Lisez! icon: Search engine
La Découverte
EAN : 9782707142818
Code sériel : 134
Façonnage normé : POCHE
Nombre de pages : 322
Format : 125 x 190 mm

Les damnés de la terre

Alice CHERKI (Préface), Jean-Paul SARTRE (Préface), MOHAMMED HARBI (Postface)
Date de parution : 23/01/2004

Publié en 1961, à une époque où la violence coloniale se déchaîne avec la guerre d’Algérie, saisi à de nombreuses reprises lors de sa parution aux Éditions François Maspero, le livre Les Damnés de la terre, préfacé par Jean-Paul Sartre, a connu un destin exceptionnel. Il a servi – et...

Publié en 1961, à une époque où la violence coloniale se déchaîne avec la guerre d’Algérie, saisi à de nombreuses reprises lors de sa parution aux Éditions François Maspero, le livre Les Damnés de la terre, préfacé par Jean-Paul Sartre, a connu un destin exceptionnel. Il a servi – et sert encore aujourd’hui – d’inspiration et de référence à des générations de militants anticolonialistes. Son analyse du traumatisme du colonisé dans le cadre du système colonial et son projet utopique d’un tiers monde révolutionnaire porteur d’un « homme neuf » restent un grand classique du tiers-mondisme, l’œuvre capitale et le testament politique de Frantz Fanon.
Dans cette édition, la préface d’Alice Cherki, psychiatre et psychanalyste, auteur du Portrait de Frantz Fanon (Le Seuil, 2000), et la postface de Mohammed Harbi, combattant de la première heure pour la libération de son pays et historien de l’Algérie contemporaine, auteur de Une vie debout. Mémoires politiques 1945-1962 (La Découverte, 2001), restituent l’importance de la pensée de Frantz Fanon.

Lire la suite
En lire moins
EAN : 9782707142818
Code sériel : 134
Façonnage normé : POCHE
Nombre de pages : 322
Format : 125 x 190 mm

Ils en parlent

Analyse tranchante et manifeste passionné de la mue douloureuse transformant le colonisé en homme nouveau. [...] Les enjeux et le destin exceptionnel du livre sont opportunément cadrés par une nouvelle préface d'Alice Cherki, ex-collègue de Fanon, à qui elle a consacré Une vie debout (La Découverte).
Libération
Cet ouvrage est paru en novembre 1961 alors que Frantz Fanon, atteint d'une leucémie, s'éteignait près de Washington. Un texte rageur, testamentaire qui, dans une prose précise et dépouillée, dénonce de façon magistrale la violence insidieuse de la colonisation.
Le Magazine littéraire

