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Robert Laffont
EAN : 9782221218686
Façonnage normé : BROCHE
Nombre de pages : 660
Format : 1 x 240 mm

L'Abominable

Cécile ARNAUD (Traducteur)
Date de parution : 17/10/2019

En 1924, la course pour parvenir au plus haut sommet du monde s’interrompt brutalement suite à la terrible disparition des célèbres alpinistes George Mallory et Sandy Irvine. L’année suivante, trois hommes – un poète britannique vétéran de la Grande Guerre, un guide de montagne français et un jeune idéaliste américain...

En 1924, la course pour parvenir au plus haut sommet du monde s’interrompt brutalement suite à la terrible disparition des célèbres alpinistes George Mallory et Sandy Irvine. L’année suivante, trois hommes – un poète britannique vétéran de la Grande Guerre, un guide de montagne français et un jeune idéaliste américain – tentent à leur tour leur chance. Mais quelqu’un, ou quelque chose, les poursuit, et, à 8 500 mètres d’altitude, alors que l’oxygène vient à manquer, l’expédition vire bientôt au cauchemar.
Qui est à leurs trousses ? Et quelle vérité se cache derrière les disparitions de 1924 ? Tandis qu’ils poursuivent leur ascension jusqu’au sommet du monde, les trois aventuriers vont découvrir un secret plus abominable encore que toutes les créatures mythiques jamais imaginées.

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EAN : 9782221218686
Façonnage normé : BROCHE
Nombre de pages : 660
Format : 1 x 240 mm
Robert Laffont

Ce qu'en pensent nos lecteurs sur Babelio

  • diablotin0 Posté le 22 Août 2020
    Pour les amoureux de la montagne ou encore mieux pour les alpinistes, je pense que ce roman doit être un régal. Pour moi qui ne suis ni l'un ni l'autre, j'y ai trouvé des longueurs. Les descriptions parfois techniques, toujours très documentées ont été parfois un peu fastidieuses et je dois avouer que certaines pages ont été lues en diagonale. L'intrigue est tout à fait secondaire. L'intérêt de ce roman est bien plus la vision très réaliste (enfin je pense) de l'ascension, par nos 3 alpinistes, des montagnes dans des conditions extrêmes. On arrive à s'imaginer les difficultés, le froid, la dangerosité sans aucune difficulté, les descriptions sont de grandes qualités et hyper documentées. (mais un peu trop pour moi). Je ne fais sans doute pas partie du public visé par l'auteur qui, à mon avis cible des lecteurs plus avertis ! J'ai tout de même apprécié et ne vais pas bouder cet auteur !
  • Foxfire Posté le 2 Juillet 2020
    Dan Simmons m’a soufflée ! « L’abominable » est un roman magistral qui vient une nouvelle fois prouver le talent de conteur de Simmons. Le titre est trompeur, enfin l’est-il vraiment ?, « l’abominable » n’est pas ce qu’on s’imagine lorsqu’on s’y attaque. Il s’agit avant tout d’un formidable récit d’aventure mais c’est aussi bien plus que ça. Le roman se place dans le monde de l’alpinisme dans les années 30. Cet aspect est très documenté, Simmons a dû lire des tonnes d’ouvrages sur le sujet, la véracité est totale. Si les aspects techniques sont très présents, on parle crampons, cordes, équipement…, ces éléments sont rendus passionnants par l’auteur et n’amoindrissent jamais le souffle du récit. Au contraire, ces considérations techniques montrent à quel point l’alpinisme à l’époque était une véritable aventure pleine de risques et de dangers. Ces périls, Simmons les fait ressentir pleinement au lecteur. On est dans les pas des personnages, on peine avec eux, on a froid avec eux… Le roman d’aventure se double d’un thriller de haute volée. La tension est permanente, le suspense parfaitement maîtrisé. Simmons emmène son récit dans une direction inattendue. Le côté thriller du roman a une dimension historique qui tient presque... Dan Simmons m’a soufflée ! « L’abominable » est un roman magistral qui vient une nouvelle fois prouver le talent de conteur de Simmons. Le titre est trompeur, enfin l’est-il vraiment ?, « l’abominable » n’est pas ce qu’on s’imagine lorsqu’on s’y attaque. Il s’agit avant tout d’un formidable récit d’aventure mais c’est aussi bien plus que ça. Le roman se place dans le monde de l’alpinisme dans les années 30. Cet aspect est très documenté, Simmons a dû lire des tonnes d’ouvrages sur le sujet, la véracité est totale. Si les aspects techniques sont très présents, on parle crampons, cordes, équipement…, ces éléments sont rendus passionnants par l’auteur et n’amoindrissent jamais le souffle du récit. Au contraire, ces considérations techniques montrent à quel point l’alpinisme à l’époque était une véritable aventure pleine de risques et de dangers. Ces périls, Simmons les fait ressentir pleinement au lecteur. On est dans les pas des personnages, on peine avec eux, on a froid avec eux… Le roman d’aventure se double d’un thriller de haute volée. La tension est permanente, le suspense parfaitement maîtrisé. Simmons emmène son récit dans une direction inattendue. Le côté thriller du roman a une dimension historique qui tient presque du roman d’espionnage sans que jamais l’aventure ne perde de son souffle. Ce changement de cap de l’intrigue m’a vraiment surprise mais le tour de force c’est que ça parait naturel, on n’a jamais le sentiment que l’auteur a recours à un truc, ça glisse tout seul. Ajoutez à cette construction imparable des personnages vivants et bien campés et des descriptions immersives… Voilà un roman qui atteint des sommets. J’ai adoré.
