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La Découverte
EAN : 9782348054693
Code sériel : 511
Façonnage normé : POCHE
Nombre de pages : 288
Format : 125 x 190 mm

Se défendre

Une philosophie de la violence

Date de parution : 03/10/2019
En 1685, le Code noir défendait « aux esclaves de porter aucune arme offensive ni de gros bâtons » sous peine de fouet. Au XIXe siècle, en Algérie, l’État colonial interdisait les armes aux indigènes, tout en accordant aux colons le droit de s’armer. Aujourd’hui, certaines vies comptent si peu... En 1685, le Code noir défendait « aux esclaves de porter aucune arme offensive ni de gros bâtons » sous peine de fouet. Au XIXe siècle, en Algérie, l’État colonial interdisait les armes aux indigènes, tout en accordant aux colons le droit de s’armer. Aujourd’hui, certaines vies comptent si peu que l’on peut tirer dans le dos d’un adolescent noir au prétexte qu’il était « menaçant ».
Une ligne de partage oppose historiquement les corps « dignes d’être défendus » à ceux qui, désarmés ou rendus indéfendables, sont laissés sans défense. Ce « désarmement » organisé des subalternes pose directement, pour tout élan de libération, la question du recours à la violence pour sa propre défense.
Des résistances esclaves au ju-jitsu des suffragistes, de l’insurrection du ghetto de Varsovie aux Black Panthers ou aux patrouilles queer, Elsa Dorlin retrace une généalogie de l’autodéfense politique. Sous l’histoire officielle de la légitime défense affleurent des « éthiques martiales de soi », pratiques ensevelies où le fait de se défendre en attaquant apparaît comme la condition de possibilité de sa survie comme de son devenir politique. Cette histoire de la violence éclaire la définition même de la subjectivité moderne, telle qu’elle est pensée dans et par les politiques de sécurité contemporaines, et implique une relecture critique de la philosophie politique, où Hobbes et Locke côtoient Frantz Fanon, Michel Foucault, Malcolm X, June Jordan ou Judith Butler.
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EAN : 9782348054693
Code sériel : 511
Façonnage normé : POCHE
Nombre de pages : 288
Format : 125 x 190 mm

Ils en parlent

Bataillons d’amazones de la Révolution, insurrection du ghetto de Varsovie face à la terreur nazie, groupes d’autodéfense des Noir·e·s américain·e·s...Elsa Dorlin s’interroge sur l’usage de la violence par les désarmé·e·s au gré de l’histoire : colonisé·e·s,femmes, homosexuel·le·s... Est-elle légitime ? Pourquoi ? Comment ? La philosophe assume une radicalité qui peut, parfois, ne pas emporter l’adhésion (faut-il être forcément d’accord à 100 % avec une pensée ?) mais fait toujours réfléchir. Son érudition et ses analyses hors des sentiers battus font de cet essai un bonheur de lecture, tout simplement.
Femmes ici et ailleurs

