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Par Lisez, publié le 31/08/2021

Rentrée littéraire 2021 : les 38 livres français à ne pas manquer

Les livres aussi font leur rentrée ! Célébrer le plaisir de la lecture et laissez-vous tenter par la sélection de livres français de nos éditeurs. Une invitation à la réflexion, au voyage et à la découverte. Bonne lecture !

 

 

Un jour, Maurice Genevoix

Un jour
« Une évidence s’impose : Un jour est un livre parfait. A la fois magistral et délicat, voué à la pénombre peuplée des forêts et des mémoires. Si Maupassant ne s’était pas déjà approprié le titre, Maurice Genevoix eût pu dire : Une vie. Ou : Un homme. Ce sont des titres difficiles à mériter. » François Nourissier
Un jour a pour thème la simplicité dans la fraternité : le vieux Fernand d'Aubel, qui est à l'évidence une partie de Genevoix lui-même, se confie à ce dernier le temps d'une journée pendant laquelle les deux hommes parcourent le domaine forestier de d'Aubel.
Un jour a la beauté de la simplicité.
Une oeuvre intemporelle, un hommage du quotidien à la vie.
Un éloge de la poésie.
Une ode à la nature.

Basculer, Florian Forestier

Basculer
« Je ne peux pas m’arracher à l’impression que c’est enfin arrivé. Je suis de l’autre côté du temps. »
Depuis le fond d’une crevasse dans le massif des Ecrins, un haut fonctionnaire convoque sa mémoire fracturée. Alors que le monde ferme ses frontières, qu’un ministre remplace l’autre, une association menée par un mathématicien superstar tente d’alerter sur les risques d’un effondrement. Une plongée hypnotique dans les arcanes de l’Etat, par un fin observateur de notre époque.

Réinventer l'amour, Mona Cholet

Réinventer l'amour
Nombre de femmes et d’hommes qui cherchent l’épanouissement amoureux ensemble se retrouvent très démunis face au troisième protagoniste qui s’invite dans leur salon ou dans leur lit : le patriarcat. Sur une question qui hante les féministes depuis des décennies et qui revient aujourd’hui au premier plan de leurs préoccupations, celle de l’amour hétérosexuel, ce livre propose une série d’éclairages.
Au coeur de nos comédies romantiques, de nos représentations du couple idéal, est souvent encodée une forme d’infériorité féminine, suggérant que les femmes devraient choisir entre la pleine expression d’elles-mêmes et le bonheur amoureux. Le conditionnement social subi par chacun, qui persuade les hommes que tout leur est dû, tout en valorisant chez les femmes l’abnégation et le dévouement, et en minant leur confiance en elles, produit des déséquilibres de pouvoir qui peuvent culminer en violences physiques et psychologiques. Même l’attitude que chacun est poussé à adopter à l’égard de l’amour, les femmes apprenant à le (sur ?) valoriser et les hommes à lui refuser une place centrale dans leur vie, prépare des relations qui ne peuvent qu’être malheureuses. Sur le plan sexuel, enfin, les fantasmes masculins continuent de saturer l’espace du désir : comment les femmes peuvent-elles retrouver un regard et une voix ?

Les Aquatiques, Osvalde Lewat

Les Aquatiques
« Je n’étais jamais retournée sur la tombe de Madeleine. N’y avais jamais apporté son repas préféré, de l’huile de palme, du sel ou une cruche de vin de raphia. Madeleine, pour autant que je m’en souvienne, préférait le vin rouge. Mais enfin, le vin de raphia, c’est ce que l’on déposait sur la tombe des morts dans le Haut-Fènn. »
Vingt ans après la mort de sa mère, Katmé Abbia, enseignante, apprend que la tombe doit être déplacée. Son mari, Tashun, préfet de la capitale, voit dans ce nouvel enterrement l’occasion providentielle de réparer les erreurs du passé et surtout de donner un coup d’accélérateur à sa carrière politique. Quand Samy, artiste tourmenté, ami et frère de toujours de Katmé, est arrêté et jeté en prison, les ambitions politiques de son mari entrent en collision avec sa vie et la placent devant un choix terrible.
Porté par une écriture puissante où l’âpreté du réel le dispute à un humour à froid, Les Aquatiques est à la fois le portrait intérieur d’une femme qui se révèle à elle-même et une réflexion profonde sur les jeux de pouvoir dans une société africaine contemporaine.

La Riposte, Jean-François Hardy

La Riposte
Dans Paris désagrégé par la crise écologique, la misère a définitivement pris ses quartiers. Au rationnement alimentaire s’ajoutent la violence de l’État, la canicule et les maladies. Un mystérieux mouvement, Absolum, placarde ses affiches dans toute la ville et gagne du terrain. Son slogan : « Révolution pour la Terre ».

Dans ce chaos, Jonas est infirmier à domicile. Quand il ne s’occupe pas de ses patients, il se réfugie dans les bras de la jeune Khadija, déterminée à sauver le monde. À 37 ans, Jonas est quant à lui désabusé et s’apprête à fuir comme tant d’autres vers le nord de l’Europe, en quête d’une vie meilleure. Mais peut-il partir si facilement sans se retourner ? Qu’est devenue sa sœur Natalia, sa seule famille, dans la campagne aride privée d’électricité ? Et s’il parvenait à convaincre Khadija de le suivre ? Incapable de s’engager comme de rester loyal à un système dont il a su pourtant profiter, Jonas va devoir faire face au murmure d’une grande révolte.

Avec une remarquable inventivité et une lucidité féroce, La Riposte nous plonge dans ce qui pourrait ressembler à 2030. Une invitation littéraire saisissante au monde de demain.

