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EAN : 9782749158273
Façonnage normé : BROCHE
Nombre de pages : 550
Format : 140 x 220 mm
L'Arbre-Monde
Serge Chauvin (traduit par)
Collection : Ailleurs
Date de parution : 06/09/2018
Éditeurs :
Cherche midi
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L'Arbre-Monde

Serge Chauvin (traduit par)
Collection : Ailleurs
Date de parution : 06/09/2018
Richard Powers embrasse un sujet aussi vaste que l’univers : celui de la nature et de nos liens avec elle.
Après des années passées seule dans la forêt à étudier les arbres, la botaniste Pat Westerford en revient avec une découverte sur ce qui est peut-être le premier et le... Après des années passées seule dans la forêt à étudier les arbres, la botaniste Pat Westerford en revient avec une découverte sur ce qui est peut-être le premier et le dernier mystère du monde : la communication entre les arbres. Autour de Pat s’entrelacent les destins de neuf personnes qui... Après des années passées seule dans la forêt à étudier les arbres, la botaniste Pat Westerford en revient avec une découverte sur ce qui est peut-être le premier et le dernier mystère du monde : la communication entre les arbres. Autour de Pat s’entrelacent les destins de neuf personnes qui peu à peu vont converger vers la Californie, où un séquoia est menacé de destruction.

Au fil d’un récit aux dimensions symphoniques, Richard Powers explore ici le drame écologique et notre égarement dans le monde virtuel. Son écriture généreuse nous rappelle que, hors la nature, notre culture n’est que « ruine de l’âme ».

« Si Powers était un auteur américain du 19e siècle, qui serait-il ? Il serait probablement Herman Melville, et il écrirait Moby Dick. » Margaret Atwood
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EAN : 9782749158273
Façonnage normé : BROCHE
Nombre de pages : 550
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Ils en parlent

« Ce livre est à la fois une fresque historique, un roman d’anticipation, une méditation philosophique, c’est un grand roman signé par l’un des écrivains que j’admire le plus aujourd’hui. L’Arbre-Monde est un roman absolument merveilleux, c’est certainement le romancier le plus inventif de ce début de siècle ! »
François Busnel / La Grande Librairie

Ce qu'en pensent nos lecteurs sur Babelio

  • Fleitour Posté le 12 Avril 2022
    Ce livre, L'Arbre Monde de Richard Powers est un récit, pas une thèse de doctorat dont les 9 acteurs découvrent à différents moments de leur vie, la diversité de leur environnement, l’exubérance de l'Espace Nature. L' auteur lui même s'attarde sur un terme plus vaste, le végétal, comme une première énigme que certains vont aborder de façon parfois brutale souvent maladroite. Ce texte de 737 pages est fascinant, aussi n'ayant peut être pas l'habitude de vivre dans un tel milieu, c'est un peu flippant de traverser ces sous bois où des êtres en maraude vont nourrir votre terreur. Comment vous convaincre d'oublier vos idées ou vos fantasmes, car ce que nous allons découvrir est fabuleux. J'aime imaginer que ces végétaux n'obéissent pas aux injonctions des ondes 5G. Leur temps est celui des saisons, ils vivent du soleil, et sont connectés en permanence à l'air et au silence de l'eau qui grimpe de la terre. Un tel ensemble de talents, une telle diversité de formes, une telle profusion de trésors sont méconnus et parfois méprisés. Imaginez une graine à qui l'on donne à manger de la terre, et que l'on abandonne à tous les vents. Il y avait de... Ce livre, L'Arbre Monde de Richard Powers est un récit, pas une thèse de doctorat dont les 9 acteurs découvrent à différents moments de leur vie, la diversité de leur environnement, l’exubérance de l'Espace Nature. L' auteur lui même s'attarde sur un terme plus vaste, le végétal, comme une première énigme que certains vont aborder de façon parfois brutale souvent maladroite. Ce texte de 737 pages est fascinant, aussi n'ayant peut être pas l'habitude de vivre dans un tel