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Pocket
EAN : 9782266297912
Code sériel : 17664
Façonnage normé : POCHE
Nombre de pages : 448
Format : 108 x 177 mm

Les Graciées

Sarah Tardy (traduit par)
Date de parution : 02/09/2021
Norvège, 1617. Il a suffi d’une nuit, une nuit de tempête et d’horreur.
Depuis que la mer a rendu, cadavre après cadavre, tous les hommes de Vardø, les femmes du village ont pris les choses en main. La pêche. Les travaux domestiques. Mais il était dit, même aux confins du cercle...
Norvège, 1617. Il a suffi d’une nuit, une nuit de tempête et d’horreur.
Depuis que la mer a rendu, cadavre après cadavre, tous les hommes de Vardø, les femmes du village ont pris les choses en main. La pêche. Les travaux domestiques. Mais il était dit, même aux confins du cercle polaire, qu’on ne laisserait jamais les femmes en paix. En vertu du Décret sur la sorcellerie, fraîchement entré en vigueur, il est venu du continent un pasteur étranger : Absalom Cornet, inquisiteur fanatique et chasseur de sorcières. Pour Maren, Kirsten, Ursa et les autres, toutes prisonnières chacune à sa manière, le bûcher est déjà dressé…
 
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EAN : 9782266297912
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Ils en parlent

« Un des coups de cœur de la rentrée littéraire 2020. »
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Ce qu'en pensent nos lecteurs sur Babelio

  • Kyokoandbooks Posté le 6 Novembre 2021
    On a beaucoup entendu parler de ce livre à l'occasion de sa sortie en poche cet automne, et il me donnait très envie. Les Graciées, c'est l'histoire des femmes de la petite île de Vardø, dans le Finnmark (l'extrême nord-est de la Norvège) au début du 17e siècle. Ce qui m'attirait beaucoup dans ce livre, c'est qu'il est basé sur une histoire vraie. Le 24 décembre 1617, une tempête aussi soudaine que violente provoqua la mort de la quasi-totalité des hommes de l'île (à l'exception de quelques vieillards et enfants). Abandonnées à leur sort par un pouvoir lointain se souciant bien peu d'elles, les femmes de Vardø durent faire leur deuil mais surtout, apprendre à survivre, à s'organiser, et à ne dépendre que d'elles-mêmes. L'année suivante, le roi Christian IV promulguait son décret sur la sorcellerie, un outil implacable dans sa lutte politique pour affirmer le pouvoir de l’Église dans son royaume, notamment envers le peuple indigène Sami qui vivait dans le Finnmark et restait fidèle à sa culture traditionnelle. Dans ce but, il nomma à la forteresse de Vardø le seigneur Cunningham qui supervisa pas moins de 52 procès de sorcellerie condamnant à la mort 91 personnes. Dans le roman, le seigneur... On a beaucoup entendu parler de ce livre à l'occasion de sa sortie en poche cet automne, et il me donnait très envie. Les Graciées, c'est l'histoire des femmes de la petite île de Vardø, dans le Finnmark (l'extrême nord-est de la Norvège) au début du 17e siècle. Ce qui m'attirait beaucoup dans ce livre, c'est qu'il est basé sur une histoire vraie. Le 24 décembre 1617, une tempête aussi soudaine que violente provoqua la mort de la quasi-totalité des hommes de l'île (à l'exception de quelques vieillards et enfants). Abandonnées à leur sort par un pouvoir lointain se souciant bien peu d'elles, les femmes de Vardø durent faire leur deuil mais surtout, apprendre à survivre, à s'organiser, et à ne dépendre que d'elles-mêmes. L'année suivante, le roi Christian IV promulguait son décret sur la sorcellerie, un outil implacable dans sa lutte politique pour affirmer le pouvoir de l’Église dans son royaume, notamment envers le peuple indigène Sami qui vivait dans le Finnmark et restait fidèle à sa culture traditionnelle. Dans ce but, il nomma à la forteresse de Vardø