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Le Mythe de la virilité

Robert Laffont
EAN : 9782221145012
Façonnage normé : BROCHE
Nombre de pages : 416
Format : 1 x 240 mm
Le Mythe de la virilité
Un piège pour les deux sexes

Date de parution : 12/10/2017

Et si, comme les femmes, les hommes étaient depuis toujours victimes du mythe de la virilité ? De la préhistoire à l’époque contemporaine, une passionnante histoire du féminin et du masculin qui réinterprète de façon originale le thème de la guerre des sexes.
Pour asseoir sa domination sur le sexe...

Et si, comme les femmes, les hommes étaient depuis toujours victimes du mythe de la virilité ? De la préhistoire à l’époque contemporaine, une passionnante histoire du féminin et du masculin qui réinterprète de façon originale le thème de la guerre des sexes.
Pour asseoir sa domination sur le sexe féminin, l’homme a, dès les origines de la civilisation, théorisé sa supériorité en construisant le mythe de la virilité. Un discours fondateur qui n’a pas seulement postulé l’infériorité essentielle de la femme, mais aussi celle de l’autre homme (l’étranger, le « sous-homme », le « pédéraste »...). Historiquement, ce mythe a ainsi légitimé la minoration de la femme et l’oppression de l’homme par l’homme.
Depuis un siècle, ce modèle de la toute-puissance guerrière, politique et sexuelle est en pleine déconstruction, au point que certains esprits nostalgiques déplorent une « crise de la virilité ». Les masculinistes accusent le féminisme d’avoir privé l’homme de sa souveraineté naturelle. Que leur répondre ? Que le malaise masculin est, certes, une réalité, massive et douloureuse, mais que l’émancipation des femmes n’en est pas la cause. La virilité est tombée dans son propre piège, un piège que l’homme, en voulant y enfermer la femme, s’est tendu à lui-même.
En faisant du mythe de la supériorité mâle le fondement de l’ordre social, politique, religieux, économique et sexuel, en valorisant la force, le goût du pouvoir, l’appétit de conquête et l’instinct guerrier, il a justifié et organisé l’asservissement des femmes, mais il s’est aussi condamné à réprimer ses émotions, à redouter l’impuissance et à honnir l’effémination, tout en cultivant le goût de la violence et de la mort héroïque. Le devoir de virilité est un fardeau, et « devenir un homme » un processus extrêmement coûteux.
Si la virilité est aujourd’hui un mythe crépusculaire, il ne faut pas s’en alarmer, mais s’en réjouir. Car la réinvention actuelle des masculinités n’est pas seulement un progrès pour la cause des hommes, elle est l’avenir du féminisme.

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EAN : 9782221145012
Façonnage normé : BROCHE
Nombre de pages : 416
Format : 1 x 240 mm
Robert Laffont

