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La Découverte
EAN : 9782707167613
Code sériel : 410
Façonnage normé : POCHE
Nombre de pages : 160
Format : 125 x 190 mm

La philosophie de Marx

Date de parution : 28/08/2014
L'un des plus grands spécialistes de l'œuvre de Marx en propose une synthèse des thèmes et problématiques proprement philosophiques, ainsi que son actualité sociale et politique. Cette édition de poche est augmentée d'une préface inédite à l'édition allemande de ce livre

Étienne Balibar tente ici un double pari : rendre accessibles les thèmes et les problèmes proprement philosophiques qui ont été traités par Marx ou qui peuvent être posés à partir de son œuvre et – au terme d’un siècle et demi de controverses passionnées dont la « philosophie marxiste »...

Étienne Balibar tente ici un double pari : rendre accessibles les thèmes et les problèmes proprement philosophiques qui ont été traités par Marx ou qui peuvent être posés à partir de son œuvre et – au terme d’un siècle et demi de controverses passionnées dont la « philosophie marxiste » a été le lieu ou l’enjeu – proposer les éléments d’un bilan et d’un pronostic. Le marxisme, aujourd’hui en pleine refonte, n’est-il pas en train de devenir une composante d’une pensée critique plus large ? Libérée de toute prétention à constituer par elle-même une « conception du monde », échappant par là même aux oscillations qui ont marqué son passé récent entre le statut d’une quasi-religion et celui d’une pseudo-science, la pensée philosophique issue de Marx reformule ses questions premières : celle des fonctions sociales et des enjeux politiques de la théorie, celle de la vérité comme « appropriation pratique » du monde, celle des formes d’assujettissement liées à l’universalité elle-même, celle des « contradictions du progrès » et de la dialectique historique, celle de l’éthique révolutionnaire comme expression de l’effort de libération individuelle et collective.
Cette nouvelle édition, revue et augmentée, comporte une préface et un complément inédits de l’auteur. Vingt ans après avoir écrit La Philosophie de Marx, Étienne Balibar y présente ses conceptions actuelles et renouvelle ainsi sa contribution aux débats sur la théorie marxiste.

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EAN : 9782707167613
Code sériel : 410
Façonnage normé : POCHE
Nombre de pages : 160
Format : 125 x 190 mm

