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Robert Laffont
EAN : 9782221248713
Façonnage normé : BROCHE
Nombre de pages : 270
Format : 1 x 215 mm

Les Incasables

Date de parution : 27/08/2020

« En enseignant en Segpa à des élèves âgés de 12 à 16 ans, je savais que je ne façonnerais pas des ingénieurs, des médecins ou des avocats, mais des manutentionnaires, carreleurs, tourneurs-fraiseurs ou professionnels de l’aide à domicile – des prolétaires sans qui tout s’effondrerait, mais que la société...

« En enseignant en Segpa à des élèves âgés de 12 à 16 ans, je savais que je ne façonnerais pas des ingénieurs, des médecins ou des avocats, mais des manutentionnaires, carreleurs, tourneurs-fraiseurs ou professionnels de l’aide à domicile – des prolétaires sans qui tout s’effondrerait, mais que la société méprise, maltraite, sous-paye et exploite. En revanche, j’ignorais tout de ce que j’allais recevoir en retour : des leçons de vie en pagaille, des souvenirs impérissables et un sens à mon métier. »
De 2016 à 2019, Rachid Zerrouki, connu sous le nom de Rachid l’instit sur Twitter, a été professeur à Marseille en Segpa, une section où se retrouvent les collégiens dont les difficultés scolaires sont trop graves et persistantes pour qu’ils suivent un cursus classique. Bien souvent, lorsqu’on recherche l’origine de ces difficultés, on découvre des drames, de la précarité, des vies marquées par l’adversité. Enseigner à ces élèves a entraîné Rachid Zerrouki à résoudre de nombreux dilemmes pédagogiques : ils ont les compétences pour lire La Sorcière de la rue Mouffetard et la maturité pour s’intéresser à Orgueil et Préjugés. Alors, que faire ? Insulter leur intelligence ou consumer leur confiance en eux ?
En côtoyant au quotidien ces adolescents, Rachid Zerrouki a remis en cause sa formation et ses convictions. Dans ce livre d’une grande humanité, il dévoile son attachement envers l’école publique et partage tout ce que ces élèves lui ont appris.

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EAN : 9782221248713
Façonnage normé : BROCHE
Nombre de pages : 270
Format : 1 x 215 mm