Le Fils du pêcheur, Sacha Sperling

Le Fils du pêcheur

Au cours des dix dernières années, j’ai été amoureux deux fois. Elle s’appelait Mona, il s’appelait Léo. J’ai vécu avec elle à Paris, avec lui en Normandie. J’ai été en couple pendant sept ans avec elle, avec lui pendant sept mois. Je les ai aimés pareil. Je veux dire, aussi fort.
En sept ans, j’ai pris dix kilos. J’ai voulu arrêter la drogue. J’ai essayé de faire un enfant. J’ai vu un homme mourir. Je me suis éloigné de mon père. J’ai vu les contours de mon visage disparaître. J’ai vu la femme que j’aimais se détruire. J’ai détruit le mec que j’aimais.
J’écris ces phrases dans le vide. Je ne sais plus à qui je m’adresse. Peut-être aux deux êtres que j’aimais le plus et que j’ai brisés.
On m’a tout donné et j’ai tout gâché. Il me reste le souvenir de ces deux passions.
Il me reste l’histoire que je vais vous raconter.

Retrouvez toute la Rentrée Littéraire Robert Laffont ici : http://rentreelitteraire.robertlaffont.com/

La Grande Vallée, Edouard Bureau

La Grande Vallée
Quelque part dans les Alpes, la Grande Vallée bat au rythme des saisons. Dans les mois chauds de transhumance, accompagnant leurs bêtes sur les flancs de la montagne, les bergers savourent leurs joies pastorales au milieu de la nature intacte. Le tour d’horizon est somptueux, entre les neiges éternelles qui éblouissent le regard et le vert qui, plus bas, inonde les vallons.

Mais l’arrivée du Grand Batave trouble les cœurs : avec cet homme venu du Nord, c’est le village des Cent-Maisons qui s’industrialise, c’est la nature qu’on transforme. Tous ces bouleversements annoncent-ils vraiment, comme le croit Arno, le petit berger qu’on appelle le Merle, la mort des étoiles et la fin des chansons ?

Alors, il lui faudra lutter, même seul, même contre tous ses amis, même contre ses propres peurs, pour sauver l’âme de ce lieu, pour encore fredonner les mélodies anciennes et pour aimer plus fort la belle Jelena, la tisserande que sa machine a dévorée. S’ensuivront une fuite dans les sommets enneigés, une traque acharnée et surtout l’espérance qu’existe ailleurs un monde meilleur.

La Grande Vallée est un roman initiatique, une fable enracinée, une course folle pour la liberté, un cri d’amour à la nature et surtout, un appel à la vie intérieure.

Rentrée littéraire 2021

Mobylette, Frédéric Ploussard

Mobylette
À quinze ans, Dominique se voyait déjà promener ses presque deux mètres à travers la campagne vosgienne sur une Peugeot 103 orange. Il a fait beaucoup d’efforts pour l’avoir à Noël et en finir ainsi avec la série des Noël pourris. Il y a cru, il a été très déçu. La déception est d’ailleurs une constante dans la vie familiale chaotique de Dom. La déception entre autres choses. De là à en déduire que la suite des événements en découle, il n’y a qu’un pas. Quelques pas pour être précis. Un foyer pour ados sorti d’un méchant conte de fée. Une vie de jeune père guère épanouissante. Une vie maritale en berne. Une séance de ciné qui vire au pugilat. Une baignade mouvementée. Des retrouvailles du troisième type dans les bois. Et deux sœurs aussi féroces qu’attachantes.
Accrochez-vous.
 
Mobylette est un roman déjanté et cruellement drôle qui dresse le portrait décapant d’un trentenaire à la dérive dans un univers qui ne l’est pas moins, celui de l’aide sociale à l’enfance. Tour à tour désopilante, survoltée et hilarante, impossible de résister à cette aventure à mille à l’heure entre les Vosges et la Moselle. Il y a du John Kennedy Toole chez Frédéric Ploussard, et ça décoiffe.

Un autre bleu que le tien, Marjorie Tixier

Un autre bleu que le tien - Rentrée littéraire 2021
Sélection Prix Filigranes 2021

"Un beau texte, empreint de poésie, sur la sororité, l’amitié et la famille, qui dévoile avec finesse l’émotion et les liens qui unissent ceux qui s’aiment",
Maria Ferragu, Librairie Le Passeur de l'Isle, L'Isle-sur-la-Sorgue
 
"Une écriture sensible et extrêmement juste",
Céline Dausque, Librairie La Touquettoise

"Une plume délicate et poétique",
Stéphanie Almert, Fnac Metz
 
" Un texte renversant de beauté, de bonté, de générosité", 
Sandrine Dantard, Librairie Fnac Grenoble 

"Un roman hypnotisant de douleur et de douceur (...) une formidable découverte !"
Caroline Vallat, Fnac Rosny


Restée mutique suite à un traumatisme dont elle n’a aucun souvenir, Rosanie vit à l’abri du monde depuis vingt ans, enfermée dans son univers feutré, protégée par son sauveur devenu son mari. Un jour, attirée par les thermes de la ville — elle qui craint pourtant l’eau — elle rencontre Félice, une femme sportive et volontaire, brisée par un tragique accident. Fascinée par sa force de caractère, Rosanie se résout à abattre le mur de silence derrière lequel elle s’est terrée pendant si longtemps.

Porté par un style poétique et envoûtant, Un autre bleu que le tien dresse le portrait, entre forces et fêlures, d’une femme qui se bat contre son propre silence pour retrouver sa vérité.

Les indécis, Alex Daunel

Les indécis
« Je ne vous ai pas demandé qui vous étiez. Mais quoi. Quel genre littéraire ? »

Voilà comment Max, 33 ans, est accueilli dans un bâtiment froid et austère avant de comprendre qu’il vient de mourir dans un accident de voiture. Il n’est ni au Paradis, ni au Purgatoire, mais à l’Inspiratoire où les morts doivent choisir un genre littéraire afin d’inspirer un auteur sur terre. Ils sont ainsi réincarnés en personnages de roman.

Sous le choc de sa mort brutale, Max a plus de questions que de réponses. Il est, ce que l’on appelle, un « Indécis ». Pour le guider, il peut compter sur Mme Schmidt, sa défunte professeure de français.