le seigneur Cunningham qui supervisa pas moins de 52 procès de sorcellerie condamnant à la mort 91 personnes. Dans le roman, le seigneur Cunningham nomme comme délégué, dans le village de Vardø, le pasteur Absalom Cornet, écossais lui aussi. En 1919, ce dernier vient donc s'installer à Vardø avec sa femme Ursa. Celle-ci est norvégienne mais vient de Bergen, une ville du sud du pays, presque un autre monde. Le choc de leur arrivée à Vardø est énorme, surtout pour Ursa. Peu à peu, elle va pourtant apprendre à connaître et à comprendre ces femmes qui l'entourent, des femmes frustes, dures, âpres, à l'image de leur île et de la vie qu'elles y mènent. Elle se rapproche surtout de Maren, qui a perdu dans la tempête son père, son frère et son fiancé. Elle vit désormais avec sa mère et sa belle-sœur, une Samie, mais la communication entre ces femmes est très compliquées. On comprend dans le livre que les norvégiens du Finnmark, loin du pouvoir politique central, échangeant régulièrement avec le peuple itinérant Sami, avaient parfois recours à leur pratiques, espérant conjurer les vents, s'attirer de bonnes pêches… pratiques à présent considérées comme de la sorcellerie. Le village nous est donc décrit comme complètement scindé, entre les dévotes qui renient complètement ces pratiques pour un luthérianisme strict qui est celui du roi, et celles qui ont décidé de prendre les choses en main et d'organiser le village après la mort des hommes, de retourner pêcher pour ne pas mourir de faim, qui maintiennent également quelques liens avec ces pratiques païennes, mais surtout, qui ont, quelque part « pris la place des hommes »… et bien sûr, cela ne plait pas. Le livre est partagé en trois parties que j'ai trouvé assez inégales. La première partie va nous présenter les deux héroïnes de l'histoire, Maren et Ursa. Elle débute par la tempête. Nous voyons ensuite, à travers les yeux de Maren, les femmes de Vardø réagir, puis s'organiser. J'ai beaucoup apprécié toute cette partie, très intéressante historiquement. Nous découvrons ensuite Ursa, à l'occasion de son mariage avec Absalom Cornet, puis tout au long de son voyage jusqu'à Vardø. Toute cette partie également m'a beaucoup plu, j'étais très enthousiasmée par ma lecture, je criais déjà au coup de coeur autour de moi. La seconde partie voit l'installation d'Ursa à Vardø et sa rencontre avec Maren. Dans cette partie, le rythme ralentit énormément, historiquement le tout est également beaucoup moins riche, c'est clairement la partie la plus romancée du roman. L'autrice met l'accent sur le lien entre ces deux femmes, et sur les sentiments de ses personnages, mais j'avoue ne pas avoir été vraiment convaincue. Souvent, tout cela me paraissait trop artificiel et surtout, j'aurais apprécié plus d'action. J'avoue m'être peu à peu détachée des personnages, que j'avais pourtant appréciées dans la première partie, et m'être parfois ennuyée. La troisième partie entre enfin dans le vif du sujet : la chasse aux sorcières. Oui, mais nous sommes déjà à 80 pages de la fin et pour moi, tout ça arrive trop tard et presque « comme un cheveu sur la soupe ». J'aurais vraiment voulu voir davantage les querelles entre les clans de villageoises, les démarches du pasteur et du seigneur, les manœuvres politiques des uns et des autres… Cette dernière partie est réussie : le récit du procès, les réactions des femmes… sont très bien rendues. Mais la deuxième partie m'avait un peu perdue et j'avoue que je ne me souciais plus vraiment de ce qui pourrait arriver à Ursa et Maren. Malheureusement, ce roman que je voulais aimer ne sera donc pas un coup de coeur. Je n'en regrette pas la lecture car j'ai beaucoup apprécié l'aspect historique, mais c'est aussi, paradoxalement, ce qui m'a manqué au milieu du roman.
