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Robert Laffont
EAN : 9782221191804
Façonnage normé : POCHE
Nombre de pages : 1312
Format : 122 x 182 mm

Le Chant du bourreau

Jean ROSENTHAL (Traducteur)
Collection : Pavillons Poche
Date de parution : 23/03/2016

À trente-cinq ans, Gary Gilmore, issu d’une famille de mormons, a passé plus de temps en prison qu’en liberté. En juillet 1976, alors qu’il est en conditionnelle, il attaque une station-service et un motel pour quelques dollars dans la caisse et abat deux hommes. Arrêté, il est condamné à mort....

À trente-cinq ans, Gary Gilmore, issu d’une famille de mormons, a passé plus de temps en prison qu’en liberté. En juillet 1976, alors qu’il est en conditionnelle, il attaque une station-service et un motel pour quelques dollars dans la caisse et abat deux hommes. Arrêté, il est condamné à mort. Après son procès, il pourrait faire appel pour que sa peine soit commuée en prison à vie, mais il refuse tout recours en grâce. Il va même plus loin en se battant pour hâter son exécution, qui aura lieu le 17 janvier 1977, au pénitencier de l’Utah. En refusant l’appel, il a choisi la gloire.
Comme le reste de l’Amérique, que fascinent les antihéros du gabarit de Gilmore, Norman Mailer se passionne pour son histoire à la fois banale et extraordinaire et l’immortalise dans ce qui restera l’un des chefs-d’oeuvre du « nouveau journalisme ». Le Chant du bourreau lui vaudra de recevoir le prix Pulitzer.

« Le chef-d’oeuvre absolu de Norman Mailer. » François Busnel, L’Express Livres

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EAN : 9782221191804
Façonnage normé : POCHE
Nombre de pages : 1312
Format : 122 x 182 mm

Ce qu'en pensent nos lecteurs sur Babelio

  • AnitaMillot Posté le 11 Novembre 2020
    1976 – Gary Gilmore sort de prison (après une très lourde peine) en libération conditionnelle, grâce à l’aide de ses cousines Brenda et Toni et de ses oncle et tante, Ida et Vern qui vont lui fournir un travail. À plus de trente-cinq ans, il a passé la moitié de sa vie derrière les barreaux. Mais le quotidien avec cet ancien détenu, colérique, brutal, alcoolique de surcroit et horriblement vulgaire, n’est pas vraiment une partie de plaisir pour ses proches … Gary tombe rapidement amoureux fou de Nicole, dix-neuf ans, mère depuis l’âge de quinze ans. Une jeune femme perturbée qui pourrait pratiquement être sa fille … Il va s’installer chez elle et ses deux enfants, à Spanish Fork. Deux paumés qui croyaient aveuglément au karma et s’étaient enfin trouvés, pour le meilleur et surtout pour le pire. Une idylle passionnelle qui sera de courte durée. L’instabilité de Nicole, la violence et la jalousie destructrice de Gary en viendront rapidement à bout … Et puis, le drame en juillet de la même année, le jour ou Max Jensen croisera la route de Gary Gilmore dans une station service … Idem pour Ben Bushnell qui tenait un motel, et le surprendra en... 1976 – Gary Gilmore sort de prison (après une très lourde peine) en libération conditionnelle, grâce à l’aide de ses cousines Brenda et Toni et de ses oncle et tante, Ida et Vern qui vont lui fournir un travail. À plus de trente-cinq ans, il a passé la moitié de sa vie derrière les barreaux. Mais le quotidien avec cet ancien détenu, colérique, brutal, alcoolique de surcroit et horriblement vulgaire, n’est pas vraiment une partie de plaisir pour ses proches … Gary tombe rapidement amoureux fou de Nicole, dix-neuf ans, mère depuis l’âge de quinze ans. Une jeune femme perturbée qui pourrait pratiquement être sa fille … Il va s’installer chez elle et ses deux enfants, à Spanish Fork. Deux paumés qui croyaient aveuglément au karma et s’étaient enfin trouvés, pour le meilleur et surtout pour le pire. Une idylle passionnelle qui sera de courte durée. L’instabilité de Nicole, la violence et la jalousie destructrice de Gary en viendront rapidement à bout … Et puis, le drame en juillet de la même année, le jour ou Max Jensen croisera la route de Gary Gilmore dans une station service … Idem pour Ben Bushnell qui tenait un motel, et le surprendra en flagrant délit de cambriolage … Les experts psychiatres diront de lui qu’il a une intelligence supérieure, doublée d’une grande culture littéraire, bien qu’il soit incontestablement un psychopathe antisocial. Gary Gilmore qui croit à la réincarnation n’aura de cesse d’être exécuté afin de mettre fin à son existence ratée (ainsi un nouveau passage sur cette terre lui redonnerait toutes ses chances …) Norman Mailer a produit (quelques années après ce drame) un travail de