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        Les Coiffes rouges

        Pocket
        EAN : 9782266253529
        Code sériel : 16086
        Façonnage normé : POCHE
        Nombre de pages : 576
        Format : 108 x 177 mm
        Les Coiffes rouges

        Date de parution : 16/04/2015
        Cent ans avant les « bonnets rouges », découvrez la révolte des Penn Sardin, les sardinières de Douarnenez…
        1924. Épouses, filles, mères de marins, elles sont toutes Penn Sardin à la conserverie Guéret sur le port de Douarnenez. Chaque jour, sous les ordres des contremaîtresses, elles s’échinent à une cadence infernale pour un salaire de misère. Parfois dures entre elles, les sardinières restent cependant solidaires et aucune n’a... 1924. Épouses, filles, mères de marins, elles sont toutes Penn Sardin à la conserverie Guéret sur le port de Douarnenez. Chaque jour, sous les ordres des contremaîtresses, elles s’échinent à une cadence infernale pour un salaire de misère. Parfois dures entre elles, les sardinières restent cependant solidaires et aucune n’a oublié la vieille Clopine, mise à la porte et qui attend son heure, patiente.
        Un matin, avec tout l’éclat et l’insolence de sa jeunesse, surgit Dolorès. Bientôt, le destin la conduira à embrasser la révolte et battre le pavé rouge avec ses camarades.

        « Ce beau portrait de femme est aussi un témoignage émouvant de la condition ouvrière, il y a cent ans, et fait revivre avec moult détails cette Bretagne des années 1920. »
        Corinne Abjean – Le Télégramme
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        EAN : 9782266253529
        Code sériel : 16086
        Façonnage normé : POCHE
        Nombre de pages : 576
        Format : 108 x 177 mm
        Pocket
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        Ce qu'en pensent nos lecteurs sur Babelio

        • paulmaugendre Posté le 29 Mars 2018
          La sardine est à Douarnenez ce que sont les Bêtises à Cambrai, la Bergamote à Nancy et les Tomates à Marmande. A la différence près que ces petites bêtes se présentent par millions en mer un jour et que le lendemain elles ont disparu comme par enchantement. Peut-être noyées. Les premiers à ressentir cette défection sont bien sûr les pêcheurs qui comptent sur la manne maritime pour nourrir la famille. Ensuite les ouvrières des conserveries car pas de poisson, pas de travail. Et lorsqu'il y en trop de sardines, jamais assez pour les patrons, comme les ouvrières sont payées à l'heure au lieu du mille de sardines depuis les grèves de 1905, il ne faut pas traînailler, la contremaîtresse est là pour activer le mouvement. Dolorès Marquez est fille de pêcheur. Son père espagnol d'origine, Diego, s'est échoué sur la côte et s'est pris dans les filets des yeux de la belle Marie. Ils se sont mariés et n'ont eu que Dolorès comme enfant. Mais quelle enfant. Rousse au teint mat, un anachronisme qui n'est pas rédhibitoire pour ses consoeurs. Car Diégo a réussi à faire embaucher sa fille chez Monsieur Guéret où elle est employée au tri lors de la réception... La sardine est à Douarnenez ce que sont les Bêtises à Cambrai, la Bergamote à Nancy et les Tomates à Marmande. A la différence près que ces petites bêtes se présentent par millions en mer un jour et que le lendemain elles ont disparu comme par enchantement. Peut-être noyées. Les premiers à ressentir cette défection sont bien sûr les pêcheurs qui comptent sur la manne maritime pour nourrir la famille. Ensuite les ouvrières des conserveries car pas de poisson, pas de travail. Et lorsqu'il y en trop de sardines, jamais assez pour les patrons, comme les ouvrières sont payées à l'heure au lieu du mille de sardines depuis les grèves de 1905, il ne faut pas traînailler, la contremaîtresse est là pour activer le mouvement. Dolorès Marquez est fille de pêcheur. Son père espagnol d'origine, Diego, s'est échoué sur la côte et s'est pris dans les filets des yeux de la belle Marie. Ils se sont mariés et n'ont eu que Dolorès comme enfant. Mais quelle enfant. Rousse au teint mat, un anachronisme qui n'est pas rédhibitoire pour ses consoeurs. Car Diégo a réussi à faire embaucher sa fille chez Monsieur Guéret où elle est employée au tri lors de la réception des poissons, une place située tout en bas de l'échelle des ouvrières, en