Ce qu'en pensent nos lecteurs sur Babelio

  • sev95110 Posté le 23 Août 2019
    Au commencement était le féminin...
  • Apoapo Posté le 9 Août 2019
    Ce volume traite des discriminations de gendre conçues comme le résultat d'une idéologie historiquement construite, le virilisme, qui se différencie de ce que nous avons coutume d'appeler le « patriarcat » par un moindre déterminisme et par la présence, tout au long de l'Histoire, d'une dialectique entre soi-même et d'autres modèles d'identité masculine antagonistes, laquelle a produit des systèmes de domination différents et d'inégale férocité. Le virilisme ainsi identifié opprime les femmes tout en constituant aussi un piège pour la majorité des hommes, car il institue un système hiérarchique fondé sur la dichotomie : puissance/impuissance. Le XXe et XXIe siècles sont en train de déconstruire enfin ce mythe, non pas ou pas principalement par les féminismes, mais par une « crise de civilisation » qui, dans ce contexte particulier, est appelée de ses vœux par l'auteure qui, dans la conclusion, prévoit et invoque une réinvention des « masculinités ». Au cours de la lecture, j'ai d'abord craint qu'elle soit trop « légère » : l'hypothèse du « matriarcat primitif » pré-indo-européen - pourtant aujourd'hui réfutée par la majorité des spécialistes (de même que par Gazalé, d'un revers de main, sans explication) constitue le début de l'ouvrage, dans une première partie : « Au commencement était le féminin » qui, du coup, ne semble pas très... Ce volume traite des discriminations de gendre conçues comme le résultat d'une idéologie historiquement construite, le virilisme, qui se différencie de ce que nous avons coutume d'appeler le « patriarcat » par un moindre déterminisme et par la présence, tout au long de l'Histoire, d'une dialectique entre soi-même et d'autres modèles d'identité masculine antagonistes, laquelle a produit des systèmes de domination différents et d'inégale férocité. Le virilisme ainsi identifié opprime les femmes tout en constituant aussi un piège pour la majorité des hommes, car il institue un système hiérarchique fondé sur la dichotomie : puissance/impuissance. Le XXe et XXIe siècles sont en train de déconstruire enfin ce mythe, non pas ou pas principalement par les féminismes, mais par une « crise de civilisation » qui, dans ce contexte particulier, est appelée de ses vœux par l'auteure qui, dans la conclusion, prévoit et invoque une réinvention des « masculinités ». Au cours de la lecture, j'ai d'abord craint qu'elle soit trop « légère » : l'hypothèse du « matriarcat primitif » pré-indo-européen - pourtant aujourd'hui réfutée par la majorité des spécialistes (de même que par Gazalé, d'un revers de main, sans explication) constitue le début de l'ouvrage, dans une première partie : « Au commencement était le féminin » qui, du coup, ne semble pas très justifiée, sinon pour faire ressentir l'aspect historique du « système viriarcal », connu toutefois de tout historien matérialiste ayant lu ou pris connaissance de Engels... La deuxième partie, « La virilisation du monde », examine le « viriarcat » selon six axes (cf. cit. infra) dont les deux premiers - « la parenté confisquée » et « l'appropriation des femmes » - ne me convainquent pas ; je suis persuadé dans ces sujets par l'explication socio-biologique sur les conséquences de l'asymétrie de l'investissement parental entre les sexes. Mais là – à la p. 70 donc – s'arrêtent mes réticences et dorénavant mon adhésion et mon enthousiasme lectoral vont croissant. La troisième partie s'intitule : « L'essentialisation de la femme : la trinité vierge-mère-pute » ; beaucoup d'arguments sont assez classiques et donc connus et acceptés, hormis deux dans lesquels je me suis retrouvé entièrement avec l'auteure : celui sur le refus de l'interdiction du voile des musulmanes et du burkini (dans le ch. « La pudeur et le voile », v. p. 158-159), ce celui sur le « traitement politique » de la question de la prostitution (dans le ch. « La putain ou le "mal nécessaire" » v. p. 193). Suivent les trois parties du livre d'où j'ai appris le plus : celles qui traitent des conséquences néfastes du virilisme sur les hommes. La quatrième partie, « La construction du mythe viril », toujours historique, prend comme point de départ l'Antiquité grecque et avance jusqu'aux fascismes. La cinquième partie, « Puissance et impuissance », s'articule elle aussi sur six axes relatifs à la sexualité masculine indiqués par autant de verbes à l'infinitif : « Prouver, dresser, entrer, mouiller, fanfaronner, sublimer ». La sixième partie, « La déconstruction du monde viril », en partant du « spectre de la dévirilisation », retrace, tantôt historiquement, tantôt dans le présent, les effets de la montée en puissance de modèles alternatifs au virilisme, notamment dans la sphère de la paternité, par l'influence des féminismes, et ensuite des modifications sociologiques du champ du travail et de la guerre. La conclusion, je l'ai évoquée, est un hymne optimiste qui n'envisage même pas l'éventualité de la régression qui pourtant pourrait être invoquée sur plusieurs domaines, comme l'IVG, peut-être les violences domestiques, la résurgence d'insultes homophobes « décomplexées » peut-être par telle ou telle autre « manif pour tous »... Il se peut que, eu égard à l'ampleur des durées prises en compte par la philosophe, elle ne se soucie de ces « minima » et confie dans des tendances à plus long terme... De toute manière, ce livre a une telle envergure qu'il ressemble davantage à une étude générale, un état des lieux des connaissances en matière de virilisme qu'à un essai ponctuel ou à une monographie. Sa prose très lisible et ses notes bibliographiques – suffisantes sans être surabondantes – en font la lecture idéale, par exemple, pour des étudiants ou comme ouvrage de référence.
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  • Jean-Daniel Posté le 23 Juillet 2019
