Lisez! icon: Search engine
10/18
EAN : 9782264027313
Code sériel : 2959
Façonnage normé : POCHE
Nombre de pages : 240
Format : 108 x 177 mm

Roman avec cocaïne

Lydia CHWEITZER (Traducteur)
Date de parution : 28/04/1998

Dans un Moscou frappé par la Révolution, Vadim fait l’expérience irréversible de la cocaïne. Tour à tour amoureux et manipulateur, le jeune homme, sous l’emprise de la drogue, dissèque les tréfonds de son âme, jusqu’à tomber dans le cauchemar de la dépendance. Là se briseront les turbulences de l'adolescence. Comparé...

Dans un Moscou frappé par la Révolution, Vadim fait l’expérience irréversible de la cocaïne. Tour à tour amoureux et manipulateur, le jeune homme, sous l’emprise de la drogue, dissèque les tréfonds de son âme, jusqu’à tomber dans le cauchemar de la dépendance. Là se briseront les turbulences de l'adolescence. Comparé tour à tour à Proust et Musil, Aguéev nous a légué un livre fascinant

« L'histoire littéraire aime les écrivains entourés de légendes et de mystères. […] Mais peut-être lui manquait-il un romancier qui fût à lui seul une énigme. Qu'elle se rassure : elle aura M. Aguéev ! » 
Le Matricule des anges

Traduit du russe
par Lydia Chweitzer

Lire la suite
En lire moins
EAN : 9782264027313
Code sériel : 2959
Façonnage normé : POCHE
Nombre de pages : 240
Format : 108 x 177 mm