fourmi, une documentation monumentale. Tout y est décortiqué, analysé : l’enfance de Gary Gilmore, de ses cousines, de Bessie sa mère, de Nicole également. Sans oublier les deux victimes. L’état d’esprit de chaque protagoniste, un millier de petits détails afin de tenter d’expliquer l’inexplicable. D’être au plus proche des faits en restant le plus neutre possible, n’épargnant ni Gary, ni Nicole, pas plus que les politiques et les journalistes qui ne se conduisirent pas toujours de façon très noble, dans ce « fait divers » hors norme … Gary Gilmore, qui écrivait d’aussi belles lettres d’amour à Nicole et pourtant lui demandait de se suicider pour n’appartenir à aucun autre homme après son exécution (et ainsi pouvoir bénéficier d’un karma en même temps que lui) restera à tout jamais une véritable énigme. Un très beau texte de ce grand écrivain qu’était Norman Mailer, parfois très cru, parfois extrêmement noir et désespéré, qui ne peut en tout cas laisser personne indifférent.
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  • camati Posté le 13 Janvier 2020
    J'ai découvert le Chant du Bourreau, peu après sa parution en version française (1980) dans un gîte de vacances. Comme il « pèse » 1300 pages environ, je n'ai pas eu le temps de le finir. Mais il est toujours resté dans un coin de ma tête aussi lorsque je l'ai vu chez un vendeur d'occasion, il y a quelques mois, je l'ai acheté sans même réfléchir. Le début m'a paru un peu long cette fois-ci, probablement parce que je n'avais pas encore pénétré dans le coeur du sujet, si l'on en croit la quatrième de couverture. En effet, Norman Mailer nous raconte la vie de Gary Gilmore par le menu depuis son enfance. C'est un personnage ambivalent, à la fois doux, tendre, aimant, attachant, et brutal, agressif, voleur, effrayant. Bref un personnage aux diverses facettes mais dont on sent, dès les premières pages, qu'il est condamné. Quand il est libéré sur parole au début du roman, il est marqué par l'épreuve pour toujours car il a déjà passé la moitié de sa vie en prison. Il trouve pourtant du soutien chez Brenda, sa cousine et amie d'enfance, mais même chez elle, la foi en Gary vacille. Plus tard, quand Gary se retrouve... J'ai découvert le Chant du Bourreau, peu après sa parution en version française (1980) dans un gîte de vacances. Comme il « pèse » 1300 pages environ, je n'ai pas eu le temps de le finir. Mais il est toujours resté dans un coin de ma tête aussi lorsque je l'ai vu chez un vendeur d'occasion, il y a quelques mois, je l'ai acheté sans même réfléchir. Le début m'a paru un peu long cette fois-ci, probablement parce que je n'avais pas encore pénétré dans le coeur du sujet, si l'on en croit la quatrième de couverture. En effet, Norman Mailer nous raconte la vie de Gary Gilmore par le menu depuis son enfance. C'est un personnage ambivalent, à la fois doux, tendre, aimant, attachant, et brutal, agressif, voleur, effrayant. Bref un personnage aux diverses facettes mais dont on sent, dès les premières pages, qu'il est condamné. Quand il est libéré sur parole au début du roman, il est marqué par l'épreuve pour toujours car il a déjà passé la moitié de sa vie en prison. Il trouve pourtant du soutien chez Brenda, sa cousine et amie d'enfance, mais même chez elle, la foi en Gary vacille. Plus tard, quand Gary se retrouve en prison de façon définitive (pour meurtre), il dit qu'il mérite d'être exécuté et n'a pas envie de combattre. On pourrait croire qu'il est lucide et regrette ses actes , mais par ailleurs il n'hésite pas à demander à Nicole, son amie, mère de deux jeunes enfants, de ne pas avoir un autre homme dans sa vie et de le suivre dans la mort, en se suicidant. Gary est intelligent et apparaît ici comme un manipulateur ; il faut préciser que Nicole l'avait quitté et leur relation était toute jeune. Les points soulevés par ce roman sont nombreux : l'exploitation faite par les journalistes, entre autres, de cette affaire sur plusieurs plans, la réinsertion quasi-impossible de quelqu'un qui a passé plus de temps en prison que dehors, la relation amoureuse entre une très jeune femme et un meurtrier, les problèmes financiers des uns et des autres, l'alcool, la drogue, etc… Des longueurs parfois, quelques passages confus, probablement à cause de la traduction qui accuse quelques maladresses, mais dans l'ensemble un livre riche et qui interroge. En effet, si l'écriture de ce roman a nécessité 1300 pages, cela prouve bien que l'on ne peut pas trancher la question de la peine capitale aussi facilement que certains le prétendent. On y