Ce qu'en pensent nos lecteurs sur Babelio

  • claire_tstt Posté le 6 Mai 2021
    DLa lecture des Incasables a fait remonter beaucoup de souvenirs de ma vie de prof mais pas que... D'abord, j'ai 20 ans de plus que l'auteur et pourtant j'ai connu la même école primaire en tant qu'élève. L'instit qui frappe sur les doigts, sur la tête, sur les joues, avec la règle, avec la main, contre le tableau, avec la brosse, qui insulte en choisissant sa victime soigneusement dans l'échelle sociale, je l'ai connu. Pas au Maroc, dans une France rurale et enclavée. Les expériences pédagogiques racontées par Rachid Zerrouki, en tant que prof, je les ai connues aussi : celle de l'intervenant théâtre, celle de la sortie scolaire si proche du collège qu'on a du mal à croire qu'on va les transporter dans un ailleurs inconnu, le découragement la recherche du cadre, mais aussi le dégoût de l'humanité quand on apprend l'histoire de l'élève qui vous a tant exaspéré la veille ou les larmes quand il faut partir ... Tout cela je l'ai éprouvé dans ce collège de zone sensible où j'ai débuté et où je suis restée six années. Pourtant, mes classes n'étaient pas des classes de SEGPA (même si elles furent des classes... DLa lecture des Incasables a fait remonter beaucoup de souvenirs de ma vie de prof mais pas que... D'abord, j'ai 20 ans de plus que l'auteur et pourtant j'ai connu la même école primaire en tant qu'élève. L'instit qui frappe sur les doigts, sur la tête, sur les joues, avec la règle, avec la main, contre le tableau, avec la brosse, qui insulte en choisissant sa victime soigneusement dans l'échelle sociale, je l'ai connu. Pas au Maroc, dans une France rurale et enclavée. Les expériences pédagogiques racontées par Rachid Zerrouki, en tant que prof, je les ai connues aussi : celle de l'intervenant théâtre, celle de la sortie scolaire si proche du collège qu'on a du mal à croire qu'on va les transporter dans un ailleurs inconnu, le découragement la recherche du cadre, mais aussi le dégoût de l'humanité quand on apprend l'histoire de l'élève qui vous a tant exaspéré la veille ou les larmes quand il faut partir ... Tout cela je l'ai éprouvé dans ce collège de zone sensible où j'ai débuté et où je suis restée six années. Pourtant, mes classes n'étaient pas des classes de SEGPA (même si elles furent des classes relais parfois). Car c'est là, la grande force des Incasables, c'est un livre qui parle d'éducation avant tout, et chaque enseignant y trouvera de quoi puiser. A commencer par la réflexion sur la méthode et les querelles qui déchirent parfois le monde enseignant (particulièrement hyperboliques jusqu'au ridicule sur les réseaux sociaux). Admirative je le suis, non pas du parcours de l'auteur, somme toute assez banal mais de son incroyable maturité d'enseignant.
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  • PedroPanRabbit Posté le 2 Mars 2021
    Les incasables, qu'est-ce c'est? Du "on", je vais passé au "je", parce que c'est un sujet qui me touche tout particulièrement. Non pas parce que "je est un autre" mais parce que "je est éducateur spécialisé". Dans notre jargon, le mot d'"incasable", entré dans le vocabulaire officiel du travail social (attention, je n'ai pas dit qu'il y avait que du positif, chez nous) traduit un usager (oui, là aussi, le terme est sujet à débat, mais chez nous, il n'y a ni patient ni client, il fallait donc bien trouver quelque chose) en rupture de parcours et à la limite des institutions. Le plus souvent, il s'agit d'adolescents ou de jeunes adultes qui ont mis en échec toutes les alternatives proposées et pour lesquels aucune réponse adaptée ne semble exister. L'évolution des publics, enfin, de "ces" publics, ceux de l'ombre, ceux dont la plupart ignore ou préfère ignorer l'existence, nous amène à reconnaître des situation d' "incasables" de plus en plus tôt, à des âges de plus en plus jeunes, parce que le caractère multifactoriel et multidimensionnel des problématiques et des difficultés de ces jeunes nous dépasse totalement. Dans ce témoignage, Rachid Zerrouki, enseignant en SEGPA, utilise ce terme... Les incasables, qu'est-ce c'est? Du "on", je vais passé au "je", parce que c'est un sujet qui me touche tout particulièrement. Non pas parce que "je est un autre" mais parce que "je est éducateur spécialisé". Dans notre jargon, le mot d'"incasable", entré dans le vocabulaire officiel du travail social (attention, je n'ai pas dit qu'il y avait que du positif, chez nous) traduit un usager (oui, là aussi, le terme est sujet à débat, mais chez nous, il n'y a ni patient ni client, il fallait donc bien trouver quelque chose) en rupture de parcours et à la limite des institutions. Le plus souvent, il s'agit d'adolescents ou de jeunes adultes