Ce qu'en pensent nos lecteurs sur Babelio

  • cprevost Posté le 1 Mai 2013
    Ce petit livre – un peu plus de cent pages – prend le contrepied de toute la vulgate habituelle. Tout est méconnaissable, le matérialisme, la dialectique ... Loin de l’esprit de système, l’auteur nous donne à voir une pensée marxienne en évolution incessante, en chantier permanent. Etienne Balibar converse avec le grand penseur : les échanges sont philosophiques et absolument passionnants – il est question de la façon dont Marx travaille la philosophie, et la philosophie travaille dans Marx. Balibar plaide pour une philosophie de Marx qu’il préfère à une philosophie marxiste. La pensée communiste s’est souvent présentée en effet comme une alternative à la philosophie, une non-philosophie. Elle est pour elle au mieux une entreprise individuelle d’interprétation du monde, qui pense un ordre du monde conduisant à le valoriser et à le laisser en place. « Les philosophes ont seulement interprété différemment le monde, ce qui compte, c’est de le changer ». Trois sujets sont abordés dans cet ouvrage. 1) Le premier parcours, partant des définitions classiques de l’essence humaine (idéaliste, matérialiste), nous conduit vers la problématique du rapport social. Balibar tout d’abord réaffirme la prise de position de Marx contre l’idéalisme mais également... Ce petit livre – un peu plus de cent pages – prend le contrepied de toute la vulgate habituelle. Tout est méconnaissable, le matérialisme, la dialectique ... Loin de l’esprit de système, l’auteur nous donne à voir une pensée marxienne en évolution incessante, en chantier permanent. Etienne Balibar converse avec le grand penseur : les échanges sont philosophiques et absolument passionnants – il est question de la façon dont Marx travaille la philosophie, et la philosophie travaille dans Marx. Balibar plaide pour une philosophie de Marx qu’il préfère à une philosophie marxiste. La pensée communiste s’est souvent présentée en effet comme une alternative à la philosophie, une non-philosophie. Elle est pour elle au mieux une entreprise individuelle d’interprétation du monde, qui pense un ordre du monde conduisant à le valoriser et à le laisser en place. « Les philosophes ont seulement interprété différemment le monde, ce qui compte, c’est de le changer ». Trois sujets sont abordés dans cet ouvrage. 1) Le premier parcours, partant des définitions classiques de l’essence humaine (idéaliste, matérialiste), nous conduit vers la problématique du rapport social. Balibar tout d’abord réaffirme la prise de position de Marx contre l’idéalisme mais également contre l’ancien matérialisme qui réduit toute abstraction intellectuelle à la sensation et à l’affectivité ; ensuite, il définit ce qu’est l’essence humaine pour l’auteur du « Capital ». L’activité subjective dont parle l’idéalisme est la négation d’une activité plus réelle de constitution du monde extérieur et de transformation de soi. Le matérialisme de Marx n’a pourtant rien à voir en avec une référence à la matière. Le renversement de l’idéalisme en matérialisme qu’il propose est le renversement qui consiste à prôner le changement des conditions matérielles par l’action pratique. Pour Marx, nous dit Balibar, le sujet n’est pas autre chose que la pratique. Marx encourage à l’action elle-même, sans phrase. L’essence humaine n’est donc pas pour lui une idée ou une abstraction inhérente à l’individu singulier, une idée logée dans les êtres de même genre. Ce sont les relations qui définissent ce que les hommes ont en commun. L’essence humaine dans la réalité est pour Marx l’ensemble des rapports sociaux. 2) Le deuxième parcours, partant d’une critique des illusions de la conscience, va examiner la constitution du sujet dans les formes de son aliénation. Ce second parcours, nous dit Balibar, n’est pas linéaire, mais marqué par une bifurcation chez Marx : l’abandon du terme d’idéologie. S’inspirant de Feuerbach, Marx affirme en effet dans un premier temps que l’illusion de conscience, l’aliénation, procède de la division même de la société. La conscience sociale se constitue pour lui à partir de la vie réelle de la production. Il y a un caractère de classe de la conscience, c'est-à-dire des limites dans l’horizon intellectuel qui reflètent ou reproduisent les limites de la communication imposées par la division en classe de la société. Il y a donc pour Marx une impossibilité à l’universalité inscrite dans les conditions même de la vie matérielle au-delà de laquelle il est possible de penser qu’en imagination. Il y a par conséquent à la fois une limitation et une autonomie de la conscience. L’idéologie est pour Marx l’abstraction de la conscience. La division du travail manuel et intellectuel génère, pense-t-il, un monopôle de l’idéologie et une autonomisation des idées. L’état ainsi est un fabriquant d’abstraction en raison même de la fiction unitaire qu’il lui faut imposer à la société. Pour toutes ces raisons, les pensées de la classe dominante sont pour Marx les idées dominantes. L’idée d’une idéologie