Ce qu'en pensent nos lecteurs sur Babelio

  • foxinthesnow Posté le 11 Août 2021
    Un essai dense, touffu, parfois difficile à lire, mais bien argumenté. L'autrice expose sa thèse dès les premières lignes : le pouvoir étatique peut légitimer OU empêcher la défense des personnes. Pour celles et ceux qui sont considéré•e•s comme menaçant•e•s ou dangereux•euses, ne restent que des pratiques subalternes d'autodéfense. Elle postule que l'État défend les individus DÉJÀ reconnus comme légitimes à se défendre. Pour cela elle étudie les archives des luttes des corps des dominé•e•s : comment s'organise l'autodéfense des esclaves, des juifs, des femmes... Un exemple avec le port d'armes. Outil d'autodéfense, il est autorisé (armée, police, nobles...) ou interdit (les indigènes dans les colonies) de manière différenciée, et cela varie selon les époques et les groupes. L'État délégue parfois son droit à la violence à des citoyens, qui développent une justice extra-légale : le vigilitantisme s'est par exemple développé aux USA avant la guerre de Sécession. Des citoyens se prennent pour des héros, organisent des lynchages populaires (jusqu'au XXè s.) dans une logique raciste et conservatrice. D'autres citoyens sont sévèrement réprimés quand ils se font eux-mêmes justice, par exemple les mouvements antiségrégationnistes prônant l'autodéfense armée comme les Black panthers. L'autodéfense de groupes opprimés bascule parfois dans la recherche d'une... Un essai dense, touffu, parfois difficile à lire, mais bien argumenté. L'autrice expose sa thèse dès les premières lignes : le pouvoir étatique peut légitimer OU empêcher la défense des personnes. Pour celles et ceux qui sont considéré•e•s comme menaçant•e•s ou dangereux•euses, ne restent que des pratiques subalternes d'autodéfense. Elle postule que l'État défend les individus DÉJÀ reconnus comme légitimes à se défendre. Pour cela elle étudie les archives des luttes des corps des dominé•e•s : comment s'organise l'autodéfense des esclaves, des juifs, des femmes... Un exemple avec le port d'armes. Outil d'autodéfense, il est autorisé (armée, police, nobles...) ou interdit (les indigènes dans les colonies) de manière différenciée, et cela varie selon les époques et les groupes. L'État délégue parfois son droit à la violence à des citoyens, qui développent une justice extra-légale : le vigilitantisme s'est par exemple développé aux USA avant la guerre de Sécession. Des citoyens se prennent pour des héros, organisent des lynchages populaires (jusqu'au XXè s.) dans une logique raciste et conservatrice. D'autres citoyens sont sévèrement réprimés quand ils se font eux-mêmes justice, par exemple les mouvements antiségrégationnistes prônant l'autodéfense armée comme les Black panthers. L'autodéfense de groupes opprimés bascule parfois dans la recherche d'une sécurité à tout prix : par exemple des justiciers trans et gays qui voulaient nettoyer San Francisco des homophobes, ont créé une norme masculine et blanche avec un sifflet pour alerter, stigmatisant ainsi les "queers of color". Ainsi l'autrice déroule différents exemples historiques d'autodéfense, et dépeint toutes les nuances de ce mode de fonctionnement. Les exemples de violences policières envers les afroaméricains ouvrent et clôturent cet ouvrage, afin de rappeler l'existence d'injustices épistémiques. L'État ne défend pas chaque citoyen de la même manière. Certains doivent trouver des modes de défense alternatifs, et l'autrice constate que l'autodéfense est parfois la seule pratique de résistance possible.
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  • Rotkif Posté le 27 Novembre 2020
    Un bel essai politique et militant. Quel beau travail !
  • Charybde2 Posté le 6 Juin 2020
    La redoutable et salutaire exploration philosophique d’une violence bien particulière, celle liée à l’autodéfense des minorités écrasées. Sur le blog Charybde 27 : https://charybde2.wordpress.com/2020/06/06/note-de-lecture-se-defendre-une-philosophie-de-la-violence-elsa-dorlin/
  • malecturotheque Posté le 23 Mars 2020
    Se défendre – Une philosophie de la violence est un essai d’Elsa Dorlin sur l’autodéfense politique. Qu’est-ce que ça veut dire ? Eh bien c’est ce que nous explique ce livre et, pour vous résumer ça grossièrement, c’est pour se défendre contre des actes racistes, sexistes, etc. Et, non, vous n’y trouverez pas de guide pour vous défendre – voyez-le plutôt comme un livre qui retrace les origines de l’autodéfense, de sa politisation, qui retrace le pourquoi du comment, quelle est son importance. Notez que, dans ma chronique, je ne vais pas vous donner des exemples détaillés, ce sera même simplifié, de même qu’il n’y aura que peu d’exemples ; je ne suis pas Elsa Dorlin et je ne parlerai pas aussi bien du sujet, tout comme ma chronique n’est pas un essai mais juste une chronique. C’est pour donner mon avis, pour vous dire ce que j’ai pensé du livre. Dans Se défendre, l’essayiste nous parle des corps, ceux armés contre ceux désarmés. Que peut-on faire pour se défendre lorsque l’on est désarmé ? Qui sont les gens armés et pourquoi le sont-ils ? Pourquoi les autres ne sont-ils pas armés ? Dorlin nous fait donc un rapide point sur l’histoire... Se défendre – Une philosophie de la violence est un essai d’Elsa Dorlin sur l’autodéfense