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EAN : 9782264070906
Code sériel : 5300
Façonnage normé : POCHE
Nombre de pages : 624
Format : 108 x 177 mm

Mascarade

Jean SZLAMOWICZ (Traducteur)
Collection : Grands Détectives
Date de parution : 01/02/2018
« C’est la guerre. En temps de guerre, on tire avant de discuter. » L’agent de police William Shoemaker, Chicago, 1925.

Du ghetto noir aux riches familles blanches, en passant par la mafia italienne tenue par Al Capone, Chicago vit au rythme du jazz, de la prohibition, et surtout du crime....
« C’est la guerre. En temps de guerre, on tire avant de discuter. » L’agent de police William Shoemaker, Chicago, 1925.

Du ghetto noir aux riches familles blanches, en passant par la mafia italienne tenue par Al Capone, Chicago vit au rythme du jazz, de la prohibition, et surtout du crime. Alors que des mafieux et des politiques meurent empoisonnés après un dîner, les détectives Michael Talbot et Ida Davis enquêtent sur la disparition, à la veille de leur mariage, d’un couple de fiancés appartenant à la plus riche dynastie de la ville. Au même moment, Jacob Russo, photographe pour la police, se trouve confronté à une scène de crime qui lui en rappelle effroyablement une autre.

Inspirée de faits réels, une histoire de sang et de swing sur fond de guerre des gangs.

« Un thriller magistral […] qui se lit avec délectation et curiosité tant le suspense est grand et le rythme haletant. Un cocktail décidément explosif. »
Historia

Traduit de l’anglais par Jean Szlamowicz
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EAN : 9782264070906
Code sériel : 5300
Façonnage normé : POCHE
Nombre de pages : 624
Format : 108 x 177 mm

Ce qu'en pensent nos lecteurs sur Babelio

  • BourbonBap Posté le 19 Juillet 2021
    Excellente lecture au rythme du jazz, cette deuxième étape à Chicago est bien bien meilleure que la première à la Nouvelle-Orléans. L'enquête est bien rythmée avec beaucoup de liant entre les différentes histoires. Les références historiques sont bien plus ancrées dans le récit et on y croit avec des personnages très bien travaillés et tous utiles à l'histoire. Tout ça m'a permis d'être très concerné par la proposition de l'auteur et il est maintenant temps de courir acheter un billet de train pour New-York.
  • BourbonBap Posté le 19 Juillet 2021
    Excellente lecture au rythme du jazz, cette deuxième étape à Chicago est bien bien meilleure que la première à la Nouvelle-Orléans. L'enquête est bien rythmée avec beaucoup de liant entre les différentes histoires. Les références historiques sont bien plus ancrées dans le récit et on y croit avec des personnages très bien travaillés et tous utiles à l'histoire. Tout ça m'a permis d'être très concerné par la proposition de l'auteur et il est maintenant temps de courir acheter un billet de train pour New-York.
  • BourbonBap Posté le 19 Juillet 2021
    Excellente lecture au rythme du jazz, cette deuxième étape à Chicago est bien bien meilleure que la première à la Nouvelle-Orléans. L'enquête est bien rythmée avec beaucoup de liant entre les différentes histoires. Les références historiques sont bien plus ancrées dans le récit et on y croit avec des personnages très bien travaillés et tous utiles à l'histoire. Tout ça m'a permis d'être très concerné par la proposition de l'auteur et il est maintenant temps de courir acheter un billet de train pour New-York.