Ce qu'en pensent nos lecteurs sur Babelio

  • Ingannmic Posté le 27 Juillet 2021
    Au moment où il écrit cet ouvrage, en 1961, le monde colonial est en plein éclatement. 1956 a vu en Angola la naissance du mouvement populaire de libération, Madagascar a retrouvé son indépendance en 1960 après une lutte nationaliste incessante contre la France, la révolte des Mau Mau qui permettra au Kenya d'y accéder en 1963 bat son plein... Et, surtout, en Algérie, la guerre a débuté, depuis 1954. Frantz Fanon, qui a exercé sa profession de psychiatre à l'hôpital de Blida, où il a été amené, là aussi, à traiter les nombreux troubles occasionnés par la situation coloniale mais aussi par les exactions commises pendant la guerre d'indépendance (tortures, massacres), prend fait et cause dès 1956 pour la libération du peuple algérien : il remet sa démission de son poste à l'hôpital et rejoint le Front de Libération Nationale (FLN). Ce qui frappe en premier lieu, lorsque l'on débute la lecture des "damnés de la terre", c'est sa limpidité. L'auteur pose un raisonnement lucide et visionnaire, mais surtout accessible à tous. Il est d'ailleurs important de noter, ainsi que le fait Sartre dans la préface qu'il a rédigé à cet ouvrage lors de sa parution, que ce dernier à été écrit... Au moment où il écrit cet ouvrage, en 1961, le monde colonial est en plein éclatement. 1956 a vu en Angola la naissance du mouvement populaire de libération, Madagascar a retrouvé son indépendance en 1960 après une lutte nationaliste incessante contre la France, la révolte des Mau Mau qui permettra au Kenya d'y accéder en 1963 bat son plein... Et, surtout, en Algérie, la guerre a débuté, depuis 1954. Frantz Fanon, qui a exercé sa profession de psychiatre à l'hôpital de Blida, où il a été amené, là aussi, à traiter les nombreux troubles occasionnés par la situation coloniale mais aussi par les exactions commises pendant la guerre d'indépendance (tortures, massacres), prend fait et cause dès 1956 pour la libération du peuple algérien : il remet sa démission de son poste à l'hôpital et rejoint le Front de Libération Nationale (FLN). Ce qui frappe en premier lieu, lorsque l'on débute la lecture des "damnés de la terre", c'est sa limpidité. L'auteur pose un raisonnement lucide et visionnaire, mais surtout accessible à tous. Il est d'ailleurs important de noter, ainsi que le fait Sartre dans la préface qu'il a rédigé à cet ouvrage lors de sa parution, que ce dernier à été écrit à l'intention des peuples colonisés, et non de leur oppresseur. Dans un premier temps, Fanon pose le principe de l'inéluctabilité de la violence dans le processus de libération, qui ne peut passer que par la destruction totale de la structure mise en place par le régime colonial. "L'intuition qu'ont les masses colonisées que leur libération doit se faire et ne peut se faire que par la force", après des décennies d'exploitation et d'asservissement, est le départ d'un élan populaire que rien ne doit pouvoir arrêter. Aucune compromission à cet éveil des opprimés n'est acceptable : les partis politiques nationalistes raisonnables qui cherchent à négocier avec les colons ne peuvent que permettre à ces derniers de maintenir une partie de leur emprise sur les colonies. Cette violence semble par ailleurs logique, puisqu'elle vient en réponse à celle qu'a fait subir l'européen des années durant aux indigènes, auxquels il a toujours été dit qu'ils ne comprenaient que le langage de la force ! La volonté de combat fait naître chez le peuple la notion de conscience et de destin national, et là où "Les damnés de la terre" est très intéressant, c'est que Fanon insiste sur le fait qu'il ne faut pas s'arrêter là : après la libération, un autre combat se joue, celui de la reconstruction. L'auteur voit dans la décolonisation l'occasion inespérée de bâtir un nouveau modèle de société, dans laquelle l'homme serait le bien le plus précieux, une société tournée vers l'ensemble du peuple. Fanon est bien conscient de tous les obstacles qui s'opposent à l'avènement de cette société idéale, et il les détaille, pour mieux les reconnaître et les éviter. La plus grande difficulté à surmonter réside dans les inégalités qui séparent les colonisés les uns des autres. Les citadins ont profité durant la domination européenne de certains avantages. Il s'est ainsi créée une bourgeoisie indigène qui singe la bourgeoisie occidentale, mais qui n'a ni la puissance économique de cette dernière, ni sa légitimité séculaire. La bourgeoisie indigène se contente d'afficher des signes extérieurs de richesse, mais fait preuve d'étroitesse d'esprit en refusant de réinvestir ses bénéfices dans l'économie locale. Le prolétariat des villes, se calquant sur le comportement de cette bourgeoisie, fait preuve de racisme envers le milieu rural, considéré comme moyenâgeux, et dont il craint que les masses ne viennent lui disputer ses avantages acquis. L'élaboration d'une société bourgeoise suite à la décolonisation est par conséquent vouée