compagnie de gamines plus jeunes qu'elle. Sa beauté farouche attire l'attention de La Murène, la contremaîtresse, ce qui ne manque pas de déclencher l'ironie et les sarcasmes chez ses collègues. La Murène est, à tort ou à raison, soupçonnée de préférer les femmes aux hommes. cario4.pngEn sortant de l'usine, Dolorès remarque la Clopine, surnommée ainsi à cause de son pied-bot. La vieille femme avait eu le tort d'être à la pointe des grèves de 1905, et elle avait été licenciée, son nom écrit à l'encre rouge sur les carnets d'embauche des usiniers. Une amitié bourrue s'établit entre la vieille femme et la jeune fille. Des rumeurs de grève commencent à s'étendre et la Clopine n'est pas la dernière à prôner la révolte. Dolorès a l'esprit vif, la répartie facile, ne se laisse pas monter sur les pieds, et cela parfois joue en sa défaveur. Mais elle est jeune, insouciante et elle remarque que Joseph, surnommé Glazig à cause de ses yeux bleus, la regarde avec justement des yeux énamourés. Elle n'est pas insensible à ce gamin plus jeune qu'elle. Elle va quand même avoir bientôt dix-sept ans. A l'usine, c'est la course contre la montre, et les pêcheurs cario2.jpgsont tributaires des déplacements de bancs de poissons. Diego rêve de pouvoir aller comme certains de ses compères aller à la pêche à la langouste verte au large de la Mauritanie. Outre le fait qu'il serait parti durant de longues semaines, il lui manque les fonds nécessaires pour s'équiper pour une telle expédition. Et un jour alors qu'il allait aborder au quai avec ses marins, une chaloupe effectue une mauvaise manœuvre, et il se retrouve la main gauche coincée entre le plat-bord et la bordure de l'appontement. Il est handicapé et cela va dégénéré. Dolorès elle est importunée par la Murène qui l'incite à la voir chez elle, mais là encore de cette rencontre va découler un incident préjudiciable. Puis elle aura l'opportunité de devenir demoiselle de compagnie de Guéret dont la demeure est un véritable château. Elle pensait surtout pouvoir aider ses parents, mais elle est considérée comme une pestiférée par les autres ouvrières de l'usine, par la majorité même des habitants de la cité portuaire qui considèrent sa décision comme une trahison. Là encore les rumeurs vont bon train (être colporteur de ragots est un métier facile qui ne demande pas de diplôme) et on l'accuse de coucher avec le patron, un quinquagénaire. Ophélie, une vraie petite chipie, ne manque pas de l'asticoter à propos de certains événements douloureux dont Dolorès serait responsable. cario1.jpgDans ce docu-roman, c'est toute une époque qui nous est restituée sous nos yeux pleins de compassion. Le dur labeur des sardinières, jusqu'à seize heures de travail parfois, les pieds chaussés de sabot leur coupant la peau, les glissades sur les viscères des sardines, les doigts coupés en étêtant les poissons, les éclaboussures de la friture défigurant parfois les visages, sous l'œil vindicatif et les accès de colère de la contremaîtresse toujours à critiquer négativement ses ouvrières qui ne font pas attention. Le tri sélectif des poissons par des gamines de douze ans, l'école n'étant pas une priorité, effectués avec virtuosité afin de ne pas meurtrir la chair est une opération délicate, tout autant que l'étêtage ou la friture, mais les grades ne sont pas les mêmes et la paie, lâchée au compte-gouttes, arrive à peine à garnir les assiettes. Pourtant, des instants de joie sont préservés par les ouvrières elles-mêmes qui organisent de temps en temps des danses entre deux vacations, afin de se détendre. Quant au sertissage des boites de conserves, les soudeurs-sertisseurs sont remplacés par des machines qui possèdent l'avantage d'aller plus vite et de ne pas revendiquer. Entre l'été 1923 et le début de l'année 1925, on assiste à la montée en colère des ouvrières, les Penn-sardin ou Têtes de sardines appelées ainsi à cause de leur coiffe, aux grondements de révolte, et l'on découvre quelle fut la vie quotidienne de ce petit peuple courageux et exploité. Douarnenez est la deuxième ville française à élire un maire communiste, Sébastien Velly, après Saint-Junien, et naturellement, les bourgeois, l'Eglise et le commissaire de police Le Gleut qui préfère fricoter aux côtés des puissants que des pauvres, crient haro sur les meneurs. Ils prédisent que tout se terminera