entend le doute, les interrogations, aussi bien sur le « bienfait » de cette sentence que ses dérives possibles. La peine capitale « redresse-t-elle » le condamné ? Protège-t-elle la société ? Sert-elle d'arme de dissuasion ? Est-elle plus punitive ou formatrice que la condamnation à perpétuité ? Est-elle moralement acceptable alors que notre civilisation se fonde sur l'un des préceptes bibliques « Tu ne tueras point » ? Et bien d'autres questions encore, que se posent non seulement les adversaires de la peine de mort, mais également ses partisans, notamment à force de côtoyer le prévenu en prison ? Sa mort ressuscitera-t-elle les victimes ? Est-ce une vengeance ? Ou, pour utiliser les termes de l'auteur, s'agit-il d'un homicide judiciaire, légal ? Bref un débat sociétal et personnel qu'on ne peut conclure en un claquement de doigt. A ne pas lire à un moment où vous avez plus envie de vous détendre qu'autre chose, mais c'est à mon avis un livre qu'il faut avoir lu et qui ne peut laisser indifférent ; la fin , en particulier, est très émouvante ; je vous laisse découvrir pourquoi.
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  • oiseaulire Posté le 16 Décembre 2019
    Récit circonstancié et passionnant d'un fait divers : Gary Gilmore assassina le 20 juillet 1976 Max Jensen, employé d'une station service et Bennie Bushnell, employé d'un motel, à Provo (Utah) : tous deux étaient des étudiants mariés et pères d'un jeune enfant. Il fut condamné à mort et milita pour sa propre exécution alors que tous voulaient commuer sa peine en détention à perpétuité. Le style de ce livre est très américain dans le bon sens du terme, c'est-à-dire avec une distanciation qui ne nuit pas à l'immersion totale du lecteur dans l'histoire des personnages. Alors pourquoi l'ai-je abandonné (pour l'instant...), et pourquoi en faire une critique ? Cela tient à moi et à mon programme de lectures. A mon âge on voudrait tout étreindre, et ce livre est très très long (1300 pages). Et puis, comme dit Michel Audiard "Ce n'est pas parce qu'on n'a rien à dire qu'il faut fermer sa g..." J'ai visionné une vidéo que je conseille : on y rencontre en vrai Gary Gilmore, sa proche famille et son amie Nicole Barrett : ce que l'on ressent au cours des scènes filmées et des interview est tout-à-fait conforme à ce qu'a su si bien rendre Norman Mailer, lequel a voulu faire... Récit circonstancié et passionnant d'un fait divers : Gary Gilmore assassina le 20 juillet 1976 Max Jensen, employé d'une station service et Bennie Bushnell, employé d'un motel, à Provo (Utah) : tous deux étaient des étudiants mariés et pères d'un jeune enfant. Il fut condamné à mort et milita pour sa propre exécution alors que tous voulaient commuer sa peine en détention à perpétuité. Le style de ce livre est très américain dans le bon sens du terme, c'est-à-dire avec une distanciation qui ne nuit pas à l'immersion totale du lecteur dans l'histoire des personnages. Alors pourquoi l'ai-je abandonné (pour l'instant...), et pourquoi en faire une critique ? Cela tient à moi et à mon programme de lectures. A mon âge on voudrait tout étreindre, et ce livre est très très long (1300 pages). Et puis, comme dit Michel Audiard "Ce n'est pas parce qu'on n'a rien à dire qu'il faut fermer sa g..." J'ai visionné une vidéo que je conseille : on y rencontre en vrai Gary Gilmore, sa proche famille et son amie Nicole Barrett : ce que l'on ressent au cours des scènes filmées et des interview est tout-à-fait conforme à ce qu'a su si bien rendre Norman Mailer, lequel a voulu faire de son livre un rival en mieux du livre "De sang froid" de Truman Capote. https://www.dailymotion.com/video/x3dot4j Gary Gilmore fit deux victimes directes et cinq indirectes : Max Jensen et Benny Bushnell, qu'il tua sans autre raison que la rage accumulée en lui et sans qu'ils soient le moins du monde concernés ; leurs épouses devenues veuves ; leurs jeunes enfants, devenus orphelins ; et lui-même. C'est la tragédie d'un homme à l'enfance martyrisée, qui passa de longues années en prison pour des délits mineurs et indiscipline majeure, qui se cultiva, exerça des talents artistiques de peintre incontestables, mais qui ne supportait plus la prison, ni ses propres actes et suffisamment lucide pour se savoir exposé à la récidive. Un homme qui se considérait lui-même comme un être nuisible et qui supplia la société de se protéger et de le délivrer de lui-même. Les personnes qui assistèrent à son exécution témoignèrent que les instants qui précédèrent sa mort le virent joyeux, chaleureux et plein d'humour.