Mais Max doit faire vite : il n’a que vingt-quatre heures pour prendre la plus importante décision... de sa seconde vie !

Triptyque argentin, Jordi Bonells

Triptyque argentin
Mêlant trois histoires distinctes à travers une seule enquête romanesque, ce périple au coeur de Buenos Aires, de 1939 à nos jours, gravite atour d'un même motif : la distance, la fuite, la disparition.

Le dernier tournant se situe dans le milieu des collaborationnistes de France partis s'exiler en Argentine. Il retrace les tribulations d'un acteur français de deuxième zone, Roger Coquillard, qui essaie de se reconstruire une vie, à défaut d'une carrière, dans cette capitale étrangère où rôdent toutes sortes de menaces.

Gambit l'argentin raconte l'improbable confontration entre des joueurs d'échecs juifs arrivés à Buenos Aires en août 1939 et les "rescapés" du nazisme à l'issue de la guerre, débarqués sous de fausses identités.

La visite raconte les péripéties d'un homme tenu pour mort après la chute de la junte militaire argentine en 1983. Il est traqué pour les exactions qu'il a commises dans un centre de détention de la police de Cordoba. Son fils est mêlé à l'affaire pour l'avoir aidé à disparaître après avoir pris une part active à ses actes criminels.

Entre réalisme et baroque, raison et folie, Jordi Bonells livre un récit fascinant sur les jeux de l'ironie du destin des hommes.

Celle qui se métamorphose, Boris Le Roy

Celle qui se métamorphose
 
Nathan se réveille aux côtés d’une femme qui n’est « ni tout à fait la même, ni tout à fait une autre » – en tout cas pas exactement la sienne. S’agit-il d’une hallucination ? Une consultation psychiatrique s’impose pour le pauvre Nathan, d’autant qu’au fil de cette histoire, remettant en question toutes ses certitudes, Anne ne cessera de se métamorphoser, jusqu’à se démultiplier, voire se volatiliser, avant qu’il soit accusé de l’avoir fait disparaître…
Avec cette fantaisie littéraire, Boris Le Roy explore le mystère de la féminité et met en scène la nécessité d’une réinvention permanente de soi dans la relation à l’autre. Entre comédie psychanalytique, fable surréaliste et digression philosophique, ce roman aussi inclassable que jubilatoire nous entraîne vers les régions inexplorées de l’inconscient et interroge notre rapport au monde en pleine mutation.

Six pieds sur terre, Antoine Dole,

Six pieds sur terre

Sans le savoir, Camille et Jérémy marchent l’un vers l’autre depuis leur naissance. Devenus adultes, ils s’aiment sans parvenir à être heureux ensemble, Jérémy s’efforçant de cacher à Camille les ombres qui le hantent. Le jour où Camille lui confie le désir de porter leur enfant, Jérémy ne parvient plus à tenir debout face aux possibles sur le point de s’écrire. La perspective de devenir père convoque lentement toutes les morts, car comment donner la vie quand on peine soi-même à trouver sa place parmi les vivants ?

Retrouvez toute la Rentrée Littéraire Robert Laffont ici : http://rentreelitteraire.robertlaffont.com/
 

907 fois Camille, Julien Dufresne-Lamy

907 fois Camille
C’est l’histoire vraie de Camille, fille de. Pas d’un acteur ni d’un chanteur, mais du proxénète notoire Dodo la Saumure. Depuis l’enfance, Camille compose avec l’absence de ce père occupé par ses maisons closes et ses allers-retours en prison. Camille grandit dans la honte et les secrets de famille avec une seule question : comment devenir une femme dans l’ombre d’un père qui en exploite tant ?
L’expérience de Camille est universelle, car elle illustre la place et le combat de toutes ces femmes aux prises avec des hommes qui les méprisent, les dupent, les utilisent pour dominer et triompher.

C’est aussi l’histoire d’un écrivain, Julien Dufresne-Lamy, qui pour raconter son amie Camille reprend la narration depuis l’origine. Il interroge l’écriture et les souvenirs enfouis de son héroïne en se demandant sans cesse : comment écrire le vrai, la vie d’une autre, l’amitié sans trahir la littérature ?

Un récit littéraire sans compromis, construit comme une captivante enquête sur la famille et le
secret, qui parle autant de proxénétisme que d’amour.

Les Insuffisances du cœur, Valérie Fritsch

Les Insuffisances du cœur
Alma grandit dans une maison hors du temps où règnent les non-dits. De ses parents, taciturnes et effacés, elle ne sait que peu de choses. Sous le vernis d’un foyer bien organisé, Alma ressent des failles. Au rythme des repas dominicaux, en présence d’un grand-père ancien combattant au corps meurtri par les séquelles de la guerre, la petite-fille perçoit autant d’échos d’un conflit qu’elle n’a pas connu et qui fi nit par s’inscrire dans sa propre chair.
Alma devient dessinatrice et rencontre un photographe, Friedrich, marqué lui aussi par une relation difficile avec son histoire familiale. Le couple donne naissance à Emil, un enfant qui souffre d’une maladie génétique rare : il est incapable de ressentir la douleur. Une notion qui lui restera étrangère, lui qui s’identifie aux super-héros, et autres êtres fabuleux de ses jeux d’enfant, habité par un sentiment d’invincibilité. Comme les deux faces inversées d’une même histoire, Emil et son arrière-grand-père, chacun marqué par sa propre infirmité, ont en commun d’être enfermés dans un monde qui les sépare de la vie ordinaire et des autres.
Entre précision incisive et poésie fantastique, Valerie Fritsch éclaire d’une lumière crue cet abîme insondable que l’Histoire peut creuser entre les générations.

Murnau des ténèbres, Nicolas Chemla

Murnau des ténèbres
En 1929, Friedrich Murnau, l’un des plus grands cinéastes au monde, abandonne le confort d’Hollywood pour rallier, à bord d’un petit voilier, les Marquises d’abord puis Tahiti et Bora-Bora. C’est là qu’il réalise Tabou, « le plus beau film du plus grand auteur de films », selon Éric Rohmer.