Ce qu'en pensent nos lecteurs sur Babelio

  • JeromeJeanJacques Posté le 29 Octobre 2019
    Roman avec cocaïne parle d’un jeune homme en quête de lui-même, de sa plongée progressive aux enfers... L’histoire se déroule en quelques semaines, pendant lesquelles Vadim découvre : l’amour, la haine et la drogue. L’amour désespéré pour Sonia ; le mépris ingrat envers sa mère, et finalement : l’addiction à la cocaïne… Vadim fini par se plonger dans la cocaïne à la fin du roman, à cause de son désespoir, et par manque d’amour-propre. En effet, il tente de séduire une bourgeoise ; mais il a honte de sa mère, miséreuse et pathétique. Celle-ci vit dans le dénuement le plus total, elle est désespérément amoureuse de son fils, et son affection non réciproque la détruit... Chaque rouble qu’elle parvient à mettre de côté, elle l’offre à Vadim ; elle se ruine pour lui arracher un peu d’attention, et du début à la fin : Vadim fera semblant de ne pas la connaître. Ce n’est pas tellement la cocaïne le sujet principal du livre, mais la progressive perdition d’un jeune homme. Le mépris pour sa mère le plonge dans un trouble cauchemardesque, car en l’ignorant, il espérait en revanche, recevoir de l’amour d’une jeune fille. En vain. Cette petite oeuvre est magnifique. L’auteur reproduit... Roman avec cocaïne parle d’un jeune homme en quête de lui-même, de sa plongée progressive aux enfers... L’histoire se déroule en quelques semaines, pendant lesquelles Vadim découvre : l’amour, la haine et la drogue. L’amour désespéré pour Sonia ; le mépris ingrat envers sa mère, et finalement : l’addiction à la cocaïne… Vadim fini par se plonger dans la cocaïne à la fin du roman, à cause de son désespoir, et par manque d’amour-propre. En effet, il tente de séduire une bourgeoise ; mais il a honte de sa mère, miséreuse et pathétique. Celle-ci vit dans le dénuement le plus total, elle est désespérément amoureuse de son fils, et son affection non réciproque la détruit... Chaque rouble qu’elle parvient à mettre de côté, elle l’offre à Vadim ; elle se ruine pour lui arracher un peu d’attention, et du début à la fin : Vadim fera semblant de ne pas la connaître. Ce n’est pas tellement la cocaïne le sujet principal du livre, mais la progressive perdition d’un jeune homme. Le mépris pour sa mère le plonge dans un trouble cauchemardesque, car en l’ignorant, il espérait en revanche, recevoir de l’amour d’une jeune fille. En vain. Cette petite oeuvre est magnifique. L’auteur reproduit le lyrisme dramatique et l’exaltation des sentiments Dostoïevskien à la perfection, en utilisant de longues descriptions psychologiques tortueuses. Roman avec cocaïne est déchirant ; je le classe dans les oeuvres majeures russes.
    Lire la suite
    En lire moins
  • Kay13 Posté le 17 Octobre 2019
    Si un mystère a longtemps plané (ou plane encore) autours de la paternité de Roman avec cocaïne, je ne peux dire que le génie a frappé. Le roman débute en 1916, à l'aune de la révolution russe. Publié de façon parcellaire en 1934 par la revue Tschila, il faudra attendre deux ans de plus pour qu'il soit publié de façon intégrale par l'Union des écrivains russes de Paris. Je crois que j'aime le mystère de son auteur tout autant que le fait qu'il ait tout d'abord circulé sous le manteau, comme quelque chose d'absolument honteux, entre le désir de dire et le sceau du silence. Nous sommes dans le Moscou de 1916, Vadim, le narrateur, est un jeune lycéen. La première partie s'articule autour de sa vie d'étudiant, ses amis, l'irrespect et la honte de sa mère, usée par le travail et la rudesse de la vie. Il y a un vrai amour-haine pour la matriarche, se saignant pour les plaisirs de son fils, avec laquelle il joue. Il la saigne et en pleure, l'asséche et la méprise. Il fréquente les prostituées et les hôtels de passe, prends des chambres glauques pour 50 kopecks. En parallèle, lorsqu'il rencontre Sonia, femme volage, il... Si un mystère a longtemps plané (ou plane encore) autours de la paternité de Roman avec cocaïne, je ne peux dire que le génie a frappé. Le roman débute en 1916, à l'aune de la révolution russe. Publié de façon parcellaire en 1934 par la revue Tschila, il faudra attendre deux ans de plus pour qu'il soit publié de façon intégrale par l'Union des écrivains russes de Paris. Je crois que j'aime le mystère de son auteur tout autant que le fait qu'il ait tout d'abord circulé sous le manteau, comme quelque chose d'absolument honteux, entre le désir de dire et le sceau du silence. Nous sommes dans le Moscou de 1916, Vadim, le narrateur, est un jeune lycéen. La première partie s'articule autour de sa vie d'étudiant, ses amis, l'irrespect et la honte de sa mère, usée par le travail et la rudesse de la vie. Il y a un vrai amour-haine pour la matriarche, se saignant pour les plaisirs de son fils, avec laquelle il joue. Il la saigne et en pleure, l'asséche et la méprise. Il fréquente les prostituées et les hôtels de passe, prends des chambres glauques pour 50 kopecks. En parallèle, lorsqu'il rencontre Sonia, femme volage, il éprouve pour elle un amour si sensible qu'il ne parvient pas à la désirer et se soustrait aux plaisirs charnels. Sa lente et longue descente dans la dépendance de la cocaïne nous plonge dans les affres de l'intensité des shoots et des descentes vertigineuses. Aguéev en parle avec une justesse presque dérangeante. Nous voilà pris dans la course du besoin d'argent, des peurs, du "Bonheur" (terme employé) des montées et de la déprime des descentes, si bien que l'on se demande où tout cela va s'arrêter. Il volera sa propre mère pour la Fée Blanche, qu'il poussera au suicide, laissée dans un abandon et un désoeuvrement total. Roman avec cocaïne est un livre majestueux sur la Russie du début du 20ème siècle qui dérange, déroute et ne laisse pas indifférent. Il est sublimement écrit, entre Nabokov et Proust... rien que cela ! A mettre entre toutes les mains, vraiment !