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  • mellemielle Posté le 25 Juin 2020
    De prime abord il était question d’alpinisme, d’Everest et peut-être de yétis vu la couverture du livre . Pas très fan de l’alpinisme, et plus habituée aux vallées plutôt qu’aux sommets, j’ai failli arrêter la lecture dès les deux premiers chapitre. Mais je n’aime pas m’avouer vaincu et j’y suis retournée en me disant que peut-être j’allais rater quelque chose de bien. Et bien franchement je n’ai pas été déçu, que du contraire ! En 1924, George Mallory et Sandy Irvine meurent lors de l’ascension de l’Everest sans que nous sachions s’ils sont arrivés au sommet de l’Everest (histoire vraie) . L'année suivante, nous faisons la connaissance d’une américain, d’un britannique et d’un français qui vont aussi tenter cette aventure. Mais on sait très vite que rien ne sera simple et que l’ascension sera difficile. La première partie du livre parle de la préparation de cette expédition, et pour ma part, j’ai trouvé cela passionnant (même si le rythme est un peu lent) ! on apprend plein de choses ! on peut remercier l’auteur pour son grand travail de documentation. L’autre partie importante sera celle de la montée. On vibre littéralement avec les héros, on image parfaitement les différents scènes, c’est époustouflant ! Une fois... De prime abord il était question d’alpinisme, d’Everest et peut-être de yétis vu la couverture du livre . Pas très fan de l’alpinisme, et plus habituée aux vallées plutôt qu’aux sommets, j’ai failli arrêter la lecture dès les deux premiers chapitre. Mais je n’aime pas m’avouer vaincu et j’y suis retournée en me disant que peut-être j’allais rater quelque chose de bien. Et bien franchement je n’ai pas été déçu, que du contraire ! En 1924, George Mallory et Sandy Irvine meurent lors de l’ascension de l’Everest sans que nous sachions s’ils sont arrivés au sommet de l’Everest (histoire vraie) . L'année suivante, nous faisons la connaissance d’une américain, d’un britannique et d’un français qui vont aussi tenter cette aventure. Mais on sait très vite que rien ne sera simple et que l’ascension sera difficile. La première partie du livre parle de la préparation de cette expédition, et pour ma part, j’ai trouvé cela passionnant (même si le rythme est un peu lent) ! on apprend plein de choses ! on peut remercier l’auteur pour son grand travail de documentation. L’autre partie importante sera celle de la montée. On vibre littéralement avec les héros, on image parfaitement les différents scènes, c’est époustouflant ! Une fois ce livre commencé c’est le dépaysement assuré ! Très bien écrit, haletant, prenant, une très belle lecture ! j’ai bien fait de persévérer !