Mais ce chef-d’œuvre incomparable est maudit. Son tournage sera marqué par les drames et les catastrophes. Et Murnau, comme basculant dans son propre film, mourra tragiquement une semaine avant la première du long-métrage.

Murnau des ténèbres est le roman vrai de cette expédition fascinante. Dans un style à la beauté envoûtante, Nicolas Chemla conjugue le récit d’aventures, le conte fantastique et la méditation philosophique. À la frontière du rêve et de la réalité, de la vérité et de la fiction, il signe un texte à rebours de toutes les modes et renoue avec le souffle des grands écrivains-voyageurs comme Joseph Conrad, Herman Melville ou Pierre Loti.

Rentrée littéraire 2021
Première sélection Prix Renaudot 2021

La Nuit des aventuriers, Nicolas Chaudun

La Nuit des aventuriers
« C’est étrange, au boudoir, ces hommes en noir. Graves. Fermés. Détonnant parmi le mobilier précieux, tendu de satin parme brodé d’argent. C’est cela, parfaitement incongrus.
Ils esquissent des gestes, s’interrogent du regard… De toute évidence, ils attendent. On inclinerait volontiers pour le rendez-vous galant. Tout y invite en ce salon retiré, ouvrant sur les jardins immenses du palais présidentiel, tout, absolument tout. Mais à la longue, dans la nuit de décembre, cette douceur presque languide pourrait bien refroidir les ardeurs. On voudrait une bonbonnière ; c’est une veillée funèbre. »

Tout ce que dit Manon est vrai, Manon Fergetton

Tout ce que dit Manon est vrai
Au centre, Manon.
Autour, une ronde de personnages, qui projettent sur elle leurs peurs, leurs insécurités et leurs fantasmes.
Ils croient la connaître mieux que personne. Ce sont ses parents, ses frères, son amie au lycée, l'homme qu'elle aime. Et ce sont eux qui vont raconter cette année où tout bascule parce que Manon, seize ans, entame une relation avec un éditeur de bande-dessinée de trente ans son aîné. Elle a du talent. Il va la publier. Ils s'aiment. La femme de l'éditeur aussi l'aime. Les lignes se brouillent, tout se mélange : l'histoire qu'ils vivent et l'écriture de la bande-dessinée, l'admiration, l'amour. Et le passé ressurgit soudain dans le présent.
Rapidement, la mère de Manon refuse ce prétendu amour, cherche à protéger sa fille par tous les moyens, s'expose à la colère adolescente de celle-ci. Deux visions du monde s'affrontent. Deux visions de l'amour. Deux visions de ce que signifie être adulte. Et entre elles, d'autres voix, qui chacune renferme un morceau de la vérité.
Et au centre, Manon.
 
Comme Laura Kasischke, Manon Fargetton croise des points de vue contradictoires, voire divergents, pour mieux saisir la réalité. Un roman choral saisissant et novateur. D’une éblouissante sensibilité qui épouse au plus juste la psychologie des protagonistes, Tout ce que dit Manon est vrai réinvente l’autofiction.

L'Arbre ou la Maison, Azouz Begag

L'Arbre ou la Maison
Après des années d’absence et la mort de leur mère, deux frères lyonnais, Azouz l’écrivain et Samy l’arboriculteur, binationaux franco-algériens, décident de rentrer quelques jours à Sétif, le temps de nettoyer les tombes de leurs parents et de vérifier l’état de la maison familiale. Tandis que Samy bougonne à l’idée de remettre les pieds dans cette ville où il n’a plus de repères, Azouz est impatient d’assister à la révolution démocratique qui secoue le pays. Par-dessus tout, il espère retrouver Ryme, la femme qu’il aime depuis toujours, son cordon ombilical avec la terre de ses ancêtres. Mais à Sétif, Samy et Azouz ne reconnaissent plus rien, et aux yeux des locaux, ils sont devenus des étrangers, des bi. Quant à Ryme, l’amour de la liberté lui a donné des ailes, comme à son peuple. L’aura-t-elle attendu ? Il n’y a que le bel arbre planté par leur père devant la maison, un demi-siècle plus tôt, qui n’a pas changé de place. Mais il a tellement grandi que ses racines en menacent les fondations. Les deux frères se retrouvent ainsi face à un dilemme : garder l’arbre ou la maison.
Dans ce roman pétri de tendresse et d’humanité, Azouz Begag confronte, avec un irrésistible sens de l’humour, la nostalgie de l’enfance à la réalité d’un pays en pleine effervescence, résolument tourné vers l’avenir.

Crions, c'est le jour du fracas, Héloïse Guay de Bellissen

Crions, c'est le jour du fracas

 « Je me présente, je suis la flamme d’un incendie, je suis née pour carboniser, achever, étouffer le jour, éclairer la nuit, manger des oiseaux, piquer la vedette au soleil, brûler jusqu’au ciel. Et beaucoup d’autres choses encore. Alors si vous aimez les histoires qui se terminent bien, vous soufflez sur la mauvaise chandelle. 
Tout a commencé en 1866, le 3 octobre pour être exact. J’ai été déposée par la foudre sur une île pour effectuer mon baptême du feu. Ma surprise fut immense quand j’ai découvert que j’étais tombée dans un pénitencier pour enfants. Ça se faisait beaucoup à l’époque, suffisait d’être pupille de la nation, vagabond, délinquant, ou être vraiment, vraiment mal né, pour y atterrir. Alors forcément quand j’ai débarqué, j’ai su qu’eux et moi allions faire de grande chose.
Là, tout de suite, les noms, Condurcer, Le troué, Boule de neige, ou encore Sabine ne vous disent rien, mais approchez, tendez l’oreille et vous les entendrez parce que dans l’arbre généalogique du monde ils sont vos enfants ancêtres. Ils sont à la fois ce que vous avez été et ce que vous êtes : des prisonniers de l’enfance et des révoltés. »
 
Post-Scriptum : Vous saviez que vous les humains possédiez une cabane intérieure où je peux mettre le feu et vous enflammer ? Vous savez que dalle, mais vous allez bientôt le savoir.
*
 
Extrait du Courrier Marseillais, décembre 1866
On lira avec un pénible et douloureux intérêt les détails sur le déplorable drame du pénitencier de l’île du levant, dont les jeunes acteurs se sont montrés aussi audacieux et aussi profondément pervertis que peuvent être des hommes endurcis dans le crime. Rien n’a manqué à un complot qui épouvante l’imagination, l’assassinat, l’incendie, une atroce vengeance exercée sur ceux qui n’avaient pas voulu s’associer à un plan médité depuis deux mois. La précocité des passions brutales, tout est venu donner, surtout à cause de l’âge des insurgés, la plus sinistre physionomie qui se soit passé sur l’île du levant.
 