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  • motspourmots Posté le 5 Novembre 2021
    "La tempête arrive en un claquement de doigts" et moi, lectrice je suis directement projetée dans ces terres du Grand Nord qui me fascinent et que je rêve d'aller explorer un jour, peut-être mais pour le moment il y a les livres. Voyage dans l'espace mais aussi dans l'Histoire, celle des femmes et de leur difficile parcours pour exister sous le joug d'un modèle patriarcal érigé par et pour les hommes. Même aux confins du cercle polaire, sur une île de l'extrême-nord de la Norvège où les batailles à mener contre les éléments pour la survie de chacun sont quotidiennes. Mais il est dit, et pour longtemps, que les femmes qui agissent ou pensent sont dangereuses. En un clin d’œil, la mer a englouti tous les bateaux et les pêcheurs à leurs bords. Sur la rive, les femmes ont assisté au drame, impuissantes et incrédules. Le pasteur et deux gamins demeurent les derniers représentants masculins sur l'île de Vardo. Nous sommes en 1617, la communauté vit essentiellement de la pêche et les réserves s'épuisent. Alors les femmes décident de prendre les choses en mains sous la houlette de Kirsten. Deux bateaux sont équipés, une dizaine de femmes les pilotent, la vie... "La tempête arrive en un claquement de doigts" et moi, lectrice je suis directement projetée dans ces terres du Grand Nord qui me fascinent et que je rêve d'aller explorer un jour, peut-être mais pour le moment il y a les livres. Voyage dans l'espace mais aussi dans l'Histoire, celle des femmes et de leur difficile parcours pour exister sous le joug d'un modèle patriarcal érigé par et pour les hommes. Même aux confins du cercle polaire, sur une île de l'extrême-nord de la Norvège où les batailles à mener contre les éléments pour la survie de chacun sont quotidiennes. Mais il est dit, et pour longtemps, que les femmes qui agissent ou pensent sont dangereuses. En un clin d’œil, la mer a englouti tous les bateaux et les pêcheurs à leurs bords. Sur la rive, les femmes ont assisté au drame, impuissantes et incrédules. Le pasteur et deux gamins demeurent les derniers représentants masculins sur l'île de Vardo. Nous sommes en 1617, la communauté vit essentiellement de la pêche et les réserves s'épuisent. Alors les femmes décident de prendre les choses en mains sous la houlette de Kirsten. Deux bateaux sont équipés, une dizaine de femmes les pilotent, la vie s'organise tant bien que mal et malgré la réticence de certaines. Mais le seigneur de la région dépêche bientôt sur l'île un délégué chargé de veiller à l'ordre. Auréolé de son dernier procès en sorcellerie mené en Écosse, Absalom Cornet compte bien mener une nouvelle chasse aux sorcières dans cette région où cohabitent des peuples de plusieurs origines. Nulle n'est à l'abri de la folie de l'inquisiteur attisée par les jalousies qui secouent habituellement toutes les communautés. Dans un décor glaçant et brutal, l'auteure fait émerger deux très belles figures de femmes que tout oppose et qui vont se rejoindre dans l'apprentissage de la liberté et un peu plus encore. Maren est une jeune fille de l'île dont le fiancé a péri dans la tempête ; sa vie prend ainsi une tournure qu'elle n'avait pas imaginée et elle est la première à suivre Kirsten sur les bateaux de pêche. Ursa est la toute jeune épouse d'Absalom Cornet, élevée en ville à Bergen, ignorante autant de la vie insulaire que matrimoniale. L'amitié qui grandit entre les deux femmes est une promesse de douceur comme d'ailleurs, mais la machine en marche est difficile à arrêter. L'auteure livre avec Les Graciées un premier roman captivant et sensible, qui soigne autant les décors ou les descriptions de la vie insulaire que les personnages parfaitement incarnés qui inspirent moult sentiments, dont la colère envers cette mécanique odieuse qui a broyé des innocents pendant des siècles. Car oui, l'auteure s'inspire de faits réels mentionnés à la fin du livre, sachant que ces pratiques sont loin d'être l'apanage de cette région du monde. Elle trouve un très bel équilibre entre éléments historiques et souffle romanesque, c'est très réussi.