  • domi_troizarsouilles Posté le 23 Juin 2021
    Second tome d’une quartologie (je ne sais pas si ça se dit ;) pour une saga en quatre tomes), dont le 4e opus ne sortira qu’à la fin de l’automne prochain en langue originale anglaise, ce livre propose une nouvelle multi-enquête époustouflante. Il reprend, en quelque sorte, les ingrédients qui ont fait le succès du premier, tout en proposant suffisamment de différences pour que ce ne soit pas un remake qui serait devenu fastidieux au fil des pages - ce qui n’est donc pas le cas ! Si je lui donne une note un tout petit peu plus basse (18 au lieu de 19/20 pour le premier), c’est peut-être parce que l’effet de surprise formidable du 1er tome, lu dans la première quinzaine de ce mois de juin, n’est désormais plus présent. Aurais-je dû lire ce 2e tome un peu plus tard, le temps de laisser couler et « d’oublier » toutes les sensations que cet auteur incroyable parvient à faire naître ? Je crois d’ailleurs qu’on peut lire ce 2e volet sans avoir lu le précédent – bon, je n’en ai pas l’expérience, puisque je suis en train de tout lire « dans l’ordre », mais voilà : les... Second tome d’une quartologie (je ne sais pas si ça se dit ;) pour une saga en quatre tomes), dont le 4e opus ne sortira qu’à la fin de l’automne prochain en langue originale anglaise, ce livre propose une nouvelle multi-enquête époustouflante. Il reprend, en quelque sorte, les ingrédients qui ont fait le succès du premier, tout en proposant suffisamment de différences pour que ce ne soit pas un remake qui serait devenu fastidieux au fil des pages - ce qui n’est donc pas le cas ! Si je lui donne une note un tout petit peu plus basse (18 au lieu de 19/20 pour le premier), c’est peut-être parce que l’effet de surprise formidable du 1er tome, lu dans la première quinzaine de ce mois de juin, n’est désormais plus présent. Aurais-je dû lire ce 2e tome un peu plus tard, le temps de laisser couler et « d’oublier » toutes les sensations que cet auteur incroyable parvient à faire naître ? Je crois d’ailleurs qu’on peut lire ce 2e volet sans avoir lu le précédent – bon, je n’en ai pas l’expérience, puisque je suis en train de tout lire « dans l’ordre », mais voilà : les deux personnages principaux ont mûri, on les retrouve 10 ans plus tard dans une autre ville, et si certains traits de leur passé apparaissent ici ou là (la mention à leur famille pour Michael, ou la relation avec Louis Armstrong pour Ida), ils sont de toute façon réexpliqués brièvement et ne gênent en rien ni la compréhension ni l’évolution de l’enquête. Ainsi donc, peut-être au même titre qu’un personnage à part entière, c’est une nouvelle ville qui est mise à l’honneur : le Chicago de la fin des années 1920. Alors que La Nouvelle-Orléans était célébrée et réellement « aimée » dans le tome 1, malgré ses revers qui n’étaient jamais cachés, ici Chicago est présentée dans toute sa noirceur, sans aucune concession. On ne retrouve plus ce sentiment de profond attachement, qui n’est peut-être pas utile d’ailleurs, mais au contraire une certaine désespérance sans fond. Mais peut-être est-ce davantage lié au contexte qu’à la ville même, quoique… Je m’explique : Ray Celestin place cet opus en pleine Prohibition, synonyme du florissement intempestif (et souvent couvert, voire encouragé par la police et les élus locaux) des réseaux de production clandestine et/ou de distribution d’alcools de contrebande – avec toutes les dérives, notamment au niveau de la santé des consommateurs, que cela implique. C’est l’âge d’or de la mafia (encore !) et en particulier d’un certain Al Capone, véritable roi de la ville, plus puissant que les puissants, richissime, c’est vraiment lui qui tire toutes les ficelles de ce trafic incroyablement lucratif (en y ajoutant quelques bordels et autres activités annexes) ; pourtant l’auteur n’hésite pas à le montrer comme très malade, aussi, ce qui paradoxalement le rend terriblement humain, presque « acceptable » (pour ne pas dire attachant, mais non, n’exagérons rien !) malgré tous ses méfaits. Et, peut-être encore davantage que dans le 1er tome et une certaine indolence typique de cette ville sudiste qu’est La Nouvelle-Orléans, l’auteur dénonce