comme cela a commencé, une bulle qui éclate au moindre accrochage. Le rôle des syndicats prend alors toute sa signification, surtout lorsque la grève fermera les usines. Les patrons sont décrits comme des êtres fiers, dédaigneux de la basse classe, se sentant investis par leur richesse comme les maîtres du monde. Pourtant la grève générale aura bien lieu, tandis que les usiniers se réunissent devant une table abondamment chargée de victuailles. C'étaient eux qui nourrissaient les ouvrières, et non pas celles-ci contribuaient à leurs richesses. Un déni de la réalité, un mépris affiché envers celles qu'ils considéraient sans l'avouer comme leurs esclaves. Et des briseurs de grève seront embauchés auprès des syndicats jaunes et de la droite fascisante, semant le trouble. Des coups de feu seront même tirés sur le nouveau maire Daniel Le Flanchec. Quatre-vingt-dix ans ont passé, la leçon n'a pas été retenue et les patrons du CAC 40 continuent de pressurer leurs employés, exerçant le chantage de la délocalisation. Le travail est moins dur certes, mais l'esprit est le même. L'usine était un univers qu'elles exécraient, et rares étaient celles qui éprouvaient un vrai plaisir à s'y rendre. Les ouvrières n'avaient aucun moyen légal de se défendre, puisque la législation du travail accordait aux patrons des conserveries alimentaires la dérogation de faire travailler jusqu'à quarante-huit heures d'affilée. Deux jours sans dormir : on n'imposait pas labeur plus inhumain aux "forçats" de Zola. Et effectivement, le lecteur est plongé au cœur de la triste réalité et Zola ne pouvait pas ne pas être évoqué. Daniel Cario, au travers d'un roman historico-social mêle fiction, le personnage de Dolorès et ceux qui l'entourent, ses premiers émois et son émancipation, et réalité avec les personnages de Velly, Le Flanchec, Charles Tillon, le commissaire Le Gleut, des usiniers comme Béziers, le briseur de grève professionnel Léon Raynier et quelques autres. Et le lecteur ne restera pas insensible à cette page d'histoire, bretonne certes, mais dont de nombreuses régions sous des formes et des corporations différentes ont connu les mêmes combats.
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        • hoel Posté le 14 Février 2014
          Le point fort de ce texte que l'éditeur qualifie de « roman vrai » est assurément l'important travail de documentation mené par Daniel Cario pour coller au plus près des faits. Ainsi, sa « fiction » est fortement ancrée dans le réel et les protagonistes croisent de nombreux personnages qui ont réellement existé, comme Sébastien Velly, l'un des premiers maires communistes de France, le député Charles Tillon ou encore la syndicaliste Lucie Colliard. Pour autant, l'auteur ne nous abreuve pas de données historiques superflues. La ville de Douarnenez et les conditions de travail des « penn-sardin » sont bien décrites. Les personnages sont globalement intéressants, pour ce qu'ils représentent surtout. La jeune sardinière qui vire pasionaria (tiens, elle se prénomme Dolorès, comme c'est curieux !). L'immigré espagnol devenu patron-pêcheur. Clopine, l'ouvrière boiteuse renvoyée à cause de son infirmité et qui garde depuis une dent contre son ex-employeur. Alcide Guéret, le patron bedonnant qui se prend d'affection pour Dolorès. Mais aussi : les impitoyables contremaîtresses, le commissaire de droite effrayé par la poussée « coco » dans sa ville, le petit mousse, etc. On peut comprendre la volonté de Daniel Cario de grossir les traits pour rendre son propos plus intelligible mais... Le point fort de ce texte que l'éditeur qualifie de « roman vrai » est assurément l'important travail de documentation mené par Daniel Cario pour coller au plus près des faits. Ainsi, sa « fiction » est fortement ancrée dans le réel et les protagonistes croisent de nombreux personnages qui ont réellement existé, comme Sébastien Velly, l'un des premiers maires communistes de France, le député Charles Tillon ou encore la syndicaliste Lucie Colliard. Pour autant, l'auteur ne nous abreuve pas de données historiques superflues. La ville de Douarnenez et les conditions de travail des « penn-sardin » sont bien décrites. Les personnages sont globalement intéressants, pour ce qu'ils représentent surtout. La jeune sardinière qui vire pasionaria (tiens, elle se prénomme Dolorès, comme c'est