politique. Qu’est-ce que ça veut dire ? Eh bien c’est ce que nous explique ce livre et, pour vous résumer ça grossièrement, c’est pour se défendre contre des actes racistes, sexistes, etc. Et, non, vous n’y trouverez pas de guide pour vous défendre – voyez-le plutôt comme un livre qui retrace les origines de l’autodéfense, de sa politisation, qui retrace le pourquoi du comment, quelle est son importance. Notez que, dans ma chronique, je ne vais pas vous donner des exemples détaillés, ce sera même simplifié, de même qu’il n’y aura que peu d’exemples ; je ne suis pas Elsa Dorlin et je ne parlerai pas aussi bien du sujet, tout comme ma chronique n’est pas un essai mais juste une chronique. C’est pour donner mon avis, pour vous dire ce que j’ai pensé du livre. Dans Se défendre, l’essayiste nous parle des corps, ceux armés contre ceux désarmés. Que peut-on faire pour se défendre lorsque l’on est désarmé ? Qui sont les gens armés et pourquoi le sont-ils ? Pourquoi les autres ne sont-ils pas armés ? Dorlin nous fait donc un rapide point sur l’histoire du port d’arme, initialement réservé aux nobles puis, petit à petit, délégué à plus pauvres – sous la condition de servir les riches au dépens des plus pauvres. Mais attention, seuls les hommes peuvent être armés ! Quant aux femmes, il leur faut se mettre sous la protection des hommes ; non seulement elles ne sont pas armées, mais en plus elles ne peuvent pas se défendre puisqu’elles ne sont pas initiées au combat, même à mains nues ! Alors voilà, on arme des hommes du peuple au profit des plus riches, mais aussi au profit de la Nation : savoir se défendre, c’est pouvoir protéger les femmes et les enfants, le futur du pays ; savoir se défendre, c’est pouvoir protéger la Nation. Plus tard, Elsa Dorlin nous parle de l’Amérique du Nord et de sa justice blanche. Au prétexte de protéger les femmes blanches, des groupes de justiciers (blancs, évidemment) se créent – oh, bien sûr, initialement, c’est pour punir les criminels en tout genre dans ces contrées où les juges sont parfois à des heures et des heures de routes. Mais ces braves Blancs ne peuvent pas être si mauvais, pas vrai ? Il faut donc d’autres coupables et ils sont tout trouvés : les esclaves et anciens esclaves, donc les Noirs. Plus tard, cela mènera à des groupes tels que le Ku Klux Klan mais, à ce moment-là, ces groupes de justiciers, faisant la loi comme bon leur semble, font des lynchages (souvent publics) et, pour avoir lu certains des récits assez détaillés dans les notes, on peut dire qu’ils s’en sont donnés à cœur joie… Toujours est-il que, au bout d’un moment, les Noirs en ont eu marre et se sont armés eux aussi. Des années plus tard, il y aura d’ailleurs l’apparition des Black Panthers (le Black Panther Party – BPP -, un mouvement de lutte pour la libération des Africhain·es-Américain·es). Voilà quelques sujets abordés dans Se défendre ; Elsa Dorlin en parle très bien dans son essai et c’est très intéressant. Dans les derniers chapitres, l’on trouve « Autodéfense et politique de la rage » et « De la vengeance à l’empowerment« . Finalement, le message qui ressort le plus pour moi, c’est que toutes les minorités devraient pouvoir lutter ensemble, sans en dénigrer d’autres (cf. le sexisme dans le BPP, qui n’avait pourtant pas lieu d’être). Pour en arriver là, il y a tout un parcours, toute une réflexion, plein de recherches, d’échanges… Je ne peux que vous inciter à lire Se défendre – Une philosophie de la violence. Le travail d’Elsa Dorlin est riche et elle a réussi à en faire une synthèse passionnante qui nous permet de découvrir le sujet ou poursuivre une réflexion autour de ce sujet. Même s’il me fallait un certain calme pour lire l’essai, il a été simple à comprendre. De plus, les notes permettent d’approfondir certains exemples donnés et de nous donner des références, de quoi étayer notre réflexion si on le souhaite. Se défendre – Une philosophie de la violence est un essai captivant et pertinent, qui nous permet de nous interroger, non pas seulement sur des moments de notre quotidien mais aussi sur la société qui nous entoure, comment elle a évolué au fil du temps. Enfin, il m’a permis de mieux appréhender certains sujets. Je vous le conseille vivement !
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  • Lesliseuses Posté le 24 Février 2019
    Elsa Dorlin, professeure de philosophie à l’Université Paris 8, kung-fu fighter, et militante féministe, propose dans cet ouvrage de retracer une généalogie de l’autodéfense politique. Elle analyse diverses situations dans l’Histoire où la violence a pu constituer une ressource ultime pour des individus dont on niait la qualité de sujets. De la révolte des esclaves à Saint-Domingue en 1791 à l’autodéfense organisée de communautés LGBT à San Francisco dans les années 1970 en passant par le mouvement suffragiste anglais (dont les militantes pratiquaient l’art martial japonais du ju-jitsu pour faire face à la brutalité policière), l’auteure retrace ainsi de manière passionnante les techniques corporelles d’autodéfense mobilisées par divers groupes dominés à travers l’histoire. Un livre indispensable pour tout le monde, féministes ou non, hommes et femmes, et surtout surtout, les parents.... (de filles ET de garçons !). Margaux
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