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  • Derfuchs Posté le 9 Octobre 2019
    Une histoire d'amour américaine : C'est l'amour vache ! Nicole quitte Gary parce qu'il la frappait. Elle a raison ! Lorsqu'ils sont appelés à moins se voir, par la force des choses, tout va bien. Incompatibilité d'humeur ? On s'aime mais pas en vivant ensemble. Oui, certainement. La suite lui donnera raison. Gilmore, Gary, double assassin. Histoire qui fascina l'Amérique à son époque. Norman Mailer et son livre : Juger un livre ayant eu autant de récompenses est bien prétentieux, disons que, sans juger, je dis ce que je pense de l'exercice de style de M. Mailer. Excellent tout au long du livre I, le récit tombe platement lorsqu'il s'agit de maquignonner les droits d'écriture et d'images (qui se soucie de la jeunesse de rugbyman de l'un, de la chiasse de l'autre...). J'aurais écrit : Schiller a obtenu les droits d'écriture et d'images de l'histoire de Gary, (Mailer nous aurait épargné 200 pages inutiles, cependant bien écrites.), tout le monde se fout des droits de l'histoire des victimes. C'est suffisant.Ensuite, les gros sous débattus, le roman reprend son rythme et son intérêt revient. Le style de Mailer est, indéniablement, celui d'un écrivain de grand talent. Il n'est pas alambiqué mais terriblement tranquille, très descriptif, journalistique, sans que ce... Une histoire d'amour américaine : C'est l'amour vache ! Nicole quitte Gary parce qu'il la frappait. Elle a raison ! Lorsqu'ils sont appelés à moins se voir, par la force des choses, tout va bien. Incompatibilité d'humeur ? On s'aime mais pas en vivant ensemble. Oui, certainement. La suite lui donnera raison. Gilmore, Gary, double assassin. Histoire qui fascina l'Amérique à son époque. Norman Mailer et son livre : Juger un livre ayant eu autant de récompenses est bien prétentieux, disons que, sans juger, je dis ce que je pense de l'exercice de style de M. Mailer. Excellent tout au long du livre I, le récit tombe platement lorsqu'il s'agit de maquignonner les droits d'écriture et d'images (qui se soucie de la jeunesse de rugbyman de l'un, de la chiasse de l'autre...). J'aurais écrit : Schiller a obtenu les droits d'écriture et d'images de l'histoire de Gary, (Mailer nous aurait épargné 200 pages inutiles, cependant bien écrites.), tout le monde se fout des droits de l'histoire des victimes. C'est suffisant.Ensuite, les gros sous débattus, le roman reprend son rythme et son intérêt revient. Le style de Mailer est, indéniablement, celui d'un écrivain de grand talent. Il n'est pas alambiqué mais terriblement tranquille, très descriptif, journalistique, sans que ce soit péjoratif. Les phrases sont courtes, les dialogues incisifs, l'intrigue pensé, prenante et bien menée. J'ai été moins emballé que par "De sang froid" de Capote ou "Un tueur si proche" de Ann Rule.