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  • boudicca Posté le 27 Janvier 2020
    8 juin 1924. George Mallory et Sandy Irvine, deux alpinistes anglais, délaissent les membres de leur expédition pour entreprendre, seuls, la dernière étape de l’ascension de l’arête nord de l’Everest. On ne les reverra jamais et, aujourd’hui encore, on ignore comment ils ont disparu et s’ils sont parvenus à atteindre le sommet avant de périr. Voilà un mystère à même d’enflammer l’imagination d’un auteur comme Dan Simmons, qui s’est justement penché sur le sort de cette tragique expédition dans un roman paru en 2013 et traduit il y a peu par les éditions Robert Laffont. Ce n’est pas la première fois que l’écrivain s’inspire d’un fait-divers historique de ce type pour en tirer un roman fantastique : je garde pour ma part un vif souvenir de ma lecture de « Terreur » consacré à l’expédition du capitaine John Franklin, disparue dans l’Arctique sans laisser de traces. Hélas ! Hélas quelle déception que cet « Abominable » qui, en dépit d’un début plein de promesses, retombe comme un soufflet ! Tout commençait pourtant bien. Après un prologue alléchant dans lequel l’auteur se met lui-même en scène et affirme avoir mis la main sur un témoignage exceptionnel rédigé par un certain Jake Perry, on se plonge avec délice dans... 8 juin 1924. George Mallory et Sandy Irvine, deux alpinistes anglais, délaissent les membres de leur expédition pour entreprendre, seuls, la dernière étape de l’ascension de l’arête nord de l’Everest. On ne les reverra jamais et, aujourd’hui encore, on ignore comment ils ont disparu et s’ils sont parvenus à atteindre le sommet avant de périr. Voilà un mystère à même d’enflammer l’imagination d’un auteur comme Dan Simmons, qui s’est justement penché sur le sort de cette tragique expédition dans un roman paru en 2013 et traduit il y a peu par les éditions Robert Laffont. Ce n’est pas la première fois que l’écrivain s’inspire d’un fait-divers historique de ce type pour en tirer un roman fantastique : je garde pour ma part un vif souvenir de ma lecture de « Terreur » consacré à l’expédition du capitaine John Franklin, disparue dans l’Arctique sans laisser de traces. Hélas ! Hélas quelle déception que cet « Abominable » qui, en dépit d’un début plein de promesses, retombe comme un soufflet ! Tout commençait pourtant bien. Après un prologue alléchant dans lequel l’auteur se met lui-même en scène et affirme avoir mis la main sur un témoignage exceptionnel rédigé par un certain Jake Perry, on se plonge avec délice dans les carnets de ce vieil alpiniste qui, sentant la fin venir, décide de revenir sur un épisode déterminant de sa vie : sa tentative clandestine d’ascension de l’Everst en 1925 en compagnie d’un petit groupe d’aventuriers. Ils sont trois, dans un premier temps, à entreprendre cette expédition périlleuse : le jeune Perry, un vétéran de la Première Guerre mondiale et ancien compagnon de cordée de George Mallory, et un talentueux guide de Chamonix. Si chacun d’entre eux entend bien réussir là où leurs prédécesseurs ont échoué, ce n’est toutefois pas le but officiel de leur voyage. En effet, au même moment de la disparition de Mallory et Irvine, un jeune alpiniste anglais suivant l’expédition principale est lui aussi porté disparu. Un témoin, un homologue allemand, prétend avoir vu Lord Percy se faire emporter par une avalanche, mais personne ne semble croire à cette théorie qui comporte de sérieuses lacunes. Certains racontent que le jeune homme paraissait être pris en chasse par des hommes armés qui l’auraient poursuivit jusque sur les pentes de l’Everest. D’autres mentionnent l’existence de mystérieuses créatures qui hanteraient la montagne et s’attaqueraient occasionnellement aux aventuriers trop téméraires. A nos trois héros de démêler le vrai du faux et, si possible, de retrouver le corps du jeune homme, ainsi que, avec un peu de chance, ceux de Mallory et Irvine. Comme pour tous ses romans s’inspirant d’une période historique, Dan Simmons a pris soin d’accumuler une montagne d’informations. « L’Abominable » ne déroge pas à la règle et, à ce titre, s’avère passionnant, surtout dans la première partie. Le contexte historique, d’abord, est remarquablement détaillé. Nous sommes en plein dans l’entre deux-guerres, et les stigmates de la première sont toujours bien visibles, que ce soit chez les anciens combattants, toujours hantés par les souvenirs des tranchées, ou