    Lire la suite
    En lire moins
  • charlit21 Posté le 28 Septembre 2019
    Le "One Shot" génial d'un écrivain inconnu, et le mystère participe (chez moi en tout cas) de la fascination. C'est peut-être personnel mais dans un tel texte, ne pas connaître l'auteur m'envahit d'une sorte de doux vertige. Comme si je tombais sur de vieilles lettres au fond d'un grenier, des lettres qui font resurgir des sensibilités d'antan, mortes et oubliées. Il y a un narrateur, mais on ne sait qui rumine à travers lui. Qui? Quel magicien du style (?!), quel hypersensible de l'affect, quel Salinger, quel Nabokov, quel Musil? Quel est cet anonyme dont l'être palpite ainsi entre les lignes? Mystère mystère. Le livre: c'est l'histoire, à la première personne, de Vadim, un jeune homme intelligent mais torturé. Il grandit à Moscou au moment de la révolution (dont le livre ne parle jamais). C'est dans ce cadre que Vadim témoigne de : - sa cruauté; ses mauvais penchants qui l'habitent et le soumettent irrépressiblement. - sa désorientation: il bat des mains comme pour rester en surface, tandis que son esprit prend l'eau de toutes parts. Vadim est un fils, un mauvais fils, un fils qui dépouille sa mère - vieille femme flétrie par le travail et la pauvreté - de ses maigres ressources pour financer:... Le "One Shot" génial d'un écrivain inconnu, et le mystère participe (chez moi en tout cas) de la fascination. C'est peut-être personnel mais dans un tel texte, ne pas connaître l'auteur m'envahit d'une sorte de doux vertige. Comme si je tombais sur de vieilles lettres au fond d'un grenier, des lettres qui font resurgir des sensibilités d'antan, mortes et oubliées. Il y a un narrateur, mais on ne sait qui rumine à travers lui. Qui? Quel magicien du style (?!), quel hypersensible de l'affect, quel Salinger, quel Nabokov, quel Musil? Quel est cet anonyme dont l'être palpite ainsi entre les lignes? Mystère mystère. Le livre: c'est l'histoire, à la première personne, de Vadim, un jeune homme intelligent mais torturé. Il grandit à Moscou au moment de la révolution (dont le livre ne parle jamais). C'est dans ce cadre que Vadim témoigne de : - sa cruauté; ses mauvais penchants qui l'habitent et le soumettent irrépressiblement. - sa désorientation: il bat des mains comme pour rester en surface, tandis que son esprit prend l'eau de toutes parts. Vadim est un fils, un mauvais fils, un fils qui dépouille sa mère - vieille femme flétrie par le travail et la pauvreté - de ses maigres ressources pour financer: 1. ses habits, son train de vie; 2. ses frasques sexuelles; 3. sa prise de coke. Voir comment il domine cruellement "la vieille", lors de confrontations terribles avec elle... C'est positivement horrible. On sent chez lui le besoin de rabaisser sa mère (le vice est à l'oeuvre...). Mais aussi de susciter l'estime maternelle, et donc son amour, par cette fausse assurance virile, parfaitement puérile et dispensable. Voir comment, une fois qu'il a ainsi soutiré ("volé") de l'argent, il va ensuite se ratatiner dans un coin pour y pleurer à chaudes larmes. Récit tragique: la mère épuise ses forces pour que vive son fils, tout en s'effaçant pour ne pas l'incommoder. Le fils, lui, utilise ce don sacrificiel pour courir à sa propre perte. Récit amer, celui d'une déchéance éprouvée de l'intérieur: Vadim se vit comme un fruit pourri, ou, dit autrement, il sent le pourrissement agir en lui... Son péché - de pleine conscience - a un côté vital, forcé par la nature. Péché contre lui-même, péché contre sa mère. La cocaïne entre les dents, et alors qu'il augmente les doses, il "sent" qu'il ne peut en être autrement. Que dire du livre?... Il fait parti de ces livres que j'imagine nés de fulgurances disjointes, de trouvailles inspirées mais autonomes, de notes éparses, rassemblées, réorganisées... pour trouver à la fin, et laborieusement, la cohérence d'ensemble? Une écriture morcellée, hystérisée par les nuits blanches(?), l'alcool(?), la cocaïne(?), que sais-je... C'est une totale supposition! Aussi bien M. "Aguéev" se levait-il tous les matins 8h pour reprendre son travail sagement, en pantoufles, une tasse de café chaud dans la main gauche... allez savoir. (NB: J'ai un peu la même impression en ce moment avec le début du Le Loup des Steppes: impression que l'auteur rassemble en même temps des vieux écrits, essais, poèmes, qu'il les insère en cours de route...) Sinon le texte a beau avoir été écrit il y a un siècle et en Russie, je le trouve tout-à-fait actuel, par ses thèmes (marasme, désorientation), par son ton, osé, affranchi. Peut-être d'autant plus que le cadre historique est à peine présent. Les jalousies en classe, les humiliations au tableau, les victoires d'écoliers, les camaraderies, vraies ou fausses, sont tout autant celles de notre enfance. "Prostitution" et "cocaïne" sont plus éloignées de nous, mais j'imagine qu'on peut facilement les transposer. Enfin, aucune ride dans l'écriture, et je trouve la traduction remarquable. Ces derniers jours, un ami qui me prête des livres me le sort de sous le manteau, "last but not least", la pépite que l'on n'attendait plus... Par un hasard amusant, je venais à peine de le finir, conseillé par un autre ami, sur le même ton de confidence.