la ségrégation qui règne à Chicago. A nouveau, il la montre à travers quelques exemples qui laissent pantois. On notera l’interdiction pour les orchestres de ce jazz de plus en plus à la mode, de réunir musiciens Blancs et Noirs, ce qui a conduit à l’appropriation du jazz par certains orchestres blancs, permettant ainsi de le diffuser dans des quartiers moins ghetto-isés, et l’amenant dès lors à un succès encore plus fulgurant, tandis que lesdits musiciens ne s’arrêtent pas, eux, à une différence de couleur, mais ne peuvent jouer ensemble que dans la clandestinité. On souligne le fait que les Blancs aisés paient des intermédiaires Noirs-mais-pas-trop pour aller s’encanailler dans les quartiers Noirs lors de certains de ces concerts, ou pour bénéficier des services de certaines jeunes filles, un autre business bien lucratif ! Surprenante aussi, et probablement vraie, la révélation selon laquelle les abattoirs de Chicago, alors parmi les plus importants au monde, n’ont pas réussi à mettre en place un quelconque syndicat pour ses très nombreux ouvriers, tout simplement parce que ceux-ci, issus de diverses origines (Polonais, Irlandais, Italiens, autre Européens arrivés après la 1re guerre mondiale, et Noirs bien sûr) ne s’entendant pas entre elles, restaient éternellement incapables de s’associer pour défendre leurs droits et intérêts pourtant communs… A noter aussi une autre forme de ségrégation, qui est ici touchée du doigt à quelques reprises : on parle d’homosexualité, alors tout à fait illégale et considérée comme une maladie, que les Blancs aisés font soigner à coups de psychanalyse et d’électrochocs en hôpital psychiatrique. Ce qui me touche sans doute particulièrement ici, au-delà de l’Histoire, c’est que toute cette histoire de ségrégation semble avoir traversé le temps et reste accrochée à cette ville, peut-être même à tous les États-Unis (qui prétendent par ailleurs enseigner la démocratie au monde entier) ! Dans ce livre, on est à la fin des années 1920 comme je disais plus haut ; pourtant, Prohibition en moins et modernité en plus, ce sont les mêmes conditions de ghetto-isation qu’on retrouvait dans le magnifique « Devenir » de Michelle Obama, sa ville de naissance où elle a grandi à la fin du XXe siècle pourtant, situation dont elle avait pu s’extraire grâce à l’éducation (et probablement un bon lot de chance, notamment d’avoir eu des parents qui la poussaient en ce sens), mais dans le fond, c’est ahurissant de se dire que rien n’a fondamentalement changé en près d’un siècle… Mais revenons à notre livre : on retrouve l’ex-policier Michael Talbot et l’ex-apprentie détective Ida Davis. Tous deux ont quitté La Nouvelle-Orléans pour Chicago, ils ont mûri avec 10 ans de plus, et travaillent désormais en équipe pour cette grosse agence de détectives qui employait déjà Ida. Michael reste l’image de l’incorruptibilité, il pose toujours ses divers choix dans cette optique-là, la plupart du temps avec une grande assurance, quel que soit le prix à payer. Ida quant à elle, grâce à son opiniâtreté et au soutien implicite de son aîné, a enfin obtenu un vrai poste d’enquêtrice et révèle de réelles dispositions pour ce métier. Elle reste amie, et le croise à plusieurs reprises, avec ex-Lewis devenu Louis Armstrong qui, après un passage raté par New York, est désormais en pleine ascension. Il fait partie d’un orchestre de jazz à Chicago et se découvre alors à lui-même plus que jamais, encore en début de carrière mais déjà avec la virtuosité et la reconnaissance d’un public de plus en plus conquis. En parallèle à ces personnages du 1er tome, on a ici deux autres personnages principaux qui vont eux aussi mener la même enquête, en la prenant – comme c’était déjà le cas dans le 1er tome – par un bout différent car leurs points de départ ou motivations sont différentes. On rencontre ainsi Jacob Russo, photographe professionnel, de plus en plus souvent armé de son tout nouveau Leica (en mentionnant au passage à quel point ce nouvel appareil a été une révolution pour les photographes !), qui immortalise les scènes de crime pour la police – nombreuses vu le taux de criminalité de cette ville ! Il rêvait de devenir lui-même policier, mais