qui ont mis en échec toutes les alternatives proposées et pour lesquels aucune réponse adaptée ne semble exister. L'évolution des publics, enfin, de "ces" publics, ceux de l'ombre, ceux dont la plupart ignore ou préfère ignorer l'existence, nous amène à reconnaître des situation d' "incasables" de plus en plus tôt, à des âges de plus en plus jeunes, parce que le caractère multifactoriel et multidimensionnel des problématiques et des difficultés de ces jeunes nous dépasse totalement. Dans ce témoignage, Rachid Zerrouki, enseignant en SEGPA, utilise ce terme pour évoquer les élèves en rupture ou difficultés scolaires qu'il a été amené à accompagner au cours de deux années dans un collège de Marseille. Si le titre est choisi en connaissance de cause, on est encore loin des situations d'incasables que les travailleurs sociaux sont amenés à rencontrer ; mais que cette remarque ne laisse pas une seconde imaginer que je remets en cause le constat de l'auteur, car il reste bel et bien juste. Ces élèves, ces parcours de vie, ces anecdotes restent celles d'une population d'invisibles qui méritent qu'on les mette en lumière. En cela, l'approche de l'auteur est gagnante : partir de sa propre expérience d'enfant issu de l'immigration (lui-même raconte qu'à lui, "l'école a tout donné") pour raconter son désir et sa passion de la transmission, puis, alternant entre sociologie, histoire et témoignage, raconter par portraits croisés ces élèves si particuliers dont la vie vient remettre en question ses convictions mais aussi l'école républicaine française dans ses fondements et ses adaptations, encore à parfaire. Les références et rappels théoriques, jamais lourds, viennent éclairer les situations relatées; ils montrent les multiples interrogations de l'auteur, avant tout homme de terrain en constante réflexion, lequel use en même temps d'une plume tantôt profonde, tantôt pétillante, pour raconter ce groupe d'adolescents avec fraîcheur et spontanéité malgré la gravité du sujet. Très vite, pour moi qui ai accompagné des jeunes aux parcours similaires (et souvent dans un contexte scolaire ou dans de nombreux projets pédagogiques), j'ai reconnu ces élèves et je me suis pris d'affection pour eux. Car à travers ce livre, Rachid Zerrouki leur redonne cette humanité qui leur a bien souvent été prise par ce système imparfait. Comme il l'indique en début d'ouvrage, ce livre n'a pas vocation a réinventer quoi que ce soit ni à se prétendre ouvrage de référence ; "Les incasables" est avant tout un partage d'expérience, un témoignage à la fois personnel et professionnel qui a pour but de donner à réfléchir. Je suis curieux de savoir quels types de lecteurs il touchera : ne sera-t-il lu que par les enseignants et les travailleurs sociaux ou les lecteurs lambdas feront-ils preuve de curiosité ? Je l'espère, car de telles histoires méritent d'être connues de tous, que les invisibles deviennent visibles et qu'on prenne conscience que ces chemins de vie, plus qu'on ne le croit, dépendent bien souvent des nôtres. Je n'ai qu'un petit reproche à formuler : si Rachid Zerrouki n'a pas hésité à faire les recherches nécessaires pour cerner et comprendre la grande hétérogénéité de parcours de ses élèves, il reste un amalgame qui m'a dressé les cheveux sur la tête. En effet, la façon dont sont évoqués en même temps les services et foyers de protection de l'enfance et les ITEP (Instituts Thérapeutiques Éducatifs et Pédagogiques) laisse à penser que ces dernier sont des institutions de placement (qui plus est pour des raisons assez floues), ce qui n'est pas du tout le cas. S'il est vrai que certains enfants peuvent cumuler un suivi d'aide social et un suivi en ITEP, ces établissements relèvent du champ du handicap, vers lesquels les usagers sont orientés (et non dans lesquels ils seraient placés, ce qui est, croyez-moi, tout à fait différent) pour la raison qu'ils présentent des troubles du comportements venant perturber les apprentissages et l'accès à la socialisation. Il ne s'agit que de deux paragraphes dans un livre au demeurant excellent, mais quand on travail comme moi en dispositif ITEP, la confusion électrise un petit peu (voire beaucoup...). En bref : Malgré une légère confusion que pourront relever les connaisseurs, "Les incasables" est un ouvrage d'une grande humanité qui donne à réfléchir. Ce témoignage fort et lumineux met au premier plan les parcours de vie d'élèves qu'on invisibilise encore trop et pour lesquels l'égalité des chances n'est pas toujours de fait. Un ouvrage capital pour prendre conscience de leur réalité.
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  • Luciole12 Posté le 2 Janvier 2021