curieux !). L'immigré espagnol devenu patron-pêcheur. Clopine, l'ouvrière boiteuse renvoyée à cause de son infirmité et qui garde depuis une dent contre son ex-employeur. Alcide Guéret, le patron bedonnant qui se prend d'affection pour Dolorès. Mais aussi : les impitoyables contremaîtresses, le commissaire de droite effrayé par la poussée « coco » dans sa ville, le petit mousse, etc. On peut comprendre la volonté de Daniel Cario de grossir les traits pour rendre son propos plus intelligible mais ce faisant, il tombe parfois dans la caricature un peu facile. Les développements de l'histoire se laissent suivre agréablement bien qu'ils soient dans l'ensemble très prévisibles. Mais pouvait-il en être autrement s'agissant d'un roman historique dont on connaît la « fin » ? On se doute bien que tout cela va se terminer par la grande grève de 1924, qui a pris une ampleur nationale et aura vu défiler dans les rues de Douarnenez plusieurs milliers d'ouvrières réclamant, sabots aux pieds et drapeaux rouges en main, une augmentation significative de leur maigre salaire. Et pour peu qu'on en connaisse un peu les détails, on ne s'étonnera pas de certains rebondissements de l'intrigue, qui sont eux aussi véridiques. Seule la bluette entre Dolorès et Glazig, particulièrement mièvre, m'a semblé de trop, ou tout du moins prendre une part conséquente part rapport au reste. Avec Les coiffes rouges, Daniel Cario signe un honnête roman historique, fort intéressant, ainsi qu'un bel hommage à l'une des rares révoltes ouvrières menées par des femmes, les courageuses « penn-sardin » de Douarnenez.
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        • Luniver Posté le 5 Février 2014
          À Douarnenez, village de Bretagne, tout le monde vit au rythme de la sardine : les hommes partent à la pêche, les femmes les mettent en boîte. L'absence de poissons pendant plusieurs jours peut envoyer toute la population au chômage technique, sans autre ressource que les maigres économies réalisées. Devant la précarité de ce travail, les revendications se font plus virulentes à chaque nouvelle crise. Une grève s'est achevée quelques années plus tôt, et une autre est en gestation. Si certains ont regretté que cette nouvelle grève survienne un peu tard, j'ai pour ma part apprécié de pouvoir me plonger pleinement dans le travail à l'usine. Le lecteur a tout le temps de s'imprégner des conditions de travail abrutissantes, de la crainte du lendemain qui étaient le lot des ouvrières de l'époque. Le personnage de Dolorès m'a laissé une impression plus mitigée. Elle est intéressante dans la mesure au c'est à travers elle qu'on découvre le monde industriel, et les soucis domestiques des ouvriers (vie précaire, alcoolisme, …). Ces amourettes permettent parfois de temporiser et d'introduire un peu de légèreté dans l'histoire, mais à d'autres moments les intrigues amoureuses cassent le rythme du récit et paraissent inintéressantes. L'immersion dans cette page d'histoire est plutôt... À Douarnenez, village de Bretagne, tout le monde vit au rythme de la sardine : les hommes partent à la pêche, les femmes les mettent en boîte. L'absence de poissons pendant plusieurs jours peut envoyer toute la population au chômage technique, sans autre ressource que les maigres économies réalisées. Devant la précarité de ce travail, les revendications se font plus virulentes à chaque nouvelle crise. Une grève s'est achevée quelques années plus tôt, et une autre est en gestation. Si certains ont regretté que cette nouvelle grève survienne un peu tard, j'ai pour ma part apprécié de pouvoir me plonger pleinement dans le travail à l'usine. Le lecteur a tout le temps de s'imprégner des conditions de travail abrutissantes, de la crainte du lendemain qui étaient le lot des ouvrières de l'époque. Le personnage de Dolorès m'a laissé une impression plus mitigée. Elle est intéressante dans la mesure au c'est à travers elle qu'on découvre le monde industriel, et les soucis domestiques des ouvriers (vie précaire, alcoolisme, …). Ces amourettes permettent parfois de temporiser et d'introduire un peu de légèreté dans l'histoire, mais à d'autres moments les intrigues amoureuses cassent le rythme du récit et paraissent inintéressantes. L'immersion dans cette page d'histoire est plutôt réussie et on passe un moment de lecture agréable.