*
 
« Il vaut mieux brûler franchement que s’éteindre à petit feu » (paroles de My My, Hey Hey, de Neil Young, citées dans la lettre de suicide de Kurt Cobain retrouvée sur les lieux de sa mort, le 4 avril 1994.)
 
Pour raconter la révolte des enfants du bagne de l’île du Levant Héloïse Guay de Bellissen est allée fouiller les archives de Draguignan. Et elle a écrit un roman historique à sa manière. En donnant une voix aux jeunes colons, victimes et bourreaux. Et en faisant parler le feu qui les a consumés. Elle a même écrit un roman doublement historique. Car elle a voulu raconter en parallèle, à travers l’histoire de sa bande, le sort de sa génération. Quelques garçons et quelques filles qui ont grandi à La Seyne-sur-mer, juste en face de l’île du Levant, durant les années 90, au temps de Nirvana et des Pixies, et qui, ont connu, eux aussi, un destin tragique, parce qu’ils n’acceptaient pas le rôle formaté qu’on leur avait assigné…
Dans les deux cas, des enfants, qui n'ont rien à perdre parce qu'ils n'ont rien dès le départ, essaient par leurs propres moyens de choisir leur destinée, alors qu’on voudrait en faire des adultes intégrés et malléables.
Comment trouver sa place dans le monde ? Les personnages de ce livre la trouveront par la force. Une force puissante et radicale qu’ils tirent de leur adolescence même, parce qu’elle est pure et nouvelle. Mais qui se retournera contre eux…
  
 

Le syndrome de Beyrouth, Alexandre Najjar

Le syndrome de Beyrouth
« Je n’ai pas fui, je me suis sauvée. »

Confinée dans un hôtel à Saint-Malo, Amira Mitri, ancienne combattante devenue reporter au quotidien libanais An-Nahar, rescapée de l’explosion du port de Beyrouth, rassemble ses souvenirs, depuis son retour au Liban en l’an 2000, à l’orée d’un nouveau siècle, jusqu’à la tragédie du 4 août 2020. Durant cette période de vingt années, les événements se sont succédé : bien des vicissitudes ont secoué le pays du Cèdre, et sa vie amoureuse a connu de multiples rebondissements. Avec lucidité et franchise, elle se confie, sans mâcher ses mots.

Un livre foisonnant, dans la veine du Roman de Beyrouth, où se mêlent habilement fiction et réalité, aventures et réflexions politiques, héros imaginaires et personnages célèbres, pour nous dévoiler l’âme d’une femme et celle d’une ville, Beyrouth, sans cesse malmenée, mais toujours debout.

Traverser la foule, Dorothée Caratini

Traverser la foule
Un jour comme un autre de décembre, Dorothée se confronte à l'indicible : le suicide de son mari, qui la laisse seule avec deux petites filles face à un gouffre d'incompréhension.
Tout ce qui entoure la mort est pénible, long, compliqué. Il faut attendre, répondre à des questions. Mais le deuil donne aussi le droit de s'affranchir des conventions. Dorothée veut qu'il éclate à la face du monde, elle veut rester qui elle est, une femme qui jouit. Pas seulement une veuve et une mère, mais une femme libre avec son imaginaire et son grain de folie. Alors, passés le choc, la colère et la doueur, elle prend ses émotions et ses enfants sous le bras, qui l'épuisent et la comblent. Les fantômes, elle les brûle.

Ecrit dans l'urgence de la peine avec la grâce des âmes sensibles, Traverser la foule balance entre le réalisme, le rock et la poésie. Aussi drôle qu'émouvant, il s'en dégage une force inouïe, qu'on peut aussi bien nommer la joie ou la vie.

Le Cri de la cigogne, Jean-Charles Chapuzet

Le Cri de la cigogne

On traverse beaucoup de villages dans une vie. En cette matinée du dimanche 15 octobre 2006, c’est celui d’Olaszhalom que traversent un professeur d’histoire et ses deux enfants. À deux heures de Budapest, la bourgade compte 1 500 âmes, une station-service, des cigognes, trois églises, les ruines d’une synagogue. Et, en contrebas de la route principale, une rivière dans laquelle chahutent des dizaines de Tsiganes.
Soudain, une silhouette surgit devant la voiture du professeur pour que toutes les haines couvées par un pays se cristallisent. Ce 15 octobre, Éva a douze ans, nage comme une championne et déteste les dimanches en famille. Elle est dans la voiture avec son petit frère quand les pneus crissent. La voici mêlée de force à l’histoire de la Hongrie, entre mirage européen et groupuscules néonazis.