    Quel magnifique livre : de l'humour, de l'espoir et une analyse intéressante du système scolaire . Des références intéressantes, des exemples bien amenés un véritable régal de lecture du début jusqu'à la fin. Un livre emplit d'une grande humanité Belle découverte littéraire!
  • WanderlustMum Posté le 3 Novembre 2020
    Dans une première partie du livre, Rachid Zerrouki revient sur son parcours. Né au Maroc, il a d’abord connu les écoles marocaines avant d’être admis au lycée français, puis de traverser la Méditerranée et s’installer près de Cavaillon avec sa famille où il termine ses études et devient professeur des écoles. Très vite, comme nous tous, il se heurte à cette terrible différence entre ce qu’il appelle « les éponges et les pépites », ces élèves qui ont tellement soif d’apprendre qu’ils n’auraient même pas besoin de nous, et les autres, ces « incasables », ceux qui n’arrivent pas à entrer dans le moule et pour qui l’école semble être une double peine. À l’issue de son année de stage, il fait donc le choix, de postuler pour enseigner pendant trois ans dans la SEGPA d’un collège marseillais. C’est cette expérience qui a donné naissance à ce livre. On suit donc son parcours, du premier jour aux au revoir. Au fil des chapitres, les anecdotes du quotidien se succèdent accompagnées de réflexions théoriques sur le rôle et la place de l’école dans notre société, sur l’ascenseur social, qui semble irrémédiablement en panne, sur la question de l’autorité des professeurs, de la... Dans une première partie du livre, Rachid Zerrouki revient sur son parcours. Né au Maroc, il a d’abord connu les écoles marocaines avant d’être admis au lycée français, puis de traverser la Méditerranée et s’installer près de Cavaillon avec sa famille où il termine ses études et devient professeur des écoles. Très vite, comme nous tous, il se heurte à cette terrible différence entre ce qu’il appelle « les éponges et les pépites », ces élèves qui ont tellement soif d’apprendre qu’ils n’auraient même pas besoin de nous, et les autres, ces « incasables », ceux qui n’arrivent pas à entrer dans le moule et pour qui l’école semble être une double peine. À l’issue de son année de stage, il fait donc le choix, de postuler pour enseigner pendant trois ans dans la SEGPA d’un collège marseillais. C’est cette expérience qui a donné naissance à ce livre. On suit donc son parcours, du premier jour aux au revoir. Au fil des chapitres, les anecdotes du quotidien se succèdent accompagnées de réflexions théoriques sur le rôle et la place de l’école dans notre société, sur l’ascenseur social, qui semble irrémédiablement en panne, sur la question de l’autorité des professeurs, de la place de l’empathie dans notre enseignement, mais aussi sur l’isolement social et culturel des quartiers que l’école essaie tant bien que mal de briser. Il pointe le doigt sur des blessures personnelles, des insuffisances de notre système social que l’école accueille et essaie d’accompagner afin de garantir à tous une sortie du système éducatif avec un bagage minimal pour envisager une vie d’adulte. Il évoque aussi le découragement de la profession face à des situations qui nous dépassent et des élèves que l’on arrive plus à raccrocher. Mais il partage aussi ses réussites, ces petites lueurs d’espoir, auquel chacun de nous garde précieusement comme autant de petites mains qui nous poussent en avant. Ce n’est toutefois pas qu’un texte écrit par un enseignant pour les enseignants qui s’intéresseraient à ce qui se passe de l’autre coté de la porte de la classe de SEGPA mais un livre qui devrait interroger ceux qui sont curieux de notre système éducatif, dans ces réussites comme dans ses failles. C’est drôle, souvent. Ça peut secouer dans les préjugés, parfois. L’équilibre entre analyse théorique et vécu est bien dosé. C’est aussi émouvant par moment… J’avoue, j’ai eu l’oeil très très humide en lisant le dernier chapitre. Une fois attrapé, j’ai dévoré ce livre quasiment en une soirée. Je remercie donc encore NetGalley et les éditions Robert Laffont de m’avoir permis d’effectuer cette plongée dans les profondeurs de la SEGPA.
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  • Lili0000 Posté le 13 Octobre 2020
    De 2016 à 2019, l’auteur a enseigné à Marseille, en SEGPA. Il y a découvert des enfants attachants aux histoires personnelles complexes. Des enfants à qui l’école aurait dû tout donner et qui n’en attendaient plus rien. Cet ouvrage est à la fois un partage d’expérience et une réflexion sur le rôle de l’école dans notre société, pas auprès de la masse qui se porterait aussi bien sans elle, mais auprès de ces élèves particuliers. Une lecture drôle, émouvante et intéressante. A lire en mangeant un gratin de courgettes.
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