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        • kllouche Posté le 29 Janvier 2014
          Non seulement je ne suis pas bretonne, mais en plus j'ai lu quelques chroniques mitigées, voire franchement négatives sur ce roman avant de commencer ma lecture. Je m'attendais donc, un peu dubitative, à ne pas accrocher et à sauter allègrement des pages. Que nenni! Ce roman m'a captivée de bout en bout et m'a littéralement transportée ! D'un côté, je ne voulais pas le lâcher parce que je voulais absolument savoir ce qu'allaient devenir Dolorès et ses compagnes. Mais inversement, je n'avais pas envie de le finir. Je souhaitais rester plongée dans cette atmosphère tendue, avec ces personnages ambigus et ces intrigues malicieuses. C'est un paradoxe révélateur de l'attraction que j'ai ressentie pour cette histoire. Nous sommes au début des années 1920 en Bretagne. Pour contribuer aux finances familiales, Dolorès, alors âgée de 16 ans, est envoyée à l'usine pour y trier des sardines, un travail difficile physiquement et très largement sous-payé. Là, elle découvre les bonheurs de l'exploitation ouvrière. Ses camarades ne cessent d'exprimer leur rancœur à l'égard des patrons qui, malgré les droits acquis lors de la précédente grève, continuent de s'enrichir allègrement sur le dos de ces pauvres travailleuses. Les tensions sont palpables entre les employées et les... Non seulement je ne suis pas bretonne, mais en plus j'ai lu quelques chroniques mitigées, voire franchement négatives sur ce roman avant de commencer ma lecture. Je m'attendais donc, un peu dubitative, à ne pas accrocher et à sauter allègrement des pages. Que nenni! Ce roman m'a captivée de bout en bout et m'a littéralement transportée ! D'un côté, je ne voulais pas le lâcher parce que je voulais absolument savoir ce qu'allaient devenir Dolorès et ses compagnes. Mais inversement, je n'avais pas envie de le finir. Je souhaitais rester plongée dans cette atmosphère tendue, avec ces personnages ambigus et ces intrigues malicieuses. C'est un paradoxe révélateur de l'attraction que j'ai ressentie pour cette histoire. Nous sommes au début des années 1920 en Bretagne. Pour contribuer aux finances familiales, Dolorès, alors âgée de 16 ans, est envoyée à l'usine pour y trier des sardines, un travail difficile physiquement et très largement sous-payé. Là, elle découvre les bonheurs de l'exploitation ouvrière. Ses camarades ne cessent d'exprimer leur rancœur à l'égard des patrons qui, malgré les droits acquis lors de la précédente grève, continuent de s'enrichir allègrement sur le dos de ces pauvres travailleuses. Les tensions sont palpables entre les employées et les grands chefs mais aussi entres les ouvrières elles-mêmes qui n'arrêtent pas de s'accuser les unes les autres de trahir la cause ouvrière. Pour Dolorès, l'intégration s'annonce difficile d'autant plus la contremaîtresse et le grand patron ont tout deux exprimés ouvertement leur affection pour la jeune fille. Mais Dolorès est la fille d'un marin, un homme guidé par ses principes moraux. Elle a appris à toujours agir pour le bien de ses pairs et à rester digne en toute circonstance. Seulement, un coup du sort la contraint de quitter l'usine pour entrer au service d'Alcide Guéret, son ancien patron, comme dame de compagnie. Son nouveau statut ne manque pas de faire jaser. Alors, quand les tensions explosent et que les travailleuses entrent en grève, elle doit choisir: soit elle décide de se battre au côté de ses collègues soit elle prend le parti des patrons. Dolorès, c'es typiquement une jeune fille prise entre deux feux, deux camps qui s'opposent mais qui correspondent aussi chacun à ses origines et ses aspirations. S'il est intéressant de la voir grandir et faire des choix, elle est surtout un personnage clef dans l'histoire pour nous permettre de voir à travers ses yeux (innocents d'abord, farouches par la suite) la montée des tensions dans les relations entre patrons et employés. Elle