milieu, c'est un peu flippant de traverser ces sous bois où des êtres en maraude vont nourrir votre terreur. Comment vous convaincre d'oublier vos idées ou vos fantasmes, car ce que nous allons découvrir est fabuleux. J'aime imaginer que ces végétaux n'obéissent pas aux injonctions des ondes 5G. Leur temps est celui des saisons, ils vivent du soleil, et sont connectés en permanence à l'air et au silence de l'eau qui grimpe de la terre. Un tel ensemble de talents, une telle diversité de formes, une telle profusion de trésors sont méconnus et parfois méprisés. Imaginez une graine à qui l'on donne à manger de la terre, et que l'on abandonne à tous les vents. Il y avait de multiples façon de voyager dans ce monde végétal. L'auteur a dressé 9 portraits, ici j'en relève 4 ( simple tirage au sort). Gorgen Hoel est norvegien, il découvre les châtaignes mystérieuses avec leurs bogues épineuses. Il décide grâce à elles de ne jamais mourir de faim et plante des châtaigniers ! Le châtaignier est vif et prospère. Plus de 1200 bourgades des USA doivent leur nom au châtaignier. Chaque mois il suit l'évolution de l'Arbre et prend une photo. Cette collection fera parler d'elle plus tard, son fils Nichols poursuivra cette tradition. Mimi Ma, Quitte sa famille et Shanghai avant que son père historien et érudit soit emporté par la vague Maoïste. Un parchemin et 3 bagues, pour trois arbres sacrés comme unique bagage. Adam Appich, en 1968 l'enfant réalise une peinture ; des arbres. « C'est à ça que ça ressemble un arbre ? » Ajoute le père devant Adam boudeur, page 79. Face au jury scolaire Adam affirme que c'est bien lui qui a réalisé ce magnifique document sur les fourmis, mais quelle preuve peut-il montrer ? Son gigantesque travail ne sera pas retenu. Son sens de l'observation fut déterminant. Patricia Westerford rentrera dans l'histoire de la botanique. Cette scientifique solide brillante à l'intuition exemplaire, réalise une brève mais époustouflante soutenance de thèse. Elle sera balayée par ses pères des botanistes nobélisables. Elle avait franchi la ligne rouge avec allégresse en affirmant que les plantes communiquaient. Que doit-on comprendre ? Que les arbres envoient des SMS ? Nos neufs acteurs vont se croiser, échanger leurs expériences, se mesurer et conforter leurs analyses. En prenant bien le temps de comprendre la personnalité de chacun des personnages, Richard Powers accumule de façon méthodique un petit nombre d'éléments essentiels de la vie des arbres. L'objectif n'est pas d'être complet, ou exhaustif, l'essentiel est de dégager une méthode et de tracer quelques pistes pour l'avenir, l'avenir de notre planète. Nos 9 artistes sont devenus les experts exigeants et incontournables de quelques notions solides inhérentes à ce mondes des arbres. Ils fixent les quelques clés sur lesquels une action humaine deviendra possible. De ce fait ils dénoncent les gestes qui à leurs yeux sont devenus injustifiables, les actes qui doivent être définitivement bannis. Attention l'arbre monde est un point de départ. C'est le commencement d'une vrai écoute de la nature. Enfin un pas déterminant vers une connaissance totale sans tabous du monde végétal terrestre. Le monde marin est encore un monde totalement inconnu. Écoutons battre la terre ! ( Les fissures de l'aube de Alain Fleitour Page 52)
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  • archi41 Posté le 11 Avril 2022
    Livre qui fait beaucoup parlé, raison pour laquelle je me suis mis à le lire. Comme certains, j'ai eu beaucoup de mal à rentrer dans le livre, je me suis bien concentré pour lire toutes les pages en attendant un réel intérêt à l'histoire, ce fut long et sans trop de saveur, mais je dois dire que depuis ce livre je vois les arbres autrement et que la conclusion qu'apporte ce livre est la suivante: Un arbre est un trésor pour l'humanité. Et c'est déjà beaucoup pour un livre de m'avoir fait prendre conscience de cela
  • HundredDreams Posté le 1 Avril 2022