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  • mimipinson Posté le 9 Août 2019
    « J’ai toujours été capable de tuer, dit Gilmore. Il y a une partie de moi-même que je n’aime pas. Par moment je peux être totalement dénué de sentiment pour autrui, tout à fait insensible. Je sais que je suis en train de commettre quelque chose d’affreux, mais je continue et je le fais. » Passionnant d’un bout à l’autre, c’est avec une certaine nostalgie que j’en ai achevé la lecture ; et ce malgré ses 1300 pages ! Il y a quelques années de cela, j’avais déjà été subjuguée par le tristement célèbre Gary Gilmore ausculté du point de vue de son frère cadet Mikal Gilmore dans le remarquable #8243; Un long silence #8246;. Et forcément, j’ai assez eu vite envie d’aborder l’ouvrage de Norman Mailer qui lui valu son second Prix Pulitzer. Ce document est une œuvre journalistique exhaustive qui reprend de manière chronologique la vie et la mort de Gary Gilmore sous tous les angles possibles. On y retrouve donc sa famille, proches et moins proches, ses femmes et surtout celle qu’il a aimée envers et contre tout, ses juges et la presse qui a tourné autour de l’affaire de loin comme de près. Pour faire un bref rappel des faits,... « J’ai toujours été capable de tuer, dit Gilmore. Il y a une partie de moi-même que je n’aime pas. Par moment je peux être totalement dénué de sentiment pour autrui, tout à fait insensible. Je sais que je suis en train de commettre quelque chose d’affreux, mais je continue et je le fais. » Passionnant d’un bout à l’autre, c’est avec une certaine nostalgie que j’en ai achevé la lecture ; et ce malgré ses 1300 pages ! Il y a quelques années de cela, j’avais déjà été subjuguée par le tristement célèbre Gary Gilmore ausculté du point de vue de son frère cadet Mikal Gilmore dans le remarquable #8243; Un long silence #8246;. Et forcément, j’ai assez eu vite envie d’aborder l’ouvrage de Norman Mailer qui lui valu son second Prix Pulitzer. Ce document est une œuvre journalistique exhaustive qui reprend de manière chronologique la vie et la mort de Gary Gilmore sous tous les angles possibles. On y retrouve donc sa famille, proches et moins proches, ses femmes et surtout celle qu’il a aimée envers et contre tout, ses juges et la presse qui a tourné autour de l’affaire de loin comme de près. Pour faire un bref rappel des faits, nous sommes au milieu des années 70, Gilmore alors âgé de 35 ans est en liberté conditionnelle après un long parcours judiciaire et carcéral. A peine quelques mois plus tard il se rend coupable de deux meurtres pour lesquels il sera condamné à mort. Le hic de l’histoire, c’est que, primo, l’Utah (terre des Mormons, un détail qui aura son importance pour la suite) n’applique plus la peine capitale, et, secundo le condamné va refuser catégoriquement tout recours pour commuer sa peine, tout appel et fera tout pour être mis à mort. Gilmore est #8243;l’homme qui voulait mourir #8246; « Pour l’instant je suis prisonnier de mon corps. Je suis enfermé en moi-même. C’est pire que la prison. » Norman Mailer fait donc ici une photographie quasiment minute par minute de tout ce qui s’est passé autour de cette affaire. Il met en lumière le système judiciaire compliqué des Etats Unis du en partie à la coexistence d’un système propre à chaque état et des grands principes ayant la primauté sur les lois de chaque état. Mailer met également en lumière un état dans l’état : la presse et toutes les manigances des journalistes indépendants comme des grands groupes, chacun à la recherche de l’exclusivité. Mailer laisse une large place à l’environnement familial et intime. Il y a beaucoup de lettres entre Gilmore et Nicole, celle qui était prête à mourir en même temps que lui. Dans cet état mormon, il faut aussi souligner le rôle des abolitionnistes dans cette véritable course contre la montre que Gilmore finira par gagner. Dénué d’affect, avec malgré tout une évidente opposition de l’auteur à la peine de mort, ce livre se lit comme un ouvrage journalistique parfaitement écrit et redoutablement et diversement documenté. Certes le #8246;morceau #8243; peut effrayer : 1300 pages, et un certain poids dans la main. Mais il est très abordable, passionnant ; et pour peu que l’on ait un peu de temps devant soi et l’esprit suffisamment libéré du quotidien, il n’y a aucune raison de ne pas en venir à bout !
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