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Par le cherche midi éditeur, publié le 10/03/2022

Ludovic Manchette et Christian Niemiec : « On tenait à ce que le lecteur soit complètement immergé en juillet 1973 »

Sur la lancée de leur très réussi premier roman paru au cherche midi, le sémillant duo d’écrivains français revient aux États-Unis avec un road trip savoureux. S’y disent – via la trajectoire d’une jeune fille attachante – les grands événements des années 70, comme les extraordinaires personnalités qui ont marqué cette période. Entretien dépaysant avec Ludovic Manchette et Christian Niemiec.

Nous vous avions rencontrés à l’occasion de la sortie de votre premier roman, Alabama 1963. Quel chemin parcouru depuis ! Le livre a connu un beau succès et remporté de nombreux prix littéraires. Pourriez-vous, dans un premier temps, revenir sur la façon dont vous avez vécu ces deux années depuis la parution ?

Christian Niemiec : Très bien ! (rires) Plus sérieusement, l’accueil que lui ont réservé les libraires et les lecteurs a été incroyable. C’est toujours un petit miracle lorsqu’un roman rencontre son public. Et tous ces prix, c’était un bel encouragement pour la suite. Il faut croire que les planètes étaient alignées…

Ludovic Manchette : Tous les jours, on se dit qu’on a eu beaucoup de chance, de trouver un éditeur, d’abord, et des lecteurs ensuite. On ne peut qu’être reconnaissants pour tout ce qui s’est passé depuis deux ans. Encore une fois, merci à tous ceux qui, parmi des millions de livres, ont choisi de lire celui-ci ! C’est ce qu’on dit dans les remerciements, à la fin du roman.


Quelle est la genèse de ce nouveau livre ? L’aviez-vous déjà en tête depuis un certain temps ou a-t-il émergé suite à l’élan apporté par Alabama 1963 ?

Christian Niemiec : On l’avait en tête depuis 2014, lorsqu’on a pris en stop une jeune fille qui allait rendre visite à sa sœur. Tout est parti de cette rencontre. Un pur hasard, finalement.

Ludovic Manchette : Le roman lui est dédié, d’ailleurs. Elle le lira peut-être un jour, sans savoir qu’elle l’a inspiré. Elle se rendait à Quimper...

Christian Niemiec : Par ailleurs, on aurait écrit cette histoire même sans le succès d’Alabama 1963, On en parlait tout le temps et je crois que sans ça, elle nous aurait obsédés pour le restant de nos jours ! (rires)

Ludovic Manchette : De la même façon qu’on parle constamment de notre troisième roman en ce moment… Mais ce n’est pas pour demain : on ne veut pas écrire plus d’un livre tous les deux ans.


Vous écrivez à nouveau à quatre mains. Votre méthode est-elle restée la même ou avez-vous tenté une autre approche ? Plus globalement, comment le temps de l’écriture a-t-il évolué pour vous ?

Ludovic Manchette : On a procédé exactement de la même manière : en travaillant d’abord sur un plan, puis en écrivant tout à deux, chaque phrase, chaque virgule. La seule différence, c’est que l’écriture d’Alabama 1963 a été morcelée sur quatre ans, alors que cette fois, on a travaillé sur une période plus courte, deux ans, mais de façon plus constante.

Christian Niemiec : Parallèlement à cette nouvelle activité de romanciers, on adapte en français des dialogues de films, Dune par exemple, mais on a refusé beaucoup de propositions pour pouvoir rester concentrés sur l’écriture d’America[s].


Les femmes tiennent à nouveau un rôle primordial dans ce nouveau roman, avec une adolescente qui se lance seule sur les routes dans les années 70. Pourquoi ce choix ?

Christian Niemiec : Ça s’est imposé à nous. C’était peut-être aussi une façon d’exorciser la mort des fillettes dans Alabama 1963. Notre héroïne, Amy, leur rend justice, quelque part…

Ludovic Manchette : Et puis ça nous semblait être un beau défi de nous glisser dans la peau d’une jeune fille, puisque le roman est écrit à la première personne. C’était d’autant plus intéressant qu’on était deux à écrire « Je ».

Christian Niemiec : C’était beaucoup moins facile à écrire que ça en a l’air. On nous dit souvent que nos livres « se lisent tout seuls », mais c’est parce qu’ils ne s’écrivent pas tout seuls !

Ludovic Manchette : D’ailleurs, ils s’écrivent à deux ! (rires)


La période de l’Histoire dont est parcouru le roman est d’ailleurs extrêmement riche. Parlez-nous du travail de recherche engagé.

Ludovic Manchette : On a lu la presse de l’époque, regardé des tas de documentaires, lu des tonnes d’interviews, même si, évidemment, on n’a utilisé qu’une partie de tout ce qu’on a appris et uniquement lorsque c’était approprié. On ne voulait surtout pas ennuyer nos lecteurs avec des détails superflus qu’on aurait fait rentrer « au chausse-pieds » dans un chapitre, juste pour montrer qu’on en sait des choses !

Christian Niemiec : Ce travail de recherche a été énorme… On tenait à ce que le lecteur soit complètement immergé en juillet 1973, avec en toile de fond l’actualité de cette année et de cette semaine-là. Et puis Amy rencontre quelques personnalités et on a un souci d’exactitude assez maladif qui fait que si on dit que quelqu’un adore les cookies, c’est que cette personne adorait vraiment les cookies ! (rires)


America[s] convoque un grand nombre de références littéraires ; on a le sentiment d’une jolie révérence à ce qui a nourri votre amour des États-Unis…

Christian Niemiec : Oui, il y a L’attrape-cœur, notamment, Le magicien d’Oz, qui est un roman avant d’être un film, Lolita, Sur la route, bien sûr, et tant d’autres. Il y a d’ailleurs des petits clins d’œil à ces romans, ici et là.

Ludovic Manchette : Et beaucoup de références à la pop culture aussi : au cinéma, aux acteurs et à la musique de l’époque, encore plus que dans Alabama 1963. On s’est fait plaisir ! En fait, on a écrit ce livre comme si c’était le premier. On a essayé de ne pas trop penser aux attentes du public… Ce qui nous a bien aidés, c’est qu’on a commencé à travailler sur America[s] avant la publication d’Alabama 1963, donc avant son succès.

Christian Niemiec : De temps en temps, on se disait « On peut vraiment écrire ça ?! » et on décidait que oui. D’ailleurs, on ne remerciera jamais assez notre éditeur qui nous a fait une confiance totale et qui ne savait toujours pas de quoi parlait le roman quelques mois avant sa sortie. Parce qu’on tenait à lui faire la surprise… (rires)

Ludovic Manchette : Heureusement pour nous, il a trouvé que c’était une excellente surprise !


America[s]
Philadelphie, juillet 1973. Voilà un an qu’Amy est sans nouvelles de sa grande sœur partie tenter sa chance au Manoir Playboy, à Los Angeles. Inquiète, la jeune adolescente décide de la rejoindre. Pour cela, il lui faudra traverser les États-Unis. Seule.
 
Dans une Amérique de la contre-culture secouée par le scandale du Watergate et traumatisée par la guerre du Vietnam, elle croisera la route d’individus singuliers : vétéran, couple en cavale, hippies de la dernière heure, un Bruce Springsteen encore débutant, mais aussi une certaine Lorraine, autrefois serveuse à Birmingham, en Alabama…
 
Dans ce deuxième roman, les auteurs d’Alabama 1963 convoquent Sur la route, L’Attrape-cœurs, Le Magicien d’Oz ou encore Alice au pays des merveilles pour un road trip initiatique sensible et original. Une ode à l’amitié et à la liberté.

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