    La nature, et en particulier l'arbre et la forêt sont des thèmes qui me sont chers. Après avoir lu « La vie secrète des arbres » de Peter Wohlleben et « Lorsque le dernier arbre » de Michael Christie, il était logique que je me penche sur le roman de Richard Powers, qui a obtenu le prestigieux prix Pulitzer en 2019. Ce livre est une ode à la forêt et aux arbres, un plaidoyer passionné pour la protection de l'environnement et la préservation de notre biodiversité. Il tente de nous ouvrir les yeux sur l'importance des arbres, leur fragilité, nous rappelant la relation essentielle que nous entretenons avec eux. Il nous met face à notre responsabilité quant à son devenir, et par la même occasion le notre. « Il faut qu'on cesse de se comporter en touristes sur Terre. Il faut qu'on vive vraiment là où on vit, qu'on redevienne indigènes. » Son récit a une force indéniable. Un monde parallèle au mien, éclatant de majesté et de beauté s'est déployé devant moi. Mais ce monde silencieux, si précieux, si important à notre vie, notre équilibre, notre survie, est tellement ancré dans notre quotidien, qu'il est devenu insignifiant, presque invisible à nos... La nature, et en particulier l'arbre et la forêt sont des thèmes qui me sont chers. Après avoir lu « La vie secrète des arbres » de Peter Wohlleben et « Lorsque le dernier arbre » de Michael Christie, il était logique que je me penche sur le roman de Richard Powers, qui a obtenu le prestigieux prix Pulitzer en 2019. Ce livre est une ode à la forêt et aux arbres, un plaidoyer passionné pour la protection de l'environnement et la préservation de notre biodiversité. Il tente de nous ouvrir les yeux sur l'importance des arbres, leur fragilité, nous rappelant la relation essentielle que nous entretenons avec eux. Il nous met face à notre responsabilité quant à son devenir, et par la même occasion le notre. « Il faut qu'on cesse de se comporter en touristes sur Terre. Il faut qu'on vive vraiment là où on vit, qu'on redevienne indigènes. » Son récit a une force indéniable. Un monde parallèle au mien, éclatant de majesté et de beauté s'est déployé devant moi. Mais ce monde silencieux, si précieux, si important à notre vie, notre équilibre, notre survie, est tellement ancré dans notre quotidien, qu'il est devenu insignifiant, presque invisible à nos yeux. « C'est ça le problème avec les humains, à la racine de tout. La vie court à leurs côtés, inaperçue. Juste ici, juste à côté. Créant l'humus. Recyclant l'eau. Échangeant des nutriments. Façonnant le climat. Construisant l'atmosphère. Nourrissant, guérissant, abritant plus d'espèces vivantes que les humains ne sauraient en compter. » Je referme ce roman avec un sentiment de malaise, m'interrogeant sur mon rôle dans le massacre de toutes ces forêts, prenant conscience que malgré moi, j'y participe tous les jours. Car d'où vient le bois de ma terrasse, le bois de mes meubles, ou celui de ma bibliothèque remplie de livres ? * Le début du roman a de quoi surprendre. Pendant près d'un tiers du roman, nous faisons séparément connaissance avec les neuf personnes de l'histoire. Cette première partie se lit comme un magnifique recueil de nouvelles. On entre facilement dans ces histoires familiales qui sont reliées entre elles par cet amour des arbres. Ces récits introductifs sont excellents et perspicaces, ils sont comme une lente mise en bouche, le lecteur attendant impatiemment de voir quelle direction va enfin prendre l'intrigue. La deuxième partie voit ces personnages se rapprocher inextricablement, se relier entre eux comme le système racinaire des arbres. Leurs vies s'entrelacent, se croisent, empruntent les mêmes branches du récit pour embrasser la cause des arbres. Et par la même occasion, ces hommes et ces femmes s'effacent pour laisser la place à des réflexions politiques, écologiques, environnementales. L'activisme environnemental, la défense des arbres et la lutte contre les compagnies forestières sont l'ossature de cette partie centrale du roman. Puis dans une dernière partie, les