chez les civils qui ont tous perdus au moins un proche dans le carnage. L’auteur nous donne également un aperçu du contexte de l’Allemagne de l’époque, humiliée par les vainqueurs, en grande difficulté économique et dans laquelle émerge une nouvelle force politique incarnée par Adolf Hitler (qui s’attelle alors en prison à l’écriture de « Mein Kampf »). Mais là où l’auteur se fait le plus minutieux, c’est en ce qui concerne l’alpinisme, sujet à propos duquel il a réuni dans ce roman une documentation colossale. On en apprend ainsi beaucoup sur les nombreuses expéditions lancées dans les années 1920 afin de « conquérir » les plus hauts sommets du monde, ainsi que sur les tragédies qu’une telle ambition n’a pas manqué de provoquer. Le roman se révèle aussi très instructif concernant les techniques d’escalade ainsi que sur le matériel mis à disposition à l’époque, celui-ci nous étant présenté dans les moindres détails. La géographie de l’Everest n’aura également bientôt plus de secret pour le lecteur tant l’auteur se révèle précis dans sa description du terrain et des dangers que comporte telle ou telle partie de l’ascension. Enfin, il est extrêmement intéressant de se faire raconter de manière aussi minutieuse le fonctionnement d’une expédition de ce type, dont on peine à imaginer l’organisation et les ressources extraordinaires qu’elle nécessite. Recrutement des sherpas, installation des camps à différents niveaux d’altitude, montée du matériel, exploration du terrain… : Dan Simmons n’est, encore une fois, pas avare en détail et c’est dans ces moments que le roman se révèle vraiment passionnant car il permet une immersion totale du lecteur dans cet environnement hostile où la moindre erreur peut devenir mortelle. Malheureusement, en dépit d’une documentation impressionnante, le roman déçoit par son intrigue bâclée. Une fois passée l’excitation de la première partie consacrée au récit de la disparition de Mallory et Irvine et à la préparation de l’expédition des trois héros, il faut bien avouer qu’on finit par s’ennuyer ferme tant l’histoire met du temps à démarrer. Les alpinistes rassemblent leur matériel, discutent de ce qui les attend là haut, évoquent les différentes routes qu’ils pourront emprunter… et c’est tout pendant un long moment. Ce n’est que lorsque les personnages finissent par parvenir sur l’Everest que le lecteur est pris d’un regain d’intérêt. Enfin, on va découvrir ce qu’il est arrivé à Mallory et Irvine et basculer dans le fantastique ! Il faut dire que l’auteur nous avait mis l’eau à la bouche avec ses histoires de yétis dont les précédentes expéditions auraient relevées des traces et que les moines des environs disent avoir aperçus dans la montagne. On attend donc, sur nos gardes, que les choses sérieuses commencent. On attend. On attend… Et puis rien ne vient. Alors certes, la montée est émaillée de péripéties liées à la météo, au froid, au manque de matériel ou de préparation, mais la menace tant attendue n’arrive jamais. En effet, en dépit de ce que sous-entend la quatrième de couverture et de ce à quoi l’auteur nous avait jusque là habitué, il ne s’agit pas là d’un roman fantastique. Pas l’ombre d’un élément surnaturel ou possiblement interprétable comme tel en vu, donc. Le récit pourrait malgré tout valoir le coup : après tout, le mystère de la disparition du jeune lord anglais recherché pourrait tout à fait avoir une explication rationnelle aussi passionnante que si un élément fantastique avait été en cause. Sauf que l’explication qui nous est finalement donnée (après de très très longues digressions) est vraiment très légère et, comble de la déception, carrément prévisible. Car ce qu’on pensait depuis le début être une fausse piste cherchant à égarer le lecteur un peu trop crédule se révèle finalement être... la véritable explication. Circulez, il n’y a rien à voir ! En dépit d’une vaste biographie composée d’ouvrages de grande qualité (« Hypérion », « Terreur », « L’échiquier du mal » et tant d’autres), Dan Simmons n’a pas écrit que des chefs d’œuvre, et ce roman en est malheureusement la preuve. En dépit d’une documentation impeccable qui nous immerge complètement dans l’ambiance de l’époque et nous fait découvrir les spécificités de l’alpinisme sur l’Everest, le roman souffre malheureusement d’une intrigue bancale et prévisible, ainsi que d’un manque de rythme qui donne l’impression que l’auteur cherche à délayer au maximum son récit. Dommage...