passe souvent du statut de leader à celui de paria, vivant ainsi l'instabilité de la situation dans laquelle elle évolue. Néanmoins, je dois bien avouer que certains passages la concernant m'ont paru superflus pour l'histoire comme pour l'évolution de son caractère: entre autres, son amourette avec le mousse. Par ailleurs, le personnage de la contremaîtresse, surnommée "La Murène", est le personnage le plus mémorable de ce roman. Ambiguë et complexe, l'auteur a su construire autour d'elle une aura de mystère. Sa cruauté semble tour à tour gratuite puis motivée. Si pendant une grande partie du roman, on ne doute pas de ses intentions, certains détails finissent par intriguer et mettre la puce à l'oreille. J'ai tout simplement adoré ses tentatives désespérées d'attirer l'attention de Dolorès. La chute finale (sans mauvais jeu de mot) n'en a été que plus émouvante. C'est un personnage qui m'a semblé faire écho à la Clopine, son double miséreux, qui a en quelque sorte connu une trajectoire inverse à celle de "la Murène" jusqu'à la fin. Je les adore! Néanmoins, mon plus gros regret concernant ce roman reste que ces personnages et ces événements historiques véridiques n'est pas été davantage inscrits dans des descriptions de la Bretagne. Je ne connais pas du tout et j'ai eu du mal à imaginer (mais pas à apprécier) le port, l'usine et les alentours n'ayant pas vraiment d'idée de ce à quoi cela pouvait ressembler en vrai. Les paysages bretons m'ont tout de même l'air très différents de ce que je connais, il est alors un peu dommage que l'auteur n'ait pas mieux planté son décors avant de nous embarquer dans son aventure. Ça ne m'a pas empêchée de dévorer cette histoire comme je l'ai déjà dit, mais j'ai regretté de ne pas trouver plus de descriptions. > Cette peinture de la Bretagne ouvrière des années 1920, bien qu'elle ne soit pas parfaite, a su me conquérir grâce à une atmosphère pesante et des personnages très bien construits et exploités. Je remercie Babelio et les éditions Presses de la Cité pour cette magnifique découverte. Voilà un roman qui me donne envie d'en lire d'autres de la collection Terres de France !
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        • Zebra Posté le 15 Janvier 2014
          Merci à Babelio et aux Presses de la Cité de m’avoir fait découvrir « Les coiffes rouges » de Daniel Cario, un roman de 437 pages, écrit par un breton et édité en décembre 2013. Comme l’indique l’auteur, ce roman mêle réalité et fiction. L’action se situe pendant les grèves qui se sont déroulées à Douarnenez en 1924. L’auteur essaye de respecter au mieux ce que l’histoire sait de ces mouvements économiques, politiques et sociaux qui ont bouleversé la vie portuaire et eu des répercussions considérables au plan national, à commencer par la volonté des ouvriers de se sortir de la misère et d’obtenir reconnaissance et émancipation, avec ou sans l’aide des leaders de gauche. Il choisit de nous dépeindre cette réalité sous les traits de Dolorès Marques, fille du marin Diego et de la couturière Marie. Dolorès entre à 16 ans comme Penn-sardin (en breton, « tête de sardine »), c’est à dire comme ouvrière dans l’usine de friture (c. à d. de mise en conserve) d’Alcide Guéret : elle y découvre l’enfer que vit au quotidien la classe ouvrière féminine : des journées qui commencent à 6h00 et se terminent à minuit, une pause déjeuner rapide, des cadences sans... Merci à Babelio et aux Presses de la Cité de m’avoir fait découvrir « Les coiffes rouges » de Daniel Cario, un roman de 437 pages, écrit par un breton et édité en décembre 2013. Comme l’indique l’auteur, ce roman mêle réalité et fiction. L’action se situe pendant les grèves qui se sont déroulées à Douarnenez en 1924. L’auteur essaye de respecter au mieux ce que l’histoire sait de ces mouvements économiques, politiques et sociaux qui ont bouleversé la vie portuaire et eu des répercussions considérables au plan national, à commencer par la volonté des