une cheville boiteuse fait qu’il a été recalé ; pourtant, il profite de son travail de photographe pour s’intéresser lui aussi aux enquêtes, soutenu par l’un ou l’autre enquêteur qui le connaissent, car il fait aussi preuve d’une grande sagacité souvent supérieure à celle d’autres policiers, et peut ainsi réaliser son rêve malgré tout, sous le titre « d’attaché » à la police. Et on a aussi Dante Sanfelipe : ancien membre de la garde rapprochée d’Al Capone, il s’est enfui à New York après le décès (par ingestion de champagne frelaté) de toute sa famille, morts plurielles dont il se sent responsable puisque c’est lui qui avait fait entrer chez lui ce champagne… Devenu héroïnomane, désabusé de la vie à laquelle il s’accroche pourtant, en compagnie de son chien bâtard aussi hirsute que fidèle qu’il a recueilli autrefois sans jamais le nommer, il retourne auprès d’Al Capone qui lui confie la résolution d’une enquête qui s’avèrera (évidemment !) la même que celle de tous les autres, mais prise par un autre bout donc. Pourtant, ici, et c’est sans doute (outre la présentation d’une nouvelle ville et la maturité des deux premiers personnages) le plus grand changement par rapport au 1er tome : les enquêtes sont menées en parallèle avec bien des différences, et offrent tout au long du livre des approches différentes dont on tente de comprendre les ramifications, mais cette fois ces différents enquêteurs vont réellement se rencontrer ! Et ainsi, les différentes facettes d’une même vérité bien complexe sont à nouveau présentées par petits bouts au lecteur (ce qui avait été un coup de génie dans le premier tome, du moins à mes yeux). Mais désormais l’auteur opte pour une approche un peu plus classique dans la résolution finale de l’enquête, en permettant à ces différents bouts de vérité de se recouper – cela dit, ça ne se fait pas en un instant ! ces « rencontres » sont mêmes tardives, et pas simultanées, ce qui permet d’entretenir un certain suspense dans le suspense – autrement dit, ce procédé des différents aspects d’une même solution est à nouveau exploité de façon magistrale, tout en permettant aux lecteurs plus « classiques » de s’y retrouver dans une résolution finale désormais complète. À travers tout cela, au risque de me répéter, l’auteur réussit à créer un attachement fort envers ses différents personnages. La famille de Michael est nettement moins « présente » que dans le 1er tome, et à vrai dire ça m’a bien un peu manqué, mais c’est un moindre mal car son image d’incorruptible et quelque peu ténébreux détective est suffisante pour le rendre presque séduisant. Ida quant à elle prend toute son ampleur dans ce roman, entre ses contradictions toujours présentes mais mieux assumées, sa découverte de l’amour, ou son lien d’amitié indéfectible depuis l’enfance avec Louis –ce qui permet d’ailleurs de donner un « petit rôle » au musicien dans l’enquête, dépassant ainsi les seules limites du décor jazzy historique. Jacob est d’emblée attachant, peut-être à cause de son handicap qui l’a rendu pugnace, et son intelligence qu’il laisse s’exprimer. Enfin, même Dante, qui mérite sans doute un certain titre d’anti-héros (on le voit se piquer bien plus d’une fois ! pour ne citer qu’un exemple) est, à l’image d’Al Capone pour qui il travaille, incroyablement humain dans son désespoir, ses regrets tout entachés de culpabilité, mais aussi son attachement pas assumé et pourtant réel envers son chien, ainsi que son désir de vivre malgré tout ! Tout cela est toujours sublimé par une écriture apparemment neutre mais toujours très précise, au scalpel, extrêmement bien traduite qui plus est. Elle est aussi très visuelle, notamment dans les scènes d’action – le passage d’Ida sur les toits du stade (chut je n’en dirai pas plus !) est vraiment exceptionnel et m’a donné des frissons ! C’est donc un nouveau tome magistral, qui fait écho au premier tout en étant probablement assez indépendant pour pouvoir être lu seul ; il est sans complaisance envers la ville de tous les délits, dans un contexte historique très lourd, mais avec énormément d’humanité dans tous ses personnages même les plus improbables. Pour moi une nouvelle, très grande réussite !
