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EAN : 9782264017581
Code sériel : 785
Façonnage normé : POCHE
Nombre de pages : 384
Format : 177 x 108 mm

L'étrange destin de Wangrin

Date de parution : 01/02/1992

Amadou Hampaté Bâ, grand défenseur de la tradition orale africaine, raconte ici l'histoire de Wangrin, l’homme qui parviendra à se hisser au sommet de la puissance et de la fortune en bravant impunément la chance. Il réussira même le suprême exploit de rouler les "Dieux de la Brousse" : Messieurs-les-Administrateurs...

Amadou Hampaté Bâ, grand défenseur de la tradition orale africaine, raconte ici l'histoire de Wangrin, l’homme qui parviendra à se hisser au sommet de la puissance et de la fortune en bravant impunément la chance. Il réussira même le suprême exploit de rouler les "Dieux de la Brousse" : Messieurs-les-Administrateurs coloniaux ! Mais il arrive que les dieux se fâchent...

Écrivain, historien, ethnologue et poète, Amadou Hampaté Bâ est aussi l'un des plus grands spécialistes de la culture peule et un conteur au talent formidable.

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EAN : 9782264017581
Code sériel : 785
Façonnage normé : POCHE
Nombre de pages : 384
Format : 177 x 108 mm

Ce qu'en pensent nos lecteurs sur Babelio

  • amenul Posté le 23 Avril 2020
    Wangrin est-il une crapule ou un philosophe ayant fait de sa vie son oeuvre ? On entend comme un griot nous raconter sa vie. On a l'impression de comprendre tout ou presque d'un autre monde, si mystérieux.
  • ManouB Posté le 7 Octobre 2019
    Wangrin est interprète officiel des gouverneurs vers 1910. L'auteur n'a que 12 ans lorsqu'il le rencontre pour la première fois. Des années après, Wangrin lui raconte les multiples péripéties de sa vie en lui faisant promettre de les mettre un jour par écrit. C'est chose faite...et le récit paraît en 1973. Tout est vrai dans cette histoire et seule la toute fin, lui sera rapportée par des tiers. L'auteur a reçu en 1974 le Grand Prix Littéraire d’Afrique Noire pour "L'étrange destin de Wangrin". Wangrin, dont on ne saura pas grand-chose de la prime enfance, a déjà 17 ans lorsqu'il entre à l'Ecole des Otages, une école créée par les colons. Il obtient rapidement son certificat d'études primaires indigène. Les colons réquisitionnaient de force les fils des notables les plus influents de la brousse et les envoyaient dans cette école ou certes, ils recevaient de l’instruction, mais en échange cela leur assurait la fidélité des pères et de tout le village et étouffait dans l’œuf toute idée de contestation. Les enfants par contre en sortaient avec des diplômes et une place dans l'administration, mais se retrouvaient formatés aux valeurs et aux coutumes occidentales. Très vite, Wangrin est nommé moniteur de... Wangrin est interprète officiel des gouverneurs vers 1910. L'auteur n'a que 12 ans lorsqu'il le rencontre pour la première fois. Des années après, Wangrin lui raconte les multiples péripéties de sa vie en lui faisant promettre de les mettre un jour par écrit. C'est chose faite...et le récit paraît en 1973. Tout est vrai dans cette histoire et seule la toute fin, lui sera rapportée par des tiers. L'auteur a reçu en 1974 le Grand Prix Littéraire d’Afrique Noire pour "L'étrange destin de Wangrin". Wangrin, dont on ne saura pas grand-chose de la prime enfance, a déjà 17 ans lorsqu'il entre à l'Ecole des Otages, une école créée par les colons. Il obtient rapidement son certificat d'études primaires indigène. Les colons réquisitionnaient de force les fils des notables les plus influents de la brousse et les envoyaient dans cette école ou certes, ils recevaient de l’instruction, mais en échange cela leur assurait la fidélité des pères et de tout le village et étouffait dans l’œuf toute idée de contestation. Les enfants par contre en sortaient avec des diplômes et une place dans l'administration, mais se retrouvaient formatés aux valeurs et aux coutumes occidentales. Très vite, Wangrin est nommé moniteur de l'enseignement primaire, puis directeur d'école à Diagaramba. Quand il arrive à la ville, il découvre alors qu'il est reçu par le commandant en personne, que son interprète parle le "forofifon naspa" c'est-à dire le français du tirailleur, un français sans verbes conjugués, avec des noms sans adjectifs, sans nombre ni genre. Il décide de le remplacer et monte son premier stratagème pour arriver à ses fins... Il se mettra dans la poche les griots, qui sont les communicants pour le peuple car ils savent comme personne retranscrire les volontés des colons et de leurs chefs. Il usera aussi des marabouts qui avec de la magie, peuvent dévier le cours du destin de bien des hommes, toutes croyances oh combien fascinantes pour nous. Toute sa vie, il va monter des arnaques pour à la fois tromper les colons français, mais aussi ses compatriotes trop naïfs et incapables de parler la langue des blancs.Ainsi, il va asseoir son influence et s'enrichir… Il faut dire aussi que Wangrin a choisi de se placer très jeune, sous le signe du dieu «Gongoloma