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  • Lhotseshar Posté le 24 Janvier 2020
    Un tel livre m’était tout naturellement destiné : amateur de fantastique, de récit de montagne, et d’alpinisme, je ne pouvais effectivement pas passer à côté de cette production de l’auteur des cantos d’Hyperion. C’est même ma chérie qui me l’a offert pour Noël dernier… On entre très vite dans le livre par une préface qui semble nous raconter la démarche d’écriture de Dan Simmons pour son livre Terreur, dans les années 90, mais en fait elle fait partie de la fiction racontée dans le livre, et trouve sa conclusion dans une postface du même tenant. Dan Simmons serait ainsi entré en possession de cahiers de mémoire d’un certain Jacob – dit Jake – Perry, dont il présente le récit après l’avoir rencontré à la fin de sa vie. Pour ressituer le contexte, le roman nous met face à une réalité alternative, en 1924-1925, dans laquelle l’expédition britannique pour conquérir le sommet de l’Everest de 1924 (et échouer, avec la disparition des alpinistes Mallory et Irvine au dessus de 8.500 mètres d’altitude) aurait été suivie de la disparition sur la face nord d’un jeune Lord anglais, Percival Bromley, et de son compagnon de cordée autrichien (un inconnu total…) sous les... Un tel livre m’était tout naturellement destiné : amateur de fantastique, de récit de montagne, et d’alpinisme, je ne pouvais effectivement pas passer à côté de cette production de l’auteur des cantos d’Hyperion. C’est même ma chérie qui me l’a offert pour Noël dernier… On entre très vite dans le livre par une préface qui semble nous raconter la démarche d’écriture de Dan Simmons pour son livre Terreur, dans les années 90, mais en fait elle fait partie de la fiction racontée dans le livre, et trouve sa conclusion dans une postface du même tenant. Dan Simmons serait ainsi entré en possession de cahiers de mémoire d’un certain Jacob – dit Jake – Perry, dont il présente le récit après l’avoir rencontré à la fin de sa vie. Pour ressituer le contexte, le roman nous met face à une réalité alternative, en 1924-1925, dans laquelle l’expédition britannique pour conquérir le sommet de l’Everest de 1924 (et échouer, avec la disparition des alpinistes Mallory et Irvine au dessus de 8.500 mètres d’altitude) aurait été suivie de la disparition sur la face nord d’un jeune Lord anglais, Percival Bromley, et de son compagnon de cordée autrichien (un inconnu total…) sous les yeux d’alpinistes allemands. On se demande bien ce que tout ce petit monde pouvait bien faire sur le flanc nord de l’Everest juste après l’échec anglais… d’autant que les conditions de leur disparition semblent bien suspectes. Au début du récit, le lecteur fait la connaissance de 3 alpinistes en pleine ascension du Cervin, sommet mythique des Alpes : - le fameux Jake Perry de la préface, jeune américain idéaliste - Richard Deacon dit « le diacre », gentleman anglais ayant passé la première guerre mondiale sur le front et participé à deux expéditions sur l’Everest (celle de reconnaissance en 1921 et la première expédition avec Mallory en 1922), bien introduit dans les instances de l’alpinisme britannique - Jean-Claude Clairoux, jeune guide français prometteur et bricoleur de génie. Ces 3 alpinistes apprennent durant leur saison d’ascension la disparition de Mallory et Irvine, et vont vite se retrouver au centre d’une expédition officieuse dans le massif de l’Everest ayant pour but de retrouver trace de Lord Bromley. Le premier tiers du roman décrit la préparation minutieuse de l’expédition, l’entrainement de ses membres, et l’enquête qui les mène jusqu’à Munich dans une taverne bondée de membres du jeune parti national-socialiste allemand, dont font visiblement partie les témoins de la disparition de Lord Bromley. On note pendant toute cette partie l’extrême précision de l’auteur quant au matériel, à la description des vêtements d’expédition notamment, et bien entendu des fameux dispositifs à oxygène de cette époque. Après ces préparatifs, l’expédition arrive en Inde, et rejoint la plantation de la famille Bromley à Darjelling où elle doit récupérer ses sherpas et le quatrième membre de l’expédition devant accompagner nos 3 occidentaux. Il se trouve que ce 4ème membre est une femme, cousine de feu Lord Bromley… ce qui n’est pas pour plaire à Richard Deacon, qui entendait gérer l’expédition sans autre leader. C’est à ce moment que l’expédition démarre véritablement, à travers le nord de l’Inde, puis au Tibet, avant d’arriver au pied de l’immense face nord de