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  • Amaya_readings Posté le 2 Novembre 2021
    J’ai vu ce roman littéralement envahir Bookstagram il y a quelques semaines et la profusion d’avis positifs m’a donnée envie de le lire. Tous les ingrédients d’un livre excellent sont réunis : plume agréable à lire, personnages forts, fond historique réaliste et histoire rondement menée. Et je dois reconnaître qu’en lui-même le livre est très bon… mais je n’ai pas aimé. Je n’ai pas réussi à entrer dans l’histoire et j’ai trouvé que le livre comportait beaucoup de longueurs. Je me suis accrochée pour le terminer – en effet, je n’ai que très peu lu sur cette période historique et encore moins sur des communautés du nord de l’Europe – et j’avais très envie d’en savoir plus. Le fond historique est intéressant et j’ai appris beaucoup de choses mais je n’ai pas été entraînée par ma lecture. Petite déception pour ma part – mais je reconnais volontiers que c’est un très beau livre et en conseille tout de même sa lecture pour celles et ceux qui veulent en savoir plus sur cette période historique.
  • Sophie_Bazar Posté le 29 Octobre 2021
    Norvège, XVIIe siècle. Tous les hommes du village de Vardø ont péri en mer, obligeant leurs femmes à les remplacer aux travaux domestiques et à la pêche pour survivre, s'entraidant dans le deuil. Mais un pasteur, accompagné de son épouse, est envoyé sur place, venu appliquer les lois inquisitrices contre la sorcellerie... C'est un roman bluffant qui nous entraîne dans un sombre village qui semble enlisé en toutes saisons dans le froid et dans la boue, quasiment un huis clos inspiré de faits réels (il existe même un mémorial conçu par Louise Bourgeois). Comme s'il était inconcevable que des femmes se débrouillent sans hommes, parviennent à s'organiser et par conséquent à s'émanciper, les voici soupçonnées de pratique de sorcellerie et de mœurs dépravées, rumeurs entretenues par les bigotes acharnées du village. Il n'en faut pas plus pour que soit dépêché sur place un homme pour mettre bon ordre à tout ça... Contre ignorance et intolérance, fanatisme et archaïsme, délation et condamnation, Maren, Kirsten ou Diinaa vont affronter plus grand danger que la rude vie qui était déjà la leur. Coup de cœur pour cette lecture très forte !
  • Lucilou Posté le 21 Octobre 2021
    Voilà un roman âpre et oppressant porté par un souffle romanesque intense, un coup de cœur, une lecture qui me hante encore quelques jours après sa fin, me laissant aux prises avec le malaise diffus qu'elle a su propager en même temps que sa beauté étrange et sa brutalité. Sang et sel. Coups et blessures d'une histoire glaçante inspirée d'un fait réel. 1617. Confins de la Norvège. Pelotonnée sous sa maigre couverture, Maren rêve. Songe d'une baleine s'échouant sur la grève à laquelle la jeune fille s'accroche comme si sa vie en dépendait, d'une baleine que les hommes soudain viennent dépecer avant même sa mise à mort. Vision du regard vitreux de l'animal supplicié se noyant dans celui, plus éperdu encore, de la frêle jeune fille. Maren rêve pendant qu'au large de son île, l'île de Vardo, la tempête se lève, éclate et engloutit soudain les hommes du village partis pêcher. Aucun n'en réchappera. Après les pleurs et la sidération, les femmes n'ont d'autres choix que celui de se débrouiller seules pour vivre, survivre même. Il faut réparer les maisons que la tempête a détruites, sortir les bateaux pour pêcher, saler la viande de renne, tanner le peau de ces derniers... Voilà un roman âpre et oppressant porté par un souffle romanesque intense, un coup de cœur, une lecture qui me hante encore quelques jours après sa fin, me laissant aux prises avec le malaise diffus qu'elle a su propager en même temps que sa beauté étrange et sa brutalité. Sang et sel. Coups et blessures d'une histoire glaçante inspirée d'un fait réel. 1617. Confins de la Norvège. Pelotonnée sous sa maigre couverture, Maren rêve. Songe d'une baleine