    A l'origine, Olivia Gazalé souhaitait écrire sur les femmes, mais alors que le féminisme a remporté une bataille idéologique importante dans la plupart des démocraties occidentales, il subsiste toujours des violences et des discriminations. Olivia Gazalé s'est attelée à une tâche bien difficile : retracer les origines culturelles, politiques, sociales et mythologiques de la « virilité », en remontant de la préhistoire à nos jours. Ainsi, Olivia Gazalé expose de manière simple, mais avec de multiples détails et précisions, les constructions culturelles et sociales liées aux injonctions qui pèsent sur les hommes. Le mythe de la virilité part du postulat d'une hiérarchie des sexes, d'une supériorité naturelle du masculin sur le féminin. « Sois un homme », « Arrête de pleurer », les injonctions sexistes qui entourent la virilité montrent que celle-ci n'est pas innée, mais construite. Pas plus qu'on ne « naît femme », on ne « naît homme », on le devient par une affirmation constante de cette virilité, par des actes parfois violents physiquement ou psychologiquement. L'homme doit être fort et courageux, volontaire et conquérant, alors que la femme ne peut être que passive, faible et inconstante. Toutefois, en faisant de la supériorité mâle le fondement de l'ordre social,... A l'origine, Olivia Gazalé souhaitait écrire sur les femmes, mais alors que le féminisme a remporté une bataille idéologique importante dans la plupart des démocraties occidentales, il subsiste toujours des violences et des discriminations. Olivia Gazalé s'est attelée à une tâche bien difficile : retracer les origines culturelles, politiques, sociales et mythologiques de la « virilité », en remontant de la préhistoire à nos jours. Ainsi, Olivia Gazalé expose de manière simple, mais avec de multiples détails et précisions, les constructions culturelles et sociales liées aux injonctions qui pèsent sur les hommes. Le mythe de la virilité part du postulat d'une hiérarchie des sexes, d'une supériorité naturelle du masculin sur le féminin. « Sois un homme », « Arrête de pleurer », les injonctions sexistes qui entourent la virilité montrent que celle-ci n'est pas innée, mais construite. Pas plus qu'on ne « naît femme », on ne « naît homme », on le devient par une affirmation constante de cette virilité, par des actes parfois violents physiquement ou psychologiquement. L'homme doit être fort et courageux, volontaire et conquérant, alors que la femme ne peut être que passive, faible et inconstante. Toutefois, en faisant de la supériorité mâle le fondement de l'ordre social, religieux et sexuel, en valorisant la force, le goût du pouvoir et l'instinct guerrier, l'homme a justifié la domination masculine sur le « sexe faible », mais il s'est aussi condamné à réprimer ses émotions, à redouter l'impuissance et à détester l'effémination, tout en cultivant le goût de la violence et de la mort héroïque. Dans cet essai, Olivia Gazalé s'attache à déconstruire les clichés associés à l'identité masculine et interroge les injonctions qui pèsent sur les hommes qui se sont enfermés dans des notions de domination et de puissance. La hiérarchie entre les sexes, fondement millénaire de l'ordre social, a implosé, mais l'homme s'est piégé lui-même en se condamnant à devoir sans cesse prouver sa puissance et sa réussite sous peine d'être méprisé ou moqué en raison de son manque de virilité. Pour que les hommes changent le regard qu'ils portent sur les femmes, il faut qu'ils changent le regard qu'ils portent sur eux-mêmes. Et vice versa. Mais pour qu'ils modifient l'image qu'ils ont d'eux-mêmes, il faut qu'ils modifient l'image qu'ils ont des femmes. Il y a donc un énorme travail éducatif à mener pour faire comprendre dès l'enfance que le sexisme est un fléau pour les deux sexes. Aussi, l'originalité du propos d'Olivia Gazalé est de montrer que les hommes ont tout à gagner dans la déconstruction des assignations sexuées qui pèsent sur eux comme sur les femmes, et que l'avenir du féminisme repose autant sur la capacité de la femme à lutter contre les préjugés sexistes que sur la capacité de l'homme à s'émanciper des assignations sexuées qui entretiennent, souvent de manière inconsciente, la misogynie et l'homophobie.
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  • Olivius Posté le 20 Juin 2019
    Une approche rigoureuse et intéressante de ce concept qui s'est forgé au travers de l'histoire. L'auteure a recours à de très bonnes références (selon moi) issues de la psychologie, de la sociologie ou de l'histoire, avec une plume claire et affirmée. Une passionnante exploration de ces idées qui ont trait aux images liées au genre, à la place des deux sexes dans les relations sociales et intimes, un très bon livre qui me semble "complet" dans le cadre de ce sujet.
  • Alceste22 Posté le 17 Décembre 2018
    Dans une démonstration aussi limpide qu'érudite et brillante, Olivia Gazalé explique comment s'est construit et imposé le mythe de la virilité, fondant la supériorité du masculin et permettant d'asseoir la domination des hommes sur les femmes. Ce mythe - et il s'agit bien de cela, et non d'un ordre naturel des choses - qui est au cœur de notre ordre social, politique, religieux, économique et sexuel a non seulement permis d'asservir les femmes, mais également les hommes qui ne se reconnaissent pas dans le modèle d'une masculinité exaltant la puissance, le pouvoir et la force. Elle montre ainsi que les hommes sont eux aussi victimes de ce redoutable piège, condamnés à taire leurs émotions, réfréner leur désir de paternité ou leur part de féminité, etc. Sensible à la cause féministe sans en être du tout spécialiste, j'ai dévoré ce bouquin (très copieux et très dense, mais rendu accessible par des chapitres assez courts et un style d'une grande clarté) où j'ai appris énormément de choses.
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