personnages se séparent, empruntant de nouvelles branches, laissant entendre que nous ne faisons que passer sur terre et que les arbres pourraient bien survivre à l'humanité. * Les personnages sont très différents les uns des autres, de part leur histoire, leurs idées, leur formation professionnelle, … mais ils partagent les mêmes idées, se battent pour les mêmes causes, traversant le temps, l'Histoire avec un grand H. J'ai aimé cette polyphonie de voix, ce multiculturalisme. Chacun a une tonalité distincte, une approche différente, qu'elle soit artistique, scientifique, dendrologique, écologique, sociologique, philosophique, … et tous ces points de vue enrichissent le débat autour de la nécessité de préserver notre environnement, les arbres en particulier et apportent forcément à l'intrigue. Néanmoins, en ce qui me concerne, les trop nombreux personnages réduisent l'impact émotionnel. L'alternance des personnages dans le récit rend le rythme trop saccadé, trop fragmentaire et je n'ai réussi à m'attacher à aucun d'entre eux, leur vie passant sans véritablement m'atteindre. * Mais il est évident que le rôle principal a été confié aux arbres, ce sont les héros malheureux de cette histoire. Je me suis attachée à certains d'entre eux comme s'ils étaient des personnages de l'histoire, comme le marronnier, le châtaignier et surtout le séquoia. « Elle se remémore les paroles du Bouddha : Un arbre est une créature miraculeuse qui abrite, nourrit et protège tous les êtres vivants. Il offre même de l'ombre aux bourreaux qui l'abattent. » * J'ai été étonnée par l'écriture de Richard Powers. Je pensais qu'elle serait difficile à lire mais je l'ai trouvée au contraire, très agréable, fluide, emportée, comme je les aime. La plume de l'auteur associe deux grande forces : la légèreté poétique et la fougue militante. Par moments, certains passages sont magnifiques, parcourus de fulgurances lyriques ou engagées. Les messages écologiques sont beaux, poignants. « C'est lui qui l'aperçoit le premier : un bosquet de troncs vieux de six siècles, qui s'élève dans les airs à perte de vue. Les piliers d'une nef de cathédrale roussâtre. Des arbres plus anciens que les caractères d'imprimerie. Mais leurs sillons sont numérotés de blanc à l'aérosol, comme si quelqu'un avait tatoué une vache vivante d'un diagramme de boucher montrant les diverses pièces de viande qu'elle dissimule. Les préparatifs d'un massacre. » Le roman est aussi très dense et très instructif. Il y a beaucoup d'érudition dans ce livre, parfaitement intégrée à l'intrigue. Les arbres que Richard Powers choisit de mettre en avant, ont de fortes significations symboliques et mythiques. Ainsi, le récit fourmille de petites anecdotes passionnantes, comme la légende autour du fruit du mûrier platane. Mais là encore, je trouve que le récit se dilue par trop de longueurs, trop de détails superflus et malheureusement, il s'essouffle. Ce rythme inégal dessert le récit qui aurait gagné en puissance avec un récit plus resserré. * « L'arbre-monde » est un roman ambitieux et passionné. Mais à vouloir trop plaider la cause des arbres, Richard Powers a sans doute surchargé son récit. En définitive, même si je reconnais que le récit est long, que l'on suit trop de personnages sans qu'aucun ne joue de rôle prépondérant, cette histoire n'en reste pas moins une belle expérience de lecture et je suis contente de l'avoir lue. Je retiendrai avant tout, ses beaux messages écologiques, ces magnifiques arbres qui traversent le temps et que l'on massacre massivement pour un profit à court terme, mais aussi l'écriture à la fois poétique et engagée de Richard Powers. Notre perception de la vie des arbres évolue après une telle lecture. Pour finir, je retiendrai le magnifique proverbe chinois présent également dans le roman de Michael Christie, « le meilleur moment pour planter un arbre, c'était il y a vingt ans. À défaut de quoi, c'est maintenant. ». * * * * * Un grand merci à Bernard (Berni_29) qui m'a accompagnée sur ce roman.