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  • domi_troizarsouilles Posté le 23 Juin 2021
    Second tome d’une quartologie (je ne sais pas si ça se dit ;) pour une saga en quatre tomes), dont le 4e opus ne sortira qu’à la fin de l’automne prochain en langue originale anglaise, ce livre propose une nouvelle multi-enquête époustouflante. Il reprend, en quelque sorte, les ingrédients qui ont fait le succès du premier, tout en proposant suffisamment de différences pour que ce ne soit pas un remake qui serait devenu fastidieux au fil des pages - ce qui n’est donc pas le cas ! Si je lui donne une note un tout petit peu plus basse (18 au lieu de 19/20 pour le premier), c’est peut-être parce que l’effet de surprise formidable du 1er tome, lu dans la première quinzaine de ce mois de juin, n’est désormais plus présent. Aurais-je dû lire ce 2e tome un peu plus tard, le temps de laisser couler et « d’oublier » toutes les sensations que cet auteur incroyable parvient à faire naître ? Je crois d’ailleurs qu’on peut lire ce 2e volet sans avoir lu le précédent – bon, je n’en ai pas l’expérience, puisque je suis en train de tout lire « dans l’ordre », mais voilà : les... Second tome d’une quartologie (je ne sais pas si ça se dit ;) pour une saga en quatre tomes), dont le 4e opus ne sortira qu’à la fin de l’automne prochain en langue originale anglaise, ce livre propose une nouvelle multi-enquête époustouflante. Il reprend, en quelque sorte, les ingrédients qui ont fait le succès du premier, tout en proposant suffisamment de différences pour que ce ne soit pas un remake qui serait devenu fastidieux au fil des pages - ce qui n’est donc pas le cas ! Si je lui donne une note un tout petit peu plus basse (18 au lieu de 19/20 pour le premier), c’est peut-être parce que l’effet de surprise formidable du 1er tome, lu dans la première quinzaine de ce mois de juin, n’est désormais plus présent. Aurais-je dû lire ce 2e tome un peu plus tard, le temps de laisser couler et « d’oublier » toutes les sensations que cet auteur incroyable parvient à faire naître ? Je crois d’ailleurs qu’on peut lire ce 2e volet sans avoir lu le précédent – bon, je n’en ai pas l’expérience, puisque je suis en train de tout lire « dans l’ordre », mais voilà : les deux personnages principaux ont mûri, on les retrouve 10 ans plus tard dans une autre ville, et si certains traits de leur passé apparaissent ici ou là (la mention à leur famille pour Michael, ou la relation avec Louis Armstrong pour Ida), ils sont de toute façon réexpliqués brièvement et ne gênent en rien ni la compréhension ni l’évolution de l’enquête. Ainsi donc, peut-être au même titre qu’un personnage à part entière, c’est une nouvelle ville qui est mise à l’honneur : le Chicago de la fin des années 1920. Alors que La Nouvelle-Orléans était célébrée et réellement « aimée » dans le tome 1, malgré ses revers qui n’étaient jamais cachés, ici Chicago est présentée dans toute sa noirceur, sans aucune concession. On ne retrouve plus ce sentiment de profond attachement, qui n’est peut-être pas utile d’ailleurs, mais au contraire une certaine désespérance sans fond. Mais peut-être est-ce davantage lié au contexte qu’à la ville même, quoique… Je m’explique : Ray Celestin place cet opus en pleine Prohibition, synonyme du florissement intempestif (et souvent couvert, voire encouragé par la police et les élus locaux) des réseaux de production clandestine et/ou de distribution d’alcools de contrebande – avec toutes les dérives, notamment au niveau de la santé des consommateurs, que cela implique. C’est l’âge d’or de la mafia (encore !) et en particulier d’un certain Al Capone, véritable roi de la ville, plus puissant que les puissants, richissime, c’est vraiment lui qui tire toutes les ficelles de ce trafic incroyablement lucratif (en y ajoutant quelques bordels et autres activités annexes) ; pourtant l’auteur n’hésite pas à le montrer comme très malade, aussi, ce qui paradoxalement le rend terriblement humain, presque « acceptable » (pour ne pas dire attachant, mais non, n’exagérons rien !) malgré tous ses méfaits. Et, peut-être encore davantage que dans le 1er tome et une certaine indolence typique de cette ville sudiste qu’est La Nouvelle-Orléans, l’auteur