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10/18
EAN : 9782264075574
Code sériel : 5615
Façonnage normé : POCHE
Nombre de pages : 288
Format : 108 x 177 mm

Taxi Curaçao

DANIEL CUNIN (Traducteur)
Date de parution : 02/07/2020
Entre Saga familiale et roman social, une plongée dans le quotidien de l’île de Curaçao.
Curaçao, Caraïbes, 1961. Max Tromp débarque un matin dans la classe du frère Daniel à bord du taxi rutilant de son père. Du haut de ses 12 ans, c'est un gamin futé qui rêve de devenir instituteur. Mais dans cette île étranglée, il est vite rattrapé par son destin et... Curaçao, Caraïbes, 1961. Max Tromp débarque un matin dans la classe du frère Daniel à bord du taxi rutilant de son père. Du haut de ses 12 ans, c'est un gamin futé qui rêve de devenir instituteur. Mais dans cette île étranglée, il est vite rattrapé par son destin et n'a bientôt d'autre choix que de reprendre le volant de la Dodge Matador paternelle. Tandis que les années s'égrènent, Max, père à son tour, croit déjouer le sort quand son fils prend le chemin de l'école. Les Tromp parviendront-ils enfin à échapper à leur condition ?
À travers cette chronique sur trois générations, Taxi Curaçao dresse un portrait coup de poing d'un pays qui porte les stigmates de la colonisation.

« Un drame postcolonial construit comme une tragédie classique. Stefan Brijs signe ici un texte si subtil et poignant qu’il est difficile de s’en détacher. » Le Monde des Livres

Traduit du néerlandais (Belgique) par Daniel Cunin
 
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EAN : 9782264075574
Code sériel : 5615
Façonnage normé : POCHE
Nombre de pages : 288
Format : 108 x 177 mm