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  • berni_29 Posté le 1 Avril 2022
    Je suis entré dans L'Arbre-monde comme on entre dans une forêt pour la première fois. Toutes les premières fois sont belles. J'aime les forêts depuis ma tendre enfance. J'aime m'y promener. Même une forêt bretonne est parfois dense, touffue, foisonnante, donne le tournis, un peu comme ce livre monumental. On peut s'y perdre tout en s'en émerveillant et c'est d'ailleurs peut-être le premier principe de l'étonnement. Je pourrais m'arrêter là pour mon premier ressenti et bien sûr vous me connaissez, je ne m'arrêterai pas là... Alors j'ai poussé ma barque dans la canopée des pages, l'ivresse des feuilles, le frémissement des branches, l'entrelacement des racines où parfois en tant que marcheur je me suis demandé si je ne leur faisais pas mal en y posant le pied... « le brouillard enveloppe la canopée. Par une trouée dans la frondaison, les clochers duveteux de troncs voisins se dressent en tourbillon leurs panaches grisâtres que dans les pics vert-brun qui les transpercent. Tout autour d'eux s'étend un conte de fées fantasmagorique issu du paléozoïque. C'est un matin comme le matin où la vie apparut pour la première fois sur la terre sèche. » Je connaissais l'effet des forêts, celui de certains arbres, je connaissais les fées... Je suis entré dans L'Arbre-monde comme on entre dans une forêt pour la première fois. Toutes les premières fois sont belles. J'aime les forêts depuis ma tendre enfance. J'aime m'y promener. Même une forêt bretonne est parfois dense, touffue, foisonnante, donne le tournis, un peu comme ce livre monumental. On peut s'y perdre tout en s'en émerveillant et c'est d'ailleurs peut-être le premier principe de l'étonnement. Je pourrais m'arrêter là pour mon premier ressenti et bien sûr vous me connaissez, je ne m'arrêterai pas là... Alors j'ai poussé ma barque dans la canopée des pages, l'ivresse des feuilles, le frémissement des branches, l'entrelacement des racines où parfois en tant que marcheur je me suis demandé si je ne leur faisais pas mal en y posant le pied... « le brouillard enveloppe la canopée. Par une trouée dans la frondaison, les clochers duveteux de troncs voisins se dressent en tourbillon leurs panaches grisâtres que dans les pics vert-brun qui les transpercent. Tout autour d'eux s'étend un conte de fées fantasmagorique issu du paléozoïque. C'est un matin comme le matin où la vie apparut pour la première fois sur la terre sèche. » Je connaissais l'effet des forêts, celui de certains arbres, je connaissais les fées des forêts, je suis un promeneur toujours étonné en forêt et parfois il m'arrive de m'attarder au pied d'un hêtre ou d'un chêne, parfois de m'y asseoir, de m'y adosser, souvent avec un livre. Je m'y sens toujours bien. J'aime aime être sous ce charme... Regarder une forêt et se remplir de sa respiration. Prendre conscience de sa force et de sa fragilité dans le chant des oiseaux et le bourdonnement des insectes. Sentir qu'il y a peut-être quelque chose de plus grand que nous qui se tisse dans l'envers de ce décor. Enfant, j'allais chercher des châtaignes à l'automne avec mon père qui m'entraînait dans de folles escapades. Parfois il jouait à disparaître pour me taquiner et je courais derrière chaque tronc d'arbre pour le déloger de sa cachette. C'est comme cela que j'ai appris à les toucher sur leurs peaux. le premier arbre que j'ai fait pousser dans le jardin familial fut d'ailleurs un châtaignier, une châtaigne restée dans une des poches de mon pantalon fit l'affaire. Plus tard lors de mes premiers émois amoureux, je fus entraîné sous les ramures protectrices