dénonce la ségrégation qui règne à Chicago. A nouveau, il la montre à travers quelques exemples qui laissent pantois. On notera l’interdiction pour les orchestres de ce jazz de plus en plus à la mode, de réunir musiciens Blancs et Noirs, ce qui a conduit à l’appropriation du jazz par certains orchestres blancs, permettant ainsi de le diffuser dans des quartiers moins ghetto-isés, et l’amenant dès lors à un succès encore plus fulgurant, tandis que lesdits musiciens ne s’arrêtent pas, eux, à une différence de couleur, mais ne peuvent jouer ensemble que dans la clandestinité. On souligne le fait que les Blancs aisés paient des intermédiaires Noirs-mais-pas-trop pour aller s’encanailler dans les quartiers Noirs lors de certains de ces concerts, ou pour bénéficier des services de certaines jeunes filles, un autre business bien lucratif ! Surprenante aussi, et probablement vraie, la révélation selon laquelle les abattoirs de Chicago, alors parmi les plus importants au monde, n’ont pas réussi à mettre en place un quelconque syndicat pour ses très nombreux ouvriers, tout simplement parce que ceux-ci, issus de diverses origines (Polonais, Irlandais, Italiens, autre Européens arrivés après la 1re guerre mondiale, et Noirs bien sûr) ne s’entendant pas entre elles, restaient éternellement incapables de s’associer pour défendre leurs droits et intérêts pourtant communs… A noter aussi une autre forme de ségrégation, qui est ici touchée du doigt à quelques reprises : on parle d’homosexualité, alors tout à fait illégale et considérée comme une maladie, que les Blancs aisés font soigner à coups de psychanalyse et d’électrochocs en hôpital psychiatrique. Ce qui me touche sans doute particulièrement ici, au-delà de l’Histoire, c’est que toute cette histoire de ségrégation semble avoir traversé le temps et reste accrochée à cette ville, peut-être même à tous les États-Unis (qui prétendent par ailleurs enseigner la démocratie au monde entier) ! Dans ce livre, on est à la fin des années 1920 comme je disais plus haut ; pourtant, Prohibition en moins et modernité en plus, ce sont les mêmes conditions de ghetto-isation qu’on retrouvait dans le magnifique « Devenir » de Michelle Obama, sa ville de naissance où elle a grandi à la fin du XXe siècle pourtant, situation dont elle avait pu s’extraire grâce à l’éducation (et probablement un bon lot de chance, notamment d’avoir eu des parents qui la poussaient en ce sens), mais dans le fond, c’est ahurissant de se dire que rien n’a fondamentalement changé en près d’un siècle… Mais revenons à notre livre : on retrouve l’ex-policier Michael Talbot et l’ex-apprentie détective Ida Davis. Tous deux ont quitté La Nouvelle-Orléans pour Chicago, ils ont mûri avec 10 ans de plus, et travaillent désormais en équipe pour cette grosse agence de détectives qui employait déjà Ida. Michael reste l’image de l’incorruptibilité, il pose toujours ses divers choix dans cette optique-là, la plupart du temps avec une grande assurance, quel que soit le prix à payer. Ida quant à elle, grâce à son opiniâtreté et au soutien implicite de son aîné, a enfin obtenu un vrai poste d’enquêtrice et révèle de réelles dispositions pour ce métier. Elle reste amie, et le croise à plusieurs reprises, avec ex-Lewis devenu Louis Armstrong qui, après un passage raté par New York, est désormais en pleine ascension. Il fait partie d’un orchestre de jazz à Chicago et se découvre alors à lui-même plus que jamais, encore en début de carrière mais déjà avec la virtuosité et la reconnaissance d’un public de plus en plus conquis. En parallèle à ces personnages du 1er tome, on a ici deux autres personnages principaux qui vont eux aussi mener la même enquête, en la prenant – comme c’était déjà le cas dans le 1er tome – par un bout différent car leurs points de départ ou motivations sont différentes. On rencontre ainsi Jacob Russo, photographe professionnel, de plus en plus souvent armé de son tout nouveau Leica (en mentionnant au passage à quel point ce nouvel appareil a été une révolution pour les photographes !), qui immortalise les scènes de crime pour la police – nombreuses vu le taux de criminalité de cette ville ! Il rêvait de devenir lui-même policier, mais une cheville