Ce qu'en pensent nos lecteurs sur Babelio

  • GenevieveT Posté le 1 Octobre 2021
    "- Eh bien moi, à son âge, je savais déjà ce que je voulais faire. La réplique avait échappé à Max. Son visage montrait qu'il regrettait déjà d'avoir prononcé ces mots. - Ah bon? Et quoi donc alors? demanda sa femme en le considérant avec étonnement. Sonny attendait, tout aussi curieux. Les yeux de Roy passèrent cette fois sur la grande salle comme pour se raccrocher à quelqu'un. Max hésita. Son regard me chercha brièvement. Puis il dit : "Instituteur". - Instituteur? Toi? Non mais sans rire" fit Lucia avec condescendance. Un nuage passa sur le visage de Max. En vain, il essaya de retrouver une certaine contenance devant son fils qui l'observait à moitié amusé, à moitié gêné. [...] - Alors pourquoi t'es pas devenu instituteur? demanda Sonny - Oui, pourquoi?" renchérit Lucia. Max inclina la tête pour réfléchir à la meilleure réponse à donner. Dès qu'il la releva, ses yeux rencontrèrent ceux de son père. Ils se fixèrent sans cligner des paupières comme deux enfants qui jouent à rester le plus longtemps possible sans bouger. A ce jeu, c'est Max qui a perdu. "- Les circonstances", fit-il en détournant le regard. Lucia comprit sans plus d'explications. Pas Sonny." Entamer une critique par une citation permet de donner un... "- Eh bien moi, à son âge, je savais déjà ce que je voulais faire. La réplique avait échappé à Max. Son visage montrait qu'il regrettait déjà d'avoir prononcé ces mots. - Ah bon? Et quoi donc alors? demanda sa femme en le considérant avec étonnement. Sonny attendait, tout aussi curieux. Les yeux de Roy passèrent cette fois sur la grande salle comme pour se raccrocher à quelqu'un. Max hésita. Son regard me chercha brièvement. Puis il dit : "Instituteur". - Instituteur? Toi? Non mais sans rire" fit Lucia avec condescendance. Un nuage passa sur le visage de Max. En vain, il essaya de retrouver une certaine contenance devant son fils qui l'observait à moitié amusé, à moitié gêné. [...] - Alors pourquoi t'es pas devenu instituteur? demanda Sonny - Oui, pourquoi?" renchérit Lucia. Max inclina la tête pour réfléchir à la meilleure réponse à donner. Dès qu'il la releva, ses yeux rencontrèrent ceux de son père. Ils se fixèrent sans cligner des paupières comme deux enfants qui jouent à rester le plus longtemps possible sans bouger. A ce jeu, c'est Max qui a perdu. "- Les circonstances", fit-il en détournant le regard. Lucia comprit sans plus d'explications. Pas Sonny." Entamer une critique par une citation permet de donner un aperçu du style, de "planter le décors". Le récit est fait par le frère Daniel, instituteur de Max, devenu ami de la famille, sur cette île de Curaçao encore sous influence hollandaise, dans les années 60. Frère Daniel nous raconte la vie de Max, l'influence de son père Roy, et la volonté de Max d'offrir mieux à son fils Sonny, de faire en sorte que l'histoire ne se répète pas.
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  • MahaultMots Posté le 21 Octobre 2020
    Ce livre, reçu dans le cadre d'une masse-critique Babelio, a été une bonne lecture. Je ne connaissais pas l'auteur auparavant et c'est lors de sa sortie en poche chez 10/18 que ce titre a commencé à susciter mon intérêt. On y aborde de nombreux thèmes et en premier lieu la colonisation, qui constitue une part importante de l'histoire du lieu et aura forcément aussi son rôle à jouer dans la vie des personnages. Il y est aussi question des relations père-fils, de rédemption et de stagnation social, de la force du déterminisme, de racisme ... Bref, vous l'aurez compris, c'est un tableau plutôt sombre. Le roman est relativement court (moins de 300 pages) mais n'en est pas moins fort, et cela grâce à un style fort, très fluide à lire, qui insuffle une vie immédiate aux personnages et nous immerge au plus près de leurs histoires. Tant d'ailleurs qu'on a l'impression de voir certaines scènes se déroulées sous nos yeux. J'émets tout de même une petite réserve en ce qui concerne le dernier tiers du roman (exceptée la toute fin) car le rythme m'a semblé retomber et la plume, être moins alerte. Néanmoins, si les sujets cités au-dessus vous intéressent en littérature,... Ce livre, reçu dans le cadre d'une masse-critique Babelio, a été une bonne lecture. Je ne connaissais pas l'auteur auparavant et c'est lors de sa sortie en poche chez 10/18 que ce titre a commencé à susciter mon intérêt. On y aborde de nombreux thèmes et en premier lieu la colonisation, qui constitue une part importante de l'histoire du lieu et aura forcément aussi son rôle à jouer dans la vie des personnages. Il y est aussi question des relations père-fils, de rédemption et de stagnation social, de la force du déterminisme, de racisme ... Bref, vous l'aurez compris, c'est un tableau plutôt sombre. Le roman est relativement court (moins de 300 pages) mais n'en est pas moins fort, et cela grâce à un style fort, très fluide à lire, qui insuffle une vie immédiate aux personnages et nous immerge au plus près de leurs histoires. Tant d'ailleurs qu'on a l'impression de voir certaines scènes se déroulées sous nos yeux. J'émets tout de même une petite réserve en ce qui concerne le dernier tiers du roman (exceptée la toute fin) car le rythme m'a semblé retomber et la plume, être moins alerte. Néanmoins, si les sujets cités au-dessus vous intéressent en littérature, n'hésitez pas à donner une chance à ce petit roman qui en vaut la peine.
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  • chichinette3 Posté le 30 Septembre 2020