d'un sapin, elle avait le même âge que moi, nous nous aimions et nous ne savions pas à quel endroit exprimer notre amour réciproque dans sa clandestinité et sa tranquillité. Nous avions l'impression d'être protégés du reste du monde en venant ainsi dans une forêt que nous connaissions déjà un peu. L'endroit où nous nous étions allongés était accueillant et on s'était même dit qu'il abritait peut-être la nuit un animal, une biche... Même au loin le bruit sauvage des bûcherons qui semblaient se rapprocher de nous, ne nous faisait pas peur. C'était comme si dans cet instant présent la forêt se refermait sur nous, créait un dôme magique, nous protégeait un peu le temps d'un bonheur fugitif avant de nous délivrer à la vie... Après ce moment de joie, je me souviens que nous nous sommes dit qu'il faudrait se rappeler cet endroit, quel que soit les routes que prendraient nos existences. Et puis me revient d'autres images du père que je suis devenu plus tard, quand mes enfants me harcelaient pour leur inventer des contes toujours plus insolites les unes que les autres. Il me venait alors des histoires d'arbres où l'écorce s'ouvrait brusquement pour laisser passage à des chemins souterrains où un monde secret et mystérieux était tapi, grondait... C'est sans doute dans ces multiples souvenirs que je puise mon empathie pour la forêt, les forêts... Quand je vais mal, je me réfugie dans une forêt proche. La mer bien sûr n'est jamais loin, c'est différent et selon mon humeur j'ai la chance de pouvoir faire venir à moi le paysage qui me console ou me réjouit. Après cette digression, je reviens au livre, à son récit. Dans la période que nous vivons, la cause écologique pourrait être quelque peu effacée dans les médias par la guerre qui sévit si près de nous. Cependant ces deux causes ne s'opposent pas mais au contraire doivent s'agréger. Il est bien question de l'humanité, « quelle planète allons-nous transmettre à nos enfants et à nos petits-enfants » ? Mais parfois la question s'inverse ainsi : « Quels enfants allons-nous laisser à la planète. » Je ne sais pas qui a dit cette phrase, j'ai pensé que c'était Pierre Rabbi, mais elle fait écho à une des nombreuses citations éloquentes du livre de Richard Powers comme celle-ci : « Il faut qu'on cesse de se comporter en touristes sur Terre. Il faut qu'on vive vraiment là où on vit, qu'on redevienne indigènes. » Richard Powers propose ici un livre magistral dans lequel je me suis engouffré avec bonheur. C'est une oeuvre forte, immense, exemplaire. C'est une oeuvre riche, multiple, romanesque, poétique, scientifique, politique, philosophique... Oui, entrer en forêt et s'en imprégner, protéger cette forêt coûte que coûte est un acte autant poétique que politique... "Chaque étoile de la galaxie roule au-dessus d'eux, à travers les aiguilles bleu noir, dans un fleuve de lait renversé. le ciel de la nuit : la meilleure drogue jamais inventée, jusqu'à ce que les êtres s'unissent en une ivresse plus forte." Comment ne pas être séduit et convaincu par le propos qui tient le texte ? ... par cette idée que les arbres ne sont pas des êtres esseulés mais forment une communauté et construisent des liens sociaux entre eux... ...par cette idée que les arbres peuvent communiquer, prendre soin les uns des autres... ... que les graines ont une mémoire, se souviennent du passé, des saisons de leur enfance... ... que les arbres envoient des signaux à d'autres espèces vivantes comme les guêpes, les fourmis... ... que la forêt est une communauté consciente... ... par cette idée que les arbres non seulement ne sont pas si éloignés de nous mais nous ressemblent étrangement... Cela