prolétarienne, dans ces conditions, devrait être dénuée de sens ? La masse devrait être extérieure au monde de l’idéologie dont les abstractions et les représentations idéales du rapport social pour elle ne devraient pas exister ? Cette assertion a été malheureusement cruellement infirmée tout au long du mouvement ouvrier et du temps même de Marx. De cette déconvenue d’ailleurs devait naître le concept marxiste de classe en soi et de classe pour soi. Il ne sera plus guère question dans les derniers travaux de Marx d’idéologie mais de fétichisme de la marchandise. Ce qui se présente comme un rapport quantitatif donné – le temps de travail – est en réalité pour Marx l’expression d’un rapport social. En effet, des unités indépendantes des unes des autres ne peuvent déterminer qu’à postériori, en ajoutant leur production à la demande, le degré de nécessité de leurs travaux, la quantité de travail social qui doit y être consacré. C’est la pratique d’échange qui détermine la proportion mais c’est la valeur d’échange qui détermine pour chaque producteur, de façon inversée comme une propriété des choses, le rapport que son travail entretien avec celui de tous les autres. Dès lors, il est indéniable que le travail des producteurs apparait socialisé par la forme valeur, au lieu que celle-ci figure comme l’expression de la division du travail. Les relations sociales qu’entretiennent leurs travaux privés apparaissent aux producteurs comme rapports impersonnels entre les personnes et rapport social entre les choses impersonnelles. Le fétichisme de la marchandise fait qu’un rapport entre les hommes prend pour eux la forme fantasmagorique d’un rapport entre les choses. Les sociétés sont des sociétés de marchandises dont les hommes ne sont que les intermédiaires et non des sociétés d’hommes nous dit Marx. Mais qu’elle est pour Marx la genèse de cette subjectivité ? L’activité du monde pour lui ne procède d’aucun sujet pensable sous la forme d’une conscience (contre l’idéalisme classique de Kant). Le monde social en revanche constitue des sujets – ou des formes de subjectivité et de conscience – dans le champ même de l’objectivité. Ainsi, si la constitution de l’objectivité dans le fétichisme ne dépend pas de données préalables d’un sujet, en revanche elle constitue des sujets, qui sont partie de l’objectivité elle-même, c'est-à-dire qu’ils sont donnés dans l’expérience à côté des choses, des marchandises, et en rapport avec elles (sujet constitué non constituant). C’est, comme nous le montre Balibar, un parcours de Marx qui mène de l’idéologie au fétichisme. La scission de la communauté réelle des individus est suivie d’une projection ou transposition du rapport social dans une chose extérieure. Dans un cas, c’est une idole, une représentation abstraite (liberté, justice…), dans l’autre cas, c’est un fétiche, une chose matérielle (la marchandise, et surtout l’argent).Dans le premier cas s’esquisse une théorie de la constitution du pouvoir ; dans le deuxième cas il est décrit un mécanisme de sujétion. La théorie de l’idéologie est fondamentalement pour Marx une théorie de l’état qui conduit à une réflexion sur la division du travail; celle du fétichisme une théorie du marché qui conduit à une réflexion sur la forme de la circulation marchande. 3) Le troisième parcours enfin que nous propose Balibar est celui qui va d’un schéma de causalité (matérialiste en ce sens qui renverse le primat de la conscience dans l’explication de l’histoire, mais pour lui assigner une place de médiation) vers une dialectique de la temporalité, immanente au jeu des forces de l’histoire. Il y a plusieurs ébauches de cette dialectique chez Marx, la principale étant celle de la contradiction réelle, c'est-à-dire des tendances et contre-tendances de socialisation (voies alternatives, singulières qui peut ébaucher une critique interne de l’évolutionnisme marxien). Il faut noter que cette dialectique temporelle existe chez Marx avec son contraire : l’idée d’une histoire universelle de l’humanité, d’une ligne ascendante, uniformément progressive, des modes de production et des formations sociales. Pourtant, nous dit-il, l’histoire ne se fait pas du bon côté, c'est-à-dire en raison de la force intrinsèque et de l’excellence des idéaux humanistes, moins encore par la force de la conviction et de l’éducation mais par la douleur du négatif, l’affrontement des intérêts, la violence des crises et des révolutions. L’histoire, ajoute-t-il, n’avance pas seulement par le mauvais côté mais du mauvais côté celui de la domination et de la ruine. Le progrès n’est pas programmé. L’historicité, pour l’auteur du Capital, doit être envisagée comme une succession de contradictions réelles, comme une problématique de causalité ou d’actions réciproques de force de l’histoire qui se posent dans chaque moment, dans chaque présent. « La philosophie de Marx » d’Étienne Balibar est je crois un bilan critique qui libère cette pensée de tout dogmatisme et nous invite à penser par nous-même.
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