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Au moins le souvenir, Sylvie Yvert

Au moins le souvenir
Qui se souvient de Lamartine ? Qu’il a été candidat à la première élection présidentielle française ? Qu’on lui doit le suffrage universel, l’abolition de la peine de mort en politique, la seconde abolition de l’esclavage, la conservation du drapeau tricolore et tant d’autres choses encore ? À la parution des Misérables, en 1862, Marianne de Lamartine, la discrète épouse du poète, qui a parfois tenu la plume pour lui, décide de prendre la parole pour défendre l’action de son mari résolu à se taire à tout jamais. Car, pour avoir récusé les Rouges comme les Royalistes, le candidat malheureux a pu mesurer combien nul n’est prophète en son pays.
À la manière d’une feuilletoniste, Marianne de Lamartine nous raconte la vie du plus méconnu de nos hommes illustres, poète éclatant des Méditations de 1820 mais aussi historien et homme d’État. On croise les écrivains engagés de l’époque, au premier rang desquels Victor Hugo. Tous ou presque vont d’abord s’enthousiasmer pour cette révolution pacifique où semble enfin poindre la lumière, lumière qui dura ce que dure le printemps des peuples…
 
Après son best-seller Mousseline la Sérieuse (prix littéraire des Princes et prix du Cercle de l’Union) et du très remarqué Une année folle (prix Napoléon Ier), Sylvie Yvert poursuit le roman vrai de notre histoire en retraçant la destinée d’une figure politique et littéraire qui se confond avec le génie français.

Les Confluents, Anne-Lise Avril

Les Confluents
Liouba est une jeune journaliste qui parcourt le monde à la recherche de reportages sur le changement climatique. En Jordanie, elle croise la route de Talal, un photographe qui suit les populations réfugiées. Entre eux, une amitié se noue qui se transforme vite en attirance. D’année en année, le destin ne cessera de les ramener l’un vers l’autre, puis de les séparer, au gré de rencontres d’hommes et de femmes engagés pour la sauvegarde de la planète, et de passages par des théâtres de guerre où triomphe la barbarie. Liouba et Talal accepteront-ils de poser enfin leurs bagages dans un même lieu ?
Ce premier roman, grave et mélancolique, a pour fil conducteur l’amour lancinant entre deux êtres que les enjeux du monde contemporain éloignent, déchirent et réunissent tour à tour. Avec cet éloge de la lenteur et du regard, Anne-Lise Avril donne à la nature une place de personnage à part entière, et au fragile équilibre des écosystèmes la valeur d’un trésor à reconquérir.
 

Berlin Requiem, Xavier-Marie Bonnot

Berlin Requiem

Juin 1954, l’opéra royal du Danemark cherche un nouveau chef d’orchestre pour remplacer le grand Wilhelm Furtwängler, parvenu au terme de sa vie. Un jeune musicien est choisi : Rodolphe Meister, le fils d’une célèbre cantatrice. Tous trois sont nés à Berlin, se sont connus et fréquentés. Mais, en 1933, tandis que les nazis font de Furtwängler un trésor national, le destin de Rodolphe et de sa mère va basculer. L’enfant n’a que huit ans, et comme beaucoup le nazisme le fascine... Jusqu’au jour où la Gestapo découvre à sa mère une ascendance juive.

En 1954, lorsque Rodolphe retrouve Furtwängler, mourant, leurs histoires s’entrechoquent. Des questions surgissent entre un exilé, fils d’une mère déportée à Birkenau, et le chef qui a eu les honneurs de Hitler en personne... Comment Furtwängler a-t-il pu accepter la reconnaissance d’un régime barbare ? Dans un tel contexte, est-il encore possible de placer l’art au-dessus de la morale ?

À travers ce passé douloureux, les deux hommes vont découvrir que la musique n’est peut-être pas la seule chose qui les unit..

Mamba Point Blues, Christophe Naigeon

Mamba Point Blues
1918. Percussionniste virtuose à l’école des djembés de Gorée, Jules, interprète du régiment de Noirs américains sur le front de cette France ravagée qu’il ne connaît qu’à travers Maupassant, vit à l’aube de l’armistice un amour éphémère avec l’épouse d’une « gueule cassée ». Ce souvenir indélébile l’accompagnera après la guerre dans son long périple à travers l’Amérique bouillonnante des Années folles, quand il rejoint le jazz-band de ses anciens compagnons de guerre, en tournée dans le Sud raciste, puis triomphe au célèbre Cotton Club de New York.

Sa vie croise celle de Joséphine Baker qui l’emmène, avec sa Revue nègre, à Paris où l’amitié qu’il scelle avec l’écrivain-espion Graham Greene les entraîne dans une périlleuse expédition en Afrique. Ils iront jusqu’à Monrovia, capitale du Liberia, sur les traces de Julius Washington, l’arrière-grand-père de Jules, premier grand reporter photographe noir américain. Alors que de nouveau une guerre s’annonce, Jules s’installe à Mamba Point, dans la maison de Julius, l’homme qui a tenté de révéler la véritable histoire de ce pays : celle de ces esclaves affranchis envoyés en Afrique pour bâtir une nation libre. Un rêve devenu cauchemar.

Châteaux de sable, Louis-Henri de La Rochefoucauld

Châteaux de sable

Jeune père un peu paumé, précaire dans la presse, le narrateur de ce roman mélancolique et drolatique vit dans un monde en voie d’extinction. Rien de grave : issu d’une famille décimée sous la Révolution, il a appris le détachement. Trop à l’ouest pour avoir des convictions politiques, il n’est pas royaliste, mais ne croit pas non plus au mythe d’une France nouvelle née en 1789… Jusqu’au jour où Louis XVI lui apparaît ! Et s’il s’amusait à réhabiliter ce grand dadais mal-aimé, émouvant malgré lui ?

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L'Unique goutte de sang, Arnaud Rozan

L'Unique goutte de sang
Au coeur du Tennessee des années vingt, Sidney, un adolescent noir, se retrouve pris au piège du désir de deux jeunes filles blanches qui provoquent le massacre de sa famille en l'accusant à tort.

Pourquoi un shérif adjoint a-t-il pris le risque de lui épargner le lynchage ? Dans cette Amérique où n'avoir qu'une seule goutte de sang noir expose au danger, Sidney est-il pour autant sauvé ? 
Quand le jeune homme reprend ses esprits après les horreurs vécues, sa mémoire s'est effacée.
Un lien étrange l'unit néanmoins à ce policier et à un mystérieux garçon, qu'il va désormais suivre comme son ombre dans une tragique odyssée. Car un tourbillon de violence poursuit implacablement Sidney, des émeutes de l'été sanglant de Chicago jusque dans l'Arkansas, sous fond de blues de Bessie Smith, sœur exilée du Sud.