boiteuse fait qu’il a été recalé ; pourtant, il profite de son travail de photographe pour s’intéresser lui aussi aux enquêtes, soutenu par l’un ou l’autre enquêteur qui le connaissent, car il fait aussi preuve d’une grande sagacité souvent supérieure à celle d’autres policiers, et peut ainsi réaliser son rêve malgré tout, sous le titre « d’attaché » à la police. Et on a aussi Dante Sanfelipe : ancien membre de la garde rapprochée d’Al Capone, il s’est enfui à New York après le décès (par ingestion de champagne frelaté) de toute sa famille, morts plurielles dont il se sent responsable puisque c’est lui qui avait fait entrer chez lui ce champagne… Devenu héroïnomane, désabusé de la vie à laquelle il s’accroche pourtant, en compagnie de son chien bâtard aussi hirsute que fidèle qu’il a recueilli autrefois sans jamais le nommer, il retourne auprès d’Al Capone qui lui confie la résolution d’une enquête qui s’avèrera (évidemment !) la même que celle de tous les autres, mais prise par un autre bout donc. Pourtant, ici, et c’est sans doute (outre la présentation d’une nouvelle ville et la maturité des deux premiers personnages) le plus grand changement par rapport au 1er tome : les enquêtes sont menées en parallèle avec bien des différences, et offrent tout au long du livre des approches différentes dont on tente de comprendre les ramifications, mais cette fois ces différents enquêteurs vont réellement se rencontrer ! Et ainsi, les différentes facettes d’une même vérité bien complexe sont à nouveau présentées par petits bouts au lecteur (ce qui avait été un coup de génie dans le premier tome, du moins à mes yeux). Mais désormais l’auteur opte pour une approche un peu plus classique dans la résolution finale de l’enquête, en permettant à ces différents bouts de vérité de se recouper – cela dit, ça ne se fait pas en un instant ! ces « rencontres » sont mêmes tardives, et pas simultanées, ce qui permet d’entretenir un certain suspense dans le suspense – autrement dit, ce procédé des différents aspects d’une même solution est à nouveau exploité de façon magistrale, tout en permettant aux lecteurs plus « classiques » de s’y retrouver dans une résolution finale désormais complète. À travers tout cela, au risque de me répéter, l’auteur réussit à créer un attachement fort envers ses différents personnages. La famille de Michael est nettement moins « présente » que dans le 1er tome, et à vrai dire ça m’a bien un peu manqué, mais c’est un moindre mal car son image d’incorruptible et quelque peu ténébreux détective est suffisante pour le rendre presque séduisant. Ida quant à elle prend toute son ampleur dans ce roman, entre ses contradictions toujours présentes mais mieux assumées, sa découverte de l’amour, ou son lien d’amitié indéfectible depuis l’enfance avec Louis –ce qui permet d’ailleurs de donner un « petit rôle » au musicien dans l’enquête, dépassant ainsi les seules limites du décor jazzy historique. Jacob est d’emblée attachant, peut-être à cause de son handicap qui l’a rendu pugnace, et son intelligence qu’il laisse s’exprimer. Enfin, même Dante, qui mérite sans doute un certain titre d’anti-héros (on le voit se piquer bien plus d’une fois ! pour ne citer qu’un exemple) est, à l’image d’Al Capone pour qui il travaille, incroyablement humain dans son désespoir, ses regrets tout entachés de culpabilité, mais aussi son attachement pas assumé et pourtant réel envers son chien, ainsi que son désir de vivre malgré tout ! Tout cela est toujours sublimé par une écriture apparemment neutre mais toujours très précise, au scalpel, extrêmement bien traduite qui plus est. Elle est aussi très visuelle, notamment dans les scènes d’action – le passage d’Ida sur les toits du stade (chut je n’en dirai pas plus !) est vraiment exceptionnel et m’a donné des frissons ! C’est donc un nouveau tome magistral, qui fait écho au premier tout en étant probablement assez indépendant pour pouvoir être lu seul ; il est sans complaisance envers la ville de tous les délits, dans un contexte historique très lourd, mais avec énormément d’humanité dans tous ses personnages même les plus improbables. Pour moi une nouvelle, très grande réussite !
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