ouvriers de se sortir de la misère et d’obtenir reconnaissance et émancipation, avec ou sans l’aide des leaders de gauche. Il choisit de nous dépeindre cette réalité sous les traits de Dolorès Marques, fille du marin Diego et de la couturière Marie. Dolorès entre à 16 ans comme Penn-sardin (en breton, « tête de sardine »), c’est à dire comme ouvrière dans l’usine de friture (c. à d. de mise en conserve) d’Alcide Guéret : elle y découvre l’enfer que vit au quotidien la classe ouvrière féminine : des journées qui commencent à 6h00 et se terminent à minuit, une pause déjeuner rapide, des cadences sans cesse accélérées, un sommeil difficile du fait des crampes et des blessures, un salaire qui ne suffit même pas à se payer un quignon de pain, les roueries, brimades et punitions des contremaîtresses, les jalousies entre ouvrières, l’injustice et l’absence totale d’espoir dans le lendemain. En dehors de l’usine, Dolorès vit une bluette avec Glazig et se prend d’amitié pour Clopine, une syndicaliste d’une cinquantaine d’années qui s’est fait virée par Alcide. Avec Alcide, Dolorès aura une relation particulière puisqu’il la prendra quelque temps comme demoiselle de compagnie, au grand dam des ouvrières avec lesquelles Dolorès travaillait et souffrait, en silence. Mais quand survient la grève, Dolorès va choisir son camp : entre les bons et les méchants, il n’y a pas à hésiter. Le lecteur est plongé dans une époque et des conditions de travail révolues (un esclavage déguisé, un patronat paternaliste, condescendant et méprisant), l’analphabétisme des masses laborieuses, une législation répressive, des fortunes constituées sur l’exploitation évidente des sardinières. Au passage, il découvre de fortes rivalités entre ruraux et maritimes, la place de l’église dans les conflits sociaux, les coutumes régionales (bals populaires), l’alcoolisme rampant et quelques expressions bretonnantes, le tout grâce à un réel effort de documentation de l’auteur. L’écriture est forte, pleine d’images et d’odeurs (et dans les ateliers, ça ne sent pas précisément la rose !). Parfois, des touches d’humour agrémentent le récit. Le style est clair et fluide. L’ouvrage ne manque pas d’intérêt mais il y a des couacs. L'intrigue est faible : on devine aisément ce qui va se passer pour Marie, Diego et Glazig. Certains personnages semblent peu crédibles dans leurs attitudes ou dans leur langage : Muriel Sizun -alias « La Murène »- en lesbienne non assumée, Alcide Guéret en patron au grand cœur mais sexuellement impuissant, Dolorès en ingénue devenue en quelques mois capable de faire marcher le vieux barbon qui l’entretient. Quant à la grève –en aboutissement à la lutte des classes- elle ne devient une réalité qu’à la fin de l’ouvrage ! Et puis, le parti pris est trop évident : Daniel Cario, un ardent partisan de la révolte ouvrière, souhaitant « que le monde ouvrier renoue avec la liberté après une éternité d’étouffement ». Ensuite, il y a un côté désagréablement manichéen chez l’auteur (les bons versus les méchants). Quant au style, au-delà du fait que le récit est souvent entrecoupé d’explications historiques et d’extraits de rapports de police ou d’articles de presse de l’époque, c’est plus proche de la petite littérature que de Zola : il y manque le souffle et l’émotion ! Au final, l’ouvrage se situe à mi-chemin entre le roman et l’essai historique. Le roman est politiquement engagé, agréable mais inégal et pas très original. Son principal intérêt réside dans sa documentation. Pas mal, mais peut mieux faire : je mets trois étoiles.
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        Ils en parlent

        « Un hommage à la dignité des femmes. » M. P. – Femme Actuelle
        « Ce beau portrait de femme est aussi un témoignage émouvant de la condition ouvrière, il y a 100 ans, et fait revivre avec moult détails cette Bretagne des années 20. » Corinne Abjean – Le Télégramme
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