Soké », dieu bizarre et ambigu car « à la fois bon et mauvais, sage et libertin » donc un "grand confluent des contraires". Les arnaques ne sont pas très graves pour les hommes... Il s’agit juste pour lui de détourner l’argent des colons français pour s’enrichir et le redistribuer autour de lui. Il s'adonne donc à des trafics de bétails, d'ivoire, ou d'alcool, pour ne citer que quelques exemples. Il utilise pour arriver à ses fins, la crédulité de ses semblables, l'orgueil démesuré de ses adversaires, la cupidité des colons, le charme de jolies demoiselles et bien entendu la sincérité et la confiance de ses amis, qu'il remercie toujours avec générosité. C’est au fond un fin psychologue qui analyse de près les hommes et sait frapper là où ça fait mal... C’est un livre difficile à raconter comme la plupart des récits car il est d'une grande richesse, tant en détails qu'au niveau des différents personnages. Ce récit fait entrer en contact deux mondes de cultures différentes. L’auteur montre le colonialisme et les colons avec réalisme et sans ni les idéaliser, ni les critiquer, avec donc beaucoup d’objectivité. Un livre qu'il faut prendre le temps de savourer... Lire mon avis complet sur mon blog !
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  • metraux73 Posté le 18 Février 2018
    Amadou Hampathé Bâ nous transporte dans l'Afrique occidentale du début du XXe siècle. le lecteur découvre à travers les pérégrinations de Wangrin des bribes de l'histoire coloniale et surtout une vision de celle-ci différente puisqu'elle mêle la vie des colonisés aux colonisateurs. Wangrin est un personnage haut en couleurs, d'une grande intelligence, il a assimilé la "culture coloniale" tout en conservant la tradition Bambara avec laquelle il a grandit. Il manipule ses cultures comme il manipule son entourage pour parvenir à ses fins. L'auteur manie sa plume entre tradition orale et roman épique, son style est très agréable à lire et emblématique de la littérature africaine du siècle dernier. Je recommande vivement ce livre qui a reçu en 1976 le Grand Prix littéraire d'Afrique Noire ce qui était à mon humble avis bien mérité.
  • Givry Posté le 28 Novembre 2017
    Ce récit se situe entre le Sénégal et le Mali, au début du vingtième siècle, à l’époque de la domination coloniale française. Le héros est Wangrin, personnage haut en couleurs. Il a souhaité que son histoire soit racontée et transmise aux générations suivantes par Hampâté Bâ. L’histoire débute au moment où Wangrin a son premier contact avec un colon français et il décide immédiatement de prendre la place de l’interprète de celui-ci. Il estime qu’il parle mieux français et son ambition ne fait que commencer. Les griots et marabouts vont jouer un rôle important dans l’ascension sociale de Wangrin. Les griots sont les communicants, ils traduisent en discours les volontés politiques, les idées de leurs chefs. Les marabouts exécutent les volontés de façon magique, avec des règles ancestrales, venues du fond des âges, fascinantes pour nous occidentaux au début du siècle suivant. C’est un document sur les règles et coutumes de ces peuples. On y découvre combien des chefs locaux possédaient d’immenses richesses : têtes de bétail, or, pierres précieuses. Ils étaient très puissants mais la colonisation les a fait disparaitre, en particulier en obligeant ces familles à envoyer leurs enfants à l’école des otages (oui, c’est bien le nom!). Cette école enseignait plus... Ce récit se situe entre le Sénégal et le Mali, au début du vingtième siècle, à l’époque de la domination coloniale française. Le héros est Wangrin, personnage haut en couleurs. Il a souhaité que son histoire soit racontée et transmise aux générations suivantes par Hampâté Bâ. L’histoire débute au moment où Wangrin a son premier contact avec un colon français et il décide immédiatement de prendre la place de l’interprète de celui-ci. Il estime qu’il parle mieux français et son ambition ne fait que commencer. Les griots et marabouts vont jouer un rôle important dans l’ascension sociale de Wangrin. Les griots sont les communicants, ils traduisent en discours les volontés politiques, les idées de leurs chefs. Les marabouts exécutent les volontés de façon magique, avec des règles ancestrales, venues du fond des âges, fascinantes pour nous occidentaux au début du siècle suivant. C’est un document sur les règles et coutumes de ces peuples. On y découvre combien des chefs locaux possédaient d’immenses richesses : têtes de bétail, or, pierres précieuses. Ils étaient très puissants mais la colonisation les a fait disparaitre, en particulier en obligeant ces familles à envoyer leurs enfants à l’école des otages (oui, c’est bien le nom!). Cette école enseignait plus que le français, elle « modelait » à la façon occidentale ces enfants de familles dotées de pouvoir. Ce seront les membres de ces familles riches qui iront ensuite sur le front de la première guerre mondiale, combattre aux côtés des français. Est-ce que les français qui les ont côtoyés à cette occasion