l’Everest. Les 3 compères alpinistes, associés à une lady qu’ils passent leur temps à sous-estimer avant qu’elle ne fasse ses preuves et démontre toute son utilité et expérience, vont se mettre à une double tache : celle d’escalader l’Everest pour en faire la première ascension, et de retrouver le corps de Lord Bromley. Difficile de trouver une trace sur une montagne aussi immense, 1 an après la disparition d’une personne. De plus, Lady Bromley semble ne pas tout dire sur ses motivations… Le récit monte ainsi en intensité assez rapidement après l’établissement du camp de base, avec tous les classiques de la littérature de montagne – la tempête, les problèmes de santé, l’accident de porteur, les crevasses – mais c’est globalement bien crédible. On ne peut que reconnaître une documentation impressionnante de l’auteur, car en grand habitué des textes de montagne, j’ai trouvé le récit très réaliste. Les termes tombent toujours bien, alors qu’on a souvent dans ce genre de texte des coquilles de vocabulaire ou de pratique dès que l’on aborde les parties les plus techniques. On vit l’ascension avec l’expédition, dans ses difficultés, dans ses douleurs, dans ses accomplissements. Les personnages sont ainsi assez crédibles et attachants, bien qu’un peu trop stéréotypés : j’imagine que c’est un des effets de l’altitude de forcer les traits de caractère… L’histoire en elle-même oscille entre le récit d’ascension, dont il reprend tous les codes, et le thriller, avec un côté inquiétant lié à l’environnement particulièrement inhumain, mais aussi à une menace que l’on sent tout au long du roman proche des protagonistes, et qui finit par leur tomber dessus. Pourquoi faut-il absolument retrouver le corps du Lord, quand le désir le plus profond de ces 3 alpinistes chevronnés et doués est de faire la première du toit du monde ? Bien sûr, le roman soufre de quelques défauts : une relative longueur à se lancer, avec une première partie qui traîne un peu, et qui se perd parfois en détails techniques. Bien que très amateur moi-même, j’imagine le lecteur non initié qui doit se farcir ces passages décrivant les débits des machines à oxygène, ou les capacités calorifiques de certains tissus. Mode « regardez comme je me suis bien documenté » on ! Autre défaut, plus gênant, l’enchaînement des événements n’offre pas de réelle surprise, je m’attendais à la plupart des retournements de situation, et la bêtise / naïveté des héros est souvent là quand il ne faut pas. Enfin, les personnages sont un peu trop doués, à la limite des surhommes. Un exemple : l’ascension d’une traite depuis le camp de base 5500 mètres jusqu’au sommet en un peu plus de 30 heures non-stop après être redescendu d’un camp au milieu de la montagne en urgence, sous pression mentale, puis réaliser des prouesses techniques à plus de 8.000 mètres, ça fait beaucoup. Au niveau technique alpine, Dan Simmons s’est bien documenté, mais visiblement il a autant potassé les livres techniques des années 1920 que des années 80-90… L’expédition initiale a 60 ans d’avance au niveau de sa conception (ascension en technique alpine d’un sommet de plus de 8.000 mètres), et le matériel mis au point par notre bon guide français avec les moyens de 1925 ferait pâlir les Herzog/Bonatti/Rébuffat et consort : piolet court de cascade de glace, crampons douze pointes avec pointes avant, corde résistance (même baptisée « corde miracle dans tout le récit de Perry) broches à glace, vestes en duvet dans lesquelles on n’a jamais froid, et le meilleur pour la fin : la poignée autobloquante Jumar, baptisée ainsi du nom du chien de Jean-Claude Clairoux… On a donc une certaine liberté prise par l’auteur au niveau matériel, c’est sympa à lire, mais dommage pour un récit qui colle tellement à l’histoire en général. L’ascension d’une paroi surplombante de glace en 1925… pas possible tout simplement. Idem pour certaines libertés géographiques : voir l’Ama Dablam depuis le col Nord de l’Everest n’est physiquement pas possible ! Mais je pinaille, peu de lecteurs noteront ces incohérences. L’Abominable est donc un roman plaisant, proposant un récit fleuve d’expédition sur le plus haut sommet du monde, mais nimbé d’un mystère et d’une atmosphère pesante. On apprend beaucoup de choses dans ce récit très documenté, et on vit littéralement l’aventure avec les alpinistes. Malgré quelques défauts, le roman est une bonne surprise. Mais mon intérêt pour la montagne et l’histoire alpine biaise peut-être un peu mon jugement.
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