    Lire la suite
    En lire moins
  • CharlesEdouard Posté le 16 Juillet 2018
    Un classique méconnu, dont j'invite Nastasia-B (spécialiste de littérature russe) à le découvrir à moins que cela soit déjà fait.. Peut-on le comparer à l'essai de Aldous Huxley : "Les portes de la perception" ?
  • Merik Posté le 7 Avril 2018
    Il plane, ou il a plané, une aura de mystère autour de ce roman. Sur l'auteur tout d'abord, dont l'identité semble certaine depuis peu seulement. On a pensé à Nabokov, il y a eu des enquêtes, la dernière s'arrêtant à Mark Lévi de source quasi certaine *. Mark Lévi, nom de plume M Aguéev, un illustre inconnu dont peu d'éléments biographiques majeurs lui survivent, en dehors de la parution en 1930 de son unique livre. Et s'il y a eu autant de volonté à savoir presque un siècle après, on se doute que c'est pas pour le premier roman de gare venu de l'est. Non, c'est surtout parce que le contenu est édifiant. Dès le début on est saisi de stupeur quand Vadim, du haut de ses 16 ans, de honte fait passer cette vieille dame loqueteuse pour sa gouvernante, en lieu et place de sa pauvre mère venue lui apporter au lycée une enveloppe qu'il avait oubliée. Lui et ses copains en rigolent crânement. Ou quand la honte se mue en cruauté, la dérive des sentiments s'installe et ne s'arrêtera qu'à déchéance totale. Dualité des sentiments encore quand dans la deuxième partie Vadim veut embrasser la... Il plane, ou il a plané, une aura de mystère autour de ce roman. Sur l'auteur tout d'abord, dont l'identité semble certaine depuis peu seulement. On a pensé à Nabokov, il y a eu des enquêtes, la dernière s'arrêtant à Mark Lévi de source quasi certaine *. Mark Lévi, nom de plume M Aguéev, un illustre inconnu dont peu d'éléments biographiques majeurs lui survivent, en dehors de la parution en 1930 de son unique livre. Et s'il y a eu autant de volonté à savoir presque un siècle après, on se doute que c'est pas pour le premier roman de gare venu de l'est. Non, c'est surtout parce que le contenu est édifiant. Dès le début on est saisi de stupeur quand Vadim, du haut de ses 16 ans, de honte fait passer cette vieille dame loqueteuse pour sa gouvernante, en lieu et place de sa pauvre mère venue lui apporter au lycée une enveloppe qu'il avait oubliée. Lui et ses copains en rigolent crânement. Ou quand la honte se mue en cruauté, la dérive des sentiments s'installe et ne s'arrêtera qu'à déchéance totale. Dualité des sentiments encore quand dans la deuxième partie Vadim veut embrasser la terre entière et ignore sa mère croisée sur les boulevards, un Vadim incapable de désirer Sonia son grand amour, étouffé qu'il est par l'emprise du cœur, « trop sensible pour être sensuel » . Ou un Vadim qui succombe à la cocaïne dans le troisième temps du roman, un peu par oisiveté, sans doute parce que son âme est définitivement blessée, que l'on suit pétri d'amour pour sa mère endormie, alors qu'il lui vole une broche pour plus de poudre magique. Il y a dans ce livre des passages saisissants de lucidité sur les travers de l'âme humaine. Si Aguéev met en scène la cruauté du narrateur envers sa mère, on se dit pas que c'est atroce tellement c'est cruel, on se dit voilà, la cruauté c'est ça. Une sorte de définition par l'exemple narratif, bien mieux que Robert et Larousse réunis. Il y a surtout profusion de passages scotchants de maîtrise et de clarté confondues, où les images et les comparaisons y sont saisissantes de réalisme, les formules pénétrantes. Je pense en particulier aux errements de Vadim sur les boulevards, à la recherche d'un amour pour un soir. Ou la description minutieuse et dédoublée par sa conscience de sa première nuit sous emprise de cocaïne. Il y a encore tellement à dire si l'on en est capable, les interprétations et les pistes de lecture abondent sur le net, qui inscrivent l'errance du narrateur dans un contexte historique de la Russie révolutionnaire de 1917, ou sous l'angle du bolchevisme et de l'antisémitisme naissant. Roman avec cocaïne, un roman comme une piqûre de rappel pour moi, que je relis régulièrement au fil des ans. Comme un rendez-vous sulfureux et égoïste dans ma vie de lecteur, peut-être pour vérifier où j'en suis, si j'ai pas trop changé, peut-être aussi pour m'assurer que j'avais pas rêvé la première fois. Non j'avais pas rêvé, c'est un grand, un sacré bon roman. * http://www.lemonde.fr/m-actu/article/2013/08/09/l-enigme-m-agueev_3459015_4497186.html
    Lire la suite
    En lire moins
Lisez inspiré avec 10/18 !
Voyagez hors des sentiers battus, loin d'une littérature conventionnelle et attendue…