    Je tiens tout d'abord à remercier les éditions 10/18 et Babelio pour l'envoi de ce roman. Je l'ai reçu il y a une semaine dans le cadre d'une masse critique et je l'ai lu avec beaucoup de plaisir. Loin des clichés paradisiaques, l'auteur nous dépeint une île en proie à la misère, au post Colonialisme et à la violence. Au milieu, trois generations, trois destins tragiques et malmenés. J'ai ressenti énormément d'empathie pour les personnages, jusqu'aux larmes. Leurs espoirs, leurs rêves, leurs relations de confiance pour certaines, toxiquues pour d'autres, les joies mais aussi leur tristesse, leur entêtement, leur accablement, leur détermination, toutes les émotions sont présentes, fortes et poignantes. Rien n'est laisse au hasard, tout est décrit avec réalisme et pudeur. Jusqu'à la dernière ligne, on est pris dans le roman, jusqu'au dénouement tragique comme les protagonistes, comme l'Île elle même.
  • Luniver Posté le 29 Septembre 2020
    Curaçao, les Caraïbes, ça évoque les vacances, et les cocktails sur une plage paradisiaque. La vie de ses habitants, en 1960, est pourtant loin de l’être, paradisiaque. L’île est en effet toujours gérée par les colons néerlandais, et les natifs subsistent comme ils le peuvent, à base de petites combines et d’aides alimentaires. Le récit met en scène le Frère Daniel, un des rares religieux noirs de l’île. Déterminé à améliorer le quotidien de la population, il prend sous son aile un jeune garçon, Max, et sa mère, et tente de ramener le père, Roy, chauffeur de taxi qui a abandonné sa famille à la première occasion, dans le droit chemin. Il pourra pourtant se mordre les doigts de cette dernière décision. Car si Max tente d’améliorer son avenir et ambitionne de devenir instituteur, son père ne voit pas les choses de la même manière. Pour lui, seul compte son taxi, et son fils doit reprendre sa succession. Il fera tout pour contraindre sa famille à suivre ses propres ambitions. Quand Max et sa mère économisent patiemment un petit pécule pour l’avenir, Roy tente de les convaincre de tout jouer au casino, ou de tout risquer sur une autre source d’argent facile.... Curaçao, les Caraïbes, ça évoque les vacances, et les cocktails sur une plage paradisiaque. La vie de ses habitants, en 1960, est pourtant loin de l’être, paradisiaque. L’île est en effet toujours gérée par les colons néerlandais, et les natifs subsistent comme ils le peuvent, à base de petites combines et d’aides alimentaires. Le récit met en scène le Frère Daniel, un des rares religieux noirs de l’île. Déterminé à améliorer le quotidien de la population, il prend sous son aile un jeune garçon, Max, et sa mère, et tente de ramener le père, Roy, chauffeur de taxi qui a abandonné sa famille à la première occasion, dans le droit chemin. Il pourra pourtant se mordre les doigts de cette dernière décision. Car si Max tente d’améliorer son avenir et ambitionne de devenir instituteur, son père ne voit pas les choses de la même manière. Pour lui, seul compte son taxi, et son fils doit reprendre sa succession. Il fera tout pour contraindre sa famille à suivre ses propres ambitions. Quand Max et sa mère économisent patiemment un petit pécule pour l’avenir, Roy tente de les convaincre de tout jouer au casino, ou de tout risquer sur une autre source d’argent facile. Plans qui se révèlent rarement fructueux, mais Roy balaie les reproches d’un revers de la main : avec le taxi, l’avenir leur est de toute façon assuré. Le roman est assez sombre : derrière l’histoire de la famille de Max se dessine un système colonial en fin de vie, mais qui continue de peser sur l’avenir des noirs de l’île. Et quand les colons s’en vont enfin, ce sont les trafiquants de drogue d’Amérique du Sud qui flairent la bonne affaire et font miroiter aux plus pauvres des fortunes pour quelques menus services, qui ont cependant pour effet de raccourcir sérieusement leur espérance de vie. À Curaçao, le paradis n’existe que pour les touristes.
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  • Juin Posté le 9 Août 2020
    Un livre que j'ai eu du mal à démarrer et pourtant il mérite d'être lu. Curaçao je ne connaissais pas- à part le nom de l'alcool -. C'est une île des Caraibes qui fait partie des Pays-Bas. Taxi Curaçao c'est une histoire de 3 générations. Au cœur du roman il y a la Dodge, voiture rutilante au début et son chauffeur, hâbleur, le père de Max qui avait peut-être le tort d'avoir un père. La vie est rude et la pauvreté est comme un chancre dont ils ne peuvent se débarrasser malgré des rêves de réussite pour cette famille. C'est frère Daniel qui raconte, comme un témoin extérieur, il est présent pour la famille Tromp. a l'écoute, encourageant mais râlant aussi après cette destinée misérable qui ne se semble pas vouloir les lâcher. Des personnages bien campés, une histoire qui montre que dès la naissance tu es marqué par un avenir sans espoir. Et pourtant ... Chronique d'une famille comme une tragédie, ce n'est pas un roman optimiste. La "folie" du père de Max nous fait sourire quelquefois mais décidément c'est un roman bien pessimiste. Avec une fin comme un uppercut. Sinon... Un livre que j'ai eu du mal à démarrer et pourtant il mérite d'être lu. Curaçao je ne connaissais pas- à part le nom de l'alcool -. C'est une île des Caraibes qui fait partie des Pays-Bas. Taxi Curaçao c'est une histoire de 3 générations. Au cœur du roman il y a la Dodge, voiture rutilante au début et son chauffeur, hâbleur, le père de Max qui avait peut-être le tort d'avoir un père. La vie est rude et la pauvreté est comme un chancre dont ils ne peuvent se débarrasser malgré des rêves de réussite pour cette famille. C'est frère Daniel qui raconte, comme un témoin extérieur, il est présent pour la famille Tromp. a l'écoute, encourageant mais râlant aussi après cette destinée misérable qui ne se semble pas vouloir les lâcher. Des personnages bien campés, une histoire qui montre que dès la naissance tu es marqué par un avenir sans espoir. Et pourtant ... Chronique d'une famille comme une tragédie, ce n'est pas un roman optimiste. La "folie" du père de Max nous fait sourire quelquefois mais décidément c'est un roman bien pessimiste. Avec une fin comme un uppercut. Sinon cela a l'air paradisiaque Curaçao.
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