ont pu imaginer l’importance locale et la richesse de ces gens ? Pas sûr, car les noirs n’étaient pas toujours considérés à ce moment-là comme des hommes à part entière. Wangrin pourrait irriter à force de saisir toutes les occasions pour grimper à l’échelle sociale, parfois en écrasant sur son passage des gens de bonne volonté. Car ce récit est une succession de faits pour asseoir la réussite de Wangrin, cet insatiable manipulateur. Peut-on lui en vouloir ? La postface de l’auteur nous éclaire sur ce Wangrin : il était d’une famille importante, et a donc suivi les enseignements de l’école des otages. Or il a l’intelligence de combattre les colons avec leurs armes, et aussi ceux qui assistent avec zèle les colons. En redistribuant une partie de ses richesses aux pauvres, il perpétue le rôle qu’il aurait dû avoir si la colonisation n’avait pas eu lieu. A lire sous cet angle.
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  • JMLire17 Posté le 3 Juillet 2017
    Amadou Hampaté Bâ décédé en 1991, était célèbre pour son combat au service des cultures orales qu'il défendait au conseil exécutif de l'UNESCO, ou il siégeait. Avec L'étrange destin de Wangrin, il rapporte l'histoire d'un homme, qui fût son ami, qui lui a raconté sa vie, au cours de longues conversations. Il écrit " Chaque nuit, après le dîner, de 20 à 23 heures, parfois jusqu'à minuit, Wangrin me racontait sa vie. " puis, plus loin : "J'ai donc fidèlement rapporté tout ce qui m'a été dit, dans les termes, mêmes qui furent employés. " Dans l'Afrique subsaharienne, au temps de la colonisation par l'état français, il entraîne le lecteur sur le parcours pour le moins étrange d'un homme qui est lié au dieu " Gongoloma Soké ", le dieu des contraires et de la ruse, qui met toute son intelligence, et sa connaissance des hommes, à construire une fortune au détriment des " dieux de la Brousse ", les administrateurs coloniaux. La chance, lui sourit, tant qu'il a en sa possession, la pierre qui scelle son alliance avec son dieu, son destin tourne lorsqu'il l'égard. Tout d'abord, " Moussé Lekkol " c'est à dire instituteur, il devient l'interprète de... Amadou Hampaté Bâ décédé en 1991, était célèbre pour son combat au service des cultures orales qu'il défendait au conseil exécutif de l'UNESCO, ou il siégeait. Avec L'étrange destin de Wangrin, il rapporte l'histoire d'un homme, qui fût son ami, qui lui a raconté sa vie, au cours de longues conversations. Il écrit " Chaque nuit, après le dîner, de 20 à 23 heures, parfois jusqu'à minuit, Wangrin me racontait sa vie. " puis, plus loin : "J'ai donc fidèlement rapporté tout ce qui m'a été dit, dans les termes, mêmes qui furent employés. " Dans l'Afrique subsaharienne, au temps de la colonisation par l'état français, il entraîne le lecteur sur le parcours pour le moins étrange d'un homme qui est lié au dieu " Gongoloma Soké ", le dieu des contraires et de la ruse, qui met toute son intelligence, et sa connaissance des hommes, à construire une fortune au détriment des " dieux de la Brousse ", les administrateurs coloniaux. La chance, lui sourit, tant qu'il a en sa possession, la pierre qui scelle son alliance avec son dieu, son destin tourne lorsqu'il l'égard. Tout d'abord, " Moussé Lekkol " c'est à dire instituteur, il devient l'interprète de plusieurs commandants de cercle, il évince ses rivaux et met au point de multiples stratagèmes pour prendre aux riches, affirmer sa puissance, s'enrichir et redistribuer aux pauvres. Lorsque ses malversations le rattrapent, il quitte l'administration et devient commerçant, poursuit son enrichissement, met sa famille à l'abri du besoin, mais son déclin s'amorce, il finit sa vie, ruiné. A travers les aventures de Wangrin , Hampaté Bâ nous dépeint l'Afrique coloniale. Il montre de quelle manière, la colonisation a perverti ce continent, en exacerbant les rivalités entre les ethnies, qui complotent pour contourner, profiter des lois, tromper les administrateurs. En mettant en évidence, la diversité des peuples, des religions, la complexité de la société traditionnelle africaine, il démontre, que, lors de la décolonisation, les découpages des pays indépendants, ne pouvaient être que, imparfaits. Il nous fait découvrir les croyances chamaniques, les griots, les marabouts, la sorcellerie. Le texte est riche d'une multitude de proverbes, souvent basés sur le comportement des animaux, ou des végétaux; de contes, qui expliquent les comportement humains; d'images qui décrivent les mœurs, l'organisation familiale, les vêtements, l'alimentation, en somme, la vie africaine de la première moitié du 20 ème siècle. En refermant ce livre, j'ai l'assurance que certains événements graves qui secouent encore l'Afrique, les difficultés d'implantation de la démocratie, sont les restes de la période coloniale. J'ai eu également énormément de plaisir à lire les deux tomes des mémoires de Amadou Hampaté Bâ, " Amoukel, l'enfant peul " et " Oui mon commandant! " publiés dans la collection Babel.
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