je l'ai toujours cru, je l'ai toujours su... J'ai pensé alors à un livre que j'avais beaucoup aimé il y a quelques années, « La vie secrète des arbres » de Peter Wohlleben. Des arbres traversent les pages, traversent le temps. C'est une déambulation dans une verticalité que l'on sent vulnérable comme des ailes d'oiseaux fatigués et qui impose désormais l'impérieuse urgence d'en prendre soin. Voilà pourquoi j'ai aimé ce livre. Des puits de lumière ont déversé de magnifiques citations dans les clairières de ce roman. « Il y a des créatures qui vivent si haut et si loin de l'homme qu'elles n'ont jamais appris la peur. » J'ai aimé l'entrelacement des routes qui amènent neuf personnes surgies de la terre comme des rhizomes, neuf personnages neuf personnages en quête d'une histoire collective, neuf personnages comme des constellations. Et pourtant... Le propos a sans doute délaissé l'histoire de ces personnages... Et il m'a manqué une empathie pour que j'aille enfin à leur rencontre. J'ai espéré le coup de coeur qui viendrait et il ne vint pas cependant. Mais pourquoi cette frustration au bout de ma lecture ? Que m'a-t-il manqué ? de l'émotion sans doute... du romanesque aussi... Richard Powers m'a séduit et conquis dans son propos militant. Mais j'attendais des rendez-vous qui ne sont pas venus dans cette ode végétale vertigineuse, trop vertigineuse peut-être, tandis que l'histoire des personnages s'effaçait peu à peu derrière la cause des arbres. Peut-être était-ce que souhaitait l'écrivain ? À défaut, ce fut un coup de poing dans quelques certitudes qui tenaient encore comme elles le pouvaient. Une prise de conscience sidérante... « Elle se remémore les paroles du Bouddha : Un arbre est une créature miraculeuse qui abrite, nourrit et protège tous les êtres vivants. Il offre même de l'ombre aux bourreaux qui l'abattent. » Lire l'Arbre-monde, c'est comme un mode d'emploi pour mieux habiter le monde désormais avec ce que nous avons à notre disposition pour tenir debout. Habiter le monde poétiquement et politiquement. Rabindranath Tagore disait : « Les arbres sont l'effort incessant de la terre pour s'adresser au ciel qui écoute. » Comment lui donner tort ? Aimer les arbres, c'est aimer les autres et nous aimer aussi... Aimer celles et ceux qui viendront après nous dans la joie et le désastre du monde... Un grand merci à Sandrine (HundredDreams) pour cette lecture partagée.
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  • FrancoiseA Posté le 28 Mars 2022
    Que dire de ce livre ? Il laisse des sentiments mitigés. La première partie m’a beaucoup plu. La description de comment chaque personnage rejoint la cause des arbres pour des raisons différentes est bien menée. On passe de l’un à l’autre et on a envie de les connaître mieux. En revanche la deuxième partie est plus difficile, plus brouillonne, on a du mal à suivre. Comme l’ont déjà dit d’autres personnes, cette partie aurait pu être raccourcie sans nuire au propos. Et puis, aussi, j’ai aimé être emmenée dans le monde des arbres, moi qui suis très néophyte à ce sujet. On est entrainé dans la cause, malgré quelques passages un peu « mystique ». C’est à la foi une prise de conscience et un déchirement. On est amené à s’interroger sur l’action radicale d’une façon générale et en même temps l’auteur semble suggérer qu’il n’y a pas d’issue, ou plutôt que tout ce que nous pourrons imaginer ne suffira pas et qu’il faudrait peut être souhaiter la fin des humains pour donner une chance au reste des vivants. Pas très optimiste en fin de compte, mais quand même une lecture intéressante.
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