s'échouant sur la grève à laquelle la jeune fille s'accroche comme si sa vie en dépendait, d'une baleine que les hommes soudain viennent dépecer avant même sa mise à mort. Vision du regard vitreux de l'animal supplicié se noyant dans celui, plus éperdu encore, de la frêle jeune fille. Maren rêve pendant qu'au large de son île, l'île de Vardo, la tempête se lève, éclate et engloutit soudain les hommes du village partis pêcher. Aucun n'en réchappera. Après les pleurs et la sidération, les femmes n'ont d'autres choix que celui de se débrouiller seules pour vivre, survivre même. Il faut réparer les maisons que la tempête a détruites, sortir les bateaux pour pêcher, saler la viande de renne, tanner le peau de ces derniers et faire des couvertures de leurs fourrures. Rien n'est simple, pourtant les femmes s'en sortent tant bien que mal dans cette cage à ciel ouvert, cernée par l'eau et la glace. Elles auraient pu couler des jours presque paisibles si le roi Christian II ne s'était pas lancé à corps perdu dans une croisade contre la sorcellerie condamnant pêle-mêle les femmes qui sortiraient du droit chemin et les Sami, peuple autochtone, riches de traditions chamaniques, de conversations avec le vent et de mélopées lancinantes destinées à accompagner les défunts dans l'autre monde. Sur l'île, les rituels "païens" se mêlent à la foi chrétienne avec plus ou moins de remous. Deux clans se forment bientôt: celui des femmes confites en dévotion contre celui des libres-penseuses, que leur carcan étouffe. Maren est du second, d'autant plus résolument que sa belle-sœur est sami. A des kilomètres de là, Ursa s'apprête à quitter les siens pour épouser un austère pasteur, Absalom Cornet. Ce dernier, chasseur de sorcières déclaré et dévoré par une foi aussi brûlante que fanatique, va mener sa toute jeune épouse jusqu'à Vardo. Lentement mais sûrement le piège se referme comme un étau sur les prisonnières mais elles ne le savent pas encore. L'air va venir à manquer et les bûchers se dressent, écrasants. "Les Graciées" est un remarquable roman historique doublé d'une très belle et émouvante histoire d'amour, d'autant plus bouleversant qu'inspiré, comme écrit plus haut, d'un fait avéré. La narration est en elle-même un tour de force: tendue, subtile, elle distille son poison lentement, insidieusement, araignée tissant sa toile, jusqu'au point de non-retour, jusqu'à la suffocation. On est happé, piégé à l'instar de Maren, d'Ursa et de Dinna; capturé, ravi par cette atmosphère âpre, angoissante qui a fini par me terroriser et me faire mal au ventre. En outre, il met en scène de très beaux personnages féminins, puissants et romanesques auxquels on s'attache, ce qui décuple le sentiment d'empathie éprouvé à la lecture de ce texte sensuel et d'une poésie un peu sauvage. A titre personnel, j'ai eu un faible marqué pour Ursa qui est pour moi le personnage le plus abouti du roman, le plus complexe, le moins manichéen et le plus réaliste sans aucun doute. Il faut encore évoquer le féminisme qui nimbe le texte, cet arrière plan historique fascinant quoiqu'inquiétant pour parachever le tableau des Graciées dont on pardonne aisément un certain manichéisme tant ses qualités dépassent ce défaut et subliment ce qu'il a à dire. Un grand et beau roman, dans la veine des meilleurs ouvrages de Tracy Chevalier (en ce qui me concerne, ils sont trois à pouvoir concourir dans cette catégorie) en plus intense, à lire pour les amateurs de romans historiques, pour les cinéphiles qui auraient été bouleversés par la fascinante adaptation de "The Crucible" par Nicholas Hytner en 1996, pour les rebelles et les idéalistes, pour les amateurs d'amours impossibles, pour les féministes et les autres aussi, pour les amateurs de boxe et de côtes sauvages, pour et en mémoire de tous ceux qui ont un jour péri sur le bûcher du fanatisme et de l'intolérance. Uppercut pour lecture hallucinée, parole de sorcière.
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