dernier vient s'installer dans sa chambre comme si sa place était « à côté » et non pas « avec » elle. Quel étrange couple où la vie conjugale semble aspirée par les soins apportés à « Monsieur » ! En 1918, Céleste a vingt-six ans, son comportement est celui d'une vieille gouvernante blanchie sous le harnais. La seule spontanéité qu'elle s'accorde est dans la répartie. La surprise que j'ai eue à la lecture des mémoires est que Céleste n'a rien reçu de Proust lui-même pour ce qui n'était plus depuis longtemps des services, mais un sacerdoce. Proust a toujours suivi la gestion de sa fortune, Céleste dit qu'il lisait chaque jour les journaux dont un journal financier. Il voyait ou écrivait à son banquier Horace Finaly. Il réglait les dépenses du ménage, d'ailleurs avancées par Céleste. Comment a-t-il pu omettre de lui laisser quelque chose alors qu'il savait sa fin proche ? Céleste dit qu'elle l'a découragé de lui laisser une lettre, ce qui sous-entend une libéralité probable. Proust aurait pu demander à son frère, à son banquier de prendre certaines dispositions pour elle. Je ne vois qu'une explication à ce fait étonnant : en toute fin, un bourgeois, sûr de son rang, de sa notoriété, de sa place dans la société se soucie moins de penser à une domestique qu'à sa gloire posthume. On pourrait plaider que justement parce qu'il ne la considérait pas comme une employée, il n'allait pas l'abaisser en lui faisant un legs. Cette explication ne tient pas pour moi parce qu'il avait « pensé » à lui faire un legs. Je crois qu'une personne qui a été gâtée toute son existence, choyée, adulée par certains, encensée par d'autres, a beaucoup de mal à se représenter la situation matérielle de quelqu'un de modeste. Il ne la voit pas vraiment, il ne l'anticipe tout simplement pas parce que cela ne fait pas partie de ses préoccupations habituelles. Il ne s'agit pas d'avarice, d'ingratitude, de mesquinerie, mais d'une projection impossible dans un monde qui lui est étranger. J'ai lu avec un énorme intérêt les souvenirs de Céleste Albaret, souvent touchée par sa générosité, sa franchise et sa loyauté à l'égard de Proust. Elle n'a rien de la Françoise de La Recherche, sa noblesse de cœur et son intelligence en ont fait une femme exceptionnelle.
    Lire la suite
    En lire moins
  • Catherine3 Posté le 28 Juin 2015
    Céleste Albaret, c'est un peu Félicité d "Un Coeur simple" de Gustave Flaubert chez Marcel Proust...
ABONNEZ-VOUS À LA NEWSLETTER DE ROBERT LAFFONT
Les Éditions Robert Laffont publient de la littérature française et étrangère, des biographies, des témoignages, des mémoires, des romans policiers et d'espionnage, des livres de spiritualité ou encore des livres pratiques.
Chaque mois, recevez toutes les actualités de la maison en vous abonnant à notre newsletter.