à l'échec, nous dit Frantz Fanon : se vendant aux grandes compagnies étrangères pour faire du profit, minée par la corruption, la cupidité, elle accentue les inégalités qui vont forcément inciter les miséreux à se révolter, et l'expérience (notamment dans certains pays d'Amérique du Sud) a démontré que dans ce cas, l'armée, appelée en renfort pour réprimer la révolte, en profite pour prendre le pouvoir et c'est alors une dictature militaire qui s'installe. C'est pourquoi l'auteur insiste sur la nécessité d'instaurer un lien entre les villes et les campagnes. Il est indispensable que les élites nationalistes se rapprochent du vrai peuple, l'instruise, le politise, l'organise. Le peuple se doit non pas d'être tenu en laisse, mais d'être souverain. La reconstruction doit passer par la reconnaissance et l'implication de tous, le citoyen doit participer à la reconstruction de la nation pour se l'approprier. Il doit être l'artisan de son propre développement. La tâche est immense, il s'agit d'alphabétiser, de répartir travail et richesses, de rétablir l'égalité entre citadins et ruraux, hommes et femmes, de passer, en bref, d'une conscience nationale à une conscience politique et sociale. Autre danger sur lequel l'auteur alerte les états nouvellement libres : celui de se risquer à répondre aux sollicitations des nations impérialistes ou socialistes, qui ont bien compris les enjeux de la décolonisation. Rappelons que nous sommes alors en pleine guerre froide, et que la dite décolonisation est pourvoyeuse d'opportunités de positionnement stratégique sur le plan économique et politique, d'où les tentatives de séduction des différents blocs... Mais, ainsi que nous le rappelle Frantz Fanon, les nations libérées du colonialisme doivent être maîtresses de leur destin. "Le sort du monde ne dépend pas de la guerre entre régime socialiste et pays capitalistes, mais d'investir et aider techniquement les régions sous-développées". D'autant plus qu'ainsi qu'il le souligne dans sa magnifique conclusion, le système occidental a montré ses limites, son inhumanité. Le modèle européen, notamment, n'est par conséquent pas à suivre... Quelques 60 ans plus tard, on peut déplorer que les conseils qu'il prodigue dans ces "Damnés de la terre" n'aient pas été vraiment suivis... On y réalise toute la mesure de sa clairvoyance, de la justesse de son analyse sur le devenir des nations décolonisées qui ont rarement -voire pas du tout- profité de l'occasion pour mettre en place une société équitable et humaniste telle qu'il la rêvait pour ces peuples épuisés par des siècles d'asservissement. La consolation est maigre, de se dire qu'il n'aura pas été là pour faire un constat amer (il est mort des suites d'une leucémie quelques mois après la parution de ce livre) face à cette Afrique aujourd'hui ravagée par la misère, le sida et les guerres intestines. Frantz Fanon, grand humaniste, avait foi en l'homme. Peut-être l'homme n'a-t-il pas eu assez foi en lui-même...
    Lire la suite
    En lire moins
  • vince971 Posté le 30 Avril 2020
    Une voix puissante pour dénoncer les rouages du système colonial. Fanon tentait alors de tracer une voie nouvelle pour les jeunes nations africaines, une qui ne soit pas vulgairement calquée sur le modèle européen. Il dénonce également l'avarice d'une bourgeoisie nationale qui s'est trop éloignée des masses rurales et continuant à faire le jeu des entreprises européennes bien implantées. Je rejoins Sartre sur l'idée que ce livre tend un miroir à l'Europe mais ne lui est pas destiné. Il s'adresse aux descendants des peuples colonisés. le message est chargé politiquement mais Fanon le rend tout de même accessible, si on est quelque peu sensible à la question de la colonisation.
  • Cylantrope Posté le 26 Octobre 2018
    j'ai beaucoup apprécié ce livre sur le colonialisme, quelqu'un connaîtrait t'il d'autres œuvres similaires intéressantes ?
  • Enroute Posté le 9 Septembre 2018
    Un texte difficile écrit durant la violente période politique de la décolonisation.
  • DavidBk Posté le 17 Novembre 2017
    Je décidai de lire Les damnés de la terre après Peaux noires, masques blancs, qui m'avait beaucoup plu. Cette fois, Fanon analyse les aspects socio-économiques du colonialisme en insistant sur le processus censé y avoir mis fin. Il en dénonce la facticité, tant les Occidentaux, par l'intermédiaire des bourgeoisies nationales, ont perpétué le système colonial et entretenu ses rouages. Mais l'auteur ne se contente pas de constats, il montre aussi la voie : pour que le tiers-monde obtienne sa souveraineté, des prises de conscience nationales émanant des masses sont nécessaires, sans elles aucunes cultures propres ni aucuns développements ne peuvent se pérenniser. Encore un texte vibrant de Fanon, hélas plus que jamais d'actualité. Je recommande vivement sa lecture.
ABONNEZ-VOUS À LA LETTRE D'INFORMATION DE LA DÉCOUVERTE
Nouveautés, extraits, agenda des auteurs et toutes les semaines les sorties en librairie !