Dans cette quête de ses racines, quel rôle vont jouer Robert Abbot, porte-parole de la cause des Noirs, Alma, la jeune aveugle, Lewis, l'ancien esclave, et les âmes tourmentées de Harlem ? 

Mesure-t-on à quel point des liens de sang se sont créés au cœur de la haine entre les Noirs et les Blancs, de génération en génération, au-delà de l'inimaginable ?

Ce qui manque à un clochard, Nicolas Diat

Ce qui manque à un clochard

« Dans la verte campagne berrichonne, l’homme le plus différent qui soit est apparu ; il sortait des marais telle une étrange apparition. Jamais cette terre n’avait donné naissance à un enfant aussi bizarre. Il fallait bien que l’anormal advienne un jour. »

Marcel Bascoulard a vraiment existé. Ce mendiant, séparé de sa famille, vivait dans des masures et vendait ses toiles au prix qu’on lui offrait.
Il est né en 1913 et a été assassiné en 1978. Dessinateur de génie, travesti, poète et photographe, il a choisi pour sœurs d’existence solitude et pauvreté.
Les extases n’étaient pas loin pourtant.

Dans ces Mémoires romancés, tout imprégnés d’une douce mélancolie, la prose avoisine souvent la poésie, retournant la misère en gloire.

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Ma mère avait ce geste, Alain Remond

Ma mère avait ce geste
« Ma mère avait ce geste, quand elle était soucieuse, la main contre la joue. Ce n’était pas pour elle, qu’elle se faisait du souci, elle avait un caractère tellement gai. C’était pour nous, ses dix enfants, surtout les plus jeunes, qu’elle se faisait du souci, comment arriver à nous nourrir, à nous vêtir, avec le peu d’argent qu’il y avait, surtout après la mort de mon père. Comment s’assurer que nous allions nous en sortir, faire des études, arriver à nous débrouiller. Pour les études, il y avait les bourses : il fallait passer un concours avant l’entrée en sixième, puis fournir, chaque année, des certificats attestant de bons résultats et d’une bonne conduite. Ma mère, chaque année, nous rappelait qu’il ne fallait surtout pas oublier ce certificat, qu’il fallait tout faire pour l’obtenir. Bons résultats et bonne conduite…»

D'une île à l'autre, Patrick Renou

D'une île à l'autre
Feuilletant un livre ancien sur les paquebots, devant la boîte verte d’un bouquiniste des quais, Patrick Renou découvre qu’une passagère clandestine, embarquée sur l’Ile-de-France en novembre 1946, donna naissance à sa fille au large des côtes françaises. Profondément ému, il fait alors des recherches, se plonge dans les archives de Cherbourg, de New York, comprend l’histoire extraordinaire de Milena et décide de réinventer ces sept jours de la traversée, où s’est noué le destin de la jeune femme. On entend le saxo de Charlie Parker le soir, on voit Marcel Cerdan sur le ring, les buffets sont dressés jour après jour. On vit ce temps si particulier des traversées transatlantiques qu’épouse à la perfection le rythme de l’écriture du romancier.

« Patrick Renou s’est emparé de cette aventure, encore brûlante des terreurs de la guerre et des poursuites infâmes contre les Juifs. Par son style à la fois tendre et persuasif, il donne vie à ce qu’on n’aurait jamais su sans lui. Il n’y a jamais de hasard : l’auteur a su crever l’épaisseur de l’oubli avec ses mots, et c’est là encore son mérite. C’est de là aussi que vient la beauté de ce roman. » Arlette Farge

L'Inspecteur Sadorski libère Paris, Romain Slocombe

L'Inspecteur Sadorski libère Paris

Été 1944 : Sadorski a passé huit mois en prison. L’administration le libère en échange d’un rapport sur le transfert de l’ex-ministre Georges Mandel, otage des nazis, qui va être tué sous ses yeux. Crime ordonné par la SS ou par la Milice ? Peu après, un inconnu blessé est enlevé par des flics allemands en civil. L’inspecteur met ses adjoints sur l’affaire et l’un d’eux est abattu à son tour. Dans un bar tenu par des truands, Sadorski rencontre un jeune milicien qui semble être un pervers sexuel. Ce personnage va le mener à la plus terrifiante « Gestapo française » opérant dans ces dernières semaines avant la Libération…

« Un très grand personnage de salaud qui nous pousse à une immense compassion pour ses victimes. » Pierre Lemaitre, Dictionnaire amoureux du polar, Plon, 2020

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Mourir au monde, Claire Conruyt

Mourir au monde
Sœur Anne ne s’est jamais véritablement adaptée à la vie en communauté au sein du couvent où elle vit pourtant depuis vingt ans. Lorsque Mère supérieure la charge du patronage de Jeanne, une jeune postulante, se réveillent en elle des sentiments et des questions que la règle conventuelle lui avait fait oublier.

Bientôt, la relation entre les deux femmes dépasse le cadre de la formation. Jeanne est une bouffée d’air frais pour les religieuses. Mais elle bouleverse l'existence de Sœur Anne qui, à ses côtés, aperçoit la possibilité de ressaisir le sens de sa vocation et de se retrouver elle-même.
Quelle place reste-t-il pour l’affection et pour l’humanité quand entrer dans les ordres exige de se défaire de soi-même et de s’abandonner à Dieu ? Comment la communauté peut-elle comprendre que la délivrance de Sœur Anne, pour qui la foi ne suffit plus, repose entièrement sur sa relation avec Jeanne ?

Dans un style limpide et poétique, ce premier roman qui renverse la structure classique du récit d’initiation peint avec clarté et pudeur la confusion des sentiments.

Une certaine raison de vivre, Philippe Torreton

Une certaine raison de vivre

« J’ai toujours envie de te gifler… Continue à écrire et on va continuer à faire l’amour puisqu’il n’y a que ça qui marche entre nous. Tu vas signer la paperasse de mon père… Je vais avoir une autre vie, Jean, mais, dans cette autre vie il y aura un tiroir secret, et dans ce tiroir il y aura toi. Et si un jour tu as quelque chose à me proposer, dis le-moi. Ne regarde pas mes larmes, elles ne veulent pas dire grand chose, écris, mon Jean, surtout n’arrête pas, j’aime que tu écrives… Je m’offrirai certaines de tes phrases, même si elles ne sont pas pour moi. Je suis jalouse de cette guerre qui te garde pour elle, qui te fait marcher seul je ne sais où… sans moi… sans ta femme… Je pense que je suis la seule veuve de guerre dont le mari est vivant et devant ses yeux. »

Du grand massacre de 14-18, Jean Fournier revient indemne physiquement mais broyé de l’intérieur. Démobilisé, il fait tout ce qu’il peut pour y croire, croire qu’un avenir est encore possible après cinq années à voir et entendre ce que des yeux et des oreilles de vingt ans ne devraient pas avoir à saisir. Il retrouve son emploi discret dans une banque et le destin lui fait grimper les échelons par la grâce d’un amour fol : celui d’Alice. Mais Alice, malgré ses efforts, le voit rêver de hauteurs qu’elle ne connaît pas, celles des cimes où un berger lui a, un jour, offert un autre regard sur les hommes et sur la vie.

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A un détail près, François Cérésa

A un détail près
Il est plein de doutes, fracassé par le décès de son épouse. Elle, belle comme une Italienne, discrètement provocante. Ils se rencontrent à la bibliothèque Richelieu, en plein coeur de Paris. Il reprend confiance, elle se laisse approcher. Les voilà amants.

Mais elle garde ses mystères. Plus ils sont intimes, plus elle lui échappe. Une séductrice ? Une adepte des boîtes échangistes ? Une authentique universitaire, comme lui ? Parfois elle lui rappelle Victoire, sa femme. Joue-t-elle de cette ressemblance ?

Pour tout compliquer, la belle s’appelle Manon. Comme l’héroïne de l’abbé Prévost – et du livre auquel il travaille. De qui est-elle le double ? A-t-elle une vie secrète ? Le diable est parfois dans les détails…

François Cérésa joue à nous perdre dans ce jeu de miroirs et de fauxsemblants, jusqu’au plus imprévu des dénouements. Un voyage sentimental à travers la France et l’Italie, la légèreté et la gravité.

Le Monde qui reste, Pierre Vergely

Le Monde qui reste
Charles Vergely a tout juste dix-sept ans lorsqu’il s’engage dans la Résistance en juillet 1940. Il est arrêté le 10 mars 1941 par la police militaire allemande. Torturé, emprisonné, jugé de façon expéditive et condamné à mort avec six autres de ses camarades, Charles Vergely est d’abord incarcéré à la prison du Cherche-Midi où il a, entre autres voisins de cellule, Honoré d’Estienne d’Orves. Il est ensuite transféré à la prison de Fresnes, la « Filiale de l’Enfer », puis déporté au camp de Rheinbach en juin 1942, où une partie des prisonniers finissent décapités à la hache. Au lendemain d’un bombardement qui ravage le camp, il rejoint celui de Ludwigsburg au terme d’une « marche de la mort » de quarante-cinq jours. Il y voit quotidiennement des hommes se faire exécuter, d’autres mourir de fatigue ou de faim. Lui-même ne pèse alors plus que trente-huit kilos. En février 1945, à la suite d’un autre bombardement, il est entassé avec une centaine d’hommes dans un wagon à bestiaux pour un ultime voyage vers la forteresse de Landsberg, une annexe du camp de Dachau, jusqu'à sa libération par les troupes alliées à la fin du mois de mai.
 
Pierre Vergely est le fils de Charles. À propos de ce roman, il écrit : « Lorsque j’ai démarré la rédaction de l’histoire de mon père, je ne savais pas où je mettais les pieds. J’avais une idée du poids de l’Histoire, mais je n’avais encore jamais eu l’occasion de mesurer sa puissance, et j’ai découvert que derrière ce mot se cachent à la fois l’ensemble de toutes les vies du passé, mais aussi notre présent et les raisons de notre présence. Je pourrais clamer qu’avec ce livre j’ai tenté, en plus de rendre hommage à mon père, de célébrer la lutte pour la liberté, la défense de la justice, la dignité ou le sens du devoir, mais ce serait faux. Ce livre parle avant tout du courage. Du combat face à la peur. De cet acte qui, pour être authentique, consiste à joindre à l’élan total de l’esprit l’engagement entier du corps. »

Une poupée en chocolat, Amandine Gay

Une poupée en chocolat
Je suis une personne née sous X, qui ne possède rien de son passé : ni antécédents médicaux, ni arbre généalogique, ni mémoire familiale. Je dois donc écrire mon histoire pour ne pas être qu’une somme de silences, de traumas et de dépossessions. Ce livre est une trace, une archive, une pièce du puzzle que je tente de compléter grâce à l’analyse politique de ce qui m’arrive.
On oublie trop souvent que si des familles sont constituées par l’adoption, c’est parce que d’autres, plus précaires, ont été détruites. Qu’il s’agisse des rapports de classes, des inégalités mondiales ou du continuum colonial, en contexte occidental, l’adoption est inscrite dans une histoire de violences. C’est de cette histoire que les personnes adoptées héritent ; contre ses persistances qu’elles luttent.
Devons-nous être une tabula rasa pour que l’adoption fonctionne ? Qui sont nos vrais parents ? Est-ce une chance d’être adoptée ? Suis-je une vraie Noire ? Cet essai autobiographique invite à s’interroger sur l’identité, la filiation et la parentalité à partir du regard que nous, personnes adoptées, posons sur la famille et la société.

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